Résumé :

« — Ça te va ici ? demanda Bokuto, un brin de souci dans la voix.

Bokuto sourit, soulagé.

— Ils ont toujours au moins un film loufoque, écoute ça : « une invasion de requins-zombies plonge la terre dans la terreur. Qui pourra sauver l'humanité de cette apocalypse ? Une unité d'élite de soldat bionique mi-chien mi-dauphin est constituée pour parer à cette crise, seront-ils à la hauteur du défi ? Pourront-ils sauver l'humanité d'une mort certaine ? ». Il imita un bruit d'explosion pour accentuer le dramatique.

Kuroo pouffa.

— Ça à l'air bien naze, j'adore !

Bokuto échappa un sourire, les yeux pétillant d'excitation :

— On va voir ça ?

— Go ! »

Chapitre 22 : la ferme aux papillons 2

Après leur sortie au musée, Kuroo et Akaashi s'étaient rendus dans un parc non loin de là et avaient marché côte à côte sous le feuillage des grands cerisiers et des érables. L'atmosphère entre eux avait changé, le dialogue s'était délié et avait retrouvé sa teneur d'origine, mais quelque chose s'était définitivement métamorphosé : ils avaient créé du lien, d'un fil encore fin et timoré tendu entre eux, mais d'une nature bien différente de ceux qu'ils avaient créés jusqu'ici, et qui n'attendait qu'à s'étoffer. Ils finirent par s'arrêter, décidant de se poser au soleil dans l'herbe. Akaashi sorti du sac qu'il avait sous le bras la fameuse nappe blanche à carreaux bleu clair que Kuroo avait déjà vue lors de leur dernière rencontre à la fac. Il grimaça en se souvenant des détails, mais le souvenir avait à présent perdu de son amertume. Ils s'installèrent, et continuèrent à converser paisiblement.

— Kōtarō a passé une semaine après cela à tousser des paillettes, aujourd'hui encore j'en retrouve sur mes vêtements…

Kuroo explosa de rire.

— Quelle idée aussi ! Qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête ?

Akaashi haussa les épaules.

— Qui sait...

— En même temps connaissant le personnage, ça ne me surprend pas trop, mais de là à en venir à de telles extrémités.

Ils rirent de nouveau.

— Hey, hum, je sais pas si je devrais demander mais…

— Tu peux demander ce que tu veux.

— Oh, ok…

Kuroo se laissa quelques secondes pour formuler sa demande :

— Ça fait combien de temps que vous vous connaissez ?

— Oh… Je connais Kōtarō depuis que je suis enfant.

Kuroo cligna plusieurs fois des yeux, réellement surpris.

— Vraiment ?

— Les territoires de nos familles se juxtaposent, et étant les seuls Yama-kitas aux alentours, elles ont toujours été proches.

— Oh… du coup vous êtes des amis d'enfance.

— Oui et non à vrai dire… Je dois dire que je ne l'aimais pas forcément quand j'étais enfant. Cela a empiré quand nous avons tout d'eux fait notre présentation.

— Votre présentation ?

Akaashi hocha la tête.

— Qu'est-ce que ça veut dire ?

— Cela signifie que l'on rentre en cycle pour la première fois, ce qui dévoile en quelques sortes le secondaire.

— Oh ! Un genre de « fête de révélation », au lieu de « c'est une fille ! » c'est « c'est un alpha ! ».

— Oui un peu… Mais en beaucoup moins amusant, si tenté qu'une fête de révélation soit amusante…

— Hum… Et pourquoi ça s'est empiré ?

Akaashi leva les yeux au ciel.

— J'étais le seul alpha de ma famille et Kōtarō le seul oméga, alors forcément nos familles n'arrêtaient pas de vouloir nous coller ensemble.

Kuroo lâcha un sourire amusé :

— Bon bah ça a dû finir par payer.

— Oui…

Akaashi, le regard porté sur l'horizon échappa un sourire tendre.

— Quand est-ce que tu as changé d'avis ?

— Que j'ai changé d'avis ?

— Oui, que vous avez commencé à sortir ensemble ?

— Oh… quand je suis rentré au lycée.

Kuroo sourit. Contrairement à ce qu'il pensait, aborder le sujet n'avait rien de bien gênant. La tendresse peinte sur les traits de son vis-à-vis, bien que ne lui étant pas directement adressée, lui paraissait si douce qu'il en avait le cœur lourd d'affections.

— Et Kenma ? Comment tu l'as rencontré ?

— Nous étions dans la même classe au lycée.

Kuroo parut profondément surpris de la révélation.

— Vous étiez dans la même classe ?

Akaashi fronça les sourcils, pas bien sûr de comprendre d'où pouvait venir son étonnement.

— Oui.

— Attends, tu as le même âge que Kenma ?

— Oui.

— T'es plus jeune que moi ?

Kuroo prit quelques secondes pour s'en remettre.

— De un an je présume, ce n'est pas terrible, commenta Akaashi.

— Non mais je suis juste surpris.

— La convention voudrait que ça soit l'une des premières questions posées lors d'une discussion.

— Tu m'as pas demandé non plus.

— Certes.

— Et puis, je sais pas si j'en suis encore à respecter les conventions.

Akaashi échappa un sourire en coin.

— Certes.

— Bref, et du coup vous étiez dans la même classe au lycée ?

Le brun en face de lui acquiesça.

— Et quand est-ce que, hum, tu… vous ? Avez commencé à le… fréquenter ?

— L'année d'après.

— Oh… et…

Kuroo ne put continuer. Quelque chose venait de rentrer brutalement en collision avec son dos et le choc lui coupa le souffle.

— Bro ! lui fut-il hurlé dans les oreilles.

Le « quelque chose » en question n'était autre que Kōtarō Bokuto.

— Bo ! T'as failli me tuer.

— Mais non !

Bokuto l'avait enlacé, ses jambes enroulées autour de la taille, et frottait à présent sa joue contre la sienne en piaillant d'excitation.

— Je crois que votre sensei PDA est arrivé, remarqua le brun.

Akaashi, hocha la tête, les yeux pétillants d'amusement.

— De quoi vous parliez ? demanda Bokuto.

— De toi, lui signifia Kuroo.

— Oh ? En bien j'espère.

— Non, Akaashi me disait qu'il pouvait pas te piffer quand vous étiez petit.

La remarque attrista visiblement le jeune homme :

— Oui je sais – il se pencha à son oreille pour lui murmurer- mais je me suis rattrapé depuis.

Kuroo échappa un frisson et se mit à rougir. Il releva les yeux vers Akaashi, qui semblait se régaler de sa détresse.

— Je vais vous laisser alors, intervint-il finalement.

Bokuto se détacha de lui pour aller se trainer jusqu'au brun.

— Ouais, hop hop allez, c'est mon tour, instaura-t-il en le repoussant hors de la nappe.

La tentative sembla amuser Akaashi qui résista en guise de défit. Il finit par échapper un pouffement et déclara forfait :

— Ok, ok j'y vais !

— Bien.

Alors qu'il allait se redresser, Bokuto l'attrapa par le bras pour le faire rebasculer en avant, et posa un baiser sur sa joue.

— T'aime ! scanda-t-il.

— Pff, moi aussi.

Il réussit enfin à se redresser et récupéra ses affaires. Son regard croisa celui de Kuroo, et ils se sourirent.

— Je vous laisse alors.

Il salua Kuroo de la main, et le brun lui répondit. Il le regarda s'éloigner, avant qu'il ne disparaisse complètement derrière les arbres. Quand il tourna de nouveau les yeux, Bokuto s'était étalé sur la nappe et le fixait d'un regard complice, un sourire insolent aux lèvres :

— Alors ?

— Alors quoi ?

— C'était bien ?

Kuroo se retint tant qu'il le put de rougir.

— Oui.

— Hm… Vous vous êtes fait des bisous bisous, plaisanta Bokuto en imitant outrageusement des bruits de lèvres amoureuses.

Kuroo se figea, ce qui intrigua son vis-à-vis. Il en eut le souffle coupé.

— Vraiment ?

Kuroo hocha la tête.

La chose sembla ravir la part de grosse commère sommeillant en Bokuto. Il échappa un rire pétillant et léger.

— Bon j'imagine que ça s'est bien passé du coup.

Kuroo détourna les yeux, mais finit par acquiescer.

— Je peux en avoir un aussi ?

— De quoi ?

Retour de l'affreux bruit de lèvres humides.

— Non !

Bokuto perdit de son enthousiasme :

— Quoi non ?

— Bah non, pas là.

— Allezz…

— Non… et puis on se souvient très bien ce qui s'est déjà passé, on est déjà en avance sur ça.

Bokuto leva les yeux au ciel.

— J'ai pas signé pour un riquiqui bisou pour toujours !

— T'as signé pour rien du tout.

Il haussa un sourcil. Kuroo tenta de réprimer un sourire :

— Tu arrives et tu en veux déjà à ma vertu.

Les yeux de Bokuto roulèrent, et il échappa un soupire :

— À ta vertu, tout de suite.

Leurs regards se croisèrent et ils échangèrent un sourire amusé.

— Bon, comme je me dois d'agir en gentleman, il se releva et récupéra un panier en osier qu'il avait abandonné derrière Kuroo, très cher, le déjeuner est servi.

Il sortit de son sac en osier un thermos et deux boîtes à bentōs. Il en plaça une devant Kuroo et l'ouvrit pour révéler sa contenance. Quelle ne fut pas la surprise du brun lorsqu'il découvrit à l'intérieur une riche composition : poulet frit, sashimi de saumon, onigiri, salade composée et tamagoyaki.

— Tada ! annonça Bokuto fièrement.

L'émerveillement culinaire passé, Kuroo ne put s'empêcher d'échapper un rire : les onigiris avaient été réalisés en forme de petits lapins, la salade était accompagnée de légumes colorés coupés en forme d'étoile et de nuage, et le tamagoyaki avait été disposé en forme de cœur.

Son vis-à-vis sembla peu ravi de l'entendre ricaner, il haussa un sourcil :

— Un problème avec mon magnifique bentō ?

— Non, il est juste trop mignon, ça m'a surpris. C'est toi qui l'as fait ?

— Évidemment.

— Je ne te connaissais pas ce talent, remarqua le brun.

Un sourire un tantinet graveleux se dessina sur les lèvres de son interlocuteur :

— Il y a beaucoup de talent que tu ne me connais pas encore…

Kuroo ne put empêcher ses joues de commencer à s'enflammer. D'ordinaire, c'était lui qui jouait à ce jeu-là, pas l'inverse ! Il finit par pouffer, et détourna le regard :

— Pff, t'es con.

Il vit du coin des yeux que l'expression de Bokuto avait repris de sa pétillance enfantine. Son regard attrapa de nouveau le sien, et ils rirent en chœur. Bokuto sortit une paire de baguettes qu'il lui tendit, Kuroo le remercia et après un mutuel « Itadakimasu », ils commencèrent à manger. Le brun prit une première bouchée de poulet frit, et se stoppa avant de l'avoir avalé. Il échappa un sourire de pure béatitude et en prit une seconde bouchée sans avoir pris le temps d'avaler la première :

— C'est super bon ! commenta-t-il avant d'engloutir avec enthousiasme une bouchée de lapin onigiri. Oh ! c'est trop bon aussi !

Le compliment arracha un sourire à Bokuto :

— Merci.

— En vrai, je suis super content, mes petites sœurs ont toujours eu des bentōs trop mignons, et moi que dalle ! J'avais genre vaguement des petites saucisses en forme de poulpe. Mais j'ai jamais rien dit, je voulais faire le bonhomme.

Bokuto rit et avala une nouvelle bouchée.

— Tes sœurs c'est Kasumi et Natsume, c'est ça ?

Kuroo hocha la tête.

— Elles ont l'air cool.

— Oh, des vrais monstres, mais elles sont cool j'avoue.

Bokuto échappa un petit rire :

— Ça pourra jamais être pire que mes grands frères, et ma grande sœur aussi, quand ils s'y mettent ensemble, c'est un cauchemar.

Kuroo pencha la tête.

— T'as des frères et sœurs du coup ?

— Oh oui, j'ai deux grands frères, une grande sœur et un petit frère et une petite sœur.

Kuroo écarquilla les yeux. Il s'aperçut alors de l'étendue de son inhabilité à poser des questions aussi basiques : combien de fois fallait-il que cela lui joue des tours pour qu'il l'apprenne ? Pourtant, il en avait fait des discussions à la noix pendant ses cours d'anglais à l'école : « How old are you ? » « Where are you from ? » et le fameux « Do you have siblings ? ». Va savoir pourquoi ils ne les posaient jamais dans sa langue natale… Il fallait vraiment qu'il s'y mette…

— Tout ça ?

Bokuto hocha la tête.

— Ils s'appellent comment ?

— Mes grands frères s'appellent Nobuyoshi et Nao. Ma grande sœur Suki, ma petite sœur Megumi et mon petit frère Shin.

— Oh, ok… Quatrième donc.

Son vis-à-vis hocha la tête et avala une bouchée de riz.

Kuroo se rappela alors la discussion qu'il avait eue avec Chris lors de la fête chez lui. Il s'était promis de poser la question plus régulièrement, puisqu'apparemment c'était une question à poser, mais n'était pas bien sûr qu'elle soit adaptée dans le monde réel.

— Hum, c'est peut-être une question bizarre mais…

— Hmm ?

— T'as combien de parents ?

Bokuto parut surpris de la question.

— Oh, désolé, c'est peut-être pas euh…

— Non, je m'entendais juste pas à cette question, de ta part je veux dire.

Kuroo prit un air blasé :

— Parce que je suis un bêta pommé ?

Bokuto pouffa.

— Oui, mais pas tant que ça apparemment.

Il avait comme une impression de déjà-vu…

— Hum, enfin, ok je veux bien mais je fais des efforts et…

— Du coup j'ai quatre parents, le coupa Bokuto.

— Oh… ok !

Le jeune homme lui sourit, la bouche encore pleine de riz.

— Ça te surprend ?

Kuroo prit quelques secondes pour y réfléchir. De l'histoire d'Akaashi, il avait pu tirer qu'ils étaient des Yama-kitas, tout comme la mère de Chris. Cela n'était donc pas vraiment surprenant après une mise à niveau cognitive de ce genre de chose :

— Non, pas tant que ça…

Ah, voyez-vous ça ? C'est qu'il en avait fait du chemin !

— Mais du coup ça a pas dû leur faire un choc quand tu leur as présenté des deux petits copains, commenta Kuroo.

— Bientôt trois, murmura-t-il à voix basse avant d'échapper un sourire mutin.

Kuroo manqua de s'étouffer avec sa salive, il leva les yeux au ciel. Voyant que Bokuto n'avait toujours pas lâché son sourire, et qu'il s'était approché de lui, surement prêt à saisir cette occasion pour démontrer ses habiletés de grand maitre du PDA, il le repoussa en arrière de la main. Bokuto, se laissa tomber avec un dramatique qui lui était si particulier. Kuroo rit et lui balança sa serviette au visage. Son opposant s'en insurgea et lui lança également la sienne. Leurs chamailleries continuèrent jusqu'à ce que l'un d'eux finisse par shooter dans le thermos qui bascula en arrière, commençant à renverser son contenu sur la nappe. Ils se redressèrent tous deux pour l'attraper. Passé la surprise, ils explosèrent de rire.

La suite du pique-nique se déroula dans une atmosphère légère, discutant de toute sorte d'anecdotes, de souvenirs incongrus, et des misères qu'avait pu leur faire vivre leur fratrie.

— Bon, on y va ? On va arriver trop tard sinon !

— Où ?

— Au cinéma.

Kuroo sourit.

— Pique-nique et cinéma, ne serait-ce pas le planning parfait pour un premier rendez-vous ?

— Merci de l'avoir remarqué.

— On va voir quoi ?

— J'en sais rien, on verra là-bas.

Ils s'affairèrent à ranger la nappe et se mirent en route. Ils allèrent prendre le métro, et s'arrêtèrent à la station de Meguro. Alors qu'il s'attendait à ceux qu'ils se rendent dans un immense complexe, comme ceux présents en hyper centre avec les écrans géants et les statuts gargantuesques à l'effigie de Godzilla, quelle ne fut pas la surprise de Kuroo lorsque Bokuto s'arrêta devant un petit cinéma de quartier. L'endroit était charmant et cosy, caractéristique qu'ils n'auraient pu trouver dans un immense cinéma. Devant l'étroite entrée, quelques affiches de films avaient été placardées derrière une vitrine en verre, accompagné en dessous du résumé, simplement imprimé sur une feuille A4. Kuroo jeta un coup d'œil à l'intérieur, un petit comptoir, quelques tables en bois installées çà et là, où certaines personnes dégustaient un café avant de se rendre à leur séance. Kuroo échappa un sourire, agréablement surpris.

— Ça te va ici ? demanda Bokuto, un brin de souci dans la voix.

— Oui très bien. Je ne m'attendais juste pas à ce que tu sois un amateur de cinéma indépendant.

Bokuto sourit, soulagé.

— On y va souvent. Ils ont pas mal de films étrangers que Keiji trouve pas ailleurs, et Kenma préfère venir ici parce que ya pas beaucoup de monde.

— Ça fait sens, commenta Kuroo.

Il sourit, heureux qu'il l'ait emmené dans un endroit qu'ils leur étaient chers.

— Et puis, commença Bokuto, ils ont toujours au moins un film loufoque, écoute ça : « une invasion de requins-zombies plonge la terre dans la terreur. Qui pourra sauver l'humanité de cette apocalypse ? Une unité d'élite de soldat bionique mi-chien mi-dauphin est constituée pour parer à cette crise. Seront-ils à la hauteur du défi ? Pourront-ils sauver l'humanité d'une mort certaine ? ». Il imita un bruit d'explosion pour accentuer le dramatique.

Kuroo pouffa.

— Ça à l'air bien naze, j'adore !

Bokuto échappa un sourire, les yeux pétillant d'excitation :

— On va voir ça ?

— Go !

Ils ricanèrent bêtement et se ruèrent à l'intérieur pour prendre les tickets.

Avant qu'ils ne repartent, Bokuto demanda avec enthousiasme :

— Oh ! Tu veux des popcorns ?

— Si tu veux oui.

— Cool ! Kenma et Keiji veulent jamais que j'en prenne !

— Pff, t'es vraiment persécuté.

— N'est-ce pas !

Une fois leur pop-corns en main, ils se rendirent dans la salle. L'endroit complètement vide, à l'exception d'un adolescent en cosplay et d'un salariman d'une quarantaine d'années installé au fond de la salle.

— Tu rigolais pas quand tu disais qu'y'avais pas grand monde, remarqua Kuroo.

— Surtout à cette heure-là.

— Cool.

— N'est-ce pas ?

Kuroo tourna la tête. La voix de Bokuto s'était faite plus grave, et il le regardait avec une intensité qui ne présageait rien de bon. Il accentua le tout en remuant les sourcils, un rien provocateur. Kuroo, qui n'avait pas encore l'habitude de ces changements de répertoire, rougit malgré lui.

— Qu'est-ce que t'as en tête encore ?

Bokuto leva les yeux et répondit innocemment :

— Rien, je vois pas pourquoi tu dis ça…

Il plissa les yeux.

— Hm ?

Le provocateur détourna la conversation aussitôt :

— On s'installe là ? C'est bien non ?

Kuroo hocha la tête, et ils allèrent s'installer au milieu d'une rangée vide.

Leur conversation retrouva rapidement la teneur absurde qui leur été si propre, et ils finirent par exploser de rire bruyamment. Le salariman du font de la salle les somma de se taire. Ils obtempérèrent, ne manquant pas de ricaner comme deux enfants turbulents. Kuroo tourna discrètement son regard vers Bokuto, qui s'évertuait maintenant à mettre le plus de pop-corn possible dans sa bouche. Il sourit. Il avait eu peur. Peur de ne plus savoir interagir avec lui, qu'il se retrouve à ne plus savoir quoi dire où quoi faire, et que cela en vienne à rendre la situation gênante. Il n'en était rien, et cela le soulageait profondément. Il ne pouvait pas vraiment dire que rien n'avait changé, car ce serait se mentir. Mais les changements opérés pour le moment n'avaient été que bénéfiques. Cette simple pensée lui réchauffait le cœur et l'étourdissait d'euphorie.

— Bro, faut que je te fasse une confession.

— Hm ?

Bokuto prit un air comiquement coupable, accentuant le dramatique de sa déclaration :

— J'adore commenter les films… Je sais que je ne devrais pas, mais voilà…

Kuroo pouffa.

— Non, ne ris pas. Ce n'est que la triste vérité…

— Bo, je dois moi aussi te faire une confession…

— Oui ?

— J'aime moi aussi commenter les films.

Bokuto attrapa ses mains et le regarda d'une intensité larmoyante :

— Vraiment ?

Kuroo continua à jouer le jeu, et ne lésina pas sur le dramatique :

— Oui, ce serait vous mentir que de vous dire le contraire.

— Oh ! Kuroo-san ! lui répondit-il avec des trémolos dans la voix.

Ils éclatèrent de rire, et se firent une nouvelle fois réprimander.

Ils ne cessèrent pour autant, et continuèrent leurs échanges absurdes à voix basse, étouffant des rires imbéciles.

Bientôt les lumières s'éteignirent et ils se turent. Le silence ne perdura cependant que peu de temps, et ils s'échauffèrent en commentant toutes les pubs. Ils reprirent de leur sérieux lorsque l'écran redevint noir et que le film se lança. Leur "sérieux" ne dura pas bien longtemps non plus. Pour leur défense, le contenu présenté était prône à la moquerie, et ils ne s'en privèrent pas. Kuroo finit cependant par être plus ou moins absorbé par le film et se tut à la première attaque de requins-zombies. Au bout d'une bonne demi-heure, Bokuto s'étira, et reposa son bras sur son épaule. Kuroo ricana discrètement. Bokuto le questionna du regard.

— T'avais pas plus gros comme technique d'approche ? murmura-t-il.

Le jeune homme haussa un sourcil :

— Je fais ce que je peux ! En plus t'es plus grand que moi, j'ai pas l'habitude.

— On est assis, je vois pas ce qu'il y a de bien compliqué.

Bokuto fit la moue et retira son bras. Il s'enfonça dans son siège en boudant. Il se dérida en entendant le rire de Kuroo. Une bonne dizaine de minutes plus tard, alors que les soldats bioniques mi-chien mi-dauphin étaient en pleine entrainement militaire, Kuroo vit Bokuto s'enfoncer dans son siège, glissant jusqu'à ce que sa tête arrive au milieu de son dossier, répartissant son poids pour que l'assise du fauteuil commence à se redresser.

— Qu'est-ce que tu fous ?

L'interpelé lui marmonna une réponse inaudible.

— Quoi ?

Même charabia. Le brun se pencha pour tenter de l'entendre. Alors, Bokuto l'attrapa par le col de son t-shirt et le tira vers lui. Il l'arrêta à quelques centimètres de son visage. Son agresseur afficha un sourire en coin, victorieux. Kuroo échappa lui aussi un sourire. Les traits de son vis-à-vis s'attendrirent, il ne fit plus rien, donnant encore la possibilité à sa victime de fuir. Mais il était trop tard. Kuroo ferma les paupières, et il franchit les quelques centimètres qui les séparaient.

Kuroo sentit son cœur grossir, grossir, jusqu'à devenir gigantesque, jusqu'à ce qu'il vienne taper sur sa cage thoracique comme sur un tambour tendu, balançant des giclées de sang si violemment dans tout son corps qu'il s'en sentit aussitôt fébrile. Si violement que sa tête se mit à tourner.

Tous les nerfs dans son corps partirent en vrilles, ses neurones surchargés d'énergie se mirent à former des arcs électriques, jusqu'à ce que le système entier disjoncte d'un coup, envoyant dans son corps des centaines d'éclairs qui se mirent à crépiter sous sa peau.

Il sentit le sourire de Bokuto sur ses lèvres, avant que lui aussi se laisse couler dans le baiser. Ils coulèrent en effet bien rapidement, et ce qui aurait pu être un chaste baiser prit une tout autre tournure au bout de quelques secondes. Ils se séparèrent une fraction de seconde pour reprendre leur souffle et se retrouvèrent de nouveau. Bokuto avait passé ses mains dans ses cheveux, le maintenant près de lui, et Kuroo, en équilibre bien incertain, se retenait à la fois sur l'accoudoir du fauteuil et la cuisse de Bokuto. Le brun fut secoué d'un nouveau choc électrique en l'entendant se mettre à ronronner, à une fréquence si basse que le son, presque inaudible pourtant, raisonnait dans sa poitrine. Ils se séparèrent brusquement en entendant un raclement de gorge près d'eux, bien trop près. En relevant les yeux, ils constatèrent que le salariman, visiblement courroucé, avait ramené un employé du cinéma. L'employé en question n'avait lui-même pas l'air bien phasé par la chose, se contentant de les regarder d'un air blasé. L'individu à ses côtés, piétinant de rage, leur désigna la porte. Ils réunirent précipitamment leurs affaires, offrir un salut en guise d'excuse, et sortir de la salle. Ils ne dirent rien jusqu'à ce qu'ils soient sortis du cinéma. Ils échangèrent un regard, un peu honteux , et éclatèrent finalement de rire.

— Merde, j'espère quand même qu'ils vont pas te bannir, surtout si t'es un habitué.

— Bof, non, vu la tête blasée du gus, je pense qu'il a l'habitude.

— Ok mais, Kuroo les montra du doigt à tour de rôle.

— Vu le nombre astronomique de films LGBTQIA+ qu'ils passent, je pense pas que ça soit vraiment ça le problème.

Le brun échappa un sourire en coin.

— On est con quand même. En plus on saura jamais comment ça finit.

— Bah, on regardera en streaming. Et puis – il plongea son regard dans le sien- je regrette rien, bien mieux que des requins-zombies.

— J'avoue.

Ils ne se lâchèrent pas du regard, bêtement émoustillé.

— Bon, on fait quoi du coup maintenant ? demanda le brun.

Bokuto afficha en sourire un rien idiot :

— Ya des fripes pas loin, on peut refaire un concours de la tenue la plus moche.

Kuroo rit :

— Grave ! Mais tu vas pas te retrouver à acheter je sais pas quoi encore ? Comme avec tes chaussettes la dernière fois.

— Bah, je refilerais ça à Kenma, comme les chaussettes.

— Tu lui as refilé les chaussettes ?

— Ouais, il les adore.

Le brun pouffa.

Ils commencèrent à se mettre en marche :

— J'y crois pas… En y repensant, je crois que je l'ai déjà vu avec en plus !

— C'est vrai ?

— Ouais je crois.

Il rit.

— En vrai, je sais pas comment t'as pas capté avant.

— Capter quoi ?

— Qu'on était tous les trois lié, genre qu'on se connaissait quoi.

Kuroo haussa en sourcil :

— Comment j'aurais deviné ?

— Je sais pas, Kenma vient souvent nous chercher, ils piquent tout le temps nos fringues en plus.

— Ouais j'avoue… Mais bon, ça aurait pu être une coïncidence. Et puis tu peux parler, vous êtes tous restés hyper vagues sur vos relations personnelles.

— Ok, j'avoue. Mais c'est pas le truc hyper bien vu, surtout chez les bêtas hors meute, on le cri pas sur tous les toits. Et puis, en vrai j'ai pas été si secret que ça, et t'as vu le boxon que ça a foutu entre nous.

— Hmm, lui concéda le brun. C'est surtout vous, comment vous vous en êtes pas rendu compte ? Je suis tout seul, vous êtes trois !

Bokuto ricana :

— J'avoue, c'est con. Mais Kenma t'appelle Jiji, moi juste « mon Bro » et… et Akaashi il t'appelait pas.

— Hm, du coup c'est pas moi le nul dans l'histoire ! En plus vous avez pas un odorat meilleur que le mien ? Ou un OVN je sais pas quoi ?

— Quel rapport ?

— Bah je sais pas, reconnaitre mon odeur, truc comme ça ?

Bokuto réfléchit longuement :

— J'avoue que j'ai déjà senti ton odeur sur le pull de Kenma… Mais je pensais juste que j'étais zinzin. Et puis, on est tous sous suppresseurs… Et puis mec, soyons clair sur quelque chose, tu sens un peu n'importe quoi !

— Comment ça je sens n'importe quoi ? s'insurgea Kuroo, vexé.

— Bro, no judgement, mais tu sens continuellement l'alpha. Au début je pensais que c'était genre, ton mec, mais ya quinze odeurs différentes !

Kuroo rougit, il approcha son T-shirt de ses narines : il ne sentait rien d'autre que sa propre odeur.

— Je pensais juste que t'avais une vie tumultueuse.

— C'est mes potes ! J'y peux rien s'ils me collent ! Ou que je les colle, peu importe.

Bokuto échappa un sourire :

— Je sais, c'est juste désorientant, enfin au début.

— Désolé…

— T'excuse pas, c'est pas ta faute si tu t'es fait adopter par une meute d'alpha non appareillés.

— Comment ça ? Ils sont tous appareillés !

Bokuto parut réellement surpris :

— Ah bon ? Bah on dirait pas !

Kuroo ne sut quoi répondre, et avant qu'il n'ait pu trouver à le faire, Bokuto les arrêta devant un magasin :

— Alors, prêt à sortir ton outfit le plus immonde !

— Tu vas mordre la poussière !

Ils échappèrent un ricanement infantile et rentrèrent à l'intérieur.

Il établir les règles du jeu : cinq minutes pour trouver une tenue, puis essayage. Malheureusement, l'employé du magasin comprit très vite ce qu'ils étaient en train de faire et leur demanda de sortir. Ils ne se démontèrent pas pour autant et changèrent aussitôt de magasin. Rebelote. Quand ils pénétrèrent dans la quatrième boutique, ils firent immédiatement un disclamer pour éviter de se retrouver dehors. La personne derrière le comptoir, qui semblait avoir commencé à jouer à leur jeu avant qu'ils arrivent, leur fit un grand sourire et les invita à l'intérieur. L'endroit était formidable et regorgeait de vieillerie aux motifs depuis longtemps désuets, d'artefacts fashion oubliés et d'incongruités stylistiques. Ils s'en donnèrent à cœur joie, à chaque essayage, ils ricanaient bêtement comme des gosses et prenaient tout un tas de photos. Peu à peu, Kuroo finit cependant par dénicher des pièces intéressantes : un vieux T-shirt d'un groupe de rock oublié et un hakama, provenant surement d'une tenue de Kyodo. Il les prit sous le bras, pour les essayer discrètement, et saisit également une chemise à jabot et un pantalon patte d'eph à fleurs. Alors qu'il était en train d'essayer la première tenue en catimini (il ne tenait pas à être disqualifié pour avoir manqué aux règles du jeu), il entendit Bokuto se plaindre dans la cabine à côté de la sienne.

— Bo ça va ?

Silence.

— Je suis bloqué.

— Tu veux de l'aide ?

Silence. Kuroo haussa un sourcil.

— Bo ?

— Oui…

Kuroo sortit de la cabine.

— Je rentre, annonça-t-il avant de rejoindre Bokuto à l'intérieur.

Quelle ne fut pas sa surprise quand il le découvrit en train de se débattre avec une grande robe à fleurs aux couleurs délavées, affublée de grandes manches ballons et de froufrous en dentelles autour col. Kuroo se stoppa, profondément surpris qu'un vêtement pourtant d'allure si immonde, ait l'audace de ne pas trop mal lui aller. Il ne put s'empêcher de pouffer en voyant l'air déconfit de son camarade de jeu.

— Rigole pas ! J'ai coincé la fermeture et j'étouffe dedans ! -il détailla Kuroo – Hey ! C'est pas du jeu elle est bien ta tenue !

— J'essayais juste pour voir ! Et puis tu peux parler ! Comment t'arrives à mettre ce genre de chose et que ça t'aille bien !

Bokuto eut l'air profondément dérouté.

— Comment ça peut bien m'aller !

— Je sais pas, ça accentue ta taille et tes épaules, c'est plutôt flatteur.

— Pff, allez aide-moi !

Il lui fit signe de se tourner et s'affaira à tenter de débloquer la fermeture éclair, en vain.

— Ok, je vais devoir la remonter pour pouvoir la redescendre…

— Mais je peux pas, je vais étouffer !

— Rentre le ventre et retiens ta respiration !

Bokuto s'exécuta. Kuroo réussit à remonter la fermeture éclair, elle bloqua encore, et avec un peu de force, remonta presque jusqu'en haut. La compression soudaine surprit Bokuto qui ne put plus retenir son souffle et banda les muscles. La robe ne put tenir le choc et se déchira complètement dans le dos.

Le silence s'étendit entre eux.

— Merde… murmurèrent-ils en chœur.

— C'est vraiment beaucoup déchiré ? demanda Bokuto.

Il se tourna dans le miroir avant d'avoir eu la réponse de son acolyte.

— Roh merde oui… On fait quoi ?

— … On la retire et on la remet comme si de rien était ?

— On peut pas faire ça ! La personne à l'entrée à l'air beaucoup trop gentille !

— T'as raison… On peut pas réussir à avoir l'air aussi cool avec du fard à paupières jaune et ne pas être sympa…

— Hmm…

Bokuto rigola.

— Pas sûr que je puisse la refiler à Kenma celle-là…

— On aura plus qu'à faire une soirée costumée…

— Hmm…

— Ça va, elle coûte presque rien.

— Heureusement !

— Et au moins tu peux la retirer maintenant.

Bokuto acquiesça. Ils explosèrent une nouvelle fois de rire et se séparèrent pour se rhabiller. Il rejoint son acolyte à la sortie des cabines, ce dernier tenait la robe à fleurs, l'air penaud.

— J'ai un peu honte !

— Mais non ! Allez !

— Tu prends ta tenue aussi ? Ça t'allait bien.

— Hmm, je sais pas…

— S'il te plait, je te l'offre ! Me laisse pas aller à la caisse tout seul !

Kuroo pouffa.

— Ok, mais je la prends moi.

— Encore mieux.

Ils se dirigèrent vers l'entrée, l'individu derrière le comptoir leur offrit un large sourire en les voyant arriver. Kuroo fut le premier à passer en caisse, laissant un peu de répit à Bokuto. Une fois cela fait, il dut finalement poser sa robe sur le comptoir.

— Oh ! Très bon choix ! leur fut-il annoncé.

— Merci, répondit Bokuto, visiblement gêné.

Kuroo dut se retenir de ne pas échapper un rire.

— Mince, je vois que la fermeture est cassée, c'est embêtant. Je vais vous faire une réduction dans ce cas.

Avant que Bokuto n'ait eu le temps de confesser son crime, il se retrouva avec sa robe bien emballée dans un petit sac en papier. Ils sortirent et Kuroo put finalement éclater de rire.

— Te fous pas de moi !

— Je crois qu'il faut qu'on arrête de jouer à ce jeu, ça finit toujours mal…

Bokuto soupira. Il sortit son téléphone et après un rapide coup d'œil annonça :

— Merde, j'avais pas vu l'heure. Faut qu'on se mette en marche.

— Oh pourquoi ? On est pressé ?

— Moi non, mais il te reste un date, il en profita pour remuer ses sourcils infernaux.

— Oh… oui.

Ils remontèrent la rue et s'arrêtèrent, Bokuto regardait les voitures défiler.

— Keiji vient me chercher.

— Tu me laisses tout seul !

— Yep ! Mais t'inquiètes, tu seras pas seul longtemps.

— Oh…

— Passe-moi ton téléphone !

Silence.

Bokuto haussa en sourcil, Kuroo en fit de même.

— Bah alors ?

— Bah j'ai plus mon téléphone, tu le sais.

— Oh merde c'est vrai… Bah attends je te passe le mien.

Il le plaça sous ses yeux pour lui montrer le schéma de déverrouillage et lui tendit. Bokuto avait marqué un emplacement GPS et avait lancé la navigation. Il ne lui faudrait que quelques minutes de marche pour se rendre à cette mystérieuse destination. Avant même qu'il n'ait pu émettre la moindre sollicitation, Bokuto reprit la parole.

— Il est là.

Une voiture se gara devant eux et il reconnut Akaashi au volant. Il lui sourit et ils se saluèrent.

— Ah ! Tu peux prendre ma poche s'il te plait ?

— Euh ok…

— Je te laisse, à tout à l'heure !

Bokuto l'embrassa sur la joue et partit aussitôt. Il lui offrit un dernier « amuse toi bien ! » , et referma la porte passager. La voiture redémarra, et il se retrouva seul. Il regarda un long moment la direction qu'avait prise le véhicule, et resta là, planté au milieu du trottoir. Il prit le temps de prendre une grande inspiration, et se mit en marche, son cœur recommençant à battre la chamade.

-Fin du chapitre-

Hey !

J'espère que ce chapitre vous aura plu !

Prochain chapitre : « La ferme aux papillon 3 » :

« — Je pensais pas que tu l'avais gardé, dit-il en entendant Kenma revenir.

— Hm ?

Kuroo se tourna pour lui montrer ce qu'il avait entre les mains. En voyant l'objet, Kenma échappa un léger sourire :

— Bien sûr que je l'ai gardé.

— Oh, tu tiens à moi !

La remarque, se voulant à l'origine humoristique, n'amusa que moyennement le blond, aux vues de l'air blasé qu'il prit :

— Bien sûr idiot, sinon tu serais pas là.

— Certes, mais quand même !

Kenma fit rouler ses yeux, mais Kuroo n'eut aucun mal à voir ses joues commencer à rougir. »