Résumé :

« Kohona s'était tu. Il avait les yeux grands écarquillés et regardait l'image avec un certain choc. Kenma fronça les sourcils. Certes Kuroo n'était pas vilain à regarder, mais de là à avoir une telle réaction !

— Euh…'Kaashi, vient voir ça…

— Quoi ! non ! le somma le blond.

Il tenta de récupérer son téléphone, mais Konoha l'agrippa et se recula assez pour l'empêcher de l'atteindre. Avant même qu'il n'ait pu réitérer la tentative, Akaashi arriva à leur hauteur. À la plus grande surprise de Kenma, il eut la même réaction que Konoha en voyant la photo. Kenma s'assit de nouveau, regardant les deux jeunes gens face à lui chacun leur tour. Il ne comprenait pas bien ce qu'il était en train de se passer...

— Hum, Kenma, comment tu le connais ? demanda finalement son partenaire.

Il fronça les sourcils, profondément déroutés :

— C'est Jiji. »

Chapitre 19 : Unusual suspect

« Je peux pas vous donner de réponse. Pas maintenant. »

« Ok… Je comprends. On comprend. »

« Faut juste que je… je réfléchisse. »

« D'accord. »

Ils n'échangèrent plus rien pendant près d'une minute.

« Prends ton temps… Quoi que tu choisisses, j'espère que ça ne changera rien entre nous… »

Dix jours plus tôt :

Kenma arrêta la voiture sur le bas-côté sans prendre le temps de la garer correctement. Le trafic avait été épouvantable et les avait mis en retard. À peine le véhicule s'était-il immobilisé qu'Akaashi déboucla sa ceinture. Dans le même élan, il embrassa le blond sur la tempe, ouvrit la portière, et après un « à ce soir » pressé, partit en courant en direction de l'entrée. Kenma n'eut pas le temps de réagir que déjà il avait disparu. Il soupira, et se pencha pour refermer la portière côté passager. Ses bras ne pouvant pas atteindre la poignée, il détacha sa ceinture et s'étala sur le siège pour pouvoir y arriver. À peine avait-il réussi à la saisir qu'il se fit klaxonner. Il grogna, claqua la porte et fit un geste à l'automobiliste de derrière pour lui dire de le contourner. Le klaxonne retentit de nouveau. Il réitéra le geste, avec plus de véhémence cette fois. Cet abruti avait clairement la place de passer ! Il se fit encore une fois klaxonner. Kenma jura, redémarra la voiture et braqua pour retourner sur la route. À peine cela eut-il été fait que l'écervelé derrière lui s'arrêta exactement là où il était quelques secondes plutôt. Il se foutait de la gueule du monde ou quoi ? Voyant d'autres voitures arriver derrière, il continua sur la route, et se stoppa de nouveau quelques mètres plus loin sur une place de parking. Il coupa le moteur et laissa sa tête retomber sur le volant. Il était beaucoup trop tôt pour se faire emmerder… En relevant les yeux, il constata qu'il était déjà 13h05. Bon, peut-être qu'il n'était pas si tôt que ça, mais il avait beaucoup trop peu d'heures de sommeil dans les pattes pour supporter l'espèce humaine. Il s'était couché à 4h du matin et s'était réveillé deux heures plus tard en entendant Bokuto se préparer à partir. Impossible de se rendormir après ça. Il ferma les yeux et laissa les minutes défiler. Une petite sieste lui ferait surement le plus grand bien!

Il y renonça finalement, constatant que son cerveau ne le laisserait pas en paix. Il s'enfonça dans le siège et sortit son téléphone. En ouvrant Instagram, il constata qu'il avait un message non lu de Kuroo. Ce dernier lui avait envoyé une compilation de serpents miaulant comme des chatons. Il pouffa et rejoua la vidéo. Un sourire s'étendit sur ses lèvres. Tiens, peut-être était-il sur le campus ? Sans prendre le temps de plus y réfléchir, il sortit de la voiture. Il savait à peu près où le bâtiment de science se trouvait, peut-être le trouverait-il là-bas? Ce ne fut qu'une fois arrivé sur place qu'il se dit que lui envoyer un message serait peut-être plus judicieux. Il s'exécuta et s'assit sur un muret en attendant sa réponse. Il sursauta en entendant une voix dans son dos :

— Qu'est-ce que t'as à sourire comme un débile ?

Il se retourna : il y avait une grande haie derrière lui, des étudiants devaient juste s'être installés de l'autre côté.

— C'est Kenma qui m'envoie un message.

— Oh ! Il veut quoi ?

— Il me demande si je suis sur le campus, il est dans le coin apparemment.

Kenma échappa un sourire en reconnaissant la voix. Bingo ! Pas besoin de le chercher trop loin. Il s'apprêta à se relever pour faire le tour mais s'en dissuada. Kuroo était clairement accompagné, et ce n'était pas qu'il n'aimait pas ses amis, qu'il ne connaissait absolument pas, mais il n'avait pas forcément envie d'interagir avec des inconnus maintenant. Au moins il savait qu'il était dans le coin, il n'avait plus cas aller devant le bâtiment pour l'attendre… Il s'apprêtait à se lever lorsque la voix de Kuroo lui parvint de nouveau :

— Quoi ?

— Humm Kenma ?

Le concerné fronça les sourcils. L'intervention l'avait troublé : déjà parce qu'une personne qui lui était inconnue employait son prénom hors de sa présence, mais également car le ton employé pour le faire était des plus inusuels.

— Bah quoi ?

Le silence s'étendit, Kenma retint presque sa respiration. Il ne tenait pas à se faire repérer maintenant.

— Quoi ?

— Kenma….

— Arrête de faire ça.

Il était bien d'accord avec lui. La chose devenait gênante.

— Alors, tu vas lui dire ?

— Lui dire quoi ?

— Que ton petit cœur fait boum boum pour lui et que tu as des petits papillons dans le ventre quand tu le vois !

Son cœur rata un battement. Ses yeux s'écarquillèrent. De quoi ?

Il se rappela de respirer.

Il leva les yeux au ciel. Cela devait surement être un jeu.

— Non.

Au ton de sa voix, Kenma comprit que ce n'était pas un jeu. Il jura à voix basse. Quelle était la probabilité pour qu'il se retrouve à entendre cette conversation maintenant ! Qu'est-ce que cela voulait dire au juste ? Est-ce que Kuroo avait vraiment…

— Hum, je vois, je vois, tu attends le bon moment, judicieux.

— Non… Je vais juste, pas lui dire.

Kenma fronça les sourcils.

— Quoi ! Mais pourquoi ?

— Parce que.

— Parce que quoi ?

Kenma avait murmuré la même question.

— Parce que ça va, j'ai assez donné…

— Tu vas vraiment rien lui dire ?

— Non…

Kenma sentait le sang battre dans ses tempes.

— Ça va, ya pas mort d'homme, je préfère que ça reste comme ça. Je supporterai pas de le perdre.

Son cœur se serra.

— Oh…Kuroo je…

— Bon je l'appelle.

Kenma fut sorti brusquement de ses pensées. Non surtout pas ! Il allait se faire repérer ! Il sortit son téléphone mais l'échappa. Il le récupéra mais manqua de tomber dans le buisson en se relevant. Voyant le nom commencer à s'afficher à l'écran, il partit en courant. Il laissa le téléphone sonner plusieurs fois. Peut-être serait-il préférable qu'il ne lui réponde pas finalement... Il s'en dissuada et décrocha.

— Allô.

Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui dire ?

— Allô, ça va ? T'as l'air essoufflé ?

Sans rire.

— …ça va.

— T'es dans le coin du coup, t'es où ?

Kenma tourna les yeux. Bonne question, où était-il exactement ?

— Devant le bâtiment C.

— Oh je suis juste à côté j'arrive.

— Ok je t'attends, à tout de suite.

— À toute.

Il raccrocha. Son esprit tournait à toute vitesse. Qu'est-ce qu'il devait faire ? Qu'est-ce qu'il allait lui dire ? Fallait-il qu'il fasse comme si de rien était ? Plus facile à dire qu'à faire maintenant… maintenant qu'il savait ça. Il voulait bien être un maitre en l'art de la dissimulation émotionnelle, mais il avait tout de même ses limites. Il échappa un soupire, frustré. Il fallait vraiment que ça lui arrive aujourd'hui, avec ses deux heures de sommeil ? Il se reprit, et inspira profondément. Ses pensées s'apaisèrent. La chimie dans son cerveau se métamorphosa immédiatement.

Était-ce vraiment si surprenant après tout ?

Il échappa un sourire.

Non, pas vraiment.

Il savait pertinemment ce que Kuroo ressentait pour lui quand ils étaient petits. À l'époque, il n'en avait eu qu'un vague pressentiment, mais avec le temps, il avait fini par se rendre à l'évidence. De nombreuses années s'étaient écoulées depuis, et le temps aurait pu émousser ces sentiments… Kenma savait bien que ce n'était pas le cas. Il l'avait vu. Il le voyait chaque fois que Kuroo posait les yeux sur lui. Il avait juste fait semblant de ne pas comprendre.

Et de son côté ?

Était-ce réciproque, même après tout ce temps ?

Il tourna les yeux. Kuroo était face à lui. Leurs regards se captèrent. Kuroo lui sourit.

Il se sentit traversé d'une sensation de profonde euphorie.

La réponse lui vint clairement, comme une évidence :

Oui, ça l'était.

-/-

Quatre jours plus tôt :

Kenma arrêta la voiture. Il jeta un coup d'œil à l'heure et soupira : Keiji ne finissait pas avant une vingtaine de minutes. Il se laissa tomber au fond du siège et leva les yeux. Il pouvait rester dans la voiture en attendant, il avait pris sa Nintendo switch avec lui, il pourrait jouer un peu en attendant. Il la récupéra dans son sac et l'alluma. Cependant, à peine le jeu fut-il chargé qu'il s'en désintéressa. Il soupira de nouveau, laissant retomber la console sur ses genoux. Il pouvait aller l'attendre à l'intérieur aussi…peut-être que Konoha était là ? Il rangea ses affaires dans son sac et sortit. Il capta le regard de son partenaire en pénétrant dans le Fukuro Coffee, mais avant même qu'ils n'aient pu échanger un mot, une voix que Kenma reconnu bien intervint :

— Eh bien eh bien qui vois-je ? Si ce n'est pas ce charmant Kozume.

Konoha venait de revenir de la salle pour s'installer derrière le comptoir.

Kenma leva les yeux au ciel, intérieurement ravi de constater la présence du jeune homme. Il s'approcha du comptoir et vint s'installer en face de lui.

— Konoha, je t'ai déjà dit d'arrêter de m'appeler comme ça.

L'interpellé fit claquer sa langue.

— Ok, ok, mais je t'ai déjà dit que si je devais t'appeler par ton prénom, tu devais m'appeler Akinori.

Le blond échappa une grimace.

— C'est bien ce que je pensais… Donc, très cher Kozume, ravi de vous voir vous mêler à la plèbe, ça faisait un moment que l'on ne s'était pas vu, le temps est bien long sans vous mon cher.

Kenma roula des yeux :

— On s'est vu la semaine dernière.

— C'est ce que je disais.

Keiji arriva à leur hauteur :

— Je finis bientôt.

Kenma hocha la tête.

— Konoha, je vais voir les stocks en réserves.

Le concerné acquiesça et le brun disparut derrière la porte menant à ladite réserve.

— Bien, maintenant qu'on est seul, on va pouvoir converser en paix !

— T'as pas du boulot ? commenta Kenma.

Konoha grimaça et fit un geste de la main indiquant qu'il n'en avait cure. Ils discutèrent donc tranquillement jusqu'à ce qu'ils soient interrompus par la brève vibration du téléphone de Kenma. Ce dernier le déverrouilla et sourit en constatant qu'il s'agissait de Kuroo. Il pouffa en lisant son message, et s'attela immédiatement à lui répondre.

— Oh, que vois-je, un sourire monsieur Kozume ? le taquina Konoha.

— Hmm…

Le blond face à lui s'accouda au comptoir et fit retomber son visage entre ses mains, intéressé.

— Alors, c'est qui ?

Il haussa les sourcils suggestivement.

Kenma leva les yeux au ciel avant de s'intéresser de nouveau à son téléphone :

— Mon pote d'enfance.

— Oh, ce fameux ami que tu as perdu de vue pendant des années et qui est miraculeusement réapparu dans ta vie ?

— Oui.

— Hum je vois, cet « ami », Konoha fit trainer sa voix sur les dernières syllabes.

Le sous-entendu fit rougir Kenma, et son ami le remarqua instantanément :

— Oh, j'ai vu juste, intéressant… Dis-moi tout, lui murmura-t-il, visiblement excité à l'idée d'en apprendre davantage.

Kenma releva les yeux, vérifiant que personne ne pouvait les entendre.

— Eh bien, peut-être que je pense à… plus.

— Sérieux ! Konoha claqua dans ses mains l'une contre l'autre pour évacuer l'euphorie de la nouvelle.

— Mais chut, je… j'en ai pas encore parlé.

— Hum… est-ce qu'il sait, pour toi ?

Kenma hocha négativement la tête.

— Hmm… Il est quoi ? Un Sô-kita, Yama-kita ?

— Rien, un bêta.

Konoha haussa un sourcil

— Oh… Vraiment ? Ça va pas te faciliter la tâche. Déjà est-ce qu'il sait que…

— Il connait mon secondaire oui.

— Oh, ok…Tu penses qu'il va bien réagir ?

Kenma haussa les épaules.

— Je sais pas trop… Je le vois pas mal réagir mais je sais pas…

— Ouais je vois, faut tâter le terrain avant.

— Ouais…

— Et pour tes zozos ?

— Mes zozos ?

— Hm, qu'est-ce qu'ils en disent ?

Kenma soupira.

— Je dois leur en parler encore… Je pense pas que ça les dérangera mais… On en a pas rediscuté depuis un moment.

— Rediscuté ?

— Ouais… On l'a vraiment jamais décidé théoriquement, mais en pratique on est complètement exclusif depuis un moment, je sais pas si… Enfin tu vois.

— Bref, t'es pas bien loin pour le moment.

Le blond acquiesça.

— Ouais… C'est pour ça, ça reste entre nous ok ?

— Ok ok, il fit mine de zipper sa bouche en guise de promesse.

Kenma vit très rapidement que la discussion ne s'arrêterait pas là.

— Ok ok, mais du coup ? Il est comment ? Beau gosse ? Pff, qu'est-ce que je dis, évidemment.

— Évidemment ?

— Hmm, voyant tes goûts, je n'en doute pas.

Konoha avait tourné les yeux vers Akaashi qui venait tout juste de revenir de la réserve.

— Hmm…

— T'as une photo? lui demanda-t-il à voix basse.

— Non.

— Allez ! le supplia-t-il.

Kenma tourna les yeux vers Akaashi. Ce dernier se trouvait à l'autre bout du comptoir, occupé à ranger de la vaisselle.

— Ça va, il est loin, et en plus tu me montres juste une photo de ton ami.

Kenma soupira mais s'attela tout de même à rechercher une image. Il retourna sur la conversation qu'ils avaient ensemble et appuya sur les dernières images envoyées. Il tendit son téléphone à Konoha. Le blond observa la photo et haussa un sourcil :

— Il a dix balais ton pote ? remarqua-t-il.

— Mais non… C'est nous petits.

— Hmm… t'étais cute avec les cheveux comme ça… Mais je m'en fous je veux le voir maintenant ! Je peux pas déterminer son potentiel avec une photo d'enfant !

Kenma souffla et lui reprit le téléphone des mains. La photo suivante était le selfie que Kuroo avait envoyé avec le bracelet. Il tendit de nouveau le téléphone à son ami.

— Voilà qui est mieux, il…

Kohona s'était tu. Il avait les yeux grands écarquillés et regardait l'image avec un certain choc. Kenma fronça les sourcils. Certes Kuroo n'était pas vilain à regarder, mais de là à avoir une telle réaction !

— Euh…'Kaashi, vient voir ça…

— Quoi ! non ! le somma le blond.

Il tenta de récupérer son téléphone, mais Konoha recula pour l'en empêcher. Avant même qu'il n'ait pu réitérer la tentative, Akaashi arriva à leur hauteur. À la plus grande surprise de Kenma, il eut la même réaction que Konoha en voyant la photo. Kenma s'assit de nouveau, regardant les deux jeunes gens face à lui chacun leur tour. Il ne comprenait pas bien ce qu'il était en train de se passer...

— Hum, Kenma, comment tu le connais ? demanda finalement son partenaire.

Il fronça les sourcils, profondément déroutés :

— C'est Jiji.

Akaashi eut un hoquet de surprise et il échappa la tasse qu'il avait entre les mains. Cette dernière explosa à ses pieds, le bruit du fracas résonnant dans tout le café. La situation avait pris une tournure qu'il n'avait pas envisagée et Kenma ne savait absolument pas comment il devait l'interpréter.

— Oh ! Mais c'est Kuroo !

Komi venait d'arriver derrière le comptoir. Il s'était penché sur le téléphone toujours dans les mains de Konoha, et il ne lui avait pas fallu pas plus d'une seconde pour reconnaitre l'individu sur la photo. Kenma tourna son regard vers lui :

— Tu le connais ?

— Bien sûr ! Tout le monde le connait ici !

— Comment ça ?

— Ha, ça fait des mois qu'il vient plusieurs fois par semaine flirter avec Akaashi… D'ailleurs ça fait un moment que je l'ai pas vu… Je me demande ce qu'il devient…

Kenma cligna des yeux plusieurs fois, abasourdi. Son visage se durcit et il tourna la tête vers son partenaire. Ce dernier avait réfugié son visage dans ses mains.

— Je t'avais dit que ça te retomberait dessus, murmura Konoha à l'adresse de son collègue.

Akaashi releva la tête pour le fusiller du regard.

— Konoha, on en a déjà parlé et je t'ai dit de ne pas t'en mêler.

— Peut-être mais je t'avais prévenu avec tes conneries de « mais c'est personnes, ya rien nianiania », fallait y penser avant de flirter comme des maniaques !

— Et je ne reviendrais pas sur mes paroles je…

— Ah ! Bien sûr ! J'avais raison de te dire de…

Le ton commençait à monter entre eux. Ce fut Kenma qui mit fin à leur altercation.

— Stop ! gronda-t-il.

Ils se turent et tournèrent leurs regards vers lui, intimidés par le ton qu'il venait d'employer.

— Keiji, t'as fini, on s'en va.

— Je n'ai pas encore ramassé la tasse que j'ai brisée…

— Je m'en fous. Je t'attends à la voiture.

Keiji hocha la tête, penaud, et regarda Kenma s'en aller.

— Pourquoi t'as dit ça Komi ? grogna Konoha.

— Je sais pas, je savais pas que c'était un secret déso…

Akaashi soupira.

— Désolé Akaashi !

— C'est rien Komi-san.

— Je t'avais prévenu !

Akaashi releva les yeux, son regard croisa celui de son collègue.

— Oui merci Konoha-san, lui répondit-il froidement.

— Euh, vas-y je m'occupe de la casse, dit Komi.

Le brun soupira. Il le remercia de la tête. Il se défit de son tablier et alla récupérer ses affaires.

— Euh, courage ! lui lança Komi.

Akaashi acquiesça et sortit. Kenma l'attendait dehors. Il était adossé à la voiture, bras croisés. Il soupira de nouveau et s'avança. Une fois arrivé à sa hauteur, le blond lui balança les clés :

— Tu conduis. Je suis pas d'humeur.

Akaashi acquiesça et s'installa côté conducteur. Kenma claqua la porte côté passager et s'affala dans le siège. Il tourna les yeux vers la fenêtre, contenant visiblement sa colère. Il démarra la voiture. Le silence régnait depuis déjà plusieurs minutes lorsqu'Akaashi se décida à demander :

— Tu es en colère ?

— Oh tu crois ? lui répondit sarcastiquement Kenma.

Le silence s'étendit de nouveau.

— Kenma… je t'assure je… Je savais pas que c'était Jiji.

Le blond tapa du pied sur la boîte à gants.

— Bordel je m'en fous de ça Keiji ! J'en ai rien à foutre que ça soit Jiji ou pas ! s'emporta-t-il.

Il donna de nouveau un coup de pied.

— Le problème Keiji c'est que t'as rien dit !

— Désolé…

Kenma souffla bruyamment. Il n'était plus bien sûr de savoir si sa colère était légitime. Certes, apprendre ce genre de chose de la bouche de quelqu'un d'autre n'était pas forcément agréable, mais il avait peut-être surréagi… Peut-être que cela venait effectivement du fait qu'il s'agissait de Kuroo finalement…

— Tu l'as rencontré quand ?

— Il y a trois mois, quand il est arrivé.

— Quoi !

Akaashi sursauta. Kenma ne s'était pas apaisé bien longtemps.

— Trois mois, mais j'hallucine…

— Il ne s'est rien passé entre nous Kenma…

— Comment ça rien ! Et puis merde Keiji, je m'en fous ! T'aurais pu lui faire des gosses que je m'en fous ! Tu fais ce que tu veux, mais la seule chose que je te demande, qu'on te demande, c'est de nous en parler ! C'est le deal Keiji.

— Je sais…

— Non, tu sais pas apparemment !

Akaashi grimaça.

— Je suis même pas énervé en fait… Juste ça me blesse. On est tes partenaires, ça me tue que…

Il ne termina pas sa phrase. Il croisa les bras et s'enfonça de nouveau dans le siège.

— Kenma…

Silence.

— Il ne s'est rien passé…vraiment.

Kenma grogna.

— Je voulais pas qu'il se passe quelque chose…

— Pourquoi ? Kenma avait parlé sans hausser la voix cette fois.

— Tu sais pourquoi, murmura le brun.

Kenma parut blessé de la réponse, les traits de la culpabilité glissèrent sur son visage. Il tourna les yeux vers la fenêtre.

— Désolé Keiji…

— C'est pas ta faute Kenma, mais juste…

— Si… je… je sais toujours pas pourquoi je…

Il soupira.

— Keiji, je t'aime et je tiens profondément à toi, tu le sais.

— Je sais…

Le silence s'étendit de nouveau. La colère de Kenma s'était complètement désagrégée.

— Pour Kuroo… Je sais que j'aurais dû vous en parler mais… Je pensais… je voulais pas que ça aille quelque part… Je n'avais juste pas prévu que… Que je finirais par m'attacher à lui.

Kenma respira profondément.

— De toute façon maintenant, c'est fini.

— Comment ça ?

— Je… euh… Il m'a en quelque sorte… fait des avances. Et, et bien, j'ai refusé. On ne s'est pas parlé depuis.

— Oh… merde.

Keiji fronça les sourcils, surpris de la réaction de son partenaire.

— Mais, commença Kenma.

— Hum ?

— Du coup… tu as des sentiments pour lui ?

Akaashi sursauta et manqua de sortir de la route. Il se remit rapidement sur le chemin mais ne put éviter les turbulences. Kenma manqua de se prendre la vitre en pleine tête.

— Désolé.

— C'est rien… Alors ?

Akaashi soupira.

— Oui. Mais je…

— Bien, le coupa Kenma, moi aussi.

Akaashi tourna la tête vers Kenma, profondément choqué.

— Regarde la route on va finir dans une voiture.

Le brun obtempéra.

— Ça te surprend ? demanda le blond.

Keiji y réfléchit. Il connaissait le lien existant entre Kenma et son ami d'enfance. Il avait vu comment le blond réagissait quand il parlait de lui, son regard lorsqu'il recevait ses messages, les souvenirs qu'il avait pu leur raconter…

Après une courte pause, il lui répondit :

— Non.

— Bien.

Ils se turent. Seul le bruit du moteur comblait leur silence.

Kenma fut le premier à reprendre la parole :

— C'est ce que je disais à Konoha… Je pensais vous en parler.

— Oh, répondit Keiji, surpris de la tournure des événements. Mais… est-ce que Kuroo sait que ?

— Non, je lui en ai pas encore parlé du tout… Mais clairement, je pense pas que cela représente un énorme problème pour lui puisque vous « flirtez comme des maniaques ».

— Konoha a exagéré…

— Mouais… connaissant la tête de nœuds en question, ça m'étonne pas finalement. Je suis sûr qu'il est du genre à t'écrire des poèmes en allemand.

Keiji échappa un rire léger, ce qui attira le regard de Kenma.

— Une fois il m'a ramené mon exemplaire des Fleurs du mal…

— Qu'est-ce qu'il faisait avec ?

— Je l'avais croisé à la fac et j'ai oublié le livre en partant.

— Hmm, et du coup ?

— Il m'avait laissé une note à l'intérieur.

— Qu'est-ce que c'était ?

Keiji sourit.

— « Je ne savais pas que tu avais rencontré Baudelaire » laissé à la page du poème « Hymne à la beauté ».

Kenma pouffa.

— Mais quel branleur !

Ils rirent en chœur. L'atmosphère autour d'eux avait changé, beaucoup plus légère et apaisée.

— Je suis toujours en colère Keiji.

— Je sais, désolé.

— Tu sais que je t'aime et que ça change rien mais je suis en colère.

— Je sais.

Après plusieurs minutes de silence, Kenma reprit finalement la parole :

— Il faut qu'on lui en parle…

Keiji acquiesça.

-/-

C'était officiel, Bokuto Kōtarō était au bord de la crise de nerfs. Cela faisait une heure qu'il était rentré, et donc une heure qu'il piétinait dans le couloir en se torturant l'esprit. Pourquoi maintenant ? Excellente question, il ne saurait lui-même dire pourquoi. Il avait pourtant réussi à tenir tout le week-end sans que l'événement ne refasse surface. Il soupira, il se mentait très clairement à lui-même… Depuis l'incongru événement du baiser dans le gymnase, il n'avait cessé d'y penser continuellement. Il avait un temps réussi à se persuader que ce n'était pas grand-chose, que ça ne voulait rien dire de particulier… Ils avaient juste été emportés sur le moment, voilà ! Cela aurait pu vaguement tenir si seulement Kuroo ne lui avait pas avoué ce qu'il ressentait. Il avait fini par se résoudre à garder le silence, au moins jusqu'à ce qu'il ait pu en discuter avec le concerné. Il n'avait pas prévu que cela serait bien plus compliqué que ce qu'il pensait. Tout avait pourtant bien commencé, il s'était réveillé en ce lundi matin avec la ferme résolution d'aller éclaircir la situation le jour même. Après son premier cours de la matinée, il s'était rendu d'un pas ferme et décidé en direction du bâtiment de science, sachant que Kuroo y serait. Il avait joué tous les scénarii possibles dans sa tête, avait préparé ses questions, ses réponses, il était vraiment paré à toutes éventualités. Pourtant, à la seconde où leurs regards s'étaient croisés, sa détermination s'était effritée. Quelque chose dans le regard de Kuroo l'avait complètement désarmé, et sans même l'avoir prémédité, il s'était enfui. Pendant tout ce temps, il avait évité d'aborder mentalement la question la plus centrale : et lui de son côté ? Certes, le baiser était venu de manière inopinée, mais il ne pouvait pas dire non plus qu'il n'y avait pas participé du tout. Ce n'était pas un baiser volé, la chose avait été exécutée avec son consentement éclairé ! Il avait pris Kuroo dans ses bras, il avait essuyé ses larmes, il l'avait attiré à lui en sachant pertinemment ce qu'il se passait, ils s'étaient embrassés. Alors oui, certes, il aurait pu se dire qu'il avait juste été emporté sur le moment, que de voir son ami en larmes l'avait poussé à vouloir le consoler, sans qu'il n'y ait pourtant plus de profondeur à la chose. C'était faux, et il s'en était rendu compte à la seconde où son regard avait croisé celui du brun. Il avait senti son cœur s'emballer, et son esprit embrouillé de mille questions s'était tu. Il l'avait embrassé parce qu'il en avait eu envie, et bordel il avait envie de recommencer encore et encore ! Parce qu'il tenait profondément à lui, parce qu'il ne voulait pas que tout redevienne comme avant, parce que lui aussi voulait plus…

La comédie avait assez duré, et il était temps qu'il en parle.

Pas de chance pour lui, alors qu'il s'était préparé un discours sur le chemin du retour, il avait découvert en rentrant que personne n'était encore à la maison. Depuis, il tournait en rond, questionnant jusqu'à la légitimité de son existence. Finalement, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir et les voix de ses partenaires lui parvinrent. Il se rua dans le salon pour aller à leur rencontre.

— On lui en parle quand de Kuroo ? murmura Akaashi.

— Oh…

Akaashi et Kenma se tournèrent dans sa direction en l'entendant.

Bokuto ralentit et s'avançant vers eux la tête basse, penaud.

— Donc vous savez déjà ?

Attendez ! Comment pouvaient-ils être au courant ? Personne ne les avait vus et…

— De quoi tu parles Kōtarō ? demanda Kenma.

— De Kuroo ?

Ses deux partenaires parurent profondément déroutés.

— Qui ?

— Kuroo, mon pote de fac ? Vous savez, je vous en parle tout le temps !

Kenma soupira et réfugia son visage entre ses mains.

— T'avais jamais précisé comment il s'appelait...

Bokuto fonça les sourcils, ne voyant absolument pas en quoi cela était pertinent.

— Peut-être que c'est pas le même ? suggéra Akaashi en s'adressant au blond.

Kenma échappa un gémissement de frustration. Il récupéra son téléphone, et après quelques pianotages, tourna l'écran vers Bokuto. Il fronça les sourcils :

— Oui voilà, Kuroo Tetsurō, mon pote de fac… Pourquoi t'as une photo de lui sur ton téléphone ?

La situation lui paraissait de plus en plus nébuleuse.

— Mais merde c'est quoi ce délire… murmura Kenma entre ses dents.

— C'est Jiji, l'informa Akaashi.

Bokuto écarquilla les yeux, médusé :

— Jiji ?

Les deux face à lui hochèrent la tête.

— Comme dans Jiji, ton super crush d'enfance qui vient de redébarquer dans ta vie ?

— Lui-même.

— Oh…

Bokuto baissa les yeux. Il n'était plus bien sûr de vouloir avouer quoi que ce soit maintenant… Il releva la tête, et s'adressa à Akaashi :

— Et tu le connais aussi ?

Il hocha la tête.

— Comment ça ?

— Ils se tournent autour depuis des mois, lui répondit Kenma.

— Kenma…

— Oh… Oh ! Mais… tu nous en as jamais parlé non ? demanda Bokuto.

Akaashi grimaça.

— Oui c'est bien ça le problème !

Kenma avait l'air particulièrement énervé.

La situation devenait de plus en plus improbable.

— Mais bordel, comment on s'en est pas rendu compte, grommela le blond.

Seul le silence lui répondit.

— Bon et du coup ? finit par demander Kenma.

— Du coup quoi ? répondit Bokuto, n'ayant toujours pas tout intégré.

— Bah t'es arrivé en nous disant « donc vous savez déjà ».

— Oui… mais apparemment vous savez pas déjà… Ce qui me rassure parce que ça aurait été bizarre… Non pas que là maintenant ça soit pas bizarre mais bon…

— Oui et du coup qu'est-ce qu'on sait pas ?

Bokuto resta silencieux, se mordillant les lèvres sans se décider à reprendre la parole.

— Kōtarō ? insista le blond.

— Oui… oui… euh…

Le regard de son partenaire se fit plus insistant.

— Hum… alors, ça a commencé parce que… parce que je sais pas pourquoi, mais Kuroo a commencé à m'éviter… Enfin si je sais pourquoi, enfin je savais pas vraiment tout mais maintenant je sais quoi…

— Kōtarō…

— Oui bref… Une fois on parlait et j'ai mentionné euh, Keiji, bon j'ai pas dit « Akaashi Keiji», j'ai pas précisé quoi, mais bon bref, je pensais pas que c'était important mais après, il a complètement arrêté de me parler et il j'ai clairement capté qu'il m'évitait…

Voyant la surprise se glisser sur le visage de ses partenaires, il souligna :

— Oui voilà, surprenant ! Bon du coup je me suis un peu retourné la tête, et un jour que je l'ai clairement vu faire demi-tour en me voyant euh… bah je lui aie couru après, parce que ça me faisait vraiment très chier ! Mais il arrêtait pas de courir ! Bon du coup au bout d'un moment il pouvait plus, on s'est retrouvé dans le gymnase, vous savez celui qu'est à côté de l'étang, où je vais tout le temps pour la salle muscu, d'ailleurs c'est là où on s'était rencontré…

— Ok, et ?

— Et euh… Bah je lui ai gueulé dessus, mais je voyais bien que lui en face il était pas genre, comme j'avais imaginé, il avait l'air tout… tout désolé et triste et… et du coup j'étais là « oh ok, what ? » mais j'ai continué. Et là je vais pour partir, genre il venait de me sortir qu'il pouvait pas être mon ami, j'étais vénère ! Mais il me rattrape, et je me tourne et genre il était en train de chialer, donc j'ai pas trop compris… et là…

— Et là ?

— Hum… Bah là il m'a dit qu'il voulait être plus… que mon ami.

Kenma et Akaashi en furent stupéfaits. Le sac de Kenma glissa de son épaule et tomba à ses pieds.

— Ouais bah voilà j'étais un peu comme ça…

— Mais quoi… murmura Kenma pour lui-même.

— Et là…

— Mais parce qu'ya une suite ? le coupa le blond.

Bokuto eut un sourire gêné. Il tapota ses doigts les uns contre les autres, vaine tentative pour contenir son malaise. Il finit par hocher la tête.

— Bon bah vas-y du coup…

Bokuto resta silencieux.

— Bon bah allez, après quoi ?

Il ne pipa mot.

— Kōtarō, crache le morceau bordel !

— Euh… Ok.

Il ne dit toujours rien.

Kenma commença à grogner. Bokuto sursauta en l'entendant et reprit enfin la parole :

— Ok, ok… Bah après on s'est euh… on s'est embrassé.

Cette fois, les mâchoires de ses partenaires manquèrent de se détacher.

— Quoi ? mugit Kenma.

— Ouais… je … enfin voilà…

Kenma plissa les yeux, hors de lui.

— Bordel mais qu'est-ce que ce mec fout avec mes partenaires… Je te jure que si… que si il…

Il souffla d'exaspération, le visage crispé de colère. Il commença à partir en tapant des pieds, mais fit finalement volteface :

— Ok, je l'appelle, il a des comptes à rendre, je te jure que…

Alors qu'il allait porter le téléphone à son oreille, Bokuto l'en empêcha en le saisissant par le bras :

— Mais attends !

— De quoi j'attends ?

— Bah faut pas qu'on en discute avant ?

— Discute de quoi, on en a discuté là non ?

— Bah… discuter de ce qu'on fait, non ?

— De quoi qu'on fait ?

— Bah, je sais pas, savoir si on lui demande de… si on peut officiellement le courtiser, non ?

La colère de Kenma fondit instantanément, il cligna des yeux plusieurs fois, abasourdi.

— Ou genre s'il veut sortir avec nous ? Oui... Il comprendra peut-être plus si on le tourne comme ça...

Kenma s'étouffa avec ses mots, incapable de construire une phrase un tant soit peu compréhensible.

— Bah je sais pas, je l'aime bien, tu l'aimes bien, Keiji l'aime bien…

Il se tourna vers lui pour recueillir son accord, le brun hocha vaguement la tête, toujours planté devant la porte.

— Bon bah voilà…

— Oh… euh… j'y avais pas pensé… Enfin si mais… pas comme ça.

— Bon bah raccroche du coup ! insista Bokuto.

— Je vais pas raccrocher maintenant !

— Si !

Bokuto tenta désespérément de récupérer le téléphone, mais Kenma réussit à se contorsionner assez pour lui échapper. Ils cessèrent en entendant que Kuroo avait décroché. Kenma porta le téléphone à son oreille.

— Allô, Ji ?

L'appel prit presque aussitôt fin. Kenma fronça les sourcils, visiblement dérouté. Il croisa le regard de Bokuto, puis d'Akaashi.

— Bah qu'est-ce qu'il a dit ? demanda Bokuto.

— Euh… il m'a dit qu'il passait sous un pont et après…après je crois qu'il a balancé son téléphone…

Bokuto pouffa.

— Quoi ?

Kenma haussa les épaules. Ils restèrent tous trois silencieux un long moment, incapables de totalement intégrer la situation.

Le blond soupira, et se remit à pianoter sur son téléphone.

— Tu le rappelles ?

— Non… je commande à manger.

— Cool !

— Faut qu'on parle t'as raison.

La chose était certes beaucoup moins attrayante que de manger des pizzas, mais surement nécessaire.

— Fin du chapitre—

Hey !

Situations plutôt cocasses pour les « zozos » (oui ce nom va revenir, et bien plus d'une fois, et je ne m'en excuse pas). Première fois qu'on voit l'histoire de leur côté. On découvre de nouvelles choses, notamment que Kenma est soit crevé, soit énervé, soit les deux... Mais personne ne sera surpris sur ce point-là je pense. J'espère que ce chapitre vous aura plu !

Prochain chapitre : « Purgatoire 2 »

« Prends ton temps… Quoi que tu choisisses, j'espère que ça ne changera rien entre nous…

C'est ce que lui avait dit Kenma. C'était bien joli, mais plus le temps passait, plus il voyait bien que ce ne serait pas possible.

Même avec toute la bonne volonté du monde, il savait que ça ne pourrait être vrai. Indéniablement, quoi qu'il choisisse, cela changerait quelque chose. Bien sûr que cela changerait quelque chose ! « Désolé Kenma, je préfère qu'on reste amis, mais on pourrait aller faire un resto ensemble un de ces quatre ? Avec tes deux partenaires pour qui j'ai clairement des sentiments, l'un avec qui j'ai flirté pendant des mois, l'autre que j'ai embrassé au milieu d'un terrain de volley, mais pas d'embrouille ». Il soupira. Quelle connerie putain… Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir faire ? »

See ya