Bonjour à toutes et à tous ^^

Voici le nouveau chapitre centré en grande partie sur Severus :)

Bonne lecture ;)


Chapitre 24 : Inquiétudes

.

.

14 novembre

.

Commençant les cours à dix heures comme tous les jeudis, Hermione profita de ces deux heures de libre pour travailler avec Neville. Ils s'étaient installés dans un coin de la bibliothèque où il y avait quelques élèves de sixième et de septième année, les autres élèves finissant de prendre leur petit-déjeuner.

_ Par quoi veux-tu commencer ? demanda Hermione.

_ La Métamorphose. J'ai commencé à travailler dessus hier avec les quelques conseils que tu m'as donnés mardi, je voulais savoir si le début allait.

_ Bien sûr.

Hermione prit le parchemin et lut les vingt premières lignes.

_ C'est bien mais tu n'annonces pas forcément ton plan dans l'introduction. Ce n'est peut-être qu'une ou deux lignes suivant la grosseur de l'écriture mais cela peut te rapporter un ou deux points selon le professeur. Je ne sais pas pour le professeur Lee mais le professeur McGonagall comptait cela pour un point. C'est toujours utile. Et le professeur peut voir si tu as bien compris le sujet ou pas, disons que cela donne une idée sur le devoir en question.

_ Tu es sûre que tu ne veux pas devenir professeur ?

_ Non merci, ce n'est pas fait pour moi, pouffa Hermione. Je ne sais pas encore ce que je compte faire mais certainement pas enseigner. Bien, je vais t'aider à réécrire ton introduction.

Ils travaillèrent pendant près de deux heures avant que tous deux aillent en Sortilèges. Ils discutaient encore du devoir de Métamorphose quand ils arrivèrent devant la salle où Harry, Draco, Ron et Susan les attendaient. Neville alla rejoindre Seamus tandis que Hermione retrouvait ses amis, visiblement surpris.

_ Qu'est-ce que vous avez ? demanda-t-elle.

_ J'ai entendu dire que tu traînais souvent avec Londubat en ce moment, je ne voulais pas trop y croire mais…, répondit Draco, hésitant.

_ Je fais ce que je veux de mon temps libre. Vous avez chacun votre moitié, je me retrouve parfois seule. Et d'ailleurs je ne traîne pas avec Neville mais je l'aide en Métamorphose. Cela peut vous paraître improbable une amitié entre un garçon et une fille ?

_ Non, la preuve entre nous, lança Ron en souriant. Mais je suis d'accord avec Draco, c'est étrange que ça arrive du jour au lendemain.

_ Très bien, tu te débrouilleras tout seul pour tes devoirs de Potions, rétorqua Hermione, sur un ton de défi. Tu me l'as demandé du jour au lendemain…

Ron se mit à rougir tandis que les autres se mirent à rire. Soudain la porte s'ouvrit et ils entrèrent.

.

Severus avait reçu une réponse de sa gynécomage la veille lui apprenant qu'une place s'était libérée et qu'elle pouvait le recevoir à seize heures trente ce jour. Comme Remus avait cours avec les élèves de sixième année, Severus y alla donc seul. Il avait promis à son mari de tout lui raconter en détail. Il prit donc la poudre de Cheminette pour se rendre à l'accueil du service de gynécomagie. Quand Severus sortit de l'antre, il tituba, sentant son estomac le travailler. La secrétaire vint vers lui et le fit asseoir. Elle lui présenta une fiole qu'il reconnut aussitôt : une potion contre les vomissements. Il la prit et la but d'une traite. Il sentit son estomac se calmer.

_ Cela le fait souvent lors d'une grossesse. Homme ou femme, personne n'y échappe, expliqua la secrétaire. Je garde toujours des flacons dans mon bureau. Restez assis le temps que le malaise se dissipe puis quand vous vous sentirez mieux, je vous donnerai un verre d'eau.

_ Merci beaucoup, mademoiselle, remercia Severus.

Il croisa une petite fille en compagnie de sa maman qui ne devait pas avoir plus de six ans. Elle gardait son regard fixé sur le ventre de Severus puis tira sur la manche du manteau de sa mère qui se pencha vers elle.

_ Pourquoi le monsieur a un gros ventre, maman ?

_ Dana, ce n'est pas une question à poser, voyons, répliqua gentiment la mère de la petite fille.

_ Ce n'est pas grave. Dana, quel âge as-tu ? demanda Severus en souriant.

_ Huit ans, monsieur.

_ Est-ce que tu connais Poudlard ?

_ Oui, je devrais y aller quand j'aurais onze ans. J'ai encore trois ans à attendre.

_ As-tu des frères et sœurs ?

_ Oui, je suis l'aînée, répondit la petite fille. J'ai un petit frère.

_ Je suis professeur à Poudlard et mon mari aussi. J'enseigne l'art des potions. Grâce à une amélioration d'une potion permettant d'attendre un enfant, je suis tombé moi-même enceint. Je suis dans le même cas que ta maman. Je ne me trompe pas en disant que tu vas devenir une nouvelle fois grande sœur ?

La dénommée Dana acquiesça de la tête en souriant.

_ Moi, ce sera mon premier enfant. J'espère que mon fils aura la même chance que toi et qu'il aura d'autres frères et sœurs. Il sera sûrement dans la même classe que ton petit frère ou ta petite sœur.

_ Le bébé est prévu pour avril donc je pense que ce sera possible, en effet. Je suis heureuse pour vous et votre mari, dit la future maman.

Severus sourit.

_ Votre mari est aussi professeur à Poudlard ? demanda Dana.

_ Dana, ça suffit. Tu embêtes le monsieur.

_ Pas du tout, madame, cela ne me dérange pas. Alors oui, mon mari enseigne aussi. Il enseigne la Défense Contre les Forces du Mal. Je ne sais pas encore si nous resterons professeurs mais nous essaierons de concilier notre vie de famille et notre profession. Je vais même te dire un secret qui n'en est plus pour beaucoup : mon mari et moi nous détestions pendant nos années à Poudlard. Quand il est venu enseigner à Poudlard, nous sommes tombés petit à petit amoureux.

_ C'est une très belle histoire, souligna la mère de Donna.

_ Mr Lupin-Rogue ?

Severus tourna la tête, salua la petite famille et entra dans le cabinet. La gynécomage le fit asseoir en lui proposant du thé.

_ J'ai été surprise par votre lettre. Nous avions rendez-vous le mois prochain, il me semble ? Ou est-ce qu'il s'est passé quelque chose qui vous a fait peur ?

_ À vous entendre, vous êtes habituée.

_ Cela est assez courant en effet. Dîtes-moi tout.

_ Il y a quelques jours, en préparant des potions pour l'infirmière de Poudlard, j'ai perdu le contrôle total de ma magie. Je savais que cela arriverait mais pas aussi brusquement. Je ne contrôlais plus rien. J'ai réussi à réduire les dégâts en canalisant ma magie mais cela m'a épuisé. Depuis, c'est mon collègue qui s'en charge, je n'utilise quasiment plus la magie… Je suis un peu perdu en fait.

_ C'est tout à fait normal. La magie de votre enfant et la vôtre se mélangent et votre corps n'arrive plus à discerner laquelle est la bonne. Faîtes-vous toujours l'exercice avec votre baguette ?

_ Tous les soirs environ, au maximum tous les trois jours. Je l'avais fait la veille de l'incident, elle s'élevait de quelques centimètres et ne bougeait presque pas, c'est cela qui m'a le plus surpris.

_ Cela arrive fréquemment, il n'y a rien d'anormal. Il y a plein de caractéristiques qui entrent en jeu. Vous êtes sûrement surmené en ce moment, vous êtes fatigué, anxieux, inquiet, colérique…

_ Un peu de tout ça en effet. C'est par période mais…

_ Je le répète, c'est tout à fait normal. Bien, allongez-vous, je vais vous ausculter.

Severus se leva et se déshabilla. Il enleva sa robe de sorcier, son pull et sa chemise puis s'allongea sur la table d'auscultation. Mrs Longstone prit une seringue pour prélever du sang et le fit analyser en mettant trois gouttes sur un parchemin. Elle le lut attentivement. Cela parut une éternité pour Severus qui commença à s'inquiétait.

_ Que se passe-t-il ? Mon fils a un problème ? Quelque chose ne va pas ?

_ Votre enfant va très bien. Je ne vois rien d'anormal de ce côté-là.

_ Alors il s'agit de moi, devina Severus, inquiet.

_ Rhabillez-vous et venez à mon bureau.

Severus s'exécuta tandis que la gynécomage alla à son bureau et agita sa baguette. Plusieurs parchemins apparurent et elle commença à écrire. Une fois assis, Mrs Longstone leva la tête.

_ Avez-vous des difficultés pour dormir la nuit ?

_ Ces derniers temps, je l'avoue.

_ Déléguez-vous suffisamment vos occupations à votre collègue ?

_ Je le fais de plus en plus, je suis de plus en plus fatigué et c'est souvent mon mari qui vient me chercher le soir pour que j'arrête, avoua Severus.

_ Je vois. Cela explique certaines choses. Vous êtes surmené et cela commence à entraîner des répercussions sur votre santé. Si vous continuez sur cette lancée jusqu'aux vacances de Noël, vous risquez de mettre votre santé en danger et par conséquent, celle de votre enfant.

_ Que dois-je faire alors ?

_ Vous reposer un maximum et surtout, d'arrêter de travailler. Vous devez prendre votre congé le plus tôt possible.

_ Quoi ? Mais vous n'y pensez pas ! Je ne peux pas abandonner toutes mes responsabilités du jour au lendemain, je dois m'organiser avec la Directrice de Poudlard et mon collègue !

_ Je vous laisse jusqu'à la fin de la semaine prochaine pour vous organiser en conséquence. Mais vous devez absolument vous reposer, votre santé doit passer avant tout le reste. N'oubliez pas, vous n'êtes plus seul, vous vivez pour deux, désormais.

_ Je vais m'arranger, soupira Severus, résigné. Que dois-je faire exactement ? Ai-je un traitement à prendre ?

_ Des vitamines pour reprendre des forces et beaucoup de repos, c'est essentiel pour arriver au terme de la grossesse en toute tranquillité.

_ Merci beaucoup.

_ Je voudrais quand-même vous revoir avant les vacances de Noël, si possible en compagnie de votre mari.

_ Disons le week-end précédent mais je n'ai plus les dates en tête.

_ Je vais vous dire ça. Ce sera le samedi quatorze décembre à dix heures ?

_ Si nous… Si Remus a une ronde à ce moment-là, nous nous arrangerons entre collègues, confirma Severus en se reprenant. Merci beaucoup de m'avoir reçu en urgence.

_ Je vous en prie. Et suivez mes recommandations surtout. Je ne compte plus le nombre de femmes, car c'est assez rare d'avoir un homme enceint comme patient, à avoir abusé de leur travail et d'avoir dû être hospitalisé en urgence car elles mettaient leurs vies en danger en usant de leurs forces.

_ Je ferai attention, je vous le promets.

Mrs Longstone l'accompagna jusqu'à la porte et Severus repartit de la même manière où il était arrivé. Quand il sortit de la cheminée de son salon, Severus se retrouva face à Remus.

_ Ton rendez-vous s'est bien passé ? Notre fils va bien ?

_ Que fais-tu là ? demanda Severus, surpris. Tu n'as pas cours ?

_ Il est plus de dix-sept heures donc les cours sont finis et je n'avais pas d'élèves en retenue. Donc raconte-moi tout.

Severus s'assit en esquissant un sourire. Il n'avait pas vu l'heure et n'avait pas pu préparer une réponse adéquate. Il devait à tout prix éviter que Remus sache ce que la gynécomage lui avait préconisé pour le moment. Il avait encore des dossiers à terminer et il comptait bien le faire. Il refuserait seulement les nouveaux dossiers et les donnerait à Remus quand son dernier dossier sera fini. Il lui raconta uniquement que la gynécomage lui avait préconisé de moins travailler.

.

.

15 novembre

.

Le lendemain matin, alors qu'ils commençaient à dix heures, Ron et Susan se promenaient dans les couloirs, main dans la main à la recherche d'un endroit pour se poser tous les deux et être à l'abri des regards et oreilles indiscrètes. Ils en trouvèrent un près de la tour d'Astronomie.

_ Tu voulais me parler de quelque chose ? demanda Susan.

En duo avec elle lors du cours de Défense Contre les Forces du Mal de la veille, Ron lui avait demandé si elle était libre après le cours pour lui parler. Comme elle avait une ronde à faire, Susan lui avait proposé ce créneau pour se voir.

_ Oui. Je ne sais pas comment t'en parler et encore moins sans que tu te fasses des idées.

_ Je n'y comprends rien du tout.

_ Je voulais savoir si tu serais d'accord pour venir dans ma salle commune.

Susan le regarda, surprise et lâcha inconsciemment la main de Ron.

_ Je ne sais pas quoi dire.

_ C'est exactement ce que je craignais. Je ne suis pas du tout prêt pour ça et je suis totalement ignare. Mais si un jour, on décide de franchir un cap, ce serait préférable que nous soyons à l'aise dans ma salle commune sachant que les garçons sont interdits dans les dortoirs des filles, peu importe la maison.

_ Pas faux. Mais tu oublies quelque chose, c'est qu'à Gryffondor, toute la famille va être au courant avec Harry et Remus ! Combien de temps aurons-nous avant qu'ils en parlent à mes parents qui en informeront les tiens ? lança Susan. Je te rappelle que ton père est mon parrain !

_ Mais on ne fera rien de mal ! s'offusqua Ron. Si tu veux, on n'a qu'à en informer chacun quelqu'un. Je me charge de Harry et toi de tes parents. Au moins, ce sera fait avant que tu viennes dans l'antre dangereux des lions.

Susan pouffa de rire et embrassa Ron tendrement.

_ D'accord, faisons ça. Nous devrions redescendre, nous avons Botanique dans moins de trois quarts d'heure.

_ En effet, il vaudrait mieux y aller maintenant.

Ils descendirent et se dirigèrent vers les serres de botanique en prenant leur temps, toujours main dans la main. Ils étaient cependant soucieux de leur prochaine conversation avec leurs proches.

.

Après les cours, Harry et Ron rentrèrent dans leur dortoir pour poser leurs affaires.

_ Enfin, la semaine est finie, on va pouvoir souffler un peu, lança Harry.

_ Parce que tu vas passer la nuit avec Draco ? Et peut-être celle de samedi aussi.

_ Pas de chance, nous ne nous voyons pas ce week-end. Draco est un peu en retard dans ses devoirs et je ne peux pas l'en blâmer. Pourquoi cette question ? Tu veux te débarrasser de moi ? Aaah, tu sors avec une autre fille que ma sœur et tu ne voulais pas que je sois au courant, pouffa Harry. Ou un garçon peut-être ? Promis, je ne dirai rien à Susan, ce n'est pas à moi de lui dire.

Ron le regarda un instant avant d'éclater de rire, rejoint par Harry.

_ Non, pas du tout. Pourtant tu… tu as posé le doigt sur un détail que je voulais te parler. Enfin, pas dans les détails mais… Je ne sors avec personne d'autre, je te le jure ! Mais ça concerne bien ma relation avec Susan que j'aime toujours…

_ Ron, stop, dit Harry, intrigué. Je sais que tu aimes Susan. Mais pourquoi tous ces mystères ? Tu peux faire ce que tu veux, tu n'as pas besoin de mon accord ! Je te signale qu'elle est ma sœur adoptive, et même, je n'ai pas à m'immiscer dans votre relation !

Ron soupira, soulagé. Il avait craint la réaction de Harry, même s'il n'en avait rien dit à Susan. Il ne voulait pas créer de tensions dans la nouvelle famille de Harry, lui qui en avait tant voulu une. Leur relation fraternelle était encore nouvelle et il ne voulait en aucun cas être la cause de ces éventuelles tensions. Il décida donc de jouer cartes sur table.

_ En fait, je me suis dit que Susan et moi nous voyons toujours soit dans les couloirs en faisant une promenade, dans la bibliothèque pour nos devoirs, assez peu dans la Salle sur Demande… Mais si nous voulions passer un cap, ce serait idiot qu'elle ne puisse pas venir ici.

Harry lâcha son livre de Défense Contre les Forces du Mal qui lui tomba sur un orteil. Il gémit de douleur tout en regardant son meilleur ami, bouche bée.

_ Je… Je ne m'attendais pas à ça. Mais ça paraît logique. J'ai juste du mal à imaginer ma sœur dormant à quelques mètres de moi…

_ Non, non, nous n'en sommes pas là du tout. Je voulais juste commencer par une visite dans la salle commune. Mais je ne voulais pas te prendre en traître et que tu fasses un esclandre si tu la voyais ici.

_ Du moment que tu me préviennes si tu ne passes pas la nuit seul, je n'en ai pas à me mêler, même si c'est ma sœur, grimaça Harry. J'essaierai de ne pas y faire attention. Ou Draco m'accueillera ces nuits-là… En plus, elle ne pourra pas trop s'absenter vu qu'elle est Préfète…

_ Fais attention que Draco ne le prenne pas mal, pouffa Ron. Mais tu es sûr que cela ne te dérange pas ?

_ Non, bien sûr que non. Il faut juste que je m'habitue à voir ma sœur plus souvent.

_ Et tu pourras lui parler aussi, c'est aussi une occasion de mieux la connaître, même si vous avez eu les vacances d'été.

Harry hocha la tête. Mis à part leurs rondes et les pauses entre les cours, ils ne se voyaient pas tant que ça.

_ Tu as raison, mais je ne vous dérangerai pas pour autant. Bon, j'ai rendez-vous avec Draco, je te laisse. Ou à moins que tu doives voir Susan ?

_ Non. Elle a réussi à devenir Attrapeur dans l'équipe de Quidditch de Poufsouffle et elle avait un entraînement ce soir. Tu viendras au dîner je suppose ?

_ Oui sinon je vais me faire taper sur les doigts par Remus.

_ Je croyais qu'il devait travailler ?

_ Cela n'empêche pas qu'on se voie pendant une heure. J'y vais, à tout à l'heure, dit Harry en souriant.

Il sortit du dortoir puis de la salle commune. Il descendit les sept étages et retrouva le Serpentard qui faisait battre son cœur près de la Grande Salle.

_ Il s'est passé quelque chose ? demanda ce dernier en voyant le Gryffondor.

_ Pourquoi ? Qu'est-ce qui te fait penser ça ?

_ Parce qu'habituellement, tu as le regard brillant quand tu me retrouves et là, j'ai l'impression de déranger.

_ Mais pas du tout, répliqua vivement Harry. J'ai eu une conversation avec Ron qui m'a troublé.

_ Je ne veux pas être indiscret…

_ De toute façon, un jour ou l'autre, nous cohabiterons tous les quatre. Ron voulait savoir si cela me dérangerait s'il invitait Susan dans notre salle commune.

Draco le regarda, gêné.

_ Je comprends ton malaise. Imaginer ta sœur avec Ron dans le lit voisin… Non, je ne veux même pas y penser.

Harry esquissa un petit rire.

_ J'ai eu la même réaction. Mais il va falloir que je m'y fasse. Si Ron veut l'inviter dans la salle commune, c'est que c'est vraiment sérieux entre eux. Mais il se peut que je vienne te voir les premiers soirs où Susan viendra dans le dortoir.

_ Tu seras toujours le bienvenu, dit Draco en venant l'embrasser. Allons faire un tour dans le château. J'aimerai tant passer la nuit avec toi mais je dois rattraper mon retard dans mes devoirs. Je ne sais pas ce que j'ai ces derniers jours mais je traîne.

_ Je vois ça. Tu devrais peut-être en parler avec Severus…

_ Je verrai si je ne tiens plus le rythme. En fait, je n'ai pas tant de retard mais ça va me prendre un peu plus de temps. Pitié, n'en parle pas à Remus sinon Severus sera au courant et demain je serai convoqué. Il semble fatigué ces derniers temps et je ne veux pas l'embêter davantage.

_ J'avoue. Allons-y.

Ils se prirent la main et discutèrent tout au long de leur promenade.

.

Après le dîner, Remus se rendit dans la salle commune de Gryffondor comme il le faisait tous les vendredis depuis qu'il avait été nommé Directeur de la Maison Gryffondor. Il discuta avec quelques élèves et vit son filleul seul dans un coin, assis à une table. Il vint le voir.

_ Harry ?

Le sorcier de seize ans leva la tête et le regarda de ses yeux émeraudes.

_ Il y a un problème, professeur ?

_ Je voulais juste savoir si tout allait bien. Tu m'as l'air soucieux, songea Remus en jetant un sortilège d'insonorisation.

_ C'est juste qu'il y a certaines choses que je ne m'étais pas imaginé.

_ Comme ?

_ Désolé mais je ne peux rien dire. Cela ne me regarde pas directement.

_ Mais je suis professeur…

_ Remus, ça concerne la vie privée de deux personnes. Quand bien même tu aurais un droit, je ne peux pas t'en parler, répondit Harry. Je dois juste avoir une conversation avec l'une d'elle.

_ Tout va bien entre Draco et toi ?

_ Tout va parfaitement bien. Et comment va Severus ? Il m'a l'air fatigué en ce moment.

_ Il travaille un peu trop, la magie du bébé et la sienne se mélangent, il utilise moins sa baguette, il ne fait presque plus de potions, le bébé bouge fréquemment… Il n'y paraît pas comme ça mais une grossesse n'est pas aussi évidente que ça !

_ C'est ce que je vois. Il doit tourner un peu en rond s'il ne peut plus faire ce qu'il aime.

_ Je ne te le fais pas dire, répondit Remus en souriant. Mais il compense par son rôle de Directeur-Adjoint. D'ailleurs, tu es invité demain midi à déjeuner avec Severus, Draco, Susan et moi.

_ Susan y est conviée ?

_ Elle fait partie de la famille, voyons ! Ce n'est pas parce qu'elle n'est pas notre filleule que nous ne nous intéressons pas à elle. De plus, nous ne nous sommes presque pas vus depuis la rentrée. À moins que vous ayez quelque chose de prévu…

_ Je sais que Draco est… est pris ce week-end mais je pense qu'il pourra se libérer pendant deux heures et je ne sais pas du tout pour Susan.

_ Je lui enverrai un mot au petit-déjeuner demain matin, annonça Remus. Donc je peux compter sur toi ?

_ Je serai là, c'est promis. Midi chez vous ?

_ Midi, ça me va. Severus sera content de vous voir. Je vais te laisser réfléchir alors. Bonne soirée.

_ Bonne soirée aussi, Remus. Pardon, professeur, dit Harry en souriant.

Remus retourna à sa table habituelle où des élèves ne tardèrent pas à venir le voir pour diverses raisons.

.

Le lendemain midi, Harry attendait Susan près des escaliers menant au sixième étage, sachant pertinemment que Draco et Susan, qui étaient de ronde, passaient par ce chemin. De cette façon, Harry et Susan descendront ensemble pour aller déjeuner chez Severus et Remus. Enfin c'est ce qu'avait prévu Harry, il n'en avait pas encore soufflé mot à Susan ni à Draco. Il ne fallut pas longtemps pour que les deux Préfets apparaissent.

_ Oh, aurais-tu peur que je te trompe avec ta propre sœur ? demanda Draco en plaisantant.

_ Pas du tout. Je voulais juste discuter avec Susan avant de nous rendre chez Severus et Remus. Mais tu peux nous accompagner.

_ En même temps, je suis aussi invité.

_ Ah oui, c'est vrai, répondit Harry en rougissant.

_ Bon, j'ai compris, je marcherai devant, lança le Serpentard en levant les yeux.

Susan pouffa de rire et suivit son collègue, son frère à ses côtés.

_ Bon, dis-moi pourquoi tu voulais me parler ? C'est aussi important pour que tu veuilles me parler en privé ?

_ Pas vraiment, mais… Ron m'a parlé hier soir. Je voulais savoir ce que tu en pensais. C'était votre idée ?

_ C'est Ron qui l'a proposé mais je ne suis pas contre. Et ne t'inquiète pas, ce n'est pas demain que nous allons cohabiter dans le même dortoir. C'est juste que ce sera un peu plus facile pour se voir en dehors des cours. Et puis, nous pourrons aussi aller dans ma salle commune, pourquoi toujours celle des garçons ?

_ Parce que nous sommes interdits d'entrée chez les filles ? lança Draco.

_ Heureusement qu'il est ton petit-ami sinon je lui aurai bien dit mes quatre vérités, chuchota Susan.

_ Ne te gêne pas.

_ Je suis une Poufsouffle, ne l'oublie pas.

_ Et puis nous sommes cousins en quelque sorte, ajouta Draco.

_ Tu peux éviter d'écouter, s'il te plaît ? demanda Harry.

_ Oh monsieur est susceptible.

_ Tu veux vraiment jouer à ce petit jeu avec moi ? Tu sais que tu ne gagneras pas, n'est-ce pas ?

_ Vous n'allez pas vous battre quand même ! protesta Susan. Que diraient Severus et Remus si nous arrivons et que je leur donne un billet vous concernant ?

_ Tu ne ferais pas ça ? s'indignèrent les deux Préfets.

Susan esquissa un sourire malicieux avant de marcher devant eux.

_ Franchement, quelle idée a eu ton père de tomber amoureux de sa patronne ? lança Draco.

_ Je ne sais pas. Apparemment, elle lui avait tapé dans l'œil quand ils étaient à Poudlard. Enfin c'était un grand séducteur.

_ Et notre mère était l'une des seules qui ne lui aient pas cédé à l'époque, ajouta Susan.

_ L'une des seules ? s'écria Draco, choqué. Mais il ne faisait que ça ?

Harry et Susan éclatèrent de rire.

_ Mais non voyons. Et puis tu connais un peu des aventures des Maraudeurs, dit Harry. Avec l'été dernier.

_ Mais ce sont des histoires par-ci par-là. Je ne sais même pas pourquoi Remus et Severus se haïssaient avant !

_ Ce n'est pas à moi de te répondre.

_ Je ne le sais pas non plus, songea Susan. Je sens que ce déjeuner sera bien amusant. Allons-y, nous sommes déjà en retard.

Les trois élèves se dépêchèrent de rejoindre les appartements des deux professeurs. Ce fut Severus qui leur ouvrit.

_ On ne vous attendait plus.

_ Ce n'est pas notre faute. On a rencontré un Gryffondor qui nous a retardé, répondit Draco.

_ Quoi ? C'est la meilleure ! s'écria Susan. C'est plutôt le Serpentard qui nous a retardé, il s'est invité dans une discussion qui ne le concernait pas !

_ Ah oui ? Il me semble pourtant que nous risquons d'être colocataires dans quelques temps si nous partageons le même dortoir !

_ Quelqu'un peut me dire ce que c'est que ces cris ? demanda Remus en venant à leur rencontre.

_ Allons-nous mettre à table, proposa Severus.

Les trois élèves entrèrent et se mirent à table avec Severus. Remus vint apporter le repas.

_ Nefli n'est pas là ? demanda Susan, surprise de ne pas voir l'elfe.

_ Il est à la maison, il s'y rend une fois par mois pour l'entretenir et environ deux fois la semaine précédant les vacances pour que tout soit propre, expliqua Severus. Bien, maintenant, quelle est cette histoire de colocation ?

_ Quelle colocation ? s'étonna Remus.

Les ados se regardèrent, gênés.

_ Pardon, Susan, je ne voulais pas en parler, s'excusa Draco.

_ Ce n'est rien. Promettez-moi de ne pas en parler à papa et maman avant que je l'aie fait ? demanda Susan en regardant les deux adultes.

_ Nous ne sommes pas tes Directeurs de Maison, nous ne pouvons techniquement rien te dire, répondit Remus. Mais si tu te mets en danger…

_ Tout de suite, lança Susan en levant les yeux. Draco y est allé un peu fort en parlant de colocation et cela arrivera peut-être un jour. Disons que je risque de passer quelques heures dans la salle commune de Gryffondor uniquement.

Remus et Severus se regardèrent, surpris.

_ Eh bien, c'est une surprise. Mais c'est normal dans un sens, tu es en couple avec Ron. Comme je te l'ai dit tout à l'heure, nous n'avons rien à te dire sur ce que tu fais de ton temps libre. Je dirai juste quelque chose : n'oublie pas que tu es Préfète et que tu as des devoirs en tant que telle.

_ Je n'oublierai pas Remus, c'est promis.

_ Bien, comment se sont passés ces deux premiers mois de cours, Susan ? T'en sors-tu avec tes devoirs de Préfète et les cours ? demanda Severus.

_ Ne l'accable pas de questions sinon elle ne va pas vouloir revenir, pouffa Remus.

_ Je m'en sors et je n'ai pas de problèmes particuliers. Mais à part ce que me disent Harry et Draco quand ils ont des nouvelles, j'aimerais beaucoup savoir comment va le petit être qui vit en Severus, dit Susan, enjouée. Maman me racontait toujours comment se passait sa grossesse dans ses lettres. Mais j'avoue qu'il est difficile de vous voir ces derniers temps.

_ Susan, si tu ne veux pas venir dans mon bureau jusqu'aux vacances, tutoie-moi quand nous sommes en privés, dit Severus avec une fausse voix sévère.

_ Je vais essayer, répondit Susan en rougissant.

_ Je voulais te poser une question, Susan. Comment va ton amie qui habite près d'ici ? C'est quoi son nom déjà…, dit Harry en essayant de se souvenir de la jeune Poufsouffle qu'il avait secourue plusieurs fois.

_ Alice. Je la vois de temps en temps, elle semble s'être familiarisée avec son état. Sa classe l'aide énormément et elle se fait de moins en moins chahutée, répondit la Poufsouffle. Aimerais-tu allé la voir après le déjeuner ? Draco, tu peux nous accompagner aussi.

_ Pourquoi pas. Ce sera bien la première fois que je la verrai de près.

_ Aurais-tu peur, Draco ? lança Harry, un sourire moqueur aux lèvres.

_ Moi ? Tu me prends pour qui ?

Remus et Severus se regardèrent, amusés. Il y avait bien plus de vies quand des enfants étaient avec eux et ils avaient hâte que leur fils arrive. Le repas continua dans la bonne humeur et les rires furent également de la partie. Susan et Draco posèrent des questions sur l'enfance de leurs parents, de Severus et Remus, ces derniers répondirent avec joie.

.

.

29 novembre

.

Severus se rendait dans le bureau de Minerva. Depuis son rendez-vous chez sa gynécomage, il avait informé Minerva qu'il devait moins travailler. Il avait tenu à terminer les dossiers en cours et Minerva avait pris les nouveaux en main, Severus ayant refusé que Remus soit informé des recommandations de la gynécomage. Il venait de terminer le dernier dossier qu'il devait apporter à Minerva. Il sortit donc de ses appartements et se dirigea vers les escaliers. Par chance, Remus n'était pas présent à l'heure actuelle. Comme c'était vendredi, Remus passait la soirée avec ses élèves dans la salle commune de Gryffondor. Il aurait dû être avec ses serpents mais il alternait avec Horace et ce soir, c'était lui qui veillait sur ses serpents.

Alors qu'il arrivait au premier étage, il fut pris de douleurs au niveau du ventre. Il prit une longue et lente respiration puis continua. Sur le chemin, il réprimanda cinq élèves qui étaient en-dehors de leurs salles communes. Arrivé au troisième étage, il eut de nouveau mal.

_ Je ne vais pas abandonner. Je dois donner ce dossier à Minerva, pensa-t-il, les dents serrées.

À peine eut-il monté trois marches que ses jambes cédèrent. Il s'assit donc sur les marches et posa ses mains sur son ventre. La douleur était vraiment aiguë et il ne savait pas quoi faire. Il chercha sa baguette dans ses poches pour envoyer un Patronus à Poppy mais ne la trouva pas.

_ Je ne l'ai quand-même pas oublié, paniqua-t-il en se rendant à l'évidence. Il faut croire que oui. Comment vais-je faire ? Je dois absolument prévenir quelqu'un. Et évidemment quand on a besoin de tableaux ou d'élèves, il n'y a personne.

Il regarda autour de lui. Malgré l'obscurité, il ne voyait aucun tableau dans les parages. Il était vraiment seul. La douleur étant passée, Severus se releva lentement et monta les escaliers. Arrivé près du palier, il eut la vision troublée et il lui sembla que quelqu'un l'appelait avant de sombrer dans l'inconscience.

.

Comme elle ne pouvait pas sortir à l'extérieur durant la journée, Alice Chase sortait le soir, une fois la nuit tombée. Alors qu'elle s'apprêtait à tourner près des appartements pour rentrer ce soir-là, elle entendit un léger gémissement. Elle regarda autour d'elle mais ne vit personne. Pourtant elle ne pouvait pas s'être trompée. Depuis qu'elle était devenue vampire, elle avait une ouïe plus développée que celle de ses camarades. Elle arrivait à entendre le moindre bruit ce qui pouvait être utile. Et elle avait l'impression que quelqu'un n'allait pas bien et qu'elle pouvait lui porter secours. Le problème était qu'elle n'avait pas le droit de vagabonder dans les couloirs le soir car même si elle était différente, certaines règles restaient de vigueur.

Tant pis, je vais essayer de suivre cette personne. Si je me fais prendre, je m'expliquerai. Ce n'est pas parce que je suis un vampire que j'ai le droit à des avantages.

Elle vérifia qu'elle avait sa baguette sur elle et suivit discrètement la personne. Quand elle entendit la voix, elle reconnut le professeur Rogue. Elle s'inquiéta. Depuis quelques temps, ses amis lui avaient dit qu'ils trouvaient leur professeur de potions fatigué. Elle le suivit, l'entendit réprimander quelques élèves et se figea quand elle vit le professeur Rogue tomber dans les escaliers. Elle hésita un moment avant de le voir s'asseoir puis se relever. Elle le regarda monter les dernières marches avant qu'il ne s'effondre dans les escaliers.

_ Professeur ! s'écria Alice en accourant.

Elle se précipita vers les escaliers pour essayer de le secourir mais il dégringola les marches et finit sa chute aux pieds d'Alice. Cette dernière se figea, choquée. Le professeur Rogue gisait, inconscient, au sol et un mince filet de sang coulait de son front. Alice retint sa respiration mais elle savait que le mal était fait. Elle avait soif et la tentation était trop grande. Mais elle devait se retenir, elle ne pourrait jamais se pardonner d'attaquer une personne sans défense, ou plutôt deux. En se faisant cette remarque, Alice tendit l'oreille en se concentrant sur son professeur. Les deux cœurs battaient à l'unisson mais l'un semblait un peu plus faible et elle n'avait aucune idée de qui ça provenait. Elle regarda autour d'elle en essayant de ne pas paniquer mais elle ne vit personne. Elle regarda l'heure et vit qu'il était presque vingt-trois heures ce qui signifiait que la ronde des professeurs se terminait. Alice savait qu'elle n'était pas sur le chemin direct menant aux escaliers centraux mais elle ne pouvait pas abandonner son professeur maintenant. Elle sortit sa baguette et s'éloigna un peu de son professeur. Elle lança le maléfice d'explosion pour créer une détonation et avertir quiconque passerait par ici. Elle recommença une dizaine de fois, sans résultat.

_ Severus ! s'écria une voix derrière Alice.

Cette dernière se retourna et vit la Directrice.

_ Professeur, je n'ai rien pu faire, dit Alice en venant vers elle.

_ Restez loin du professeur Rogue, Miss Chase, ordonna le professeur McGonagall.

_ Quoi ? Vous… vous ne pensez pas que je l'ai attaqué quand-même ? s'exclama Alice, inquiète. Je ne lui ai rien fait, je vous le jure !

Alice vit un chat argenté passer à côté d'elle tandis que la Directrice venait vers elle, sa baguette en avant. Alice referma sa prise sur la sienne. Elle avait soudainement peur. Et si le professeur McGonagall ne la croyait pas ? Si elle pensait qu'elle avait attaqué son collègue ? Qu'allait-elle faire ? La renvoyer ?

_ Baissez votre baguette, Miss Chase, demanda fermement le professeur McGonagall.

_ Je.. Je n'ai… rien fait, balbutia Alice, paniquée.

_ Baissez votre baguette et expliquez-moi.

_ Professeur ?

Alice tourna la tête et vit l'infirmière venir vers eux, vêtue d'une simple robe de chambre.

_ Que s'est-il passé ? Où est Severus ?

_ Près des escaliers, venez. Miss Chase, ne bougez pas.

_ Severus ? Severus ! cria une voix faisant sursauter Alice.

Elle vit le professeur Lupin qui courrait vers son mari, suivi de près par Ginny, Colin et les préfets de Gryffondor. Alice sentit la tête lui tourner, son estomac voulant à tout prix se remplir et les sens de la jeune fille étaient tournés vers l'homme blessé.

_ Non, murmura-t-elle. Je… Je ne peux pas…

Elle tourna les talons et courut devant elle, ne voyant pas où elle allait, ne voulant pas entendre ses amis l'appeler derrière elle. Elle se réfugia dans les toilettes de Mimi Geignarde, un fantôme hantant ces toilettes-là depuis sa mort cinquante ans plus tôt, d'après Ginny. Alice appela l'elfe du professeur Rogue qui la transporta immédiatement dans ses appartements. Elle se précipita vers le placard réfrigéré pour prendre des poches de sang qu'elle n'hésita pas à prendre. Elle entendit la porte de ses appartements s'ouvrir lentement.

_ Je suis sûre qu'elle est ici, elle ne peut pas aller très loin, murmura la voix de Ginny.

_ Elle a très bien pu aller dans la Forêt, supposa une autre voix féminine.

_ Le professeur Rogue était blessé, elle a dû avoir faim, c'est évident qu'elle est ici, suggéra Colin. Alice ? Alice, nous savons que tu es ici. Montre-toi, nous ne te voulons aucun mal.

Alice resta immobile un instant avant de se relever. Elle plissa les yeux en voyant quatre baguettes allumées vers elle. L'une d'elle s'éteignit pour allumer les chandelles magiques de l'appartement. Les trois Gryffondor baissèrent leurs baguettes.

_ Alice, voici Hermione Granger, elle est la Préfète de Gryffondor. Harry est resté avec les professeurs pour savoir comment va le professeur Rogue, expliqua Ginny en avançant lentement vers elle pour ne pas brusquer son amie. Nous avons eu l'ordre de rester avec toi jusqu'à ce que nous ayons des nouvelles. Le professeur Lupin savait que tu risquais de t'enfuir. Explique-nous, que s'est-il passé ?

.

Pendant ce temps, Remus était resté auprès de Severus à l'infirmerie, en compagnie de Minerva et Harry. Il se trouvait dans la salle commune de Gryffondor quand le Patronus de Minerva l'avait trouvé. Les élèves présents dans la salle commune avaient entendu le message : Severus est inconscient près des escaliers sud au troisième étage. Venez immédiatement avec Mr Black, Miss Granger, Miss Weasley et Mr Crivey. Les quatre élèves s'étaient rués vers lui à l'écoute du message argenté et ils avaient dévalé les escaliers à toute vitesse. Si Minerva avait souhaité la venue des deux élèves de cinquième année, c'était qu'Alice Chase était présente. Que s'était-il passé ? Avait-elle attaqué Severus ? Son sang s'était figé à cette pensée. Lorsqu'il était arrivé sur les lieux, il avait demandé à Hermione, Ginny et Colin de suivre Alice qui s'était enfuie en le voyant puis avait accompagné son mari à l'infirmerie tandis que Harry les suivait, Remus le voulant à ses côtés.

Poppy s'occupait actuellement de Severus quand elle revint vers eux quelques minutes après.

_ Comment vont Severus et le bébé ? demanda Remus, inquiet.

_ J'ai réussi à stabiliser leur état, mais il est incertain. Je ne suis pas gynécomage, je n'ai pas les compétences nécessaires dans ces cas-là. Avez-vous un moyen de joindre la gynécomage de Severus ?

_ Oui, je vais lui envoyer un Patronus. Et sa blessure ? Vient-elle de…

_ Non, Miss Chase ne semble pas l'avoir attaqué, affirma l'infirmière. Du moins, il n'y a pas de morsure. Nous devons attendre demain pour en savoir davantage pour Severus, je ne peux pas faire mieux. Je veillerai sur lui pendant que vous serez avec Miss Chase car je suppose que vous allez la voir ?

_ Oui, répondit sèchement Remus. Nefli !

L'elfe apparut.

_ Oui, maître Remus ?

_ Alice Chase est-elle dans ses appartements ? L'y as-tu emmenée ?

_ Oui, maître, elle semblait terrorisée.

_ Merci. Allons-y, déclara Remus en sortant de l'infirmerie.

Tout en descendant les escaliers menant du premier étage au rez-de-chaussée, il ne voulait pas croire que la jeune fille avait un quelconque lien avec l'état de son mari. Mais les faits étaient là. Il avait peur pour l'homme de sa vie et son fils, comment allait-il réagir si Alice avait bel et bien attaqué Severus ? Eux qui avaient tout fait pour qu'elle puisse continuer ses études à Poudlard…

.


Comment avez-vous trouvé ce chapitre ?

Je peux vous annoncer que la naissance du fils de Remus et Severus se déroulera dans le chapitre 30, c'est tout ce que je peux vous dire.

Je vous donne rendez-vous le mercredi 3 août avec un nouveau chapitre intitulé "Vers un repos total..."

Je vous souhaite une bonne fin de semaine, prenez soin de vous et de vos proches ;)