Merci beaucoup à Noémie ! J'espère que cette suite va vous plaire :)

Bonne lecture !


CHAPITRE 4

"La nuit est sombre et pleine de terreurs." Le Trône de Fer


Octobre, mois discret, s'était fait sa petite place sans qu'on ne s'en rende bien compte, et avec lui était arrivée l'effervescence toute sorcière de l'approche des premières fêtes. Comme aux anciens temps, la nouvelle année du monde sorcier se déroulait toute la semaine du 31 : trois jours avant, trois jours après.

Des lampions flottaient dans les airs, tous les couloirs étaient recouverts de guirlandes aux couleurs chatoyantes, la chorale s'entraînait dans les grands escaliers — bonne résonance, apparemment —, les fantômes préparaient leurs propres festivités, et il régnait une atmosphère singulière que Harry n'avait jamais ressentie ailleurs.

D'après Hermione, il était écrit dans l'Histoire de Poudlard que le château avait été construit sur un ancien lieu de culte sorcier. D'après elle, c'est cela qui donnait cette magie électrisante unique aux fêtes.

Harry, comme ses camarades, aurait dû se sentir euphorique. D'autant plus que Poudlard offrait toujours des célébrations grandioses, chaque année différentes.

Mais le cœur de Harry n'était pas à la fête, non.

Parce qu'il était dans le bureau de Snape, en train de brasser son troisième chaudron, pour leur avant dernière retenue. Et depuis quelques jours, Snape était d'humeur massacrante.

Disparaissant presque derrière la montagne de copies raturées, l'homme était agité, nerveux.

Snape n'était jamais nerveux. Irritable, oui, mais d'ordinaire, son irritabilité était dirigé vers ses élèves. Harry avait assimilé depuis son premier jour de classe que le Maître des Potions détestait enseigner, n'avait aucune patience, et que le monde sorcier avait quelques décennies de retard sur la pédagogie moldue… Mais la trêve entre eux commençait à devenir plus tangible, et il était presque sûr que pour une fois, ce n'était pas contre lui que le professeur en avait.

Mais la tension palpable de son professeur l'empêchait de se concentrer, et il aurait bien aimé pouvoir finir sa potion...

« Monsieur, tout va bien ? » osa demander Harry, moins timide qu'à son habitude.

Le potioniste siffla avec exaspération et le fusilla du regard. Il serrait si fort sa plume que la pointe se cassa sur le parchemin, laissant une trainée d'encre rouge.

Harry leva les mains comme pour dire ''Oh mais moi je demande hein, si c'est pour être désagréable démerdez-vous !'', puisque Snape semblait tolérer l'impertinence non-verbale.

Le professeur le brûla du regard et Harry se figea, attendant la suite. Malgré le répit qui existait dans leur inimitié depuis l'accident de Legilimancie, il restait difficile de cerner l'homme. Allait-il lui hurler dessus ? Lui faire savoir à quel point il était idiot ? Ou le renvoyer dans son dortoir ?

Étrangement, c'était cette dernière option qui le dérangeait le plus. Harry ne voulait pas rentrer. Il était bien ici dans les cachots, au calme.

« Vous ne sentez donc rien ? » cracha l'homme en écrasant encore un peu plus sa plume, sans se préoccuper de déchirer le malheureux parchemin. « Et certains vous décrivent comme un sorcier puissant », rajouta-t-il avec une touche de mépris dans la voix.

Sans se soucier de ces mots, Harry détailla le visage et la posture de son professeur. Ses tempes étaient luisantes de sueur, son dos était vouté sur son fauteuil, ses mains si serrées que ses articulations étaient blanches. Snape mordait sans réfléchir, comme un animal aveuglé par la douleur. Il ne percevait pas le sadisme de Vernon dans ses attaques, la violence de Snape était... différente.

Alors Harry décida d'inspirer et de rester calme.

« Qu'est-ce que je devrais sentir ? Professeur, rajouta-t-il rapidement.

La magie, Potter, répondit-il avec sarcasme. Partout. Qui cherche à entrer dans la nôtre. Elle est insupportable en cette période, elle... démange... »

Le visage de Harry était une illustration parfaite de la perplexité.

Frustré de ne pas être compris — ce qui semblait tout aussi insupportable —, Snape se rapprocha de lui, contournant son bureau avec des gestes lents, et Harry distingua une lueur fiévreuse dans ses yeux.

« La période de Samhain est une période hors du temps. Ce n'est ni la saison claire, ni la saison sombre, c'est un trou dans l'année. Une ellipse. N'avez-vous pas remarqué comme les fantômes sont moins translucides, comme ils sont plus présents ? N'avez-vous pas remarqué que les animaux ont un comportement étrange ? Ne sentez-vous pas une magie étrangère qui transperce vos veines ? »

La première pensée de Harry fut de croire que Snape était fou. Puis, il se souvint que pour lui, le monde sorcier était encore comme une galaxie inconnue. Il connaissait sa planète, mais n'avait aucune idée de ce qui gravitait autour. Alors, il s'autorisa à douter.

Et c'était vrai que les fantômes étaient différents de l'ordinaire.

« Potter. Vous devez sentir ce genre de choses, vous n'êtes pas n'importe qui. » Ses sourcils se froncèrent, réalisant quelque chose. « C'est parce que vous avez grandi dans le monde Moldu que vous ne ressentez pas tout cela naturellement. »

Le visage de Snape était maintenant tellement près qu'il pouvait voir son reflet dans ses iris noires.

« Fermez les yeux et faites ce que je dis », le pressa-t-il.

Harry fixa son professeur quelques secondes, pas tout à fait certain de la bonne conduite à suivre. Mais il sentait sa baguette brûlante attachée à son poignet, et pouvait la toucher du bout des doigts. Il était en relative sécurité. Détournant le regard de son chaudron barbotant, il obéit et se concentra la voix de son professeur.

« Visualisez votre magie comme étant une source lumineuse dans votre torse. »

Jusque-là, c'était facile. Il pouvait en effet sentir sa magie pulser et se répandre dans tout son corps, comme un deuxième cœur. Il sentait même de petites étincelles circuler entre sa baguette et ses ongles. Il l'avait toujours sentie.

Se concentrant plus fort encore, il perçu la propre source de son professeur, bien plus dense que la sienne. Différente. Bouillante et glacée à la fois. Comme un volcan perdu dans l'hiver islandais.

Et, quelque part autour de lui, il perçut enfin quelque chose d'étrange. Comme un bourdonnement.

C'était... comme lorsque l'on marche et respire sans se poser de questions, jusqu'à découvrir à travers un rayon de lumière les milliers de particules de poussières qui flottent en permanence dans l'air. On se demande ensuite comment on avait fait pour ne pas les voir avant. Comment respirer maintenant qu'on les voyait.

A cet instant, Harry pensait la même chose : comment avait-il fait pour ne pas sentir ?

Le bourdonnement était plus fort à mesure qu'il y prêtait attention. Ses poils se hérissaient sous la caresse irritante de cette énergie.

Comment faire pour supporter cette électricité, ces particules de magie qui étaient attirées par la sienne ? Comment se protéger ?

Il ouvrit les yeux, pris de panique.

Et chuta dans l'abysse du regard de son professeur. Il semblait l'observer à la fois comme un sujet d'expérience et comme un camarade : quelqu'un capable de le comprendre enfin.

« Qu'est-que… c'est comme ça tout le temps ? » demanda Harry d'une voix effrayée, chuchotant comme si la magie ne devait pas l'entendre.

— Vous n'écoutez donc rien de ce qu'on vous dit ? soupira l'homme. Non, la magie libre n'est pas toujours aussi agitée. D'habitude, elle n'est pas agressive. Elle est cependant plus puissante durant les Sabbats et certaines autres périodes comme les phases lunaires ou lors de rassemblements sorciers. » Snape reprit son attitude professorale et s'éloigna de lui, faisant les cent pas. « Mais pendant la Samhain… La magie est exaltée. »

Une nouvelle porte s'ouvrait dans l'esprit de Harry. Combien de choses ignorait-il encore sur son propre monde ? Pourquoi personne ne lui avait jamais expliqué ces phénomènes ?

« Et... c'est dangereux, c'est de la mauvaise magie ? Vous en parlez comme si elle avait une volonté propre.

— La magie n'est ni bonne ni mauvaise. Elle n'obéit pas à notre morale. Elle est primaire, elle est action. A t'elle une volonté propre... » Il eu un petit sourire pour lui-même, comme si c'était là une vieille question sur laquelle des théoriciens s'étaient arrachés les cheveux. « Elle peut être influencée, en tout cas. Le soleil, la position des planètes, tout ça influe sur la magie. Et Samhain la rend dangereuse, en effet. Elle est trop instable et trop impulsive. Elle résonne sur tous les plans à la fois, ça la perturbe. »

Pour Harry, la magie était un outil naturel, comme sa parole, comme les mouvements de ses membres. Alors que Snape en parlait avec une révérence qui l'intimida. Mais il était un sorcier cultivé — même lui devait l'admettre —, alors il supposa que c'était normal.

« Et… pourquoi vous êtes si… enfin, vous êtes de mauvaise humeur à cause de ça ? » Oh, il était presque sûr de perdre un sacré paquet de points.

— Par Mímir, utilisez votre tête. » Il se rapprocha une nouvelle fois. « Nous sommes dans une période de creux entre les mondes, la magie est puissante et dangereuse. Influençable. Beaucoup trop influençable. Qui pourrait bien en profiter ? » Le sarcasme dans sa question était mordant, et Harry sentit sa bouche s'ouvrir toute seule.

Voldemort.

« Ah, je vois que vos neurones se sont enfin mis d'accord pour interagir. »

Mais son ton moqueur était devenu faiblard car à ce moment, Harry et Snape étaient autant conscients l'un que l'autre de ce qui était en train de se produire.

« Voldemort va faire quelque chose.

— La question est de savoir quoi. » Snape détourna les yeux et se perdit dans la contemplation de la potion frémissante que Harry avait délaissé. « Le professeur Dumbledore a quelques idées. Nous avons renforcé les protections mais… Le Seigneur des Ténèbres est imprévisible. »

« Mais vous, osa Harry, Voldemort vous tient au courant de ses plans, non ? »

Snape tressaillit.

« Arrêtez de prononcer ce nom... » Le Potioniste réajusta ses manches et prit appuis sur son bureau, une main carressant distraitement son menton. « Il vient à peine de retrouver sa puissance et de le faire savoir à ses Mangemorts. Nombreux sont ceux qui ont tenté de ne pas répondre à l'appel. Le Seigneur des Ténèbres est méfiant, tous ont changé depuis 1981. Nous avons tous changé... » se reprit-il, une expression indéchiffrable sur son visage. « Il ne me prévient que lorsqu'il est trop tard pour avertir qui que ce soit. »

Snape passa ses mains squelettiques sur ses traits tirés. Harry était suspendu à ses paroles, mais le professeur sembla soudain réaliser à qui il parlait et soupira.

« Allez vous coucher, Potter. »

Harry acquiesça, mais ne bougea pas d'un pouce. Snape se tenait de travers et frottait son bras gauche, recouvert de la Marque des Ténèbres.

Pour la première fois, Harry s'inquiétait sincèrement pour lui.

Il prenait conscience que Voldemort était de retour. Pour de vrai. Pas que dans ses souvenirs, pas que dans sa tête.

Snape n'était plus seulement un professeur injuste et désagréable. C'était un homme qui prenait part à une guerre.

« Potter. » le regard du Mangemort était douloureux, mais ferme. « Potter, il n'y a rien que vous puissiez faire. Allez vous coucher. »

Harry obéit à contre-cœur et sortit doucement de la pièce. Il détestait être impuissant.

Ses pas résonnèrent dans le dédale des cachots et il émerga rapidement au rez-de-chaussée. Il ne voulait pas retourner à la tour des Gryffondor et participer à des jeux innocents avec ses amis. Poudlard faisait très bien son travail : on pouvait tout à fait se croire dans une île et ignorer toutes les choses étranges qui se passaient en dehors, dans le vrai monde. Mais Harry se sentait la responsabilité de faire quelque chose, d'être utile.

Il faillit aller voir Dumbledore. Mais à quoi bon ? Le directeur était déjà au courant.

La lune était haute et baignait le Hall d'une lumière blafarde. Le couvre-feu était passé, et des préfêts, c'était Draco qui était de garde ce soir.

Parfait.

Harry jeta un Patronus et l'envoya chercher son amant. Il nota que le cerf était plus lumineux que d'habitude. Était-ce à cause de Samhain ? Ou grâce aux souvenirs de Draco qui le nourrissaient ?

Il s'avachit sur les marches en pierre froides et laissa sa tête tomber contre la rambarde en bronze, laissant vagabonder ses pensées.

Snape était un Mangemort. Un Mangemort gracié par Dumbledore, pensa t'il en se souvenant du jugement d'Igor Karkaroff, que le Directeur lui avait montré dans sa pensine. Un espion... Dumbledore allait-il lui demander de reprendre ce rôle pour l'Ordre du Phénix ? Ron et Hermione l'avaient bien vu au Square Grimmaurd cet été. Pourrait-il rester professeur à Poudlard ?

Des pas pressés qu'il connaissait bien se rapprochaient de lui.

« Harry ?

— Snape m'a parlé de Samhain, annonça Harry sans lever les yeux sur son petit ami essoufflé.

— Tu m'appelle pour ça ? s'indigna le blond.

— Tu penses que Voldemort en profiterait pour attaquer ? »

Draco leva les yeux au ciel et s'assit à ses côtés, son genoux droit collé à lui.

« Bien sûr qu'il va tenter quelque chose, idiot. C'est une occasion en or pour lui, le Sabbat. »

Harry se tourna subitement vers lui.

« Tu sais ce qu'il va faire ?

— Je ne sais pas les détails. Mais je sais qu'il se prépare, et qu'il n'y a pas d'occasion plus propice que Samhain. Mon père ne me dit rien d'important. Et le fait qu'on ne se dispute plus autant qu'avant toi et moi, a fini par arriver à ses oreilles.

— Il se méfie de toi », traduisit Harry, ne sachant quoi en penser.

Draco acquiesça, et lui offrit un regard troublé.

« Qu'est-ce que tu aurais fait si j'avais sû quelque chose, de toute façon ? »

Harry contracta sa mâchoire et reporta son regard sur ses chaussures.

« Ca pourrait être utile. De savoir des choses à l'avance. »

Il marchait sur des oeufs. C'était plus qu'ils n'avaient jamais parlé de la situation dehors, comme Draco aimait l'appeler. Et Harry restait incertain d'où cette situation allait les mener. Cela faisait longtemps que le mot Sang-de-bourbe n'avait pas franchi les lèvres du Serpentard, comme s'il en avait de lui-même déduit la portée et l'implication. Harry savait qu'il aimait profondément sa mère, qui n'était pas une Mangemort, mais une femme au foyer sans histoires, sœur d'une Mangemort et sœur d'une Traitre à son sang. Il savait que l'épouvantard de Draco était son propre père. Mais il savait aussi comme il était important pour lui de le rendre fier.

« Tu n'as qu'à demander à Severus, puisque tu passes ton temps avec lui.

— Tu sais bien que c'est un Mangemort », répondit vite Harry. Trop vite, peut-être.

Les yeux de Draco devinrent plus acérés. Inquisiteurs. Harry supporta son regard jusqu'à ce qu'il détourne le sien.

Trop de secrets attisaient leur méfiance. Il ne pouvait pas lui révéler la renaissance de l'Ordre du Phénix, ni le rôle de Snape.

« Écoute… Je ne suis pas comme toi. Je n'espionnerai jamais mes parents pour découvrir les plans du Seigneur des Ténèbres. Je ne suis pas un héros. Je veux juste me protéger et protéger ma famille. »

Il repensa à sa main, longue, opaline, maculée de gouttelettes rouges. Sa main.

« Et les gens qu'il tue ? demanda-t-il froidement. Si tu avais la possibilité de l'en empêcher, tu ferais rien, tu le laisserais faire ? »

Draco se pinça les lèvres et soupira, détachant son genou du sien. La déception pesait lourd dans son ventre.

« Ce n'est pas si simple, Harry. » Il se leva et se dirigea vers les marches des cachots. « Il n'y a pas que le camp des méchants et le camp des gentils. Le monde serait rempli de héros si c'était si simple d'en être un. »

Harry le laissa partir sans un mot de plus.

Il n'avait pas de réponse à offrir.


Le dernier jour avant Samhain se passa sans encombre.

Harry réussissait tant bien que mal à ignorer les micro-attaques de la magie environnante, et il comprenait maintenant l'état frénétique de beaucoup d'élèves du château. Quelques Sang-Pur semblaient moins dérangés que lui par l'énergie du Sabbat.

Harry en conclut qu'ils devaient avoir l'habitude.

Ron en faisait partie : il était calme, mais alerte. A la lueur de la bougie entre leurs deux lits, il avait expliqué à Harry qu'il fallait laisser faire la magie, ne pas chercher à la repousser. C'était d'après lui ce qu'il faisait à chaque célébration sorcière au Terrier : laisser la magie étrangère entrer en soi comme on accompagne une douleur lancinante. Mais Harry ne parvenait pas à cet état d'abandon, il ne pouvait pas s'empêcher de résister chaque fois que la pression était trop forte.

Hermione, en tant que Née-Moldue, n'avait elle non plus jamais été habituée à ces effets, mais ne semblait pas les ressentir, ou du moins n'en avait pas conscience. Harry en voulait un peu à Snape de lui avoir ouvert les yeux sur ce phénomène. Il aurait préféré rester ignorant, comme elle.

Snape avait d'ailleurs décidé de repousser leur dernière retenue. Était-ce à cause de la magie ou pour être prêt au moindre appel de Voldemort, Harry ne le savait pas, mais la seconde possibilité l'inquiétait.

Au repas du soir, Dumbledore avait brillé par son absence. McGonagall avait présidé à sa place avec un air sévère qui défiait quiconque de poser des questions. Les rumeurs allaient de bon train, et Harry et ses amis ne savaient pas laquelle était la plus ridicule : le Directeur aurait fuit face à la pression de Fudge, il aurait été interné à Sainte-Mangouste, il aurait été attaqué par un vampire, il serait un loup-garou et se rétablirait de la dernière pleine lune, et encore d'autres idées stupides.

Et même si Dumbledore ne lui avait pas parlé depuis la fin du Tournoi, sa présence dans la Grande Salle avait toujours rassuré Harry. Son absence le plongeait dans une angoisse incontrôlable. Malgré son ressentiment, le vieux sorcier était pour lui un pilier et une force rassurante : avoir Dumbledore à ses côtés signifiait être en sécurité.

Enfournant un bout de patate dans sa bouche, Harry détourna son regard vers son professeur de Potions. Celui-ci était livide, l'esprit visiblement ailleurs. Mais il était là, ainsi que McGonagall… alors tout n'allait peut-être pas si mal.

« Je vais dans la salle commune », informa-t-il ses amis en attrapant son sac. Hermione et Ron lui répondirent à peine, en pleine chamaillerie, et beaucoup d'yeux suspicieux suivirent sa progression jusqu'à la grande porte.

Il se sentait étouffer.

Harry avait l'impression de se retrouver à nouveau en deuxième année, quand tout le monde pensait qu'il était l'héritier de Serpentard.

Les gens sont stupides.

Il rageait de ne pas pouvoir prouver au monde que Voldemort était bien de retour. Il ne pouvait qu'attendre que le monde sorcier cesse de croire aveuglément la Gazette et le ministère. Harry se demanda si cette tendance à ne pas penser par soi-même existait également dans le Royaume-Uni moldu.

L'esprit lointain, il traîna ses jambes entre les dédales du château.

Arrivé dans son dortoir, il se sentit soudain très lourd et fatigué à la vue de ses livres et notes éparpillées sur sa table de chevet. Il avait prévu de finir un devoir, mais à la vue de son lit, son corps lui réclama ses heures de sommeil perdues. Il se prit à rêver de sa couette moelleuse. De ses couvertures chaudes…

Vaincu, Harry s'allongea sans même se mettre en pyjama, et s'endormit.


« Seigneur, vous- vous vous sentez bien ? »

Harry releva la tête vers le trentenaire qui faisait bien plus que son âge. Le rat. Le rat était toujours présent. Qu'il le frappe ou l'ignore, Peter était toujours à ses côtés.

L'imbécile.

Harry s'appuya sur le rat pour se relever, et lui jeta un Doloris pour lui rappeler qu'il était son supérieur. Pour le punir d'avoir été témoin de sa faiblesse physique. Pour se garder de la moindre idée de s'en servir contre lui.

Il fit glisser son regard sanguin sur le petit groupe qui les entouraient. Ses fidèles Mangemorts. Leurs visages étaient découverts, et reflétaient toute la peur qu'il leur inspirait. Quoi que... ce n'était plus seulement de la peur. Il leva une main impatiente vers le rat tremblotant qui lui plaça avec révérence un miroir dans la main.

Ah, c'était donc ça. Une heure auparavant, son corps était frêle, et sa peau décharnée. Mais à présent, son visage était plus...humain. Il ne ressemblait plus à une chimère serpentine.

Ses yeux étaient toujours rouges, son teint était toujours blafard, mais il possédait désormais des cheveux, un nez, et des lèvres.

Il n'avait plus l'apparence d'un vieillard en décomposition : il avait l'apparence d'un roi immortel.

Harry sourit : avec ce corps, enrôler davantage de fidèles serait aisé. Comme à ses débuts, les sorciers tomberont sous son charme vénéneux, et par millier ils se prosterneront. Il allait recréer une armée.

Il était prêt.

« Bella, approche.

— Oui maître, murmura t-elle, une leur de soumission dans ses yeux fous.

— Quelles sont les informations que tu as recueillies sur l'Ordre du Phénix ? exigea-t-il.

— Les anciens membres sont toujours actifs. Les seuls accessibles pour le moment sont les Weasley, l'Auror Alastor Maugrey et l'Auror… Nymphadora Tonks. »

Elle cracha ce mot avec dégoût, mais cela n'empêcha pas la foule de ricaner, leurs voix résonnant à travers le haut plafond du salon richement décoré.

« Oui… ta nièce, c'est cela ? De ta sœur qui a épousé un Sang-de-bourbe, répondit-il avec une nonchalance feinte.

— Oui maître, dit-elle en penchant la tête, honteuse. Elle était insensible aux moqueries des autres Mangemorts, mais pas à celles de son Seigneur.

— Ce soir, je te donne la chance de purger ta famille de ses membres dissidents. Nous nous occuperons de Fol Œil plus tard. Lucius, tu attaqueras les Weasley avec ton escouade. Mais n'oublie pas, cette Auror fait également partie de ta famille, tu en auras la charge si Bella échoue. »

Bellatrix dégagea sa crinière de son visage, affichant un air de défi dans ses yeux gris si perçants.

« Je n'échouerai pas, mon seigneur.

— J'attends que tu me le prouves. »

Puis d'un geste de sa main, tous les Mangemorts quittèrent la pièce, et il observa ses nouveaux traits plus attentivement dans le miroir, se surprenant à sourire.

Harry se réveilla d'un bond, les draps trempés de sueur.

C'était comme la dernière fois. Ce n'étaient pas des rêves, c'était réel, il le sentait. Les Weasley et Tonks allaient être attaqués ce soir.

Sans se rendre compte qu'il était encore pied-nu, il dévala les escaliers en ignorant les appels endormis de ses camarades, réveillés par son boucan.

Il devait le dire à quelqu'un.

Arthur, Molly…

L'éclat du regard gris de Lucius Malfoy, si froid, si dangereux, lui faisait frissonner l'échine et il poussa sans douceur le tableau de la Grosse Dame, qui rouspétât de sa voix stridente.

Molly, ses joues rondes encadrées par ses cheveux bouclés, toujours drapée dans des grands chandails. Molly et ses petites mains qui le pressait si fort contre elle, à toute occasion. Qui lui envoyait des gâteaux par hibou, quand il était chez les Dursley.

Il couru plus vite, prenant des raccourcis pour éviter les grands escaliers, trop récalcitrants.

Arthur, qui avait a peine été surpris de le découvrir à la table du Terrier, à l'été de ses douze ans. Ses yeux malicieux quand il revenait de son atelier, du cambouis jusqu'aux coudes. Sa façon de dire "Eckeltricité". Ses conseils, toujours justes.

Ses poumons le brûlait mais il débaroula d'étage en étage, ignorant tableaux, fantômes et un miaulement lointain de Miss-Teigne, en direction des donjons. Collant de transpiration et désorienté, Harry se retrouva à tambouriner à la porte de son professeur plus si honni que ça.

« SNAPE ! SNAPE OUVREZ ! » hurla-t-il en frappant le lourd battant de chêne.

Il frappa encore et encore et manqua de se briser la voix, mais la porte restait close.

Ses mains griffaient le bois et son corps était pétrifié. Le temps semblait s'étendre, et lui s'engluait dedans. Son sang martelait ses tempes et Harry comptait les minutes.

Combien de temps s'écoulait entre une vision et son réveil ? Et depuis combien de temps son front était-il appuyé contre cette porte ? Qu'est-ce qu'il se passait dehors ?

A côté de Lucius s'était tenu Yaxley, il l'avait reconnu. Harry avait suffisamment entendu Arthur pester contre l'employé du ministère pour savoir que celui-ci devait être enchanté d'attaquer le Terrier. Il se souvenait du mépris, gravé sur son visage. De sa chaussure qui écrasait la baguette. De la femme qui était tombée, raide.

Soudain, Harry se sentit basculer sous la porte qui s'ouvrait brutalement.

« Potter, qu'est-ce que vous fichez allongé sur ma porte ? cracha le maître des lieux.

— Les Weasley et Tonks, réussit à articuler Harry, Voldemort a lancé une attaque ! »

Snape fronça les sourcils et le tira jusqu'au canapé par le col de son pyjama. Ensuite, il agita sa baguette vers la cheminée et changea les flammes vertes qui s'en échappaient en flammes naturelles. Harry se laissa tomber sur le sofa, ébahi du calme de son professeur. De son désintérêt.

« Je suis parfaitement au courant de la situation, dit-il d'une voix éteinte, rangeant sa baguette dans sa manche.

— ALORS POURQUOI VOUS NE FAITES RIEN ? » explosa Harry.

Snape s'approcha dangereusement de lui, sa cape claquant dans son dos. C'est à ce moment que Harry se rendit compte d'à quel point il semblait en mauvais état. L'homme avait des cernes creusés, les yeux vitreux, et son catogan était défait. Il tremblait, c'était léger, mais il tremblait.

« J'ai probablement sauvé la vie de vos précieux rouquins, vous pourriez avoir la décence de ne pas hausser le ton. »

Harry fronça les sourcils sans comprendre. Sa respiration était toujours hachée et il ne demandait qu'à hurler pour expier son angoisse.

« J'ai prévenu l'Ordre dès que j'ai eu vent du plan d'attaque. Avery n'a jamais su tenir sa langue... expliqua t-il d'un air sinistre.

— Vous étiez au manoir ? s'écria Harry en se rasseyant sur le canapé. Comment vont les Weasley ? Et Tonks ? »

Snape tiqua à la mention du manoir mais ne posa aucune question. Il se contenta de s'assoir dans son fauteuil habituel avec une grimaçe douloureuse, et Harry eu la désagréable sensation de commencer à avoir une routine avec le professeur de Potions.

« Arthur et Molly sont blessés. Elle devrait s'en sortir, mais Arthur est dans un état plus grave. Nymphadora va bien, elle a été évacuée par cheminée grâce à Maugrey et les Mangemorts ont trouvé son appartement vide. »

Harry relâcha le souffle qu'il retenait depuis trop longtemps dans sa poitrine. Il nota que l'homme était assez familier avec les autres adultes pour les appeler par leur prénom. Snape l'observait maintenant d'une expression neutre, mais son corps était tendu, et son regard pénétrant.

« Potter. Comment avez-vous su pour l'attaque ? »

L'adolescent releva la tête si brusquement qu'il se craqua la nuque et frissonna. Merde. Personne ne devait savoir. Snape allait le traiter de fou à lier, il allait en parler à Dumbledore, ils allaient, ils allaient—

« Respirez. »

Harry acquiesça, laissant l'air remplir ses poumons qui le faisait souffrir d'avoir couru si vite. Il baissa la tête, fixant ses mains. Il ne put s'empêcher de les observer méticuleusement. Moyennes. Tannées. Sans aucune tâche de sang, juste de l'encre.

C'est les miennes. Les miennes.

Il savait que c'était trop grave. Qu'il ne pouvait pas garder ça pour lui. Que Snape allait de toute façon savoir, qu'il le dise ou qu'il rentre dans sa tête. Et s'il rentrait dans sa tête, qu'est-ce qu'il y verrait ?

Sa vue se troubla, et il essuya ses yeux de sa main. Sa main.

« J'ai des visions de Voldemort. »

Snape contracta sa mâchoire et cacha son visage sous ses doigts encore tremblotant — avait-il subit un Doloris ? —. Visiblement, l'homme s'était attendu à tout sauf à ça. Il avait probablement imaginé que Harry avait écouté aux portes, comme à son habitude. Mais le regard profondément inquiet que lui montra Snape entre ses doigts fit fondre toute pensée médisante de l'esprit de Harry.

« Potter… qu'avez-vous fait ? demanda t-il d'une voix faible.

— Rien du tout ! Je ne le contrôle pas ! Je m'endors et parfois je… je suis dans sa tête, c'est tout.

— Depuis combien de temps ? La voix de Snape était sombre.

— Quelques jours. Je vous le promets », rajouta-t-il en sentant les yeux de son professeur le défier de mentir.

Avec un soupir, l'homme dégrafa sa cape sans un mot et déboutonna les deux premiers boutons de sa chemise collante, de pluie ou de sueur, il ne savait pas. Le regard de Harry fut attiré par de récentes cicatrices rosâtres, récentes, qui dépassaient du tissu. Infligées par de la magie, il en était sûr. Choqué, il détourna bien vite les yeux. Pourquoi était-il étonné ? Snape travaillait pour Voldemort, et il savait bien de quoi était capable le mage noir. Mais il avait choisi de devenir un Mangemort après tout, il n'allait pas le plaindre.

Les yeux de Snape se firent plus sérieux encore, comme s'il lisait dans ses pensées.

« C'est impossible, Potter, contra t-il en s'enfonçant dans son fauteuil capitonné. Vous ne pouvez pas pratiquer la Legilimancie sans vous en rendre compte, sur un sorcier qui est à des kilomètres de vous, et encore moins dans votre sommeil.

— Il y a beaucoup de choses impossibles qui m'arrivent, plaisanta Harry sans conviction.

— Et votre simple existence perturbe l'espace-temps, j'en suis sûr », répondit Snape.

Tentait-il de faire de l'humour ?

« Il devient urgent de vous apprendre l'Occlumancie. Nous ne pouvons pas vous laisser entrer dans la tête du Seigneur des Ténèbres à tout va, déclara l'espion.

— Pourquoi ? s'écria Harry. Je peux déjouer ses attaques ! Je peux être utile ! s'exclama t-il en se redressant dans le canapé.

— Pensez plus loin que ça, imbécile. Si vous pouvez lire dans son esprit, ça veut dire qu'il peut lire dans le vôtre. »

Harry déglutit. Il n'avait pas pensé à ça. Il s'apprêtait à répondre que le jeu en valait la chandelle, mais Snape ne lui en laissa pas le temps.

« N'y pensez même pas. Vous savez tout de vos amis, de leurs habitudes, de l'endroit où habitent leurs familles. Vous savez quand Dumbledore est absent et quand Poudlard est au plus faible. Vous savez que je sers Dumbledore. » Ses mots sonnèrent durs, comme une réalité froide et implacable. Harry sût à cette dernière phrase que Snape avait peur. « Si le Seigneur des Ténèbres entre dans votre tête, vous lui servirez la victoire sur un plateau d'argent, et il sera nécessaire de vous neutraliser pour l'empêcher d'accéder à des informations capitales. »

La nausée tordit le ventre de l'adolescent.

« Potter. Votre situation nous met tous en danger. Il est impératif que vous maîtrisiez l'Occlumancie le plus vite possible », dit Snape d'une voix à la fois dure et presque compatissante. Il n'avait pas l'air ravi de prononcer ces mots.

Harry serra les poings sur ses genoux et fixa les flammes qui dansaient dans la cheminée.

« Je croyais qu'il fallait parfois des années pour devenir Occlumens, souffla-t-il, résigné.

— Il paraît que beaucoup de choses impossibles vous arrivent... Si les règles de l'univers ne s'appliquent pas à vous, tirons-en profit. »

Il hocha la tête, pas le moins du monde convaincu. S'il était si dangereux, il valait peut-être mieux qu'il soit ''neutralisé'' tout de suite. Comment savoir si Voldemort ne rentrerait pas dans ses pensées demain ? S'il n'était pas une bombe à retardement ? Ses pensées se consumaient dans la vision de l'âtre, et il lui semblait y décerner le visage de Cédric.

« Potter », intervint Snape d'un ton très sérieux, une main sur son épaule. L'homme s'était agenouillé devant le canapé, sans qu'il ne s'en rende compte. « Vous ne devez rien dire à Dumbledore.

— Pourquoi ? répondit-il sans détacher son regard du feu.

— Pourriez-vous supporter l'absence de réponse ? » demanda Snape, son visage rivé sur le sien.

Les yeux de Harry quittèrent la cheminée et se plantèrent dans ceux de son professeur, qui l'observait intensément, sans mépris ni sarcasme.

« La réponse ne me plairait pas du tout, hein ?

— Non. Pour une fois, ne faites pas honneur à votre maison, réfléchissez bien. Malgré notre relation... tumultueuse, je ne vous ai jamais menti : si vous exigez la vérité, je vous la donnerais. Mais vous pourriez me détester pour cela. »

Quelques mois auparavant, Harry savait qu'il n'aurait pas réfléchi une seule seconde avant d'exiger la vérité. Mais à présent… avec la mort de Cédric, le retour de Voldemort, ce qui s'était passé chez les Dursley, ses visions…

Il ne savait pas s'il avait la force de supporter un poids de plus. Ses épaules étaient assez lourdes comme ça.

Alors il détourna le regard, des larmes au bord des yeux.

« D'accord. Je ne dirai rien à Dumbledore. Je... je n'ai pas besoin de savoir pourquoi. »

De toute manière, pour le peu que le Directeur lui parlait…

Snape eut l'air sincèrement surpris. Le fait que le Survivant d'ordinaire si prompt à mêler son nez dans ce qui ne le regardait pas décide de fermer les yeux devait être étonnant. Harry s'en rendait compte.

Ron et Hermione ne le comprendraient sûrement pas. Harry se mit à jouer nerveusement avec les pans de sa robe. Il ne savait même pas s'il allait leur partager son secret. Il ne s'en sentait pas capable.

« Vos retenues sont reportées à nouveau. Nous recommencerons quand nous aurons des nouvelles de l'état de santé des Weasley. »

Arthur et Molly… Il se mordit la langue. Est-ce que Ron, Ginny, et les jumeaux étaient déjà au courant ?

« Quant aux leçons d'Occlumancie », continua Snape en se levant et rangeant sa cape sur le porte-manteau de l'entrée. « Nous commençons demain. »

Harry acquiesça une nouvelle fois, son visage rivé sur ses doigts tâchés d'encre.

Le professeur continua son chemin vers une petite pièce hors de la vue d'Harry, qui ne cherchait pas à le suivre du regard de toute façon. Il était rempli d'une nervosité incontrôlable et d'une colère amère contre le monde : pourquoi ce genre de malédictions lui tombait toujours dessus ?

Épuisé, il se laissa tomber entièrement sur le canapé marron, et se perdit dans la contemplation du salon de son professeur. Les différentes bougies qui éclairaient la pièce donnaient une apparence reposante au lieu. Il essaya de lire les titres des épais grimoires rangés dans l'étagère qui lui faisaient face pour s'occuper l'esprit, et eut même le temps de se demander quelle était cette plante vert vif qui trônait à sa gauche. Ou sa droite, vu que sa tête était à l'envers.

Un petit gloussement nerveux sortit de sa gorge.

Snape revint dans son champ de vision. La vue de l'homme dans le mauvais sens donna à Harry l'envie de rire encore, et Snape le regarda comme s'il avait perdu les pédales.

« Le sang vous monte à la tête. Relevez-vous. »

Harry obéit et se vit offrir une potion bleutée.

« Une potion de sommeil sans rêves pour ce soir. Nous ne pouvons pas nous permettre de vous en faire prendre tous les jours, elle est addictive et entraîne de nombreux effets secondaires à long terme. Mais... pour cette nuit, prenez-la. »

L'adolescent prit la fiole entre ses doigts et passa quelques secondes à en étudier la couleur, perdu dans ses pensées.

« Professeur, vous avez vu Voldemort cette nuit ? demanda Harry, le regard perdu et à nouveau sérieux.

— Non, répondit-il en haussant un sourcil.

— Il a changé. Je ne sais pas ce qu'il a fait mais… il est différent. Son corps est plus humain. Il était… content. »

Snape semblait troublé.

« A quoi ressemblait-il exactement ? »

Harry leva les yeux vers lui et tenta de se souvenir des traits du mage noir, en occultant le reste de sa vision.

« Il est… beau, je suppose. Il semble plus jeune, quarante ou cinquante ans je dirais. Et il a un vrai visage, avec des cheveux, noirs. Mais ses yeux sont toujours rouges. »

L'ancien Mangemort fuit son regard, perdu dans des souvenirs. Harry respecta son silence.

Les prochains jours allaient être durs, il le savait. Alors il comptait profiter de cette nuit de repos. Il penserait au reste demain.

« L'équipe professorale a décidé d'informer vos amis de l'attaque du Terrier demain matin. Allez vous coucher Potter, et priez pour qu'ils dorment. »

Harry obéit. Il sortit des appartements de son professeur, avec la sensation de partager un secret avec quelqu'un, quelqu'un capable de l'aider.

C'est ainsi que commença leur collaboration.


L'autrice se nourrit de retours, n'hésitez pas à écrire ce que vous pensez et vos pronostics :)

A bientôt !