A/N : Nope, rien de spécial à déclarer aujourd'hui. Profitez de votre journée ou nuit ^^

Résumé du chapitre précédent :

Harry va voir Andromeda et Teddy, et propose de garder son filleul de temps en temps. Andromeda renoue avec Narcissa, qui les invite tous les trois pour un thé au manoir Malfoy. Harry apporte des fleurs et renonce à comprendre les soeurs Black x) Il les invite quand même à passer au Square Grimmaud pour récupérer ce qu'elles veulent avant qu'il fasse des changements. Draco fait une apparition vers la fin de la discussion et personne ne s'insulte (grand succès !).


Harry profita du weekend pour mettre un semblant d'ordre dans la maison, et fut aidé par Ginny et Neville lorsque ceux-ci lui rendirent une visite à l'improviste. Le rangement laissa vite place à une série de discussions sur tout et n'importe quoi entre les trois amis, et s'orienta fatalement vers les derniers titres de la Gazette.

Apparemment, la commande de deux bouquets de fleurs par Harry Potter en moins de dix jours avait suffit à enflammer la presse.

- Papa et Bill ont fait un pari là-dessus, s'amusa Ginny.

Les trois sorciers étaient affalés dans le salon, chacun sur un canapé ou un fauteuil avec un manque de dignité qui aurait sans aucun doute fait s'évanouir les anciens occupants de la maison. Une carafe de jus de fruit était posée sur la table, et ils avaient chacun leur verre à portée de main.

- Est-ce que je veux vraiment savoir ? grimaça Harry.

- Ils comptent sur moi pour désigner le vainqueur ce soir, donc oui, rigola la rousse.

Harry leva les yeux au ciel, mais lui fit signe de continuer.

- Bill est sûr que tu t'es enfin trouvé quelqu'un, et papa est persuadé qu'il y a une autre explication.

- Je penche pour l'autre explication, intervint Neville en se redressant.

Les deux se tournèrent vers le sorcier le plus puissant de Grande-Bretagne, et le fixèrent du regard pour signifier qu'ils ne le laisseraient pas tranquille tant qu'ils n'auraient pas la réponse. Harry attira son verre à lui, et répondit en souriant.

- Le premier était pour Andromeda, quand je suis allé voir Teddy.

- Je le savais ! s'écria Ginny en levant le poing. Bill va être vert.

- Et le deuxième ? s'enquit Neville.

- Pour Narcissa Malfoy.

Harry cacha son sourire amusé derrière son verre en voyant Ginny et Neville écarquiller les yeux. Parmi tous les scénarios possibles, celui-ci était de toute évidence un de ceux qu'ils attendaient le moins.

- Tu as offert des fleurs à la mère de Malfoy ? s'exclama Ginny d'une voix plus stupéfaite qu'indignée.

- Elle m'avait invité pour un thé, je n'allais pas arriver les mains vides, répliqua Harry

Une seconde de silence plus tard, Ginny se mit à glousser et Neville se mordait les lèvres pour ne pas rire.

- Attends que maman apprenne ça, s'esclaffa la rousse. Et Ron ! Oh Merlin, cette fois il va s'étouffer pour de bon !

- Harry, tu es sûr de toi ? demanda Neville. Si la presse apprend que tu fréquentes les Malfoy, tu feras encore les gros titres.

- Je fais déjà les gros titres, soupira Harry. Et franchement, je m'en fiche. Narcissa est-

- Hautaine ? Froide ? Terrifiante ? proposa Ginny.

- Aimable, corrigea Harry. Elle a été très correcte avec moi et gentille avec Teddy.

- Et avec Andromeda ?

- Joker, sourit-il. Elles sont soeurs, donc elles ont leur façon de communiquer. Mais Meda avait l'air contente.

Neville siffla de surprise, et Harry leva un sourcil interrogateur dans sa direction.

- Et Malfoy ?

- Je l'ai croisé en coup de vent et il ne m'a pas insulté, s'amusa le Griffondor. Donc j'imagine que ça va. Honnêtement, si je peux faire ma dernière année à Poudlard sans les Serpentards qui me tirent dans les pattes, ça m'arrange.

- Donc... tu vas essayer quoi ? De devenir ami avec lui ? fit Ginny en fronçant les sourcils.

- Hey, il voulait être mon ami quand on avait onze ans. Si ça se trouve, son offre tient toujours, plaisanta Harry avec un clin d'oeil.

Ils éclatèrent tous les trois de rire, et le sujet s'orienta vers leur prochaine année à Poudlard.

-o-oOo-o-

Lundi, Andromeda resta une partie de la journée dans la demeure, mais laissa Harry s'occuper de son filleul tout seul. Elle ne choisit que quelques affaires à emporter avec elle, et si ses yeux brillaient d'émotion au moment de repartir, elle s'efforça de conserver un air détaché.

Harry prétendit ne rien remarquer, et s'occupa de Teddy avec un plaisir certain. Il commençait à saisir les contraintes qui allaient avec un bébé, et arrivait à s'en sortir sans trop paniquer. Lorsqu'Andromeda vint récupérer son petit-fils, l'air radieux du Griffondor suffit à la renseigner sur le fait qu'il avait aimé prendre soin de son filleul.

- Narcissa passe toujours demain ? lança-t-elle l'air de rien.

- Oui, confirma le Griffondor en lui tendant un sac. Elle sera là demain matin vers dix heures.

Andromeda réprima un sourire en coin, et Harry se demanda tout à coup si l'horaire était moins anodin qu'il n'y paraissait.

- Ma foi, je te souhaite un bon moment avec elle. Amusez-vous bien.

- Merci, Meda, répondit Harry d'un air sarcastique.

- Mais de rien.

Une fois qu'elle fut partie, Harry eut la très nette impression qu'il allait tomber à pieds joints dans un piège qu'il avait creusé sans faire exprès. Andromeda avait eu le même air dangereusement satisfait que lorsqu'elle lui avait transmis l'invitation de sa soeur.

-o-oOo-o-

Au final, Harry ne fut qu'à moitié surpris de voir Malfoy accompagner sa mère. Sa seule consolation fut que son rival avait l'air au moins aussi mal à l'aise que lui. Il semblait que les soeurs Black avaient décidé de comploter pour les forcer à s'entendre.

- Merci de nous recevoir, Harry, le salua Narcissa en souriant.

- C'est un plaisir, répondit-il en s'effaçant pour la laisser passer.

- Je vois que tu as réussi à enlever le portrait de ma tante, s'amusa la sorcière blonde. Comment a réagi Kreattur ?

- Il n'est pas au courant que c'est moi qui l'ai décroché, grimaça Harry.

La sorcière laissa échapper un petit rire, puis avança dans la maison en parfaite connaissance des lieux, laissant son fils et son hôte dans l'entrée.

- Malfoy.

- Potter.

- Tu comptes rester sur le paillasson ? ironisa Harry.

- Si tu ne m'invites pas à rentrer, oui.

Une étincelle à la fois amusée et dangereuse s'alluma dans les yeux du Griffondor.

- Je m'en voudrais de vexer ta mère en t'empêchant de l'accompagner, déclara-t-il suavement. Je t'en prie, sois le bienvenu.

Draco fit de son mieux pour afficher son agacement, mais la même étincelle joueuse brillait dans son regard. Les deux sorciers s'avancèrent jusque dans le salon, où Narcissa les attendait.

- Harry, verrais-tu un inconvénient à ce que je reste seule pendant mes recherches ?

Le sorcier brun secoua la tête, conscient de l'émotion et des souvenirs liés à la demeure que Narcissa s'apprêtait à affronter.

- Si vous avez besoin d'aide, Kreattur connaît la maison mieux que moi de toute façon. Et il sera heureux de vous revoir.

- Merci, murmura-t-elle. Je vous laisse tous les deux. Draco, souviens-toi de notre petite discussion, rappela Lady Malfoy avant de s'éclipser.

Une fois que les escaliers menant à l'étage eurent fini de grincer, les deux rivaux se regardèrent en chien de faïence pendant quelques instants.

Puis Harry soupira et s'affala sur le fauteuil qui était devenu son préféré, en indiquant au blond de s'asseoir où il voulait. Le concerné opta pour le canapé, et s'assit sans rien dire. Au bout de deux minutes, le Griffondor laissa tomber.

- Comment Narcissa t'a convaincu de venir, exactement ?

- Depuis quand tu t'intéresses à la relation que j'ai avec ma mère, Potter ?

Harry leva les yeux au ciel.

- Malfoy, même un idiot se rendrait compte que tu n'as pas envie d'être là. J'essaie juste de faire la conversation.

Le Serpentard haussa un sourcil, et conserva un air méfiant.

- Si c'est juste pour maintenir les apparences, tu peux t'en passer. Elle ne doit plus pouvoir nous entendre maintenant.

- Excuse-moi de vouloir être plus aimable qu'une porte de prison avec mes invités, railla le brun.

- Excuses acceptées.

Ils se dévisagèrent un instant, puis les lèvres de Draco s'étirèrent de quelques millimètres et Harry se mit à rire.

- Plus sérieusement, pourquoi tu es là ? reprit le Griffondor. Pas que ça me dérange, ajouta-t-il en haussant les épaules, mais j'ai du mal à t'imaginer venir me voir de ton plein gré.

- Et pourquoi ça ?

- Merlin, quelle étrange question, répliqua Harry en laissant le sarcasme envahir sa voix. Peut-être parce que tu as passé la moitié de ta vie à pourrir la mienne pour une poignée de main refusée à onze ans ? À moins que ce soit pour l'absence totale de communication depuis la fin de la bataille de Poudlard ? Ou peut-être juste à cause de la tête que tu fais à chaque fois que tu es obligé de supporter ma présence plus d'une demi-seconde ?

Draco haussa partiellement un sourcil, surpris par la tirade. Intrigué, il pencha la tête sur le côté et laissa un léger sourire flotter sur ses lèvres.

- Et quelle tête je fais, exactement, quand tu es là ?

- Typique, grommela Harry. Aucune réponse à mes questions, mais je dois répondre aux tiennes.

Le Serpentard soupira, et se relâcha un tout petit peu plus dans le canapé.

- Ma mère m'a plus ou moins forcé à venir et à être poli avec toi, déclara-t-il. Elle est complètement sous ton charme.

- Très amusant, Malfoy.

- Je ne plaisante pas, Potter. Je n'ai aucune idée de la façon dont tu t'y es pris, mais ma mère t'adore et je ne suis pas assez fou pour la contrarier.

- Rappelle-moi de ne jamais la vexer, fit Harry en retrouvant un semblant de sourire amusé.

Une flamme s'alluma dans le regard gris du sorcier blond.

- Tu risques de regretter cette demande, Potter.

- Je prends le risque, répliqua-t-il.

Un léger défi flotta dans l'air quelques instants, mais le silence fut bien moins inconfortable. Puis Harry s'enfonça complètement dans son fauteuil avec un sourire hilare.

- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? demanda Draco.

- Toi et moi seuls dans la même pièce plus de trois minutes d'affilées, sans un sort ou une insulte qui vole.

Le Serpentard eut un sourire complice.

- Depuis le temps que tu te spécialises dans l'impossible, tu ne devrais plus être surpris par ce genre de miracles, Potter.

- Merlin, est-ce que c'était un compliment déguisé ? fit semblant de s'étonner Harry. J'espère qu'il reste de la place à Sainte Mangouste.

- Répète-le à quelqu'un et je te garantie que tu m'y accompagneras.

Harry explosa de rire, et mima le fait de fermer sa bouche à clé avant de jeter cette dernière.

- J'emporterai ton secret dans la tombe.

- J'espère bien. J'ai une réputation à tenir.

- Évidemment, ironisa le brun. Je vois d'ici le scandale si on apprenait que le Prince de Glace de Serpentard a fait un compliment au Golden Boy de Griffondor. Avec un peu de chance, Skeeter en oublierait ses idioties sur Ginny et moi.

- Ah, oui. La fille Weasley. Ma mère m'a dit que vous n'étiez pas ensemble, en fin de compte ?

- Les nouvelles vont vite, fit Harry en soupirant.

- Si tu savais, s'amusa Draco.

Harry secoua la tête, mais son regard demeura amusé. D'un coup, il sembla se rappeler d'un détail.

- Tu veux quelque chose à boire ?

- Tu as un thé convenable ? répondit Draco.

- Définis convenable ? répliqua Harry avec une grimace d'excuse. Sinon, j'ai du jus de citrouille.

- Par Salazar, Potter, soupira le Serpentard, toute ton éducation est à refaire...

- Possible, admit Harry en haussant les épaules. Alors ?

- Jus de citrouille.

- Tu vois quand tu veux.

Quelques instants plus tard, ils avaient chacun un verre en main. Harry était de nouveau sur son fauteuil après être allé les servir, et Draco semblait réfléchir à quelque chose

- Donc, tu n'es pas avec la fille Weasley, reprit le Serpentard d'un air pensif. Étonnant.

- Je sais, tout le monde nous voyait déjà mariés avec trois enfants, répliqua Harry en levant les yeux au ciel.

- Pas forcément trois, nuança Draco d'un air amusé. Mais reconnaît que ça a de quoi surprendre quand on sait que tu as passé ta vie à faire ce qu'on attendait de toi.

Harry se retrouva bouche bée, estomaqué par la simplicité et la justesse avec laquelle son rival venait de décrire sa situation. Il lui fallut quelques secondes pour se remettre du choc.

- Tu es le premier à remarquer ça, lâcha-t-il sans réfléchir.

- Un Malfoy est toujours le premier, Potter.

Sa remarque ramena un semblant de normalité dans leur conversation après la bombe qu'il venait de larguer, et Harry parvint à rebondir.

- Si tu pouvais être le premier à trouver une solution pour que la Gazette arrête de me fiancer à Ginny tous les trois jours, ironisa-t-il, ça m'arrangerait.

Draco lui lança un regard désabusé, puis une lueur calculatrice s'alluma dans ses yeux. Un petit sourire apparut au coin de ses lèvres.

- Je pourrais avoir une solution pour ça.

Harry le fixa d'un air sceptique.

- Viens à ma soirée d'anniversaire vendredi. Seul.

Un silence tomba dans le salon, et dura une dizaine de secondes. Puis Harry cligna des yeux et reposa son verre sur la table.

- Excuse-moi, tu peux répéter ? J'ai cru que tu me proposais de venir à ton anniversaire.

- Potter, arrête de jouer les imbéciles. Je suis sérieux.

- Malfoy, dans quel univers parallèle je me retrouverais à ton anniversaire ?

- C'est un évènement mondain, soupira le Serpentard. Si tu t'y montres seul, tout le monde saura que tu es célibataire.

- Et qu'est-ce que tu y gagnes ?

Draco eut l'air satisfait de la direction que prenait la conversation.

- Disons que si la première fête à laquelle se présente le Sauveur du Monde Sorcier est en mon honneur, la réputation de ma famille retrouvera le niveau qu'elle mérite.

Harry réfléchit quelques instants.

- Donc... gagnant-gagnant, en théorie.

- En théorie. Et ça ferait plaisir à ma mère, tu peux en être sûr. Je pense qu'elle invitera aussi Andromeda et Teddy, d'ailleurs.

- Je ne resterai pas longtemps, prévint Harry.

- Deux heures devraient suffire.

- Et pour le cadeau ?

Le sorcier blond leva les yeux au ciel dans une expression dégoûtée.

- Abstiens-toi. Tu n'as pas idée du nombre d'horreurs hors de prix que je vais devoir faire semblant d'apprécier pendant cette soirée.

Harry rit de nouveau face à la réplique, et hocha la tête quand son hilarité se fut calmée.

- Je prévois une tenue formelle, j'imagine ?

Au vu du regard blasé que lui lança son interlocuteur, le Griffondor considéra qu'il s'agissait d'une réponse positive.

- Je t'enverrai une invitation officielle en rentrant au manoir.

- Trop aimable.

- Je sais. Ma mère a insisté, après tout, ajouta-t-il avec un sourire ironique.

Les deux rivaux se sourirent un instant. Avant que la conversation puisse reprendre, cependant, un crac annonça l'arrivée de Kreattur.

- Dame Narcissa fait dire à Maître Harry Potter qu'elle en a encore pour quelque temps, annonça-t-il.

- Dis-lui qu'elle peut prendre tout le temps qu'il lui faut, répondit Harry en souriant.

- Est-ce que Kreattur doit préparer un déjeuner pour trois personnes ?

Harry interrogea son invité du regard.

- Vous restez manger ?

- Si ma mère en a encore pour longtemps, je pense que oui. Sauf si tu nous jettes dehors, évidemment, ajouta-t-il avec ironie.

- Donc déjeuner pour trois, Kreattur. Tu sauras t'en charger seul ?

Le vieil elfe s'indigna si fort qu'Harry battit en retraite et accepta de le laisser faire tout ce qu'il voudrait en cuisine. Lorsque Kreattur repartit en grommelant, Draco avait un air moqueur.

- Harry Potter défait par un elfe de maison. Si le Seigneur des Ténèbres l'avait su plus tôt, il aurait pu s'épargner quelques années de cache-cache.

- Ne sous-estime pas les elfes de maison, grimaça Harry. Surtout Kreattur.

- Salazar me préserve de la naïveté des Griffondors, murmura Draco en cachant un sourire sous sa main.

- Qu'est-ce que c'était que ça, Malfoy ?

- Mmh ? Oh, rien du tout. Tu dois recommencer à entendre des voix, Potter.

Harry fronça les sourcils, pas dupe, mais choisit de laisser passer.

Ils alternèrent entre silence et discussions badines jusqu'à ce que Narcissa revienne, quelques minutes après que midi ait sonné. L'aristocrate était toujours très droite, fière et altière, mais Harry eut l'impression que les souvenirs qu'elle avait revu l'avaient rendue un peu plus vulnérable.

- Kreattur vient de me prévenir que le déjeuner était prêt, annonça-t-elle. J'espère que nous ne nous imposons pas.

- Je pense qu'il est ravi de recevoir les vrais descendants des Black, répondit Harry. Je n'allais pas le priver du plaisir de vous servir.

Le sourire de la sorcière s'attendrit imperceptiblement. Les trois sorciers se dirigèrent vers la salle à manger, et s'assirent devant les places qui leur étaient attribuées. Harry en extrémité de table, Narcissa à sa droite et Draco à sa gauche. Une fois installés, le Griffondor prit son air le plus innocent et reprit en s'adressant à la mère de son rival.

- Et puis Draco a été charmant.

- Tiens donc ? releva Narcissa en se tournant vers son fils.

L'air choqué du sorcier blond ne lui échappa pas, mais le petit mensonge d'Harry était trop amusant pour qu'elle renonce à entrer dans son jeu.

- Absolument, confirma Harry avec un visage angélique. Il m'a même invité à son anniversaire, vendredi soir.

- Quelle excellente nouvelle, se réjouit-elle. Draco, tu aurais pu me prévenir que tu avais l'intention d'inviter Harry.

- Je pensais que la surprise vous plairait davantage, mère, répondit le sorcier blond avec un sourire acide.

Il donna discrètement un coup de pied sous la table à son rival, qui réagit à peine et se tourna vers lui avec un grand sourire. Seule l'étincelle dans ses yeux émeraude promettait qu'il allait le regretter. Leurs plats apparurent sur la table, un poisson blanc savamment préparé assorti de carottes et d'une sauce aux agrumes. Ils prirent le temps de commencer à manger avant de relancer la conversation.

- Draco, reprit Harry en insistant sur le prénom, je suis ravi de pouvoir venir à ton anniversaire, mais franchement, arriver sans cadeau me met mal à l'aise. Tu es sûr qu'il n'y a rien qui te ferait plaisir ?

- Potter, tu-

- Harry, le coupa le brun avec un sourire désarmant.

- Harry, reprit Draco en grinçant des dents, j'insiste. Tu ne-

- Ne t'inquiète pas, Harry, intervint Narcissa. J'ai toujours quelques idées pour mon dragon, nous pourrons en discuter pour que tu trouves quelque chose à temps.

- Mère ! protesta le Serpentard.

Narcissa, sous son masque poliment enjoué, s'amusait beaucoup trop pour laisser l'indignation de son fils l'empêcher de continuer.

- Et ne t'inquiète pas pour ta tenue, poursuivit-elle à l'intention de Harry. J'en discuterai avec Meda, je suis sûre qu'elle sera d'accord pour t'aider à trouver un ensemble adapté.

- C'est très aimable de votre part à toutes les deux, sourit le Griffondor.

- Allons, c'est le moins qu'on puisse faire.

Devant le spectacle évident de sa mère et son rival en train de s'amuser à ses dépends, Draco mua son indignation en pure fourberie. Potter voulait jouer à ce jeu-là ? Ils allaient jouer. Il se recomposa un visage calme et poliment enthousiaste, et s'adressa à sa mère.

- En fait, fit-il d'un ton suave, je comptais proposer à Harry de rester quelques jours au manoir, le temps que cette maison soit refaite.

La tête ahurie de son rival élargit son sourire, qu'il s'appliqua à rendre aussi innocent et angélique que celui de Potter.

- Ce n'est pas nécessaire, objecta aussitôt le brun. Je comptais prendre le temps de tout refaire au fur et à mesure.

- Draco, c'est très attentionné de ta part, observa Narcissa avec un sourire amusé.

- Vraiment, j'insiste, fit Harry avec un soupçon d'inquiétude dans la voix.

- Balivernes, balaya Lady Malfoy. Tu seras plus tranquille si tout est fini rapidement, et les elfes du manoir pourront prêter main-forte à Kreattur pour accélérer le processus.

- Tu devrais écouter ma mère, Harry. Tu ne voudrais pas la vexer en refusant son aide, n'est-ce pas ?

Le sourire charmeur de Draco lui valut un regard furieux de son rival. Le Serpentard retint un petit rire. Après tout, il l'avait prévenu qu'il risquait de regretter sa demande.

- Votre offre est très généreuse, Narcissa, déclara lentement le Griffondor. Mais je n'ai encore rien décidé concernant les travaux ou la décoration de la plupart des pièces.

- Évidemment, soupira-t-elle, tant que tu ne sais pas exactement ce que tu veux modifier, cela risque de prendre du temps...

Elle fit mine de réfléchir en prenant un morceau de poisson, mais Draco connaissait sa mère et reconnut sa mise en scène en un instant. Le coup d'oeil calculateur qu'elle lui lança lui fit aussitôt douter de son plan.

- Oh, mais il y a une solution toute trouvée, déclara-t-elle soudain.

La menace qui brillait dans les yeux bleus de Lady Malfoy provoqua un frisson d'inquiétude chez les deux sorciers.

- Draco, tu pourrais revenir ici demain et après-demain pour aider Harry. Après tout, tu as toujours eu un très bon sens des couleurs et de la mode, ajouta Narcissa. Et ça me permettrait de finir les préparations de ta soirée pour qu'au moins quelques éléments soient une surprise.

- Erm... tenta Harry.

- Mère, je ne pense pas qu-

- N'est-ce pas la solution la plus arrangeante pour tout le monde ? fit-elle avec un sourire à la fois charmant et glacial.

Les deux sorciers échangèrent un bref regard paniqué, et déglutirent. La question n'en était visiblement pas une, et Harry commençait à comprendre pourquoi Lady Malfoy avait la réputation d'être plus dangereuse que son mari.

- C'est une... très bonne idée, capitula Harry. Sauf si tu as déjà d'autres plans ? fit-il avec espoir en se tournant vers Draco.

Le Serpentard le toisa avec une expression qui signifiait clairement "n'y compte pas".

- Rien qui ne puisse être reporté, céda le Serpentard.

- J'en suis ravie, sourit Narcissa sans perdre son air menaçant. Je suis persuadée que passer un peu de temps juste tous les deux vous sera très bénéfique.

Les deux sorciers retinrent une grimace avec plus ou moins de succès. En désespoir de cause, Draco tenta une ultime objection.

- Il vaudrait sans doute mieux que j'en parle à père avant, tout de même.

- Ne t'inquiète pas, le rassura-t-elle. Je me charge de le convaincre. Je suis persuadée qu'il sera enchanté.

L'air incrédule du Golden Boy suffit presque à consoler Draco de son échec. Presque.

-o-oOo-o-

Trois jours plus tard, Harry était occupé à servir de poupée à Andromeda. Du moins, c'est l'impression qu'il en avait en la voyant s'affairer autour de sa tenue. Elle-même avait revêtu une élégante robe vert sombre, avec des broderies dorées et noires aux motifs de feuilles. Harry était certain que c'était sa façon de rendre hommage à son mari, qui – si ses souvenirs étaient corrects – avait été à Poufsouffle et s'était spécialisé dans l'Herbologie. Elle s'était contentée d'un trait d'eye-liner pour tout maquillage, qui mettait ses yeux marron en valeur de façon subtile et efficace.

Andromeda était arrivée en milieu d'après-midi avec Teddy, et s'était changée avant de préparer la tenue d'Harry. Celui-ci n'avait eu son mot à dire à aucun moment, Narcissa et Andromeda s'étant arrangées entre elles pour le design, la commande et même la livraison de son ensemble.

- Tourne-toi un peu, fit-elle. Voilà, parfait. La coupe est impeccable, Tissard et Brodette font toujours un excellent travail.

- J'ai l'impression de ressembler à un épouvantail, grommela Harry.

Il ne voulait même pas savoir comment les deux sorcières avaient fait pour obtenir ses mensurations.

- Un épouvantail porte rarement du sur-mesure, s'amusa Andromeda. Je te garantie que tu vas faire tourner toutes les têtes, ce soir.

La fierté et la certitude qui émanaient de sa voix envoya une sueur froide le long de la colonne vertébrale du Golden Boy. La dernière chose qu'il voulait était de se retrouver au centre de l'attention lors d'une fête destinée à Malfoy. Son rival ne lui pardonnerait pas un tel affront.

Quelques flash des jours précédents lui revinrent en mémoire.

-o-

Malfoy avait l'air sur le point de lui hurler dessus pour la troisième fois en vingt minutes.

- Potter, si tu veux vraiment rendre cet endroit plus lumineux, oublie l'idée de peindre les murs en beige, grinça-t-il. Ça les rendra juste plus moches.

- Je ne vais pas tout mettre en vert et argent, Malfoy !

- Tu pourrais faire un effort pour au moins faire semblant de respecter la famille à qui cette maison appartient !

- Ça se voit que tu n'as jamais croisé mon parrain, renifla Harry. Il aurait été le premier à mettre des couleurs vives partout juste pour contrarier ses ancêtres.

- Salazar, jura le blond en se massant les tempes. Je sens que ça va être long.

-o-

Harry était dans une des chambres, qui était très semblable aux autres, et réfléchissait à voix haute.

- Une fenêtre ferait du bien ici.

- Chaque chambre a besoin d'une fenêtre, approuva Malfoy. De préférence à l'opposé de la porte, pour que la lumière naturelle soit à l'opposé de la lumière qui pourrait venir du couloir.

Le Griffondor parut surpris un instant, puis hocha la tête. Draco examina un détail du mur d'un oeil expert avant de poursuivre.

- Il faudra changer le mobilier. Des meubles trop grands dans une pièce trop petite donnent l'impression qu'elle est encore plus petite et plus étouffante qu'elle ne l'est.

- Oh.

- Tu devrais aussi créer une atmosphère pour chaque chambre. Si tu prends trois types d'ensembles assortis pour les meubles principaux, ça te permettra de varier les ambiances tout en gardant une harmonie générale.

- Donc... un ensemble bureau, lit et armoire en bois clair, un en bois sombre et un en blanc ? suggéra Harry.

Le Serpentard se tourna vers lui avec un regard surpris mais approbateur.

- On dirait que tu n'es pas un cas aussi désespéré que je le croyais, Potter.

-o-

La salle de réception était nettement plus grande que ce que l'extérieur de la demeure aurait pu laisser supposer.

- Ce lustre doit disparaître, affirma le Griffondor.

Malfoy jeta un regard à l'antiquité qui menaçait de s'effondrer, et réfléchit quelques instants.

- Peut-être qu'il y a moyen de le restaurer. En modifiant quelques détails, tu pourrais en faire la pièce maîtresse de cette salle.

- Si tu le dis, répondit Harry en haussant les épaules. Mais je te tiendrai responsable en cas d'accident.

Le Serpentard esquissa un sourire.

- Dommage. Ça aurait fait une occasion parfaite de me débarrasser de Weasley.

À leur surprise à tous les deux, Harry se contenta d'en rire.

-o-

Le jardin à l'arrière de la maison était presque à l'abandon, mais ils appréciaient d'être enfin à l'extérieur et passèrent un long moment à discuter de la façon de le transformer.

- Tu devrais mettre des parterres de fleurs ici et là-bas.

- Je n'y connais rien en fleurs, grommela Harry.

- Visiblement, tu en savais assez pour offrir un bouquet parfait à ma mère.

- J'ai eu de l'aide, admit le Griffondor en détournant le regard.

Draco sourit en voyant sa gêne et son regard s'adoucit.

- Ça rend le geste d'autant plus important. Se risquer hors de ce qu'on connaît pour faire plaisir à quelqu'un, c'est la marque d'une attention sincère et d'une réelle préoccupation pour la personne à qui le présent est destiné.

Stupéfait par la tendresse inhabituelle dans la voix de son rival, Harry s'était retourné et avait croisé son regard pendant une seconde. Pendant ce bref instant, les émotions qu'il avait vu danser dans les yeux gris le laissèrent sans voix. Puis ils redirigèrent tous les deux le regard vers le jardin, gênés par l'étrange échange qui venait de se produire.

- Est-ce qu'une fontaine serait de trop à ton avis ? demanda Harry pour changer le sujet.

- Ça dépend du modèle que tu as en tête, répondit le blond avec une voix tout aussi tendue.

-o-

Harry fut tiré hors de ses souvenirs par la voix d'Andromeda.

- Et voilà ! annonça-t-elle de façon théâtrale.

- Erm... merci, Meda, marmonna Harry.

Celle-ci laissa échapper un petit rire.

- Tu n'as aucune idée de l'allure que tu as, pas vrai ?

Une légère rougeur colora les joues du Griffondor, et il passa une main dans ses cheveux en bataille.

- On va laisser tes cheveux comme ça, décida la sorcière. Te connaissant, ils seraient de nouveau en bataille en moins d'un quart d'heure. Ça te donne un style bien à toi, de toute manière.

Le sourire à la fois ravi et diabolique de la sorcière brune lui fit un peu peur, mais moins que si elle avait dégainé un peigne. Andromeda se contenta d'un coup de baguette pour faire voler une paire de chaussures hors de leur boîte.

- Enfile ça et va voir à quoi tu ressembles dans le miroir de l'entrée.

Son ton indiquait clairement qu'il s'agissait d'un ordre, et Harry ne voulait pas savoir ce qui allait se passer s'il désobéissait. En soupirant, il mit les chaussures noires en s'attendant à ce qu'elles soient affreusement inconfortables, et fut surpris de constater qu'elles étaient très agréables à porter. Probablement pas idéales pour fuir un mage noir dans une forêt ou esquiver des sorts sur un champ de bataille, mais assez confortables pour marcher pendant quelques heures.

Une fois paré, il s'avança jusque dans le couloir d'entrée. Il utilisa les quelques mètres pour se demander si la présence d'un miroir à cet endroit était pour permettre aux occupants de vérifier leur allure avant de sortir. Il inspira un grand coup, prêt à avoir l'air ridicule, et s'avança devant le miroir pour observer son reflet.

À son grand étonnement, il se trouva... présentable. Pas au niveau d'un mannequin professionnel ou des Malfoy, mais raisonnablement élégant.

Plutôt que des robes de sorcier, Andromeda et Narcissa lui avaient commandé un costume moldu trois-pièces noir, complété par une chemise anthracite et une paire de chaussures habillées noires. De façon surprenante, l'ensemble ne jurait ni avec ses cheveux en bataille, ni avec son teint hâlé. Les seules notes de couleur étaient les boutons de manchette dorés et une pochette verte.

Celle-ci était de la même nuance que la robe d'Andromeda, et le tissu était discrètement brodée d'un fil doré. Par chance, il avait pu échapper à la cravate. S'il parvenait à défaire un ou deux des plus hauts boutons de sa chemise au cours de la soirée, il pourrait peut-être même se sentir un peu plus à l'aise qu'il ne l'aurait cru possible au départ.

Andromeda arriva à côté de lui, Teddy dans les bras, et lui adressa un sourire radieux.

- Verdict ?

- Ça rend bien, reconnut Harry d'un air étonné.

- Harry, soupira-t-elle d'un air affectueux. Ça rend plus que bien, crois-moi.

Le concerné haussa les épaules, et défit les boutons de la veste. Le gilet apparaissait mieux, et il pouvait enfin mettre les mains dans les poches de son pantalon. Andromeda secoua la tête, mais le laissa faire malgré tout.

- Bien, résuma-t-elle. Je suis prête, tu es prêt, et Teddy est aussi prêt qu'il peut l'être. Kreattur ?

- Dame Andromeda ? fit celui-ci en apparaissant.

- Prends les cadeaux et les affaires de Teddy, nous allons pouvoir partir.

L'elfe s'inclina et disparut, laissant les sorciers seuls dans le vestibule.

- Kreattur vient avec nous ? s'étonna Harry.

La sorcière brune hocha la tête.

- Les elfes de maisons accompagnent généralement leurs maîtres à une réception lorsqu'il y a un nouveau-né dans la famille, afin de s'en occuper.

Harry écarquilla les yeux, surpris par le sous-entendu. Même si Kreattur s'était toujours bien comporté avec Teddy, il n'avait pas pour autant accepté le petit-fils d'Andromeda comme membre de la famille Black. Le Griffondor soupira en songeant que Narcissa y était sans doute pour quelque chose.

Kreattur réapparut avec deux paquets et un sac, dont il réduit la taille avec un claquement de doigts avant de s'incliner de nouveau. Andromeda sourit à Harry, rectifia un pli de sa robe, et se redressa fièrement.

- Bien, allons souhaiter un joyeux anniversaire à mon neveu, déclara-t-elle.

- Allons-y, fit Harry avec nettement moins d'enthousiasme.