Résumé : « — Si tu en doutais, sache que je suis là de mon plein gré. Je suis content d'être ici, avec toi.
Le brun lui sourit.
— Moi aussi.
Ils se regardèrent. Quelque chose avait changé. Déjà.
Cela lui rappela la première fois qu'il avait rejoint Akaashi au Fukuro. Lorsque son regard s'était perdu dans le sien alors qu'ils étaient sur le point de se quitter ; lorsqu'il avait senti ce premier pétillement, cette effervescence juvénile qui l'avait pris tout entier. Lorsqu'il avait senti que ce picotement était réciproque.
Aujourd'hui ils étaient là. Ensemble.
Kuroo fut le premier à briser le contact visuel :
— Bon, on va où du coup ?
— Oh, une exposition immersive des œuvres de Monnet, le peintre français. J'en avais eu des bons échos lors de son passage à Chicago.
— Nice. »
Chapitre 21 : La ferme aux papillons 1
Kuroo baissa les yeux sur sa montre : 8h31. Il soupira. Cela faisait donc bientôt deux bonnes heures qu'il était assis par terre, déjà entièrement habillé.
Quelques jours plutôt, lorsqu'il était rentré délibérément en collision avec la voiture de Kenma pour leur annoncer sa décision, le blond l'avait regardé dans les yeux une fois la confusion passée. Pragmatique en toute situation, il lui avait simplement demandé :
« Ok, qu'est-ce que tu veux faire ? »
Kuroo était resté muet plusieurs secondes. Voyant que le trio attendait patiemment, il avait fini par dire :
« Je sais pas… On peut commencer par un rendez-vous… des rendez-vous ? Je sais pas trop comment ça marche… »
Kenma avait simplement hoché la tête. Il avait sorti son téléphone, et sans relever les yeux, avait demandé :
« Samedi t'es dispo ? »
« Oui. »
« Toute la journée ? »
« Oui. »
« Ok, bah on fait ça samedi alors si ça te va »
Kuroo avait hoché la tête. Bokuto qui le serrait toujours dans ses bras, avait échappé un babillement euphorique, avait posé un baisé sur sa joue avant de finalement se détacher de lui. Avant même qu'il n'ait eu le temps de reprendre ses esprits, le trio était reparti. Il n'avait pas réussi à obtenir plus d'information que cela, jusqu'au vendredi soir où Kenma lui avait envoyé un message sur Instagram stipulant simplement « Soit prêt vers neuf heures ». Il ne savait pas si c'était l'euphorie, le stress ou l'angoisse qui l'avait fait se réveiller à 6h du matin un samedi, mais son cerveau avait refusé de lui donner plus d'heures de sommeil. À 7h23, il était déjà complètement habillé. Il s'était changé encore deux fois, pas bien sûr de la tenue à adopter, mais avait fini par se contenter d'un classique : t-shirt blanc, jean noir si ses sœurs le voyaient, elles en seraient très certainement scandalisées, mais il n'avait pas la disponibilité mentale pour s'en soucier. De toute façon, il n'avait qu'un seul miroir ridiculement petit, un faux pas serait bien trop vite arrivé s'il avait tenté plus d'excentricité.
Bref, il attendait.
Il rentra dans un état paradoxal de la conscience, réussissant presque à se détacher complètement du bouillonnement qui remuait son corps. Il refit surface en entendant la sonnette. Il baissa les yeux sur sa montre : 8h58. Il releva les yeux vers l'interphone. On sonna de nouveau. Il se releva, trébucha en constatant que ses jambes s'étaient engourdies, mais réussit à tituber jusqu'à l'interphone. Il décrocha.
— Oui ?
— Kuroo-san.
Il fut secoué d'un frisson et ne put retenir un sourire :
— Akaashi-san.
Ils restèrent muets tous les deux plusieurs secondes. Kuroo fut le premier à reprendre la parole :
— Je descends.
Il raccrocha. Il rejoint la pièce principale, tournant en rond plusieurs secondes sans savoir ce dont il était à la recherche, la seule chose tournant dans sa tête étant « c'est vraiment en train d'arriver ? ». Il dut se faire violence pour réussir à se rappeler ce qu'il cherchait : son portefeuille. Il le récupéra dans son sac à dos et sorti de l'appartement. Il descendit les escaliers quatre à quatre et ne cessa sa course qu'une fois arrivé devant la porte. Il souffla, releva la tête et ouvrit la porte. Son regard trouva instantanément celui d'Akaashi. Le jeune homme était charmant et élégant, comme à son habitude. L'avoir là, tout près, lui arracha un sourire.
— Bonjour.
— Bonjour.
Silence. Les deux jeunes hommes étaient plantés l'un face à l'autre, souriant bêtement sans qu'aucun d'eux ne soit capable de prendre la parole. Kuroo finit par passer la tête dehors pour sonder les environs.
— Tu es seul ?
Akaashi se contenta de hocher la tête. Kuroo acquiesça, sortit enfin et referma la porte derrière lui. Il tourna les yeux, échappant malgré lui un nouveau sourire en croisant le regard du brun.
— Café ? lui proposa Akaashi en lui tendant un gobelet en carton.
— Oh merci.
Kuroo saisit le gobelet, et Akaashi inclina la tête avant de se mettre en marche.
— On va où ?
— À la gare.
— Oh… ok.
Kuroo le suivit.
L'euphorie initiale retombée, le silence s'installa entre eux. Il en fut ainsi pour une bonne partie du trajet. Ils se contentaient d'échanger des banalités de temps à autre sans jamais commencer une véritable conversation. Kuroo, bien que sentant le malaise s'installer entre eux, ne sut tout d'abord pas comment y remédier. Il se contenta de prendre une gorgée de son café toutes les dix secondes pour combler le silence. Le wagon, qui s'était désempli de plus en plus au fil des stations, était maintenant pratiquement vide. Kuroo prit son courage à deux mains et décida d'aborder ce qui lui trottait dans la tête depuis déjà en moment :
— Je…
Akaashi détacha son regard de la fenêtre pour l'écouter.
— J'étais surpris de te voir en premier, fini par dire Kuroo.
— Oh. Eh bien, Kenma dort jusque tard et Kōtarō s'entraine le matin.
Kuroo ne s'attendait pas du tout à cette réponse, il se contenta d'un « Oh, d'accord » avant de se taire de nouveau.
— Ce n'est pas la réponse que tu attendais, remarqua Akaashi.
— Non -il détourna les yeux- je veux dire -il retrouva le regard de son interlocuteur- notre dernière euh… discussion n'a pas… enfin tu vois.
— Oh… Oui.
Super, maintenant Akaashi était aussi mal à l'aise que lui.
— Enfin, tu m'avais dit qu'il y avait des choses que je ne savais pas et… bon j'imagine que je sais maintenant…
— Oui.
— Mais… je sais pas, quand vous êtes venue la dernière fois… enfin tu vois… J'avais l'impression que…
Le brun fronça les sourcils.
— Que ?
— Qu'on t'avait un peu obligé à être là, lâcha finalement Kuroo.
Akaashi paru profondément surpris de sa remarque.
— Oh… non, absolument pas, j'y étais de mon plein gré. Si je t'ai donné cette impression je m'en excuse. C'est juste que, tenta d'expliquer le brun, agitant ses mains avec confusion.
Il se tut et laissa ses mains retomber sur ses genoux. Kuroo devina un léger rougissement gagnant son visage. Akaashi humidifia ses lèvres, et clarifia :
— Kenma était toujours en colère contre moi et… je me sentais bête de me retrouver là après… après ce que je t'avais dit lors de notre dernière rencontre.
— Oh -Kuroo fronça les sourcils- pourquoi il était en colère ?
Le brun face à lui grimaça et détourna le regard, visiblement gêné.
— Eh bien… Je ne lui avais pas parlé de… nous, de toi. Et il l'a appris un peu soudainement.
— Oh…
Kuroo finit par échapper un rire :
— Rien que d'imaginer Kenma en colère, j'en ai des frissons.
Akaashi emphasa du regard.
— Comment il l'a appris du coup ?
Akaashi hésita, mais finit par lui compter l'épisode s'étant déroulé au café. Kuroo ne put s'empêcher d'échapper un nouveau rire, amusé de voir l'état de gêne dans lequel était Akaashi.
— Je comprends maintenant pourquoi Konoha-san peut pas me piffer.
Akaashi grimaça. Le silence retomba entre eux, cette fois doux et léger : leur silence.
— Kuroo.
— Hmm.
— Si tu en doutais, sache que je suis là de mon plein gré. Je suis content d'être ici, avec toi.
Le brun lui sourit.
— Moi aussi.
Ils se regardèrent. Quelque chose avait changé. Déjà.
Cela lui rappela la première fois qu'il avait rejoint Akaashi au Fukuro. Lorsque son regard s'était perdu dans le sien alors qu'ils étaient sur le point de se quitter ; lorsqu'il avait senti ce premier pétillement, cette effervescence juvénile qui l'avait pris tout entier. Lorsqu'il avait senti que ce picotement était réciproque.
Aujourd'hui ils étaient là. Ensemble.
Kuroo fut le premier à briser le contact visuel :
— Bon, on va où du coup ?
— Oh, une exposition immersive des œuvres de Monnet, le peintre français. J'en avais eu des bons échos lors de son passage à Chicago.
— Nice.
L'atmosphère avait complètement changé entre eux. Elle était toujours chargée d'une tension crépitante, mais tenait à présent de l'émoustillement maladroit. Une fois sortie du train, il leur fallut encore une bonne dizaine de minutes de marche pour se rendre à l'exposition. Le lieu venait tout juste d'ouvrir lorsqu'ils arrivèrent, et après moins d'une minute d'attente ils arrivèrent au niveau du guichet. Akaashi demanda deux tickets, et ne sachant pas très bien quel était leur arrangement, Kuroo sortit son portefeuille. Akaashi en le voyant faire posa sa main sur la sienne pour l'en dissuader, il lui sourit :
— Je t'invite.
Kuroo sourit et détourna les yeux. Il se maudit intérieurement de sentir le sang lui monter au visage. Il n'avait plus l'habitude de sortir en « rendez-vous galant » (rien que de penser à ce mot, il était confus de gène). Il s'efforça de ne rien dévoiler de cet émoi : il était un adulte bon sang, pas une jeune lycéenne de quinze piges !
Son esprit se tut complètement lorsqu'ils arrivèrent dans la pièce principale. La salle était plongée dans l'obscurité, sur les murs étaient projetés les images d'un étang constellé de nénuphars en fleurs, des arbres se reflétant dans une eau tantôt bleu nuit, tantôt violette, tirant parfois sur l'orangé d'un soleil couchant. Les nénuphars couraient partout, du sol au plafond, et des carpes de lumières nageaient paisiblement sous leurs pieds. Kuroo échappa un soupire, émerveillé. Akaashi lui jeta un regard à la dérobée, ravi de son enthousiasme.
Il suivit les poissons et s'approcha de la surface des murs, détaillant la nuance des couleurs dans les reflets de l'eau, caléidoscope formidable et éblouissant. Akaashi s'approcha et lui compta à voix basse :
— Il s'agit de plusieurs tableaux de la série des Nymphéas. Il y a près de trois cents pièces, exposées un peu partout dans le monde.
— Woh, le mec aimait bien les nénuphars, remarqua Kuroo.
Akaashi sourit et hocha la tête.
— Il s'agit du bassin qu'il avait fait construire dans sa maison de Giverny, au nord de la France. Celles-ci font partie des œuvres des dix dernières années de sa vie – il baissa le ton- il avait la cataracte et ne voyait plus trop clair.
Kuroo pouffa.
Ils continuèrent la visite, traversant des champs de coquelicots et de tournesols, des mers déchainées et des étendues verdoyantes. La voix d'Akaashi l'accompagnait dans ce voyage, Kuroo n'en retenait pas un traitre mot, mais l'entendre murmurer tout près de lui avait quelque chose de grisant.
Ils finirent par se retrouver dans un couloir éclairé : pas de murs fleuris cette fois, juste de grands panneaux. Kuroo, ne tenant pas non plus à passer pour plus bête qu'il n'était, s'attela à la lecture d'un panneau sur… la théorie des couleurs dans les œuvres du peintre… Pourquoi pas ? Certes il n'y entendait pas grand-chose, mais cela n'enlevait rien à son… intérêt. Il fut sorti de sa lecture en entendant Akaashi pouffer à quelques centimètres de lui. Voyant qu'un couple passait dans son dos, il ajusta de nouveau sa posture et continua sa lecture. Il perdit complètement sa contenance lorsqu'ils se retrouvèrent de nouveau seuls, et étouffa un nouveau rire. Kuroo, intrigué, le rejoint. Il haussa un sourcil en constatant que le brun était planté devant un panneau rédigé en allemand (il avait presque oublié à qui il avait à faire).
— Qu'est-ce qui t'arrive ?
Akaashi était maintenant presque aux bords des larmes.
— La traduction, réussit-il à articuler.
— Quoi ?
— Je ne sais pas comment ils se sont débrouillés, mais elle n'a aucun sens. Je ne sais pas comment ils en sont arrivés là…
— Qu'est-ce qu'il y a écrit ?
Akaashi éclaircit sa voix :
— « Claude Monet, également connu sous le nom d'Oscar Claude Monet, est né à Paris le 14 novembre 1840 et mort à Garnsey le 5 décembre 1926, peintre français et l'un des fondateurs de l'Italie. »
Ils pouffèrent en chœur, essayant encore de rester discrets.
— De l'Italie ?
— Je ne sais pas bien comment ils ont pu passer « d'impressionniste» à « Italie ». Attends, ça continue : « Il a commencé sa carrière en enregistrant les connut figure du Havre ».
— Ça veut dire quoi ?
— Je n'en sais absolument rien… mais savais-tu Kuroo-san, que « Salon de peinture et de sculpture Merci à "Femme en robe verte" pour le compte de Camille Dancio, qu'elle épouse le 28 juin 1870 ».
Kuroo était maintenant lui aussi au bord des larmes, se retenir d'exploser bruyamment de rire lui devenait de plus en plus difficile.
— Voilà une partie plus sérieuse : « San Montre », Claude Monet donc, « meurs d'après un cancer du poumon et du poumon »…
— « D'après » ? Ils étaient pas bien sûr du coup ils ont demandé à son cancer c'est ça ?
— Ce n'était pas n'importe quel cancer Kuroo-san, c'était un cancer du poumon et du poumon.
— Les deux ! Je retire ce que j'ai dit, source très fiable.
— Hmm…
— Pauvre San Montre, qui qu'il soit.
Ils échangèrent un regard complice et échappèrent un nouveau rire discret.
— Je pense que tu devrais leur proposer tes services de traducteur, suggéra Kuroo.
— Hm, je ne sais pas, cela perdrait cruellement de son charme.
— Tu as raison, ce serait dommage de gâcher le plaisir de quelques germanophones.
— Certes… Je vais m'épargner la lecture du panneau en français, je ne suis pas sûr de pouvoir y survivre.
— Tu fais bien, la sécurité avant tout.
Ils se sourirent, et restèrent un long moment ainsi, plantés au milieu du couloir, se regardant sans se lasser de leurs échanges muets.
— Il nous reste encore une salle, intervenint finalement Akaashi.
Kuroo ouvrit la marche, et ils atteignirent enfin la dernière pièce. Petite salle sombre où tournaient dans une eau miroitante poissons, fleurs et éclats de soleil.
— Cool ! s'exclama Kuroo en voyant que des poufs avaient été disposés au sol. Il s'empressa d'aller s'étaler dans l'un d'entre eux et échappa un soupire d'aise.
Akaashi le rejoint, et ils regardèrent en silence les carpes nager aux plafonds (activité bien plus plaisante que de regarder le plafond de son appartement).
— J'arrive pas à croire qu'on soit ici, ensemble, intervint Kuroo dans un murmure.
Akaashi tourna la tête dans sa direction.
— Moi non plus à vrai dire.
— Mais je suis heureux d'être là.
— Moi aussi.
Ils se sourirent.
Va savoir pourquoi cela ressurgissait en lui maintenant, mais Kuroo ne put s'empêcher de partager sa pensée :
— Tu sais comment je t'appelais au début ?
Akaashi fronça les sourcils.
— Dans ma tête je veux dire.
— Oh… non ?
— « Mister Fantasmagorisco-mystique ».
Akaashi pouffa.
— J'espère que tu te rends compte que ça ne veut absolument rien dire.
— Peut-être pas, mais je trouve que ça te va bien.
— Pourquoi ?
— Je sais pas… C'est l'impression que tu m'as faite quand on s'est rencontré la première fois… Ton aura, ta présence. Et le fait que tu es surement l'une des personnes les plus putain de magnifiques que j'ai rencontrés dans ma vie…
— Tu… me flattes.
Oui, il était peut-être allé un peu trop loin pour un premier rendez-vous… Mais bon, ce n'était pas non plus s'ils n'avaient pas l'habitude de ce genre d'échange, il avait juste monté la barre, et apporté de la sincérité. Kuroo n'osait tourner la tête, ne voulant pas voir sa réaction.
— Kuroo.
— Hum ?
Akaashi s'éclaircit la gorge.
— Puis-je t'embrasser ?
Ah ? Finalement c'était lui le petit joueur !
Kuroo se tourna vers lui, profondément surpris. Son vis-à-vis n'avait pas l'air confus, parfaitement composé après sa demande, attendant patiemment la réponse.
— Ici ?
Akaashi hocha la tête.
— Mais… ya des gens !
— Il n'y a personne ici.
Voir Kuroo si désarmé sembla amuser le brun, qui haussa un sourcil, un rien moqueur.
Kuroo se figea. Il savait. Il savait que s'il acceptait, il ne pourrait plus forcément revenir en arrière. Juridiquement oui, il pouvait, mais il savait s'il en serait pas capable. Lui qui s'était promis de ne pas faire de « bêtise », histoire de se laisser une marche de manœuvre, juste au cas où… Son regard glissa sur les lèvres d'Akaashi. Putain qu'il en avait envie, et bordel qu'il n'avait pas envie d'y réfléchir plus longtemps ! Il accepta d'un hochement de tête. Au diable la prudence et les marges de manœuvre !
Akaashi lui sourit, et se redressa pour se pencher sur lui. Kuroo le laissa faire, ne lâchant pas des yeux ses lèvres s'approchant des siennes, ses paupières se fermèrent aux moments où ils se rencontrèrent.
Kuroo sentit son cœur grossir, grossir, jusqu'à devenir gigantesque, jusqu'à ce qu'il vienne taper sur sa cage thoracique comme sur un tambour tendu, balançant des giclées de sang dans tout son corps, si violemment que sa tête se mit à tourner.
Tous les nerfs dans son corps partirent en vrilles, ses neurones surchargés d'énergie se mirent à former des arcs électriques, jusqu'à ce que le système entier disjoncte d'un coup, envoyant dans son corps des centaines d'éclairs qui se mirent à crépiter sous sa peau.
Kuroo finit par entendre des pas dans leur dos, et la voix d'une jeune femme leur parvint. Il tourna la tête précipitamment brisant l'échange. Il s'enfonça dans son pouf, vaine tentative pour disparaitre de la surface de la Terre. Akaashi pouffa en le voyant faire et s'installa de nouveau à sa place.
— Te fous pas de moi ! lui murmura Kuroo.
— Pas du tout, je trouve cela adorable.
Kuroo échappa un gémissement, profondément gêné. Il mit plusieurs secondes à retrouver sa contenance.
— Je n'aurais jamais pu imaginer que vous étiez si cavalier mon cher, intervint-il finalement, un sourire amusé glissant sur ses lèvres. Qui l'eut cru, un amateur de PDA*.
— Ce n'est pas public s'il n'y a personne, remarqua Akaashi. Et puis, c'est que j'y ai été initié depuis mon plus jeune âge, continua-t-il.
— Ah vraiment ? Puis-je connaitre le nom de votre maitre dans cet art si peu pratiqué au pays du soleil levant ?
— Certainement, le très sage Kōtarō Bokuto.
Kuroo échappa un rire.
— Mais il me semble que vous avez déjà eu affaire à ses méthodes, remarqua Akaashi.
Kuroo s'étouffa presque avec sa salive.
— Il vous l'a dit ?
— Évidemment.
— Oh…
— Un problème ?
— Non, pas du tout.
« Pas du tout », il ne savait pas. Parler du fait qu'on avait embrassé le partenaire de la personne qui venait de vous embrasser n'était pas forcément quelque chose que Kuroo avait fréquemment rencontré dans sa vie. Encore une fois, il tenta d'accuser le coup en sortant son meilleur sourire goguenard :
— Comment ? Auriez-vous pris cette initiative car vous étiez jaloux que j'eusse eu eu affaire à votre sensei ?
— « eusse eu eu affaire » ?
— Ne détournez pas la question. Étiez-vous jaloux ?
— Jaloux non. Envieux ? Peut-être.
Très peu pour la contenance et la maitrise de soi, Kuroo ne sut que répondre et se mit à rougir comme une nymphette.
Akaashi lui sourit. Il se releva et lui tendit la main :
— On y va ?
Kuroo hocha la tête et la saisit. Les nénuphars et les coquelicots les accompagnèrent jusqu'à leur sortie, leurs ombres colorées dansant sur la silhouette d'Akaashi. Kuroo sourit pour lui-même. Son corps était toujours secoué de frémissement électrique, et la sensation était grisante.
— Fin du chapitre—
*PDA : Public Display of Affection
J'espère que ce chapitre vous aura autant fait frémoustiller (oui oui) votre petit cœur que moi au moment de l'écrire. Le chapitre et un peu court, mais je ne voulais pas le couper plus tard, donc c'était ça ou un immense chapitre de 41 pages , autant garder un peu de fluff pour la suite 😉
Note : le texte que lis Akaashi est une véritable mauvaise traduction Google, priceless.
Prochain chapitre « La ferme au papillon 2 » :
« — Ça te va ici ? demanda Bokuto, un brin de souci dans la voix.
Bokuto sourit, soulagé.
— Ils ont toujours au moins un film loufoque, écoute ça : « une invasion de requins-zombies plonge la terre dans la terreur. Qui pourra sauver l'humanité de cette apocalypse ? Une unité d'élite de soldat bionique mi-chien mi-dauphin est constituée pour parer à cette crise, seront-ils à la hauteur du défi ? Pourront-ils sauver l'humanité d'une mort certaine ? ». Il imita un bruit d'explosion pour accentuer le dramatique.
Kuroo pouffa.
— Ça à l'air bien naze, j'adore !
Bokuto échappa un sourire, les yeux pétillant d'excitation :
— On va voir ça ?
— Go ! »
See you
FT
