Bonjour à toutes et à tous ^^

Je vous laisse avec ce nouveau chapitre :)

Bonne lecture ;)


Chapitre 15 : Amitiés et sélections

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7 septembre 1996

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Cela ne faisait qu'une semaine que les cours avaient repris et les élèves de sixième année avaient rapidement déchanté. S'ils avaient moins d'heures de cours dans la semaine, celles-ci étaient remplacées par de longues heures à la bibliothèque pour ne pas être surchargé de devoirs. Ils avaient déjà un devoir par matière et des entraînements aux sortilèges en dehors des cours. Le rythme était assez soutenu et chacun comprenait à présent pourquoi il y avait des défections durant l'année.

Harry, Draco et Susan arrivaient à concilier leur travail scolaire et leurs devoirs de préfets mais les sélections de Quidditch n'étaient pas encore passées. Après s'être entraînée tout l'été avec Harry et Draco, Susan avait pris goût au rôle d'Attrapeur et allait passer les sélections de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle à la surprise générale. Même si Harry n'avait pas su quoi lui dire au moment où sa sœur le lui avait annoncé, il la soutenait. Lui aussi allait repasser les sélections même s'il était certain de garder son poste et sa titularisation, tout comme Draco. Alors qu'il sortait du cours de Métamorphose le vendredi après-midi, Harry avait croisé Ginny qui lui avait déclaré que les sélections auraient lieu huit jours plus tard. Ron, en l'entendant, avait pâli et espérait garder lui aussi son poste ce dont Harry était certain.

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Ce samedi-là, peu après le déjeuner, Harry, Ron, Hermione, Ginny et Susan se dirigeaient vers le septième étage en direction de la salle sur demande. Pour éviter de passer du temps avec les uns au détriment des autres, Harry et Draco avaient décidé de réunir leurs amis pour apaiser les tensions entre Gryffondor et Serpentard. Ils savaient que cela était risqué mais à cinq Préfets, ils pensaient qu'ils réussiraient à contenir le groupe. Draco avait annoncé à Harry la veille qu'il viendrait avec Blaise Zabini, Pansy Parkinson, son homologue féminin Daphné Greengrass et Théo. Harry hocha la tête, n'ayant aucun grief contre ces Serpentard, il s'entendait d'ailleurs assez bien avec Daphné avec qui il avait fait plusieurs rondes.

Quand ils arrivèrent devant le tableau de Barnabas le Follet, Draco et ses amis étaient déjà présents et riaient. Ron, Hermione et Ginny se tendirent face aux Serpentard.

- À quoi tu joues, Draco ? lança Pansy Parkinson. Tu veux une guerre ouverte ou quoi ?

- Attendez au moins d'être à l'intérieur pour parlementer. C'est bientôt la ronde des professeurs et j'ignore qui ce sera. Alors autant faire profil bas, répondit Draco tandis que Harry pensait à une pièce chaleureuse aux couleurs de Gryffondor et Serpentard avec un brin de Poufsouffle.

Quand ils entrèrent, chacun parut émerveillé par la pièce.

- Je n'ai jamais fait attention à cette pièce, dit Daphné. Comment fonctionne sa magie ?

- C'est la Salle sur Demande, on peut avoir tout ce que l'on veut à part de la nourriture. Tu veux un coussin vert ? Tu y penses et la salle t'en donnera un. Tu veux un livre ? C'est pareil, dit Harry en souriant.

- Maintenant que tout le monde est là, nous allons vous dire pourquoi nous sommes tous réunis. Comme Harry et moi sortons ensemble, nous devons apprendre à connaître les amis de l'autre pour éviter qu'il y ait des malaises quand nous sommes dans la même salle commune. Donc nous avons eu l'idée de nous regrouper pour passer un bon moment ensemble, en savoir plus les uns sur les autres…

- Non mais tu as vu Merlin ou quoi ? répliqua Blaise Zabini. Tu crois qu'on a envie de passer deux heures avec eux alors qu'ils ont envoyé plusieurs parents d'élèves de Serpentard à Azkaban ?

- Donc cela ne te dérange pas de passer du temps avec Draco alors qu'il était avec nous au Ministère mais tu refuses de passer du temps avec ceux qui l'ont accompagné ? répliqua Ginny. C'est parce que nous sommes des Gryffondor ?

- Mais… mais pas du tout…, balbutia le Serpentard, gêné.

- Tu vois, j'avais à peu près les mêmes craintes que toi quand j'ai su que j'allais voir Draco assez souvent durant l'été et j'ai été surprise de voir qu'il n'était pas si exceptionnel qu'il y paraît. Donc si j'ai pu supporter quelqu'un qui haïssait ma famille il y a encore un an, tu devrais pouvoir supporter notre présence pendant deux heures, non ?

Il régnait un silence absolu dans la pièce et tout le monde regardait l'échange entre Ginny et Blaise.

- Je… Je suis désolé de m'être emporté, Draco. Je sais que tes intentions étaient bienveillantes, c'est plutôt une bonne idée après réflexion.

- Dis surtout que tu as peur du célèbre maléfice de chauve-furie de Weasley, pouffa Pansy.

- Eh oui, même dans notre promo, tu es célèbre, ajouta Daphné alors que Ginny rougissait légèrement. Mais je suppose qu'avec six frères plus âgés, tu as dû t'affirmer ?

- Pas tant que ça avant d'entrer à Poudlard.

- Eh mais je ne comprends rien, là ! s'écria Blaise en voyant le badge de capitanat sur la robe de sorcier de Ginny. Je pensais que ce serait Black qui l'aurait !

- Faut croire que je n'étais pas intéressé et je ne le suis toujours pas, répondit Harry.

Alors que Harry et Ginny discutaient avec Draco et Blaise de Quidditch, Pansy entama la discussion avec Ron et Susan sur les échecs et Hermione se rapprocha timidement de Théo et Daphné.

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Pendant ce temps, Remus et Severus allèrent voir leur jeune voisine. Quand ils ouvrirent, ils virent la jeune fille en train d'étudier. Elle leva la tête et sourit.

- Bonjour, professeurs.

- Bonjour, Alice. Comment allez-vous ?

- Plutôt bien. Les deux premiers jours ont été difficiles mais aujourd'hui ça va mieux. Je commence à m'habituer aux différentes senteurs autour de moi. Plus ça va, moins elles sont fortes et…

Remus esquissa un sourire.

- Vous avez une grande force de volonté, c'est ce qui va vous aider. Comment supportez-vous la faim ?

- Cela a été dur au début de la semaine mais là, ça fait deux jours que j'ai mangé. Au début, j'en prenais pour ne pas craquer mais comme je m'y habitue, j'espace les prises.

- C'est une très bonne initiative, reconnut Severus. Que diriez-vous de sortir ce soir après le couvre-feu ?

- Mais je n'ai pas le droit, c'est contraire au règlement !

- Cela fait une semaine que vous êtes enfermée, vous avez besoin de vous dégourdir les jambes. Et normalement, vous ne devriez pas rencontrer d'élèves. Et le professeur Lupin et moi vous accompagnerons, vous ne serez pas seule.

- Merci, répondit Alice, émue. Je ne suis ni à Gryffondor ni à Serpentard et vous prenez soin de moi comme n'importe quelle élève.

- Cela peut s'expliquer assez naturellement, déclara Remus. Vous le savez, le professeur Rogue est Directeur-Adjoint et c'est en cette qualité qu'il s'occupe de vous. Et moi, je le surveille pour éviter qu'il s'épuise trop et parce que je vous apprécie également.

Severus leva les yeux au ciel tandis qu'Alice souriait.

- Avez-vous besoin de quelque chose ? Avez-vous des difficultés à comprendre les cours que vos amis vous ont donnés ? demanda Remus.

- J'ai un peu de mal avec le sortilège de mutisme et le Philtre de Paix. Sinon, ça va.

- Tu commences ? Je vais regarder son devoir, proposa Severus.

- Comme tu voudras. Voyons voir cela, dit Remus en s'asseyant à côté d'elle.

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Quand Harry, Ron, Hermione, Susan et Ginny descendirent prendre leur déjeuner, ils tombèrent sur les amis de Ginny, Colin Crivey et Luna Lovegood.

- Bonjour. Que se passe-t-il ? demanda cette dernière en les voyant soulagés de la croiser.

- Le professeur Lupin m'a donné ce mot pour toi, répondit Colin en souriant.

Ginny le prit, perplexe, et déplia le parchemin. Un sourire apparut rapidement sur son visage.

- Si tout se maintient, on pourra aller voir Alice mercredi soir. C'est super ! s'exclama-t-elle.

- Non mais tu comptes vraiment aller la voir ? s'exclama Ron, stupéfait.

Les six élèves le dévisagèrent, abasourdis par une telle réaction.

- Je ne vois pas en quoi cela te regarde, je suis libre de faire ce que je veux. Et je ne serai pas seule, il y aura les professeurs Lupin et Rogue, répliqua Ginny. Ils ne feraient courir aucun risque à aucun élève. S'ils sont persuadés qu'Alice peut revenir en cours, je leur fais entièrement confiance. Et ce n'est pas pour rien qu'on nous fait travailler depuis une semaine tous les sortilèges permettant de faire reculer Alice en cas de danger.

- Ah, tu vois, tu le dis toi-même !

- Laisse tomber, dit soudainement Ginny avant d'entrer dans la Grande Salle.

- Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Tu la protèges un peu trop, laisse-la vivre, proposa Susan en souriant. Et je connais Alice, nous sommes dans la même maison. Elle ne ferait pas de mal à une mouche même si elle est différente maintenant. Et si réellement elle représentait un danger, jamais Severus ne serait présent.

- Tu as raison, dit Ron en souriant. Allons manger et après tu m'emmèneras au club d'échecs !

- Contente d'apprendre que tu veuilles toujours t'inscrire.

- Évidemment, voyons ! s'esclaffa Ron en entrant dans la Grande Salle.

Amusés, les Gryffondor et Susan allèrent manger.

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11 septembre

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Après leur cours de Botanique, Ginny, Colin et Luna se hâtèrent de regagner le château pour aller déposer leurs affaires. Quand Colin et Ginny arrivèrent devant la Grande Salle, ils virent Luna qui discutaient avec les professeurs Lupin et Rogue.

- Avez-vous vos baguettes ? demanda le professeur Rogue.

- Bien sûr, affirmèrent les trois élèves.

- Allons-y.

Ils se dirigèrent les appartements situés à quelques mètres du Grand Escalier. Les deux professeurs défirent les charmes et sortilèges et ouvrirent la porte.

- Miss Chase, vous avez de la visite, déclara Severus.

La jeune fille sortit de sa chambre et fit face à ses trois amis. Ils se regardèrent un moment avant que Ginny ne s'avance doucement.

- Bonjour, Alice. Comment vas-tu ? demanda-t-elle en souriant.

- Bien. Je ne m'attendais pas à ce que vous soyez là, tous les trois… et encore moins à ce que vous acceptiez de me voir.

- Nous sommes amis, non ? lança Colin en s'avançant à son tour. Et les amis, ça s'entraide, peu importe les différences ! Et il y en a entre nous.

- Jamais nous n'aurions abandonné quelqu'un dans le besoin, Alice, ajouta Luna en observant les lieux. C'est sympa ici. Tu t'y plais ?

Alice les regarda, bouche bée. Ils semblaient si naturels envers elle qu'elle en avait les larmes aux yeux. Pour eux, elle n'avait pas changé. Pour eux, elle restait la même amie qu'ils avaient rencontré cinq ans plus tôt. Elle se détourna pour sécher les larmes qui coulaient sur ses joues quand elle sentit une présence près d'elle. Des bras l'entourèrent sans pour autant l'entraver de ses mouvements tandis qu'un parfum floral faisait comprendre à Alice qu'il s'agissait de Ginny. Sans qu'elle ne s'en aperçoive, Alice se laissa aller contre son amie qui lui murmurait des paroles à l'oreille pour la rassurer. Elle ne sut le temps qu'elle avait passé, sentant les mains douces de Ginny lui caresser le dos ou les cheveux d'un geste tendre et des bruits de conversation entre Luna et Colin.

Quand les larmes se tarirent, elle ne percevait plus aucun bruit mis à part trois respirations. Trois ? Où étaient passés les deux professeurs ? Avaient-ils réellement confiance en elle pour la laisser seule avec ses trois amis ? Ginny dut sentir qu'elle allait mieux car elle demanda :

- Tu vas mieux, maintenant ?

- Oui, merci, murmura Alice. Excuse-moi, je…

- Tu as accumulé trop de tensions et être isolée pendant dix jours n'a pas dû être facile pour toi, termina Ginny. Allez viens, Luna et Colin ont préparé le thé.

- Les professeurs Lupin et Rogue sont partis ? demanda Alice, inquiète.

- Si tu nous voulais du mal, tu nous en aurais déjà fait, songea Luna en venant vers elles. Ils ont vu qu'on ne courait aucun danger donc ils sont partis. Ils n'ont pas remis les sortilèges en place, de sorte qu'on puisse aller les chercher au cas où. Mais nous n'en aurons pas besoin, n'est-ce pas ?

Alice esquissa un sourire. Elle se releva et alla s'asseoir, à l'instar de Ginny. Colin servit ses amies.

- Je ne te savais pas aussi gentleman, remarqua Alice. Alors, racontez-moi vos étés.

- Non, dis-nous plutôt comment tu as réussi à venir étudier ici, demanda Colin. La question concernant tu-sais-quoi, on va s'en passer. Tu ne veux sans doute pas revivre ça.

- C'est ce que tu fais un petit peu, objecta Ginny.

- Cela ne me dérange vraiment pas d'en parler, dit Alice. Et je ne veux en parler qu'avec vous.

- C'est très gentil de ta part, dit Luna.

- Vous êtes adorables avec moi depuis la première année, vous n'avez pas hésité à venir me voir alors que je suis isolée de tout le monde. J'aurais pu avoir une réaction bien différente…

- Mais tu es toi-même, répliqua Colin. Et si tu t'inquiètes pour la classe, nous avons reçu l'ordre d'utiliser la magie dans les couloirs en cas de nécessité pour te protéger ou nous protéger. Mais je ne sais pas pourquoi, ce n'est pas nous qui serons les victimes.

- Je le crains aussi, songea Ginny. On te racontera tout cela après mais raconte-nous le début déjà.

- C'était au tout début de l'été, cela faisait peut-être une semaine que nous étions en vacances. Je dormais paisiblement quand j'ai senti qu'on m'attrapait de force. Je me suis mise à crier, à me débattre. J'ai réussi à prendre ma baguette qui était toujours posée sur la table de nuit ce que m'avait recommandé mon grand-père après ma première année, je ne savais pas pourquoi et je n'avais pas posé de questions. J'ai utilisé le Lumos et j'ai entendu des cris. La dernière chose dont je me rappelle est d'une violente morsure au niveau du cou. Quand je me suis réveillée, j'étais à Sainte Mangouste, dans la pénombre totale. J'étais attachée et mes parents étaient près de moi, en pleurs. Ils m'ont alors raconté l'histoire de mon grand-père. Il a lutté pendant de nombreuses années contre des vampires pour le compte du Ministère. Un jour, il a presque éliminé un groupe et l'un des seuls survivants l'a menacé en disant qu'il s'en prendrait un jour à sa famille. Voyant les années passer, il ne s'est plus méfié. Mis à part cette recommandation.

- Ils s'en fichent, ils ont l'éternité devant eux, répliqua Ginny.

- Mes parents m'ont dit que j'étais devenue un vampire, que je ne pourrais jamais retourner à Poudlard. J'ai mis quelques jours pour l'accepter mais le plus difficile a été la soif. Le guérisseur m'a dit qu'il fallait à tout prix que j'essaye de reprendre une vie normale pour ne pas perdre mon humanité. On a déménagé, on s'est réfugié dans une maison abandonnée, mon grand-père faisait fuir tous les voyeurs qui avaient entendu parler de mon agression.

Alice resta silencieuse un moment avant de sourire.

- Puis, vers le milieu du mois d'août, les professeurs Rogue et Lupin sont venus à la maison. Ils ont parlé avec mon grand-père puis mon père qui voulaient à tout prix me protéger. Ils refusaient l'aide de nos professeurs qui étaient persuadés que je pouvais revenir. Je suis intervenue et le professeur Lupin a lancé plusieurs sortilèges vers le toit de la maison. Puis le professeur Rogue a jeté de l'eau qui a failli se retourner contre lui, c'est comme ça que j'ai pu bénéficier du soleil à nouveau. Si l'eau ne pouvait passer le dôme protecteur, les rayons du soleil non plus. Je ne pouvais pas sortir en pleine journée mais cela me faisait du bien de voir le jour. Mon père a accepté que je revienne à Poudlard si toute les mesures étaient prises pour que je ne sois pas un danger pour les autres.

- En tout cas, tu es très courageuse, remarqua Colin. Et ici, tu as pu sortir un peu ?

- Depuis ce week-end, je sors avec les professeurs Rogue et Lupin vers vingt-deux heures. Cela me fait bizarre mais en même temps, c'est reposant.

- Je flipperais à ta place, lança Ginny. Je veux bien être une pure Gryffondor mais vagabonder la nuit… Non merci.

- Ça a des avantages, rétorqua Alice. Normalement, je devrais sortir samedi après-midi avec le professeur Lupin. J'ai hâte mais j'ai peur, peur d'être au contact des autres.

- Tout ira bien, la rassura Luna.

- Assez parlé de moi, racontez-moi vos étés ! s'exclama Alice.

Pendant près de deux heures, ils parlèrent des deux mois et demi de vacances de chacun puis des premiers cours. Ce fut vers dix-neuf heures que la porte s'ouvrit sur le professeur Lupin.

- Je vois que tout se passe bien ici. Je ne veux pas jouer les rabats-joies mais c'est l'heure du dîner.

- Déjà ? lança Colin, visiblement déçu. C'est passé beaucoup trop vite.

- Vous aurez d'autres occasions. Revenez la voir samedi et…

- Mais je dois sortir avec vous ou le professeur Rogue, l'interrompit Alice.

- J'ai confiance en vos amis et en vous. Si vous avez pu passer cinq heures avec vos amis sans leur faire le moindre mal, je ne pense pas qu'il y aurait un problème. Et vous serez trois pour la protéger sachant qu'Alice sait comment réagir en cas de problèmes.

Alice hocha la tête. Avant leur première sortie dans le château, ses professeurs lui avaient donné l'ordre d'appeler l'elfe du professeur Rogue qui la ramènerait dans ses appartements.

- Bien. Comment vous sentez-vous, Alice ?

- Très bien. Je ne me suis plus amusée comme ça depuis ce qu'il m'est arrivé. Mis à part quand on en a parlé, mais je n'ai pas pensé une seule fois que je pouvais être un danger pour eux. C'était comme avant.

- C'est parfait. Et concernant votre soif ?

- Tout va très bien. Je sais qu'instinctivement je vais en prendre quand ils partiront mais ce n'est pas par besoin.

- Je note cela. Je pense que si la sortie de samedi est un succès, vous devriez reprendre les cours d'ici la semaine prochaine.

- Génial ! s'exclamèrent Ginny, Colin et Luna.

- Il est temps d'y aller, jeunes gens.

Les trois adolescents saluèrent leur amie et leur professeur et partirent. Remus s'assura que la jeune fille avait ce qu'il lui fallait avant de fermer la porte et remettre les enchantements en place. Il prit ensuite la direction de la Grande Salle où il relata son entrevue avec les quatre adolescents à Pomona et Severus qui donna son accord pour une reprise des cours le mercredi suivant.

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14 septembre

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Habituellement, Draco était heureux d'arriver au week-end, il pouvait voir ses amis aussi longtemps qu'il le voulait ou voir Harry ou Severus. Mais ce jour-là, ses plans étaient mis à rude épreuve. D'abord, il n'avait pas pu voir Harry ayant ses sélections de Quidditch le matin, celles de Draco étant l'après-midi. Il aurait aimé se détendre avec lui, rire, plaisanter, se câliner avant d'affronter cette épreuve en tant que Capitaine car il devait trouver les trois nouveaux Poursuiveurs et le gardien. Tout l'avenir de l'équipe de Quidditch de Serpentard reposait sur ses épaules. Ce midi-là, il attendait Harry dans le Hall, désirant savoir si son petit-ami restait son adversaire. Il y eut des bruits de conversation et bientôt une foule de Gryffondor entra dans le château. Draco vit Harry accompagné d'Hermione et des deux Weasley et vint à leur rencontre. Harry l'embrassa tendrement.

- Tu m'attendais ? demanda ce dernier.

- Bien sûr, je veux savoir comment se sont passées tes sélections, répondit Draco.

- Normalement, tu ne devrais pas demander, rétorqua Ginny. Mais comme il n'y a aucune surprise, pourquoi le cacher ?

- En effet, reconnut Harry. Pas trop stressé ?

- L'avenir de la saison pèse carrément sur mes épaules donc un peu mais ça va aller. J'avais demandé des conseils au Capitaine de l'année dernière donc je devrais m'en sortir. Et toi, Ginny, ça a été ?

- Oh oui. Je suis contente de mon équipe donc normalement cela devrait aller. Je suis désolée, mais on m'attend pour quatorze heures donc je dois vous laisser.

- Un rendez-vous galant ? lança Harry d'un ton moqueur.

- Pas du tout. À tout à l'heure.

Ginny les salua de la main et partit.

- Ginny est célibataire ?

- Pourquoi ? Tu es intéressé ? lança Ron, méfiant.

- Pas du tout, se défendit Draco en rougissant. Je trouve juste que c'est étrange qu'elle soit célibataire. C'est une jolie fille. Et puis elle n'est pas mon genre, j'aime plutôt les garçons bruns aux yeux émeraudes qui ont une cicatrice sur le front.

Tous cachèrent leur rire tandis que Harry rougissait.

- Ce n'est pas tout ça mais je dois aller manger si je ne veux pas faire de malaise durant les sélections, dit Draco. Que vas-tu faire pendant que je serai dans les airs ?

- Je ferai ma ronde avec Susan et je terminerai mon devoir de Métamorphose, songea Harry. Ou peut-être celui de Potions, je ne sais pas encore.

- On se voit toujours ce soir ?

- Si tu n'es pas trop fatigué, oui.

Draco leva les yeux au ciel, embrassa furtivement Harry et entra dans la Grande Salle, vite imité par les Gryffondor.

Une heure plus tard, Draco faisait face à ses condisciples de Serpentard. Il les avait regroupés en trois groupes distincts : les Poursuiveurs, les Batteurs et les Gardiens. Il avait été surpris de voir Théo postuler pour le poste de Poursuiveur mais il ne devait pas laisser ses sentiments interférer dans son rôle de Capitaine.

- Pendant que les Poursuiveurs se passeront le Souafle au sol pour s'échauffer, les Batteurs devront se passer le Cognard dans les airs. Si jamais il arrive trop vite sur vous, esquivez-le et quelqu'un d'autre le relancera. C'est pourquoi je voudrais que vous formiez un binôme avec un joueur en avant, un joueur en arrière. Quant aux Gardiens, vous pouvez vous mettre avec le groupe de Poursuiveurs, cela vous sera utile pour relancer le Souafle à vos coéquipiers.

Draco donna le Souafle à un élève de troisième année qui postulait pour le poste de Gardien puis libéra un Cognard. Les postulants au poste de Batteurs s'élevèrent dans les airs tout comme Draco qui gardait un œil sur les joueurs au sol. Au bout d'une heure, Draco avait choisi ses deux Batteurs qui étaient également ses amis, même s'ils s'étaient éloignés depuis que Draco avait commencé à se rapprocher de Harry en début d'année : Vincent Crabbe et Grégory Goyle. Puis il fit voler les Poursuiveurs qui devaient se passer le Souafle en volant ce qui s'avéra une tâche compliquée : la plupart étaient de jeunes élèves, entre douze et quatorze ans et la balle cramoisie arrivait souvent dans les mains des joueurs de seconde ligne. Après une demi-heure, Draco retint une dizaine de joueurs dont Théo et Blaise et organisa un match entre Gardien et Poursuiveurs. Son regard s'arrêtait souvent sur Théo qu'il trouvait de plus en plus pâle. Quand Blaise lui envoya le Souafle pour marquer, la balle le frappa en pleine tête et le déstabilisa. Draco siffla et alla à la rencontre de son ami qui avait été rejoint par trois ou quatre joueurs pour éviter qu'il chute.

- Tout le monde descend, ordonna-t-il en sifflant une deuxième fois.

Quand ils atterrirent, Madame Bibine, le professeur de vol et arbitre des matchs de Quidditch à Poudlard, vint vers eux. De par son poste, elle se devait de surveiller chaque sélection ou entraînement. Elle fit asseoir Théo qui semblait sonné.

- Mr Nott, comment allez-vous ?

- Pas très bien, répondit-il.

- Je le trouve assez pâle ces derniers temps, observa Blaise.

- Mr Malefoy, avez-vous fait vos choix ?

- Oui, répondit Draco en hochant la tête.

Il se tourna vers les Poursuiveurs et Gardiens et annonça son choix parmi lesquels figuraient Blaise. Théo avait été bon mais pas assez vif selon Draco. Il ordonna aux joueurs d'aller se changer et annonça qu'il mettrait une annonce sur le panneau d'affichage dans la salle commune quand la date du premier entraînement serait fixée. Il accompagna Madame Bibine et Blaise qui supportaient Théo afin de l'emmener à l'infirmerie. Il fut vite pris en charge par Mrs Pomfresh.

- Que se passe-t-il ?

- Il a reçu le Souafle en pleine tête mais il semble malade depuis quelques jours déjà, répondit Blaise.

- Voyons cela de plus près, veuillez le mettre sur ce lit, merci.

Madame Bibine partit ensuite alors que Draco et Blaise restaient près de l'accueil.

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Pendant ce temps, Harry et Susan parlaient de leurs deux semaines de cours quand ils entendirent plusieurs voix dans un couloir du deuxième étage.

- Il y a les sélections, il fait beau et bah non, ils sont dans les couloirs, soupira Susan. Prêt ?

- Nous n'avons pas le choix. Mieux vaut qu'ils déguerpissent avant qu'un professeur arrive, songea Harry.

Ils arrivèrent dans le couloir où il y avait au moins une trentaine d'élèves regroupés. Mais étant de dos, ni Harry ni Susan ne purent voir contre qui ils en avaient. Ils le devinèrent assez rapidement en entendant les remarques qu'ils lançaient.

- Tu devrais avoir honte de venir ici !

- Poudlard n'a pas besoin de toi ici !

- Tu mets en danger tout le monde !

- Tu n'as rien à faire ici, buveur de sang !

Susan et Harry se regardèrent, scandalisés. Ils sortirent leur baguette, au cas où ils devraient se défendre. Harry utilisa le sortilège d'amplificateur de voix pour réclamer le silence.

- Stop ! dit-il d'une voix forte.

Les remarques cessèrent et tous se retournèrent. Ils avaient choisi un cul-de-sac et n'avaient aucune issue de sortie mis à part passer sur les deux Préfets.

- Chacun de part et d'autre du couloir, ordonna Harry en désamplifiant sa voix. Et ne pensez pas à vous enfuir ! Je reste ici, va voir après qui ils en avaient.

Susan regarda chacun des élèves et en reconnut certains, étant soit de son année ou de sa maison. Elle trouva cela écœurant en voyant contre qui ils en avaient.

- Vous n'avez pas honte ! s'écria-t-elle en se retournant. De quel droit osez-vous vous en prendre à une personne qui n'a rien demandé ? Comment des élèves peuvent-ils être aussi méchants envers une élève de leur propre maison ? Soyez certains et certaines que j'en parlerai au professeur Chourave ! Les autres Directeurs de maison seront eux aussi informés.

- Je vais prendre vos noms, vos années et votre maison puis vous pourrez partir. Attendez-vous à être convoqué par votre directeur ou directrice de maison, déclara Harry tandis que Susan avançait doucement vers Alice Chase et ses amis.

- Comment allez-vous ?

- Bien, répondit Ginny. J'en ai éloigné quelques-uns avec le maléfice de Chauve-furie mais ils ont rameutés tout le monde en partant. On a essayé de se mettre à l'abri sauf que nous sommes arrivés dans ce cul-de-sac.

- Alice pouvait partir mais elle a refusé, elle ne voulait pas leur faire ce plaisir. Résultat, elle est terrorisée, ajouta un élève de Gryffondor que Susan ne connaissait pas.

Cette dernière s'avança vers sa condisciple qui était recroquevillée contre le mur.

- Alice ? Alice, c'est Susan, regarde-moi. Je ne te veux aucun mal.

Les yeux remplis de larmes de la jeune fille se tournèrent vers la Préfète. Susan la trouva certes un peu plus pâle que la dernière fois qu'elle l'avait vue mais il n'y avait rien qui prouvait qu'elle était devenue différente.

- Alice, est-ce que tu peux te relever ?

La jeune fille hocha la tête et se releva en tremblant. Harry vint vers eux.

- Bonjour, Harry, dit l'élève de Gryffondor.

- Bonjour Colin. Bonjour Luna. Bonjour, Alice.

- Bon… Bonjour. Comment me connais-tu ?

- Nous avons été informé de ton problème un peu avant la rentrée, le professeur Lupin est mon parrain et le meilleur ami de notre père. Et Susan m'a beaucoup parlé de toi. Est-ce que cela te plairait de te balader avec nous ? Enfin, nous faisons notre ronde mais accompagnée de tes amis et de deux Préfets, à moins qu'un élève veuille se retrouver en retenue, personne n'osera t'embêter, proposa Harry en souriant.

- Je vais vous retarder, songea Alice.

- Si Harry te le propose, c'est que cela ne nous dérange pas. Nous savions que nous risquions de te croiser, les professeurs Lupin et Chourave nous ont adressé un mot ce matin afin de garder les oreilles ouvertes. Ils s'attendaient à ce genre de problèmes mais une vingtaine d'élèves, je ne pense pas, ils vont être surpris.

- Trente-deux pour être exact, six Gryffondor, douze Poufsouffle, neuf Serdaigle et trois Serpentard, lista Harry en regardant son morceau de parchemin sur lequel il avait noté chaque nom. Et huit font partie de notre année, et seize de cinquième année.

- Génial, la moitié de notre classe, marmonna Colin.

- Nous irons voir les directeurs de maison de toute manière après notre ronde, expliqua Harry.

- Le professeur Rogue va être furieux, songea Ginny.

- Je pense que oui, les murs vont trembler, pouffa Susan. Alors, Alice, tu nous accompagnes ?

- D'accord. Merci pour tout.

- De rien et si ça ne va pas, tu nous le dis et…

- Je sais quoi faire, répondit Alice en souriant.

Harry et Susan continuèrent donc leur ronde en compagnie des quatre élèves de cinquième année. La liste de Harry s'allongea de huit nouveaux noms au long des couloirs et étages parcourus qui osaient insulter l'élève de Poufsouffle et de dix autres pour divers manquements au règlement. Arrivés au septième étage, ils descendirent au troisième étage où ils allèrent voir le Directeur de la Maison Serdaigle.

- Mr Black, Miss Black, que me vaut votre visite ? demanda le professeur de Sortilèges.

- Nous avons croisé un groupe d'élèves qui s'en prenaient verbalement à Alice. Afin de ne pas donner une crise cardiaque au professeur Rogue, nous voulons vous donner directement les noms de vos élèves, répondit Harry.

- Entrez donc. Vous aussi, je vais avoir besoin de vos témoignages, ajouta le professeur Flitwick à Alice et ses amis. Je vous écoute.

- Le professeur Rogue nous a demandés d'accompagner Alice dans les couloirs. Mais nous avons été interpelés par trois élèves qui ont voulu nous aveugler mais Ginny a été plus rapide et les a fait fuir avec le maléfice de chauve-furie, expliqua Luna. Sauf qu'ils sont partis en criant qu'Alice se baladait seule dans les couloirs et cela a rameuté beaucoup d'élèves. Bien trop pour les faire fuir. Heureusement que Harry et Susan sont arrivés.

- Montrez-moi cela, Mr Black.

Harry tendit sa liste à son professeur.

- Il y a également deux élèves de première année qui voulaient lancer une Bombabouse au sixième étage.

- Je vais noter les noms et je les convoquerai. Miss Lovegood, voudriez-vous accompagner Miss Chase pour une éventuelle confrontation ?

- Avec plaisir, professeur, répondit Luna en souriant.

- Vous avez fait un excellent travail. Vous pouvez y aller.

Ils sortirent puis descendirent jusqu'aux appartements où ils frappèrent à la porte du bureau de Severus qui se trouvait juste en face de ses appartements. Celle-ci s'ouvrit et Severus fut surpris de voir autant d'élèves.

- Entrez. Le professeur Lupin est avec moi.

Les six élèves entrèrent surprenant le Directeur de la Maison Gryffondor.

- Comment s'est passée cette sortie, Miss Chase ?

- Plutôt bien, jusqu'à ce qu'on se fasse insulter par deux élèves puis par une horde d'élèves, répondit Alice.

- Une horde, vraiment ? répéta Severus, sceptique.

- Trente-deux élèves et nous n'avons pas les noms des deux ou trois élèves. Mais s'ils ont été pris pour cible par des chauve-furies, ils doivent être allés à l'infirmerie, songea Susan.

- Je crois qu'un rappel à l'ordre au dîner sera de rigueur. Sinon, cette sortie ?

- Si votre question sous-entend ma soif, ça va, ça tiraille un peu mais je suis surprise que ça soit si peu présent. Sinon, peu d'élèves m'ont embêtée une fois que nous sommes restés avec Susan et Harry.

- Nous leur avons proposé de nous accompagner dans notre ronde car comme vous nous aviez dit qu'Alice serait probablement de sortie durant l'après-midi, cela leur a permis de faire un tour complet du château et d'être un peu plus tranquille, expliqua Harry. Ils n'ont en aucun cas entraver la ronde, ils se mettaient à l'écart quand nous suspections quelque chose ou que nous devions vérifier les toilettes et autres petits coins.

- C'est une excellente initiative, remarqua Remus. Voyons voir cette liste de plus près…

Harry donna la feuille à Remus et les deux professeurs y jetèrent un coup d'œil. Leur regard devint vite inquiétant.

- Il va falloir sévir, soupira Severus. Merci, nous allons faire le nécessaire. Vous pouvez disposer. Miss Lovegood, Miss Weasley et Mr Crivey, vous pouvez rester jusqu'à 18 heures avec votre amie. Si elle n'a pas de contrecoups demain, elle pourra reprendre les cours dès lundi.

Les quatre élèves se regardèrent, surpris et heureux.

- Merci, professeur, dirent-ils d'une même voix avant de partir pour rejoindre les appartements de la jeune vampire non loin de là.

Harry et Susan prirent également congé. Harry monta les escaliers afin d'aller chercher ses affaires quand il croisa Draco et Blaise Zabini, encore vêtus de leurs robes de Quidditch aux couleurs de Serpentard.

- Que fais-tu ici ? demanda Harry, surpris.

- Nous avons emmené un de nos camarades à l'infirmerie, répondit Blaise.

- Il s'est blessé en jouant ?

- Oui et non. C'est Théo, avoua Draco, le regard inquiet. Nous pensions que Mrs Pomfresh l'examinerait, lui donnerait quelques potions et qu'il sortirait avec nous ensuite mais elle veut le garder pour le week-end. Blaise ira lui déposer quelques affaires.

- Elle le remettra sur pied, je sais de quoi je parle. Sans elle, je ne serai plus debout, le rassura Harry. J'allais chercher mes affaires pour mes devoirs mais si tu veux qu'on reste ensemble…

- On se rejoint à la bibliothèque ? Je dois me changer et aller également chercher mes cours.

- Très bien, à tout à l'heure, répondit Harry en embrassant tendrement Draco. Bonne fin de journée, Blaise.

Puis il repartit en direction de sa salle commune. Tout en marchant, il ne put s'empêcher de penser à Théo. Malgré qu'il soit l'ex de Draco, il n'en était aucunement jaloux. Draco et Théo étaient amis avant leur brève relation et semblaient avoir retrouvé cette amitié. Mais comme son petit-ami, Harry avait remarqué que le jeune Serpentard n'était pas au meilleur de sa forme. Il espérait néanmoins que son état de santé n'était pas inquiétant.

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Une fois les six élèves partis, Severus se tourna vers son mari.

- Il ne manquait plus que ça, dit Severus. Je me demande comment elle tient. Sa vie a basculé, elle semble avoir le contrôle, elle ne semble pas terrorisée par ce qu'il s'est passé.

- Elle est capable de faire face à tout ça mais nous devons continuer à la surveiller. Elle aura forcément un contrecoup de tout ça et cela risque de faire pas mal de dégâts.

- Je le sais bien. Bon, il faut réunir les directeurs de maison, soupira Severus.

Remus hocha la tête. Severus sortit sa baguette de cyprès et quelques secondes plus tard, quatre loups argentés sortirent et se volatilisèrent à travers les murs. Cinq minutes plus tard, Minerva, Pomona, Filius et Horace arrivèrent.

- Severus, pourquoi avoir demandé à nous voir ? demanda Minerva, perplexe.

- Car j'ai autorisé Miss Chase à faire une sortie dans le château accompagnée de ses amis. Ils n'était arrivés qu'au deuxième étage quand elle s'est faite bousculer par des élèves puis un troupeau d'élèves l'a harcelé jusqu'à ce que Mr et Miss Black viennent les secourir en faisant leur ronde. Au final, ils ont relevé les noms de trente-deux élèves, dont la majorité à Poufsouffle, expliqua Severus. Comment comptons-nous permettre à Miss Chase qui a été d'un comportement exemplaire en deux semaines de revenir en cours si elle se fait encercler par des élèves qui lui crache leur venin à la figure ?

- Et cela t'étonne ? répliqua Pomona. Qu'est-ce que tu croyais ? Que quelques semaines d'isolement allaient suffire pour que les élèves l'acceptent ? Je vous avais prévenu que ça allait mal se passer, j'étais la seule à être contre et aujourd'hui des élèves se rebellent ? Posez vous des questions !

Ses collègues la regardèrent, choqués.

- Eh bien, je comprends mieux la mentalité de tous tes élèves s'ils ont l'esprit aussi étriqués que toi, dit froidement Severus. Vous vous faîtes tout petits par rapport à Gryffondor ou Serpentard mais vous êtes les pires quand quelque chose arrive à un élève. Et ne prétend pas le contraire ! Vous avez lynché Harry quand il prétendait ne pas avoir ouvert la Chambre des Secrets et cela a recommencé lorsqu'il disait qu'il n'avait pas déposé son nom dans la Coupe ! J'en deviens même à être davantage dégoûté d'une maison pareille que ma haine passée pour Gryffondor ! Vous ne méritez aucune qualité qu'on vous donne !

Severus la toisa d'un regard si noir que Pomona pâlit.

- Severus, calme-toi, murmura Remus. Je sais que tu t'es investi auprès de Miss Chase mais ce n'est pas une raison pour t'en prendre à Pomona, elle n'y est pour rien.

- En attendant, que fait-on ? demanda Filius. Nous ne pouvons pas laisser passer un tel comportement. Quelle sera la prochaine étape ? L'enfermer quelque part ? L'agresser pour qu'elle les attaque ?

- Nous devons faire quelque chose, c'est certain. Mais j'ai besoin de l'adhésion de tous les Directeurs de Maison, confirma Minerva. Pomona, en tant que Directrice de la Maison Poufsouffle, vous ne devez pas montrer votre désapprobation envers Miss Chase, cela inciterait vos élèves à se montrer encore plus cruels, croyant que leur Directrice est de leur côté. Or vous devez vous montrer neutre.

- Je n'ai jamais failli à mes obligations, Minerva, vous le savez. J'honorerai mes promesses à savoir enseigner à Miss Chase, la nuit tombée. Si je dois faire respecter les consignes, je le ferai. Mais ne m'en demandez pas davantage, rétorqua Pomona.

- Très bien. Severus, Pomona, je vous demanderai de venir dans mon bureau demain, à 17h. Concernant les sanctions, y a-t-il des propositions ?

Les six sorciers discutèrent pendant près d'une heure avant de tomber d'accord avec une éventuelle sanction.

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Alors que les élèves dînaient dans la Grande Salle, Severus se leva, surprenant la plupart des élèves.

- Votre attention, s'il vous plaît, dit-il d'une voix forte et ferme. Il m'a été porté à mon attention qu'un groupe de plus de trente élèves s'était ligué contre Miss Chase. Les professeurs et moi-même faisons tout notre possible pour que le retour en cours de cette élève se passe dans les meilleures conditions. Les professeurs Flitwick, Lupin et Hagrid, pour les élèves ayant atteints la troisième année, vous ont parlé des moyens de se défendre contre une éventuelle attaque. Cela ne doit en aucun cas devenir un moyen d'intimidation ni d'attaque. Après concertation avec les Directeurs de Maison et la Directrice, les élèves dont leurs noms ont été pris par les deux Préfets qui effectuaient leur ronde à ce moment-là recevront dans quelques minutes la nature de leur sanction. Cette sanction sera la même pour toute personne essayant d'attaquer Miss Chase ou de l'intimider s'il n'y a aucune preuve d'une attaque de sa part. À savoir un mois de retenue. Si jamais le même nom revient souvent, d'autres sanctions seront mises en place. Merci de votre attention.

Alors que Severus se rasseyait, des lettres violettes tombèrent du plafond pour se poser devant certains élèves. Les élèves les dévisagèrent, comprenant qu'ils s'agissaient de ceux qui avaient agressé la jeune élève alors que les élèves incriminés se sentaient mal à l'aise. Puis les conversations reprirent petit à petit, le discours de Severus étant le sujet principal.

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Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Qu'auriez-vous fait dans ce genre de situation ?

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine avec un nouveau chapitre intitulé "Solidarité"

Bonne semaine, prenez soin de vous et de vos proches ;)