Sang Noir version 2.0
( et oui j'ai bien mis 2.0, ceci n'est pas la première version^^)
NDA : NE PAS PASSER A COTE DE CECI ! JE FAIS PART DE CHOSES IMPORTANTES ! MERCI
Cette fiction a le RATING LE PLUS ELEVE présent sur ce site, autant vous dire qu'on est pas la pour enfiler des perles !
MENTION D'AGRESSION SUR ADULTE, SUR MINEUR, VIOL, MELANCOLIE CHRONIQUE, TORTURES, MEURTRES... !
En outre, vous entrez dans une UNIVERS ALTERNATIF ! Les Personnages ne sont PAS CANON ! Il y a beaucoup de OC !
Oui je sais, on est plus proche de l'œuvre originale que de la FanFiction mais faute d'un endroit plus approprié, je vous livre mon humble travail, puisque pour moi, même si cette histoire regroupe beaucoup de thèmes différents, de supports différents, et que la mythologie de mon univers est variée et complexe, c'est Ici qu'est sa place.
Malgrè le Rating et cette note, je mettrais tout de même à chaque début de chapitre, une mention supplémentaire pour la présence de scène trop choquante, lorsqu'il y en aura.
Alors partez du principe que vous êtes prévenu.
Sur ce, je vous souhaite la bienvenue dans mon petit monde étrange...
Disclaimers: Les Personnages, l'univers D'Harry Potter et l'idée est de Phenix Noir. Je ne suis qu'une fan girl qui s'assume. Exception faite de Accolon, Alec, Ambrose, Lilith, Perséphone, Mordred, Nokomis/Magena, Chumani, Ashitaka, Mitsuki, Shizuka, Akecheta, Tiyée, Kishi, Elan, Kiyia, Maya, Stasia, Kara, Proserpine, Lysandre et Crystal.
Couple: Harry/ Draco (bien évidemment), les autres c'est une surprise^^
Rating: M ! ALORS ON FAIT ATTENTION ! LE RATING N'EST PAS LA POUR FAIRE JOLI !
Résumé :Harry est un jeune sorcier épris de liberté qui voit sa vie basculer le jour où un groupe de vampire venu d'Avalon attaque son village. Leur chef, Draconis, un Prince vampire, l'emmène avec lui contre la vie de sa famille. Il se retrouve enfermé dans des appartements luxueux, avec pour seul perspective d'avenir, devenir un Calice. Si le vampire est loin de lui vouloir du mal, il devra faire preuve de patience pour gagner la confiance de son protégé, et encore plus s'il veut gagner son cœur…
Chapitre 15 :
Lettres et billets doux
Assis au bord du lit de Neville, Harry observait ce dernier dormir d'un sommeil profond que seules les vapeurs de l'alcool pouvaient donner, le tout rythmé par un léger ronflement.
La fin du Bal s'était avérée aussi mouvementé que son début. Après quelques danses, Severus perdu dans la contemplation du visage de son amour, avait enfin eut un geste envers lui : Il l'avait embrassé et ce devant la cour entière, avant de se sauver presque en courant sans plus d'explication.
Loin de passer inaperçu, ce comportement avait déclenché des murmures et des cancans à n'en plus finir. Chacun y allait de son petit commentaire, tant et si bien que Neville se trouva un nouveau cavalier en la personne de l'hydromel. Il avait ainsi noyé sa gêne jusqu'à en oublier son prénom et avait fini par se lancer dans une conversation aussi passionnée qu'à sens unique avec une plante verte qui traînait dans un coin, tout bégaiement oublié.
Harry, obnubilé par sa soudaine promiscuité avec son Prince vampire, qui le faisait tournoyer avec souplesse et virtuosité, dans une succession de valse viennoise, ne remarqua pas tout de suite sa disparition. Quant à Charlie, il était envoûté par Proserpine, la Calice qui l'avait pris en otage et ne s'enquit de lui que plusieurs heures plus tard. Ainsi les deux compères le retrouvèrent si imbibé d'alcool qu'il leur était indispensable d'envisager un repli stratégique.
Envieux d'éviter la cour, ses regards goguenards et ses sourires chafouins, ils prièrent instamment Draco de leur indiquer une sortie de secours, avant qu'il ne parte à la poursuite de son oncle. Une fois fait, Harry le regarda s'éloigner avec un pincement au cœur. Il fit taire son désir presque aussitôt. Sauver ce qui restait de la dignité de Neville avait, pour l'instant, la primeur dans l'ordre de ses priorités. Il se saisit de son bras droit, tandis que Charlie se chargeait du gauche.
Le blond ne tenait qu'à peine sur ses jambes et continuait de baragouiner des paroles incompréhensibles, tant sa langue était imbibée d'alcool. Parfois, un rire hystérique ou un sanglot désespéré passait la barrière de ses lèvres, brisant le cœur de ses deux braves béquilles, qui accéléraient d'autant leur l'allure. Ils couraient dans les corridors quasi déserts, allant jusqu'à soulever de terre leur pauvre charge, qui en devenait presque vert.
C'est le souffle court et l'esprit libéré d'un poids, qu'ils refermèrent la porte des appartements d'Harry, sous l'œil effaré d'Ernest.
Décidément, ce dit-il, l'ennui n'était pas de mise ! Son rapport du jour promettait d'être long à rédiger ! Pour ne pas changer…
Sans plus de cérémonie, Harry et Charlie avaient déshabillé leur ami, avant de le plonger dans un des bassins du pavillon des bains, histoire de lui faire retrouver ses esprits. Là où il avait encore pied de préférence. Une noyade par jour était bien suffisante. Malheureusement, leur entreprise n'eut que peu de succès.
Harry commanda donc de la nourriture, pour mieux éponger de son estomac l'alcool qu'il avait ingurgité, ainsi que de l'eau citronnée. Sonné, Neville avait fini amorphe dans les bras d'un Harry tout penaud. Il se sentait coupable. S'il n'avait pas insisté peut-être que… ? Mais fallait-il les laisser seuls, lorsqu'ils pouvaient être si heureux à deux ? Il ne savait plus.
Devant sa mine sombre, Charlie se voulut rassurant. Il ne devait pas se mettre martel en tête. Vouloir réunir deux personnes qui s'aimaient autant, était loin d'être un péché ! La seule chose qu'il devait faire maintenant, c'était laissé les choses se faire. Ses deux grands dadais n'allaient plus pouvoir faire l'autruche ! C'était déjà beaucoup.
Sur ce judicieux conseil, ils s'en allèrent coucher Neville qui s'endormit dès que sa tête toucha l'oreiller. Charlie souhaita la bonne nuit à son protégé qui fit de même, puis ils se quittèrent, réalistes sur ce vœux pieu. Si l'un était hanté par des yeux de glace, l'autre l'était d'yeux fuchsia.
La nuit promettait d'être courte.
¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶
Lorsque Harry se réveilla, le lendemain matin, tout groggy, la mine chiffonnée et la langue pâteuse, on eut dit que c'était lui qui avait passé sa soirée à boire. Il avait la tête comme une baudruche et le cœur au bord des lèvres. Comme il l'avait présagé, sa nuit avait été courte et mouvementée. Il n'avait eu de cesse de revivre en rêve toutes les sensations qui l'avaient habité lorsqu'il avait dansé joue contre joue avec Draco. Même maintenant, alors qu'il était éveillé, ou presque, il sentait son sang pulser à ses oreilles et des papillons voleter dans son ventre. Sans parler de ce désir toujours plus impétueux, qui était en passe de le rendre fou.
Il pouvait bien se faire entremetteur ! Lui-même se refusait à s'avouer son inclination !
Grognon, il plongea sans plus attendre sa tête dans l'eau froide de la fontaine de son pavillon. Il s'en extirpa en s'ébrouant comme un petit animal. Ebouriffé tel un hérisson et plus vaillant que l'instant d'avant, il fit une toilette sommaire et s'habilla sobrement. Pas d'entraînement, ni de sortit dans les jardins aujourd'hui. Il devait se concentrer sur Neville et s'oublier ! Son ami allait avoir besoin de son soutien et de toute l'aide qu'il pourrait lui apporter.
Une serviette sur ses cheveux encore humide, il pénétra dans le salon, qui était plongé dans l'obscurité. Comme il s'y attendait, Neville ne s'était pas levé avec le soleil. Il s'en alla ouvrir les volets, laissant entrer dans la pièce, un air vif et frais qui le fit frissonner de la tête au pied. Il se frictionna la tête et se rapprocha rapidement du feu, qu'il raviva. Il ne tenait pas à tomber malade.
Une fois fait, il appela Dobby. Le petit elfe se présenta instantanément en lui apportant un petit déjeuner copieux. Lui et son estomac, en furent enchantés, car maintenant qu'il y pensait, il n'avait quasiment rien avalé la veille. D'abord à cause de la nervosité et ensuite par manque de temps. Il huma avec délice l'odeur à la fois fruitée et corsée du café, bénissant au passage ses vertus stimulantes.
Il profita de la présence de l'elfe pour lui demander des remèdes pour la gueule de bois et de les déposer discrètement dans la chambre de Neville. Plus vite il les prenait et mieux ce serait.
Bien calé dans son fauteuil crapaud devant le feu ronflant de sa cheminée, Espérance sur ses genoux qui picorait allègrement quelques graines, il savoura son petit déjeuner. Il resta de longues heures à l'affut du moindre bruit, mais le blond ne semblait pas décidé à se réveiller. Aussi décida-t-il de prendre soin de la serre à sa place, puis il s'occupa l'esprit avec de saines lectures. Il poursuivit son étude de la potion de marquage, prenant continuellement des notes.
Bientôt, il eut un joli désordre de parchemin autour de lui et à ses pieds, son petit défaut refaisant vite surface. De-ci de-là, on pouvait même apercevoir des pattes d'oiseaux sur ses notes. Curieuse, la petite mésange faisait son tour d'inspection et laissait des traces sur son passage. Là où l'encre n'avait pas eu le temps de sécher.
Sans qu'il ne s'en aperçoive, midi sonnait. Dobby le sortit de ses recherches en lui servant son déjeuner, en même temps qu'une lettre cachetée d'une rose et de sa multitude de ronces. L'elfe lui assura que la missive ne représentait aucun danger et il s'empressa de l'ouvrir. L'écriture qu'il découvrit était fine, déliée et légèrement penchée. Celle d'une femme. Et pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agissait de Proserpine.
Sa Maréchale l'invitait à prendre le thé dans ses appartements, dès le lendemain et conviait sa petite troupe avec lui. L'idée lui plut infiniment, mais il ne se sentait pas d'accepter sans en avoir parlé aux autres.
Il manda Charlie qui, il en était persuadé, ne refuserait pas l'invitation de la Calice. Il était évident que les deux jeunes gens se plaisaient. Même si Proserpine avait l'air de pouvoir se faire un ami d'un troll des montagnes, sans que cela ne paraisse étrange…
Soudain, un bruit sourd, sortant de la chambre de Neville, le fit sursauter. Sans suivit quelques grognements et malédictions proférés à l'encontre du meuble dans lequel il avait dû se cogner. Au bout de plusieurs minutes, il finit par le voir sortir. Il était à moitié enroulé dans sa couverture, les cheveux dans un désordre indescriptible, avec sur le visag des stries dû à un contact prolongé avec son oreiller et des yeux rougis, plissés au possible à cause de la lumière.
Il se frotta le museau comme le ferait un lapin et papillonna des yeux un moment avant de pouvoir enfin les ouvrir. La lueur blanchâtre qui émanait du ciel emplit d'épais nuage, accentuant son mal de tête. Ce qu'il ne croyait pas possible, vu qu'il avait pris la potion anti-gueule de bois avant d'oser s'extirper de son lit. Mais vu qu'il ne parvenait pas à se souvenir comment il avait pu y atterrir, le temps d'action de la potion était à revoir à la hausse.
Il avait vraiment du abuser de la bouteille hier soir. Et vu la façon dont il tenait l'alcool, il devait être aussi rond qu'une barrique. Quel affligeant spectacle il avait dû donner ! Il s'en voulait d'avoir été si peu distingué durant une soirée aussi importante, dont finalement, il n'avait que peu de souvenir. Exception faite de « l'altercation » avec Accolon et…
Un gémissement plaintif sortit de sa bouche lorsque le baiser, aussi fugace que merveilleux, qu'il avait partagé avec Severus, Son Severus, lui revint en mémoire.
« Bonjour à toi aussi rayon de soleil ! Lui lança Harry, amusé.
-C'est arrivé ? N'est-ce pas ? »
La situation était grave. Il n'avait pas l'air en colère, plutôt gêné, peut-être même désespéré, alors où était passé son bégaiement ?
« En effet, lui répondit-il soudain prudent.
-Les gens ont dû penser que j'étais un arriviste ! Une être vénal et sans scrupule ! Un croqueur de diamant ! Un gigolo ! Un MISERAB… !
-OLA ! Du calme, mon ami ! Il me semble que c'est lui qui t'a embrassé. »
La tempérance était de mise. Aussi le Calice s'efforça-t-il de ne pas hausser le ton plus que nécessaire. En espérant que cela suffise.
« Là n'est pas la question ! »
Ou pas.
« C'est pourtant une partie essentielle de l'équation. Elle prouve que je n'ai pas mentit au sujet de vos sentiments respectifs.
-Alors pourquoi ?! P-pour-pourquoi est-il p-partit ? »
Sa voix avait baissé d'un coup, au point qu'Harry eut l'impression d'être en présence d'un enfant qui aurait perdu le chemin de sa maison. Neville se mit à renifler bruyamment, avant d'éclater en sanglot. Le brun se leva immédiatement de son fauteuil, posa livres et plumes, et s'approcha de lui pour l'enlacer.
Au premier abord le blond se crispa, puis finit par s'accrocher à son ami, appréciant le réconfort et l'aura de protection qu'il lui offrait. Lorsqu'il se fut un peu calmé, le Calice lui tendit un mouchoir dans lequel il se moucha bruyamment.
« Tu sais, si l'on tient compte du temps qu'il lui a fallu pour avoir un tel geste envers toi, il est presque logique qu'il se soit sauvé. Pour une raison qui m'échappe, il doit surement penser que tu ne pourras jamais lui renvoyer ses sentiments ou qu'il ne te mérite pas.
-M-mais non c'est m-moi qui…
-Je t'arrête tout de suite ! Vous êtes deux personnes remarquables qui méritent tout l'amour que l'on peut leur donner ! »
Il l'avait dit sur un ton un peu brusque et sans appel qui le fit se ratatiner sur lui-même. Il ressemblait à une tortue qui s'enfonce dans sa carapace. Il tritura nerveusement son mouchoir, à la fois gêné et reconnaissant de recevoir de tels compliments.
¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶
Draco avait laissé son oncle ruminer le reste de la nuit. Il ne se rendit chez lui que le lendemain et ce qu'il y découvrit le laissa sans voix. Les bras ballants, la mâchoire tombante et l'œil exorbité, il resta de longues minutes sur le pas de sa porte à se demander s'il ne s'était pas tromper d'appartement.
Il y régnait un désordre indescriptible. Des vêtements, des livres et de la vaisselle parsemée de reste à moitié mangé, étaient disséminés un peu partout et jusque dans les endroits les plus improbables. L'atmosphère était sombre et poussiéreuse au point que les plantes auparavant vertes et luxuriantes, faisaient grises mines.
Un effroyable bruit de casserole le sortit de sa triste contemplation. Il zigzagua au travers de ce capharnaüm comme dans un terrain miné, pour se rendre à la source du bruit : le laboratoire de son oncle. Il toqua doucement à la porte, incertain quant à ce qu'il allait trouver derrière. Son oncle ou un monstre à huit têtes qui aurait pris sa place ?
Un grognement de fauve lui répondit. La plus part des gens serait partit en courant en entendant un son pareil. Heureusement ou malheureusement pour lui, il n'était pas n'importe qui. Il prit une grande inspiration et ouvrit la porte. Alors qu'elle tournait sur ses gonds, une fumée noire et poisseuse lui sauta au visage, de même qu'une odeur âcre qui le fit tousser. Mais ce ne fut que le préambule.
Toutes les batailles du monde ne l'avaient pas préparé à un tel spectacle. Cette pièce, autrefois si propre et si bien rangée, avec ses bocaux multicolores parfaitement étiquetés sur les étagères, ainsi que son ambiance feutrée et studieuse, avait, à présent des airs d'antichambre de l'enfer. Tel le chien à trois tête gardien des Enfers, un vampire, les yeux rouges et injecté de sang, au teint cireux, aux lèvres craquelées, agrémentées de canines, qu'il ne se souvenait pas avoir déjà vu.
La mise de cet étrange gardien, était froissée et tâchée dont ne savait trop quoi. Quant à ses cheveux, ils étaient gras, tout emmêlés, chose impensable lorsqu'on connaissait le soin que le vampire prenait de lui-même d'ordinaire. Seul aspect de son anatomie dont il était fier. A ses pieds, chaudrons, bocaux éventrés et reste d'alambique, agrémenté des restes d'une potion non-identifiée, dont le crépitement sur le dallage ne lui disait rien qui vaille.
Comment une telle abomination avait pu se produire en quelques heures ?
« Que me veux-tu ? J'espère que c'est important ?! Comme tu le vois, je suis très occupé ! »
Draco haussa un sourcil interloqué.
Son oncle n'était pas connu pour sa douceur, ni sa patience, ou en tout cas avec les autres. Entendez par là, ceux qui ne faisaient pas partit de ses proches ou qu'il ne portait pas en haute estime. Il avait un humour pince sans rire et un grand cynisme. Sa répartit et ses remarques cinglantes, propre à rendre ridicule les plus grands, ou ceux qui pensaient l'être, étaient légendaires. Ce qui ne l'empêchait pas d'être d'une grande indulgence pour ceux qu'ils savaient être de bonne volonté.
De sa vie, il n'avait jamais usé d'un tel ton sur ses neveux et fort heureusement car Draco n'était pas sûr de le supporter très longtemps.
« Et à quoi ? Te rendre ridicule ?! Rétorqua-t-il.
-Je ne te permets pas de me parler sur ce ton Draconis !
-Comme cela nous sommes deux ! «
Le blond eut pour lui un regard dégoûté, presque méprisant.
« Regarde-toi ! Que signifie cette ignominie ?! »
Severus regarda brièvement autour de lui, avant de soupirer bruyamment. On aurait dit qu'il prenait enfin conscience de l'ampleur du spectacle qu'il donnait. Il n'en avait soufflé mot à personne, se disant que c'était rendre les faits trop réels, mais depuis qu'il revoyait Neville, beaucoup de chose avait changé. Une fois qu'il devait le quitter, il se transformait en un être odieux.
Après quelques jours, il avait renvoyé son elfe et s'était laissé aller. Il avait préparé seul ses repas, ce qui, malgré ses immenses capacités en potion, c'était avérée être une très mauvaise idée. Son amour de l'ordre s'était transformé en une sorte de procrastination béate. Il avait laissé son environnement se dégrader, n'épargnant rien, à part sa chambre.
Lorsqu'il avait pris Neville dans ses bras hier soir, il l'avait trouvé si beau, si candide, tellement à l'opposé du triste sire qu'il était devenu, que son esprit avait eu une sorte de raté. Ses désirs inavouables avaient pris le dessus sur sa raison, jusqu'à ce que sans crier gare, il l'embrasse avant de fuir comme le lâche qu'il était.
IL rentra dans ses appartements comme possédé du démon. Perdant le peu de moyen qui lui restait, il s'était enfermé dans son laboratoire, désireux de s'oublier, ainsi que ses espoirs. Enfin il reprenait enfin contact avec la réalité et le constat était effrayant. IL se faisait honte au point de vouloir disparaître dans un trou de souris et de n'en jamais ressortir.
A son âge avoir un comportement aussi infantile était risible.
« Qu'ai-je fait ? Par les Dieux, qu'ai-je fait ? Se lamenta-t-il.
-Pour commencer, je dirais que tu as fait une croix sur les plus élémentaires règles d'hygiène, puis sur celle de la bienséance. Mais nous allons nous efforcer d'arranger cela. »
¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶
Pour que Severus retrouve forme humaine, de même que ses appartements, il fallut un armée d'elfes, de serviteurs et de fées que l'on choisit avant tout pour leur discrétion. Les elfes et les serviteurs s'occupèrent du logis, les fées du vampire. Cette dernière entreprise fut longue et pénible, plus pour les petites créatures que pour le principale concerné, qui n'appréciait pas d'être à ce point envahi dans son espace vital et râlait tout ce qu'il savait.
Il finit par retrouver Draco dans son salon, tout frais lavé, avec un air de chien battu qui fit soupirer le blond.
« Me diras-tu pourquoi tu t'es mis dans un tel état ? Demanda-t-il doucement. »
Un grognement désespéré lui répondit, aussi le pria-t-il de répéter.
« Je l'ai embrassé ! Sans lui demander son avis ! Et j'ai fui !... Il doit me détester, autant que je me déteste. »
Son oncle se laissa tomber sur un fauteuil qui lui tendait les bras. Draco soupira devant tant d'aveuglement.
« Cela m'étonnerait...
-Comment le saurais-tu ?
-Parce qu'il en avait autant envie que toi.
-Ne dis pas n'importe quoi !
-C'est la vérité ! Demande-lui si tu ne me crois pas. »
Severus se renfrogna et se tassa un peu plus dans son fauteuil, bras croisés et l'œil sombre. Comment pouvait-il demander une chose pareille ?!
Agacé par son attitude, Draco fit claquer sa langue et leva les yeux au ciel. Il se quitta son siège, se tint bien droit devant son oncle et l'apostropha vertement.
« Ca ne sert à rien de se lamenter ainsi sur ton pauvre sort ! Si tu n'oses pas lui parler soit ! Il y a bien d'autre moyen de faire la cours à quelqu'un... Ou de se faire pardonner. La guerre fait rage dehors ! Le bonheur n'attendra pas indéfiniment que tu veuilles te saisir de lui! »
¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶
Lorsque Charlie arriva, il découvrit Harry et Neville sous une avalanche de lettres.
Si la cour dans son ensemble ne se réunissait que lors de grands événements, comme les sabbats, les esbats ou toutes autres commémorations, tels la présentation du Prince Calice, les courtisans, lorsqu'ils ne vaquaient pas à leurs prérogatives ou aux diverses activités proposées dans la cité ou dans le palais, tenaient régulièrement salon.
Ainsi se réunissaient divers groupes, allant des plus fins esprits, en passant par les passionnés de poésie ou d'art sous toutes ses formes, pour finir par les réunions des commères et les pires concierges de la cour, qui raffolaient du moindre potin, qu'il soit vrai ou de simple bruit de couloir. Le mieux étant qu'ils en aient la primeur et que la dite information déchaine la chronique. Et quoi de mieux que de prendre dans leur filet la chair fraîche qu'était le Prince Calice et son suivant, qu'ils n'avaient eu guère le loisir de questionner durant le bal.
Il y avait tant de monde et de demandes différentes, que les deux concernés ne savaient plus où donner de la tête. Seuls, ils ne pourraient jamais venir à bout de ses vautours et de leur courrier.
Neville se voyait devenir une bête de foire et Harry voyait le temps qu'il voulait consacrer à ses études et à son entraînement s'envoler, de même que les escapades qu'il aurait voulu faire dans la ville, car il n'était pas envisageable de dire « non » à tout ce petit monde. Son emploi du temps allait ressembler à celui d'un ministre ! Ne lui laissant aucun moment de paix !
Désireux d'apaiser les tensions, le rouquin eut une idée. Harry pouvait engager une fée luciole pour gérer toute cette paperasse à sa place. Elles savaient y faire avec l'organisation du quotidien ! Il en avait la preuve chaque jour depuis son plus jeune âge. Elles évitaient bon nombre de crise de nerf à sa mère. Il n'avait qu'à demander l'aval du Prince Draconis pour engager une personne de plus dans sa maison et s'assurer que la petite demoiselle serait discrète et d'une loyauté à tout épreuve. Ce qui ne serait pas très compliqué vu l'adoration que ces créatures portait aux Calices en général et à Harry en particulier.
Ils mirent donc les missives de côtés, et ne répondirent à l'affirmative qu'à celle de Proserpine. Là, ils étaient en terrain connu.
Plus tard dans la soirée, Neville reçu une douzaine de roses avec une missive écrite par l'élu de son cœur. Il lui disait qu'il était désolé d'avoir agi sans son consentement et de n'avoir rien trouvé de mieux que de se sauver et qu'à partir de maintenant et avec sa permission, il assumerait ses actes et ses sentiments envers lui. Béat et rougissant, Neville fila se réfugier dans sa chambre, le nez plongé dans son bouquet, la lettre tout contre son cœur.
¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶¶
Kara était tranquillement installée dans son rocking chair au coin du feu, un ouvrage à la main, lorsque Maya attira son attention. A la fenêtre son petit automate était revenu. Kara posa fils et aiguille dans un panier et alla ouvrir. L'oiseau de métal se posa sur sa main et tendit sa patte. Kara s'empara prestement de la missive et la décacheta, fébrile.
Le seau était celui de Nokomis.
L'hiver approchant, elle ne pourrait prendre la route avant qu'il ne finisse. Sa fille était trop jeune pour qu'elle prenne le risque d'un tel voyage. Et elle ne serait pas la seule, car pendant les longs mois d'hiver les combats cessaient. Chacun repartait dans sa cité et n'en ressortait qu'au printemps venu. Inutile de se faire remarquer par les forces ennemies en étant la seule à braver les tempêtes. Elle et les siens viendraient avec les beaux jours et la délégation elfique prévue pour cette période. Elle se présenterait à eux sous le nom que l'Univers lui avait choisi. Elle n'était plus la petite orpheline Wampanaog. Elle était Déesse, La Déesse Louve, et elle s'appelait Magena.
