A/N : toutes mes excuses pour le retard, j'espère que ce chapitre vous plaira quand même !

Résumé du chapitre précédent :

Draco et Harry finissent de discuter (Draco propose son aide pour aider les parents d'Hermione à retrouver la mémoire) avant de retourner à la soirée. Petit Lucius vs Harry en version diplomatique qui se finit bien. Harry et Draco rejoignent Blaise et Théodore et les quatre passent le reste de la soirée en bonne entente. Le lendemain matin, Neville rend visite à Harry au Square Grimmaud.


Neville et Harry en étaient à imaginer les réactions de Seamus lorsque Kreattur apparut dans la cuisine.

- Maître Draco Malfoy, annonça l'elfe de maison.

Il ouvrit la porte de la cuisine aussitôt après, puis disparut dans un bruit sec. Draco entra en adressant un regard noir au Sauveur du Monde Sorcier, ignorant complètement l'autre personne présente dans la pièce.

- Potter, je te jure que tu vas regretter le coup que tu m'as fait hier soir.

- Je n'ai pas la moindre idée de ce à quoi tu fais allusion, répondit Harry avec une voix suave. Et bonjour à toi aussi, Draco.

- Tu m'as envoyé la moitié des idiotes de la salle en leur disant que je voulais danser.

Harry tourna son regard vers Neville, qui avait l'air de ne pas savoir où se mettre. Harry lui sourit d'un air complice.

- Comme tu peux le voir, Neville, Draco et moi nous sommes parfaitement réconciliés.

Draco sembla enfin remarquer la présence du troisième sorcier dans la cuisine, et se calma pour s'adresser à lui.

- Londubat, fit-il en hochant la tête.

- Malfoy, fit Neville en l'imitant.

L'air se chargea en électricité un moment, puis Neville soupira. Il avait appris à gérer sa timidité au fur et à mesure des années, jusqu'à faire un discours de ralliement face au Seigneur des Ténèbres en personne. Il regarda l'héritier Malfoy droit dans les yeux d'un air sérieux.

- Harry m'a dit que vous aviez décidé d'être amis tous les deux.

Le Serpentard haussa un sourcil, et lui rendit son regard avec un air de défi.

- Et ça te pose un problème ?

- À moi, aucun. Mais je me sens obligé de te prévenir qu'être ami avec Harry a des effets secondaires. Tu risques d'être tenté de le suivre dans ses plans improvisés, et de vouloir l'aider quoi qu'il arrive. Il y a aussi une chance non négligeable que tu te fasses entraîner dans des aventures potentiellement mortelles.

L'étincelle hilare qui brillait dans ses prunelles bleues acheva de dissiper la tension qui s'était installée. Draco laissa un sourire en coin étirer ses lèvres, nettement plus disposé à accepter ce genre de discours.

- Neville ! protesta Harry. Tu es censé lui dire que s'il me fait du mal, tu le lui feras regretter.

- Ça, c'est le rôle d'Hermione, pas le mien, rigola le Griffondor.

Harry marmonna des protestations pour la forme pendant quelques instants, puis fit signe au blond de s'asseoir. Celui-ci opta pour la chaise en face de Harry, et en profita pour s'adresser à Neville, qui était à côté du Golden Boy.

- Je croyais qu'Harry avait terminé les aventures dangereuses et mortelles ? fit le Serpentard en haussant un sourcil.

- Il lui reste une année à Poudlard, déclara Neville.

Son ton exprimait parfaitement que ce simple fait était une explication qui se suffisait à elle-même, et Draco dut reconnaître que l'argument se tenait.

- Je suis toujours là, je vous rappelle, grommela l'intéressé.

- Personne ne t'oublie, Harry, le rassura Neville. Et sinon, c'est quoi cette histoire de danse ? fit-il en s'adressant au Serpentard.

- Harry a attendu de partir de la soirée pour m'envoyer toutes les sorcières célibataires de la salle, déclara Draco en fusillant Harry du regard.

- Mes condoléances, fit Neville en se retenant de rire.

- Tu l'avais cherché, répliqua Harry en relevant la tête.

- J'ai dû danser avec Parkinson, Potter.

Les deux Griffondors grimacèrent de concert. Neville remarqua au passage que Malfoy semblait repasser au nom de famille quand il avait quelque chose à reprocher à Harry, ce qui était assez amusant.

- D'accord, admit le Golden Boy, j'admets que je n'avais pas prévu que ça irait aussi loin.

- Au moins, lança Neville, ça fait un exemple concret des aventures potentiellement mortelles dans lesquelles l'amitié d'Harry peut t'entrainer.

Harry dévisagea Neville pendant un instant, puis explosa de rire. Le deuxième Griffondor parvint à retenir son hilarité deux secondes avant de l'imiter, et même Draco sentit son sourire revenir.

Pendant que les deux Griffondors riaient, le Serpentard contempla la situation. Peut-être était-ce dû à son statut social en tant qu'héritier d'une famille Sang-Pur, mais Londubat était suprenamment tolérable pour l'instant. Un soupçon de doute se fraya un chemin dans son esprit concernant la stupidité des Griffondors. Que ce soit Harry, Londubat ou Granger, les trois étaient loin d'être des imbéciles et ne collaient pas vraiment au stéréotype de leur maison. Peut-être que les rouge et or étaient plus supportables que ce que Draco avait cru jusque-là.

Ses réflexions furent interrompues par l'arrivée de Kreattur, qui avait l'air nettement plus mécontent que lorsqu'il l'avait accueilli.

- Maître Harry Potter, un Traître à Son Sang est devant la porte d'entrée.

Harry fronça les sourcils, sa bonne humeur disparue.

- Kreattur, je t'ai demandé d'arrêter d'appeler les Weasley comme ça.

L'elfe de maison redressa ses vieilles épaules voûtées et regarda Harry avec un air fier.

- Kreattur veut bien faire l'effort de tolérer les amis de Maître Harry Potter, mais Kreattur refuse de respecter ceux qui insultent Maître Harry Potter.

Le visage du Golden Boy s'assombrit de façon visible, et il inspira à fond en comprenant qui était venu lui rendre visite.

- Fait entrer Ron, s'il te plait.

L'elfe de maison s'inclina de mauvaise grâce.

- Bien, Maître Harry Potter. Maître Harry Potter n'aura qu'à appeler Kreattur lorsqu'il voudra se débarrasser du Traître à Son Sang.

Il disparut avant qu'Harry finisse de soupirer. Lorsque le Sauveur du Monde Sorcier releva la tête vers ses invités, il affichait une expression résignée et un sourire forcé.

- Vous n'êtes pas obligés d'assister à ça, annonça-t-il.

Avant que les deux sorciers aient le temps de répondre, la porte de la cuisine s'ouvrit en claquant. Ron avait le visage assez rouge pour donner l'impression qu'il était prêt à exploser.

- HARRY ! hurla-t-il. QU'EST-CE QUE TU-

- Bonjour Ron, le coupa Harry.

Le sorcier roux s'arrêta d'un coup en voyant qui d'autre était dans la cuisine, puis son regard se fit noir et il pointa le blond du doigt.

- MALFOY !

- Bravo Weasley, fit Draco d'un ton sarcastique. Au bout de sept ans, tu sais comment je m'appelle. Impressionnante performance.

- Qu'est-ce qu'il fiche ici !? continua-t-il sur un ton outré.

Sans laisser à Harry le temps de répondre, Neville entra dans la danse.

- Harry est chez lui au Square Grimmaud, rappela-t-il. Il peut inviter qui il veut.

- Neville !? s'étrangla Ron.

- Mes félicitations, déclara le Serpentard. Tu es apparemment capable de nommer toutes les personnes présentes dans cette pièce.

Ron manqua de s'étouffer, et Harry soupira.

- Draco, fit-il doucement.

Le sorcier blond échangea un regard avec le Griffondor, et hocha la tête à regret. Même si Weasley était insupportable, il restait un proche de Harry. Par égard pour lui, Draco pouvait essayer de se retenir d'insulter son ami de longue date. A minima, se corrigea-t-il mentalement, Draco pouvait sans doute ne pas lui adresser la parole pendant quelques minutes.

- Ron, reprit Harry en se levant de sa chaise, Neville est venu pour discuter de la même chose que toi.

Le Serpentard lança un regard interrogateur à Londubat, qui hocha la tête pour confirmer avant de regarder de nouveau en direction des deux membres du Golden Trio.

- Et Draco est ici parce qu'on est amis maintenant.

Sans même qu'il cherche à l'empêcher, Draco sentit un sourire arrogant étirer ses lèvres. Il n'aurait pas cru qu'entendre cette phrase serait aussi agréable. Harry lui tournait le dos à présent, puisque Weasley était resté scotché au niveau de la porte.

De son côté, Neville observa Ron enregistrer la phrase d'Harry et devenir très blanc, puis très vert, puis très blanc de nouveau.

- Très drôle Harry, fit Ron d'un rire nerveux. Maintenant pour de vrai, qu'est-ce qu'il fiche ici ? Et qu'est-ce que c'est que cette histoire dans la Gazette ? Toi chez les Malfoy, c'est une blague, pas vrai ?

Du coin de l'oeil, Draco vit Londubat s'assombrir. Le Serpentard se demanda d'un coup si sa présence avait été ignorée par Weasley pendant toutes leurs années à Poudlard. Sans un mot, Londubat se leva et vint s'accouder à la chaise sur laquelle Draco était toujours assis. Draco fut surpris par la marque de soutien silencieuse, mais ne laissa rien paraître.

Harry leur tournait toujours le dos pour faire face à Weasley, mais une multitude de signes montrait qu'il commençait à perdre patience. La tension dans ses épaules. Ses bras croisés sur son torse. Il se décala de quelques pas sur le côté, pour retrouver Draco et Neville dans son champ de vision sans perdre le sorcier roux de vue.

- Draco et moi sommes amis, répéta Harry.

- Mais c'est Malfoy ! objecta Ron comme s'il s'agissait d'une insulte.

L'agacement du Golden Boy sembla augmenter d'un cran. L'obstination du benjamin Weasley avait beau être prévisible, elle n'en était pas moins exaspérante. Draco était surpris que son ex-rival ait assez de patience pour supporter un imbécile pareil pendant plus de cinq minutes.

Sept années dans la même maison et en temps qu'amis proches ressemblait davantage au premier cercle de l'enfer qu'à autre chose. Cependant, si Weasley ne se calmait pas très vite, Draco avait l'intuition que le rouquin risquait de comprendre à quel point il était déplaisant d'affronter le héros de Griffondor.

- Ron, reprit Harry d'un ton ferme. La guerre est terminée, et au cas où tu l'aurais oublié, c'est en partie grace à Draco et sa famille qu'on l'a gagnée. Il est plus que temps de tourner la page.

- Non mais tu t'entends parler Harry !? C'est un Serpentard ! Il se sert juste de toi pour obtenir ce qu'il veut !

Harry tourna légèrement la tête pour pouvoir échanger un regard avec son ex-rival, et sourit. Le Serpentard haussa un sourcil, curieux de ce qui venait de provoquer ce changement d'attitude.

- C'est une possibilité, admit Harry.

- HA ! exulta Ron. Tu vois Malfoy, Harry n'est pas stupide ! Il sait quand il est manipulé !

La phrase alla se ficher droit dans la poitrine de Draco, plus douloureusement qu'il ne l'aurait cru. Certes, la part rationnelle de son esprit n'avait pas envisagé que Harry lui accorde la même confiance qu'à ses amis proches. Mais se l'entendre confirmer de façon aussi directe restait difficile à encaisser.

Le sorcier blond parvint à conserver un visage impassible, mais il sut que Harry avait eu le temps de voir l'éclair blessé dans ses yeux lorsque l'expression du Griffondor s'adoucit. Le Golden Boy ne lâcha pas ses yeux lorsqu'il reprit la parole, et si sa voix était calme, ses prunelles brillaient de sérieux et de sincérité.

- Mais je ne pense pas que ce soit le cas.

- PARDON !? s'étouffa le sorcier roux. Mais il va te-

- Par ailleurs, poursuivit Harry en dardant un regard bien moins amical sur Ron, il me semble que dernièrement, celui qui essaie d'obtenir quelque chose de moi, c'est toi.

Un silence de mort tomba sur la cuisine. Draco maintint de justesse son masque impassible, Neville écarquilla les yeux, Harry avait l'air particulièrement agacé et Weasley était blafard.

- Tu... Harry, tu n'es pas sérieux, bégaya Ron.

- On ne peut plus sérieux, répliqua le brun en s'appuyant sur le comptoir.

- Mais je ne t'ai jamais rien demandé !

Harry fronça les sourcils, ce que Draco et Neville interprétèrent comme le signe que sa patience arrivait à ses limites.

- Vraiment ? demanda Harry. Donc tu ne m'as pas demandé de convaincre Hermione d'accepter de devenir ta petite amie ?

Le sorcier roux trouva le moyen de pâlir davantage.

- Ça... ça n'a rien à voir ! se justifia-t-il. On est fait l'un pour l'autre, elle et moi ! Il faut juste qu'elle me donne une chance de lui montrer et elle finira par comprendre !

- Elle t'a dit non, Ron, trancha froidement Harry. Plusieurs fois. Si tu l'aimes vraiment, respecte sa décision.

Draco observa avec curiosité la façon dont Weasley vira de nouveau au rouge carmin, d'abord de honte, puis sous l'effet de la colère. AU bout de plusieurs secondes à bouillir, le rouquin serra les poings et fusilla Harry du regard.

- Je suis ton meilleur ami ! cria Ron. Tu es censé me soutenir quoi que je décide !

Harry se figea, et Draco entendit Neville murmurer "Oh par Merlin" d'une voix blanche.

Les yeux du Golden Boy se mirent à flamboyer, et il cessa de s'appuyer contre le comptoir pour se redresser.

- Quoi que tu décides ? siffla-t-il d'un air furieux. Tu me demandes de forcer Hermione à se lancer dans une relation dont elle ne veut pas !

- Bien sûr que si, elle veut ! cria Ron en serrant les poings. Mais elle refuse de le voir et c'est pour ça que tu dois m'aider !

- Que je dois t'aider !? tonna Harry.

Une aura magique enveloppa soudainement le héros de Griffondor, au point de provoquer une brise autour de lui. Il décroisa les bras pour les laisser le long de son corps, donnant ainsi l'impression qu'il était dans une posture de combat. Au vu des vagues de magie furibonde qui émanaient de lui, ce n'était sans doute pas très loin de la vérité.

Neville recula instinctivement, conscient du danger que représentait Harry lorsqu'il était assez énervé pour perdre le contrôle de sa magie.

De son côté, Draco se leva de sa chaise en même temps qu'il sentit un frisson lui parcourir l'échine. Même en ayant conscience de la dangerosité du sorcier à deux mètres de lui, il était trop fasciné pour reculer. Harry hors de lui était une vision dont il ne pouvait pas détourner les yeux, comme un mélange de puissance brute et de charisme sauvage. Seule une minuscule partie de son esprit prit le temps de réaliser avec soulagement qu'il n'était pas la cible de la colère du Griffondor pourune fois.

- C'est quoi la prochaine étape !? cria Harry. Je dois la convaincre de coucher avec toi ? De renoncer à sa famille et ses rêves pour toi ?

- Je sais ce qui la rendra heureuse ! aboya Ron qui fumait de colère.

- Mieux qu'elle-même !? contra le brun d'une voix incrédule.

- Mieux que toi en tout cas !

- Au moins moi je lui demande ce qu'elle veut !

- TOI TU VAS JUSTE FINIR TA VIE TOUT SEUL ! hurla Ron.

Un silence de mort tomba sur la cuisine comme une chape de plomb, et Draco s'immobilisa. Harry avait blêmit d'un coup. Son regard, blessé au-delà des mots, était toujours fixé sur le sorcier roux dans l'embrasure de la porte. La magie qui débordait de Harry se regroupa en une fraction de seconde, comme pour protéger son propriétaire.

Le visage du Golden Boy affichait un violent mélange d'émotions face à une accusation pareille. Ce fut cette expression qui eut l'effet d'une douche froide sur son interlocuteur, et celui-ci se mit à bafouiller.

- Merlin... je... Ha-Harry, je voulais pas di-

- Kreattur, appela Draco d'une voix glaciale.

L'elfe de maison apparut aussitôt et s'inclina devant le Serpentard, qui enchaîna directement avec un ordre sec.

- Reconduit Weasley dehors.

Le concerné redevint aussitôt rouge de colère et d'indignation.

- Malfoy ! cracha Ron. Je reste si je veux, Harry est mon am-

Le Prince de Glace lui adressa un regard furieux, qui suffit à couper la parole au Griffondor et à le faire reculer d'un pas. Draco savaient que ses yeux avaient viré au gris acier sous l'effet de la colère, et son regard envoyait des promesses de mort en direction du sorcier roux.

- Hors de ma vue, Weasley, ordonna-t-il. Estime-toi heureux que je demande à Kreattur de le faire au lieu de m'en charger moi-même.

Son attitude était si froide qu'il nota du coin de l'oeil le frisson de Londubat. Là où la colère de Harry était explosive, Draco savait que la sienne était glaciale. Tout aussi effrayante dans un genre très différent, pour peu qu'il le souhaite.

Avant même que Weasley puisse ouvrir la bouche pour tenter de répondre, Kreattur attrapa son pantalon et le fit disparaître avec lui, trop heureux de débarrasser l'ancienne demeure de cet occupant indésirable.

Draco se tourna vers Harry, qui n'avait pas bougé et regardait désormais dans le vide. En quelques pas, Draco fut en face de lui, et après un instant d'hésitation, il posa ses mains sur les épaules du Griffondor.

- Harry, murmura-t-il avec inquiétude.

Le Golden Boy cligna des yeux, et focalisa son attention sur l'identité de la nouvelle personne en face de lui.

- Draco ?

Neville revint à lui en voyant la scène improbable. Voir Malfoy réconforter Harry après que celui-ci ait eu une altercation avec Ron semblait plus proche d'une hallucination que de la réalité.

Il s'approcha des deux sorciers avec prudence, également inquiet pour Harry. Neville n'aimait pas du tout l'expression trahie qui avait régné sur son visage avant que le Serpentard arrive auprès de lui. Toutefois, avant que Neville intervienne, Kreattur réapparut dans la cuisine.

- Maître Draco, le Traître à Son Sang refuse de s'éloigner de la noble demeure de la famille Black.

En voyant Malfoy se tendre subitement et retirer ses mains des épaules de Harry, Neville réfléchit à toute vitesse. Si Ronald Weasley venait à se retrouver dans le champ de vision de Draco Malfoy dans les circonstances actuelles, les choses risquaient de s'envenimer très, très vite.

- Je m'en occupe, annonça Neville.

Le sorcier blond se tourna, et planta son regard dans les yeux bleus du Griffondor. Neville se détendit en constatant l'absence d'animosité à son encontre. Malfoy était encore énervé, mais pas contre lui. Il semblait être en train de soupeser ses options.

- Débrouille-toi comme tu veux, déclara le Serpentard, mais fais-le partir.

Neville hocha la tête, et commença à envisager différents scénarios pour convaincre Ron de se faire oublier pendant quelques temps. La plupart des options impliquaient la présence de Ginny. La petite soeur de Ron était bien plus dangereuse qu'elle en avait l'air, et lui avait récemment confié être heureuse de la façon dont Harry et elle allaient conserver une relation quasi-fraternelle plutôt que romantique. Si elle apprenait ce que Ron avait dit à Harry pendant ces dernières minutes, sa réaction devrait être plus que suffisante.

- Ça va me prendre un peu de temps, indiqua Neville.

Il lança un bref coup d'oeil inquiet à Harry, qui reprenait des couleurs et tentait désormais de cacher à quel point la dernière phrase de Ron l'avait blessé. Neville réfléchit deux minutes, puis retint un sourire en réalisant l'improbabilité de ce qu'il allait dire.

- Malfoy, je compte sur toi pour prendre soin de Harry. Ne me le fais pas regretter, ajouta Neville sur un ton plus menaçant.

Un éclair outré passa dans les yeux du Prince de Glace, avant de faire place à la compréhension. À côté d'eux, Harry acheva de reprendre pied dans la réalité juste à temps pour entendre cette phrase. Le Golden Boy fronça les sourcils pour marquer son agacement.

- Arrêtez de vous inquiéter pour rien, tous les deux, objecta-t-il. Je vais bien.

- Je n'en doute pas, répliqua Neville sans en penser un mot. On se reverra bientôt, de toute façon. Malfoy, salua-t-il.

- Londubat, répondit le blond sur le même ton.

Neville sortit de la cuisine, sans se préoccuper d'attendre l'elfe de maison. Son visage s'assombrit dès qu'il referma la porte. Il n'était ni aussi explosif que Harry, ni aussi glacial que Malfoy, mais il allait rappeler à Ron que lui non plus ne tolérait pas qu'on fasse souffrir ceux qui lui étaient chers.

-o-oOo-o-

Une fois Neville parti, Draco se tourna vers l'elfe de maison qui était resté dans la cuisine en attendant des consignes.

- Apporte du thé et des biscuits dans le salon.

- Bien, Maître Draco.

- Draco, vraiment, insista Harry. Je-

- Un salon est nettement plus approprié pour recevoir, Harry. Tu ne vas quand même pas insulter un invité de mon standing en me demandant de rester dans la cuisine, ajouta Draco en exagérant son air hautain.

Le Golden Boy lui lança un regard noir qui manquait sérieusement de conviction. Draco était resté dans la cuisine jusque-là sans donner l'impression que ça lui posait le moindre problème. Harry comprit avec un temps de retard que la manoeuvre avait pour but de le faire s'asseoir dans un endroit plus confortable, en dépit de ses protestations. Au final, le Griffondor se contenta de soupirer et de lever les yeux au ciel en répondant avec autant de sarcasme que possible.

- Mes excuses, Votre Altesse.

- Excuses acceptées, répliqua Draco avec un sourire en coin. Mais il me semble que tu as insisté pour qu'on s'appelle par nos prénoms.

Harry lui lança un regard de reproche encore moins crédible que le précédent, et se laissa conduire jusqu'au salon. Il se fit la remarque, pour au moins la vingtième fois depuis le début de l'été, que la pièce était beaucoup trop sombre et beaucoup trop axée sur le vert et le noir. Deux tasses de thé et un plateau de biscuits à la noisette étaient déjà posés sur la table basse devant le canapé, et le Griffondor se vit forcé d'accepter l'un et l'autre après s'être assis.

Draco s'installa également sur le canapé, et prit la seconde tasse en espérant que le thé choisi par le vieil elfe de maison était d'une qualité buvable. Il se tourna ensuite pour observer Harry. Ce dernier s'était enfoncé autant que possible contre le dossier rembourré, et restait juste assez droit pour pouvoir boire son thé sans le renverser sur son t-shirt gris trop grand. En revanche, quelques miettes de biscuit étaient tombées sur le motif délavé. Lorsque le Griffondor releva la tête de sa tasse et que ses prunelles accrochèrent celles de Draco, il avait un regard agacé.

- Sérieusement Draco, je vais bien. Ce n'est pas la première fois que Ron s'énerve contre moi.

- Le contraire m'aurait étonné, déclara le Serpentard avec ironie. Je m'assure simplement que tu as conscience de l'absurdité de ses accusations.

Le regard de Harry se durcit, et il ne fit aucun doute que son opinion était faite sur le sujet.

- Je sais qu'il préfère s'enfermer dans le déni plutôt qu'affronter la réalité, admit le Griffondor d'une voix sombre. Mais je t'assure que je ne vais pas changer d'avis. Je n'interviendrai pas pour convaincre Hermione de sortir avec lui.

- Sans vouloir être offensant envers Granger, répliqua Draco, ce n'est pas aux pathétiques aspirations sentimentales de Weasley que je faisais allusion.

Le Griffondor le regarda sans comprendre, et Draco dut retenir un soupir exaspéré. C'était à se demander s'il arrivait au Sauveur du Monde Sorcier de penser à son propre bien-être de temps en temps.

- Je parlais de son aberrante, lâche, et par-dessus tout stupide dernière accusation.

Draco garda son attention focalisée sur Harry, et ne manqua pas le moment où celui-ci comprit enfin où le Serpentard voulait en venir. Les mots de celui qui se prétendait son meilleur ami lui revinrent en mémoire tout aussi vite, et il détourna les yeux en prétextant reposer sa tasse de thé sur la table. Il força un sourire qui ne trompa pas Draco une seule seconde, et tenta de répondre à la question informulée en balayant l'impact que l'attaque verbale avait eu.

- C'était un coup bas, admit Harry. Mais il a un temps de retard, ça fait déjà un moment que je suis au courant que je vais finir ma vie tout seul.

Le Prince de Glace le regarda un instant, pas certain d'avoir bien entendu.

- Harry, tu réalises que tout ce que la Grande-Bretagne compte de sorciers et sorcières célibataires donnerait n'importe quoi pour être choisi par toi ?

- Et je devrais m'en réjouir ? répliqua sèchement Harry.

Le ton acheva de désarçonner Draco. Même en réfléchissant à toute vitesse, il n'arrivait pas à voir où était le problème pour son interlocuteur. Puis un déclic se fit dans son esprit et il se sentit idiot de ne pas l'avoir compris plus tôt. Évidemment.

Harry n'était pas intéressé par les alliances ou les jeux politiques, il n'avait pas besoin d'épouser quelqu'un pour consolider ses finances, ou obtenir un nom prestigieux. Ce qui signifiait que la seule chose qu'il pouvait rechercher dans une relation était à la fois beaucoup plus simple, et beaucoup plus compliquée à obtenir.

- Tu penses que personne ne prendra la peine de chercher qui tu es derrière l'image du Sauveur du Monde Sorcier.

Harry se tourna vers lui avec un air choqué, et resta tendu pendant une poignée de secondes sans savoir comment réagir. Puis il s'affala de nouveau dans le canapé, sa tête renversée en arrière pour adresser un regard fatigué au plafond. Draco en conclut qu'il avait visé juste, et laissa passer une pointe d'amusement dans sa voix lorsqu'il reprit la parole.

- Effectivement, si tu as ce genre d'exigences, j'ai bien peur que la liste de tes partenaires potentiels doive être drastiquement réduite.

- Merci pour la confirmation, grommela Harry.

- Mais de rien, lui répondit Draco avec un sourire charmant.

Harry laissa échapper un petit rire, et ils restèrent tous les deux silencieux pendant quelques instants. Puis il regarda de nouveau en direction du Serpentard, cette fois avec curiosité.

- Et toi alors ?

- Moi ? répéta Draco avec une expression confuse.

- Il paraît que tu vas te fiancer d'ici un an ou deux.

L'héritier Malfoy renifla avec dédain et reposa à son tour sa tasse de thé sur la table, sans que le niveau de la boisson ait beaucoup baissé. Il nota mentalement d'apporter quelques boîtes de thé dignes de ce nom à Harry lors de sa prochaine visite. Lorsqu'il s'appuya à son tour contre le dossier du canapé, Draco croisa les bras.

- Crois-moi, l'idée n'enchante que mon père.

- Laisse-moi deviner, se moqua Harry. Il veut des petits-enfants au plus vite pour pouvoir enfin devenir un papy gâteau ?

Le regard que Draco lui lança l'envoya dans un éclat de rire qui dura un bon moment. Lorsque le Griffondor retrouva une respiration normale, il ne remarqua pas qu'il s'était rapproché du sorcier blond pendant qu'il riait. Draco en avait conscience, mais s'abstint de tout commentaire. Il ne pouvait décemment pas laisser passer la dernière remarque de son ex-rival sans réagir. D'autant que l'image de son père en papy gâteau était des plus dérangeantes.

- Pour être exact, corrigea Draco, il veut des petits-enfants au plus vite pour avoir l'assurance que la lignée Malfoy va perdurer.

- C'est donc pour ça qu'il était content quand je t'ai envoyé la moitié de la salle hier soir, fit Harry en retenant une nouvelle vague d'hilarité. Il devait espérer que tu trouverais ton âme-soeur dans le lot.

Le Serpentard haussa un sourcil, et un sourire joueur étira ses lèvres.

- Ça, j'en doute fort.

Harry lui lança un regard perplexe, et Draco ne réfléchit pas avant de poursuivre sur sa lancée.

- Mon père est au courant de mes préférences. Il espère juste que je choisirai de me fiancer à une femme malgré tout s'il insiste suffisamment.

Un silence complet tomba sur le salon.

Harry savait qu'il devait avoir l'air stupide avec sa bouche entrouverte et ses yeux écarquillés, mais par Merlin, il ne s'était pas attendu à ça. Draco venait de lui annoncer le plus simplement du monde qu'il était gay, comme il aurait pu répondre à une question sur la météo. Le Griffondor avait du mal à traiter l'information, ne serait-ce que parce qu'il ne s'était jamais vraiment posé la question de l'orientation sexuelle de son rival.

Ni de la plupart de ses amis, en fait, maintenant qu'il y pensait. D'ailleurs, il n'avait même pas vraiment réfléchi à ses propres préférences. Cho et Ginny avaient été des crush qui semblaient aller de pair avec le rôle qui lui était indiqué. Maintenant que Harry y songeait, peut-être que les réactions qu'il avait eu en présence de Cédric en quatrième année étaient un peu plus que de la simple admiration. Une myriade de réalisations soudaines tomba sur le Griffondor, qui eut le plus grand mal à gérer l'afflux d'informations inattendues.

Perdu dans ses réflexions, Harry se laissa tomber de l'autre côté du canapé et ferma les yeux en posant une main sur son visage.

- Par Godric, grommela-t-il, pourquoi est-ce que tout doit toujours être si compliqué...

- Compliqué ?

Le murmure choqué lui parvint d'un coup et il redressa la tête d'un air surpris, juste à temps pour voir l'expression blessée disparaître sous un masque impassible. En un éclair, Harry réalisa que le Serpentard n'avait pas suivi ses pensées et avait interprété sa phrase comme une réponse à son admission. Harry se redressa aussitôt avec un regard paniqué.

- Non ! C'est pas du tout ce que je voulais dire, enfin si, se reprit le Griffondor en grimaçant, mais je pensais à autre chose ! Pas que ce que tu viennes de dire n'est pas important, au contraire, mais... urgh, fit-il en plaquant ses mains sur son visage.

Sans oser sortir de sa cachette improvisée, il s'accorda une seconde pour respirer, trop gêné pour affronter le regard de son ex-rival. De son côté, Draco était passé de confus, à furieux, à vexé, à confus de nouveau au fur et à mesure de sa réplique. Le Griffondor garda la tête baissée vers le canapé et leva une main.

- Donne-moi une minute.

Sans qu'il puisse le voir, Draco haussa un sourcil, mais resta immobile. Moins d'une minute s'était écoulée lorsque Harry releva la tête, et s'il avait toujours l'air embarrassé, il était nettement plus sûr de lui.

- J'ai été surpris, mais franchement, ça ne me pose aucun problème. C'est juste que... Urgh, par Godric, ça va paraître tellement stupide, marmonna-t-il.

- Potter, dit ce que tu as à dire.

Harry grimaça en voyant que le Serpentard était toujours sur ses gardes, mais il s'obligea à être honnête.

- Ça m'a surpris parce que je ne me suis jamais posé la question. De savoir où tu te situais, précisa le Griffondor. Et ça m'a fait prendre conscience que je ne me suis jamais posé la question pour mes amis non plus, et que même pour moi...

Il détourna le regard, un peu embarrassé par l'admission glissée à demi-mots et laissée en suspens. Lorsqu'il regarda de nouveau Draco, le sorcier blond avait l'air plus détendu, voire même vaguement amusé.

- Bienvenue dans un monde de possibilités, Harry, fit Draco avec un sourire amusé. Même si la plupart des grandes familles préfèrent les mariages traditionnels, les unions entre deux sorciers ou deux sorcières n'ont rien d'inhabituel.

Harry fut surpris, puis il fronça les sourcils en même temps qu'une sérieuse objection apparaissait dans son esprit.

- Je croyais que les familles Sang-Purs voulaient absolument que leur lignée perdure ?

- C'est le cas, approuva Draco.

Le Serpentard ne voyait visiblement pas le rapport avec ce qu'il venait de dire, et Harry spécifia sa pensée.

- Aux dernières nouvelles, les couples de même genre ne peuvent pas avoir d'enfants, rappela-t-il.

- Aux dernières nouvelles du monde sorcier, contra le Serpentard, les potions de fertilité existent pour une raison.

- Il y a des potions pour ça ? s'exclama Harry.

Le Golden Boy avait l'air tellement abasourdi par la découverte que Draco laissa échapper un petit rire.

- Sérieusement, Harry, tu pensais vraiment que personne n'aurait cherché et trouvé une solution à ce problème ?

- J'ai grandi dans le monde Moldu, je te rappelle, soupira le Griffondor.

Draco redevint un peu plus sérieux et posa sa main à côté du sorcier brun. Harry le soupçonna de vouloir mettre de la distance entre eux maintenant qu'il lui avait avoué son homosexualité, sans réelle raison. Ce n'était pas comme s'il y avait une chance que Draco le voit comme un partenaire potentiel, après tout.

- J'ai tendance à l'oublier, admit le Serpentard. C'est... compliqué pour moi d'envisager comment on peut grandir autrement que dans le monde magique.

Harry lui adressa un sourire rassurant, conscient que c'était la façon Malfoy de s'excuser.

- Pas de problème. Mais du coup, reprit Harry, et sans vouloir être indiscret ?

Draco soupira et s'appuya contre l'accoudoir, mais fit un petit signe de la main pour indiquer au Griffondor qu'il pouvait poser ses questions.

- Si tu es gay, que c'est accepté dans le monde sorcier, et que ça ne pose pas de problème niveau descendance, pourquoi ton père insiste pour que tu choisisses une fille ? demanda Harry.

- Mon père insiste pour que je fasse un mariage avantageux pour les Malfoy, expliqua Draco. La plupart des familles qui pourraient convenir à ses critères ont des filles de mon âge plutôt que des garçons.

- Oh.

- Exactement.

- Et qu'est-ce que tu comptes faire, du coup ?

Le Griffondor observa le masque impassible glisser au fur et à mesure, pour révéler des expressions plus sincères et moins calculées. En l'occurence, Draco semblait plutôt ennuyé, et un soupçon de résignation perçait dans ses yeux.

- Ma mère l'a convaincu d'attendre la fin de mes études à Poudlard pour s'occuper sérieusement du sujet de mes fiançailles.

- Mais ? lança Harry qui avait entendu l'objection informulée.

- Mais si je ne choisis pas quelqu'un dans les six mois qui suivent mon diplôme, il va probablement finir par choisir pour moi.

- Je vois mal Narcissa le laisser faire, répliqua le Griffondor.

Un fin sourire étira les lèvres du Prince de Glace.

- On dirait que tu commences à bien connaître ma mère, Harry.

- Évidemment. C'est important de bien s'entendre avec sa future belle-famille, ajouta-t-il avec un clin d'oeil.

Draco manqua de s'étouffer devant le sous-entendu et le Griffondor explosa de rire. Rien que pour voir la tête du blond, la blague valait le coup. Il arrêta de rire lorsqu'il reçut un coussin en pleine figure, et dévisagea son ex-rival avec un air ahuri. Le Serpentard avait un air machiavélique sur le visage.

- À ta place, j'éviterais ce genre de blague. Je te garantie que ma mère te prendrait au mot et considèrerait ça comme une demande en bonne et due forme.

Harry se sentit perdre quelques couleurs. Allez savoir pourquoi, son intuition lui disait que la menace n'était pas à sous-estimer.

- Ceci dit, ajouta Draco sans perdre son sourire, si tout ça n'est qu'un plan de ta part pour faire partie de ma famille, je dois admettre que je suis presque admiratif.

Le Griffondor resta muet pendant un instant, puis rougit et renvoya le coussin à son expéditeur, qui le reçut contre son torse et se mit à rire à son tour.

- Idiot de Serpentard, grommela Harry pour cacher son embarras.

- Non, vraiment, poursuivit Draco en souriant. Aller jusqu'à mettre en scène une dispute avec Weasley et faire en sorte qu'il ait l'air aussi stupide qu'au naturel, c'est un exploit.

- Malfoy, menaça Harry en attrapant un autre coussin derrière lui.

- Ah, je vois que la fibre Griffondor revient, se moqua le Serpentard. Taper avant de réfléchir. Je me disais bien que- hmpf !

Le coussin atterrit sur son visage puisqu'ils étaient trop près pour esquiver. L'héritier Malfoy écarta l'objet malvenu et adressa un regard de défi au sorcier brun.

- Très bien, la guerre est déclarée.

- Il n'y a pas une règle de bienséance comme quoi un Malfoy ne fait pas de bataille d'oreillers ? répliqua Harry sur le même ton.

- Oh, je ne parlais pas de ces coussins. Ce genre d'affront se règle au Quidditch.

Harry haussa les sourcils, mais hocha la tête avec un sourire confiant. Si Draco voulait régler ça au Quidditch, Harry était plus que prêt à relever le défi. Il ne manquait qu'un tout petit détail.

- Et où est-ce qu'on va jouer ?

Draco lui adressa un sourire tout aussi retors, qui mit Harry mal à l'aise pendant une seconde. Le Griffondor eut tout à coup l'étrange impression qu'il venait de tomber à pieds joints dans un piège.

- Kreattur, appela le Serpentard.

L'elfe de maison apparut instantanément, mais avant même qu'il ouvre la bouche, le sorcier blond poursuivit.

- Prépare les affaires de Harry pour une semaine, tenue de Quidditch et balai inclus.

Le Griffondor écarquilla les yeux et comprit ce qui venait de se passer. Son regard se fit accusateur.

- Je croyais qu'on devait attendre d'avoir fini les plans !

- Je croyais que tu voulais finir de charmer ta future belle-famille, répliqua Draco.

Harry le fusilla des yeux pendant que Kreattur disparaissait pour s'occuper de sa mission. Le sorcier blond soutint son regard sans ciller, et sourit.

- On a peur, Potter ?

La réplique fusa d'elle-même.

- Tu aimerais bien.

Leur échange prit fin quand Harry détourna le regard d'un air vexé, conscient qu'il venait malgré lui de faire le jeu de son ex-rival, qui avait l'air particulièrement content de lui.

Harry marmonna quelque chose à propos de la fourberie des Serpentards, et se leva pour aller prévenir Andromeda qu'elle pourrait passer déposer Teddy au Manoir Malfoy à partir du lendemain. Quelque chose lui disait que la soirée allait être assez mouvementée sans ajouter un bébé par-dessus.