Résumé: "-Effectuer une recherche- Synchronisation neurophysiologique

Résultat 1 : appareillage- lien

Synchronisation neurophysiologique existant entre deux partenaires alpha et/ou oméga."

TW: mention d'abus physique et psychologique

Chapitre 46 : Les cœurs griefs

-Effectuer une recherche-

Neurophysiologique :

nom féminin

Definition 1 : Discipline qui étudie le fonctionnement des éléments nerveux et de leurs ensembles.

Neurophysiologique

-Effectuer une recherche-

Synchronisation neurophysiologique :

Résultat 1 : Synchronisation hémisphère

Dois contenir : neurophysiologique Contient : neurophysiologique

Résultat 2 : Neurophysiologique définition

Dois contenir : synchronisation Contient : synchronisation

Synchronisation neurophysiologique alpha-oméga

Résultat 1 : appareillage- lien

Synchronisation neurophysiologique existant entre deux partenaires alpha et oméga.

Résultat 2 : *Breeding* omega- porn now-high quality

Synchronisation neurophysiologique alpha-omega

-Effectuer une recherche-

Synchronisation neurophysiologique bêta

Résultat 1 : Yoga et méditation- synchroniser ses énergies

Synchronisation neurophysiologique bêta

— Bok choy ?

Tetsurō verrouilla son téléphone et releva les yeux :

— Hmm ?

Akaashi, installé dans la cuisine face à lui, se tourna :

— Bok choy, pour la soupe, cela vous va ?

— Oui moi ça me va, répondit Kenma, allongé sur le canapé derrière Kuroo.

— Oui, mais pas beaucoup, ajouta Kōtarō, assis aux côtés du blond.

Akaashi hocha la tête et trouva son regard :

— Tetsu ?

— Euh, oui, ça me va aussi.

— Parfait.

Et il se tourna de nouveau, allant récupérer le chou.

Kuroo croisa les bras sur le comptoir et y reposa sa tête, continuant de suivre son amoureux du regard.

Ils n'avaient pas reparlé de ce qui s'était passé aux bords de l'étang. Kuroo s'était figuré que ce serait quelque chose de grandiose, qui changerait les choses entre eux de façon incomparable. Il ne savait pas vraiment si c'était le cas. Il s'était figuré que malgré ce qu'il était dit, malgré qu'il sache pertinemment que les bêtas ne pouvaient pas former ce genre de liens, il s'était imaginé qu'il serait peut-être l'exception…

En même temps, aux vues des résultats médiocres qu'il avait obtenues lors de ses recherches sur la toile, il était facile d'en conclure que la science ne s'était pas vraiment penchée sur le sujet en profondeur. En tout cas, cela ne l'empêcherait pas de continuer de tester.

Il avait tenté la télépathie, regardant Keiji droit dans les yeux en récitant des mots aux hasards dans sa tête. Mise à part alarmer son amoureux, cela n'avait pas eu de résultat bien concluant.

— T'as mis de la coriandre ? demanda Kōtarō.

— Non c'est dégueulasse ! clama Kenma.

— T'es pas chié, on peut pas tout faire en fonction de toi parce que « monsieur n'aime pas », t'es pas un bébé !

Kenma lui balança un coup de pied dans l'épaule.

— Ça sent le savon ! Tu sais que j'ai le gène, je vais te mettre du pec citron dans ta bouffe on verra !

Son partenaire pouffa.

— Un peu de pec citron n'a jamais fait de mal à personne !

— Je n'en ai pas mis, les coupa Keiji, je peux en couper à côté si tu veux en ajouter.

— Cool merci.

— N'oublie pas le liquide vaisselle pour Kōtarō.

Commentaire qui lui valut un coup de genou.

Tetsurō sourit.

Kōtarō était à cran depuis plusieurs jours, depuis le séjour chez sa grand-mère en fait.

Il avait l'air d'avoir repris son attitude de gamin insolent, ce qui était bon signe.

Peu importe ce que lui disait internet finalement.

Les petits insectes dans son ventre étaient toujours là, ils devaient être des milliards maintenant. Il était vraiment irrécupérable…

Il sourit… Irrécupérable, mais terriblement amoureux. Il espérait de tout son être que cela, cela ils le savaient.

Il n'avait pas vraiment les mots. Il espérait pouvoir leur conférer tout ce qu'il pouvait ressentir.

Il releva les yeux, regardant Keiji ajouter le bok choy dans l'eau bouillante.

Il avait toujours cette crainte au fond de sa tête : malgré ce qu'il lui avait dit sur les liens non réciproques, même s'il lui avait dit que c'était faux, qu'il ne souffrait pas, il n'en était pas certain. Il voulait juste qu'il sache que ce n'était en rien unilatéral. Il continua de le regarder, tentant inconsciemment de lui transférer tout cela.

Il se souvint de la sensation qu'il avait eue lorsque Kenma et lui avaient… hum, fait des expériences psychologiques peu recommandables. Il se souvint de cette sensation, celle de ce lien invisible qu'il avait sentie se créer, le suivre partout. Il le sentait toujours parfois. Il ferma les yeux, essayant de synthétiser cette sensation, d'imaginer ce fils courant entre eux deux, se tendre, se lier et se nouer, et y laisser courir ce qu'il ressentait.

Il ouvrit de nouveau les yeux en entendant un bruit métallique. Keiji venait de faire tomber la louche. Il était toujours dos à lui, immobile. L'eau en ébullition commençait à s'échapper du faitout.

— Euh, Lo…

Il se tut, Keiji venait de faire volteface. Il braqua son regard sur lui, l'air profondément sidéré. Il battit plusieurs fois des paupières, incrédule.

— Euh…

Le regard de Keiji se focalisa derrière lui. Kuroo le suivit, trouvant que Kenma et Kōtarō le regardaient tous deux avec des yeux gros comme des soucoupes.

— Euh… ça va ?

Il tourna de nouveau les yeux vers Keiji, qui le regarda encore un instant avant de demander :

— C'est… toi qui as fait ça ?

— Fait quoi ?

— Ça.

Silence.

Keiji finit par mimer quelque chose d'incompréhensible avec ses mains.

— Euh… je sais pas…oui… Mais je pensais pas que… ça marcherait.

Keiji mit sa main sur sa poitrine.

— Je l'ai senti.

— Moi aussi, déclara Kenma.

Kuroo tourna les yeux vers lui.

Kōtarō hocha également la tête.

Le regard de Kuroo voyagea plusieurs fois entre ses trois petits-amis.

— Non mais arrêtez j'ai l'impression de mettre découvert un super pouvoir.

Personne ne répondit.

Son regard trouva de nouveau celui de Keiji.

— Comment tu as fait ça ?

— Je sais pas trop… j'ai essayé de recréer le sentiment que j'avais eu quand j'étais avec Kenma et qu'on avait fait le truc avec les paci…

Il ne put finir sa phrase puisqu'il se prit un coussin dans la tête.

Il se tourna vers Kenma, qui lui avait lancé, et vit qu'il lui faisait les gros yeux.

Merde, il n'était pas censé en parler.

— Les passoires.

— Les passoires ? reprit Keiji.

— Hmhm, exactement.

Kōtarō et Keiji avaient l'air perplexes.

— Qu'est-ce que vous avez fait avec des passoires ?

— Rien.

Kōtarō tourna vers les yeux vers le blond.

— C'est quoi cette histoire ?

Kuroo frissonna.

Woh, changement très brusque d'ambiance.

Le ton de Kōtarō avait changé, il était bien plus tranchant que d'ordinaire. Il maintint le regard de Kenma plusieurs secondes, avant que ce dernier détourne les yeux.

— On doit vraiment en parler maintenant ?

— Je sais pas Kenma, est-ce que tu penses qu'il faut nous parler de tes histoires de passoires ?

Kuroo fronça les sourcils. Kōtarō avait dit cela de façon assez autoritaire, ce qui, au vu du contenu de la phrase, était un peu hors de proportion.

Kōtarō maintenait le regard de Kenma.

Oh… Il n'était juste absolument pas dupe.

Le blond détourna les yeux.

— Ok, c'était pas des passoires.

— Je me doute.

Kenma grimaça. Kuroo n'avait jamais entendu la voix de Kōtarō claquer avec tant de sévérité.

— Kenma ? demanda Keiji, inquiet.

Le blond les regarda à tour de rôle. Kōtarō croisa les bras, lui signifiant son impatience.

Kenma soupira.

— Ok… vous énervez pas ok.

Personne ne lui répondit.

Il inspira.

— Ok… vous savez comment la remise en état labile d'un souvenir traumatique peut permettre d'y associer une nouvelle émotion euh… bah… j'ai essayé de faire ça… avec les pacificateurs.

Keiji écarquilla les yeux.

— Pardon ?

Tetsurō frissonna en entendant la voix de Kōtarō.

— Tu m'as promis de pas t'énerver.

— J'ai rien promis.

— Ça va, ça s'est bien passé, ya pas de problème Kō…

Il tourna lentement les yeux vers Kuroo.

— Et toi tu as accepté ?

Son sang se glaça lorsque le regard de Bokuto trouva le sien.

En effet ce n'était pas forcément agréable, il se sentait vraiment tout petit d'un seul coup.

— Il allait finir par le faire de toute façon, je voulais pas le laisser seul, tenta-t-il de se justifier.

— Kō ça va, dit Kenma en levant les yeux au ciel.

— Lève pas les yeux Kenma, tu trouves que faire des expériences foireuses avec ta santé mentale ça va ? J'avais oublié que tu avais un doctorat en syndrome de stress post-traumatique.

Cette fois Kōtarō était vraiment très, très en colère.

L'atmosphère était devenue lourde, presque suffocante. Le changement brutal avait créé quelque chose de cyclonique entre eux.

— Kōtarō t'inquiète pas, je vais bien, tenta de le rassurer le blond pour apaiser la tempête qu'il sentait venir.

— Quand est-ce que vous avez fait ça ? le coupa son partenaire.

— Hum… Après l'anniversaire de Keiji, quand vous étiez parti…

— T'as attendu qu'on soit parti ?! Tu savais pertinemment que tu faisais une connerie, tu voulais le cacher.

Cette fois Kenma en eut assez des reproches et passa sur un tout autre registre :

— Je savais que t'allais me faire chier sinon.

— Te faire chier ? T'as raison, ne pas vouloir que tu foutes ta santé en l'air c'est te faire chier.

— Exactement.

Kenma était carrément passé à la provocation.

Kuroo regrettait de ne pas encore avoir la capacité de disparaitre sur commande.

Kōtarō respira profondément, essayant de ne pas répondre agressivement à son partenaire.

— Tu en as parlé à ta psy ? demanda-t-il d'une voix maitrisée.

— Je la vois plus.

— Comment ça tu la vois plus ? Tu vois qui ?

— Personne.

— Sérieusement ?

Kenma croisa les bras et fixa son regard droit devant lui.

Bokuto laissa ses bras retomber, profondément désarmé.

— T'avais promis Kenma….

— Kōtarō franchement, lâche l'affaire ! C'est ma vie, c'est mon choix. Et toi t'y va encore ? T'as vu comment tu réagis ? Qu'est ce qui entre le chou et la passoire t'a fait partit en vrille comme ça ?

La remarque déconcerta Kōtarō, et ne fit qu'attiser son courroux.

— T'es sérieux là ?! Je sais que t'as du mal à y croire parfois, mais je suis pas idiot Kenma, je te connais. Ah et puis quand c'est moi je dois absolument faire quelque chose ! Mais toi, non, on doit laisser couler.

— Kōtarō…

— Non ! Vous m'aviez fait comprendre que ma santé mentale influait négativement sur vous et j'ai fait le nécessaire…

— Ça influe toujours nég… râla Kenma

— Oh franchement la ferme ! gronda Kōtarō.

Kenma maintint son regard, mais ne parla plus.

— Comment ça c'est ta vie ? Tu penses que ça a pas d'influence sur nous ? T'as raison j'adore voir mon partenaire lentement se mettre en l'air…

— Encore ça, qu'est-ce que ça vient faire sur le tapis ? C'est mon boulot ça, tu le sais, c'est pour ça que t'as un toit sur la tête !

Kōtarō avait l'air au bord de l'implosion. Kenma n'était pas prêt à en démordre. Tetsurō et Keiji restèrent silencieux, n'osant pas intervenir, ne pouvant pas non plus se dérober discrètement.

— Woh, la manipulation maintenant, super Kenma ! Non, mais t'as raison, ça a aucun impact dans nos vies, pas du tout. C'est pas du tout si ton inaction avait failli tuer notre partenaire ! hurla Kōtarō en pointant du bras Keiji.

Kenma eut l'air comme poignardé. Il détourna immédiatement les yeux, coupable.

— Kōtarō, gronda Keiji.

— Quoi, quoi ! J'ai pas raison ? Tu vas faire quoi ? Me balancer une commande ? Ou partir te foutre en l'air en faisant une overdose de suppresseur ?!

Ce fut autour de Keiji de se taire. Il ferma les yeux pour rompre le contact visuel.

— Vous me faites chier, explosa Kōtarō.

Il se releva, bouillonnant de rage, prit un coussin qu'il balança contre un mur et partit en furie.

Le silence retomba finalement.

Tous trois restèrent immobiles, personne ne parla pendant un long moment. L'eau se remit à déborder du faitout. Keiji éteignit le feu.

Dans un mouvement de rage, Kenma jeta à son tour un oreiller avant d'envoyer son poing dans le bras du canapé. Cela suffit apparemment à diluer sa colère, puisqu'il explosa en larmes.

— Merde, lâcha t-il avant de laisser sa tête retomber sur le canapé.

Keiji et lui s'approchèrent.

Tetsurō avait toujours du mal à en revenir, il n'avait jamais vu Kōtarō autant en colère. Même la fois où il l'avait poursuivi dans le gymnase pour lui hurler dessus, cela avait été beaucoup plus sympathique que ce dont il venait d'être témoin. Il ne pouvait pas dire que sa colère était injustifiée… Elle était tout à fait légitime… Mais il ne l'avait jamais vu dans un tel état.

Keiji posa sa main sur l'épaule de Kenma. Il se redressa aussitôt, essuyant son visage d'un revers de manche.

— Ca va, ça va…

Keiji retira sa main, mais s'assit tout de même face au canapé.

— Il n'avait pas à te parler comme ça…

— Pff… si… Il a raison de s'énerver.

— Désolé Kenma, j'ai pas fait exprès, ça m'a échappé, désolé.

— C'est rien Ji… J'aurais pas dû te demander de garder le secret… C'est moi, j'ai merdé.

Il se tut.

— Hum… désolé, j'ai besoin d'être tout seul un peu… dit Kenma.

Les deux autres hochèrent la tête. Le blond leur adressa un sourire, terriblement faux, et se redressa pour aller dans sa chambre.

— Je… vais faire un tour dehors lui dit Keiji, sans croiser son regard.

— Ok.

Le brun ne répondit pas et passa la porte d'entrée, laissant Tetsurō complétement seul.

Il s'allongea sur le canapé, tournant son regard au plafond.

Super, merci d'avoir bien plombé l'ambiance Tetsu !

Son ventre gargouilla. Il avait faim en plus ! Il n'aurait pas pu foutre le bordel plus tard !

Il soupira.

Il comprenait la colère de Kōtarō… Il ne pensait juste pas que cela le mettrait dans de tels états. Il sentit l'anxiété monter, cette dernière lui susurrant tout un tas de pensées délirantes qu'il tenta de repousser.

Il était épuisé.

Après une bonne dizaine de minutes, il se redressa et considéra l'idée de ranger la nourriture encore éparpillée dans la cuisine. Il y renonça, il avait besoin de repos. Alors qu'il traversait le couloir, il changea d'avis : il n'allait tout de même pas tout laisser en plan comme ça, non? Une fois arrivé dans la cuisine, il se stoppa. Oui, mais enfin ce n'était pas lui qui avait tout laissé comme ça non plus ! Et hop demi-tour ! Il soupira… Peut-être, mais il vivait également dans cette maison, et il avait partagé les frais des courses pour acheter tous les ingrédients, cela serait idiot de les perdre. Avec moins d'entrain cette fois, il retourna dans la cuisine, prit la louche qu'il laissa mollement tomber dans l'évier, déplaça le faitout, le couvrit… Alors qu'il allait jeter les épluchures de carottes, il s'arrêta… Et puis merde, tout le monde s'était barré, il pouvait bien en faire de même ! Allez, tchao les carottes !

Sur ce, il repartit en direction de sa chambre, luttant contre toute envie de faire machine arrière. Voilà, maintenant qu'il était devant la porte de sa chambre, il n'allait pas faire machine ! Au diable le chou et les carottes ! Sur ces bonnes paroles, il ouvrit la porte. Il se figea… Peut-être qu'il avait parlé trop vite, les carottes avaient définitivement besoin de lui ! Après tout, elles n'avaient pas de bras ni de jambes, elles étaient à sa merci… Il devait faire demi-tour, juste par altruisme, c'est tout, et pas du tout parce que Kōtarō était étalé sur son lit et qu'il n'était pas prêt à subir directement son courroux !

Bokuto ne semblait pas encore avoir remarqué sa présence, peut-être que s'il partait discrètement, il pourrait s'en sortir sans trop de casse ?

Il se tourna et commença à repartir à pas de loup.

— Tetsu…

Merde, il était repéré.

Lentement, il se retourna, n'osant pas faire de mouvement trop brusque.

Il allait babiller une excuse, impliquant que le chou, les navets et les carottes étaient en détresse dans la cuisine, mais il se ravisa. Kōtarō avait le visage ravagé de larmes.

— Babe…

— Je suis énervé contre toi aussi tu sais.

Kuroo dut réprimer un sourire. L'attaque était beaucoup moins effective maintenant qu'il avait les joues rougies de larmes. Il soupira.

— Je sais…

— Qu'est-ce que tu fais là alors ?

— Hum…

Il lui désigna son lit d'un geste timide.

— Oh… merde. Hum- Bokuto s'essuya le visage d'un revers de main- désolé, l'habitude je… je pars, je…

— Tu peux rester si tu veux, le coupa Tetsurō. Je vais aller en bas… Si tu veux être seul. Sauf si… si tu veux quelque chose… ou…

Il ne finit pas sa phrase. Kōtarō hocha négativement la tête et laissa sa tête s'enfoncer de nouveau dans l'oreiller.

— Ok… j'y vais alors.

Alors qu'il allait refermer la porte, Kōtarō l'interpela :

— Tetsurō…

Il sentit son cœur se serrer, la voix de son amoureux s'était apaisée. Les octaves de la colère avaient été remplacées par un souffle presque étouffé, vulnérable.

— Oui ?

Kōtarō attrapa son regard, il avait l'air désespéré. Il ouvrit les bras. Il n'en fallut pas plus à son petit-ami pour se jeter sur le lit pour l'enlacer. Kōtarō le serra fort contre lui, si fort qui sentit sa colonne vertébrale craquer.

— Ouf, attends, tu vas m'étouffer là babe !

— Désolé…

Bokuto desserra son étreinte, mais ne le lâcha pas pour autant. Il se laissa faire. Il ne savait pas quoi dire, ou ce qu'il devait faire pour le consoler, le rassurer. Alors il se tut. Kōtarō explosa de nouveau en sanglots. Le brun passa une main dans ses cheveux pour les caresser tendrement.

— Vous me faites chier putain…

— Désolé.

Bokuto renifla bruyamment.

— Qu'est ce qui m'a refoutu des partenaires avec si peu d'instinct de conservation… Et je t'inclus dedans !

— Moi ? D'où ?

Kōtarō attrapa son regard, il haussa un sourcil :

— On s'en souvient quand tu t'es jeté sous les roues de la voiture de Kenma ?

— Oh… ça, oui, mais…

— Et quand t'as traversé la voie ferrée en pleine gare là !

Kuroo pouffa :

— On pouvait traverser là, c'était pour passer sur l'autre voie.

— Mon cul, le train est arrivé trois secondes après !

— Ok…ok, je ferai plus attention la prochaine fois, promit-il pour le rassurer.

Le silence flotta entre eux de longues secondes.

— Désolé de m'être mis dans cet état… j'aime pas être en colère comme ça.

— Tu as de quoi être en colère Kōtarō.

— Je sais…

Silence.

— Mais bordel qu'est-ce qui t'a pris de lui laisser faire ça ?!

— Je… je sais que c'était débile… mais…

— Mais ?

— Quitte à ce qu'il fasse une connerie, je préférais qu'il le fasse avec moi.

— Hum…

Kōtarō avait baissé les yeux, il tripatouillait le t-shirt de son petit-ami distraitement, ce qui lui donnait une excuse pour ne pas avoir à le regarder directement.

— Et pour le psy, je lui ai déjà dit, mais… Il a du mal à trouver quelqu'un avec qui être à l'aise.

— Je sais… c'est pas facile… mais merde…

— Je sais.

La petite fenêtre de toit laissait voir la toile étoilée du ciel nocturne.

— Ça s'est vraiment bien passé ?

— Oui… c'était même plutôt… cool.

— Cool ? -Kōtarō releva enfin la tête, attrapant son regard- Qu'est-ce que s'enfermer avec de pacificateurs peut avoir de cool ?

— Je sais pas… on a fait ça le… je sais plus comment il appelle ça…

— La baise ?

Kuroo roula des yeux.

— Haha, drôle, non. Le… tantra ?

— Oh… -Bokuto laissa sa tête retomber sur le torse de son amoureux, reprenant le tissu de son t-shirt pour le tripoter- c'est vrai qu'il est doué à ça.

— Hum…

Le silence s'étendit quelques secondes. La colère de Kōtarō avait complètement disparu maintenant, l'atmosphère avait perdu de son électrique.

— Je veux juste qu'il fasse plus attention à lui, murmura Kōtarō.

— Je sais… il m'a promis que… enfin voilà.

— Hum… je… je peux plus voir ça… En ce moment, ça va… Mais il y a eu des périodes, surtout quand il vivait seul où…

Il retint une nouvelle salve de larmes.

— Je sais que c'est son boulot, mais… mais tu sais pas ce que ça fait de… Je l'ai retrouvé parfois tellement amaigrit, il mangeait rien pendant des jours, il ne dormait pas et… le nombre de fois où je l'ai vu s'écrouler de fatigue… Quand il ne me répondait pas pendant plusieurs jours, je savais pas si c'était parce qu'il était trop occupé à autre chose ou s'il s'était écroulé, j'en pouvais plus. S'il était tombé dans les vapes et qu'il se faisait mal, s'il…

Il ne finit pas sa phrase, incapable de retenir ses sanglots plus longtemps. Il se détacha de Tetsurō, roulant pour s'allonger sur le dos.

— Ça va aller Babe…

Il renifla de nouveau.

— Je sais pas pourquoi il… -il ravale son souffle- et je… bordel, je sais que… je l'ai bien vue… je comprends pas…

Kuroo voulait bien le consoler, mais il faisait de moins en moins sens. Bokuto continua de marmonner.

— Quoi ? finit par demander le brun.

— Rien… il me fait chier c'est tout… Et Keiji qui… pas un pour rattraper l'autre…

Il plaqua l'oreiller sur son visage pour hurler de tout son soûl. Quand il le retira de nouveau, il avait l'air plus blasé que jamais. Tetsurō pouffa :

— Ça va mieux ?

— Bof.

— Viens là.

Il ouvrit les bras, Kōtarō hésita plusieurs secondes, mais finalement se laissa tomber dans son étreinte. Il enroula ses bras autour de lui et reposa sa joue sur le sommet de sa tête. Kōtarō continua de marmonner grincheusement, ce qui fit rire son amoureux. Il se détendit enfin, et se mit même à ronronner lorsque Tetsurō recommença à caresser ses cheveux. Les arcs électriques ne crépitaient plus tout autour, l'air s'était fait doux, confortable. Si confortable qu'ils finirent par s'endormir ainsi.

Tetsurō se réveilla plusieurs heures plus tard, le corps remué de tout un tas de sensations désagréables. Il lui fallut plusieurs secondes pour les démêler. Premièrement, il avait froid… ou faim ? Les deux ? En tournant les yeux, il constata que Kōtarō avait fini par se détacher de lui et était maintenant saucissonné dans sa couverture. Le brun soupira, il s'était endormi en bon terme certes, mais il n'allait pas tenter le diable non plus en essayant de lui reprendre la couette. Il se résigna donc à récupérer son plaid en moumoute grise tombé parterre pour s'enrouler dedans. Il ferma les yeux. Quatre secondes plus tard, il les ouvrit de nouveau : bon ok il avait faim… mais beaucoup trop la flemme de se lever. Il attendrait bien le lendemain… Mais il avait l'impression que ses intestins étaient en pleine révolte et l'assénaient de coup de poignard… Voilà maintenant que sa vessie s'y mettait aussi. Vaincue, il échappa un long soupire avant de se lever, n'oubliant pas d'emporter son plaid avec lui, qu'il décida de porter telle une glorieuse cape de viking. Il apprit rapidement que cape et urination n'allaient pas formidablement bien ensemble, mais il s'en sortit tout de même. Étape deux : trouver quelque chose à manger. En arrivant dans la cuisine, il constata que quelqu'un était déjà venu au secours des carottes puisque plus rien ne trainait encore sur le plan de travail. Parfait. Il ouvrit le frigo pour voir ce qu'il pouvait bien trouver pour calmer son estomac mutin.

— Hey.

Kuroo sursauta violemment en entendant la voix dans son dos, si bien qu'il balança du même coup le paquet de surimi qu'il venait de saisir. Il se tourna, alarmé. Il échappa un soupir de soulagement en constatant qu'il s'agissait de Kenma.

— Tu m'as fait peur bordel !

— J'ai juste dit hey… Qu'est-ce que tu fais debout ?

— J'avais faim...

— Hmm…

— Toi ?

— J'ai streamé un peu… j'ai fini là.

— Oh…ok

Ils restèrent plantés comme ça plusieurs secondes. Kuroo constata finalement que Kenma avait enfilé son énorme doudoune.

— Tu vas où ?

— Nulle part, dans le jardin prendre l'air.

En continuant de le détailler, Kuroo finit par identifier l'objet qu'il avait entre les mains.

— Tu vapes ?

— Oh…

Kenma considéra l'objet, qui ne ressemblait plus à un stylo multicolore qu'à autre chose.

— Oui, je sais pas.

— Depuis quand ?

— Je sais pas, là… Je l'avais sous la main… J'avais envie de nicotine.

— Ah ok…

Le silence s'étendit entre eux.

— Tu veux venir ? proposa le blond en désignant la porte d'entrée.

Kuroo considéra ses options plusieurs secondes. Finalement il accepta.

— Ok, prends le surimi, dit Kenma en ouvrant la porte pour quitter la pièce.

Tetsurō s'exécuta et rejoint les escaliers. Il récupéra son manteau en bas, enfila ses baskets, passa son plaid autour du cou comme une écharpe disproportionnée, et ouvrit la porte du garage. L'air glacial nocturne l'assaillit sans lui donner plus de répit.

— Roh bordel sa caille !

Kenma rit. En tournant les yeux, Kuroo le trouva assis à même le sol, adosser au mur de la maison. Il aspira son stylo quatre couleurs et de ses lèvres s'échappa une épaisse fumée blanche aux effluves de myrtilles et autres fruits de bois.

— Tu peux remonter si tu veux.

— Hmm, c'est bon, je vais m'y faire…

Il vint s'assoir à côté de Kenma. L'herbe était humide et il se retrouva avec les fesses mouillées et le tissue de son pantalon qui lui collait moitement à la peau. Il se contenta de soupirer, vaincu. Il déballa un surimi qu'il engloutit d'une seule bouchée.

— Surimi ? proposa-t-il au blond.

Ce dernier accepta et prit le paquet qu'il lui tendait. En échange il lui tendit son stylo fumigène. Bien trop curieux, il accepta.

— Ça marche comment ?

— T'appuies sur le bouton devant et t'aspires.

Il s'exécuta et aspira de tout son soûl. La fumée s'engouffra dans sa gorge et remonta en lui brulant la trachée. Il toussota, échappant des petits nuages de vapeur odorante.

— Mais ça fait mal !

— Aspire pas comme un malade aussi.

Kuroo qui ne s'en sortait plus de sa quinte de toux, lui rendit son crayon du démon et récupéra son surimi. Kenma échappa un sourire moqueur. Il prit une bouffée de son crayon magique et expira un nuage blanchâtre. Ils regardèrent les arabesques de fumées s'élever en tourbillons avant de disparaitre complètement.

— T'étais avec Kōtarō ? finit par demander le blond.

Il hocha la tête.

— Toujours en rogne ?

— Hmm… Mais surtout triste je crois… Il s'inquiète juste pour nous… Surtout pour toi.

Le blond soupira, mais acquiesça.

— J'ai un peu merdé…

— Bah… je peux rien dire, c'est un peu ma faute aussi…

— Non… pas vraiment… Je faisais déjà pas grand-chose pour améliorer ma santé avant ça…

Kuroo ne répondit rien. C'est vrai que Kenma n'avait pas forcément la routine la plus « healthy » possible, il ne faisait pas forcément de sport, dormait à des heures improbables, et il était certain que si Kōtarō, Keiji et lui n'étaient pas là, il mangerait des ramens instantanés à longueur de journée… Mais ils étaient là, donc les dégâts n'étaient pas si terribles.

— C'est un peu égoïste de ma part, mais… j'avais pas vraiment pris en compte que… ça avait pu l'affecter… autant.

— Tu veux dire… Les pacificateurs ?

— Non…

— Ce qui s'est passé la dernière fois ? Ou… avant ?

— Les deux…

Il hocha la tête. Honnêtement, ils avaient tous été affectés par ce qu'il s'était produit lors de leur dernier cycle ensemble. Mais il n'avait pas forcément envie de remuer le couteau dans la plaie non plus.

— Il t'en a parlé ?

— De ?

Le blond ne précisa pas, se contentant de maintenir le contact visuel.

— Hum… oui, enfin… il m'a juste dit qu'il s'inquiétait beaucoup pour toi, avant que vous viviez ensemble…

Kenma hocha la tête. Il brisa l'échange visuel, tournant son regard vers le ciel.

— Hum… c'est vrai que c'était… pas dingue.

— Hum…

— Mais je pensais pas à ça…

Kuroo tourna le regard vers son amoureux. Il ne dit rien pendant de longues secondes, se contentant d'échapper de petits nuages de fumée blanche.

— C'est lui qui est venu me chercher ce jour-là…

Le brun fronça les sourcils :

— Ce jour-là ?

— Hum… euh… j'avais dix-sept, presque dix-huit ans. On était déjà, lié, enfin… tout juste, j'étais encore décalé du coup... Je suis rentré en cycle et euh… mes parents… enfin tu vois, je t'en ai déjà parlé.

Le brun hocha la tête, mais ne dit rien de plus, ne voulant pas le couper dans son élan.

— Keiji et Kōtarō étaient au courant, ils savaient que j'allais mal. Kōtarō était déjà rentré à la fac et… Enfin, Keiji l'a appelé un jour en larmes, parce qu'il ne savait pas quoi faire pour m'aider. Je leur avais dit que ça servait à rien ne faire quoique ce soit… j'étais mineur et… enfin voilà… Kōtarō a… un peu pété un câble, mais bon… heureusement qu'il était là ce jour-là…

Silence.

Kenma échappa un sourire triste.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

— Il a conduit jusque chez mes parents. Il a sonné et quand mes parents ont ouvert il est rentré -il échappa un rire- mes parents ont vraiment pété un câble, ils ont même appelé la police, mais euh… Kōtarō a défoncé la porte de la cave et il… c'est lui qui m'a récupéré… j'étais vraiment dans un sale état… Je vais pas être trop graphique, mais ça faisait plusieurs jours que j'étais enfermé dans la cave, avec les pacificateurs…

— Bordel.

Bien que Kenma essayait de raconter le plus légèrement possible, Kuroo pouvait très bien entendre les tremblements dans sa voix. Il en avait la gorge nouée de détresse et de dégout, le corps remué de sursaut horrifié.

— Hmm… Bon on est pas allé bien loin au final, la police nous a interpelés au bout de la rue.

— Vraiment ?!

— Hum… Heureusement, il a réussi à obtenir que je ne revienne pas chez mes parents… J'avais des signes clairs de maltraitances et euh… j'étais en pleine crise de panique, donc ils n'ont pas été difficiles à convaincre. Ce sont ses parents qui sont venus me récupérer… Mais les flics l'ont quand même gardé deux jours…

Kuroo écarquilla les yeux.

— Il… a fait de la prison ?

— Non, pas de la prison, garde à vue. Il était quand même rentré chez mes parents pour kidnapper un mineur.

— Oh… oui.

— Heureusement, c'était quelques jours avant mes dix-huit ans, et en voyant qu'ils seraient plus dans la merde qu'autre chose s'ils s'engageaient dans un procès, mes parents ont abandonné les poursuites. Je les ai vus chez le juge, quand on a eu le rapport final du médecin légiste. Keiji et Kōtarō étaient là… Les parents de Kōtarō aussi d'ailleurs… La TPO est dégueulasse, mais, cette fois, elle m'a quand même aidé, vu que Keiji avait plus de droits sur moi que mes parents… C'est la dernière fois que je les ai vus…

Kenma se tut finalement. Kuroo échappa un lourd soupir, désorienté. Il savait que Kenma ne voyait plus ses parents depuis un moment, mais ils ne savaient pas que cela s'était fait aussi violemment. Pas étonnant que cela les ait traumatisés à tous les trois… Pas étonnant que Kenma en subisse toujours les séquelles. Pas étonnant que Kōtarō s'inquiète toujours autant pour lui.

— Woh… c'est… lourd… ce qui s'est passé.

— Je sais…

Il tourna les yeux vers Kenma, sa voix n'était plus qu'un murmure craquelé. Il lui souriait, mais ses yeux étaient devenus humides.

— Ça va ?

Il fit oui de la tête, mais son regard lui hurlait le contraire.

— Ça va aller… Ça ira mieux…

— Viens là, offrit Kuroo en lui ouvrant les bras.

Son amoureux s'approcha, le laissant l'étreindre.

— Faut que je parle à Kōtarō… Je veux pas qu'il reste en colère… Et faut que je m'excuse pour ce que je lui aie dit…

— Pas besoin…

Ils sursautèrent en entendant la voix. En se tournant, ils trouvèrent Kōtarō appuyer contre l'arête du mur.

— Oh… Kō, t'es là depuis longtemps ?

— Un moment oui…

— Oh… ok.

Ils ne dirent rien plusieurs secondes.

— Désolé, murmura le blond.

Kōtarō hoqueta, les larmes lui montant aux yeux. Il se rua sur son partenaire pour le prendre dans ses bras.

— C'est moi qui suis désolé… j'aurais pas dû m'énerver.

Kenma noua ses bras autour du cou de Kōtarō, et dans un mouvement presque chorégraphique, ils se redressèrent, se serrant l'un l'autre. Kenma entoura ses jambes au-dessus des hanches de son partenaire pour rester agrippé à lui.

— Tu avais de quoi t'énerver…

— Je veux juste que tu ailles bien Kenma.

— Je sais… Je vais faire plus attention… Je te promets de faire quelque chose…

— Promis ?

— Promis.

Le blond releva la tête pour lui faire face. Ils se sourirent, et le blond s'approcha pour embrasser ses lèvres.

Tetsurō sourit pour lui-même. Il se redressa : aussi attendrissant que cela soit, il sentait bien qu'il allait finir par être de trop. Alors qu'il repartait à pas de loup, Kenma l'interpela :

— Tu vas où ?

— Euh… je rentre… je vous laisse… vous avez surement besoin de temps tous les deux et…

— Tais-toi, le coupa Kenma. Viens-là.

Il détacha un bras de Kōtarō pour l'inviter à venir. Il hésita, mais les rejoignit finalement. Kenma referma l'étreinte autour de son cou, il se retrouva donc étouffé entre le torse de Kenma et le cou de Kōtarō.

— Je vous aime beaucoup, mais c'est le câlin le plus inconfortable que j'ai jamais reçu.

— Chut ! le somma Kenma, resserrant sa prise.

Il soupira, mais embrassa finalement l'étrangeté de cette étreinte et passa ses bras autour de ses amoureux.

Il sourit pour lui-même.

Certes, il mourrait de froid, et il était au bord de l'asphyxie, mais il n'échangerait ce moment pour rien au monde.

-/-

La découverte de ses presque superpouvoirs ayant été un peu noyée dans toute cette histoire, Kuroo n'avait pas réabordé la question depuis. Il avait bien tenté de réitérer son tour de passe-passe une fois ou deux, sans succès. Les suppresseurs ne l'aidaient pas franchement, il avait donc une fenêtre d'actions très courte qu'il n'arrivait pas forcément à exploiter. Il ne perdait cependant pas espoir et gardait cela dans un coin de sa tête.

— Celui-là ?

— Déjà vu.

Kōtarō souffla, continuant de faire défiler les miniatures de films. Cela faisait bien quinze minutes qu'ils tentaient de se mettre d'accord sur quel film regarder, écumant Netflix sans trouver à se mettre d'accords.

— Comment ça se fait que t'en aies vu autant ?

— La plupart je les ai vus quand vous étiez en cycle, fallait bien que je m'occupe !

— C'était ya des mois, y'en a eu plein de nouveau entre temps !

— Je t'en ai proposé des nouveaux t'as dit non, répliqua Tetsurō.

— On va pas regarder un truc de quatre heures ! Keiji ?

L'interpelé releva les yeux de son livre :

— Hmm ?

— Une idée ?

— Non je vous laisse choisir.

Kōtarō souffla de nouveau, il cliqua sur la première vignette qui apparut pour laisser voir le résumé.

— Ça ?

— Non, trancha Keiji.

— T'as dit que tu nous laissais choisir !

— Certes, mais une histoire d'amour entre une fée et un loup-garou, très peu pour moi.

— On peut trouver une série sinon, proposa Kuroo, on n'a pas encore fini de regarder Th…

Il fut coupé lorsque Kenma sortit brusquement de sa chambre, l'air ahuri.

— Euh… ça va ? demanda Kōtarō.

Le blond ne répondit pas, il s'avança vers eux d'un pas chancelant. Il manqua de faire tomber son téléphone, mais le récupéra in extrémis avant de le tendre à Kōtarō.

— Quoi ?

— Lis !

— Victime de son succès la demie finale ainsi que la final du tournoi d'Overlord Land Fantasy se dérouleront pour la première fois en physique à la Nova max Arena de Séoul en Corée du Sud, le 26 avril prochain… oh…

— Oui oh ! Bordel…

Kenma commença à tourner en rond, tapant des pieds sur le plancher.

— C'est la merde, je peux pas m'y rendre je… je vais me faire repérer et si je… Je peux pas, c'est mort !

— Les fans du jeu ont réussi à faire l'impossible, propulsant ce titre alors méconnu il y a encore peu sur le devant de la scène. Cet ovni du gaming, passé sous les radars des géants, fait son entrée fracassante cette année. Les fonds, récoltés quasi intégralement grâce au don de fans, ont non seulement permit à cette final de s'offrir le Nova mais également de permettre au grand champion de gagner jusqu'à… oh bordel de merde !

— Quoi !

Kōtarō se posa pour relire plusieurs fois.

— De gagner jusqu'à 2 milliards de won, soit l'équivalent de plus de 1.5 million de dollars.

Le silence s'abattu entre eux.

— Passe-moi cela, intervint Keiji, tu as toujours du mal à lire le… Keiji resta figé devant l'écran.

Ce fut donc au tour de Kuroo de s'assurer que le montant était exact :

— Yep, 1.5 millions c'est ça… Ça fait quoi en yen ? Genre 210 milliard ?

Silence.

— Non, mais je vais trouver une solution, affirma le blond. Les sélections et premiers matchs du tournoi se font toujours en virtuel, c'est juste pour la fin… je vais trouver une solution.

Les trois autres hochèrent la tête.

— Bordel on va être millionnaire, murmura Kenma.

— On l'était pas déjà ?

— Plus depuis un moment…

Kōtarō haussa un sourcil :

— Qu'est-ce que tu en as fait ?

Kenma roula des yeux :

— Je sais pas, j'ai peut-être acheté une maison avec !

— Oh… oui…

— Il y a quand même tout le tournoi avant, nuança Keiji.

Le blond balaya ses propos d'un revers de main, très peu impressionné.

— Na, c'est rien, je vais les écraser, comme d'hab !

Kōtarō se redressa, il se tint tout droit face au blond, l'air sévère :

— Ok, ok, mais pas de connerie cette fois, c'est pas une excuse pour te foutre en l'air et…

— Mais Kō faut bien que…

— Tetete ! Entrainement pas plus de cinq heures par jours, avec deux jours de pause.

— Huit heures et pas de pause.

— Six heures et deux heures de stream, un jour de pause.

— Je vais pas faire que deux heures de stream ! Quatre heures.

— Trois.

— Non, quatre, de 20h à 00h.

— 20h-23h30.

— Ok.

— Trois repas par jour, équilibrés ! Minimum sept heures de sommeil par jour.

— Kō…

— Et jogging trois fois par semaine.

— Une fois par semaine.

— Non.

— Si.

— Bon ok, une fois, mais tu dois sortir marcher au moins une fois par jour, deal ?

Kenma roula des yeux.

— Kō, c'est intense tu sais je sais pas si…

— Deal ?

Le reste de la négociation se fit uniquement par le regard. Kenma fut le premier à céder :

— Bon, ok deal !

Toute sévérité s'évapora du visage de Kōtarō :

— Parfait !

Un sourire immense s'étendit sur ses lèvres :

— On va être millionnaire ! Enfin, milliardaire… Ça dépend… Encore…

Kenma échappa un rire de pure euphorie, et ils se mirent tous les quatre à sautiller comme des puces.

— Million dollars baby !

-Fin du chapitre-

Kōtarō a pas l'air comme ça, mais c'est vraiment pas de la rigolade quand il s'énerve. Encore des montagnes russes dans ce chapitre, j'espère qu'il vous aura plu 😊

Prochain chapitre: "Game's on"

"— Le micro ! s'exclama-t-il finalement.

Les deux autres écarquillèrent les yeux, et Kenma appuya enfin sur la commande du son sur son deck.

— T'avais pas mute ?!

— Si !

— Bah non apparemment !

— Bordel ! "

See ya