Me revoilà !
Je m'excuse pour le retard, j'étais en déménagement, et vous savez à quel point le raccordement internet peut-être long... si vous ne le savez pas, vous avez bien de la chance ;)
Pour les choix de détails dans le vocabulaire de la fanfic : tout est en français sauf Snape (Rogue) et Draco (Drago), par simple préférence personnelle. J'ai fait au mieux pour respecter la logique de la traduction originale de Harry Potter : les mots Mangemort, Potioniste, Animagus et autres "titres" prennent une majuscule chez Jean-François Ménard, qui a également décidé d'utiliser "monsieur/madame" mais de garder "Mr / Mrs / Miss" comme abréviations. Sang-Pur/Sang-Mêlé prennent des majuscules et ne s'accordent pas (c'est le sang qui est pur ou mêlé, pas le sujet), tandis que Né-Moldu s'accorde (puisqu'on parle du sujet). Il écrit Moldu avec une majuscule quand on parle d'une personne, mais moldu avec une minuscule quand il s'agit d'un adjectif. Gryffondor/Serpentard/Poufsouffle/Serdaigle ne s'accordent pas et prennent une majuscule, sauf lorsqu'il s'agit d'un adjectif. Ménard choisit de préserver le "H aspiré" en écrivant "de Harry" "de Hagrid" mais "d'Hermione". Et enfin, les noms de cours prennent une majuscule. Pfiou, c'était laborieux de vérifier tous ces petits détails, et j'espère ne pas en oublier.
Voici le second chapitre, bonne lecture à vous !
Un, deux, trois :
CHAPITRE 2
"La façon dont va le monde est parfois étrange. Du mal peut surgir un bien." Joseph Delaney
Le nez de Harry s'avançait de plus en plus vers la table, et un heureux sursaut le préserva de l'humiliation de se fracasser la figure dessus.
Ce manège se répétait durant la majorité de ses heures de classe. Pour rester éveillé, il s'entraînait mentalement à maudire toutes les divinités qu'il connaissait et ruminait. Pourquoi ne trouvait-il pas le sommeil lorsqu'il était installé confortablement sous ses draps, alors que ses yeux étaient incapables de rester ouverts pendant les cours ?
Avec un bâillement irrépressible, il relu pour la cinquième fois les instructions inscrites élégamment sur le grand tableau noir. Sortilèges de disparitions. Ils étaient sensés travailler avec des invertébrés pour leur faciliter la tâche. Harry jeta un coup d'œil à l'avancement d'Hermione, et grimaça : elle avait déjà fini l'exercice. La jeune femme s'occupait tranquillement en modifiant la couleur de sa limace par quelques coups de baguettes.
Le gastéropode de Harry, lui, restait bien visible sur sa table, et il ne parvenait pas à se concentrer suffisamment pour le faire disparaître. Il imagina un instant que la limace était réelle, et non la métamorphose d'un bout de bois, et se demanda ce que le petit animal aurait bien pu ressentir.
Sûrement beaucoup d'ennui.
Depuis la reprise des cours, l'état de Harry oscillait entre la joie de revoir ses amis et la tristesse de se sentir aussi seul. Durant toutes les grandes vacances, son unique souhait avait été de revenir à Poudlard, de fuir Privet Drive et d'enfin vivre une vie d'adolescent normal. Il devrait donc être satisfait. Mais il avait l'impression qu'une vitre le séparait de Ron et Hermione, comme si quelque chose avait changé. Et la vitre s'épaississait chaque jour.
Il avait tenté de parler à Draco, mettant sa fierté de côté, mais dès qu'il était prêt de lui, un discret bout de parchemin à la main l'informant qu'il voulait le voir, son courage s'évanouissait. Combien de fois avait-il rebroussé chemin cette semaine ? Trois, quatre ?
Il observa le Serpentard — puisqu'il n'arriverait visiblement à rien avec sa limace — et constata que lui aussi avait déjà terminé son entraînement. Draco avait toujours été bon élève. Harry aurait eu bien de mal à le différencier de Hermione sur ce point. Mais ils n'avaient pas les mêmes matières de prédilection, hormis les sortilèges, et elle était plus travailleuse que le Sang-Pur. Si celui-ci avait été autant motivé qu'elle à prouver sa valeur, peut-être se partageraient t-ils le titre de l'élève ''le plus brillant de sa génération''.
Le regard du jeune aristocrate était perdu dans le vague, faisant apparaître et disparaître son objet d'étude, sa baguette pendant mollement dans sa main. Sa mâchoire était contractée et il semblait penser à des choses déplaisantes. Harry s'inquiéta, et il ressenti le besoin viscéral de le réconforter, mais Blaise Zabini pris Draco à parti pour lui murmurer quelque chose qui le fit sourire.
Harry se sentit soudainement très jaloux.
« Toi non plus t'y arrive pas ? lui demanda Ron, qui regardait les prouesses d'Hermione avec un visage dépité.
— Non. J'ai déjà mis plus d'un mois avant de créer une métamorphose, alors la faire disparaître…
— Il faudrait nous trouver une motivation, dit le rouquin avec un sourire malicieux. Si Malefoy était à la place de ma limace, je suis sûr que j'aurais déjà réussi mon sort ! »
Harry lui offrit un petit sourire crispé. C'était là l'une des raisons de son éloignement avec ses meilleurs amis. Leur cacher sa relation avec Draco lui donnait l'impression d'être un traître, de mentir à des personnes qui lui faisait confiance.
Mais eux-aussi avait sûrement leurs secrets, n'est-ce pas ?
La sonnerie retenti, et il s'étira avant de ranger machinalement ses affaires dans son sac. Il posa un regard sur sa limace en se demandant quoi en faire, mais elle eu la délicatesse de disparaître dans un petit ''pop'' surprenant.
Relevant la tête, il vit que McGonagall lui faisait signe d'approcher.
Il lui fallut beaucoup de contrôle pour ne pas soupirer. Il avait un profond respect pour la Directrice des Gryffondor, mais il était rare qu'un échange avec elle ne soit pas synonyme de remontrances.
« Tu nous rejoins dans la Grande Salle ?
— Oui oui, partez devant. »
Ron et Hermione le laissèrent seul avec leur professeure et il se plaça devant son grand bureau avec réticence.
La sorcière se tenait bien droite face à lui, ses mains croisées recouvertes par les amples manches de sa robe en velours vert.
« Monsieur Potter. Le reste de l'équipe professorale et moi-même avons remarqué votre comportement inattentif durant les cours. »
Harry détourna le regard. Pourquoi ne pouvait-on pas simplement le laisser tranquille ? Il ne faisait de mal à personne et ne cherchait à attirer ni les ennuis ni l'attention. Il avait l'impression d'être une bête de foire, comme si chaque année réveillait en lui une nouvelle anormalité.
Il pianota ses doigts contre le bureau trop rangé de sa Directrice de Maison, sans répondre.
« Monsieur Potter, reprit-elle avec plus de douceur, le professeur Snape et moi nous inquiétons pour vous. Vous semblez souvent ailleurs, et vu les événements récents… »
Ce fut au tour de la cinquantenaire d'être gênée. Elle ne souhaitait visiblement pas discuter de ces ''événements récents''. Harry serra les dents en tentant de paraître le plus inexpressif possible, mais il savait que c'était peine perdue pour lui. Pourquoi essayait-elle de lui faire croire que Snape était intéressé par sa petite personne ? Si la chauve-souris avait remarqué quoi que ce soit, il prenait probablement un malin plaisir à le voir en difficulté. Pour se donner contenance, Harry tenta de paraître passionné par un des lourds grimoires présents devant lui.
Théories de métamorphose à l'usage des débutants.
Son envie de dormir le titillait à nouveau rien qu'à lire le titre.
McGonagall laissa échapper un petit soupir résigné.
« Je… comprends que parler à un professeur ne doit pas être évident pour vous. Seulement, je tiens à vous dire que nous sommes là, si jamais vous souhaitez vous alléger de votre fardeau. Peu importe sa nature. »
Elle ouvrit la bouche pour rajouter quelque chose mais se ravisa. Leurs regards à tout deux étaient perdus dans leurs souvenirs, cicatrisés pour l'une, béants pour l'autre.
« Allez manger monsieur Potter », l'invita t'elle avec le ton compatissant qu'elle utilisait parfois.
Docile, Harry sorti de la salle, un goût amère dans la bouche.
En son fort intérieur, une petite voix lui chuchotait que ses proches s'inquiétaient sincèrement pour lui. Peut-être qu'ils ne faisaient pas semblant, peut-être qu'ils ne lui proposaient pas leur aide dans le but de se donner bonne conscience ? Peut-être qu'il était ingrat ? Mais si Harry avait apprit quelque chose au cours des années, c'était qu'il ne fallait jamais faire confiance aux adultes, et que personne ne voulait aider gratuitement.
Sinon, quelqu'un l'aurait aidé quand il était dans le placard.
Quelqu'un l'aurait aidé quand il était martyrisé par Dudley et son gang.
Quelqu'un l'aurait aidé quand son oncle rentrait ivre du travail.
Quelqu'un l'aurait aidé quand il hurlait à qui voulait l'entendre que ce n'était pas lui qui avait mis son nom dans la Coupe de feu.
Mais sa tante avait détourné les yeux, sa maîtresse d'école avait nié, Dumbledore voulait qu'il reste à Privet Drive, et l'école lui avait tourné le dos dès l'instant où un petit papier maudit avait été recraché par la Coupe.
Brusquement, Harry s'arrêta de marcher au milieu du couloir de l'aile Est et reprit le souffle qu'il n'avait pas eu conscience de retenir.
Elle était familière, cette main qui lui écrasait le coeur. Nouvelle, par contre, l'autre qui le tenait à la gorge. Ses jambes étaient à la fois lourdes et insensibles, son crâne glacé et brûlant, et il lui semblait que le temps et l'espace se tordait. Le couloir semblait si long à présent...
Stop stop stop stop stop-
Il s'était pourtant interdit de repenser à toutes ces choses ! Car une fois lancée, la machine était inarrêtable. Il ne parvenait plus à penser à quoi que ce soit d'autre. Il était pris dans un tourbillon de sensations. L'air s'était vidé de son oxygène, ses inspirations étaient futiles et sa vue se brouilla. C'était donc ça, une crise cardiaque ?
Comme pour lui répondre, son coeur se contracta si fort qu'il lui semblait se déchirer.
Je vais mourir-
Tous les élèves étaient déjà en train de remplir leurs estomacs dans la Grande Salle. Harry était donc seul, une main transpirante posée sur la pierre glaciale, et le reste de son corps recroquevillé sur lui-même.
'Aidez-moi, il me faut de l'aide' était la seule pensée qu'il pouvait mentaliser clairement. Et comme pour rire de lui, le destin accéda à sa requête de la pire manière possible : les pas caractéristiques de Snape approchaient.
Sa panique réussit l'exploit de gagner en intensité. Il tenta de se traîner jusqu'à un recoin du couloir, une salle vide, derrière une tapisserie s'il le fallait, mais son professeur était trop rapide, et lui était trop faible.
« Potter, qu'est-ce que vous faites ? »
Il baissa la tête sur le côté, pour protéger un minimum sa fierté et éviter que Snape ne voit son visage. Il entendit les robes de l'homme se froisser. Une main longue et maigre se posa sur son épaule et il frissonna à son contact. Il n'aurait jamais penser recevoir un touché délicat de son professeur honni.
« Potter. Regardez-moi », demanda Snape avec une voix contenante que Harry n'avait jamais entendu.
Il secoua la tête sans un bruit, ses dents crissant les unes contre les autres pour s'empêcher de vomir.
« Regardez-moi. »
La presque douceur qu'il avait cru percevoir disparu aussi vite que sa patience alors que Snape le redressa avec force sur ses pieds. Harry s'échappa de sa poigne avec un couinement de détresse et se laissa glisser contre le mur. Assis sur le sol, tremblant, la respiration erratique, il essayait de fixer un point droit devant lui. Histoire de contrôler au moins une partie de son corps.
Le professeur s'accroupit à sa hauteur, tentant de capter son regard. Malgré les brumes de son esprit, Harry comprit que Snape l'analysait. Il devait penser que son attitude était pitoyable et résistait à l'envie de lui jeter un sarcasme mauvais… Il aurait bien le temps de se rattraper plus tard, pensa Harry avec amertume.
« Potter, quelqu'un vous a t-il attaqué ? »
Harry leva les yeux vers l'homme, perplexe. De quoi parlait Snape ? Il n'était pas blessé. S'il y avait eu une attaque de Mangemorts, tout le monde serait au courant. Snape dû remarquer son désarroi puisqu'il s'avança légèrement en plantant ses yeux dans les siens.
« Vous n'avez pas subi de Doloris. Vous auriez les yeux vitreux. » Il marqua une petite pause. « Enfin, plus que d'ordinaire. »
S'il n'avait pas eu la gorge nouée et la respiration aussi rapide, Harry aurait bien lancé une réplique cinglante qui lui aurait fait perdre dix points. Mais l'ébauche de l'expression sarcastique de Snape s'effaca vite.
« Pas de blessure. Pas de sortilège. Vous faîtes une attaque de panique », diagnostiqua l'homme.
Sans déconner.
« Venez dans mon bureau, j'ai les potions nécessaires. Pouvez-vous marcher ? »
S'il répondait non, son professeur le porterait-il ?
« Oui... Je c-crois, articula t-il difficilement.
— Alors suivez-moi. »
L'ordre claqua. Harry se redressa douloureusement. Il ne faisait pas confiance en ses jambes. Au bout de quelques pas, il se rendit compte avec une certaine stupeur que Snape marchait lentement. Il n'avait qu'un mètre d'avance et semblait prêt à le rattraper en cas de besoin. Harry ne pensait pas qu'il était capable de ce genre de prévenance. Peut-être qu'il faisait preuve de beaucoup d'égards envers Draco, son filleul — il s'imagina Snape en train de border sa fouine —, mais envers lui ?
Il aurait cru que son professeur se serait placé au dessus de lui, le dominant avec condescendance, et lui aurait retiré des points pour une raison obscure avec un monologue très humiliant. Quoi que, il les avait bien protégés sans une hésitation, Ron, Hermione et lui, quand Remus s'était transformé.
Snape semblait loin de ses pensées perplexes, puisqu'il lui prit le bras avec un soupir agacé.
« Vous chancelez. »
Ah. Harry n'avait plus vraiment conscience de son propre corps. Il se concentrait juste sur le fait de ne pas tomber et se ridiculiser devant son professeur. Son souffle s'était légèrement calmé, mais il avait toujours la sensation d'étouffer. Il se surprit à tirer sur la peau de son cou, comme pour chercher à dégager sa gorge. Snape nota son geste avec un froncement de sourcil.
Ils arrivèrent tant bien que mal dans les cachots, et à la vue de la salle de Potions, la respiration de Harry se remit à accélérer. D'un claquement de langue impatient, Snape le tira vers une autre porte. Harry se sentit être assis de force dans un canapé. Il pressa ses tempes douloureuses puis griffa encore une fois son cou.
Une main s'empara de la sienne pour l'arrêter, mais Harry était trop perdu pour comprendre quoi que ce soit.
Une fiole entra en contact avec son bras, et Harry releva sa tête vers Snape pour le toiser avec méfiance.
Il devait avoir fière allure : avachi, haletant, et humide de transpiration. Pourtant, le visage de Snape était neutre. Peut-être même un peu… concerné ?
« Potter, si je voulais vous empoisonner je vous laisserais boire vos propres potions. Buvez. »
Fatigué et trop faible pour protester, Harry obéit.
Par magie, la brume qui assiégeait son esprit se dissipa, et il sentit son rythme cardiaque ralentir. Il ne put s'empêcher d'observer Snape avec gratitude. Calmé, avec encore quelques tremblements involontaires, l'élève découvrit les quartiers de son professeur. La légende de Poudlard selon laquelle Snape serait un vampire avait quelque peu contaminé son imaginaire, puisqu'il avait toujours pensé que l'homme habitait dans un repère sombre et humide, à l'image de sa salle de classe.
Cependant, le salon dans lequel il se trouvait était assez plaisant. Le sol était en parquet ancien et usé, les murs recouverts d'étagères et de bibliothèques croulant sous le poids des livres, mais tout était parfaitement rangé. Sauf le bureau qui était collé contre le mur. Là, un joyeux capharnaüm était mêlé de plumes de qualité, de grimoires marqués de bouts de parchemins, et de copies d'élèves raturées à l'encre rouge.
Tout compte fait, ce n'était pas étonnant.
« Potter, concentrez-vous. Racontez-moi ce qu'il s'est passé dans le couloir. »
Le professeur avait l'air angoissé par quelque chose, comme s'il craignait une réponse particulière de sa part. Pourquoi avait-il paniqué déjà ?
Oh. Ses mauvais souvenirs lui revirent à l'esprit et il resta quelques secondes les paupières closes, essayant de chasser ces images de sa tête. Il ne voulait pas parler à Snape. Il voulait Draco. Mais ça, il ne pouvait pas le dire à voix haute, encore moins devant le Mangemort.
Espion, corrigea sa petite voix dans la tête — oh Merlin ça aussi c'était inquiétant — mais il n'avait pas le cœur à être juste.
« Cela aura peut-être échappé à votre attention, mais une question implique une réponse.
— Pourquoi ? » cracha Harry.
Pourquoi il parlerait au professeur le plus injuste de l'école ?
« Parce que j'ai un rôle à tenir envers vous. Je me dois de m'assurer que vous n'êtes pas en danger.
— Eh bien je ne suis pas en danger. Pas de sang, pas de mangemorts, juste un… craquage stupide. Je peux partir maintenant ? » Si Harry avait commencé sa phrase en colère, sa voix se faisait maintenant suppliante.
Il avait envie de partir d'ici, de retrouver les bras de Draco et de mettre fin à leur froid stupide, d'ignorer, juste encore un peu, les ennuis qu'ils courraient.
« Je ne crois pas monsieur Potter. Pas avant que je ne sache ce qui a conduit à cette crise. »
Les yeux de Snape étaient durs. Harry ne s'attendait pas à moins. Il ne savait pas ce qu'il préférait entre cette sécheresse ou la pitié de McGonagall.
Choix ardu.
« Je n'ai pas envie d'en parler, professeur. » Le titre de politesse avait été rajouté précipitamment, Harry ne voulait pas se disputer avec Snape aujourd'hui.
Son professeur se pinça les lèvres, semblant inquieté par quelque chose et indécis quant à la conduite à tenir. Ce qui était une vision tout à fait inhabituelle. Il releva les yeux sur lui.
« Bien... vous ne me laissez pas le choix. »
Harry se tendit à la menace qu'il ne pouvait comprendre, mais Snape avait déjà la main sur sa baguette.
« Legilimens. »
Il sentit soudain quelque chose pousser dans son crâne, comme une présence qui ne devait pas être là. Snape, comprit-il. Snape était dans sa tête, mais comment ? Une sorte de griffe creusa dans ses souvenirs, écartant l'image du salon, l'image du couloir, jusqu'à arriver au moment où Harry s'était mis à paniquer en sortant de la salle de Métamorphose. Avec horreur, Harry constata qu'il ne pouvait rien faire pour empêcher son souvenir d'être vu. La présence poussa encore, et chercha dans sa mémoire les objets de ses pensées. Il assista impuissant à des souvenirs de chez les Dursleys, et il essaya de se débattre autant qu'il le pouvait, mais quelques bribes étaient quand mêmes accessibles. Son esprit se déchira encore quand son professeur fondit sur le souvenir du cimetière.
Seulement, la vue de Voldemort le fit hésiter.
Sans attendre, Harry profita de cette occasion pour crier :
« Protego ! »
Le salon réapparu brusquement, et Harry pris de grandes inspirations, comme s'il s'était noyé. Snape était plié en deux sur le sol.
« Qu'est-ce que c'était que ça ?! » hurla Harry en s'éloignant le plus possible de son professeur. « C'est quoi votre putain de problème ? Vous en avez pas assez de m'humilier en classe, il faut aussi que vous fouillez dans ma tête ?! »
La respiration de son professeur était sifflante, et un éclat d'il-ne-savait-quoi brillait dans ses yeux. Sans attendre plus longtemps, Harry reprit son sac et s'enfuit hors de la pièce.
« Potter ! Restez ici !
— Allez vous faire foutre ! »
Et Harry claqua la porte.
« Il a fait quoi ?! »
Hermione avait la bouche grande ouverte, et Ron était profondément choqué. Harry était en colère et faisait les cents pas dans la salle de bains des préfets. Quand Harry leur avait dit qu'il devait leur raconter quelque chose de secret, Hermione avait proposé cet endroit que ni elle ni Ron n'utilisait : autant que leur statut serve au trio.
« Je ne sais pas comment il a fait, mais il est rentré dans ma tête. Je pouvais rien faire, assura Harry.
— Il a fait de la Legilimancie. » déclara Ron avec une assurance que Harry ne lui connaissait pas.
Hermione tourna brusquement la tête vers le rouquin, étonnée. C'était rare que Ron sache quelque chose que Hermione ignorait.
« C'est un vieux truc sorcier. Plus personne ne fait ça, dit-il en haussant les épaules.
— Snape si.
— Le professeur Snape est un sorcier puissant… Ce n'est pas étonnant de sa part, dit Hermione en secouant la tête, faisant glisser ses épaisses boucles sur son épaule.
— C'est surtout un sale mangemort ! C'est de la magie noire ! » s'indigna Ron.
En laissant son regard se perdre sur les vitraux somptueux de la large salle de bain, Harry réfléchit. Cette sensation d'avoir une présence dans son esprit… il l'avait déjà ressenti avant. Parfois. Quand Dumbledore le scrutait derrière ses lunettes en demi-lune.
Et si Dumbledore savait faire… ça, alors ça ne pouvait pas être de la magie noire. Mais, Dumbledore ne lui avait jamais griffé l'esprit comme Snape l'avait fait.
Harry se sentait perdu. Et si c'était un sort interdit ? Devait-il en parler à quelqu'un ?
A qui ?
Comme si elle avait lu dans ses pensées à son tour, Hermione lui apporta la réponse.
« Je pourrais demander des renseignements au professeur Flitwick. Il doit bien savoir comment ce sort fonctionne ! Et s'il ne sait pas, on ira dans la réserve.
— Bonne idée Mione ! » répondit Ron, passant une main dans son dos.
Bizarrement, malgré tous les chamboulements de la journée, Harry se sentait bien. Il avait l'impression d'être à nouveau proche de ses amis. Ils allaient peut-être partir en expédition tous ensembles, comme avant.
Il se surprit à sourire.
Leur promotion avait Sortilèges le lendemain après-midi. Harry pensait en profiter pour passer un mot discret à Draco. Il voulait enterrer la baguette, et si pour ça il fallait faire le premier pas, tant pis. Il allait faire cet effort, tout en espérant que le Serpentard suive l'exemple la prochaine fois... Oh, Harry n'était pas naïf, il savait qu'il allait se passer encore des dizaines de disputes entre eux durant les prochains mois à venir. Draco et lui avaient des tempérament trop différents, et ils aimaient bien trop se chercher des noises.
Scrutant sa montre, Harry attendait que la sonnerie du cours retentisse. Il avait été peu concentré pendant l'heure, d'abord parce qu'il était excité par la potentielle sortie nocturne que lui et ses amis allaient faire, mais aussi parce que repenser à la raison qui les poussaient à faire ça en premier lieu le rendait extrêmement en colère. Le repas de midi avait été une torture, Snape avait eu le regard rivé sur lui tout le long du repas, et lui s'était contenté de l'ignorer en bouillonnant.
La fin du cours arrivé, Ron fit mine de quitter la salle de Sortilèges pendant qu'Hermione allait poser la question prévue au professeur Flitwick.
Harry respira un grand coup : c'était le moment. Il attendit que Draco se lève de son siège, et le bouscula pour glisser sa boulette de papier à l'intérieur de sa poche.
« Pousse-toi Potter. »
« C'est fin les fouines, Malfoy, t'as la place de passer », répliqua t-il pour donner le change. Aucune lueur ne s'alluma dans les yeux de son petit-ami — l'était-il encore ? —. Il avait l'air éteint.
« Viens Draco, on va être en retard », murmura Théodore Nott.
Harry pu voir le blond glisser son poing dans sa poche, le petit bout de papier serré entre ses doigts, mais sa curiosité fut piquée par les paroles mystérieuses des deux Sang-Pur : ils n'avaient aucun cours après.
Il fut tiré de ses pensées perplexes par la main d'Hermione qui s'agrippa à la sienne pour le traîner dehors. Maquant de trébucher, il la suivit tant bien que mal. Elle semblait contrariée.
« Alors ? demanda Ron. Il sait quelque chose ?
— Non ! Il a refusé de me répondre ! » pesta t-elle alors qu'elle continuait de marcher à pas soutenus. Ils traversèrent le couloir des sortilèges rapidement, au cas-où Peeves serait encore en train de faire du grabuge dans la salle des trophées. « Il m'a dit que ce n'était même plus de l'ordre des Sortilèges. Que c'est un art à part, très dur à maîtriser. Il m'a dit que ce n'était pas son domaine et qu'il ne connaissait aucun livre à Poudlard qui en parlait. »
Cette réponse n'avait pas l'air de lui plaire du tout. Harry savait que Hermione aurait préféré ne pas avoir à enfreindre les règles et se rendre dans la réserve de nuit. Mais Harry en était secrètement heureux. Ça lui changerait un peu les idées. Et vu le sourire de Ron, celui-ci pensait la même chose.
« Quand est-ce qu'on y va ? demanda Ron avec empressement. Il n'avait pas besoin de préciser de quoi il parlait.
— Samedi soir. Comme ça on aura le temps de faire nos devoirs, et ça nous permettra de ne pas cavaler dans le château la veille des cours. »
Malgré sa voix sérieuse et donneuse de leçon, le regard qu'elle lança au jeune Weasley n'était pas si sévère. Dans le fond, elle aussi était une adolescente, et elle aussi aimait bien les aventures.
L'attente entre les deux jours fut longue. Ils avaient prévu leur plan hasardeux rapidement, et leur vie d'étudiants lambdas avait repris.
« Expeliarmus ! »
Harry esquiva le sort de Dean et répliqua avec aisance. Il avait toujours été le meilleur élève de Défense Contre les Forces du Mal, et avec Remus comme professeur, il s'améliorait vite. Le loup-garou alternait ses cours entre apprentissage théorique, apprentissage pratique, et duels. Le deuxième cours de la semaine était aujourd'hui dédié aux combats.
Même si beaucoup d'élèves croyaient fermement aux propos de la Gazette du sorcier, Remus avait été combattant durant les années de Terreur et il avait expliqué à Harry qu'il était assez lucide pour savoir que ses élèves risquaient de ne pas avoir le choix : à un moment ou un autre, ils allaient devoir se battre. Et c'était son rôle de les y préparer.
« Rictusempra ! cria Harry avant de sourire : plié en deux par un rire incontrôlable, Dean avait lâché sa baguette.
— Bien joué monsieur Potter ! Faîtes équipe avec monsieur Malefoy à présent. »
Les deux adolescents accrochèrent leurs regards pendant que Dean se mettait en retrait en attendant que quelqu'un puisse se battre avec lui. Harry s'approcha à pas rapides de Draco, mais celui-ci était un Serpentard : il ne jouait pas dans les règles, et n'attendit pas que Harry arrive à sa hauteur pour l'attaquer.
« Expedimenta ! » lança le Sang-Pur en tenant sa baguette bien droite. Le sort toucha une élève qui avait été expulsé dans les airs devant Harry. Profitant de sa chance, il se faufila entre les autres adolescents et réussi à atteindre Draco sans qu'il ne puisse l'atteindre lui-même.
« Respecte les règles !
— Pourquoi ? répondit Draco d'une voix douceureuse. Tu crois que des sorciers expérimentés attendraient sagement que tu sois prêt ? » Il y avait comme une intonation étrange dans la voix de Draco. Harry avait presque l'impression qu'il voulait de le gronder.
« Monsieur Malefoy a raison », affirma leur professeur. Il haussa la voix pour se faire entendre de toute la classe : « Dans un combat réel, personne n'attendra que vous soyez prêt. Je me fiche de votre sens de l'honneur : attaquez dans le dos, cachez-vous derrière d'autres élèves, feintez, enchaînez sorts sur sorts. Personne ne se souviendra de votre caractère fair-play si vous êtes vaincu. »
Harry acquiesça, la mine sombre. Les yeux gris de Draco étaient fixés sur lui, comme s'il pour lui dire ''Retiens-le bien, idiot''. C'était peut-être sa manière de lui montrer son affection, pensa Harry avec dépit.
Presque au corps à corps à présent, Draco et lui se frôlaient à chaque sort et Harry se sentait électrisé.
« Je l'ai lu », dit Draco en faisant référence à son bout de parchemin. Harry jeta un coup d'œil autour de lui, mais personne ne semblait assez désœuvré pour écouter leur conversation. Il resta néanmoins prudent.
« Et ?
— Expuslo ! » cria Draco pendant que Harry effectuait un pas de côté. « Parfois je repense à l'épreuve dans le lac, et d'à quel point j'aurais béni le calamar géant de t'y noyer. Je parie que Saint Potter ne se risque plus à traîner par là le soir... Stupefix ! »
Message reçu, pensa Harry. Il manqua de trébucher sur la robe de Neville, mais se rattrapa au tout dernier moment. Il ne voulait pas perdre. Ca signifierait changer de partenaire...
« Bien sûr que non, je ne voudrais pas manquer le spectacle de tes gorilles de compagnie pendant le dîner. T'as remarqué comme ils sont encore plus hébétés — Protego ! — le lundi ? A croire qu'ils oublient chaque week-end qu'ils sont dans une école. »
Draco acquiesça : lundi soir, au bord du lac. Harry ne pu s'empêcher d'afficher un petit sourire. Ça faisait tellement longtemps qu'ils se donnaient des rendez-vous de cette manière qu'il lui était devenu naturel de discuter ainsi avec Malefoy. Entre deux attaques qu'il esquiva difficilement, il se surprit à imaginer un monde où il pourrait parler à Draco aimablement, et où aucune presse à scandale n'en feraient les gros titres. Rita Skeeter serait au chômage… Il ricana et perdit sa concentration.
« Incarcerem ! » siffla Draco avec son accent latin pompeux.
Son visage rencontra avec douleur le sol en pierre, et ses bras se retrouvèrent tendus dans son dos, fermement liés par des cordes. Merde. Le visage de Draco apparu devant le sien, moqueur, et à la fois un peu inquiet.
« Tu ne survivrais pas une minute face à un Mangemort. Les cours ne suffisent pas, entraîne-toi », lui murmura Draco pour que lui seul puisse l'entendre. Puis il repris avec une fois forte et un masque cruel : « On dirait bien que ton niveau en Défense est surestimé Potter. Mais c'est naturel, que pourrais-tu faire face à un Malefoy ? »
Rien, pensa Harry sous quelques rires d'autres élèves. Parce que même attaché face contre sol, la haute silhouette de Draco le dominant de toute sa hauteur, humilié devant toute la classe, Harry l'aimait encore.
« C'est fini pour aujourd'hui, bon travail tout le monde ! » annonça Remus en le libérant d'un coup de baguette.
Neville lui tendit la main, et Harry se laissa hisser sur les pieds pendant que le groupe se dispersait.
« C'est pas grave », le rassura son camarade, « t'auras Malefoy une autre fois ! »
Harry repensa à tous ces moments où le cœur de Draco était au bord de ses yeux, où son masque de dédain laissait place à la tendresse, à ses soupirs de plaisir au creux de son oreille.
« Oh, il est déjà à moi. »
Draco lui jeta un regard furieux, les joues rouges, mais Neville sembla croire que c'était une moquerie de la part du Survivant.
Il secoua la tête pour faire taire les idées impudiques que sa posture avait fait naître, et Harry et ses amis quittèrent la salle — qui avait fini dans un sale état après cette heure d'entraînement. Ils filèrent manger : se battre leur avait donné faim.
Devant son assiette, Harry pu ingurgiter une quantité raisonnable d'aliments.
La moitié de son repas. Ce qui, pour lui, c'était une quantité très honorable. D'ordinaire, il ne lui fallait qu'une semaine pour reprendre une alimentation normale après les vacances. Mais cet été, les Dursley avaient étés très avares. Au lieu de son petit repas quotidien que Tante Pétunia le laissait avoir, et des restes que Harry mangeait en cachette, il n'avait eu droit qu'à un repas tous les deux jours. Parfois seulement du pain. Sa tante lui avait servit de temps en temps des restes de côtes d'agneau, mais Harry, trop habitué aux mœurs sorcières, avait grimacé de dégoût et avait tout légué à sa chouette.
Il tendit la main pour attraper une part de clafoutis, priant pour que son estomac coopère avec sa gourmandise.
« Bon, vous êtes prêts pour demain ? Profitez bien de cette nuit de sommeil », chuchota Ron avec un clin d'oeil.
Hermione acquiesça, des étoiles dans les yeux malgré elle, et Harry sourit, les joues pleines.
Seulement, le soir, une fois dans son lit, toute excitation disparu.
Les souvenirs que Snape l'avait forcé à revivre et qu'il avait réussi à ignorer se rejouaient dans sa tête. Son corps était collant de sueur malgré le froid de ce premier jour d'automne. Il ne cessait de se tourner et se retourner dans tous les sens, tentant encore de trouver le sommeil. Même sa magie était agitée.
Il poussa un soupir furieux.
Harry n'en pouvait plus de cette situation. Comme un funambule sur un fil de plus en plus fin, son esprit menaçait de craquer à nouveau. Il devait dormir, tout le monde avait besoin de dormir !
Mais son corps ne semblait pas prêt à capituler.
Harry en arrivait presque au point où il préférait faire des cauchemars et dormir, plutôt que souffrir comme un crétin et devoir passer toute la journée exténué. D'autant plus qu'il allait devoir veiller pour aller dans la Réserve !
Il devait dormir.
Et il ne voyait qu'une solution.
Sûr de sa décision, il se leva et enfila une paire de chaussettes, rien d'autre pour faire le moins de bruit possible, et fila dans les couloirs. Il n'était pas encore trop tard : le couvre-feu était passé une heure auparavant. Les torches étaient donc encore allumées. Si Harry se faisait prendre, il ne serait pas réprimandé trop durement. Il avait fait pire.
Avec un peu de chance, ça pourrait être l'heure du tour de ronde de Draco, pensa t-il avec un petit sourire fatigué.
A grands pas pressés — en partie parce que le sol était glacial — il glissa jusqu'aux cachots.
« Allez, tu peux le faire », se dit-il a lui même avant de grimacer. Sa voix ricocha entre les murs humides et il resta immobile quelques instants, de peur d'avoir été entendu. Ill pénétra sans plus attendre dans la salle de Potions. Devant la petite porte élimée de la réserve où son professeur rangeait ses potions et ingrédients, Harry hésitait.
C'était mal de voler, il le savait. Même à Snape. La dernière fois, ses amis et lui avaient eu une bonne raison : fabriquer du Polynectar afin de connaître la vérité sur l'héritier de Serpentard.
Mais à présent… Quelle était son excuse ?
Harry secoua la tête. Snape l'avait attaqué, c'était de sa faute s'il n'arrivait pas à dormir, il lui devait bien ça !
Il posa sa main sur la poignée puis remonta dans son dortoir quelques minutes plus tard, une fiole de Sommeil sans rêves entre les doigts.
Le lendemain, il s'était réveillé en pleine forme, ce qui lui avait presque tiré des larmes de joie, et il passa une excellente journée à voler sur son balais et à avancer dans ses devoirs. Quand le moment fut venu de se rendre dans la réserve, Ron, Hermione et lui avaient attendu une heure du matin chacun dans leur lit, avant de sortir se retrouver dans la salle commune. Harry avait sa cape d'invisibilité à la main, et Ron tenait la carte du Maraudeur. Hermione ne pu s'empêcher de pouffer devant le pyjama à motifs de balais que Ron portait.
« Roh ça va, maugréa t-il. Allez, qu'est-ce qu'on attend ?
— On a rien oublié ? demanda Hermione en se frictionnant les bras dans le but évident de se réchauffer.
— A part tes pantoufles, non, répondit Harry avec sarcasme.
— Elles font trop de bruit ! Miss-Teigne nous repairerait à dix lieues ! »
Harry haussa les épaules et s'avança vers le trou qui les séparaient du reste de l'école. Il poussa le portrait le plus silencieusement possible, priant pour que la Grosse-Dame soit en train de dormir.
Ils étaient chanceux.
Avec excitation, il jeta la cape d'invisibilité sur eux trois, et heureusement qu'elle était extansible. Il n'avait pas encore eu l'occasion de découvrir à quel point. Ron le dépassait d'une bonne tête et Hermione était légèrement plus grande que Harry. Une petite pointe de jalousie le démangea.
A tâtons, ils avancèrent en essayant de ne pas se marcher sur les pieds. Trois étages les séparaient de la bibliothèque. C'était long. Très long, en sachant qu'ils pouvaient rencontrer Rusard et sa fidèle Miss-Teigne, Peeves, un professeur, Dumbledore, ou simplement un chat aventureux qui aurait décidé de leur miauler dessus pour obtenir des caresses.
Ou un basilic, un loup-garou, un elfe fou-furieux, un évadé d'Askaban, Voldemort.., pensa Harry avec ironie. Il frissonna en ce demanda quelle catastrophe l'attendait cette année. L'année précédente avait placé la barre haut…
« Tourne à gauche, chuchota Hermione.
— Mais non, c'est pas le bon chemin !
— Regarde la carte idiot, il y a un raccourci. »
Ron scruta le parchemin. Harry avait lui aussi remarqué le petit escalier gribouillé sur sa carte. Mais il ne l'avait jamais emprunté. Peut-être qu'il n'était plus accessible ? Il allait en faire la remarque quand il vit que Ron avait la main sur le bras de Hermione, leurs peaux de différente couleur se joignant en un joli contraste.
Un cognard semblait avoir percuté le ventre de Harry.
Ses deux amis semblaient très proches. Peut-être trop pour des amis. Il se sentit soudainement très seul, et son esprit se brouilla encore, comme la fois où Snape l'avait trouvé. Et le souvenir de Snape le ramena sur son objectif : il devait savoir ce qu'était la Legilimancie. Il devait savoir quel sort de magie noire Snape lui avait lancé. Peut-être qu'il avait des conséquences inconnues. Peut-être était-ce suffisamment grave pour qu'il ai à en parler à Dumbledore.
Il devait rester concentré.
Ignorant les regards intenses que se donnaient ses amis, il accéléra le pas, les poussant à augmenter leur cadence et se lâcher.
« Harry ? »
Harry ne répondit pas. Ils avancèrent en silence jusqu'au petit escalier mystérieux. Celui-ci était biscornu — ce qui n'était pas étonnant, Poudlard étant ce qu'elle était — et certaines marches étaient entrecoupées de trous béants — ce qui n'était pas extraordinaire non plus. Ils devraient y arriver.
Ils avancèrent précautionneusement. La cape les obligeaient à marcher très près les uns des autres. Ron et Hermione étaient à nouveau devant lui, et Harry avait la tête baissée sur les marches au cas-où.
« Aïe !
— Désolé Mione », dit Ron tout bas. Il s'agrippa à son bras pour garder l'équilibre, et au fur à et mesure de leur descente, sa main glissa jusqu'à celle d'Hermione.
Ravalant ses larmes et bloquant ses pensées intrusives, Harry rabaissa son regard.
Reste concentré.
Son corps ne semblait pas l'avoir entendu, puisqu'il glissa et se coinça le pied dans un trou.
« Merde ! » jura t-il. Ron et Hermione avaient basculé en arrière, attirés par la force de son poids, et il était désormais affalé sur les marches, le pied entre les planches et son dos contre une pointe de bois. Il réprima un gémissement de douleur.
« Harry ! Ça va ?
— J'ai le pied coincé ! » ragea t-il.
Ron se releva tant bien que mal et tâtonna le bois à la recherche de sa cheville. Il tira avec force sur une des planches et réussi à la rompre avec l'aide d'Hermione.
« Essaie d'enlever ta jambe maintenant. »
Harry obéi et récupéra son pied qui était en sale état. Aucune blessure n'était visible, mais il avait déchiré un bout de son pantalon et il avait très mal.
« Tu peux marcher ?
— Hm. »
Serrant les dents, il se releva pendant que Hermione réajustait la cape qui avait glissé sur eux. Si quelqu'un avait été là, il n'aurait vu que trois jambes flottant dans le vide.
Leur excursion reprit tant bien que mal, ralentie par Harry qui boitait. Ron et Hermione se tenaient l'un l'autre, et Harry se tenait au mur.
Leur malchance n'ayant pas de limites, les marches étaient en bois ancien, et elles craquaient plus qu'ils ne pouvaient se le permettre : ils avaient déjà fait assez de bruit. Si quelqu'un était dans les parages, ils étaient foutus. Harry — qui n'était pourtant pas très croyant — priait Merlin, Morrigan, Freyja et n'importe qui d'autre pour que le reste de leur chemin se passe sans encombres.
Une fois en bas, Hermione sortit sa tête de l'escalier pour jeter un œil dans le couloir avant qu'ils s'y engagent. Ce qui était un peu inutile, pensa Harry, puisqu'ils étaient de toute façon invisibles.
« Tu vois quelque chose ? »
Hermione fit taire Ron d'un violent coup de coude dans les côtes. Harry l'aurait fait à sa place. Ce n'était pas le moment de se faire remarquer.
Doucement, ils franchirent les derniers mètres qui les séparaient de la bibliothèque. Ils entrèrent sans problème et slalomèrent entre les tables et les différents rayons, prenant soin de ne rien faire tomber. Harry perçu un petit claquement.
« T'as entendu ? » chuchota t-il.
— Ça doit être la porte qui s'est refermée, avance », répondit Ron d'une voix mal-assurée.
Un peu plus rapidement, ils se hâtèrent de trouver la porte de la réserve. Harry chercha à sortir sa baguette de sa robe pour la déverrouiller, mais il ne la retrouvait plus.
« Laisse, je vais le faire » murmura Hermione en pointant sa baguette tout contre la serrure. « Alohomora. »
Ils entrèrent dans la réserve, une forte odeur de poussière et de livres anciens les prenant à la gorge. La salle était étroite, mais longue. De hautes étagères se partageaient le peu d'espace au sol et étaient pleines à craquer d'épais grimoires peu accueillants. Les planches formaient même un arrondi sous leur poids.
Hermione les mena sans hésiter à un rayon enfoui au fond de la salle. Elle semblait se rendre souvent ici, nota Harry. La jeune fille s'arrêta devant une étagère et Harry parcouru le rayon du regard. Créatures abominables des profondeurs, Recueil des sorts interdits ou encore Le guide vénéneux de la Nécromencie. La parfaite panoplie du Mangemort en formation. Pas étonnant que ces grimoires ne soient pas accessibles aux élèves.
« J'ai jamais compris pourquoi les portes interdites de ce château s'ouvrent aussi facilement, c'est complètement idiot », fit remarquer Ron qui n'avait pas envie de farfouiller dans les livres poussiéreux.
— Pour que les élèves puissent y accéder facilement en cas de danger, sombre crétin », sonna une voix lugubre dans leur dos, faisant pousser à Ron un puissant cri aigu.
Le professeur Snape se tenait dans l'embrasure de la porte et semblait les observer depuis de longues minutes. Dans l'obscurité, son corps paraissait encore plus effrayant, et ses yeux noirs étaient meurtriers.
« Accio cape. »
Les trois adolescents furent brusquement à découvert, totalement visibles. Snape scruta un moment la cape d'invisibilité avec un drôle de regard, puis se tourna à nouveaux vers eux. Harry sentit Hermione frissonner.
« Que croyez-vous faire ici au milieu de la nuit, bande d'inconscients ?! Vous », dit-il en désignant Harry et Ron du menton « ça ne m'étonne pas, mais vous Miss Granger, je vous croyais plus intelligente ! »
Harry gigota sur lui-même, très mal à l'aise, et Hermione tenta de donner une explication à leur professeur, le livre qu'elle avait trouvé serré contre sa poitrine.
« On cherchait juste des renseignements sur un sort, monsieur, on ne voulait faire de mal à personne et—
— Peu m'importe », la coupa Snape d'une voix sèche et reporta son attention sur Harry. « Votre cervelle est-elle si petite qu'il ne vous est même pas venu à l'esprit que dans la situation actuelle, se promener dans les couloirs à cette heure-ci était totalement irresponsable ? »
Harry fronça les sourcils, sans comprendre.
« Le Seigneur des Ténèbres est de retour », poursuivit-il d'une voix basse en avançant vers eux comme un prédateur sur sa proie. « Des dizaines de gamins stupides dans cette école feraient n'importe quoi pour attirer son attention. Et... quoi de plus beau à offrir que le cadavre du Survivant ? »
Harry se mordit la langue devant sa stupidité. Si quelqu'un avait cherché à l'attaquer, Ron et Hermione aurait été mis en danger par sa faute. Par réflexe, il chercha à nouveau sa baguette, en vain. Snape était vraiment de leur côté, n'est-ce pas ?
« Montrez-moi ce livre », exigea Snape à Hermione. Elle le lui tendit avec réticence. Le professeur déchiffra le titre de l'ouvrage et releva brusquement la tête pour fusiller Harry du regard. Le jeune garçon détourna les yeux pour se protéger d'une éventuelle attaque mentale.
« Potter. Produisez un Patronus pour raccompagner vos petits camarades dans leurs dortoirs. »
Sachant d'avance que sa réponse rendrait Snape furieux, il plissa les yeux d'appréhension.
« Je n'ai pas ma baguette. »
Il ne savait pas que le regard de Snape pouvait être plus sombre encore.
« Je ne devrais pas être surpris », cingla t-il. Il fit apparaître son propre Patronus, une biche — ce que Harry trouva très ironique sachant que le sien était complémentaire — et fit signe aux deux autres Gryffondor de partir.
« Professeur, Harry doit—
— Dehors ! » siffla l'imposant sorcier, et les deux fautifs quittèrent la pièce en suivant la fine forme fantomatique.
« Potter, venez avec moi. Immédiatement. »
Harry ne se risqua pas à désobéir et le suivit jusqu'à ses quartiers sans un mot, essayant de ne pas boiter. Une fois la lourde porte refermée derrière eux, Snape s'installa sur son fauteuil en velours épais, à côté de la cheminée qui crépitait, et laissa tomber son menton sur ses mains.
« Asseyez-vous. »
Harry prit pour la seconde fois place dans le canapé de son professeur et garda les yeux résolument fixés sur le sol, priant pour que Snape ne fouille pas dans ses souvenirs.
« La dernière personne de votre famille qui n'avait pas sa baguette à portée de main était votre père. Est-il nécessaire que je vous rappelle quelle en fut la conséquence ?
— Non professeur », répondit Harry en serrant la mâchoire, choqué par la rudesse de cette phrase. « Comment savez-vous que—
— Dorénavant », le coupa t-il, « j'exige que vous ayez votre baguette en permanence sur vous », dit son Snape en retroussant sa manche gauche. Harry ne pu s'empêcher de fixer la marque immonde qui semblait bouger. L'homme détacha son étui à baguette de son bras et le lui tendit.
« Tenez. Nous n'avons pas le temps de vous en commander un. Certains l'attachent au mollet, mais je ne vous le conseille pas, il faut pouvoir tirer votre baguette rapidement, même si c'est plus inconfortable. »
Harry ne fit pas un geste pour s'en saisir, un air perplexe sur le visage. Pourquoi Snape faisait-il ça ?
L'homme soupira.
« Mon but est que vous surviviez. Je suis dans votre camp. »
Harry laissa échapper un ricanement moqueur.
« Excusez-moi, je ne m'en étais pas rendu compte, probablement que ma petite cervelle a été abimée par votre visite ! » cracha t-il sans s'embarrasser de la moindre formule de politesse.
Le Potionniste soupira une nouvelle fois et se massa le front, comme s'il souffrait d'une incroyable migraine.
« Je reconnais que mon… comportement était exagéré. Je voyais que vous ne me parliez pas, je ne savais pas si la situation était grave, et je n'ai pas eu la patience de vous convaincre. »
Harry était en train de rêver ou Snape lui offrait ses excuses ? Nan, il y aurait sûrement une réplique sarcastique qui allait suivre, c'était dans sa nature !
« Néanmoins, ce n'était pas une raison pour cavaler en pleine nuit dans une pièce recluse du château. Vous étiez à la merci de n'importe qui.
— Je voulais savoir ce que vous m'aviez fait ! » bouda Harry, toujours sans le regarder directement.
L'homme se réinstalla correctement sur son fauteuil, l'étui toujours à la main. Son regard se perdit dans le grimoire qu'il avait posé sur la table basse.
« C'était de la Legilimancie. Que savez-vous à ce propos ? »
Étonné de ne pas être réprimandé pour son impolitesse, Harry répondit, en s'asseyant en tailleur. Ses chaussures sales sur le tissu du canapé firent tiquer son professeur mais il ne bougea pas.
« Hermione m'a dit que c'était une sorte d'art. Quelque chose de dangereux et que peu de sorciers savent faire..? Ron dit que plus personne ne fait ça.
— Votre ami a tort. La plupart des sorciers et sorcières puissantes pratiquent la Legilimancie et l'Occlumancie, qui sont deux faces d'une même pièce. » Il se leva pour effectuer de petits allers-retours devant la cheminée, comme s'il énonçait un cours. « La Legilimancie est l'art de projeter son esprit dans celui d'un autre, de saisir ses pensées. Un bon Legilimens est indétectable, sauf s'il n'a que faire d'être repéré ou qu'il souhaite faire souffrir son adversaire. L'Occlumancie est l'art de maîtriser son esprit et d'en bloquer l'accès à un Legilimens. Cela consiste à ériger des protections mentales de différentes sortes pour protéger ses souvenirs. »
Harry trouvait cela très étrange. Il était possible de lire dans les pensées ? Il semblait qu'il pouvait encore être surprit par le monde magique.
« Certaines personnes sont des naturelles. Elles n'ont pas besoin d'apprendre cet art, c'est inné. C'est le cas pour les jumeaux sorciers par exemple. Leurs magies sont tellement similaires que leurs esprits sont constamment liés.
— Mais on peut apprendre à faire de l'Occlumancie ? osa demander Harry.
— On peut devenir Occlumens, oui. C'est long et complexe, mais c'est possible s'il y a un certain talent présent. »
Harry grimaça. Ce n'était sûrement pas son cas.
« Vous pouvez me regarder dans les yeux. Je ne vous attaquerai pas », promis Snape. Harry persista cependant à fixer le tapis. Ce qui fit pousser un énième soupir à son professeur qui posa sa baguette sur la table, entre eux.
L'adolescent osa enfin le regarder en face. Son professeur n'avait plus le regard sévère qu'il arborait tout à l'heure. Il avait l'air plutôt neutre. Harry se laissa tenter, mais était prêt à bondir sur l'arme au moindre signe d'hostilité.
« Ne pas avoir ma baguette ne m'empêche pas de lire vos expressions. Je sais bien que vous ne m'attaqueriez pas, tout comme vous savez que la réciproque est vrai. Je ne me serais pas embêté à vous sauver la vie à plusieurs reprises pour tout gâcher maintenant.
— Mais maintenant Voldemort est revenu », fit remarquer Harry. Snape grimaça à l'entente du nom du mage noir.
— Très juste. Mais ma dévotion va à Dumbledore et je n'ai pas à vous le prouver. Si vous n'avez pas confiance en moi, faites confiance en son jugement. »
C'était un coup bas, Snape savait sûrement que Harry considérait Dumbledore comme la personne la plus intelligente qu'il connaisse. Ne pas avoir confiance en Snape revenait à le considérer comme plus malin que le directeur...
L'adréaline redescendant, Harry bailla. La biche argentée passa à travers la porte et galopa jusqu'à Snape. Les deux êtres se regardèrent sans parler, puis le Patronus s'évanouit et l'homme se tourna à nouveau vers lui, l'expression indéchiffrable.
« Expliquez-moi l'origine de votre crise d'angoisse. C'est ce qui vous a mené ici, après tout.
— Pour que vous vous en serviez contre moi ? Ca vous permettrait de mettre à jour votre répertoire de moqueries. »
Le regard du professeur se troubla.
« Je ne me moquerai pas. Je ne me suis jamais moqué de vous à propos de choses réelles ou importantes.
— Non, seulement sur ma célébrité et mes compétences en Potions ! » railla Harry.
— Ce qui ne sont pas des choses importantes. »
Snape était adulte depuis trop longtemps. Il n'avait pas l'air de se douter de l'impact que ce genre d'humiliations avait sur lui. L'homme sembla changer de tactique :
« Pourquoi avez-vous volé une potion de sommeil sans rêve ? »
Harry tressaillit. Comment Snape pouvait-il savoir que c'était lui ?
« N'insultez pas mon intelligence. Répondez à ma question. » Puis, semblant comprendre que ce n'était pas la bonne méthode, il ajouta : « Je vous assure que je n'utiliserai rien de ce que vous me direz contre vous. »
Choqué par la politesse de Snape à son égard — Snape ! — Harry consentit à répondre.
« Je n'arrive pas à dormir. Je fais des cauchemars.
— C'est une potion de Sommeil sans rêve, j'étais parvenu à cette conclusion seul. De quoi rêvez-vous ? »
Snape était la dernière personne à qui il voulait parler. Mais qui avait-il d'autre ? Ron et Hermione ne comprendraient pas, il ne voulait pas de la pitié de ses autres amis et professeurs, il ne voulait pas inquiéter Draco avec qui de toute façon il ne parlait pas de ces choses-là, et Dumbledore était désormais en bas de la liste.
Alors, épuisé, il parla.
« De Cédric. Du cimetière. Et d'autres choses. Mais c'est surtout ça en ce moment.
— Je suppose que vous avez refusé de voir un psychomage.
— On ne me l'a jamais proposé », répondit Harry avec étonnement. Il ne savait même pas que cette fonction existait chez les sorciers.
Sa réponse eu l'air d'énerver son professeur qui croisa les jambes et se rigidifia, mais il sentit que son énervement n'était pas dirigé contre lui.
« Merlin… Mon soupçon est confirmé. Je suis la seule personne sensée de ce château. »
Harry eu un petit ricanement. Ce n'était pas entièrement faux.
Lorsqu'il était arrivé dans le monde sorcier à ses onze ans, il avait abandonné sa vision de la normalité que lui avait inculqués les Dursley, finissant par comprendre qu'ils avaient tort et que rien n'était normal chez eux. Mais il était persuadé que si quelque chose de grave était arrivé à Dudley, ses parents l'auraient immédiatement envoyé chez un psychologue. C'était d'ailleurs arrivé lorsque Hagrid lui avait fait pousser une queue de cochon, avant sa première rentrée.
Mais peut-être que le monde magique était tout aussi absurde.
« Comment m'avez-vous repoussé de votre esprit, la dernière fois ? demanda Snape, curieux.
— J'ai… lancé un Protego ?
— Ce n'est pas sensé être si simple. Un sort de bouclier agit sur le monde physique, par sur l'esprit. Ca n'aurait pas dû fonctionner.
— Ah. »
Harry n'avait pas ce genre de considération. Ca avait marché, tant mieux, il se fichait de savoir pourquoi. S'il devait s'inquiéter à chaque fois qu'il faisait quelque chose sensé être impossible…
« Éloquent. Je mets cela sur le compte de votre fatigue. »
Et comme il continuait d'afficher un air morne, Snape continua de parler tout seul.
« Votre esprit m'a repoussé instinctivement. Votre bouclier ne servait qu'à donner une logique à une situation que vous ne pouviez pas comprendre. Servez-vous de cette petite compétence pour vous protéger de vos cauchemars. » Il se tut un moment, pensif. Il récupéra sa baguette et cette fois-ci, Harry ne se méfia pas. « Allez vous coucher Potter », conclu t-il en faisant réapparaître son Patronus.
Harry acquiesça. La phrase de Snape ressemblait presque à un compliment, et il put percevoir un éclat étrange dans les yeux de son professeur. Celui-ci lui tendit à nouveau l'étui, et Harry le saisit avant de fixer à nouveau la Marque gravée sur le bras de l'homme qui n'avait pas baissé ses manches. Le serpent s'enroulait autour de la tête de mort, et il semblait le fixer.
Se souvenant brusquement qu'il était en pleine nuit, seul, sans baguette, dans les quartiers d'un sorcier puissant aux alégeances douteuses, il quitta la pièce avec précaution et suivit la biche mystérieuse en courant jusqu'à son dortoir.
Et voilà pour cette suite !
La relation entre Harry et son entourage commence doucement à changer... Tout ça principalement à cause d'un détail différent de l'histoire originale : son absence à Grimmauld Place (bon et sa relation avec Draco, bien entendu). Quels changements cette petite différence va entraîner ?
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