Résumé : « Il arrivait parfois que des évènements étranges surviennent dans la vie d'un individu. Cela était plutôt courant même. Les mythes oraux, les livres et même internet regorgeaient d'histoire comme cela : une ombre mystérieuse croisée au coin d'une rue, un crissement dans une maison vide, un bruissement dans une forêt sinistre. Le japon qui avait vu grandir Tetsurō avait nourri son imaginaire d'étranges personnages, de Yokais et autres créatures mystérieuses. Cependant, il ne fallait pas avoir étudié le paranormal pour comprendre qu'il était en train de vivre un évènement hautement improbable : il était seul, sur un quai de métro, à Tokyo. »
Chapitre 30 :Hanabi
Il arrivait parfois que des événements étranges surviennent dans la vie d'un individu. Cela était plutôt courant même. Les mythes oraux, les livres et même internet regorgeaient d'histoires comme cela : une ombre mystérieuse croisée au coin d'une rue, un crissement dans une maison vide, un bruissement dans une forêt sinistre. Le japon qui avait vu grandir Tetsurō avait nourri son imaginaire d'étranges personnages, de Yokais et d'autres créatures mystérieuses. Cependant, il ne fallait pas avoir étudié le paranormal pour comprendre qu'il était en train de vivre un événement hautement improbable : il était seul, sur un quai de métro, à Tokyo. Cela faisait bien dix minutes qu'il attendait une rame, seul dans cette station déserte. Il avait décidé de prendre le bus pour la ligne de métro la plus proche en repartant de chez Oikawa, voulant s'épargner un long voyage bien trop mouvementé à son goût, décidant que l'aventure et l'exploration lui iraient mieux. Malheureusement pour lui, cela commençait assez mal.
Il baissa les yeux sur son téléphone, mort par manque de batterie il y avait de cela plusieurs minutes. Il soupira, dépité. Il savait bien qu'il serait surement plus judicieux de ressortir, mais la probabilité que le service redémarre au moment où il tournerait les talons l'empêchait d'envisager de quitter les lieux. Il s'assit, attendant que l'univers décide de prendre une décision pour lui.
Kuroo sursauta : il venait d'entendre des bruits de pas, le bruit pourtant ne venait pas du quai, mais de quelque part dans l'obscurité du tunnel à sa gauche. Un rat peut-être ?
Bien sûr Tetsu, un rat bipède de quatre-vingts kilos alors ! Il pouffa pour lui-même. Il fut cependant pris d'un sentiment de terreur intense : et si effectivement il s'agissait d'un rongeur mutant immense et assoiffé de sang ? Non, non, voyons… Même s'il devinait bien la nature délirante de sa pensée, le fait de ne pas réussir à trouver d'explications logiques faisait s'affoler son amygdale, son cerveau reptilien lui hurlant de fuir ce danger. Bien entendue, il n'en prit pas compte et se leva pour s'approcher du tunnel. Peut-être s'agissait-il d'un employé s'occupant de la maintenance des voies ? Auquel cas il pourrait certainement lui demander si le service allait finir par reprendre. Son cœur tambourinait dans sa poitrine.
Et s'il s'agissait de Teke-Teke ? Cette jeune femme aux jambes coupées lors d'un accident de métro qui, revenue en esprit vengeur, imposait le même sort à quiconque avait le malheur de croiser son chemin ! Que fallait-il lui répondre déjà ?
Les pas se rapprochaient, il était maintenant trop tard pour lui.
— J'ai besoin de mes jambes ! échappa-t-il lorsqu'une silhouette commença à émerger hors de l'obscurité.
La personne venant d'apparaitre, qu'il pouvait correctement discerner à présent, ne lui prêta même pas un regard, le casque sur ses oreilles l'avait certainement protégé des âneries qu'avait lâchées le brun. Kuroo était juste profondément rassuré de constater qu'il ne s'agissait pas d'une créature monstrueuse, juste d'un être humain. Cependant, il fut forcé de constater qu'il ne s'agissait certainement pas d'une personne chargée de la manutention. Il savait bien que l'habit ne faisait pas le moine, mais il y avait bien des limites. La personne venant d'émerger du tunnel n'avait en effet pas l'apparence de quelqu'un travaillant à la maintenance des voies : de longs cheveux blonds décolorés retenus dans un chignon lâche , piercings, une longue jupe noire tombant sur une paire de Doc Martens à plateforme bleu canard, assorti bien étrangement d'une longue chemise ornée de dinosaures aux couleurs pastel.
L'individu au style atypique releva enfin les yeux, semblant certes intrigué de le voir ici, mais beaucoup moins alerté que ne l'était Kuroo.
— Qu'est-ce que tu fais là ?
La familiarité le perturba d'autant plus. Le ton employé indiquait qu'ils étaient de vieilles connaissances. Étaient-ils effectivement de vieilles connaissances ? Kuroo avait souvent des doutes concernant ses capacités de physionomiste, une fois encore cela lui faisait défaut.
— Euh… je te retourne la question.
— Je faisais des photos, déclara le mystérieux individu en lui désignant l'appareil qu'il portait autour du cou.
Kuroo fronça les sourcils. Il jeta un coup d'œil en direction du tunnel.
— Dans le noir ?
— Oui.
Ok…
— Tu sais que la station et fermée ?
Ah, ceci expliquait beaucoup de choses…
— T'es passé par où ?
— Le souterrain.
— Ah, my bad, j'ai dû laisser la grille ouverte.
Le trespasseur, bien qu'outrageusement dans l'illégalité, ne sembla pas s'en formaliser plus que cela. Il s'approcha du rebord pour pouvoir remonter.
— Tu peux me tenir ça ? demanda l'individu en lui tendant son appareil photo.
Kuroo s'exécuta sans poser plus de questions.
L'inconnu remonta sur le quai sans problème, visiblement habitué à ce genre d'acrobatie. Une fois revenu sur le quai, il réajusta sa jupe et reprit son appareil.
— Tu devrais y aller avant qu'on te chope ici.
— Euh… pareil pour…
Kuroo fut pris de court par le bruit du flash de l'appareil photo.
— Mec, tu viens de me prendre en photo là ? demanda-t-il, légèrement irrité que la chose ait été faite sans son accord.
L'individu face à lui grimaça :
— Ich, je suis pas un mec.
— Oh, désolé, répondit Kuroo, réellement navré de l'avoir mégenré.
— C'est rien.
— Mais tu m'as quand même pris en photo sans mon accord ! Le consentement tu sais.
— C'est de l'art, j'ai le droit non ?
Kuroo fut complètement pris de court par cette remarque, il tenta bien de répliquer, mais rien ne put sortir de façon intelligible.
— En plus t'as mis le flash, je vois pas comment ça peut être de l'art, je vais être dégueulasse.
La personne en face de lui sourit et tourna son appareil pour qu'il puisse voir l'écran. Bon ok, il n'était vraiment pas dégueulasse dessus, il était même plutôt stylé, voir beau gosse.
— Alors ?
— Hm, j'avoue qu'elle est pas mal.
Cette petite fourberie n'était cependant pas pardonnée.
— Ah tu vois. Après le sujet est plutôt photogénique, je n'ai pas tout le mérite.
Kuroo fronça les sourcils : était-ce un compliment ? Une tentative de flirt ? Pourquoi cette personne trainant dans les stations fermées et errant dans le noir en lui faisait-elle des compliments ? Kuroo n'était toujours pas bien sûr de savoir s'il était en sécurité, une rencontre avec un tueur en série était si vite arrivée après tout ! La politesse le sauverait peut-être.
— Euh merci.
Il reçut un vague hochement de tête en guise de réponse.
Fallait-il qu'il retourne le compliment ? Les règles de savoir-vivre le voudraient certainement dans ce contexte non ? Après tout, cela ne pourrait que lui être profitable.
— Hum, j'aime bien ton style.
Il vit un sourire narquois se dessiner sur les lèvres de son vis-à-vis.
— Gay.
Kuroo manqua de s'étouffer avec sa salive.
— Quoi ?
— De me dire ça, ça fait gay.
Kuroo battit plusieurs fois des cils, incrédule.
— Non pas que ça me dérange, au contraire, surenchérit la personne en face de lui.
Ça devenait complètement surréaliste. Non pas que la remarque soit à côté de la plaque, point du tout, mais le contexte lui l'était.
— Tu viens de me dire que tu n'étais pas un mec, c'est pas gay.
— Je suis pas une meuf non plus, c'est forcément gay.
Le brun fronça les sourcils.
— Bah non, techniquement non.
— Quoi techniquement ?
— Bah, vu qu'hétéro vient du grec qui veut dire « autre », si t'es pas un mec, ou une meuf, c'est toujours hétéro.
Il en était vraiment à débattre label avec un.e parfait.e inconnu.e dans une station de métro vide ?
Sa remarque sembla profondément déplaire à son vis-à-vis :
— Houu, mais me dit pas des horreurs pareilles !
— Je ne fais que dire la vérité !
— Ok, mais si on part du principe que dans ce contexte l'utilisation du terme « gay » se réfère à « queer », c'est toujours « queer » donc toujours « gay ».
— Pff, si tu le dis.
— Je le dis.
Silence.
— T'es vraiment pas doué en drague.
Kuroo fut encore une fois complètement pris de court :
— C'était pas vraiment mon intention initiale.
Nouveau sourire en coin :
— Et tu crois que je vais te croire ?
Qu'était-il supposé répondre à ça au juste ?
Il n'eut pas le temps d'y pensée plus longtemps, lo venait de s'éloigner, récupérant son sac cacher un peu plus loin pour y ranger son appareil. Iel revient vers lui et lui fit signe de lo suivre. Kuroo s'exécuta.
— Bon, ya un bus là-bas, ou sinon la prochaine station de métro se trouve à dix minutes de marches dans cette direction, lui indiqua l'inconnu.e du métro une fois qu'ils eurent émergé de la station.
Kuroo hocha simplement la tête. Ils échangèrent un salut et se séparèrent finalement. Tetsurō rit pour lui-même : certes, il n'avait pas perdu sa capacité à se retrouver dans des situations improbables. Mais il en viendrait presque à bénir l'univers de cette forme de malchance qui, parfois, mettait sur son chemin des rencontres bien improbables. Cela lui faisait toujours de nouvelles histoires à raconter.
-/-
Le mois d'août touchait déjà presque à sa fin. L'air était chaud et humide, presque irrespirable, il collait comme une seconde peau sur l'épiderme moite. Kuroo, qui avait grandi plus au nord, avait eu l'occasion de constater qu'il était encore trop peu acclimaté aux étés tokyoïtes. Cela viendrait surement avec le temps, mais pour le moment, la seule chose qu'il pouvait faire lors des jours de grande chaleur était d'attendre que la nuit tombe, essayant de faire le moins de gestes possible pour garder son énergie durant les longues heures du jour. Le temps était comme ralenti, ce qui était étonnant dans cette capitale où tout fourmille sans cesse.
Un orage avait fini par éclater dans la nuit. La pluie avait continué de tomber toute la journée. Les températures pourtant n'avaient pas beaucoup baissé. Il faisait lourd et moite. Kuroo était étalé sur le lit d'Akaashi, en caleçon, échoué comme une crevette emportée sur le sable à marée basse. Son amoureux était près de lui, lisant le livre qu'il avait dans les mains à voix haute, s'exprimant dans une langue qu'il lui échappait. Kuroo lui avait fait cette demande, il ne voulait pas forcément comprendre, écouter la musique de sa voix lui était largement suffisant. Il la laissait le bercer, le porter dans un état de conscience secondaire, perdu entre le sommeil et l'éveil. Plus les minutes défilaient, plus il s'enfonçait dans cet état paradoxal, diluant le temps et les sensations.
Il revint brusquement à lui lorsque la porte s'ouvrit à la volée. Keiji se tut. Tetsurō tourna la tête pour voir qui avait osé percer leur petite bulle ataraxique : Kōtarō se tenait sur le pas de la porte.
— Je dérange pas ?
Akaashi hocha négativement la tête, Kuroo échappa un gémissement plaintif, toujours vexé d'avoir dû être ramené à la réalité. Kōtarō ne s'en formalisa pas, il eut même l'audace de pouffer. Alors qu'il se rapprochait du lit pour les rejoindre, Kuroo râla :
— Mais non, viens pas, il fait déjà trop chaud putain !
— Allez bouges, fait moi de la place !
Il ne fit rien de tel.
— Tetsu, intervint Akaashi pour le convaincre.
Le concerné souffla, exaspéré. Il bougea pour venir s'allonger sur Keiji, reposant sa tête sur son torse. Le brun déposa son livre au pied du lit et passa ses mains dans ses cheveux. Les caresses l'apaisèrent un peu.
— C'est bon tu boudes plus ? lui demanda Bokuto qui s'était allongé à leurs côtés.
— Non.
— Non, tu boudes plus ?
— Si.
Son attitude infantile ne fit qu'amuser son petit-ami, il se pencha pour l'embrasser sur la joue.
— Dégueulasse, murmura le brun, n'étant pas encore prêt à en démordre.
Malheureusement, Kōtarō avait déjà bien trop l'habitude de ce genre de comportement pour vraiment s'en formaliser, il se contenta de lui sourire.
— En plus genre, tu demandes si ça dérange, comme si t'en avais quelque chose à foutre…
Bokuto sourit, amusé, mais fronça les sourcils, ne comprenant pas forcément où il voulait en venir.
— Pourquoi tu dis ça ?
— Babe, t'as tapé la discute dix minutes à Kenma la dernière fois alors que… il s'étouffa dans ses propres paroles, bon merde je vais pas te faire un dessin, bref.
À la tête que tira Bokuto, il comprit que si, peut-être qu'un dessin serait nécessaire…
— Quoi ?
— Tu te souviens pas ?
— …Non.
— Tu te souviens plus ce que t'avais en main ?
Kōtarō sembla fouiller sa mémoire intensément.
— Un oreiller ?
— Non.
— Bah quoi alors ?
— Oh bah rien, juste mon pénis en érection.
Il vit ses yeux s'écarquiller :
— Oh…
Il explosa de rire :
— Ah oui c'est vrai.
Apparemment l'événement n'avait pas était enregistré de la même façon par les deux parties. Kuroo lui s'en rappelait comme un moment de solitude extrême. Même Akaashi ne lui apporta pas un sou de réconfort, se contentant de rire de sa misère.
— En même temps désolé babe, mais c'était trop drôle fallait que je le raconte à Kenma ! Oh attends Keiji faut que je te le raconte !
Kuroo avait omis ce détail.
— Mais non c'est bon ! s'insurgea-t-il.
— En gros il…
Tetsurō plaqua sa main sur ses lèvres pour l'empêcher de continuer. Keiji, traite qu'il était, lui prit la main pour libérer Kōtarō de son emprise.
— Il pensait qu'il allait me mettre en cloque accidentellement.
Akaashi baissa les yeux vers lui, surpris. Kuroo réfugia sa tête entre ses mains. Le brun pouffa.
— J'ai juste pas capté sur le moment ! J'ai paniqué !
— Tu as paniqué ?
Oui, il avait paniqué. Son cerveau déjà englouti d'hormone avait omis de prendre en compte certains détails. Pour sa défense, il n'avait jamais eu l'occasion dans sa vie de coucher avec des personnes pouvant effectivement tomber enceintes. Il y avait des tas de choses nulles qu'il pouvait attraper, mais pas des bébés. La question était plutôt : pourquoi son cerveau avait-il choisi de dérailler sur ça à ce moment ? La vie était pleine de mystère... L'étendue de sa bêtise lui était apparue ensuite : l'existence d'une période d'œstrus sous-entendait le fait qu'en dehors, à part cas très exceptionnel que Kuroo était dans l'incapacité physique de déclencher, il n'y avait absolument rien que ses malheureux petits soldats auraient pu aller conquérir… Kuroo était un scientifique, sa structure psychique aurait dû s'en imprégner, il n'en était rien…
— T'as encore vu trop de porno…
— Mais bordel non !
— Après je l'ai raconté à Tadashi et…
— T'as raconté ça à Yamaguchi ? le coupa Kuroo.
— Ouais, il m'a dit qu'il t'avait déjà expliqué en plus.
Kuroo couina, terrassé de honte. Il se laissa tomber sur le côté pour se réfugier derrière Akaashi. Mauvais calcul, il manqua de tomber. Heureusement son amoureux le rattrapa in extremis pour lui éviter la chute.
— Qu'il t'avait déjà expliqué ? insista Akaashi.
Tetsu n'avait vraiment pas envie de répondre à cette question. Il fut finalement sauvé de cet interrogatoire lorsqu'il entendit toquer à la porte. Ils tournèrent leurs yeux vers la porte, Kenma entra avant même qu'ils n'aient pu répondre quoi que ce soit. Il ne prit pas la peine de relever les yeux de son téléphone est demanda :
— Ya Yūji qui nous demande si on veut venir voir le feu d'artifice de demain. Apparemment ya endroit sympa d'où on peut le voir. Ça vous dit ?
— Grave, lui répondit Kōtarō.
Les deux autres hochèrent la tête. De tout le mois, ils n'avaient réussi à voir de feu d'artifice que par reflet dans les vitres des immenses buildings, abandonnant à chaque fois l'idée de pouvoir voir quoique ce soit correctement.
— Ok.
Kenma, qui avait recommencé à pianoter sur son téléphone, tourna les talons pour s'en retourner. Avant qu'il n'ait pu refermer la porte, Bokuto l'interpella :
— Câlin ?
La demande sortit le blond de sa bulle, il releva enfin les yeux et tourna la tête dans leur direction. Il considéra la demande plusieurs secondes, son visage ne trahissant en rien le sentiment qui l'habitait. Finalement, il s'approcha, posa son téléphone sur la table de chevet et se jeta sur eux.
— Reprenons. Tetsurō, tu étais en train de nous dire que Yama-kun t'avait donné des cours d'éducation sexuels, peux-tu élaborer ?
Et merde.
Il échappa un soupire de pure détresse. Les trois autres explosèrent de rire.
-/-
Kuroo se planta devant le Fukuro. Il devait passer récupérer Akaashi après son service pour qu'ils rejoignent leurs deux autres petits-amis ensuite. Kenma et Bokuto étaient partis faire quelques courses en prévision de la soirée avec ce certain Yūji, le blond s'était douté que si Kōtarō et lui-même se retrouvaient dans un supermarché ensemble, ils finiraient par acheter tout sauf ce qui avait été indiqué sur la liste. Les séparer était donc assez judicieux dans ce contexte.
Kuroo n'était pas retourné au Fukuro depuis un long moment : déjà car il n'avait plus besoin de s'y rendre pour voir Akaashi, mais également car il craignait de retomber sur Konoha-san, dont le regard glacial lui faisant toujours autant froid dans le dos.
En arrivant sur place, le café était déjà fermé, les employés à l'intérieur occupés à finaliser la fermeture. Il se pencha pour voir s'il pouvait apercevoir son petit-ami. Il le vit derrière le comptoir, surement occupé à compter la caisse. Il échappa un hoquet de stupeur en s'apercevant que la personne affairée à ranger nettoyer les tables n'était autres que Konoha-san. Il sursauta, et fit un pas en arrière. Le blond finit par relever les yeux, et son regard croisa le sien. Merde. Il s'accrocha aux miettes de courage social qui lui restait pour lui sourire et lui offrir un salut de la main. Son malaise n'était pas bien difficile à deviner.
Il vit Konoha lever les yeux au ciel. Il commença à sérieusement paniquer lorsqu'il le vit s'approcher de lui. Il jeta un regard désespéré en direction d'Akaashi. Malheureusement, le brun n'avait toujours pas remarqué sa présence. Trop tard, Konoha était déjà là. Il tourna le verrou et ouvrit la porte.
— Euh salut, fit Kuroo, mal assuré.
Il se préparait déjà mentalement à la réponse véhémente qu'allait lui adresser son vis-à-vis.
— Salut.
Tetsurō cligna plusieurs fois des yeux. Le blond lui avait parlé sans une once d'animosité dans la voix. Certes, il ne l'avait pas salué ne manière jovial non plus, mais la neutralité de son ton avait de quoi étonner.
— Bon bah tu rentres, s'impatienta Konoha.
Kuroo s'exécuta.
— 'Kaashi, ya ton zozo qui est là.
Kuroo se sentit profondément honoré : il faisait partie des « zozos ». Aucun plus grand honneur ne pouvait lui être fait !
Son amoureux releva finalement les yeux. Kuroo en oublia la présence de Konoha et maintenue le contact visuel jusqu'à arriver à sa hauteur. Tetsurō s'accouda au bar, inclinant la tête, reprenant l'attitude de charmeur qu'il avait souvent eut envers Akaashi aux premières heures de leur histoire. Keiji échappa un sourire en coin. Kuroo continua son petit jeu, prenant sa voix grave de lover :
— Excusez-moi, je sais que nous ne sommes jamais rencontrés, mais je dois vous dire que vous êtes le…
Avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit de plus, Akaashi l'attrapa par le col de son t-shirt pour l'attirer à lui, l'embrassant pour le faire taire. Il le relâcha et retourna aussitôt à sa caisse comme si de rien était. Tetsurō en resta médusé, complètement pris de court par les élans cavaliers de son petit-ami.
— Keiji, échappa-t-il dans un murmure étriqué.
L'interpellé se régala visiblement de le voir si gêné.
— Il n'y a que nous et Konoha-san. Je doute que cela le dérange…
— Si ça me dérange ! intervint le concerné.
Akaashi leva les yeux en direction de son collègue, il haussa un sourcil, très peu convaincu.
— Disons plutôt que j'ai l'habitude.
— Certainement, lui concéda Akaashi.
Konoha fit claquer sa langue, mais ne répondit rien de plus.
Kuroo sourit pour lui-même : la diva attitude du jeune homme avait de quoi rivaliser avec celle de son très cher Oikawa. Les mettre dans une même pièce serait une expérience… unique ? Effrayante ? Intrigante peut-être ? Il n'avait pas franchement envie que cela se produise dans un avenir proche, mais l'idée était à explorer.
— Tiens, cadeau.
Kuroo cligna plusieurs fois des yeux, incrédule :
— C'est pour moi ?
Kanoha le regarda, quasiment excédé de sa réponse.
— Bah je viens de te le dire. Un latte avec du lait d'avoine, c'est bien ce que tu prends. Toute façon je nettoie la machine maintenant donc si ça te plait pas tant pis.
Kuroo baissa les yeux sur le gobelet en carton qu'il avait posé devant lui.
— Oh… merci.
Il releva les yeux, toujours soufflé de l'attitude du jeune homme envers lui.
Konoha haussa un sourcil :
— Quoi ? T'as un problème ?
— Non…
— Bon.
— J'ai juste pas l'habitude que tu sois gentil avec moi…
Akaashi pouffa.
Konoha croisa les bras :
— Je suis toujours gentil.
Kuroo ne sut trop quoi répondre à cet effronté mensonge.
— Vraiment ? intervint Keiji, amusé.
— Tu déconnes ? On se rappelle qui t'as dit de tenter sa chance ! -il tourna les yeux vers Kuroo- j'étais de ton côté au début ! C'est l'autre qu'à fait son alpha têtu ! Du coup j'ai suivi…
Kuroo haussa un sourcil, très peu convaincu.
— Jure ! C'est 'Kaashi qui te prenait pour un bêta pommé, je dis pas que je le pensais pas non plus, mais bon.
— Euh… merci d'avoir cru en moi ?
— Déconne pas non plus, j'en étais pas là… Bois !
Kuroo s'exécuta, ne manquant pas d'échapper un sourire. Konoha leva les yeux au ciel mais n'ajouta rien de plus, retournant à son nettoyage. Une dizaine de minutes plus tard, ils furent virés du café par le blond armé d'un seau d'eau et d'une serpillère, prétextant que leur présence ne faisait que ralentir son travail.
Une fois à l'extérieur, Kuroo jeta un dernier coup d'œil à l'intérieur avant de se tourner vers Akaashi.
— Je suis validé par Konoha-san… Moi qui pensais ne jamais voir ce jour venir. Quel honneur, déclara-t-il, une main sur le cœur.
Akaashi leva les yeux au ciel.
— N'exagère pas non plus.
— Moi ? Exagérer ? Jamais.
— Certainement.
Ils reçurent simultanément un message de Kōtarō sur leur conversation de groupe. Ce dernier leur annonçait qu'il passait les récupérer dans quelques minutes.
— Tu sais où c'est ?
Son petit-ami opina.
— Hum, il est comment du coup ?
— De ? Terushima-san ?
— Euh ouais.
Akaashi sembla réfléchir à la meilleure façon de lui décrire l'individu.
— Très sympathique.
Kuroo fronça les sourcils, pas bien sûr de savoir si le commentaire était positif ou non. Malheureusement pour lui, Akaashi ne lui confia rien de plus. Il devrait se faire une idée tout seul.
Kenma et Kōtarō arrivèrent peu après, les deux autres s'installèrent à l'arrière et ils se mirent en route. Sans vraiment s'expliquer pourquoi, Kuroo sentait une pointe de stress commencer à s'immiscer en lui. Il ne m'y pas bien longtemps à identifier la source : il voulait se la jouer nonchalant et plein d'assurance, mais au fond, l'idée de rencontrer ce nouvel individu le stressait un tantinet. Rien qu'il ne pouvait surmonter bien évidemment, et bien entendu, rien qu'il ne pouvait dissimuler avec brio.
— Tu sais où Yūji nous emmène ? demanda Kōtarō au blond.
— Non, j'en sais rien, mais connaissant Yūji, ça va être un endroit improbable.
La remarque fit soupirer Keiji, mais il n'ajouta rien de plus.
— Elle m'a juste dit de prendre des bonnes chaussures, ajouta finalement Kenma.
« Elle » ?
— Y'aura qui ? finit-il par demander.
Kenma attrapa son regard dans le rétroviseur intérieur :
— Bah, nous et Yūji.
Ok…
Kuroo sentait qu'il avait manquait un épisode, et il n'aimait pas trop ça. Il n'en demanda pas plus. Ils finirent par arriver dans le quartier d'Asakusa, dans une rue étroite où se juxtaposaient de vieux immeubles des années soixante-dix aux façades défraichies. Ils se garèrent dans un petit parking extérieur écrasé entre une vieille bâtisse et un chantier de construction. La rue était si étroite que la lumière du crépuscule peinait à passer. Il aida à porter les courses et suivit ses petits-amis. Ils finirent par arriver devant un immeuble d'une dizaine d'étages, semblant bien moins vieillot que le reste des bâtisses du quartier mais dont les petits carreaux blancs de la façade imitaient à la perfection le sol d'une vieille piscine municipal. Ils pénétrèrent à l'intérieur et montèrent au sixième étage. Alors qu'ils étaient sur le point d'arriver, Kuroo se rappela qu'il avait oublié de demander si leur hôte était au courant de leurs relations, où s'il fallait qu'il joue la carte du « juste un très bon ami ». Kuroo avait tendance à oublier que le reste du monde existait et qu'il habitait toujours au Japon, où le sujet était toujours tabou (tabou non, on était carrément sur l'inexploré). Keiji sonna à la porte avant même qu'il n'ait eu le temps de lui poser la question. La porte s'ouvrit, et alors que Kuroo s'apprêtait à saluer leur hôte poliment, il se figea, reconnaissant instantanément la personne se trouvant face à lui : cheveux blonds, piercing, look improbable (sérieusement, qui avait l'idée d'assortir une robe à fleurs avec un vieux polo de baseball ?), nul doute, il s'agissait bien de l'inconnu du métro. Ses yeux s'écarquillèrent et il vit ceux de son vis-à-vis en faire autant :
— C'est toi ! s'exclamèrent-ils en chœur.
— Vous vous connaissez ? demanda Kenma.
— Euh… On s'est croisé, répondit Kuroo, suivant le reste de ses petits-amis à l'intérieur.
Yūji referma la porte derrière eux et répondit :
— Croisé? Il m'a carrément dragué dans le métro !
— Non pas …
— Classique, le coupa Kenma nonchalamment, ce qui fit pouffer Bokuto.
— Non mais il… elle… i…, il se tut, se tournant vers la personne concernée, pas bien sûr des termes qu'il devait utiliser.
Yūji échappa un sourire en coin, visiblement ravi de semer le trouble.
— Comme tu veux, j'utilise tous les pronoms.
— Oh, ok, euh…
— Il m'a traité d'hétéro, le coupa Yūji.
Kenma et Kōtarō échappèrent un hoquet, horrifiés de cet outrage.
— J'avais des arguments !
— Je vois pas quel argument tu peux avoir, répliqua Kōtarō.
— Peu importe, c'est pardonné…
Kuroo roula des yeux.
— Ravis de finalement te rencontrer, Terushima Yūji, se présenta le trespasseur du métro,
— Kuroo Tetsurō.
— Le fameux Jiji, iel jeta un coup d'œil en coin à Kenma qui roula des yeux.
— Vous connaissant, je sens que ya une histoire improbable derrière, remarqua Kenma, déposant les sacs de courses sur la petite table de la cuisine.
— Hmm, j'étais partie faire des photos dans le métro, la station était fermée mais il a pu rentrer, du coup…
— Yū, tu vas finir en prison un de ses quatre, j'ai besoin de toi tu sais…
— À peine, tu t'en sortirais très bien sans moi. Et t'inquiètes, ils me connaissent déjà pas mal au poste, ils me suivent pratiquement tous sur insta, des vrais fans.
— Hmm, répondit Kenma très moyennement convaincu.
— Bon ! Je vais juste me changer, ce sera plus facile de crapahuter avec un pantalon, et après on peut y aller.
— On mange pas ici ?
— Non, on s'en occupe là-bas, il commence à faire nuit, ce serait con de rater le début !
— On s'est fait chier à tout monter et c'est maintenant que tu me dis ça !
— Oui, et il disparut derrière une porte.
Yūji réapparut quelques minutes plus tard dans une tenue plus prône au « crapahutage » : c'est-à-dire avec un jean noir par-dessous sa robe à fleurs, toujours accompagnées de son polo de baseball. Kuroo ne comprenait pas comment cet accoutrement avait l'audace de bien lui aller. Yūji prit son sac d'appareils photo et une fois toutes leurs victuailles réunies, ils redescendirent à la voiture. Kōtarō, Keiji et lui-même durent se serrer à l'arrière de la voiture pour que Yūji s'installe devant afin d'indiquer le chemin à Kenma. Malheureusement pour eux, leur co-pilote n'était que moyennement qualifié : les indications étaient vagues, et ils durent plusieurs fois redescendre des rues à sens unique en marche arrière, changer brutalement de direction ou faire des tours de pâtés de maisons afin de retrouver le chemin hypothétique menant le plus rapidement à leur destination. Kuroo fut impressionné par le calme de Kenma, qui suivait les indications quelque peu foireuses sans broncher. Enfin au début, il finit par craquer au bout d'une dizaine de minutes. Cela eut néanmoins le mérite de rafraîchir le mémoire de Yūji. Ils finirent par arriver dans une vieille zone industrielle déserte.
— C'est là !
Kenma arrêta la voiture devant un vieux bâtiment délabré s'élevant sur une vingtaine d'étages.
— Sérieux ? demanda le blond. Désabusé, il tourna les yeux vers son ami.e, qui lui répondit simplement par un sourire.
— C'est quoi ce truc ? murmura Kuroo pour lui-même.
— C'est une ancienne usine de textile ! Stylé non ? Elle a brûlé en 1923 quand il y a eu le grand tremblement de terre du Kantô. Ils avaient commencé des travaux de rénovation mais ils n'ont jamais pu être terminés, et personne ne l'a jamais racheté.
— C'est safe au moins ? demanda Bokuto.
— Hum… Ouais, ça va. J'y ai déjà fait des photos, et je suis toujours là donc ça va.
Ils se turent, collectivement très peu convaincus par cet argumentaire.
— On a le droit d'être là au moins ?
Yūji tourna les yeux vers Kenma :
— Juridiquement, je dirais que c'est plutôt vague.
— Donc non.
— C'est vague.
Kenma leva les yeux au ciel.
— Bon allez, bouge.
Ils sortirent de la voiture, et une fois toutes leurs affaires récupérées, ils se lancèrent à l'aventure. Yūji les fit passer sur le côté du bâtiment, toutes les portes qu'ils avaient dépassées étaient verrouillées à l'aide de lourdes chaines et de cadenas. Ils arrivèrent face à un tas de tôle et de gravas que Yūji déplaça méticuleusement pour révéler une brèche dans le mur pour qu'ils puissent y pénétrer. Ses trois petits-amis lâchèrent en chœur un soupire, visiblement bien trop habitués à ce genre de plans. Ils ne firent cependant aucun commentaire et s'engagèrent à l'intérieur. Kuroo les suivit, son corps remué d'un mélange d'angoisse et d'excitation. La nuit était complètement tombée et il ne put distinguer correctement ce qui se trouvait à l'intérieur, seuls quelques rayons lunaires révélaient d'une maigre lueur une vaste étendue désolée, jonché gravas, de poussières et de verre brisé. Yūji alluma sa lampe torche, révélant un peu plus les alentours. Il n'y avait cependant pas beaucoup plus à voir à part des murs noircis d'une suie presque centenaire.
Leur guide les invita à s'engager dans un escalier en colimaçon tenant encore miraculeusement debout. Le fer avait tenu certes, mais certains endroits étaient grignotés de rouilles. Leurs pas produisant des résonnances métalliques ricochaient à travers tout le bâtiment, amplifiant l'atmosphère étrange enveloppant déjà les lieux. Ils évitèrent de parler, le moindre craquement de voix se répercutant sinistrement tout autour d'eux, et se contentèrent de suivre Yūji en silence. Ils durent traverser encore plusieurs étages, habités encore par quelques vieux bureaux, des étagères renversées et des chaises éventrées. Kuroo tenta de repousser très très loin dans son cerveau l'idée que cela pouvait ressembler à une map d'un Resident Evil et qu'un monstre pourrait surgir à tout instant. Ils grimpèrent de nouveaux escaliers, jusqu'à finalement arriver tout en haut du bâtiment. Ils s'arrêtèrent devant une échelle de service menant à une trappe au plafond. Yūji s'y engagea en premier, et ouvrit la trappe. L'air nocturne et les bruits de la ville leur parvinrent : ils avaient atteint le toit. Yūji les aida à remonter la glacière qu'ils avaient déjà trimballée à travers tous les étages et ils purent finalement sortir à leur tour.
— Tada ! s'exclama finalement Yūji en ouvrant les bras.
Kuroo échappa un soupire d'émerveillement. Le toit s'étendait sur des centaines et des centaines de mètres carrés, tout autour s'étendait la ville, illuminé de milliers de nuances colorées.
— C'est pas dégueulasse, lui concéda Kenma.
— N'est-ce pas ?
Ils entendirent un bruit d'explosion retentirent : le premier feu d'artifice venait d'être tiré. Le ciel face à eux s'illumina de rouge, puis d'argent, de vert, de bleue. En contre bas s'écoulait le fleuve Ara, là où étaient tirés les feux. Les couleurs dansaient dans l'eau, au-dessus, le ciel explosait sous leurs yeux, déchiré de lumières et de bruit. Kuroo s'avança près du bord, levant les yeux, regardant le feu tombé en pluie juste au-dessus de leur tête. Il revint à lui en entendant un cliquetis à sa gauche. Il lâcha un regard blasé en constatant qu'il s'agissait de Yūji qui encore une fois avait décidé de le prendre en photo sans son accord. « C'est de l'art », fut sa seule défense.
Elle s'approcha de lui pour lui tendre l'appareil.
— Hmm, elle est pas dégueulasse.
Vraiment pas : Kuroo avait la tête renversée en arrière, les perles de lumières or et grenat dansant autour de lui, leur lueur se reflétant dans ses yeux.
Yūji lui sourit.
— Bordel j'ai du talent.
— Pff, ça va les chevilles ?
Ael ne lui répondit même pas, souriant bêtement devant son appareil.
— Ça te dérange si je la poste sur mon insta ?
Kuroo haussa un sourcil, surpris de la demande.
— Si tu veux.
— Yes !
Et elle repartit discuter avec Kenma. Kuroo la regarda s'éloigner, avant de tourner de nouveau ses yeux vers le ciel. Il s'accroupit au sol. Bientôt, il sentit une présence derrière lui : Akaashi venait de s'assoir derrière lui. Ils se sourirent, Keiji posa un furtif baiser sur sa joue et reposa sa tête sur son épaule, Kuroo se laissa retomber contre son torse et accueilli son étreinte.
Bordel, la vie n'était vraiment pas trop dégueulasse ces temps-ci.
-/-
Deux jours plus tard, Kuroo fut réveillé par les vibrations intempestives de son téléphone. Il ne fut d'ailleurs pas le seul à être tiré de son sommeil à cette occasion, Keiji grogna et Kenma lui balança son oreiller à la figure. Le brun échappa un vague « déso » avant de saisir son téléphone. Les yeux à moitié ouverts, il le déverrouilla, l'écran était rempli à craquer de notification Instagram. Il manqua de s'étouffer en ouvrant l'application.
— C'est quoi ce bordel murmura-t-il.
— Quoi ?
— J'ai 6500 personnes qui viennent de me suivre, genre en dix minutes !
— Quoi ? échappa Kenma paniqué.
Il se redressa et attrapa le téléphone de Kuroo.
— T'es pas en privé ?
— … Non.
— Merde.
Merde ?
— T'as pas de photos de moi, ou des garçons hein ?
— Euh de toi non, mais de Kōtarō et Keiji si... Mais ya pas grand-chose, ma mère me suit, j'évite de me out bêtement.
— Bordel. Bon… Ok, ça va , jugea Kenma en remontant son profil.
Kuroo reprit son téléphone, remontant ses notifications, tentant de retrouver la source de sa soudaine popularité. Il retrouva la première notification : « DRel'ik a mentionné votre nom ». Il cliqua dessus, ne reconnaissant absolument pas le nom de la personne l'ayant mentionné.
— Roh, quelle nouille, lâcha le blond qui lisait par-dessus son épaule.
— C'est qui ?
— Yūji.
— Oh ?
En effet, bien que son visage ne soit visible nulle part, il put reconnaitre sa patte : les vieux bâtiments laissés à l'abandon, des stations de métro vides et des ruelles étroites et faiblement éclairées. Il se reconnut sur le dernier poste : il s'agissait de la photo prise le soir du feu d'artifice. Allez savoir comment ael avait trouvé son pseudo, mais il était bien taggé « Ji the black kat ». Kuroo fut impressionné par le nombre de likes sur la photo, son égo s'en retrouva d'autant plus flatté lorsqu'il déroula la section de commentaire : apparemment, on le trouvait collectivement pas trop immonde, et cela n'était pas désagréable. Il retrouva le moment où cela était parti en cacahuète : certaines personnes avaient fait le lien entre son pseudo et celui de son compte Twitch. « C'est pas le pote d'Applepie ? » « OMG, si ça doit être lui! » , « Je savais que Drel' bossait avec, j'avais pas pensé qu'ils se connaissaient », et ainsi de suite. Kuroo sourit, flatté certes, mais néanmoins déboussolé par cette soudaine fame. Il haussa les épaules, tout ce petit monde finirait bien par se désintéresser de lui au bout d'un moment de toute façon. Il mit son téléphone en silencieux, le reposa au pied du lit et retourna se coucher, il était loin d'avoir eu sa dose de câlins pour la matinée.
-Fin du chapitre-
« Tout ce petit monde finirait bien par se désintéresser de lui au bout d'un moment de toute façon » Hmm,hmm, oui certainement, peut-être bien que oui, peut-être bien que non…
J'espère que ce chapitre vous aura plu =)
Prochain chapitre : « Parenti acquisiti »
« — Ca va ?
Tetsurō releva les yeux vers Bokuto. « Non ! » hurla-t-il intérieurement.
— Oui… juste un peu, hum… stressé.
Son petit ami lui sourit.
— T'inquiètes ça va bien se passer.
« L.O.L » pensa-t-il intérieurement, tentant de sourire à son tour, sans grand succès.
En relevant les yeux, il croisa le regard de Kenma dans le rétroviseur, et devina le sourire moqueur dessiné sur ses lèvres. Il le vit jeter un coup d'œil en direction d'Akaashi assis à côté et ils pouffèrent discrètement.
Oh bah merci pour le soutien moral !
Kuroo réajusta les deux boîtes en cartons posées sur ses genoux, pas question qu'il se présente avec deux gâteaux complétement écrabouillés, son honneur en dépendait !
Pourquoi est-il là au juste ? »
See ya !
