Je ne voulais pas que l'histoire tourne uniquement autour de la relation entre Alice et Bella, mais qu'on puisse aussi voir leurs interactions avec les autres personnages, ainsi que leur vie personnelle. Mais patience, les choses vont bientôt accélérer !

Merci de nouveau à Alexise-me pour ses encouragements ! N'hésitez pas à mettre des commentaires !

Bonne lecture

Chapitre 3

« Dynamique et un peu décalée.

Très bon travail personnel ».

- Bella ! Je suis content de te voir. Je suis désolé de ne pas t'avoir appelée cette semaine, mais j'étais de garde de nuit et j'étais un peu décalqué…

Bella sourit à Alec pour lui signifier qu'il était tout pardonné avant de s'excuser elle-même :

- Ne t'inquiète pas, ça ne fait rien. J'ai eu pas mal de boulot aussi…

Alec la serra dans ses bras et l'embrassa tendrement avant de l'entraîner vers l'escalier menant à son studio. Bella ne savait pas quoi penser de tout ça. Alec était égal à lui-même et elle sentit sa culpabilité monter d'un cran.

Alec lui servit un café et ils s'installèrent l'un en face de l'autre sur les tabourets hauts du bar.

- Alors, quoi de neuf ?

Bella ne put s'empêcher de se faire la réflexion que cette entrée en matière était des plus nazes, mais cela ne l'empêcha pas de répondre :

- A vrai dire, j'ai eu une drôle de semaine. J'ai beaucoup travaillé, et je n'ai pas eu beaucoup de temps pour moi. Et puis vendredi et hier, je suis sortie avec les filles, Emmett et toute la clique. J'ai encore un peu mal au crâne, si tu vois ce que je veux dire !

Bella se tortilla sur son tabouret. Il fallait qu'elle lui pose la question pour en avoir le cœur net, mais elle ne savait pas comment aborder le sujet.

- Et toi, comment s'est passée ta semaine ? Des opérations intéressantes ?

- Mmmh, fatigante… Les gardes de nuit, ce n'est vraiment pas facile… Surtout quand elles sont mouvementées.

Alec poursuivit en lui décrivant certains des cas auxquels ils avaient été confrontés et Bella ne put s'empêcher de comparer ce qu'il lui racontait aux épisodes de Grey's Anatomy qu'Angela regardait régulièrement dans le salon. Bella n'était pas fan, Mac Dreamy ne la faisant absolument pas rêver, et Mac Steamy ne la faisant absolument pas… bref, elle n'aimait pas trop cette série, mais elle se demandait toujours si cela se passait vraiment comme ça dans les vrais hôpitaux. Pas pour les relations entre internes et médecins bien sûr, mais pour les malades…

Alors qu'Alec s'était endormi, Bella s'enroula dans le drap, se leva sans bruit, alla fouiller dans son sac à la recherche d'un paquet de cigarette et sortit sur le minuscule balcon avant d'en allumer une. Elle tira une longue bouffée et exhala bruyamment. Le week-end passé, Alec n'avait pas pu/voulu ? Lui faire l'amour, parce qu'il, avait-il dit, « pensait encore à son ex ». Et ce week-end, ils avaient fait l'amour comme si de rien n'était. Comme si entre temps, Bella n'avait pas eu la meilleure partie de jambes en l'air de sa vie avec… une parfaite inconnue, ou presque. Bella se prit la tête entre les mains et soupira. Il fallait qu'elle parle avec Alec, même si cela lui répugnait. Habituellement, leur relation n'était pas compliquée : ils parlaient peu, faisaient l'amour régulièrement - trop souvent au goût de Bella et probablement trop peu au goût d'Alec -, et ne se prenaient pas la tête. Bella aimait la compagnie d'Alec, aimait ses attentions, aimait qu'il ne lui pose pas trop de questions. Aborder ouvertement le sujet serait faire volontairement une croix sur cette simplicité. Bella ne savait pas si elle était prête à y renoncer. Après tout, si tout était redevenu comme avant, pourquoi se prendre la tête ?

Bella ouvrit le dossier du Maroc et tenta de se plonger dans la lecture du Cahier des Charges. Elle était obligée de relire trois fois les mêmes paragraphes pour bien en intégrer le sens. Ses pensées glissaient sans arrêt vers Alice. Elle aurait voulu lui parler. Discuter avec elle de ce qu'avait signifié cette nuit qu'elles avaient passée ensemble. Avait-elle seulement signifié quelque chose pour Alice ? Elle était peut-être simplement une fille de plus qu'elle mettait dans son lit. En même temps, c'était elle-même qui avait initié le mouvement, et non Alice. Et si elle-même ne savait pas la signification qu'elle devait donner à cette nuit, peut-être qu'Alice ne savait pas non plus… Elle referma le dossier dans un claquement, énervée contre elle-même. Elle avait fait de la merde ce week-end et n'avait réglé aucun de ses problèmes. Elle avait été trop lâche pour discuter sérieusement avec Alec, préférant laisser les choses suivre leur cours. En l'état actuel, elle l'avait tout simplement trompé, alors qu'il n'avait peut-être rien fait pour le mériter. Cela ne lui ressemblait absolument pas. Elle n'avait jamais été trop portée sur le sexe, et elle se demandait bien ce qui avait pu lui passer par la tête.

Renonçant définitivement à continuer sa lecture, qu'elle pourrait très bien finir dans le train pour Bruxelles le lendemain, elle sortit de sa chambre et, constatant que le salon était vide, elle appela les filles :

- Rosalie, Angela, GIRL TIME !

Angela sortit en trombe de sa chambre, un sourire malicieux sur les lèvres et s'exclama :

- Génial ! Je me demandais quand on aurait les détails !

Comme Rosalie ne répondait pas, Bella alla la chercher dans sa chambre. Celle-ci dormait, et Bella la réveilla sans aucuns scrupules :

- Je suis désolée ma belle, mais c'est une situation de crise, j'ai besoin de toi.

Rosalie jura, tempêta, mais finit par s'enrouler dans sa couette et se lever. Elle était toute décoiffée et Angela se mit à rire en la voyant débarquer :

- T'es nue sous ta couette au moins ?

Rosalie lui jeta un regard noir :

- Fais-moi plutôt un thé pour que je me réveille ! D'ailleurs les filles, je déclare solennellement que j'arrête de boire.

Bella et Angela se regardèrent avant d'éclater de rire.

- Rosalie, tu as déjà arrêté de boire la semaine dernière. Laisse tomber, tu es un cas désespéré.

Rosalie se renfrogna et lança :

- Bon, alors, pourquoi tu convoques un girl time, Bella ?

Bella rougit puis se décida à expliquer :

- Ben… J'ai vu Alec cet après-midi et… et en fait… rien.

Angela servit le thé et demanda :

- Comment ça rien ?

- Ben disons qu'il s'est comporté comme si de rien n'était… et que… je ne lui ai pas demandé ce qu'il s'était passé le week-end dernier et que donc… voilà…

Rosalie la coupa et lui demanda :

- Mais attends, vous êtes toujours ensemble ?

- Euh oui.

- Mais t'es sûre ?

- Ben… oui… ou alors, cet après-midi c'était Break up Sex…

Angela faillit s'étrangler avec son thé et s'exclama :

- Attends, vous avez couché ensemble cet après-midi ?

Bella rougit jusqu'à la racine des cheveux et répondit :

- Oui…

- Mais alors, ça veut dire que tu l'as trompé !

- Oui, je sais. En fait, c'est moi la plus salope de nous trois…

Rosalie lui lança un regard noir et dit :

- Mais dis-moi, c'était comment cet après-midi ? T'as pris ton pied ou c'était un peu laborieux ?

- Ben… plutôt comme d'hab, laborieux.

Angela intervint :

- Attends, mais moi, à part le fait que tu ais eu le droit à plus de sexe en un week-end que moi en 6 mois, je comprends rien, alors il va falloir que tu éclaires ma lanterne. Laisse-moi résumer ce que j'ai compris : la semaine dernière, après environ 1 an de relation avec sexe laborieux, Alec te dit, alors que vous alliez faire l'amour : « je pense encore à mon ex ». Vendredi soir, complètement bourrée, tu passes la nuit avec la batteuse des Peppermint et si j'ai bien compris la signification de BSE, tu t'éclates comme jamais. Aujourd'hui, tu revois Alec, aucun d'entre vous n'aborde le sujet de ce qu'il s'est passé la semaine précédente et vous faites « laborieusement » l'amour sans que tu prennes ton pied… a priori comme d'habitude quoi. Donc, si mes conclusions sont bonnes, aujourd'hui tu as une relation plan plan avec un mec qui pense encore à son ex et tu le trompes avec une bombe qui te fait voir des étoiles au lit. On est d'accord ?

Rosalie tenta de dissimuler son amusement dans son thé, mais ne put retenir un petit rire pour autant. Bella était rouge comme une pivoine et ne savait plus quoi dire. Après quelques instants d'hésitation elle rétorqua :

- Oui, c'est à peu près ça, sauf que je ne le trompe pas. Je l'ai trompé, une fois, c'est tout. Et je pensais qu'on n'était plus ensemble, notamment parce que vous avez essayé de me le faire accepter toute la semaine, si je puis me permettre de vous le rappeler. Alors si j'en suis là, vous avez quand même une part de responsabilité !

Ce à quoi Rosalie répondit :

- En même temps, sans nous, tu n'aurais pas vécu cette nuit de folie avec … comment elle s'appelle au fait, elle t'a dit son prénom au moins ?

- Oui… Elle s'appelle Alice.

- Ah, donc vous vous êtes un peu parlé quand même !

Bella lui tira la langue pour toute réponse, avant de poursuivre :

- Mais ma question, en fait… C'était : qu'est-ce que je fais ?

- A mon avis, si tu veux rester avec Alec, tu oublies ce qu'il s'est passé vendredi soir, et tu continues comme avant. En même temps, à ta place, j'essaierais quand même d'éclaircir son problème avec son ex. Après…

Avant de poursuivre, Rosalie lança un regard perçant à Bella qui se tortilla sur sa chaise :

- Après, si tu n'arrives pas à oublier ce qu'il s'est passé vendredi soir… parce que… BSE, j'imagine que tu risques d'avoir du mal à l'oublier… Tu essayes de revoir cette Alice, mais pour parler cette fois. T'as son numéro ?

- Non. Mais… elle a le mien.

Alors que Rosalie dévisageait Bella de manière songeuse, Angela s'exclama :

- Tu lui as laissé ton numéro ? Whaou, mais tu nous la présente quand ?

- Mais tu la connais banane, c'est la batteuse des Peppermint.

Angela ne se laissa pas démonter et continua plus sérieusement :

- Et tu voudrais qu'elle te rappelle ? Je veux dire… tu regardes ton téléphone toutes les 5 minutes en espérant voir un appel manqué d'un numéro inconnu ?

Bella rougit jusqu'à la racine des cheveux. Elle ne savait pas trop. Elle avait certes pensé plusieurs fois qu'elle aimerait revoir Alice, ne serait-ce que pour discuter de la signification de ce qu'il s'était passé entre elles, mais elle n'avait pas poussé plus loin sa réflexion.

- Je ne sais pas…

- Bella, bonjour !

Bella leva les yeux de son dossier, enleva ses écouteurs et tendit la main pour serrer celle d'Aro qui venait de pénétrer dans son bureau. Le début de la semaine était passé comme un éclair, entre déplacements, réunions et bouclage en urgence d'appels d'offres. On était seulement mercredi, et elle était déjà épuisée.

- Est-ce que vous êtes disponible ce midi ?

Alors que Bella ouvrait son calendrier pour vérifier, Aro se racla la gorge et poursuivit :

- A vrai dire, ce n'est pas une question, Marcus nous invite à manger tous les deux.

Bella s'arrêta dans son mouvement et haussa les sourcils. Cela ne pouvait pas être bon signe. Avec les bruits du remaniement à venir, être invité – ou plutôt convoqué – à déjeuner par son directeur de région, cela était plus que louche. Elle soupira, regarda tout de même son agenda et fronça les sourcils. Elle avait rendez-vous chez l'ophtalmo à 13h30. Elle avait mis 3 mois à obtenir cette date et allait devoir l'annuler pour la deuxième fois. Contrariée, elle regarda Aro et demanda :

- J'imagine que je ne peux pas refuser ?

- Pas vraiment non. Vous aviez quelque -chose de prévu ?

- Oui… Et vous savez pourquoi il veut nous voir ? Une bonne nouvelle j'espère ?

- Non, il ne m'a pas dit. Nous aurons tous les deux la surprise.

Bella fit la grimace. Elle n'aimait pas ça. Aro ne la laissa pas se renfrogner et s'assit sur la chaise en face de son bureau :

- Je voulais vous féliciter pour le dossier pour le Maroc, il était très bien.

Bella le regarda, surprise et demanda :

- Vous l'avez lu ?

- Non, non, mais je l'ai feuilleté !

Bella le regarda d'un air moqueur. Elle avait beau apprécier Aro, ses méthodes de travail lui semblaient parfois quelque peu… hasardeuses… Elle n'avait pas le droit de signer les offres au-delà d'un certain montant et transmettait toujours ses mémoires techniques à son supérieur pour validation et signature. Mais Aro ne les lisait pratiquement jamais, se contentant de lui faire une confiance aveugle. Elle avait beau être compétente et consciencieuse, elle aurait tout de même préféré que quelqu'un relise son travail. Mais cette bataille était perdue d'avance, et elle le savait.

- Je voulais aussi discuter avec vous du projet instrumentation.

- Mmmh ?

- Je pense que nous pouvons convaincre Marcus de le valider. Il a déjà été validé par l'ancien comité de direction, il s'agit donc juste de le présenter de telle manière qu'il convienne aux exigences de la nouvelle direction.

- Et qu'est-ce que vous proposez ?

- Eh bien je ne sais pas, je voulais faire appel à votre imagination et à votre sens de l'écoute. Vous avez entendu ce que Marcus a dit la semaine dernière. Il souhaite une étude de marché sur ce point particulier avec une projection sur les 6 prochains mois des activités dégagées par chaque ingénieur dans le cadre de ce projet.

- Je suis désolée, mais je ne vois pas ce que je peux faire de plus que ce que j'ai déjà fait. L'étude de marché existe, il suffit qu'il ouvre la page 5 du rapport que je lui ai transmis mais qu'il n'a probablement pas pris le temps de lire. Quant à la projection sur les 6 prochains mois, j'ai déjà expliqué que je ne pouvais pas la faire tant que les budgets d'investissement n'avaient pas été validés et que les ressources humaines n'auront pas fixé le nombre de postes à ouvrir pour le service.

Bella commençait à s'échauffer. Elle en avait marre de bâtir des business plans à tout va et de faire des projections hypothétiques pour convaincre sa direction d'une évidence. Ce projet était indispensable si le service voulait mener une politique de développement ambitieuse. Elle le sentait, et son intuition du marché l'avait rarement trompée. Sur sa lancée, elle poursuivit :

- De toute façon, j'ai le sentiment que la direction a changé son fusil d'épaule et qu'il n'est plus question de développer les services. Alors je n'ai pas envie de perdre inutilement mon temps encore une fois pour essayer de convaincre des gens qui ne veulent pas l'être. Si je fais appel à mon sens de l'écoute, permettez-moi de dire que j'ai plutôt entendu dire que la stratégie aujourd'hui était de favoriser le service structure qui rapporte du feu de dieu plutôt que les miens qui sont tout juste à flot. Mais permettez-moi encore d'ajouter que même s'ils rapportent plus d'argent ce ne sont pas les chantiers du service structure dont on fait étalage sur nos plaquettes, sur nos sites Internet, à toutes nos conférences, mais les miens. Pourquoi ? Parce que c'est plus classe de parler de la cathédrale de Strasbourg que d'une cave à Pantin.

Aro tenta de calmer un peu l'ardeur de Bella :

- Je sais que ce projet vous tient à cœur, mais je ne pense pas qu'il soit question de transférer cette activité à la structure.

- Peut-être, je ne sais pas. Mais Marcus va probablement nous le dire ce midi.

Ils s'installèrent sur une table basse, dans des fauteuils et Bella ne put s'empêcher de se demander comment elle allait faire pour manger sans en mettre partout. Elle ne pouvait pas se permettre de tâcher ses vêtements, elle avait une réunion importante dans l'après-midi. Elle se plongea dans la carte, bien décidée à ne parler que si on lui posait des questions. Elle n'avait pas très faim, étant un peu inquiète de ce que Marcus avait à leur annoncer et n'avait pas envie de parler la bouche pleine. Elle choisit donc une salade et referma la carte, attendant anxieusement la suite des évènements.

Lorsque le serveur eut apporté leurs plats, Marcus entra enfin dans le vif du sujet :

- Je vous ai invités à déjeuner ce midi tous les deux pour discuter de la réorganisation.

Bella stoppa sa respiration. Here we go.

- Bella, nous sommes très contents de ce que tu as fait pour relancer le service Béton. Ce n'était pas une tâche facile, et tu as réussi à remettre le service en route, et même si les résultats sont encore un peu faibles, nous avons bon espoir que cela ne fasse que progresser.

Bella hocha la tête pour le remercier et serra la mâchoire. Les compliments ne sont jamais gratuits, ils servent seulement à mieux faire passer les mauvaises nouvelles. Marcus poursuivit :

- Comme tu sembles très douée dans la gestion de crise, nous avons décidé que le service Pierre et Monuments Historiques que tu diriges depuis 2 ans et qui fonctionne très bien serait transféré à la structure…

Bella retint un hoquet de stupeur et regarda Aro pour vérifier qu'elle avait bien compris ce que Marcus avait dit. Celui-ci était toujours en train de parler mais elle n'écoutait plus. Elle avait vaguement entendu « service Ingénierie routière », « relancer l'activité », « recruter »… Aro avait l'air contrarié et cela conforta Bella qui s'exclama, oubliant les règles de politesse basiques qui veulent qu'on ne coupe pas la parole à son interlocuteur :

- Excusez-moi, mais je ne suis pas sûre d'avoir très bien compris…

Elle tenta de poser sa question calmement mais ne put contenir l'agressivité sous-jacente à ses propos :

- Vous voulez dire que je ne vais plus m'occuper du service Pierre, et qu'il va être transféré à la structure ?

Elle allait poursuivre de manière encore plus acide lorsque Marcus s'empressa d'ajouter :

- Oui, tout à fait, mais à la place, vous allez prendre la direction du service Ingénierie routière qui bat sérieusement de l'aile. Je suis sûr que vous allez faire des miracles. Ils ont besoin d'un bon coup de dépoussiérage. Et bien sûr, vous conservez le service béton.

Cette promotion – c'en était effectivement une puisque le périmètre dont elle serait chargée allait doubler en effectif, ne convenait pas du tout à Bella. Elle n'avait que faire de la route et de son ingénierie. Elle était entrée dans cette boite uniquement parce qu'il y avait un service qui traitait des Monuments Historiques. C'était sa passion, c'était ce qu'elle voulait faire, elle avait travaillé dur pendant 4 ans pour y parvenir et elle était entrée dans la société avec pour seul objectif de devenir responsable de ce service et de le développer afin qu'il devienne une référence nationale dans le domaine. Elle avait atteint son premier objectif et elle était en cours de réalisation du second, du moins avant que le projet Instrumentation ne soit refusé. Elle avait accepté de s'occuper du service Béton parce qu'elle pensait que cela ne l'empêcherait pas de poursuivre ce qu'elle avait entrepris sur la Pierre, ce en quoi elle s'était d'ailleurs partiellement trompée. Mais se séparer du service Pierre, il en était hors de question. Atterrée, hors d'elle, elle ne put retenir sa réponse cinglante :

- Je ne suis pas d'accord.

Marcus et Aro la regardèrent, médusés et elle poursuivit :

- Je ne suis pas d'accord pour plusieurs raisons : la première c'est que je suis la plus compétente pour m'occuper du service Pierre et que le transférer à la structure serait sonner la fin de l'activité Monuments Historiques. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il s'agit d'une des vitrines les plus importantes de l'entreprise et il serait dommage de se priver de ces références. Il s'agit d'un marché bien particulier, et je pense qu'il faut avoir une certaine fibre, ou du moins une envie pour réussir dans ce domaine. Et en plus il faut des compétences. La deuxième c'est que je ne connais strictement rien à la route et que je ne vois pas en quoi je serais légitime en tant que chef de service de l'Ingénierie routière. La troisième, c'est que j'ai aujourd'hui deux services, certes différents mais dont l'objet d'étude est à peu près le même (le bâtiment). Si je garde le béton et que je m'occupe de la route en même temps, je vais être complètement écartelée : il n'y aucune cohérence technique entre les deux sujets, les clients ne sont pas les mêmes, les stratégies à mettre en œuvre complètement différentes. Ce n'est pas viable et je ne suis pas d'accord pour tenter un pari aussi risqué.

Elle s'arrêta et regarda Marcus droit dans les yeux. Celui-ci prit son temps avant de répondre :

- Il s'agit d'une promotion Bella, cela ne se refuse pas.

Elle regarda Aro mais celui-ci ne semblait pas avoir d'arguments à ajouter et demanda :

- Mais… Je ne comprends pas… Pourquoi ?

Marcus répondit d'un air pincé :

- C'est comme ça parce que je l'ai décidé. Un point, c'est tout. Les changements seront effectifs à partir de lundi prochain. J'enverrai une convocation à tous les intéressés pour une réunion lundi matin. Je compte sur vous pour vous engager pleinement dans cette nouvelle mission.

Bella était atterrée. C'était probablement le moment où elle aurait dû négocier une augmentation salariale conséquente puisqu'il s'agissait d'une promotion, mais tenter de négocier une augmentation, c'était accepter implicitement cette décision qu'on lui imposait sans même en avoir discuté préalablement avec elle, sans se soucier de ses objectifs personnels, de ses envies. Elle était sidérée et n'ouvrit pas la bouche une seule fois pendant la fin du repas.

Lorsqu'elle fut de retour dans son bureau, son humeur oscillait entre colère et incompréhension, tristesse et désarroi. Quand elle n'avait pas envie de tout casser, elle avait juste envie de pleurer. Elle avait besoin de parler de tout ça avec quelqu'un, d'exprimer sa frustration, sa déception et sa colère. Elle décrocha son téléphone et appela Tanya. La ligne sonna plusieurs fois puis bascula vers son assistante qui informa Bella que Tanya était en Audit toute la journée. Bella la remercia et soupira. Elle descendit au rez-de-chaussée, s'acheta un Schweppes Agrumes et sortit dans le petit parc qui entourait leurs bureaux. Elle s'assit à l'une des tables de pique-nique, ouvrit sa canette et sortit son téléphone de la poche de sa veste. Elle avait besoin de parler de tout ça avec quelqu'un qui pourrait la comprendre… Elle ne voulait pourtant pas déranger Angela ou Rosalie en pleine journée. En désespoir de cause, elle appela Alec. Elle n'avait jamais appelé Alec dans ce genre de situation. En même temps, avait-elle déjà été dans ce genre de situation ? Lorsqu'elle avait besoin d'exprimer des sentiments forts, que ce soit de la colère, de la tristesse ou de la joie, elle appelait plutôt Rosalie ou Angela… En même temps, c'était aussi à ça que servait un petit ami non ? A vous soutenir dans les situations critiques ? Cependant, elle n'eut pas à se torturer l'esprit trop longtemps à se demander si elle n'était pas un peu trop envahissante et si elle ne franchissait pas une frontière invisible dans leur relation car il ne répondit pas. Il était probablement de garde. Le visage d'Alice passa furtivement dans son esprit et elle regretta de ne pas avoir son numéro de téléphone. Non qu'elle l'aurait appelée de toute manière, mais quand même. Dépitée, elle rangea son téléphone, se prit la tête entre les mains, et se mit à pleurer.

Elle avait probablement touchée le fond… Auparavant, elle était débordée de boulot et c'était une situation difficile à gérer. Cependant, dès qu'elle avait un dossier intéressant en main, elle oubliait les autres problèmes le temps de le traiter. A présent, elle n'aurait même plus cette échappatoire. Elle s'imaginait difficilement pouvoir trouver une quelconque satisfaction intellectuelle en traitant un dossier de réfection du revêtement bitumineux de l'autoroute A86…

Le visage d'Alice flotta à nouveau dans son esprit et elle se reprocha intérieurement de ne pas pouvoir s'empêcher de penser à la batteuse en toute circonstance, que celle-ci soit appropriée ou non. Celle-ci ne l'avait pas rappelée et elle ne savait pas quoi en penser. Elle essayait de se rassurer en se disant que c'était absolument normal : après tout, cela n'avait été qu'un coup d'un soir. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'elle avait été un peu plus que juste une nuit de sexe pour Alice. Parce qu'elle avait beau se convaincre que c'était son cas, il n'en était pas moins que ses pensées revenaient souvent sur Alice, et pas seulement parce qu'elle avait passé une nuit extraordinaire. Elle repensait à tous ces concerts auxquels elle avait assisté et où elle avait intensément observé la batteuse, se faisant la réflexion qu'elle était belle et qu'elle dégageait… quelque-chose… quelque-chose qui lui parlait. Elle repensait à ce qu'elle se souvenait de leur échange, au son de sa voix, aigue mais pas désagréable, à son sourire et à son odeur. Elle repensait à toutes ces choses qui lui donnaient envie de la revoir et d'apprendre à la connaître. Et son cœur se serrait parce qu'Alice ne l'avait rappelée. Elle soupira et regarda sa montre. Il était 15h. Cela faisait une heure qu'elle était là à ne rien faire et elle décida qu'elle n'en ferait pas plus. Après tout, merde.

Elle remonta sur le plateau, ferma son ordinateur, mit sa veste et ferma son bureau. Les ingénieurs qui étaient là échangèrent des regards étonnés lorsqu'elle demanda à son assistante d'annuler sa réunion et qu'elle leur souhaita une bonne fin de journée.

Il était 16h30 lorsqu'elle arriva à la coloc. Elle alla déposer ses affaires dans sa chambre et se changea, enfilant un jean's et un tee-shirt afin d'être plus à l'aise puis regarda à nouveau sa montre. Elle ne rentrait jamais avant 19h30 et ne savait pas quoi faire avec autant de temps libre devant elle. Elle se sentit stupide et rigola doucement : elle avait tellement l'habitude de travailler comme une dingue qu'elle avait oublié comment on pouvait s'occuper quand on rentrait tôt du travail. C'était un comble… Elle décida d'aller se faire un café, après tout, il était 16h30, c'était l'heure du goûter ! En sirotant son café, elle dressa la liste de toutes les choses qu'elle n'avait habituellement pas le temps de faire : le ménage ? Elle n'allait tout de même pas se mettre à passer l'aspirateur pour une fois qu'elle finissait plus tôt ! Du shopping ? Elle détestait le shopping, c'était donc hors de question, même si un peu de renouvellement n'aurait pas fait de mal à sa garde-robe. De la guitare ? Elle avait toujours eu envie de se mettre réellement à la guitare mais n'en avait jamais eu le temps. Ce n'était de toute façon pas en un après-midi qu'elle allait se transformer en Jimmy Hendrix ! Lire ? Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas lu et cela lui manquait énormément. Elle fit le tour des livres qu'elle avait en réserve sur les étagères dans sa chambre, mais rien ne la tentait. Elle soupira et regarda à nouveau sa montre. 17h00. Elle avait encore environ une heure et demie devant elle avant l'arrivée de Angela. Elle rigola de nouveau en constatant que les magasins étaient encore ouverts et qu'elle avait tout le temps d'aller faire un tour à la FNAC. Elle enfila ses chaussures et sa veste et sortit.

Elle flâna dans les rayons avec joie. Cela faisait une éternité qu'elle n'était pas venue alors qu'elle adorait ce magasin. Elle en ressortait toujours avec quelque chose, que ce soit un CD, un livre, une BD ou un DVD, quand ce n'était pas avec un écran plat ou un nouvel ordinateur… Elle s'acheta toutes les nouveautés qu'elle avait ratées : le dernier Strokes, le dernier Red Hot, le dernier David Guetta, pour mettre un peu d'ambiance à la coloc, et fouina un peu pour trouver l'album des Ting Tings qu'elle voulait acheter depuis longtemps. Elle fit également une descente au rayon livre et s'acheta tout ce qui lui passait par la tête : science fiction, fantaisy, essais, littérature française, … Elle fit main basse sur la trilogie Millenium dont tout le monde lui avait parlé, et acheta le dernier Harry Potter qu'elle n'avait pas encore lu, au grand dam d'Angela qui ne pouvait pas discuter de la fin lorsqu'elle était dans la pièce.

Elle en eut en tout et pour tout pour 350 € après s'être également arrêtée au rayon des DVD pour acheter la dernière saison de Big Bang Theory, qu'elle pourrait regarder avec Angela et Rosalie et fut surprise lorsque la caissière lui affirma que sa carte FNAC était périmée et qu'elle devait aller la refaire. Elle n'avait probablement pas lu son courrier…

Satisfaite de toutes ses acquisitions, elle rentra à la coloc et s'écroula sur son lit. Elle alluma son PC pour lire ses mails et traîner un peu sur Facebook. Angela et Rosalie lui reprochaient sans arrêt de ne pas être active sur Facebook, alors qu'elle avait un Iphone et qu'elle pouvait se connecter quand elle le voulait. Son cerveau ne fut pas long à se demander si Alice avait un compte Facebook… Cependant, elle ne connaissait pas son nom de famille et ne pourrait donc pas la trouver. Elle traina un peu sur Google, se baladant sur le myspace des Peppermint mais ne trouva pas l'information qu'elle recherchait. Après quelques instants à réfléchir, elle tapa, se rassurant en se disant que ce n'était que pour son « information personnelle » et que cela ne voulait absolument pas dire qu'elle se posait la question : « suis-je lesbienne ? » sur Google. Elle ne put s'empêcher de rougir à son audace et cliqua sur un lien au hasard. Elle tomba sur un forum dont le nom - Dykeplanet - la fit frémir et parcourut les différents thèmes abordés. Elle fut surprise de constater qu'il y avait carrément un thème « suis-je lesbienne » qui contenait 280 sujets. Elle n'était a priori pas la seule à se poser la question, enfin elle ne se posait pas la question, elle était juste curieuse… Elle parcourut quelques posts dont les titres sonnaient comme des mélodies familières « je suis perdue », « déboussolée », « complètement paumée ». Leurs auteurs se sentaient attirées par des femmes et questionnaient leur sexualité. C'était à la fois rassurant de constater que beaucoup de personnes étaient confrontées à ce questionnement mais absolument terrifiant. Elle ferma son ordinateur et soupira. Elle aurait voulu laisser un message pour poser la question qui la taraudait : « Bonjour, j'ai 26 ans, j'ai un copain, et je l'ai trompé avec une fille. C'était… merveilleux, je n'avais encore jamais ressenti quoique ce soit de si intense et de si… bouleversant. Depuis, je n'arrête pas de penser à cette fille dont je ne connais que le prénom et je commence à me poser des questions par rapport à mon orientation sexuelle. Qu'est-ce que je dois faire ? Au secours, aidez-moi ! ». Mais elle ne trouva pas le courage de s'inscrire et d'affronter les réponses des autres qui lui répondraient sûrement qu'il fallait qu'elle revoie cette fille et qu'elle discute avec elle. Elle avait tenté d'étouffer ce questionnement toute la semaine parce que cela lui faisait peur et qu'elle avait d'autres soucis à gérer en même temps. Mais il allait falloir qu'elle se rende à l'évidence, la nuit qu'elle avait passé avec Alice avait réveillé quelque-chose en elle et elle mourrait d'envie de la revoir. Voilà, elle l'avait dit… Elle voulait revoir Alice. Elle avait besoin de revoir Alice. Désespérément.

Angela rentra vers 18h30 et fut surprise de voir les affaires de Bella dans le salon. Celle-ci ne rentrait jamais avant elle ! Elle frappa à la porte de sa chambre mais n'obtint pas de réponse. Elle poussa alors doucement le bâtant et constata que Bella était enroulée dans sa couette et semblait dormir profondément. Elle referma la porte discrètement et se dirigea vers sa propre chambre en se demandant si sa colocataire n'était pas malade. Cela ne lui ressemblait pas de rentrer si tôt du travail. En même temps, cela ne lui ressemblait pas non plus de coucher avec une parfaite inconnue alors qu'elle avait un copain. Angela n'en revenait toujours pas… Depuis qu'elle la connaissait, Bella avait toujours été si sérieuse, si dévouée à ses études puis à son travail. Elle était certes toujours partante pour sortir ou faire la fête le week-end et était, quand on apprenait à la connaître et que sa timidité naturelle disparaissait, d'un naturel joyeux et drôle et… attachant. Pourtant, ce qu'elle avait fait ce week-end dépassait – et de loin – ce que Angela n'osait même pas imaginer qu'elle puisse faire de plus fou. Elle sourit en y repensant et se réjouit que Bella introduise un peu de folie dans sa vie.

Bella fut réveillée par des cris de cochon qu'on égorge et grogna en se cachant la tête sous l'oreiller. Elle ouvrit péniblement les yeux et regarda sa montre : 19h30. Elle avait bien dû dormir une heure. Elle se leva difficilement et sortit dans le salon pour voir qui était en train de se faire martyriser et fut accueillie par ses deux colocs qui poussaient des cris hystériques. Rosalie lui sauta dessus et hurla :

- Bellaaaaaaaaaaa ! On a des places !

- Whouoh… On se calme ! Des places de quoi ?

Pour toute réponse, Angela se mit à chanter à tue-tête : « I've had the time of my live, I've never felt this way before… ». Rosalie ajouta sa voix – de casserole – à celle d'Angela et elles se mirent à se dandiner toutes les deux en criant : « Dirty Bit ! ». Bella était mal réveillée, ses colocs chantaient mal, mais elle avait tout de même reconnu la piètre imitation de ses deux amies :

- Oh ? Tu as eu des places pour les Black Eyed Peas ?

Rosalie confirma et s'extasia :

- Au staaaaaade de France ! ça va être trop bien ! J'en ai pris pour les mecs aussi, on peut y aller tous les 6 !

Bella sourit et pensa furtivement qu'elle aurait pu y aller avec Alec. En même temps, il serait probablement de garde, comme il l'avait été pour le concert de Placebo où elle avait été obligée d'aller seule. Oui, bon réflexion faite, ce n'était peut-être pas plus mal de ne pas lui avoir pris de place.

Lorsque l'excitation générale fut retombée, Rosalie ouvrit le frigo pour voir si, par hasard, il ne contenait pas encore quelque-chose qui ne soit pas périmé et qu'elle pourrait cuisiner ce soir. Angela en profita pour discuter avec Bella :

- Bella, ça va ? J'ai vu que tu étais rentrée à l'apparte super tôt et que tu dormais… T'es malade ?

A ces mots Rosalie leva la tête et lança un regard interrogateur aux deux filles. Bella se tortilla et répondit :

- Non… je ne suis pas malade… Mais, ce n'est pas la grande forme.

Rosalie referma le frigo en fronçant les sourcils et vint s'assoir en face de Bella :

- Ah bon ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Avant que Bella ne puisse répondre, elle ajouta en rigolant :

- Enfin je veux dire, qu'est-ce qu'il y a de plus ?

Bella sourit et poursuivit :

- J'ai eu une promotion au boulot.

Rosalie et Angela se regardèrent, interdites et Angela répliqua :

- Euuuh… Tu devrais pas plutôt être contente ? On devrait pas être en train d'ouvrir le champagne là ? T'as vu comment tu bosses, c'est la moindre des choses qu'ils te donnent une promotion !

- Si, on devrait… La direction a décidé de me donner un plus grand service, mon périmètre va doubler, je vais avoir plus de responsabilités et ils pensent – enfin j'imagine – me faire plaisir…

Rosalie intervint :

- Ben qu'est-ce qu'il y a, t'as pas eu l'augmentation de salaire qui va avec, c'est ça ?

- Non, c'est juste que le grand service que je récupère, c'est à la place du service Pierre. Finis les Monuments Historiques pour moi…

Angela s'exclama :

- Quoi ? Mais… Je ne comprends pas, c'est pas ton service depuis le début ? ça marche bien en plus, alors pourquoi ils te l'enlèvent ?

- Parce que ça marche bien justement… Il parait que je suis « douée pour la gestion de crise » donc ils me refilent des services qui ne marchent pas pour que je les remette sur les rails.

Rosalie, qui, contrairement à Angela, ne partageait pas la passion de Bella pour les Monuments Historiques, rétorqua :

- C'est plutôt flatteur non ?

- Oui, enfin bon… C'est juste que… C'est pas ce que je veux faire ! A partir de lundi, je suis chef du service Béton et du service Ingénierie Routière…

Angela la regarda, incrédule… Avant de s'esclaffer :

- Ingénierie routière ? C'est une blague ? Non mais sérieux, ils ont regardé ton CV ? Il n'y a pas Monuments Historiques à toutes les lignes de ta formation et de ton expérience professionnelle ?

- Ben… si.

Rosalie, pragmatique, essaya de faire voir le bon côté des choses à Bella :

- Mais tu ne crois pas que ça peut être intéressant quand même ? Je veux dire, s'ils te donnent ça, c'est qu'ils pensent que tu vas bien t'en tirer ?

- Je sais bien, mais bon… C'est juste que… Ce qui me passionne, ce n'est pas ça… Je ne peux pas faire un truc qui ne me passionne pas, si ? Ou alors, quitte à faire quelque chose qui ne me passionne pas, autant le faire plus près de chez nous, et pas dans le trou du cul de l'Ile-de-France, et mieux payée…

- Oui, alors pour le coup, c'est clair…

Angela regarda attentivement Bella et lui demanda :

- Mais alors, qu'est-ce que tu vas faire ?

- Ben… je me demande si je ne vais pas démissionner.