Merci à Alexise-me pour ses encouragements ! N'hésitez pas à laisser des commentaires pour me dire ce que vous en pensez !
Bonne lecture !
Chapitre 2.
« Souviens-toi de te méfier. »
Prosper Mérimée
- Tu as quoi ?
Bella se mordit la lèvre inférieure. Elle savait que c'était une mauvaise idée d'en parler à Rosalie. Pourtant, Rosalie la connaissait mieux que personne, et elle était la mieux placée pour… pour quoi d'ailleurs ? Pour lui dire qu'elle avait merdé, sérieusement merdé ? Probablement… Décidément, ça ne tournait vraiment pas rond dans son crâne. Mais qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ?
- Tu as très bien entendu, ne me fais pas répéter s'il te plait…
- Ok, admettons, alors définis « passer la nuit avec » ?
- J'ai couché avec elle, voilà, t'es contente, je l'ai dit !
Le niveau sonore de la discussion avait largement augmenté et le bruit fit sortir Angela de sa chambre. Elle avait l'air d'avoir sérieusement la tête dans le cul mais avait tout de même capté la teneur – croustillante – de la conversation et mit son grain de sel :
- T'as couché avec qui, Bella ?
Bella, qui pensait avoir touché le fond, se prit la tête entre les deux mains et marmonna :
- Avec la batteuse des Peppermint…
- La petite brune là ? Ah oué, c'est clair qu'elle est sexy !
Angela s'arrêta net, ouvrit la bouche, la referma, regarda Bella, puis Rosalie puis à nouveau Bella, semblant sur le point de dire quelque chose puis se ravisant, puis se mit à parler à toute vitesse :
- Noooooon, tu déconnes, attends couché, couché ? Comme sexuellement parlant ? Avec la batteuse des Peppermint ?
Bella fixa ses chaussures, rougissant furieusement puis murmura :
- Oui…
Angela se mit à rire et Rosalie la foudroya du regard avant de lui demander :
- On peut savoir ce qui te fait rire ?
Elle était tellement hilare qu'elle eut du mal à reprendre son souffle pour pouvoir répondre :
- Ben je sais pas… C'est drôle non ? Enfin… je trouve… Mais allez Bella, raconte, c'était comment, comment ça s'est passé ? Je veux tout savoir !
Bella était accablée :
- Je ne sais pas… J'étais bourrée, elle était là, j'étais bien, je n'ai pas réfléchi, je l'ai embrassée et…
Elle fut interrompue dans son explication par Rosalie qui s'écria :
- Comment ça TU l'as embrassée ? C'est même pas elle qui t'a sauté dessus ? C'est toi qui l'as draguée ?
Bella rougit violemment et se défendit comme elle pouvait :
- Je ne l'ai pas draguée…
Épuisée, elle se mit à rire – décidant qu'il valait mieux rire que pleurer de la situation – et lâcha :
- Je l'ai plutôt … agressée sexuellement dans le cas présent !
Ce qui laissa Rosalie complètement déboussolée :
- Mais qu'est-ce qu'il t'a pris ? Et Alec ?
- Alec ? C'est une blague ? Tu me sors la carte Alec alors que ça fait une semaine que tu n'arrêtes pas de me dire qu'il m'a larguée et qu'il faut que je passe à autre chose ? Ben voilà, t'as gagné, je suis passée à autre chose !
- Et tu ne trouves pas que tu y vas un peu fort ?
- J'en sais rien, je ne sais pas, écoute, c'est déjà suffisamment perturbant comme ça, ne me fais pas culpabiliser encore plus s'il te plait…
Rosalie baissa les yeux, s'en voulant de prendre la tête à sa meilleure amie alors qu'elle avait au contraire besoin qu'elle la soutienne. Voulant détendre l'atmosphère, elle s'approcha de Bella, la serra dans ses bras pour s'excuser et demanda avec un sourire en coin :
- Mais dis-nous, est-ce que c'était bien au moins ?
Bella lui donna une bourrade et se leva pour se diriger vers la cuisine et se servir un verre d'eau. Elle rougit et ne put retenir un léger sourire. Angela et Rosalie la scrutaient avidement en attendant qu'elle réponde. En voyant son petit sourire, elles échangèrent un regard en coin et attendirent patiemment que Bella développe un peu plus.
- Tu vas nous laisser languir comme ça toute la journée ?
- C'est bien mon intention.
Angela se leva d'un bon et se dirigea vers Bella :
- Allez, mais raconte quoi, pourquoi tu ne veux pas nous dire ? D'habitude tu nous dis tout ! On sait même qu'avec Alec, quand il…
- Ouooooh, on se calme, je n'ai pas envie de parler d'Alec maintenant.
- Ok, ok, d'accord, mais dis-nous alors !
Bella sourit, se dirigea vers sa chambre et avant de refermer la porte derrière elle, balança, laissant ses deux colocs abasourdies dans le salon :
- BSE !
Ce fut Angela qui rompit le silence la première, regardant Rosalie interrogativement :
- Ça veut dire quoi BSE ?
Ce à quoi Rosalie éclata de rire et répondit avant d'aller elle-même s'enfermer dans sa chambre, laissant Angela seule dans le salon :
- Suis un peu Angela, ça veut dire Best Sex Ever.
Bella s'appuya contre la porte qu'elle venait de refermer et soupira. Il était 13h, elle avait besoin de prendre une douche et de dormir. L'appel d'offre pour le Maroc devrait attendre, elle n'était absolument pas en état de s'y mettre. Non contente d'avoir une gueule de bois carabinée, sa tête était complètement en chantier. Elle avait fait de la merde, et elle ne savait pas quoi en penser, ce qu'elle devait faire, bref, c'était encore un peu plus le bordel dans sa vie. Elle attrapa un caleçon, un débardeur et une serviette de toilette et s'apprêta à sortir de sa chambre pour aller prendre sa douche en espérant que le salon était vide.
Le salon n'était pas vide et Angela était affalée sur le canapé. Lorsque Bella passa avec sa serviette, Angela ne put retenir un petit rire et Bella lui lança un regard faussement courroucé pour la faire taire. C'était bon de savoir que ses histoires faisaient rire au moins une personne…
Une fois sous la douche, elle repensa à ce qu'il s'était passé la nuit dernière. Elle était sortie du bar avec Alice, elles avaient fumé une clope et Bella avait raccompagné la batteuse à son appartement. Elle ne parvenait pas à se souvenir de quoi elles avaient parlé pendant le trajet mais se souvenait simplement s'être sentie… en paix. Un sentiment qu'elle n'avait pas ressenti depuis une éternité. Récemment elle était continuellement inquiète, pressée, ailleurs, contrariée, ou de mauvaise humeur. Son travail y était pour beaucoup mais Alec n'était pas innocent non plus. Alec. En y repensant, si Rosalie avait raison, elle n'avait pas vraiment trompé Alec, puisqu'ils n'étaient plus ensemble depuis une semaine. Cependant, si Alec avait seulement voulu dire… voulu dire quoi d'ailleurs ? Qu'est-ce que ça peut bien vouvoir dire « je pense encore à mon ex » ? Je te quitte ? J'ai besoin de temps pour l'oublier vraiment ? Je veux me remettre avec elle ? Essaye de lui ressembler ça m'aidera ? Tu voudrais pas faire un plan à trois avec elle ? C'est vrai quoi bordel, ça pouvait vouloir dire tout et n'importe quoi cette réplique débile !
Mais qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ! Ce n'était pas du tout son genre de coucher avec un inconnu… Alors avec une inconnue… Putain… C'était son premier coup d'un soir, et il fallait qu'en plus de ça ce soit avec une fille ? Mais bordel, … qu'est-ce que c'est que ce bordel ! Elle ne trouvait même plus les mots pour exprimer sa frustration. Elle sortit de la douche, en colère contre elle-même. Elle s'était fourrée toute seule dans cette situation, puisqu'effectivement c'était elle qui avait embrassée Alice et pas le contraire. Cependant, ladite Alice n'avait franchement pas été contre si l'on considérait la suite des évènements.
Bella dormit tout l'après-midi du sommeil du bienheureux. Lorsqu'elle se réveilla, sur les coups de 18h, elle se sentait beaucoup mieux. Déjà, elle avait dormi. Ensuite, elle avait un peu décuvé. Enfin, ce n'était pas la fin du monde, elle avait couché avec une fille, et alors ? Elle avait pris du bon temps, elle s'était éclatée et voilà tout ! Tout le monde lui disait qu'il fallait qu'elle se détende, eh ben voilà… Certes, coucher avec la première fille venue n'était peut-être pas une façon très « traditionnelle » de se détendre, mais après tout, pourquoi pas ?
Un seul détail la taraudait, et même deux... Le premier, c'est qu'elle était partie alors qu'Alice dormait encore, ce qu'elle ne cessait de se reprocher. Cependant, et pour une raison inconnue, elle avait cédé à la pulsion de lui laisser son numéro de téléphone. Pourquoi ? Pourquoi pas… Elle tentait de se convaincre que c'était pour se déculpabiliser de partir en catimini. En même temps, et ce deuxième "détail" avait son importance, BSE… Pourquoi n'aurait-elle pas envie de revoir Alice alors qu'elle avait passé une nuit de folie ? Cette question la troublait, mais elle n'avait pas envie de tenter d'y répondre dans l'immédiat et la refoula avec le reste – son travail et Alec.
Elle s'habilla et se rendit dans le salon où Angela s'était endormie devant la télé et Rosalie buvait un thé.
- T'en veux un ?
- Non merci, je vais plutôt prendre un café.
- A ce compte, tu devrais carrément prendre de la Redbull, je te rappelle que les mecs viennent manger chez nous ce soir.
- Quoi ?
- Oui, je crois qu'on les a invités hier soir à manger une raclette.
- Une raclette ? Mais t'as vu le temps qu'il fait ?
- Et alors ?
- Certes.
Bella soupira. Elles menaient vraiment une vie de débauche. Elles trimaient comme des forcenées la semaine et se mettait des caisses le week-end – pour oublier leur semaine. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas levée avant 13h un samedi ou un dimanche, et surtout sans avoir mal à la tête.
- Tu es consciente que notre vie se résume à travailler la semaine et boire comme des trous le week-end ?
- Tu as oublié, coucher avec de belles inconnues…
Bella lui fit un doigt et partit se préparer un café. Corsé.
Emmett, Edward, Ben et leurs nombreuses bouteilles de vin blanc arrivèrent vers 21h. Bella s'était fait un plaisir de réveiller Angela pour qu'elle se prépare et avait comaté devant How I Met en les attendant. Elle n'avait cessé de repousser à plus tard l'inévitable coup de téléphone qu'elle devrait passer à Alec. Mieux valait laisser couler un peu d'eau sous les ponts.
Alors qu'ils en étaient à l'apéritif et que Bella et Angela imitaient bruyamment Florence Foresti en tentant de choisir quel soft elles allaient bien pouvoir mettre dans leur vodka (comment ça on a plus de jus de goyave ?), Edward déclara tout de go :
- Jessica et moi, on va se marier.
Si elle n'avait pas déjà été assise par terre, Bella serait tombée de sa chaise, de son fauteuil, ou même du canapé. Elle échangea un coup d'œil avec Rosalie et après un moment de silence gêné, tout le monde se mit à parler en même temps. Bella le félicita du bout des lèvres et se leva pour aller chercher quelque chose – n'importe quoi – dans le frigo. Elle revint avec du citron, n'ayant rien trouvé de mieux et Rosalie se mit à rire comme une dinde en le remarquant.
Ne sachant pas trop quoi faire de son citron, elle en versa dans le verre d'Emmett pendant que celui-ci était occupé à expliquer comment il avait appris sur Wikipédia les symptômes de la fièvre jaune. Emmett était peut-être super sympa, super beau, mais il était souvent super bizarre.
Bella but son verre un peu vite et écouta d'une oreille distraite Edward raconter sa demande :
- Eh bien, en fait, le matin en me levant, je n'avais pas décidé que j'allais la demander en mariage, mais dans la journée, on s'est baladé, et on était sur les falaises et je me suis dit « c'est la femme de ma vie » alors je l'ai demandée en mariage.
Bella ne put s'empêcher de se dire que c'était ridicule et complètement nian nian et Emmett explosa de rire avant de glousser :
- Oué, d'accord, tu lui as dit épouse-moi ou je te pousse dans le vide et c'est pour ça qu'elle a accepté !
Évidemment, cela les fit tous rire, même Edward.
Les bouteilles de vin blanc défilaient et la conversation devenait de plus en plus incohérente, ou de plus en plus fluide suivant le point de vue. Bella n'était pas la seule à s'interroger sur leur étrange rythme de vie car Ben déclara :
- Vous ne trouvez pas qu'on boit trop ? On devrait peut-être tenter les AA ?
Personne ne répondit à sa remarque, probablement trop sérieuse, et Emmett préféra envoyer « Edward et Jessica » au 283030 pour savoir si leur mariage allait tenir. Tout le monde resta scotché à la télé jusqu'à voir défiler en bas de l'écran :
« Edward, Jessica va te tromper après 2 ans de mariage »
Ce qui engendra sifflets et éclats de rire. Age mental de l'assemblée : 13 ans.
Bella se dirigea vers le balcon pour aller fumer une cigarette et Edward la suivit. Elle tenta un regard suppliant « au secours, ne me laisse pas toute seule avec lui » vers Rosalie mais celle-ci était bien trop occupée à commenter le test sur la sexualité de Jeune et Jolie avec Emmett, son ex, devait-on le rappeler.
Bella soupira et alluma sa cigarette. Elle ne fumait que rarement, uniquement lorsqu'elle avait bu et aimait sentir sa tête tourner lorsqu'elle tirait sur sa cigarette. Edward vint s'installer à ses côtés et engagea la conversation :
- Est-ce que ça va Bella ? ça fait longtemps qu'on n'a pas eu le temps de discuter sérieusement dernièrement.
- Bof, j'ai connu des jours meilleurs… Je ne sais plus trop où j'en suis.
- Ah bon ? Ça ne va pas avec Alec ?
Bella rigola et répondit sous le regard étonné d'Edward :
- En fait, je ne sais pas.
- Euh… Comment ça tu ne sais pas ?
- Il semblerait qu'on ne soit plus ensemble, mais je n'en suis pas sûre.
- Alors, là, il va falloir que tu m'expliques, parce que je ne te suis pas.
- Il m'a dit qu'il pensait encore à son ex.
- Ah.
- Oué, comme tu dis : Ah.
- Et… vous n'en avez pas reparlé ?
- Non. Il ne m'a pas rappelée, je ne l'ai pas rappelé, j'ai travaillé comme une dingue cette semaine, on ne s'est pas vus… et voilà…
- Et… qu'est-ce que tu ressens par rapport à ça ?
Bella soupira. Edward et Alec ne s'entendaient pas très bien. Edward reprochait à Alec de ne pas être assez bien pour Bella et Alec était jaloux de Edward, et de la relation privilégiée qu'il avait avec Bella. Edward avait peut-être tort, mais Alec non.
- Je ne sais pas… C'est horrible, mais je n'ai même pas eu le temps de me poser la question ? Enfin, j'imagine que je ne devrais pas à avoir à me poser la question et que cela répond à la question. J'ai dit "question" beaucoup de fois non ?
Edward rigola et regarda dans le vague pendant un moment. Bella méritait d'être heureuse. Il s'en voulait toujours d'avoir repoussé ses avances 5 ans plus tôt mais il ne ressentait pas cette étincelle de passion pour elle, comme il la ressentait pour Jessica. Pourtant, il l'aimait beaucoup et était prêt à faire tout son possible pour la rendre heureuse. Bella le coupa dans ses réflexions :
- Tu sais, je suis vraiment contente pour toi et Jessica. J'espère qu'elle pourra bientôt venir sur Paris. Parce que je ne sais pas si je te l'ai déjà dit, mais je t'interdis d'aller la rejoindre à Lyon.
- Oui, tu me l'as déjà dit, et j'ai bien compris le message. Je te remercie. Tu sais, c'est important pour moi ce que tu penses. J'aurais seulement voulu que tu aies trouvé, toi aussi, LA personne pour toi.
Bella s'apprêta à répliquer mais Edward lui coupa la parole :
- Je sais ce que tu vas dire, mais si, crois-moi, elle existe.
- Whatever. Moi je retourne boire.
Lorsque Bella refit son apparition, Emmett, Ben, Rosalie et Angela était en train de faire la liste des 5 choses qu'il fallait qu'ils fassent avant d'avoir 30 ans :
- Attends, attends, je prends un stylo et je note et on regardera si on a bien tout fait après nos 30 ans.
Bella sourit, c'était bien le genre de trucs à faire pour se déprimer, ça.
- Oué, et puis en plus pour certain, ça va venir vite.
Emmett, 28 ans, lui lança un regard foudroyant.
- Profite bien de tes derniers mois de carte 12-25 Bella !
Sur quoi elle lui tira la langue.
- Alors, Emmett a dit : pêcher un requin… oué, bon, why not… Angela, aller en Amérique du Sud, Ben…, Ben c'était quoi déjà ?
- Conduire une Porsche 911 GT 3.
- Oui, t'es bien un mec toi, pas de doute. Et moi j'avais dit : faire l'amour dans une cabine d'essayage.
Sur quoi Ben répliqua :
- Oui, t'es bien Rosalie toi, pas de doute.
La concernée lui lança un regard noir avant de poursuivre :
- Et toi Bella ?
- Mmh… Démissionner.
- Démissionner ? Mais c'est naze !
- Mais non c'est pas naze, c'est prendre sa vie en main et changer d'environnement, reconstruire quelque chose, se mettre en situation de refaire ses preuves. C'est… challenging. Je voudrais aussi voir les pyramides en vrai et prendre l'Orient Express.
- Oh trop bonne idée, moi je voudrais faire du saut en parachute.
Alors que tous continuaient à lister les choses qu'ils devaient faire avant d'avoir 30 ans (faire l'amour avec des menottes, aller à une vente privée, faire de l'hélicoptère, tondre un mouton…) Rosalie tendit son IPhone à Bella et lui dit :
- C'est Alec.
Un grand silence se fit dans la pièce et Bella regarda Rosalie, paniquée :
- Mais qu'est-ce que je lui dis ?
- Je ne sais pas, rien, on a fait une soirée, tu t'es couchée tard, l'habituel… Allez, vas-y.
Alors que les garçons regardaient Rosalie intensément, Bella se dirigea vers sa chambre pour décrocher. Lorsqu'elle eut disparu, Emmett demanda :
- Pourquoi, qu'est-ce qu'elle a fait hier soir, Bella, qu'elle ne doit pas dire à Alec ?
Rosalie tenta de prendre un air détaché et répondit :
- Rien, mais c'est au cas où il lui demande pourquoi elle ne l'a pas appelé…
Emmett la regarda, dubitatif, voyant bien qu'elle leur cachait quelque-chose et se promit qu'il ne partirait pas avant d'avoir le fin mot de l'histoire.
Lorsque Bella refit son apparition dans le salon, toutes les têtes se tournèrent vers elle.
- Alors ? Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Ben… rien… il était… comme d'habitude. Je le vois demain, comme d'habitude… et… putain c'est la merde !
- Mais attends, tu ne lui as pas demandé ?
- Noooon…
- Mais pourquoi ?
- Je ne sais pas, j'ai paniqué, j'ai pas osé… Il était… normal, je n'ai pas eu envie de compliquer les choses.
Edward se passa la main dans les cheveux en se faisant la réflexion que la psychologie féminine lui échappait :
- Mais attends, je ne comprends pas, tu devrais être contente non ? Pourquoi tu dis « putain c'est la merde » ? En plus, je ne voudrais pas dire, mais c'est un peu vulgaire.
Emmett ne laissa pas le temps à Bella de répondre et enchaîna :
- Attends, mais il s'est passé quoi hier soir ? T'as fait de la merde Bella, allez avoue !
Bella rougit jusqu'à la racine des cheveux, Rosalie se leva pour aller ouvrir une nouvelle bouteille de vin et Angela se racla la gorge en regardant en l'air.
Edward renchérit :
- Allez balance !
Ben lui donna une bourrade dans les côtes et s'esclaffa :
- Tu t'es pas laissée embrasser par la bonnasse qui t'a draguée quand même ?
Le sang de Bella ne fit qu'un tour :
- Tu peux pas être poli quand tu parles d'une fille ? Et elle m'a pas draguée, c'est...
Rosalie lui donna un coup de pied et lui coupa la parole :
- C'est clair, ça fait vraiment macho de dire « bonnasse ». Vous êtes vraiment des porcs, vous les mecs.
Cependant, sa tentative de diversion ne fonctionna pas et Emmett embraya :
- Attends, mais laisse Bella s'exprimer, elle allait dire quelque chose d'intéressant. Vas-y Bella.
Alors que Bella ne savait absolument plus où se mettre, Edward lança :
- Je veux bien me raser la tête si tu l'as embrassée ! Elle était trop canon !
Sur quoi, Angela éclata de rire et laissa échapper :
- Tu peux aller chercher un rasoir et dire au revoir à ta superbe chevelure bouclée Edward !
Elle se mit la main sur la bouche comme pour arrêter les mots d'en sortir tous seuls lorsqu'elle comprit qu'elle avait fait une boulette et lança un regard désolé à Bella dont le visage reflétait un profond embarras. Rosalie éclata de rire pendant que les garçons interloqués dévisageaient Bella, leur expression variant entre incrédulité, excitation et envie.
Ben fut le premier à reprendre ses esprits :
- No way ! Raconte ! Raconte, c'était comment ? T'as son numéro, je veux l'embrasser moi aussi !
Ce qui lui valut un taquet de la part d'Angela. Bella tenta de minimiser l'affaire, sans grand succès :
- Non mais c'était pas grand-chose, on était bourrées, voilà bon, y a rien à raconter.
Rosalie tenta à nouveau de lui venir en aide en se tournant vers Edward :
- Bon, ben, il va falloir passer à l'acte maintenant.
- Non, mais attends, je déconnais… Je vais quand même pas me raser la tête…
Comme tout le monde le regardait l'air de dire… « Ben si… »… il se mit à rire :
- Non, déconnez pas… Vous savez le temps qu'il m'a fallu pour avoir une telle coupe de cheveux ? Je suis sûr que L'Oréal s'intéresse à moi pour leur prochaine pub de shampooing !
Il fut décidé que tout le monde accompagnerait Edward chez le coiffeur le week-end suivant pour le soutenir dans cette épreuve et la conversation poursuivit son cours, non sans que plusieurs fois Emmett tente d'avoir des détails (non mais dis-moi, je suis curieux, c'était bien ? ça change quoi par rapport à un mec ? C'était plus doux ? Plus tendre ?) ce qui lui valut un : « ta gueule Emmett » agacé de la part de Rosalie.
Il était 3h du matin lorsque les garçons tirèrent leur révérence, et 3h45 lorsque Bella se mit au lit. Elle devait aller voir Alec vers 14h et cela l'angoissait un peu. Elle soupira en pensant qu'elle ne devrait pas être angoissée à l'idée d'aller passer l'après-midi avec son copain. En même temps, elle l'avait trompé pas plus tard que la veille. Et en plus… qu'est-ce que c'était bon… Elle remettrait bien ça ce soir et regrettait de ne pas avoir le numéro d'Alice. Elle se mordit la lèvre aussitôt, choquée de sa propre réflexion. Quel bordel… Sans parler d'Edward qui allait se marier. Ça lui faisait tout drôle. Elle avait cru il y a quelques années qu'Edward était le bon : ils étaient inséparables, avaient le même intérêt pour la musique, les livres, pouvaient parler ensemble des sujets les plus sérieux et avaient le même sens de l'humour. Et pourtant, lorsqu'elle lui avait fait comprendre qu'elle voulait… aller plus loin avec lui, il l'avait repoussée. Le pire, c'est qu'il s'était comporté en parfait gentleman, lui expliquant qu'il avait des vues sur Jessica et que ce qu'il ressentait pour elle n'allait pas plus loin que l'amitié. Une amitié profonde et solide, certes, mais seulement de l'amitié. Elle avait eu du mal à s'en remettre mais heureusement, elle était partie en Erasmus peu de temps après. Edward était parti – avec Jessica – au Mexique pendant un an, et les choses s'étaient tassées. Elle avait fait son deuil et quand ils s'étaient revus à leur retour en France, ils avaient retrouvé leur complicité d'antan. C'était agréable. Mais maintenant, il allait se marier, et Bella se sentait… abandonnée, trahie, et… à la traîne. Edward avait trouvé sa voie, avait trouvé la personne avec laquelle il voulait faire sa vie, et elle… Elle… elle ne savait plus du tout où elle en était. Sa vie sentimentale… était… mouvementée, c'était au moins un avantage, elle aurait pu être complètement vide… Il fallait voir le bon côté des choses. Enfin bon, tout ça, ça n'allait pas faire avancer le dossier du Maroc qu'elle devait commencer ce week-end. Ça lui ferait une excuse pour ne pas passer la nuit chez Alec. En réalisant ce qu'elle venait de penser, elle se retourna dans ses couvertures et mit son oreiller sur sa tête, retenant un cri de frustration.
Quel bordel.
