A/N : les insomnies sont une plaie et je vous souhaite à tous et toutes de ne jamais avoir à en subir. Ou alors de partir sur l'option transformation vampirique. Toutes mes excuses pour le retard de publication, j'ai vraiment le cerveau en bouillie ces derniers jours.
Résumé du chapitre précédent :
Ron et Molly prennent mal le fait que Harry ait décidé de réclamer son titre de Lord, le reste des Weasley n'a aucun problème avec cet état de fait. Harry et Draco flirtent dans la bibliothèque sans complètement réaliser qu'ils flirtent, Narcissa les interrompt et s'amuse un peu à leur dépends. Draco évite Harry après ça, jusqu'à ce que Harry vienne lui annoncer qu'Hermione a réussi à restaurer la mémoire de ses parents et revient en Angleterre avec un invité mystère et la ferme intention de discuter avec le Serpentard.
Lucius se rendit compte de la nervosité du Griffondor dès que celui-ci passa les portes de la salle à manger. L'aristocrate était désormais habitué à lire les émotions du jeune homme, et lui laissa le temps de s'installer et de se servir un petit-déjeuner. Harry continua à lancer des coups d'oeil brefs en direction de la porte, et semblait attendre que Draco arrive avant d'annoncer ce qu'il avait à dire.
Il ne fallut à Lucius qu'un infime échange de regard avec sa femme pour savoir qu'elle était arrivée aux mêmes conclusions que lui. Narcissa avait pratiquement adopté le jeune sorcier, même sans tenir compte de son lien avec son petit-neveu. Et malgré leur différend initial sur le sujet de Harry Potter, Lucius devait reconnaître qu'il était tenté de donner raison à son épouse.
Lucius avait compté sur le séjour du Griffondor au manoir pour mettre le soit-disant héros face à son hypocrisie, et protéger sa famille d'une inévitable déception lorsqu'il révèlerait ses intentions. Toutefois, à sa surprise, Lucius avait découvert un jeune homme sympathique et ouvert, davantage dépourvu de culture sorcière que de cervelle, et somme toute étonnamment supportable pour un Griffondor.
Sans aller jusqu'à lui accorder sa confiance, Lucius était prêt à montrer que les efforts du jeune homme pour s'intégrer dans leur monde étaient appréciés à leur juste valeur. Lucius persistait cependant à expliquer que ses motivations pour former le garçon ne venaient que d'un simple besoin de s'assurer que Potter ne ternirait pas l'image de l'aristocratie sorcière britannique en investissant n'importe comment. En tant que Lord Malfoy, il avait une réputation à tenir, après tout.
Draco entra à son tour, et salua rapidement les trois personnes présentes avant de s'installer.
Sans surprise, Harry reposa ses couverts et releva la tête.
- Erm... Narcissa ?
- Oui Harry ? répondit celle-ci en souriant.
- Les elfes de maison devraient avoir fini les travaux aujourd'hui, c'est ça ?
- En effet.
Lucius observa avec un amusement dissimulé le Griffondor essayer de trouver le moyen de formuler poliment ce qu'il avait à dire après avoir reçu sa confirmation. Le fait qu'il l'appelle toujours par son titre avait tendance à compliquer les discussions lorsqu'il voulait inclure Narcissa et lui dans ses phrases. Au final, il sembla se décider et se redressa pour s'adresser à Lucius.
- Je vous remercie pour votre accueil, mais je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité. Je pense qu'il est temps que je rentre chez moi et que je vous laisse profiter de votre été en famille.
Lucius entendit le début de rire de son fils devant une formulation aussi formelle, mais ne fit aucune remarque. À la place, il répondit à son invité avec un hochement de tête approbateur.
- Votre considération est appréciée, Lord Potter.
- Bien entendu, compléta Narcissa, tu es libre de revenir quand tu le souhaites, que ce soit pour un thé ou pour consulter un livre à la bibliothèque.
La tentative du Griffondor de contrôler sa gêne fut réduite à néant par son rougissement. Lucius n'avait pas cherché à savoir de ce qui s'était passé quelques jours plus tôt dans sa bibliothèque, et choisit d'ignorer soigneusement la réaction présente. L'étincelle de malice qui brillait dans les yeux de son épouse suffisait à lui faire savoir qu'il valait mieux pour lui ne pas s'en mêler.
- J'imagine que votre départ n'est pas sans lien avec le retour de miss Granger ? s'enquit-il à la place.
- J'ai promis à Hermione de la voir dès son retour, confirma le Griffondor avec un regard reconnaissant. Comme ses parents restent en Australie, je lui ai dit qu'elle pouvait passer l'été au Square Grimmaud.
- Ce qu'il ne dit pas, intervint Draco, c'est que la seule autre option de Granger était d'aller passer l'été chez les Weasley.
Lucius fronça les sourcils. S'il n'avait toujours pas l'intention de faire preuve de la moindre cordialité envers une Né-Moldue, il admettait à contre-coeur qu'elle ne semblait pas dénuée de capacités magiques et intellectuelles. Lui imposer de passer l'été en présence du pitoyable sorcier qui voulait la forcer dans une relation à coups d'insultes dans la presse aurait été, au mieux, déshonorant.
- Crois-moi, répliqua Harry, Hermione aurait demandé à au moins cinq ou six autres personnes de l'accueillir plutôt que de se retrouver coincée avec Ron pendant deux mois et demi. Et ils auraient tous accepté.
- À juste titre, appuya Narcissa. Il est plus que temps que quelqu'un remette ce détestable personnage à sa place.
- Harry a déjà commencé, lança Draco.
Lucius haussa un sourcil en direction de son invité, qui haussa les épaules et croisa les bras sur sa poitrine.
- Ron a été là dans toutes mes aventures, mais ce n'est pas comme s'il ne m'avait jamais tourné le dos non plus, expliqua Harry. S'il agit comme un idiot, je ne vais pas le soutenir aveuglément.
- Weasley a toujours agi comme un idiot, déclara Draco.
- Dixit celui qui nous a dénoncé à McGonagall pour être sortis après le couvre-feu en pensant s'en sortir sans punition, rétorqua Harry avec un sourire en coin.
- Tu veux vraiment qu'on commence une liste, Harry ?
Lord Malfoy prit sur lui de tousser pour leur imposer le calme. Il ne savait que trop bien à quel point son fils pouvait s'enflammer quand son rival était concerné, et de ce qu'il en savait, le tempérament de Harry n'était pas à prendre à la légère non plus. Les entendre confronter leurs plus stupides méfaits à Poudlard n'était pas un spectacle auquel il souhaitait assister en prenant son petit-déjeuner.
- Avez-vous une idée de l'heure à laquelle vous souhaitez partir ?
- Est-ce que le début d'après-midi vous conviendrait ? J'aimerais avoir le temps de me familiariser avec les changements avant qu'Hermione arrive, expliqua Harry en souriant.
- Cela me paraît raisonnable. Concernant votre filleul...
- Meda viendra le récupérer ici en fin d'après-midi, intervint Narcissa. Elle veut laisser à Harry le temps de s'habituer à sa nouvelle maison avant de lui imposer un bébé à gérer, ajouta-t-elle avec un sourire amusé.
La fin du petit-déjeuner se passa sans anicroche, et Lucius fut satisfait de pouvoir lire son journal en paix. La Gazette n'avait rien d'intéressant à raconter, mais il était toujours bon de se tenir informé des petits détails qui faisaient tourner le monde sorcier. Même s'il ne s'agissait que de nouveaux échecs pour réveiller les victimes de la bataille de Poudlard, ou de l'annonce de la Bulgarie comme prochain adversaire de l'Angleterre pour les dernières phases de sélection de la Coupe du Monde de Quidditch.
-o-oOo-o-
Harry ne savait pas à quoi s'attendre en arrivant devant la maison des Black. L'extérieur avait été repeint et rafraîchi, mais restait assez proche de son ancienne apparence pour continuer à passer inaperçu dans la rue.
Narcissa et Draco avaient refusé de l'accompagner, en expliquant qu'ils ne voulaient pas que Harry se sente forcé de faire des compliments en leur présence. Ils voulaient lui laisser découvrir sa nouvelle demeure sans pression d'aucune sorte.
Le Griffondor prit une grande inspiration, tourna la poignée de la porte, et entra.
Il se figea un instant dans le hall d'entrée, en se demandant par quel miracle il était à la fois comme il l'avait laissé et complètement différent. Les mêmes thèmes chromatiques avaient été respectés, mais le mélange de vert, de noir et d'argent avait été rééquilibré et la lumière beaucoup mieux amenée.
Harry retira ses chaussures et avança pour voir à quoi ressemblaient les autres pièces. La cuisine semblait plus spacieuse et mieux organisée, la salle à manger avait enfin une ambiance accueillante avec une table qui donnait réellement envie de s'y installer, mais ce fut le salon qui l'impressionna le plus.
Les murs étaient recouverts d'un papier peint vert sombre, duquel émanait une impression de calme plutôt que d'enfermement. La couleur se poursuivait jusque sur le plafond, et il fallut un moment à Harry pour réaliser que ce dernier était en réalité plus clair que les murs. Le sol avait été transformé en parquet avec un bois de couleur chaude, et des tapis noirs étaient étendus un peu partout. Les différents meubles étaient désormais tous composés du même bois, probablement de l'ébène au vu de la couleur.
Mais ce furent le canapé et les fauteuils qui retinrent le plus son attention. Le canapé était désormais de couleur bronze et paraissait assez moelleux et accueillant pour donner envie de s'y asseoir immédiatement. Quelques coussins marron, noirs et gris étaient disposés dessus. Les fauteuils avaient l'air tout aussi moelleux, et étaient chacun savamment équilibrés entre les différentes couleurs qui composaient le salon.
Malgré une dominance de thèmes chromatiques sombres, la pièce était pourtant très lumineuse et Harry mit un moment à comprendre pourquoi. Une fenêtre invisible de la rue avait été percée dans un mur, et des lampes étaient disposées à des endroits stratégiques pour donner l'impression que la lumière était uniquement d'origine naturelle.
- Maître Harry Potter ? demanda une voix derrière lui.
Harry sursauta, et soupira de soulagement en reconnaissant Kreattur. Le vieil elfe de maison avait l'air inquiet.
- Il y a un problème, Kreattur ?
- Maître Harry Potter est resté sans bouger dans le salon pendant plusieurs minutes, est-ce que les arrangements ne plaisent pas à Maître Harry Potter ?
Le Griffondor écarquilla les yeux, puis éclata de rire. Lorsqu'il se calma, il adressa un sourire radieux à Kreattur.
- Kreattur, c'est parfait, le rassura-t-il. Vraiment parfait. Toi et les autres elfes avez fait un travail incroyable, tout ce que j'ai vu jusqu'à maintenant est magnifique. C'est cent fois mieux que ce que j'aurais pu espérer en faisant les plans avec Draco et Narcissa.
Le vieil elfe s'immobilisa, et ses yeux se mirent à briller. Il s'inclina très bas devant le sorcier, les deux mains sur sa poitrine.
- Kreattur est indigne de tels compliments, mais Kreattur est heureux de voir la demeure de la Noble et Très Ancienne Maison Black retrouver sa grandeur. Kreattur sera à jamais reconnaissant à Maître Harry Potter pour son respect des anciens Maîtres de cette maison.
Avant que Harry puisse ajouter quoi que ce soit, Kreattur disparut dans un claquement de doigts, laissant le sorcier seul et quelque peu embarrassé par une déclaration aussi solennelle. Pendant un instant, il se demanda si Kreattur était au courant que c'était lui qui avait trouvé le moyen de retirer le portrait de la mère de Sirius au début de l'été. S'il venait à l'apprendre, il retirerait sans doute la partie sur le respect des anciens propriétaires.
Après un dernier regard au salon, il continua sa visite en silence. Le même type de tapis noirs décorait le sol des escaliers et des couloirs aux étages, et des tableaux de paysages ou des tapisseries de scènes mythiques avaient remplacé les têtes d'elfes de maison et autres décorations macabres sur les murs.
Les salles de bains avaient été refaites pour être transformées en véritables espaces de détente, et étaient toutes dans des nuances noires et bleues différentes. Le bureau du maître de maison était également bien plus accueillant, au point que le Griffondor sut au premier coup d'oeil qu'il allait l'utiliser sans s'y sentir mal à l'aise. Harry prit sur lui de pousser la porte de chaque chambre, et fut surpris de constater à quel point Draco avait eu raison lorsqu'ils avaient discuté. En réadaptant la taille des meubles à la taille des pièces, et en conservant des détails similaires d'une chambre à l'autre, il retrouvait une harmonie générale qui n'était pas impersonnelle pour autant.
Lorsqu'il arriva à la chambre qu'il avait adoptée comme la sienne jusque-là, Harry sentit la nervosité remonter. Il n'avait pas indiqué de préférence particulière pour cette pièce, et avait laissé carte blanche à Draco quand le Serpentard lui avait confié avoir quelques idées.
Le Sauveur du Monde Sorcier souffla un bon coup en se préparant au pire, et poussa la porte.
La pièce était spacieuse, et plus éclairée par le jour que n'importe quelle autre chambre jusqu'ici. La fenêtre faisait le double de la taille de celle des autres chambres et laissait entrer des flots de lumière naturelle. La penderie, le bureau et le lit double à baldaquins étaient en acacia, et la couleur du bois était renforcé par les murs, qui étaient peint dans une nuance d'ocre très pâle. Des tapis dans diverses nuances d'ocres claires entouraient le lit et les tables de chevet.
Harry s'y sentit immédiatement bien. Il savait d'instinct qu'il y serait aussi heureux en été qu'en hiver, que n'importe quelle couleur de draps irait avec le lit, qu'il pourrait prendre le temps d'ajouter sa touche personnelle, et que cette pièce serait un endroit où il pourrait se réfugier et se sentir en sécurité. Elle était parfaite.
Le Griffondor ne remarqua qu'il avait la gorge serrée que lorsqu'il dut prendre une respiration et que celle-ci fut plus hachée que ce à quoi il s'attendait. Il s'avança dans la pièce en caressant chaque meuble du bout des doigts. Draco n'avait pas simplement réaménagé sa chambre. Il en avait fait exactement ce dont Harry avait besoin sans que lui-même soit capable de mettre des mots dessus.
-o-oOo-o-
Au manoir Malfoy, Narcissa avait réquisitionné son fils pour un thé pendant que Lucius travaillait. Elle connaissait assez Draco pour savoir qu'il n'aurait pas supporté de rester seul dans les circonstances présentes. Sans occupation, il aurait tenu une heure au plus avant de commencer à chercher un prétexte pour aller voir ce que Harry pensait de la nouvelle version du Square Grimmaud.
- Mon dragon, calme-toi, soupira-t-elle en le voyant s'agiter.
- Je suis parfaitement calme, mère.
La sorcière blonde haussa un sourcil.
- Harry va adorer ce que vous avez fait de la maison, lui assura-t-elle. Tu n'as pas à t'inquiéter. Vous avez tout décidé ensemble, après tout.
- Presque tout, nuança Draco.
Lady Malfoy se retint de justesse de lever les yeux au ciel. Certaines choses ne changeraient jamais. Draco avait toujours voulu impressionner Harry, même quand ils n'étaient encore que des enfants. À présent qu'ils étaient adultes et amis au lieu de rivaux, elle avait supposé que ce trait de caractère s'estomperait aisément. La nervosité de son fils était en train de lui démontrer qu'elle s'était trompée sur ce point. Draco était encore plus décidé qu'avant à impressionner Harry, tout en essayant de ne pas répéter ses erreurs passées.
Un elfe de maison apparut dans le salon et s'inclina.
- Un visiteur est là et demande à voir Maître Draco.
Le visage du jeune Serpentard s'illumina et il se leva.
- Fais-le entrer.
- Bien, Maître Draco.
La porte s'ouvrit quelques instants plus tard sur un visage souriant.
- Salut Dray ! Bonjour, Lady Malfoy.
- Blaise, salua Narcissa.
Draco, dont le visage s'était refermé dans un masque indéchiffrable, se rassit dans le canapé, et tentait désormais de dissimuler sa déception sous un masque de vague ennui.
- Zabini.
- Tu me laisses une semaine sans nouvelles et c'est ça que j'ai comme accueil ? fit semblant de s'offusquer l'italien.
- Tu devrais déjà t'estimer heureux d'être reçu en arrivant sans prévenir.
Blaise poussa un soupir mélodramatique en s'installant à côté de Draco, et se tourna vers Narcissa. Celle-ci observait la scène avec un amusement discret en touillant sa tasse de thé.
- Lady Malfoy, je suis vraiment navré, mais il faut que quelqu'un se dévoue pour vous le dire. Votre fils est un monstre sans coeur.
- Oh vraiment ? releva-t-elle en fixant Draco.
- Vous voyez bien à quel point il est insensible, poursuivit Blaise. Même moi, son meilleur ami, il me laisse sans nouvelles et refuse presque de me voir.
- Zabini, tu n'es pas venu juste pour te plaindre auprès de ma mère, quand même ?
Le sorcier italien se tourna vers son meilleur ami avec un grand sourire.
- Crois-moi Dray, ça suffirait à justifier une visite de ma part.
Le regard noir que Draco lui lança fut ignoré avec aisance, et Blaise reprit en s'adressant aux deux sorciers.
- En réalité, je viens aux nouvelles. J'ai entendu dire que Granger revenait en Angleterre pour empêcher Weasley et Potter de rompre à cause des Malfoy.
- Ils ne sont pas ensemble, le coupa sèchement Draco.
- Rompre leur amitié, précisa Blaise en levant les yeux au ciel. Tout le monde est curieux, et puisque mon meilleur ami est au coeur de ce croustillant scandale, quoi de mieux qu'une petite visite pour en avoir le coeur net ?
Il attrapa un macaron et s'appuya sur l'accoudoir du canapé en attendant qu'un des deux Malfoy prennent la parole. Après quelques secondes de silence, ce fut Narcissa qui reposa sa tasse et répondit la première.
- J'ignore si la relation amicale entre le jeune Weasley et Harry est sur le point d'être rompue, asséna-t-elle froidement. Mais je peux affirmer que ce n'est pas la raison pour laquelle miss Granger revient en Angleterre.
- Et si Weasley s'imagine que Granger va le défendre après ce qu'il a fait publier sur elle, déclara Draco, c'est que même un troll des montagnes est capable de plus de réflexion que lui.
Blaise avala le reste de son macaron en une seconde, et son expression changea du tout au tout. Il n'avait pas anticipé que les deux blonds prendraient le sujet autant à coeur. Que Draco déteste Weasley et le prenne de haut, c'était une évidence. Mais pour que Narcissa Malfoy prenne un ton aussi froid, appelle Potter par son prénom et prenne la peine de nommer Granger poliment...
- C'est vraiment à cause des Malfoy que Potter et Weasley sont brouillés, réalisa Blaise.
- Harry est libre de choisir ses fréquentations, déclara Narcissa. Contrairement à d'autres Griffondors, il est assez ouvert d'esprit pour voir au-delà des anciennes querelles.
Le Serpentard brun écarquilla les yeux. De la part de Lady Malfoy, une telle déclaration n'était pas à prendre à la légère. La mère de son meilleur ami était, avec la sienne, une des femmes les plus influentes de la haute société britannique. Si elle n'hésitait pas à déclarer publiquement que Potter était digne d'être soutenu, ce n'était qu'une question de semaines avant que le reste des familles Sang-purs s'aligne.
Avant que le brun finisse de pleinement réaliser les conséquences de ce qu'il venait d'entendre, Draco haussa les épaules avec un air hautain et satisfait.
- Weasley a essayé de mettre un ultimatum à Harry, expliqua Draco. Lui ou nous, en nous accusant au passage de le manipuler avec de la Magie Noire.
- Potter, ensorcelé aussi facilement ? ricana Blaise. Et qu'est-ce qu'il a répondu ?
- Que si Weasley n'apprenait pas à contrôler sa jalousie, il risquait de perdre plus que Granger, répondit le blond avec un sourire satisfait.
Blaise siffla, impressionné. Le héros des Griffondors en avait dans le ventre pour prendre la défense d'un Serpentard face à celui censé être son meilleur ami.
- Ça, ça veut dire que Potter est vraiment en colère, fit-il avec un petit rire. C'est encore meilleur que ce que je pensais.
- Ta curiosité est-elle satisfaite, Blaise ? s'enquit Narcissa.
- Presque, Lady Malfoy.
- Presque ?
L'italien se tourna vers Draco avec le sourire d'un chat qui a coincé une souris.
- Dray, tu en es où de ton crush sur Potter ? Pour qu'il te défende comme ça, tu as dû sacrément avancer avec lui.
Il évita l'éclair violet d'extrême justesse, et uniquement grâce à des années de réflexes. Le Prince de Glace était en train de le foudroyer du regard, mais Blaise ne regrettait rien.
- Zabini, gronda Draco.
Blaise se prépara à esquiver pour se cacher derrière la mère de son meilleur ami, ce qui lui offrirait une protection temporaire mais efficace.
Toutefois, il n'eut même pas à bouger avant que quelqu'un frappe à la porte et entre dans la foulée. Blaise eut une fraction de seconde pour observer Draco, et fut ébahi de voir son expression s'éclairer en un battement de cil, toute envie de vengeance disparue. L'italien tourna la tête pour voir qui il devait remercier pour ce miracle, mais n'eut pas le temps avant que l'intrus passe devant lui en un éclair pour se jeter dans les bras du Prince de Glace.
Blaise resta sous le choc et sentit sa mâchoire se décrocher. Les rares personnes qui avaient voulu enlacer Draco Malfoy à Poudlard s'étaient vues opposer un refus magistral. Sa première pensée cohérente fut que le macaron devait contenir une potion hallucinogène.
Puis il reconnut les cheveux bruns en bataille, et son air choqué se mua en un sourire machiavélique. Il lui fallut tout son self-control pour ne pas faire de remarque sur le rougissement qui envahissait le visage de son meilleur ami, lequel avait l'air de ne pas savoir quoi faire d'une soudaine démonstration d'affection griffondorienne.
Dans le silence, les quelques mots de Potter résonnèrent clairement.
- Merci Draco. La maison est magnifique, et... et ma chambre est parfaite. Merci.
Il resta quelques secondes de plus sans bouger, en serrant le blond contre lui comme si sa vie en dépendait, avant de s'éloigner. Draco tourna aussitôt la tête vers le mur le plus proche, et cacha son visage dans sa main.
- Pas de quoi, Harry, marmonna-t-il.
- J'en déduis que la maison te plaît ? intervint Narcissa.
Blaise observa avec stupeur Lady Malfoy adresser un sourire chaleureux au Griffondor. Celui-ci lui tournait toujours le dos, et Blaise put seulement le voir passer une main dans ses cheveux dans un geste embarrassé.
- Beaucoup, admit Potter. Vraiment, c'est incroyable ce que vous et Draco avez préparé, et les elfes ont fait un travail phénoménal. Si je peux faire quoi que ce soit pour vous remercier...
- Enfin Harry, pas besoin de remerciements entre nous, balaya-t-elle d'un geste de la main.
- Je peux au moins vous inviter pour un thé avec Andromeda ? Je pense que ça lui fera plaisir de partager ça avec vous.
- Voilà une offre que je ne peux guère refuser, fit Lady Malfoy avec un sourire amusé. Par ailleurs, il est temps que je rencontre miss Granger.
- Oh, vous n'êtes pas obligée, tenta le brun. Je sais qu'elle a prévu de-
Un regard appuyé de la mère de Draco suffit à faire rire le Golden Boy, qui leva les mains en signe de reddition.
- Je peux vous laisser fixer une date avec Andromeda ?
- Naturellement.
Blaise devina que Potter dut répondre avec un grand sourire ou quelque chose d'approchant. Il attendit avec un sourire goguenard que le Griffondor se tourne et sursaute en le voyant.
- Zabini ?
- Potter.
Le Griffondor lui adressa une grimace d'excuse.
- Désolé de ne pas t'avoir vu.
- Aucun problème. Je vais simplement être dévoré par la jalousie pendant les trois prochains mois.
Devant l'air ahuri puis sincèrement inquiet du sorcier brun, Blaise explosa de rire.
- Je plaisante, Potter ! J'ai bien vu que ton attention était ailleurs quand tu es entré, fit-il avec un clin d'oeil.
Les couleurs qui grimpèrent sur les joues de Potter lui donnèrent envie de continuer, mais malheureusement, Draco avait déjà regagné son impassibilité légendaire et estimait qu'il était temps d'intervenir.
- Harry, ignore-le.
- Je dis juste que je n'ai pas eu droit au même accueil en arrivant à l'improviste, déclara Blaise. Dray, quand est-ce que tu me prends dans tes bras pour me dire bonjour ?
Le regard noir de son meilleur ami le fit simplement rire. Du coin de l'oeil, il vit Draco soupirer avant de se tourner vers Potter.
- Tu as déjà fini de tout visiter ?
- Il me reste quelques pièces à découvrir, sourit le Griffondor, mais j'ai préféré ne pas venir trop tard. Je pense que ton père va vraiment essayer de me tuer s'il me voit au dîner ce soir.
- Tes chances de survie ne sont pas si basses, répliqua Draco avec ironie. Après tout, il t'appelle par ton prénom quand il n'utilise pas ton titre.
La remarque lança Blaise dans une monumentale quinte de toux, qui attira l'attention de tout le monde. Quand il parvint à respirer sans s'étouffer, il dévisagea les deux stars de sa promotion d'un air incrédule sans réussir à trouver quoi dire. Au bout de cinq secondes, Potter reprit la parole.
- Bon, je pense que je vais y aller, sourit-il. Désolé d'être passé en coup de vent, Narcissa, mais je voulais vraiment faire mes remerciements en personne.
- C'est très aimable à toi, Harry, répondit Lady Malfoy avec chaleur.
Le Griffondor adressa un sourire radieux à l'aristocrate avant de se tourner vers lui.
- Zabini, désolé de ne pas discuter plus longtemps. Il faudra qu'on remette ça.
Blaise hocha la tête, toujours incrédule, et observa Potter diriger son regard vers Draco.
- Draco, tu pourras venir vers trois heures et demie dimanche ?
- Granger a avancé ?
- Elle pense arriver vers quatre heure et elle a toujours quinze minutes d'avance.
- Évidemment, soupira le blond. Va pour trois heures et demie. J'apporte le thé vu que tu n'as rien de convenable.
- Tu pourrais juste admettre que tu es affreusement difficile, répliqua Potter d'un air joueur.
- C'est faux, objecta Draco. J'ai les goûts les plus simples qui soient.
- Il te faut juste le meilleur dans tous les domaines.
Un sourire complice étira les lèvres du Prince de Glace, et Potter laissa échapper un petit rire avant de se diriger vers la porte.
- Passez une bonne soirée, fit-il en refermant derrière lui.
Lady Malfoy se leva après lui, un sourire satisfait éclairant son visage.
- Je vais aller écrire à ma soeur, déclara-t-elle. Blaise, tu peux rester aussi longtemps que tu le souhaites.
- Merci, Lady Malfoy.
Dès que la porte se fut refermée sur elle, Blaise laissa tomber toute forme d'apparences et se tourna vers son meilleur ami avec un regard désespéré.
- Dray, il me faut des explications maintenant ou je jure sur tous les serpents de Salazar que je vais devenir fou.
- Il n'y a rien à expliquer, Zabini.
Draco tourna ostensiblement la tête en haussant les épaules, et Blaise le regarda comme s'il était à deux doigts d'exploser.
- Tu as vraiment rendez-vous avec lui dimanche après-midi ?
- Granger a demandé à me voir à son retour.
- Dray, il invite ta mère sur un coup de tête et elle dit oui, insista l'italien.
- Harry est le parrain de son petit-neveu.
- Il t'a sauté dans les bras dès qu'il est entré !
- Les Griffondors sont toujours excessifs.
- TON PÈRE L'APPELLE PAR SON PRÉNOM !
