Merci à Alexise-me d'avoir repéré les coquilles dans le chapitre précédent ! C'est réparé ! Mauvais timing entre Alice et Bella, ça se complique.

Bonne lecture !

Chapitre 9

Le bonheur n'existe pas, il n'est que le reflet de l'utopie des gens malheureux.

Bella haussa les sourcils en pénétrant dans la coloc. L'odeur de gâteau qui lui avait chatouillé les narines dans les escaliers semblait provenir de chez elles. Curieuse, elle referma la porte et s'avança dans le salon pour y trouver Angela en train de s'affairer aux fourneaux. Une vision tout droit venue de l'espace. Médusée, Bella s'arrêta net.

- Ange ! Mais qu'est-ce que tu fais ?

Cette dernière la dévisagea comme si elle était la dernière des idiotes et répondit comme si c'était une évidence :

- Je cuisine, duuuuh !

- Mais… Mais tu sais cuisiner alors ?

La réplique de Bella lui valut un regard meurtrier et elle ne put s'empêcher de sourire. Elle ajouta, pensive :

- J'ai toujours pensé que tu ne savais pas faire autre chose que des tartines de chavroux ! Incroyable…

Angela lui lança un regard innocent avant de répliquer :

- Je vous ai sciemment laissées dans l'ignorance de mes talents culinaires… Au cas où vous décideriez d'en abuser !

Tout en se mettant à l'aise, Bella répondit :

- Et tu nous as laissées nous nourrir exclusivement de pâtes et de produits périmés pendant tout ce temps… Tu es vraiment inhumaine.

Je te fais remarquer que j'ai suivi le même régime que vous. Et d'ailleurs, tu sais très bien cuisiner, tu n'as donc qu'à t'en prendre à toi-même !

- Mmmmh, il faut croire que moi non plus, je n'ai pas envie d'être la cuisinière de la coloc… Mais dis-moi… Qu'y a-t-il de si important que tu nous dévoiles ton secret ? Tu t'es inscrite à Master Chef ?

Angela lui fit une sorte de grimace et soupira :

- Il se peut que j'aie quelque chose à vous annoncer…

Elle avait l'air très sérieux, et Bella s'en inquiéta immédiatement :

- C'est grave ? Tu en fais une tête…

Le cerveau de Bella s'était instantanément mis à tourner à 100 à l'heure et elle ne laissa pas à Angela le temps de répondre :

- Tu quittes la coloc ? Tu… tu épouses Emmett ? Tu as une sœur jumelle et tu avais oublié de nous le dire ? Tu ne peux pas venir au concert des Black Eyed Peas ?

Angela soupira à nouveau et alla s'affaler dans un fauteuil, jetant un torchon sur la table basse. Elle esquissa un sourire et déclara :

- Non, ce n'est pas grave. C'est… compliqué.

Bella fronça les sourcils :

- Si c'est pas grave, pourquoi tu nous as préparé à manger ?

Angela s'agita sur son fauteuil et répondit :

- J'ai un peu peur de la réaction de Rosalie… C'est pour lui faire passer la pilule.

Incrédule, Bella s'étonna :

- Tu as peur de la réaction de Rosalie ? Et pas de la mienne ? Je sais bien que Rosalie a légèrement tendance, et c'est un euphémisme, à tout dramatiser, mais j'avoue que je suis un peu paumée…

- Si tu n'as rien de prévu, je veux bien t'expliquer avant qu'elle rentre…

- Ok, je t'écoute.

Angela se racla la gorge et se dirigea vers la cuisine pour revenir avec une assiette chargée de cookies :

- Un cookie ?

- Ça ressemble à un pot-de-vin, mais avec plaisir.

Elle grignota son cookie et attendit patiemment qu'Angela se lance dans son récit. Celle-ci s'installa à nouveau dans un fauteuil et examinait ses ongles avec une attention soutenue. Finalement, elle soupira et se décida :

- Tu te souviens de la soirée où on a emmené Emmett voir ce truc bizarre…

Bella sourit :

- Tu veux parler du Rocky Horror Picture Show ?

Angela hocha la tête pour confirmer et poursuivit :

- Après on est allés en boîte…

Bella se passa la main dans les cheveux. Elle se souvenait parfaitement de cette soirée. Elle avait emmené Alice au Panthéon. Cette pensée lui serra le cœur et elle se sentit tout d'un coup vaguement nauséeuse. Comme Angela la regardait anxieusement, elle s'empressa de chasser ces sensations et répondit :

- Oui, je me souviens que Rosalie et Emmett faisaient pratiquement l'amour sur la piste pendant que Ben se roulait dans le caniveau et qu'Edward téléphonait à tous ses amis. Pourquoi ?

- Eh bien… dans cette boîte, j'ai… disons que je suis tombé sur quelqu'un que je connaissais…

- Ah bon ? Qui ça ?

- Un collègue de Ben que j'avais rencontré à Las Vegas.

Bella sourit :

- Quand Ben t'avait fait passée pour sa copine pour que tu puisses profiter du voyage organisé par sa boîte et qu'il ait l'air un peu moins d'un looser célibataire ?

Angela sourit et opina du chef.

- Exactement.

- Et alors ?

- Eh bien, on a dansé ensemble, et…

Le souvenir revint brusquement en mémoire de Bella :

- C'était le type blond avec la couronne de fleur autour du cou ?

Angela la regarda surprise avant de répondre :

- Oui… Je ne pensais pas que tu nous avais vus…

- Si… avant de partir, je voulais vous prévenir… mais toi comme Rosalie, vous aviez l'air… occupées…

Angela sourit, contrite.

- Tu ne fais pas si bien dire… Il participait à un enterrement de vie de garçon. Un de ses potes. On a dansé un peu, il m'a payé des shots, on a bu… et puis finalement, on est allée dans une autre soirée, ne me demande pas où, franchement, j'en ai aucune idée et finalement, j'ai dormi chez lui.

Bella la regardait, mi-amusée, mi-curieuse :

- Et alors, est-ce que ça valait le coup ?

Angela rougit et répondit :

- On n'a pas couché ensemble !

Bella haussa les sourcils, surprise.

- Ah bon… Mais pourquoi ? Il était trop bourré ?

- Oui, probablement, mais la principale raison, c'est qu'il a une copine. Et en plus je la connais ! Elle était là à Las Vegas.

- Mmh, je vois. Mais… je veux dire, s'il n'avait pas eu de copine… Il y aurait eu moyen ?

Angela rougit et répondit doucement :

- Oui.

- Ok… Je vois… Mais, je ne comprends pas… Pourquoi ce déballage de cuisine ? Je ne vois pas en quoi Rosalie va péter un câble ?

Angela regarda ses pieds pendant un moment avant de reprendre :

- On n'a pas couché ensemble cette fois-là.

Tout s'éclairait. Bella dévisagea Angela, perplexe. Cela ne lui ressemblait pas trop. En même temps, qui était-elle pour juger ? Elle avait trompé son copain avec une fille…

- Je vois… Donc, vous vous êtes revus ?

- Oui, on s'est revus plusieurs fois… Pour boire un café, puis pour aller au cinéma, puis pour aller faire un tour de moto… Un peu comme s'il me draguait… C'était… à la fois excitant et déroutant car il me faisait la cour, alors qu'il avait une copine !

Bella la regarda perplexe. Elle était un peu perdue.

- Mais… Je ne comprends pas… Il a une copine, mais il t'a fait la cour, enfin il t'a draguée quoi… ? Mais il savait que tu savais qu'il avait une copine non ?

- Oui… Mais en même temps, j'étais bien avec lui, alors… alors c'était peut-être naïf tu vois, mais j'espérais qu'il allait la larguer… pour moi…

Angela avait les larmes aux yeux et Bella vint s'installer sur l'accoudoir de son fauteuil pour la consoler. Elle ne savait plus trop quoi penser.

- Je ne voudrais pas paraître stupide, mais… Il est pas un peu con ce type ? Il te drague alors qu'il a une copine ?

Angela se prit la tête entre les mains et gémit plus qu'elle ne dit :

- Je sais… C'est ce que je n'ai pas arrêté de me dire… Mais ça ne m'a pas empêchée de continuer à le voir et d'apprécier chaque instant qu'on passait ensemble ! Je suis trop conne…

- Mais non Ange, ce n'est pas toi qui es conne, c'est lui qui est débile !

- Il m'a même acheté un casque de moto pour nos balades… Rose…

- Rose ? J'hallucine…. Et depuis tout ce temps… Si je comprends bien il trompe sa copine… avec toi…

- C'est ça. Je suis une grosse salope !

- Mais non Angela ! Ce n'est pas toi la salope dans l'histoire…

- Mais si, je suis tout à fait au courant qu'il a une copine. Je ne devrais pas coucher avec lui… Mais je ne peux pas m'en empêcher.

Bella soupira. Elle voyait très bien ce qu'elle voulait dire et son cœur se serra à nouveau. Elle baissa les yeux et lui demanda :

- Est-ce que tu es… amoureuse de lui ?

Angela répondit d'une toute petite voix :

- Oui, je crois…

Ok, on n'était pas dans la merde… Bella comprenait mieux maintenant pourquoi Angela avait un peu peur de la réaction de Rosalie. Celle-ci ne manquerait pas de la sermonner pour s'être laissée berner aussi facilement par un mec.

- Tu sais quoi, Angela… Je crois que je vais aller nous ouvrir des bières et on va noyer notre chagrin dans l'alcool ce soir…

Angela émit un petit rire avant de relever brusquement la tête :

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Pourquoi tu aurais besoin de noyer ton chagrin dans l'alcool, toi ?

Bella soupira et s'affala dans le canapé avec sa bière :

- Tu me promets de garder ça pour toi-même si Rosalie te torture pour savoir ?

Angela frissonna en pensant aux menaces que Rosalie était capable de proférer mais hocha tout de même la tête en guise de confirmation.

- J'ai dit à Alice… ce que je ressens pour elle.

Angela haussa les sourcils, surprise. Elle savait que Bella en pinçait sévèrement pour Alice, mais elle aurait parié que ce serait la petite brune qui ferait le premier pas, et non Bella.

- Et… Qu'est-ce qu'elle t'a répondu ?

- Rien… Elle est partie.

Angela la dévisagea, perplexe.

- Elle est partie ? Sans rien dire ?

- Oui.

- Mais… Qu'est-ce que tu lui as dit ?

Bella rougit et avala une gorgée de bière avant de répondre :

- Ben… Il se pourrait que j'aie malencontreusement prononcé « je t'aime » à un moment inopportun.

Angela la dévisagea mi-admirative, mi-navrée :

- Promis, je ne dirais rien à Rosalie. Passe-moi une bière, on va boire à nos déboires. Mais avant, est-ce que tu pourrais m'en dire plus quant au « moment inopportun » ?

Elle avait l'œil malicieux et Bella lui balança un coussin avant de répondre :

- Non, Angela, nous n'avons pas recouché ensemble. C'est peut-être ça le pire… Je lui ai dit que je l'aimais alors qu'on n'est même pas ensemble. Je suis incapable de l'embrasser, et je lâche sans crier gare que je suis amoureuse d'elle. J'ai juste… pas pu m'en empêcher.

Angela ricana et lâcha :

- Sounds familiar… Et tu l'es… ? Je veux dire, amoureuse d'elle ?

Bella rougit et se reposa la question pour la millième fois. Était-elle amoureuse d'Alice ? Tout semblait l'indiquer. Et si tout ce qu'elle ressentait pour elle n'était pas de l'amour, c'était en tout cas ce qu'elle avait jamais ressenti de plus fort et de plus puissant.

- Oui, je crois…

- Et depuis… Pas de nouvelles ?

- Non…

- Tu sais Bella, ça ne veut rien dire… Peut-être qu'Alice a besoin de temps, peut-être qu'elle a peur… Je ne sais pas. Mais tu ne peux pas t'avouer vaincue avant de lui avoir parlé et de t'être expliquée.

- Peut-être… C'est juste que… Ce n'était pas vraiment la réaction que j'attendais… J'aurais préféré qu'elle m'embrasse passionnément et m'avoue qu'elle aussi m'aime éperdument, enfin, tu vois ce que je veux dire…

Angela se mit à rire :

- Oui, je vois…

Elles sirotèrent leur bière en silence et Bella s'apprêtait à aller faire sa valise pour aller chez son père quand Rosalie rentra.


Bella se retira sur le balcon malgré le regard désespéré qu'Angela lui lança. Elle avait besoin de fumer une cigarette. Elle fronça les sourcils. C'était mauvais signe qu'elle ait envie d'une cigarette sans avoir bu… du moins bu outre mesure. Elle avait besoin de s'éclipser. Rosalie était effectivement en train de sermonner Angela : « on n'a pas regardé suffisamment de comédies romantiques, pour que tu saches différencier les connards des mecs biens ? Qu'est-ce qu'il t'a pris de coucher avec lui alors qu'il a une copine ? Comment tu as pu te laisser avoir comme ça ? ».

Bella se sentait un peu coupable de laisser Angela dans les griffes de Rosalie, mais celle-ci ne tarderait pas à avaler la pilule et à lui demander l'adresse du mec pour aller lui casser la gueule. Elle n'avait pas le courage de parler d'Alice à Rosalie. Pas tout de suite. Rosalie ne manquerait pas de lui faire remarquer qu'elle avait été stupide, et elle n'avait pas vraiment besoin de l'entendre, même si c'était vrai. Lorsqu'elle eut fini sa cigarette, elle réintégra le salon et demanda, coupant court aux vitupérations de Rosalie :

- Au fait, il s'appelle comment ton amoureux ?

Rosalie ne laissa pas le temps à Angela de répondre et s'écria :

- Parce qu'en plus de ça tu es amoureuse de lui ? Mais ça va pas la tête ? Tu ne vois pas que c'est un connard et que – même si d'aventure il larguait sa copine pour toi, ce qu'il est à mon avis bien trop lâche pour faire – qu'est-ce qui l'empêchera de faire la même chose quand il sera avec toi ?

Angela soupira et répondit d'une toute petite voix :

- L'amour qu'il aura pour moi et qu'il n'a pas pour sa copine aujourd'hui ?

Bella elle-même avait du mal à s'en convaincre, mais elle se garda de détromper Angela. Ce n'était pas le moment.

- Tu es vraiment naïve ma pauvre… Bon et quand est-ce que tu nous le présentes pour qu'on le castre ?

Bella ne put s'empêcher de ricaner. Elle connaissait tellement bien Rosalie que cela en devenait effrayant… Angela l'ignora superbement et se tourna vers Bella :

- Il s'appelle Mike.

Rosalie répliqua :

- Mike ? C'est nul comme nom. Et il est beau au moins ?

Ce fut au tour d'Angela de s'énerver :

- Mais non, en plus il est même pas beau ! Il ne correspond en rien à mon idéal. Il est blond avec une tête d'adolescent pré-pubère…

- Oh, ça va, il est pas si moche… Il est un peu quelconque plutôt non ?

Rosalie s'écria :

- Parce que tu l'as vu toi en plus ? Quand ça ? Et tu ne m'a rien dit ? Salope.

Bella répliqua :

- Je l'ai vu, mais je ne savais pas qui c'était. Et si tu avais été moins occupée à enfoncer ta langue dans la gorge d'Emmett, tu l'aurais vu aussi. C'était en boîte après le Rocky Horror Picture Show.

Rosalie ne répondit rien mais se leva pour débarrasser. Tout en se dirigeant vers le bar elle lança d'un air innocent :

- Et tu pars quand chez ton père ?

Bella lui lança un regard qui voulait dire « tu me le paieras » alors qu'Angela s'écriait :

- Quoi ? Bella, tu vas chez ton père ? Mais tu ne vas pas me laisser toute seule avec cette hystérique ?

La tête dans le frigo, Rosalie déclara :

- L'hystérique t'emmerde !

Bella se balança d'un pied sur l'autre pendant un moment puis s'expliqua :

- Oui, je vais passer quelques jours chez mon père… pour me changer les idées, et parce que ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu.

Angela lui fit signe qu'elle avait compris et Rosalie réapparut avec une bière à la main :

- Tu passeras bien le bonjour à Charlie et tu ne manqueras pas de lui dire qu'il est toujours le père le plus sexy que je connaisse. N'hésite pas à lui rappeler que lui et moi on est en illimité, qu'il n'hésite pas à m'appeler !

Angela se mit à rire et fut bientôt rattrapée par Bella qui s'imaginait Charlie rougissant comme une tomate sous les assauts de Rosalie. Elle avait trois numéros illimités avec son forfait de téléphone : Rosalie, Angela et Charlie. Rosalie s'était émerveillée quand Bella lui avait expliqué qu'elle pouvait l'appeler non seulement elle en illimité, mais aussi Charlie et Angela. Merci Orange.

- Et tu pars quand alors ?

- Tout à l'heure.

Angela eut l'air triste mais ne pipa mot. Elle comprenait que Bella ait envie de changer un peu d'air.

- Mais avant de partir, Rose, je crois que tu as des choses à nous dire…

Rosalie haussa les sourcils et la dévisagea, méfiante :

- Ça sent le piège à plein nez…

- Mais pas du tout. Je voulais juste que tu nous expliques ce que tu comptais faire avec un harnais et des cordes avec Emmett… Je suis curieuse voilà tout.

Rosalie lui lança un regard meurtrier et un coussin en pleine figure et Bella éclata de rire pendant qu'Angela s'écriait :

- Quoi ? Mais c'est quoi cette histoire encore ? Depuis quand tu es sado-maso Rosalie ? Enfin, non que ça me surprenne vraiment en fait, et j'imagine déjà la tête de Ben et Edward quand je vais leur raconter ça !

Elle fut interrompue par Rosalie :

- Je ne suis pas SM, et d'ailleurs, je peux savoir pourquoi ça ne te surprendrait pas ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Et je t'interdis de répandre des rumeurs sur mon compte. Ce qui se passe à la coloc reste à la coloc !

Bella n'en pouvait plus de rire et était sur le point de s'étrangler.

- Et toi, la fouteuse de merde, arrête de rire comme une baleine.

Bella parvint tant bien que mal à reprendre son souffle, mais ne lâcha pas le morceau pour autant :

- Oh allez Rose, tu peux bien nous expliquer. De toute façon, si tu nous expliques pas, on va imaginer, et c'est encore pire !

Rosalie soupira et parut se résigner :

- Ok, de toute façon, c'est plus pour Emmett que c'est la honte que pour moi ! On voulait faire une sorte de jeu de rôle. Moi en wonderwoman, lui ligoté au lit… Je vous passe les détails.

- Non, non, ne passe pas les détails, ça nous intéresse...

C'était au tour d'Angela de s'étrangler de rire. Ils étaient vraiment trop comiques ces deux-là.

- Et tu serais prête à accepter de faire ça ?

- Ben oui, pourquoi pas ? C'est pas non plus extraordinaire…

- Et après ça tu oses nous affirmer que tu n'es pas amoureuse d'Emmett ?

Rosalie se rembrunit :

- Cela n'a strictement rien à voir. C'est du sexe, un point c'est tout. Cela ne nécessite aucune affection particulière et je pourrais le faire avec n'importe qui.

Bella soupira, amusée :

- Mieux vaut entendre ça que d'être sourd. Je suis sûre que Ben sera très heureux de se faire violer par Wonder Woman.

Rosalie s'énerva :

- Je ne parlais pas de Ben.

- Oui, oui, on avait compris, répondit Angela en échangeant un regard amusé avec Bella.


Jasper reposa bruyamment son verre et lança à l'intention d'Alice :

- Bon ma chérie, tu as appelé Bella ?

Avant qu'Alice n'ait pu répondre quoique ce soit, Leah demanda :

- C'est qui Bella ?

Alice lança un regard meurtrier à Jasper qui gloussa et Jake répondit :

- Mais tu sais bien, c'est la fille dont Alice est amoureuse.

Alice manqua de s'étrangler avec sa bière, balança une capsule sur Jacob qui l'évita facilement et s'écria, outrée :

- Je ne suis pas amoureuse !

Jake la dévisagea, surpris et rétorqua :

- Tu n'es pas amoureuse ? Ben franchement tu devrais, elle est quand même super canon et drôlement sympa. Personnellement, je ne la laisserais pas dormir dans ma baignoire !

Ce qui lui valut un taquet de la part de Leah qui s'écria :

- Je suis là tu sais, je t'entends !

Jake la regarda, ennuyé et répondit, d'un ton légèrement acerbe :

- Excuse-moi, j'ai fini par m'habituer.

Leah le foudroya du regard et s'apprêtait à rétorquer lorsqu'elle fut interrompue par Alice :

- Comment tu sais qu'elle est super cool toi ?

Jake ne détourna pas son regard de sa confrontation silencieuse avec Leah et répondit sans desserrer les dents :

- Je lui donne des cours de guitare.

- Quoi ? D'où ? Depuis quand ?

Jacob détourna finalement son regard de Léah pour échanger un regard perplexe avec un Jasper amusé et répondit :

- Ben… Elle m'en avait parlé à la soirée chez Jazz et euh… Jazz lui a donné mon numéro dimanche et voilà… Je lui ai donné sa première leçon hier.

Alice n'écoutait déjà plus l'explication de Jake et menaça Jasper du regard :

- Tu as appelé Bella dimanche ? Qu'est-ce que tu lui as dit ?

Jasper leva les mains en l'air en signe d'innocence et répondit :

- Je n'ai rien fait ! C'est elle qui m'a appelé pour avoir le numéro de Jake. Et je ne lui ai rien dit !

Leah intervint :

- A propos de quoi ? Guys, je comprends rien de ce que vous dites ! C'est quoi cette histoire ?

Jake marmonna entre ses dents « t'avais qu'à être là » mais personne – pas même Leah – n'y prêta attention et Alice gémit :

- Mais pourquoi elle ne m'a pas appelée moi ?

Jasper la regarda, perplexe et lança :

- Tu veux vraiment que je t'explique pourquoi elle ne t'a pas appelée ? Sérieusement ?

Alice prit un air contrit et se mordilla la lèvre. Elle était vexée et elle en voulait à Jasper d'avoir discuté avec Bella au téléphone, à Jake d'avoir eu le privilège de lui donner un cours de guitare et à Bella de ne pas l'avoir appelée… C'était complètement irrationnel, elle le savait, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Contrariée, elle termina sa bière d'une traite, et alluma une cigarette.


- Il va falloir que tu m'expliques, parce que sincèrement, je ne comprends pas… Pourquoi tu ne veux pas emménager avec lui déjà ?

Alice haussa les sourcils et alluma une nouvelle cigarette en attendant la réponse de Léah. Celle-ci continua de marcher vers la bouche de métro sans l'attendre et soupira :

- Je t'ai déjà expliqué que c'était compliqué !

Alice rigola, ce qui lui valut un regard noir de la part de Léah et répliqua :

- Je suis désolée mais je ne comprends pas bien en quoi c'est compliqué ? Tu es amoureuse de lui non ?

Léah toussa et répondit :

- Alors là, c'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Si j'ai bien compris ce que vous avez raconté ce soir, il semblerait que tu sois mal placée pour me donner des leçons sur l'amour… ?

Léah s'arrêta net et se détourna vers Alice qui la suivait d'une démarche nonchalante en tirant de longues bouffées sur sa cigarette.

- D'ailleurs, tu me dois une explication. Viens, on va prendre un dernier verre.

Alice soupira et répondit :

- Je travaille moi, et on est que mercredi, je suis déjà éméchée plus que de raison et…

Léah ne la laissa pas terminer et l'entraina avec elle en marmonnant :

- Je m'en tape, tu viens, je te ferai un mot d'excuse.

- Oui maman !

Alice ricana et la suivit non sans traîner des pieds.

Une fois qu'elles furent attablées derrière leur pression, Alice attaqua :

- Bon alors, pourquoi c'est compliqué ?

Léah commençait à s'énerver. Ce n'était pas la première fois qu'elle avait cette discussion avec Alice, et à chaque fois, elle faisait semblant de ne pas comprendre… Elle avait beau adorer la petite brune, ce soir, elle lui tapait sur les nerfs.

- C'est compliqué parce que je suis à Paris un mois sur deux.

- Oui, ça on avait compris, mais je ne vois pas en quoi ça t'empêche d'emménager avec Jake ?

- Je ne veux pas emménager chez lui et avoir le sentiment de ne pas être chez moi quand je rentre de plateforme.

- Mais… mais pourquoi vous ne prenez pas un nouvel appartement pour tous les deux ? Pourquoi vous n'achetez pas, tiens ?

Léah soupira et ne répondit pas. Elle sirota sa bière en regardant dans le vague avant de lancer :

- Bon alors, tu vas m'expliquer ce qui se passe avec cette Bella ?

Ce fut le tour d'Alice de soupirer. Elle n'était pas suffisamment naïve pour espérer que Léah ne la questionnerait pas à ce sujet.

- Je n'ai pas envie d'en parler.

- Pourquoi ? Tu ne me fais pas confiance ?

Alice émit un petit rire désabusé. Léah avait été témoin de ses frasques pendant leurs trois années de collocation. Après Jasper, c'était probablement la personne qui la connaissait le mieux. Elle répondit malicieusement :

- A toi ? Tu rigoles ?

Léah prit un air vexé mais poursuivit son interrogatoire :

- Je l'ai déjà vue ?

- Peut-être.

- Comment ça peut-être ?

- Ben… la première fois qu'on s'est parlé, c'était à notre dernier concert.

Léah prit un air pensif et répondit :

- Mmh, je ne pense pas que j'étais en état de m'en souvenir.

Alice sourit avant d'ajouter :

- C'est probable… T'étais tellement à la rue !

Ce qui lui valut un regard meurtrier de Léah. Celle-ci avait la fâcheuse tendance de boire avant tous leurs concerts pour combattre son stress.

- Ok, ok, mais ne nous éloignons pas du sujet qui nous intéresse, il se passe quoi entre vous deux ?

Alice soupira puis répondit avec un regard moqueur :

- C'est compliqué…


Elle était obligée de se tenir à la rampe, et on n'était que mercredi soir. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait là, mais elle ne s'arrêta pas pour autant. Une fois arrivée devant la porte de la coloc, elle s'arrêta pour reprendre son souffle puis frappa. N'obtenant pas de réponse, elle s'apprêtait à réitérer lorsque la porte s'ouvrit brusquement. Elle se trouva nez à nez avec Rosalie dont les traits se contractèrent en la reconnaissant. Elle frissonna et comprit pourquoi Rosalie faisait aussi peur à Jasper.

Malgré sa contrariété, Rosalie s'effaça pour laisser entrer Alice, qui était passablement éméchée. La petite brune ne se fit pas prier et pénétra d'un pas mal assuré dans le salon. Négligeant les convenances d'usage, Rosalie lui lança, les mains sur les hanches :

- On peut savoir pourquoi tu défonces notre porte d'entrée, un mercredi soir à minuit ?

Alice, légèrement déstabilisée par son ton agressif regarda sa montre, ne parvint pas à distinguer laquelle des deux aiguilles était la plus petite avant de remarquer qu'elles étaient au même endroit et que donc cela n'avait guère d'importance et fut interrompue dans sa réflexion par un raclement de gorge agacé. Elle releva brusquement la tête, tentant de reprendre ses esprits.

- Je… Je viens voir Bella.

Rosalie soupira et se passa la main sur les yeux.

- Tu aurais pu l'appeler avant de venir, ça t'aurait évité le trajet et moi le dérangement. Bella n'est pas là.

La déception qui envahit Alice fut tellement intense qu'elle en aurait pleuré. Sous le regard inquisiteur de Rosalie, elle s'en abstint pourtant mais dû s'assoir pour reprendre ses esprits. Son monde venait de s'écrouler. Il lui avait fallu toute la force de persuasion de Jasper puis de Léah pour se décider à venir voir Bella – et surtout, beaucoup d'alcool. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque-chose, ne trouva rien à dire et la referma.

Rosalie l'observait d'un air à la fois contrarié mais curieux et cela la mettait mal à l'aise. L'éventualité que Bella puisse ne pas être chez elle ne l'avait pas effleurée une seule seconde et elle ne savait pas quoi faire. Rosalie commençait à s'impatienter et se dirigea vers la cuisine pour servir un verre d'eau à Alice.

Elle lui tendit le verre et Alice la remercia silencieusement avant de boire une gorgée. Elle finit par demander :

- Est-ce que je peux savoir où elle est ? Il faut que je lui parle.

- Elle est chez son père. Je ne sais pas quand elle va revenir. Tu n'as qu'à l'appeler.

Alice fit une grimace. Ce qu'elle avait à dire à Bella – quand elle aurait décidé ce qu'elle avait à lui dire – ne pouvait pas se dire au téléphone. Il fallait qu'elle lui parle face to face.

- Je ne peux pas… Je dois la voir… Il faut que je lui dise…

Elle s'arrêta au milieu de sa phrase, ne sachant pas comment la terminer. Rosalie se leva de l'accoudoir sur lequel elle s'était assise, pour faire comprendre à Alice qu'elle n'avait plus rien à faire ici et lui demanda en guise d'au revoir :

- Je peux lui laisser un message ?

Alice soupira en secouant la tête et s'apprêtait à répondre quand Angela fit une entrée tonitruante dans le salon :

- C'est quoi ce bordel ?

En reconnaissant Alice, Angela s'arrêta, contrite et s'excusa :

- Salut Alice, désolée, je pensais que c'était encore Emmett qui venait foutre sa merde.

Ce qui lui valut une réplique outrée de Rosalie :

- Et je peux savoir pourquoi tu hurles sur Emmett et pas sur Alice ? Tu n'as pas vu à quel point Bella est déprimée en ce moment ? Elle est partie chez son père ! A part Alice, je ne vois pas qui peut en être responsable !

- Euh, eh bien… Disons que… Oh, et puis merde, je ne vois pas pourquoi je devrais me justifier après tout.

Alice les regardait avec un air éberlué. Rosalie grommela « whatever », tourna les talons et rentra dans sa chambre en claquant la porte derrière elle.

Angela soupira, s'affala sur le canapé et passa son bras autour des épaules d'Alice, qui semblait sur le point de s'effondrer, tanguant alors même qu'elle était assise :

- Je suis désolée pour Rosalie, mmh Alice, tu es sûre que ça va ?

Face à la gentillesse d'Angela qu'elle ne méritait pas, Alice ne put retenir plus longtemps ses larmes et se mit à sangloter :

- Je suis un monstre…

Et se laissa aller dans les bras d'Angela.