Bien le bonjour ! L'attente entre le chapitre 11 et ce chapitre n'est pas due à un relâchement de ma part, j'ai passé toutes ces semaines à réécrire les précédents chapitres :,) Ils avaient été publiés en 2016-2017 et ne représentaient plus tout à fait ma façon d'écrire actuelle. J'ai aussi modifié des éléments avec lesquels je n'étais plus d'accord, ou qui manquaient de précision.
Nous voilà donc, enfin, à jour.
J'ai plusieurs chapitres d'avance, et vais publier à un rythme que j'espère régulier, probablement toutes les 2 semaines environ.
Cette fanfiction avait été écrite à une époque où je n'allais pas très bien. La peine de Harry était un exutoire à la mienne, et c'est pour cette raison que j'avais arrêté d'écrire : j'allais mieux.
Mais cette histoire me plaît, est une partie importante de ma vie, et est une très bonne occasion de m'entraîner à l'écriture pour un jour, qui sait, écrire mon propre roman.
Alors, même si je ne suis plus dans le même état de pensée qu'en 2017, j'ai envie de faire honneur à cette histoire. Et une fois finie (je prévois environ 40 chapitres), j'ai très envie d'écrire d'autres fanfictions, probablement plus courtes : des Wolfstar, réécrire le Pavot, des fanfics sur d'autres univers que j'aime beaucoup, des slash/romances, des one-shot sur des petits détails de HP que j'aimerais explorer… mais chaque chose en son temps !
Même si j'ai décidé des grandes lignes de l'histoire, certains détails sont encore libres et à rédiger alors, peut-être que je piocherai dans vos meilleures idées… :)
Bonne lecture, et merci à celles et ceux qui me rejoignent dans cette aventure !
CHAPITRE 12
« No sleep until I'm done with finding the answer
Won't stop before I find a cure for this cancer
Sometimes, I feel like going down and so disconnected
Somehow, I know that I am haunted to be wanted
They say that I must learn to kill before I can feel safe
But I'd rather kill myself than turn into their slave
Sometimes, I feel that I should go and play with the thunder
Somehow, I just don't wanna stay and wait for a wonder » — In the shadows, The Rasmus
Sirius s'était affairé à l'arrangement du grenier pendant deux jours consécutifs.
Le soir du seize décembre, il avait grimpé en grande hâte les escaliers — refusant l'aide de quiconque — et depuis, la maisonnée avait supporté les grincements, couinements, et autres bruits de chute résonnant entre les étages. Molly et Tonks étaient les deux seules autres adultes présentes ces jours-là et elles avaient fait leur possible pour gérer les six adolescents qui redoublaient d'ingéniosité pour faire des bêtises.
Dans la salle de dessin, Harry était affalé sur un moelleux divan, le pull bleu de Dudley flottant par dessus son corps frêle. Désœuvré, il observait avec ennui les milliards de flocons qui tombaient du ciel gris de Londres, s'entraînant à vider son esprit. Hermione et Ginny tricotaient des chaussettes et bonnets que la première comptait offrir à Dobby et aux autres elfes de Poudlard à leur retour. Elles discutaient à voix basse. Concentré sur son Occlumencie, Harry n'y prêtait pas attention mais capta tout de même des bouts de mots comme ''Percy'' et ''ministère''.
A travers la fenêtre, les flocons de neige étaient ballottés par la brise, dispersés, à l'image des pensées de Harry. Sans cesse, son attention était mise à mal par l'intrusion des souvenirs de Snape. Malgré ses tentatives pour les mettre à distance, à la fois par pudeur vis à vis de son professeur, mais aussi — il devait se l'avouer — par lâcheté, le sourire glacial du jeune Sirius le hantait. Il avait tenté de trouver un petit moment avec lui, mais Sirius avait été très occupé avec le grenier, et Harry ne savait pas comment aborder le sujet. Comment lui parler de ce souvenir sans lui révéler les leçons d'Occlumencie ?
Et puis… n'avait-il pas un peu peur d'être déçu, une fois encore ?
A treize ans, quand il avait apprit qu'il avait un parrain et que celui-ci n'était finalement pas un terrible meurtrier et traître, il s'était laissé séduire par la promesse de quitter les Dursley et de vivre avec Sirius. Bien évidemment, Harry avait été idiot d'y croire, mais son cœur quelques temps réchauffé par l'espoir avait valu l'amertume de la déception. Il s'était surpris à imaginer une vie avec un parrain. Un homme torturé, ça il l'avait compris tout de suite, mais un homme qui le dévisageait avec le même amour que sur ses photos de famille. Un homme en chair et en os, à qui il aurait voulu ressembler : courageux, intrépide, brillant, charismatique. Quelqu'un dont, peut-être, pour la première fois, Harry aurait accepté l'autorité.
Mais Sirius était aussi intrépide que peu fiable, trop brillant pour penser que Dumbledore allait lui confier sa garde, et Harry percevait la grande fragilité cachée derrière l'assurance de l'homme.
Comme pour répondre à ses pensées, Sirius passa soudainement sa tête dans l'embrasure de la porte, ses cheveux bruns emmêlés encadrant ses traits exténués, mais clairement satisfaits.
« J'ai fini ! Le grenier est prêt, on va pouvoir commencer les entraînements ! » annonça t-il en bombant le torse.
Hermione et Ginny bondirent de leurs coussins respectifs pour féliciter Sirius, et Harry lui rendit faiblement son sourire.
« Allez prévenir les autres, je me repose un moment. »
L'expression de Sirius se déforma sous la métamorphose experte et le trentenaire vit son corps se diminuer et changer jusqu'à laisser place à un énorme chien noir aux yeux rieurs. Il jappa et s'installa quelques instants à la place que Harry avait réchauffé.
Ces derniers jours, il avait remarqué que l'Animagus se réfugiait sous sa forme canine à chaque douleur, fatigue, ou contrariété, et Harry se demanda dans quelle mesure les transformations avaient aidé son parrain à ne pas perdre l'esprit durant ses longues années d'enfermement.
Ginny gloussa et s'amusa à caresser les oreilles de 'Sniffle', puis ils se dépêchèrent de partir tous les trois à la recherche des tignasses rousses manquantes, laissant l'Animagus se détendre.
Ils dévalèrent quatre à quatre les marches de la vieille maisonnée et crièrent les noms des autres jeunes à tous les étages, faisant hurler le tableau de la mère de Sirius et par extension Molly, avant de retrouver Ron et les jumeaux au sous-sol.
« La cuisine, bien sûr, pourquoi n'y avons nous pas pensé plus tôt, railla Hermione.
— Parce que tu n'as pas eu le temps de sentir la douce odeur des friandises, n'est-ce pas Forge ?
— Je ne vois pas de quoi tu parles, Gred », répliqua Fred en terminant le dernier calisson envoyé par Fleur de la Cour.
Ils se chamaillèrent quelques temps avant de remonter à la queue leu-leu jusqu'au grenier. En haut des marches grinçantes les attendait le chien noir vautré sur le parquet, qui reprit sa forme humaine puis lissa sa veste côtelée.
« Allez, on y va ! » les invita Sirius en attachant ses longs cheveux bruns, révélant la peau de sa nuque étirée par les bosses de sa colonne vertébrale.
Harry détourna le regard. Lui et les autres adolescents franchirent la petite porte rongée sur les coins par des doxys, et se retrouvèrent sous de grandes combles.
L'endroit était totalement vide, hormis pour une petite commode abîmée et une porte aux accents bleutés, la peinture écaillée par le temps. Les fenêtres de toit offraient des puits de lumière bienvenus en cette journée d'hiver et Harry avait hâte de se dégourdir les jambes.
« Et voilà ! Tout est nettoyé et sécurisé, on va pouvoir s'entraîner ici », annonça Sirius fièrement, à leur suite.
Harry s'adossa à un mur, sa tête bourdonnant quelque peu.
Sûrement la magie de Yule.
« Nous allons commencer par un exercice plutôt ludique ! Vous allez à vous six tenter de me désarmer, dit-il avec un sourire goguenard.
— Ça ne risque pas d'être trop facile ? » ricana George.
Le sourire de Sirius s' agrandit, presque carnassier. Harry devina qu'il s'agissait pour lui de jauger rapidement leur niveau en sortilèges et en défense.
« C'est quand vous voulez », dit-il en se plaçant en position sorcière de combat : le corps de profil et la tête de face, de sorte à laisser le moins possible de surface corporelle atteignable.
Ils sortirent chacun leur baguette et se placèrent en demi cercle devant L'Animagus, se jetant les uns les autres des regards hésitants.
Ginny fut la première à oser attaquer, et Sirius se contenta de lancer un Protego si puissant que son sort rebondit vers elle et la fit reculer de quelques pas sous l'impact.
« Allez allez, on enchaîne ! » invita Sirius en faisant des petits bons pour ne pas rester statique.
Sagement, les adolescents lui lancèrent d'abord des sorts à tour de rôle, puis Fred et George agirent en équipe en alternant les maléfices sans attendre. Le groupe entoura Sirius qui fût obligé de prouver son agilité, mais celui-ci ne lançait presque aucun sort, se contentant de les renvoyer et de désarmer peu à peu ses 'élèves'. Au bout de dix minutes, Ginny et Ron avaient étés désarmés et encourageaient les restants pendant que Sirius lançait parfois de petits commentaires sarcastiques visant à les déconcentrer.
« Vous êtes mous, allez du ner—
— Tarantagella ! » lança Hermione en profitant de son inattention.
Sirius esquiva d'un pas sur le côté.
« Je suis sûr que tu peux mieux faire que ça…
— Expeliarmus ! » cria Harry.
La fine baguette gravée de rune de Sirius lui fila des doigts et atterrit dans la main de Harry en fendant l'air.
« Bien joué gamin ! Passons à la suite », dit-il alors que Harry lui rendait sa baguette, tentant de maîtriser son sourire. « Vous vous débrouillez tous très bien. Fred, George, vous allez perfectionner vos attaques l'un sur l'autre en tâchant d'être le plus mobiles possible. Hermione, Ron et Ginny, essayez de pratiquer ensemble, Harry va vous aider. »
Ce dernier se retourna vers son parrain, l'air surpris. Les yeux gris de Sirius brillaient de fierté.
« Fais-moi confiance », lui assura t-il en tapotant son épaule.
Alors, dans un joyeux vacarme, des éclairs de magie filèrent d'un bout à l'autre de la pièce, et les baguettes volèrent dans tous les sens, jetant parfois des pluies d'étincelles lorsqu'elles tombaient lourdement sur le parquet.
Harry passait parmi ses amis en s'efforçant de copier l'attitude professorale de l'ancien combattant. Sans oser corriger ceux qui s'y prenaient mal, il observa avec attention ce qu'il se passait pendant les échanges de magie. Les jumeaux ne rechignaient pas à utiliser tour à tour leur frère comme bouclier et s'essayaient à quelques informulés pour se surprendre, mais ils se comprenaient si bien qu'aucun ne parvenait à prendre l'avantage. Hermione, la mine sérieuse, prêtait plus attention à articuler ses gestes qu'à concentrer sa puissance magique. Ginny, au contraire, excellait dans la force de ses sortilèges mais s'épuisait rapidement. Amusé, il plissa les yeux devant les grossières erreurs de Ron, pariant qu'il faisait de son mieux pour ne contrarier aucune des deux jeunes sorcières.
Avec la même rapidité que pour un vif d'or, Harry s'empara de la baguette en bois d'if qui failli lui gifler le visage. Elle crépita dans ses mains et il sentit le fourmillement familier le chatouiller.
« Ta baguette est aussi robuste que ta magie, Ginny », murmura t-il en lui rendant le bout de bois aux teints fauve. « Essaie de plutôt te concentrer sur ton intention pour gagner en souplesse. »
Les milliers de tâches de rousseurs de la sorcière n'étaient presque plus visibles tant elle était rouge. Leurs doigts se touchèrent et Harry sentit ses propres joues s'enflammer. Il toussota et se détourna vite vers son parrain. Sirius l'encouragea du regard et ils s'appliquèrent tous les deux à prodiguer des conseils, rectifier une posture, proposer d'autres sorts.
Les quatre adolescents les écoutaient et s'en sortaient bien.
D'un geste, le trentenaire proposa à Harry de s'entraîner avec lui, ce qu'il accepta de bon cœur.
« Impedimenta », lança Sirius du bout des lèvres, lui facilitant clairement la tâche. Dès la première syllabe, Harry s'était jeté au sol et dressait sa baguette vers son parrain.
« Expelliarmus ! »
L'homme esquiva le sort avec aisance et son sourire était acéré.
« Bloclang ! »
Harry sentit sa langue se bloquer avec force contre son palais.
Merde.
Restant au sol, il roula sur le côté et se concentra sur la haute figure de Sirius. Ses cheveux, peu à peu détachés par ses mouvements, ondulaient autour de son visage et ses yeux, d'un gris si semblable à ceux de Draco, étaient amusés. Toute sa posture indiquait qu'il prenait le combat pour un jeu, ce qui vexa Harry. Pinçant les lèvres sous l'effort, il tenta un informulé.
Le sort était puissant, un peu trop sûrement, puisqu'il rebondit avec force sur le bouclier de son parrain et Harry se retrouva violemment projeté contre la porte bleue. Le sort de mutisme fut levé instantanément par Sirius.
« Aïe.., gémit-il en portant sa main gauche à son crâne : il allait avoir une bosse.
— Tout va bien ? s'enquit Sirius alors que les autres avaient cessés leurs attaques pour les regarder combattre.
— Ouais… purée… » Harry essayait de parler, mais le bourdonnement qu'il avait réussi à ignorer s'était intensifié et sa cicatrice commençait à le démanger. L'adulte eu un air inquiet et pressa les autres adolescents de quitter la pièce.
« C'est fini pour aujourd'hui, on reprendra demain, allez ouste !
— Mais Harry est—
— Je m'en occupe Ron, descendez aider votre mère », commanda t-il avant de se retourner vers Harry et de se rendre compte que celui-ci s'était détourner pour commencer à ouvrir la porte. « Non non non, lâche cette poignée », murmura t-il en posant sa main sur celle de Harry, remarquant par là son porte baguette dissimulé sous sa manche. « Où tu as eu ça toi… viens par là mon grand. »
Il tira sur la main de Harry pour le lever et le ramener au centre du grenier.
« Qu'est-ce que.., commença l'adolescent avant de se taire, la main chaude et sèche de son parrain se posant sur sa cicatrice.
— Elle est enflée… Je ne pensais pas que ça te ferait cet effet là », s'excusa Sirius.
Harry s'assit sur le parquet sombre et repoussa doucement sa main.
« De quoi tu parles, qu'est-ce qu'il y a derrière cette porte ?
— Pourquoi as-tu essayé de l'ouvrir ? » s'enquit Sirius.
L'adolescent esquiva le regard perçant de son parrain.
Il s'était sentit comme quand il avait été irrépressiblement attiré par le livre de magie noire rangé dans la bibliothèque de Snape. Il y avait comme… quelque chose qui l'appelait là-dedans. Une part profonde de lui-même, qu'il ne parvenait pas à saisir.
Harry avala difficilement sa salive et rompit le contact visuel avec la porte et ce qui était dissimulé derrière.
« Qu'est-ce qu'il y a là dedans ? » répéta Harry avec insistance.
Sirius détourna le regard et lissa son veston brun d'une main gênée.
« Des vieilleries. Des livres. Beaucoup de choses dont Fol Œil voulait que je me débarrasse, avoua t-il. Mais Dumbledore est d'accord avec moi pour dire que toutes ces choses pourraient bien nous êtres utiles un jour. »
Derrière ses vêtements cintrés, le corps svelte de l'Animagus était tendu. Son visage, autrefois émacié par ses longues années d'incarcération, restait anguleux, mais se rapprochait des traits délicats qu'il avait perçu dans les souvenirs de Snape. Les narines de son nez droit étaient plissées par un rictus.
Harry se demanda s'il avait contrarié son parrain. Il se recroquevilla imperceptiblement sur lui-même.
Pourquoi fallait-il toujours qu'il se fourre dans les ennuis ?
Relâchant sa respiration, Sirius enroula le dos pour s'accroupir à ses côtés, et plaça sa main entre ses omoplates. Harry se détendit sous la chaleur du contact.
« Je ne pensais pas que tu étais si réceptif aux Arts Sombres. J'aurais dû y penser, ça arrive chez certaines personnes… Ta mère aussi y était sensible », ajouta Sirius avec un doux sourire.
L'adolescent releva la tête, clairement intrigué.
« Tu les appelles comme Snape. Tu ne dis pas 'magie noire', nota t-il.
— Il vous en a parlé en cours ? demanda t-il avant de se reprendre en grimaçant. Bien sûr qu'il a dû vous en parler, il n'a pas pu s'en empêcher... Eh bien… c'est une habitude. C'est surtout les Sang-Pur qui ont tendance à parler de cette manière. »
Harry fronça les sourcils mais aborda l'autre sujet qui avait éveillé son intérêt.
« Ma mère était comme ça, tu dis ? »
Ravi de la tournure que prit la conversation, Sirius le regarda à nouveau et sa voix se fit plus enthousiaste.
« Oui, elle était vraiment très douée en sortilèges, et pas que de façon académique. Elle avait cette capacité à… ressentir la magie plus intensément que les autres. Elle faisait sensation pendant la guerre, à pouvoir détecter instinctivement les pièges ensorcelés ! »
Ma mère était douée, pensa Harry avec une douce chaleur dans le ventre.
On le lui avait dit, mais il se nourrissait de ce genre de détails. Il se plut à imaginer Lily Evans au Bureau des Aurors, ses cheveux auburn glissant sur son insigne doré, l'air fier. Peut-être avait-elle travaillé en équipe avec les Maraudeurs. Quelle type de magicienne était-elle ? Discrète et efficace, comme Snape ? Élégante, comme Dumbledore ou McGonagall ? Impulsive, comme Ginny ?
En digne ''sorcière la plus douée de sa promotion'', elle avait sûrement réussi ses études haut la baguette et était devenue Auror dans la foulée. Et quoi de plus, si…
Vingt-et-un ans.
Elle est morte à vingt-et-un ans.
Quel gâchis.
Il dût s'exprimer à voix haute puisque Sirius le corrigea avec un air triste.
« Aucun de nous n'a pu travailler après nos A.S.P.I.C. Les parents de James les ont supportés, lui et Lily, et quand il sont décédés, James a pu aider Remus, que personne n'aurait engagé de toute façon… Moi, j'avais l'argent qu'oncle Alphard me donnait, c'était suffisant pour participer. » Il se perdit dans ses souvenirs, sa main toujours dans le dos de Harry. « La guerre avait déjà éclaté depuis un bon moment… on a été recrutés tout de suite par Dumbledore. De toute façon, c'était dans la continuité de Poudlard, quelque part. La plupart des Mangemorts étaient déjà dans l'école. Mon frère, je n'ai jamais compris. Mais Bella…
— Bellatrix ?
— Hm. Elle parlait de Voldemort avec tellement de… vénération. C'est Cissy qui m'a aidé à comprendre, à l'époque. Bella était la sœur aînée, tu vois. Comme moi, elle était sensée représenter la Maison, finir ses études, se marier et avoir le plus d'enfants possible. Rester bien sagement dans un manoir et s'occuper d'eux, comme sa mère, comme ma mère, et comme Narcissa aujourd'hui, je suppose. C'était tellement de pression… Mais si tu avais connu Bella petite, tu aurais compris ce qui l'a séduite chez Voldemort. Il lui promettait autre chose. Devenir quelqu'un, par elle-même, pas une poulinière de Sang-Pur. Et elle était si puissante, elle avait toujours débordé d'énergie, qu'une vie de mère au foyer n'aurait jamais, jamais, pu contenter… Voldemort était là, lui offrant la possibilité d'à la fois rendre ses parents fiers tout en ayant une vie de guerrière. » Sirius reposa sa main sur ses genoux et eut un rire amer. « Guerrière… ils l'avaient bien nommés, ses parents, hein ? »
La gorge de Harry était nouée.
« Ça l'a rendue folle. Enfin… il y a tellement de fous parmi nous... Je n'ai jamais su si c'était dans notre sang ou la façon dont on nous dresse. » Sirius cracha ce mot et Harry ne put qu'imaginer ce qu'il voulait dire. Draco, même s'il n'était pas bavard sur le sujet, avait bien laissé entendre que Lucius n'était pas tendre non plus avec lui. « Elle est devenue presque aussi sadique qu'Alecto. Laquelle des deux est la pire, ça, va savoir. Tu sais, je me suis toujours débrouillé pour ne pas tomber face à ma cousine, ni face à mon frère. » Il lança un regard honteux à Harry.
« Je comprends… ça ne doit pas être facile d'affronter quelqu'un de sa famille. »
Harry laissa planer un petit silence et laissa ses yeux glisser à nouveau vers la porte bleutée.
« Il y a d'autres élèves qui sont devenus Mangemorts ?
— Snape, cracha Sirius. Évidemment. Dès sa première année il s'était mis sous l'aile de Lucius. Il fallait bien ça pour protéger le rejeton embarrassant des Prince… Tu l'aurais vu, à engloutir tous les livres de sortilèges, les plus sombres possibles, à en créer, en plus… C'était un sacré rival pour James… c'est vrai qu'il était jaloux, mais il a tout de suite senti que Snape était bizarre. C'était la coqueluche des apprentis Mangemorts, mais toujours à traîner devant la salle des Gryffondor, à attendre— »
Tout d'un coup, il se tut, mais Harry savait bien qui Snape attendait.
« Remus aussi était bizarre.
— Ce n'est pas la même chose », répondit Sirius avec un froncement de sourcils.
Moi aussi, j'étais bizarre. Comment Sirius et James l'aurait traité, lui, s'il avait été élève avec eux ? Avec ses habits trop grands et abîmés, ses manies étranges à chaque début d'année, et s'il avait été à Serpentard ?
« Parce qu'il était Serpentard ?
— Non, Dromeda — Andromeda, la mère de Nymphadora — était à Serpentard aussi. Ce n'est pas une question de Maison, Harry. C'est une question d'Arts Sombres, de magie noire. Snape… il n'est pas devenu Mangemort tout de suite. Il a hésité longtemps... Il a d'abord fait des recherches en potions. On ne l'a pas vu dans les combats avant ses vingt ans. Mais c'était déjà en lui, je t'assure. »
Sirius changea rapidement de sujet et parla avec plus d'entrain du génie de James en Métamorphose — le premier de l'école ! —, de la passion de Lily pour toutes les matières mais surtout de son adresse en Sortilèges — elle faisait de la si belle magie, Harry —, de l'humour fin de Remus, du talent de Peter pour les sortir de coups-fourrés…
Brutalement, Sirius se tut et serra les poings sur ses cuisses. Devant son silence et son air lointain, Harry se racla la gorge pour se donner contenance.
« Merci… de… de me raconter tout ça », hésita Harry.
Sirius sourit faiblement et lui claqua l'épaule.
« Allez viens, on descend rejoindre les autres. »
Il ne savait pas si Snape avait réellement trempé dans la magie noire dès son plus jeune âge, et il semblait à Harry que certains comportements étaient plus mauvais que n'importe quel sort, mais pour la première fois, il commençait à comprendre que les choses étaient peut-être aussi nuancées et grises que les yeux de Sirius.
Harry saisit la main qu'il lui tendit et le suivit dans les escaliers, après un dernier coup d'œil à la petite porte bleue.
A son grand désespoir, la nuit refusait d'envelopper Harry dans un oubli salvateur.
Déjà parce que Ron maintenait près de lui la couverture d'une poigne que seuls possédaient les gens au sommeil de plomb — Il ne savait pas ce qui, du froid ou de ses ronflements, était le plus insupportable.
Ensuite parce que le vent s'engouffrait comme un torrent entre les rues étroites et frappait les branches des platanes sur les fenêtres.
Et enfin, parce qu'il avait eu une vision.
Il était frustré de ne pas avoir vu Draco dans celle-ci. Juste des Moldus torturés, mais rien qui lui permettait d'aider l'Ordre ou de savoir ce qu'il s'était passé au Manoir.
Juste des Moldus torturés.
Merlin… il supportait de mieux en mieux les images qui le reliait à Voldemort, mais à quel prix ?
Décidant qu'il ne se rendormirait pas, il monta ses boucliers mentaux pour faire fuir les images de corps dansant sous les Doloris.
« 'Ry.., balbutia Ron dans son sommeil en le sentant quitter le matelas.
— Dors, je vais aux toilettes », le rassura t-il avec calme.
Les os gelés, il enfila ses pantoufles et se traîna hors de la chambre. La lumière des réverbères éclairait faiblement les couloirs, et il s'assura d'être suffisamment silencieux pour ne pas troubler le sommeil des tableaux. Fort d'habitudes bien ancrées à Privet Drive, il avait repéré les lames grinçantes du parquet.
Son cerveau était embué, mais vif. Présent, mais ailleurs à la fois. Les visages des victimes de Voldemort se confondaient avec les portraits assoupis et il dû cligner des yeux plusieurs fois pour se détourner de ces illusions.
Quels étaient les dégâts d'une Legilimancie forcée durant plusieurs mois ?
Au bout du couloir, il leva la tête vers les vertigineux étages aux angles biscornus.
Le mage fou n'allait pas gentiment quitter son esprit, et Harry avait bien conscience de l'insolence de sa chance. Un professeur possédé, un basilic et un journal vivant, un Mangemort caché dans un rat, Voldemort en personne…
Si la providence semblait toujours le protéger, ce n'était pas le cas de ses proches.
Son regard s'attarda sur le portrait d'un jeune homme drapé de jaune et de noir.
Il frissonna et monta les marches, tentant de contrôler le tremblement de ses jambes.
On ne lui apprenait qu'à se cacher, qu'à se défendre. 'Fais confiance aux adultes Harry, fais confiance à l'Ordre'. Mais qu'est-ce que les adultes avaient fait pour l'aider quand il était dans la forêt interdite, dans la chambre des secrets, au cimetière ? Il avait dû sauver sa peau, seul. Qu'est-ce qui l'attendrait la prochaine fois ?
Ses pensées devenaient plus claires à mesure qu'il remontait les étages.
Qui croyait vraiment qu'il avait la moindre chance, à se défendre misérablement à coup d'Expeliarmus et de Stupefix ? Même les sorts de Snape lui paraissaient bien faibles face à Voldemort. Et que dire de sa connexion mentale incontrôlable malgré ses progrès en Occlumancie…
L'obscurité l'engloutit alors qu'il posait ses pieds sur le pallier du cinquième étage.
Pas une fenêtre.
Le temps de laisser ses yeux s'habituer, il cessa sa progression et respira le plus silencieusement possible, à l'écoute.
Le souffle bruyant de Buck qu'on pouvait entendre de l'étage inférieur lui compliquait la tâche : est-ce que Sirius était réveillé ? Et Molly, dans la chambre adjacente ?
Il resta ainsi de longues minutes, le corps penché vers l'avant, tendant l'oreille pour percevoir le moindre bruit, près à rebrousser chemin dans les escaliers au pas de course.
Tout semble calme.
Il reporta son attention vers le grenier, accessible par la petite échelle qu'ils avaient empruntés plus tôt. Grâce aux cours de Divination, il avait de l'entraînement pour ce genre d'ascension. Alors Harry grimpa en silence, prenant garde à ne pas se planter d'échardes dans les mains. Il se hissa dans un dernier effort et entra dans le grenier sans un bruit.
La petite porte bleue lui faisait face.
Il ne savait pas si c'était les recrudescences de sa vision, mais elle semblait respirer. Pourtant, la magie qui s'en dégageait était moins forte que durant leur session de combat. Sirius devait avoir placé de nouveaux sorts de dissimulation.
Déglutissant, Harry parcouru les derniers pas qui le séparait d'elle, les yeux désormais habitués à l'épaisse noirceur. Son énergie était à la fois aspirée par ce qu'il y avait derrière cette porte, et à la fois revigorée par elle. C'était… grisant.
Les mises en garde de Snape lui revirent en mémoire, et les doigts enroulés autour de la poignée, il hésita.
Est-ce qu'il n'était pas en train de faire une immense connerie ?
Qu'est-ce qu'il comptait vraiment faire, au juste ?
Et qu'allait dire Snape quand il s'en rendrait compte ?
Il ne sait rien sur Draco, je lui cache la plupart des visions… je ne suis peut-être pas un si mauvais Occlumens que ça, finalement.
Une voix sarcastique lui répondit qu'il avait surtout été chanceux que Snape n'avait pas cherché ces souvenirs là, mais il l'ignora.
Il me faut un moyen de survivre à Voldemort. Il se répéta cette phrase comme un mantra, jusqu'à ce qu'il soit convaincu du bien fondé de son entreprise.
C'est pour le plus grand bien.
Alors, il ouvrit la porte.
Le galetas était si sombre qu'il ne pouvait en déterminer la taille, mais quelques objets brillaient légèrement, comme des lucioles. La première chose qu'il sentit fut l'odeur de cuir et de livres poussiéreux qui le prit à la gorge. Ensuite, ce fut la sensation très désagréable de vibrations magiques qui émanaient des objets de la pièce. Ce n'était pas le même phénomène que lors d'un sabbat sorcier. L'énergie était envoûtante, tentatrice, violente aussi. Tous les artefacts avaient leur magie propre, et tous voulaient se mêler à la sienne.
Sa nuque se raidit.
Sans réfléchir, il glissa entre les grimoires, alambics, une bassine en pierre, deux horloges mouvantes et autres machineries complexes, le tout entreposé en vrac dans la pièce par Sirius. A la lumière des petits artefacts lumineux, il croyait parfois en voir certains bouger du coin de l'œil. Harry poursuivit son exploration, s'arrêtant devant quelques objets plus curieux que d'autres, comme un sablier doré en forme de double boucle qui ne s'arrêtait jamais de s'écouler, ou encore un crâne de lièvre creusé en son sommet dans lequel on avait planté une bougie qui s'alluma d'une flamme bleue et crépitante à son contact. Il reconnu aussi le médaillon serpentin qu'il avait déjà vu entreposé dans l'armoire du salon.
Harry passait sa main d'objet en objet, les sentant réagir au contact. A peine y posait-il les doigts qu'il sentait sa magie être caressée par celle des artefacts, chacun à sa manière.
Il se sentait… séduit.
C'était parfaitement dérangeant.
Avec un frisson, il dégagea sa main et tenta d'ignorer les légers murmures qui émanaient de certains livres. Dans sa mémoire, un souvenir gigotait. Il revit Ginny, grondée par son père :
« Qu'est-ce que je t'ai toujours dit ? De ne jamais te fier à quelque chose capable d'agir et de penser tout seul si tu ne vois pas où se trouve son cerveau. »
Le souvenir du visage inquiet d'Arthur Weasley lui tordit l'estomac. Il aurait aimé avoir plus de temps pour le connaître, lui aussi.
Harry secoua la tête, chassant cette pensée et la tristesse qui l'accompagnait toujours, et la plume qu'il avait effleurée se courba dans une posture morose.
Soudain, un souffle chaud lui fit dresser les poils de sa nuque et il se retourna brusquement.
Personne.
Mais il sentait qu'une énergie plus douce que les autres se liait à la sienne. Plus, bien plus, intimement que lors d'un sabbat. Elle ne parlait aucune langue, et Harry n'avait aucune connaissance théorique en la matière et pourtant, il comprenait ce qu'elle voulait dire. Elle s'enroulait autour de son corps en même temps qu'elle lui proposait de fortifier sa propre magie.
Harry fut pris d'un vertige et se rattrapa à une bibliothèque. Il ne saisissait pas comment il lui était possible de comprendre les intentions de cette magie aux accents violets qui scintillait dans le noir.
Il recula, effrayé, mais la magie se fit plus douce encore, rassurante. Sa propre magie était charmée et ne se débattait pas, et les sens de Harry n'avaient jamais été aussi aguisés.
« Je… » chuchota t-il, comme si la parole était nécessaire.
Enivré, il crut presque entendre la voix sèche de Snape le ramener à la raison.
Mais Snape n'était pas là, et Harry ne pouvait plus supporter sa propre impuissance. Ce marché… était-ce vraiment plus dangereux que la menace de Voldemort ?
Submergé par l'énergie si forte concentrée dans un si petit espace, Harry fit glisser son corps contre une armoire bancale et s'écroula au sol, prêt d'une pile de livres d'où dépassait un petit ouvrage. La source de l'énergie violette semblait venir de là.
Tournant la tête sur le côté, il déchiffra avec peine le titre : Le Seiðr, magie ancienne et oubliée, deÞuríðr Sundafyllir.
Harry reconnu le mot, Seidr. Snape lui avait dit qu'il pourrait maîtriser cette magie primitive, que ce n'était pas de la magie noire.
Sa main s'avança d'elle même jusqu'au grimoire et le contact rugueux du papier irrita la pulpe de ses doigts. Il feuilleta quelques pages, rassuré sur l'énergie qui s'en dégageait : sauvage, mais presque timide. Elle ne cherchait pas à l'envahir, elle était juste curieuse.
C'est avec étonnement qu'il découvrit que le livre n'était pas rédigé en anglais, mais en fourchelangue. L'écriture n'était pas humaine, même si elle lui paraissait naturelle.
L'impression d'être observé devenait trop étouffante, alors il prit le livre sous le coude et se força à quitter la pièce, malgré toute la force et la volonté que ça lui demanda.
Il referma la porte et contempla la petite porte bleue, le souffle erratique.
Harry avait détesté chaque sensation qu'il avait ressenti derrière cette porte. Et pourtant, il crevait d'envie de l'ouvrir à nouveau. Saisissant la portée de la puissance des Arts Sombres, comme Snape les appelait, il se détacha de la magie environnante, le cœur lourd.
Malgré ses petits pas pressés, le parquet fut compliant. Il rejoignit sa chambre bien plus perturbé qu'il ne l'était au réveil de sa vision.
Le jour de Yule, toute la maisonnée s'était retrouvée autour de la table à manger pour un dîner de fête, sous les chandeliers luxueux mais passés de mode. Quelques bougies flottaient dans la pièce et s'écartaient prestement au fil des nombreux allers et venues, un délicieux fumet emplissait les narines, et de petits dragons en papier doré voletaient d'épaule en épaule en tentant de subtiliser des mignardises.
Aidée par Charlie qui les avait enfin rejoint, Molly Weasley avait fait de son mieux pour créer une atmosphère chaleureuse dans la demeure, ce qui était en soi un merveilleux cadeau pour le maître des lieux. Les adolescents avaient été fascinés par les histoires du dragonologiste, et Ron semblait porter la plus grande des admirations pour son frère.
Plus petit que les jumeaux, il était bien bâtit, avait plus de tâches de rousseur qu'aucun autre Weasley, et portait les cheveux longs et une dent de dragon comme boucle d'oreille, au grand dam de sa mère. Harry fut surpris à fixer les mains et bras lacérés de cicatrices magiques, et il fuit le regard amusé de Charlie en reportant son attention sur le livre posé sur ses genoux.
Sous les draps, aux toilettes, dans son bain, Harry avait profité de chaque moment de solitude pour se plonger dans l'ouvrage étrange et enivrant. Il ne contenait ni sorts, ni formules. Il avait vite compris qu'il s'agissait d'un autre type de magie : des incantations, des rituels corporels, des chants… Tout ce qu'il lisait était dépaysant, jamais on ne lui avait parlé de ces méthodes à Poudlard. Il se demandait si le Seidr était au programme de Durmstrang.
Un des petits dragons se posa sur les pages élimées avant d'être brusquement capturé par Pattenrond qui enfonça au passage ses griffes dans ses cuisses. Harry le repoussa avec agacement. Son regard se détacha à regret des lettres illisibles par la plupart des mortels et caressa la couverture brune élimée.
« Décidément, tu lis beaucoup cette année… lui glissa Ginny à l'oreille avant de s'asseoir.
— Il doit bien réviser ses B.U.S.E. Il faut de très bons résultats pour le concours de l'école des Aurors ! » répondit Sirius à sa place, non sans se vanter.
Harry sourit à son parrain et rangea le livre sous ses jambes. Personne ne portait grande attention au petit livre, rendu banal grâce à un petit charme qu'il avait apprit de Dean. Très pratique pour cacher ses magazines coquins, lui avait-il dit.
Harry mangea à sa faim et avec plaisir, l'hydromel qui glissait dans sa gorge n'y étant pas étranger. Il n'aimait pas beaucoup l'alcool, mais l'atmosphère festive l'avait convaincu, et la boisson était légère.
« C'est vraiment délicieux Molly, la félicita Tonks en se resservant du gratin de courge.
— Eh, le gratin c'est nous qui l'avons fait ! » protesta Fred avec fierté.
Harry pouffa.
« Vous faîtes la cuisine maintenant ?
— Je te ferais savoir que la cuisine n'est pas bien différente des potions, et qu'au grand déplaisir de Snape—
— Nous sommes excellent dans cette matière ! » termina George.
Il peinait à imaginer le Maître des Potions distribuer des points aux jumeaux, mais se resservit en sauce avant que le saucier aux petites pattes ensorcelées ne trottine à l'autre bout de la table.
La joyeuse tribu parlait fort et il était difficile de suivre chaque discussion. Une grande partie de l'attention était centrée sur Charlie et ses aventures roumaines, et Sirius discutait à voix basse avec Tonks et Molly. C'est quand il s'apprêtait à tremper son pain au noix dans la texture crémeuse de son plat qu'il sentit quelque chose lui toucher le pied.
Intrigué, il leva les yeux, pour tomber dans ceux, brun chaud, de Ginny, souriant sur la chaise d'en face. Elle s'excusa et retourna à sa discussion avec Fred, mais Harry avait suffisamment joué à ce petit jeu avec Draco pour ne pas avoir perçu la lueur qui réchauffait son regard.
Ginny essayait-elle de… lui faire passer un message ? Non, il se faisait des idées, c'était la sœur de Ron, ça serait comme draguer quelqu'un de sa famille.
Ce qui n'est pas rare chez les Sang-Pur… lui répondit une part malicieuse de son esprit.
Il secoua la tête et se dit qu'il avait rêvé. Mais à peine eut-il le temps de tremper à nouveau son pain dans son assiette que le petit manège recommença.
« Désolée », gloussa Ginny avant de remplir à nouveau son verre, discrètement. La magie du sabbat, couplée à l'alcool doux, semblait ravir la jeune rousse.
Harry entrouvrit la bouche, mais les mots lui manquaient. Malgré lui, un petit sourire se dessina sur son visage. Ce serait mentir de dire que le mélange ne faisait pas aussi effet sur lui. Ginny avait attachés ses cheveux en deux tresses lâches, et de jolis grains de beauté parsemaient son décolleté sage. Il se mordit la lèvre, amusé malgré lui. Oh, si elle savait que son cœur était déjà pris, et par qui…
Un coup de coude contre ses côtes tenta d'attirer son attention sans succès, puis il senti soudain un—
« Aïe ! »
—Violent pied s'abattre sur le sien.
« Mais ça va pas ? siffla Harry en direction d'Hermione, assise à sa gauche et qui le fusillait du regard.
— Qui veut bien débarrasser, j'ai un mal de dos terrible ! se plaignit Sirius avec exagération, coupant leur échange visuel.
— Sirius, enfin, tu—
— C'est bon Madame Weasley, on s'en charge ! » la coupa Hermione en se levant précipitamment, ignorant le Appelle moi Molly ma chérie, et jetant un regard appuyé en direction de Harry.
Celui-ci soupira et se traîna à sa suite.
Franchissant le porche de la cuisine, les mains alourdies par les assiettes sales, il se pencha vers son amie.
« Qu'est-ce qu'il te prends ?
— Je te retourne la question », dit-elle avec sévérité.
La jeune femme claqua la langue et fit léviter la vaisselle d'une coup de baguette agacé.
« Hermione, chuchota t-il à son oreille, est-ce que tu penses que… que Ginny a un faible pour moi ? demanda t-il, n'osant pas croire qu'il posait une telle question.
— Un faible ? Elle est amoureuse de toi depuis la première année !
— Mais non, elle avait un petit béguin au début, mais on était gosses ! Et elle est sortie avec des garçons l'année passée ! »
L'expression d'Hermione affichait clairement un mépris teinté d'amusement.
« Tu es vraiment aveugle quand tu t'y mets hein ? Elle t'as toujours regardé de la même manière, même quand elle était avec quelqu'un. »
L'esprit un peu embrumé par l'hydromel, Harry ne répondit qu'un faible 'ah' et ses yeux se perdirent dans la mousse de l'évier qui volait toute seule. Hermione le réveilla en claquant ses doigts devant son visage.
« Donc arrête de jouer avec elle !
— Mais je joue à rien du tout ! » rouspéta Harry en croisant les bras sur sa poitrine.
Elle lui colla une petite taloche derrière la tête avec un torchon rouge.
« Arrête tes bêtises ! Tu n'es pas amoureux d'elle, donc ne sourit pas avec ta tête de charmeur quand elle te fait du pied, c'est tout. »
Harry gloussa, s'imaginant avec l'air séducteur de Cormac McLaggen. C'était ridicule.
« Et comment tu peux savoir que je ne suis pas amoureux d'elle ? glissa t-il en plissant les yeux d'amusement.
— Parce que tu es déjà amoureux de quelqu'un d'autre », affirma t-elle avec assurance.
Le sourire de Harry disparu brusquement. Savait-elle que..?
« Oh ça va, tu crois que je n'ai pas remarqué quand tu revenais au dortoir, tout débraillé avec un sourire idiot ? Je sais pas qui c'est, mais ça dure depuis un moment… Et si c'est un secret, ça doit être une personne qu'on approuverait pas », réfléchit-elle. « Tu nous le dira quand tu seras prêt. »
Hermione semblait très satisfaite de son petit effet. Harry, toujours pompette, sourcilla quelques secondes. L'image de Draco hurlant sous les Doloris du Mage Noir envahit son esprit.
Ses yeux s'embuèrent, alors il camoufla sa peine en se vengeant de façon enfantine, se jetant sur Hermione pour la couvrir de chatouilles.
« Non pas le v-ventre, ahaha, non arrête ! » rit-elle en se débattant et tentant d'atteindre ses genoux, qu'elle savait chatouilleux.
Fred ne trouva pas meilleur moment pour entrer dans la cuisine avec un sourire goguenard.
« Je repasserai plus tard… » plaisanta t-il d'une voix traînante.
Les deux amis gloussèrent et retournèrent dans la salle à manger. Déjà arrivés aux dessert, la plupart des sorciers discutaient tranquillement et semblaient affairés à des travaux manuels. Intrigué, Harry s'assit à même le sol à côté de ses amis.
« Tiens, prends en une ! » l'interpella Ron en lui tendant une des fines rondelles de bois qui décoraient le majestueux sapin. Ginny et George gravaient dessus des symboles à l'aide d'un Incendio très mesuré.
« Il faut graver des runes, des sigils, des visages de divinités ou des créatures magiques… Un symbole qui te parle, l'informa Hermione dans un chuchotement.
— A quoi ça sert ? »
La Née-Moldue était une de rares personnes avec qui il osait poser des questions que les autres sorciers trouveraient bêtes
« C'est une tradition. A la fois celte et nordique, à cause de l'échange culturel entre ces deux peuples en Angleterre. Le sapin représente la ténacité de la vie face au froid de l'hiver, donc on le décore de petits symboles magiques sensés amener le retour de l'été, énonça t-elle.
— Et le Père Noël, il existe aussi chez les sorciers ? »
Ron tourna la tête vers lui, intrigué.
« Le Père Noël ?
— Oui, heu, c'est un vieux barbu qui descend du Pôle Nord apporter des cadeaux aux enfants », expliqua Harry.
Fred et George se regardèrent et pouffèrent, incrédules.
« Les Moldus sont vraiment spéciaux ! »
Au milieu des dizaines de rondelles gravées de symboles qui feraient trembler les Dursley, l'énergie du sabbat pulsant dans ses veines et réchauffant sa baguette magique, il se demandait qui l'étaient le plus.
Hermione roula les yeux au ciel et attacha ses épais cheveux bouclés en un chignon lâche.
« Le père noël est inspiré de Gargan, un dieu Celte, et d'Odin », les instruit-elle.
Harry leva un sourcil intrigué.
« Et les lutins du Père Noël viennent des Julnisse, les elfes de maisons scandinaves », compléta Molly d'une voix douce, ses mains occupées à peindre un ours, assise près d'eux. « Ils sont plus petits que les nôtres, et n'ont pas tout à fait la même apparence. Ils offrent des cadeaux aux sorciers, là-bas. »
Hermione s'empressa de noyer la quarantenaire de questions sur les différentes traditions sorcières et le regard de Harry se porta à nouveau sur le petit rond de bois qu'il avait entre les mains.
De la musique celtique s'échappait du tourne disque installé par Sirius à côté de la cheminée crépitante, le berçant alors qu'il se laissait remplir par la magie environnante. Elle n'était pas aussi… folle et extravertie que celle d'Octobre. Elle était plus calme, contemplative. Comme les montagnes écossaises qui, enneigées le soir, réverbéraient une douce lumière rosée sur le lac de Poudlard.
Les rayons d'un soleil se détaillaient sur sa gravure dont il n'était pas peu fier, et il accrocha sa décoration au sapin, à côté d'une boule de verre qu'installait Tonks.
« Aguamenti », dit-elle.
Quelques gouttes d'eau glissèrent à l'intérieur, puis la Métamorphomage lança un second sort inconnu de Harry, qui la fit geler. Il ouvrit la bouche, charmé par les stalactites qui s'étaient formés en haut de la boule transparente. Ils fondaient et se reformaient à l'intérieur, pendant que de minuscules renards polaires glissaient sur le verre.
« C'est de la belle magie », s'extasia la matriarche. « Fred, tu veux bien aller chercher la bûche ? Elle est dans l'entrée. Et ne réveille pas cet affreux portrait, s'il te plaît. »
George se leva et quitta le salon sous les rires discrets de Fred et Harry. Il était l'un des seuls à ne jamais les confondre. George revint rapidement avec la bûche.
« C'est au plus jeune de poser la bûche dans la cheminée. Elle est ensorcelée pour brûler pendant douze jours, jusqu'au nouvel an. »
Ginny roula les yeux.
« J'ai l'habitude…
— J'explique à Harry ! protesta George. Ensuite on doit mettre une des bougies sur— »
La porte d'entrée s'ouvrit avec fracas et le portrait de Walburga Black se mit à hurler des injures.
Tonks, Sirius et Charlie furent les premiers à brandir leur baguette en direction de la porte de la salle à manger. Tonks s'avança doucement vers l'arche, déterminée à savoir qui avait franchit le seuil de l'entrée, invisible depuis la pièce.
Harry l'observa avec fascination modifier son corps pour le rendre plus long, plus sombre, plus effrayant, avant de disparaître vers le hall.
« Severus ! » l'entendirent t-elle hurler du couloir.
Tous se précipitèrent dans l'ouverture de la porte, et Harry se détacha du groupe pour courir vers le Maître des Potions quand il vit son état.
« Professeur, vous allez bien ? » s'enquit-il, la main sur son dos.
L'homme était recroquevillé sur le sol, la cape trempée par la neige et le visage par le sang.
« Stonehedge, tout de suite ! J'ai déjà averti Albus, allez-y, je m'occupe des élèves, gémit-il avec difficulté en direction de Tonks et Charlie, essayant de se relever.
— Que vous est-il arrivé ? demanda la jeune femme d'une voix tremblante.
— Tout de suite ! »
Tonks acquiesça sèchement, empoignant son manteau moldu et ses bottes en cuir, et suivi son ami Charlie avant de claquer la porte.
Le Potionniste produit un souffle douloureux et se raccrocha à Harry pour se relever. Molly, des fantômes dans le regard, sorti de sa torpeur et pris sa place auprès de l'espion : elle avait plus de force, et malgré sa maigreur, il était lourd.
« Allez allez, faîtes de la place dans le salon ! Sirius, transforme un canapé en lit d'appoint, George, va me chercher des potions dans la cuisine ! »
Les jeunes gens s'exécutèrent et Sirius maugréa quelque chose dans sa barbe.
Inquiet, Harry ne pensait plus à cacher son absence d'inimitié envers le professeur. Celui-ci semblait trop exténué pour en prendre ombrage.
« Que c'est-il passé Severus ? demanda Molly en lui nettoyant le visage à l'aide d'un chiffon humide.
— Une attaque. Le Seigneur des Ténèbres à profité du sabbat pour un rituel… très sombre. Il voulait le proférer dans un lieu hautement magique, et en profiter pour organiser un raid. » Il grimaça en s'affalant sur les draps. « Il a donc ciblé Stonehedge.
— Mais il y a autant de sorciers que de Moldus là-bas, un jour pareil !
— C'était le but, dit-il en grimaçant, il veut rompre le Code du Secret.
— Merlin… en pleine soirée sacrée… » murmura Molly.
Snape toussa et cracha du sang. Sans le savoir, il en étala sur son nez aquilin en s'essuyant de sa manche.
« Et il veut faire comprendre que les Moldus ne sont pas les bienvenus dans ce genre d'endroits, devina Hermione.
— Pas que Miss Granger. Il voulait les sacrifier pour son rituel », dénonça t-il d'une voix rauque.
Hermione et Ginny portèrent leurs mains à leurs bouches, choquées, et Harry se sentit nauséeux. Il rehaussa ses barrières mentales, par automatisme.
George revint vers eux les mains pleines de petites fioles de couleurs différentes.
« Tenez, régénération sanguine pour commencer », dit-il en en tendant une au professeur.
Celui-ci l'accepta et en renifla l'odeur à travers le goulot avant de l'avaler d'une traite.
« Et… » Fred lu l'étiquette, « potion pour réduire les chocs crâniens. »
Snape releva ses yeux fatigué vers lui, surpris, et porta une main à sa tête, ses mains osseuses découvrant une inquiétante bosse à son front.
« Quelque chose me dit que ça sera ton dernier rapport, Servilus » grogna Sirius.
Le noir abyssal des yeux de Snape le clouèrent sur place.
L'adolescent aussi savait que l'arrivée en trombe du Mangemort en plein milieu d'un raid et avec un corps aussi souffrant ne voulait dire qu'une chose, mais il avait du mal à se l'imaginer.
« Ma couverture a tenu bon », assura Snape.
Molly laisser échapper un souffle rassuré.
« Alors pourquoi… », insista Harry sans vraiment oser, désignant de la main les affaires du professeur.
La cape sombre et luisante était lourde tant elle était humide. Accroché à sa robe, le masque d'argent était parsemé de gouttelettes de sang.
« Deux Mangemorts m'ont vu lancé un Patronus afin de prévenir l'Ordre. Aucun serviteur du Seigneur des Ténèbres ne peut en lancer », siffla t-il en dégoupillant une troisième potion. « Ils n'ont pas attendus plus longtemps pour avoir la chance de se charger d'un traître. »
Ron fit une grimace gênée, comme s'il regrettait d'avoir pu douter du professeur.
« Et ensuite ? » demanda Hermione.
Snape releva les yeux vers Sirius. Le propriétaire des lieux n'avait jamais apprécié la présence de son ancien ennemi ici, et les jets d'insultes étaient courants entre les deux hommes, ne manquant jamais d'agacer les autres membres de l'Ordre suffisamment matures pour se passer de ce genre de gamineries.
Mais le regard gris de Sirius était sérieux. Il hocha la tête et serra la mâchoire avant de laisser Severus répondre.
« Je ne leur ai pas laissé le temps d'alerter qui que ce soit. Ils ont été… difficiles à maîtriser. Mais j'ai pu modifier leurs souvenirs. »
Sa voix sourde fit frissonner Harry, qui reconsidéra l'appartenance du sang qui imbibait les robes de Snape. Il recula d'un petit pas, ce que nota son professeur d'un discret froncement de sourcils.
Une lumière douce se refléta sur les visages des sorciers alors qu'un Patronus galopait dans les airs et s'apprêtait à franchir la fenêtre. Les élèves se poussèrent pour laisser passer le petit chat translucide qui s'arrêta devant Snape.
« Vous devez rester au Quartier Général durant les vacances, Severus, ordre d'Albus. Le cercle inférieur de Vous-Savez-Qui sera étroitement surveillé afin de vérifier qu'aucun doute sur votre loyauté n'ait pu filtrer. Restez ici et attendez la rentrée », répéta la voix de la directrice adjointe à travers l'être éthéré.
Snape ouvrit la bouche pour protester, mais le Patronus s'évanouit et le laissa seul face au visage agacé de Sirius.
Molly, sentant la dispute venir, s'approcha de l'héritier des Black pour lever un doigt autoritaire dans sa direction.
« Aucun enfantillage ce soir », le menaça t-elle.
Sirius acquiesça gravement.
« Ce n'était pas mon intention, répondit-il sèchement. Je vais séparer la salle de dessin en deux et essayer de te trouver une place, je n'ai pas d'autre solution. »
Avant de sortir du salon, il jaugea Snape du regard, semblant hésiter à le mettre en garde contre quelque chose, mais soupira et tourna les talons.
La tension se relâcha et les différentes personnes présentes finirent toutes par s'asseoir sur les canapés, fauteuils, ou à même le tapis.
Dans le silence, Ginny se dirigea vers la cheminée pour reprendre la bûche qu'ils avaient lâchée plus tôt et se posa dans un coin avec. Ron et Hermione se serrèrent l'un contre l'autre, Molly épongea le front de Snape qui rouspétait, et les jumeaux restèrent à ses côtés, lui posant quelques questions malgré le regard sévère de leur mère.
« Je vois que j'ai interrompu la fête… » murmura Severus avec un visage indéchiffrable.
Personne ne répondit, et Harry rejoint la jeune rousse assise au font de la pièce.
« Qu'est-ce que tu fais ? chuchota t-il en faisant craquer ses genoux anguleux pour s'asseoir.
— Je finis ce qu'on a commencé. » Elle était concentrée à brûler les contours d'un dessin sur le ballot de bois. « Ils ont voulu profaner un sabbat ? Eh bien on s'en fiche, on va le finir quand même. Sinon, c'est les laisser gagner », ajouta t-elle d'un ton ferme et décidé.
L'ouïe fine, Snape lui adressait un regard approbateur.
La jeune sorcière se leva une fois sa tâche achevée et sous les yeux brillants des autres adolescents, elle plaça la bûche dans l'âtre et y mis le feu.
Un phénix était gravé sur le bois.
Plusieurs précisions pour ce chapitre :
1) L'idée que les Maraudeurs et Lily aient été Aurors est un fanon, JK Rowling a révélé dans une interview de 2007 qu'ils n'avait pas eu le temps d'avoir un métier (à cause de la guerre et de leur très jeune âge) :
Q: Harry often wondered about his parents lives before he died. What did Lily, James, Remus, Lupin and Sirius do after Hogwarts?
JKR: To take Remus first, Remus was unemployable. Poor Lupin, prior to Dumbledore taking him in, lead a really impoverished life because no one wanted to employ a werewolf. The other three were full-time members of the Order of the Phoenix. If you remember when Lily, James and co. were at school, the first war was raging. It never reached the heights that the second war reached, because the Ministry was never infiltrated to that extend but it was a very bad time, the same disappearances, the same deaths. So that's what they did, they left school. James has gold, enough to support Sirius and Lily. So I suppose they lived foff a private income. But they were full-time fighters, that's what they did, until Lily fell pregnant with Harry. So then they went into hiding.
Sirius dit aussi à Harry dans HP5 que son oncle lui fournit de l'argent, ce pour quoi il a été effacé de l'arbre des Black, j'ai donc supposé qu'il avait assez d'argent pour participer à la vie de maison avec James et Lily, mais peut-être pas de vivre seul.
2) Après vérification, j'ai vérifié s'il était explicitement dit dans HP que Snape était un assassin ou non (pour le compte de Voldemort ou de Dumbledore). J'ai interprété ce dialogue de HP7 comme la preuve que Snape n'avait jamais tué (et ai modifié légèrement le chapitre 5 en fonction) :
"That boy's soul is not yet so damaged," said Dumbledore. "I would not have it ripped apart on my account." "And my soul, Dumbledore? Mine?" "You alone know whether it will harm your soul to help an old man avoid pain and humiliation," said Dumbledore. "I ask this one great favor of you, Severus, because death is coming for me as surely as the Chudley Cannons will finish bottom of this year's league."
Dumbledore demande à Snape de le tuer afin d'éviter à Draco d'abîmer son âme, et parce que Dumbledore est déjà condamné par la malédiction de la bague des Gaunt. L'indignation de Snape semble sous-entendre qu'il n'a jamais tué. Mais, un peu plus loin, on peut avoir un doute :
Dumbledore opened his eyes. Snape looked horrified. "You have kept him alive so that he can die at the right moment?" "Don't be shocked, Severus. How many men and women have you watched die?" "Lately, only those whom I could not save," said Snape. He stood up. "You have used me."
J'ai donc pris le parti que Snape a contribué à des morts par les potions qu'il doit sûrement fournir à Voldemort, qu'il a assisté à des meurtres, mais je ne crois pas qu'il ai tué de sa main, d'un Avada, sinon je ne pense pas qu'il aurait eu ces mots sur son âme. D'où ma décision de ne pas le faire tuer les deux Mangemorts qu'il a surprit. Qu'en pensez vous ? :)
3) Un des thèmes d'écriture qui me tient le plus à cœur, c'est de comprendre pourquoi les personnages sont comme ils sont. HP étant écrit avec un narrateur interne, nous voyons tous les personnages avec le filtre de pensée et de jugement de Harry, un enfant, puis ado. J'ai envie de donner un peu plus de nuance là dedans, de laisser aux autres personnages, mais aussi aux situations, un peu plus d'occasions de montrer plusieurs points de vue, qui vont nourrir Harry et l'aider à mûrir. Dans ce chapitre, Sirius donne quelques pistes pour comprendre comment Bellatrix a pu devenir Mangemort, mais montre également que ce n'était pas la seule voie possible. Il montre aussi une empathie qu'il n'exprime (dans ma vision du personnage) que pour sa famille et ses proches, ceux qu'il considère comme ses égaux (donc pas Snape, pas Kreattur, et surtout pas Peter, sur qui je reviendrai plus tard...). Je dissémine aussi dans la fanfic quelques différents points de vue sur la relation sorciers/Moldus et comment Voldemort a pu séduire autant de sorciers, pour étoffer un peu l'histoire/politique de l'univers, à travers le regard des personnages. Petit rappel toujours malheureusement nécessaire : expliquer/comprendre n'est pas justifier.
Voilà pour aujourd'hui ! :)
