Bonjour à toutes et à tous ^^
mimibou: ravie que l'intrigue avec les parents de Remus te plait :) En effet, difficile de voir en l'homme qui se trouve devant soi le mari actuel de leur enfant et l'ennemi quand ils étaient ados XD Patience, patience, l'affaire Rusard se termine dans ce chapitre ^^
Bonne lecture ;)
Chapitre 43 : Lendemain difficile
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19 avril, quelques heures plus tôt
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Severus discutait joyeusement avec ses beaux-parents, son mari, Sirius, Amélia et Narcissa quand ils entendirent un bruit de transplanage. Severus tourna la tête comme tous les convives et reconnut Minerva. Il sentit une appréhension le gagner. Si Minerva s'était déplacée en personne, ce n'était sûrement pas pour féliciter Sirius et Amélia, c'était qu'il s'était passé quelque chose à Poudlard.
_ Que fait McGonagall ici ? demanda Sirius en reconnaissant son invitée surprise.
_ Je le sens mal, dit Severus. Je reviens.
_ Je viens avec toi, décida Remus en le suivant.
Les trois hommes se dirigèrent vers la plage.
_ Professeur, pour une surprise, c'en est une. Qu'est-ce que me vaut votre visite ici ? demanda Sirius.
_ Bonsoir, Sirius. Je suis désolée de vous déranger mais je dois parler avec Severus, annonça Minerva.
_ Que s'est-il passé ? s'enquit Severus. Cela ne pouvait pas attendre la rentrée ?
_ J'en ai bien peur que non. Il serait préférable que vous rentriez aussi, Remus. Tous les Directeurs de Maison sont sur le qui-vive.
_ Mais pourquoi ? Que s'est-il passé ? répéta Severus, inquiet.
_ Argus Rusard a perdu la raison, déclara Minerva.
Severus et Remus se regardèrent, choqués. Si les quelques incidents survenus les semaines passées avaient inquiété Severus sans pouvoir faire grand-chose de concret, il sut que Minerva et lui allaient devoir prendre une décision.
_ Nous rentrons immédiatement. Nous serons à Poudlard dans quinze minutes, le temps de retourner à la maison et de faire les valises, déclara Severus.
_ Sirius, peux-tu garder Matthéo cette nuit ? Je viendrais le récupérer demain, proposa Remus.
_ Bien sûr, voyons.
_ Je vais saluer mes parents et je te rejoins à la maison. À tout à l'heure, Minerva.
Severus transplana immédiatement chez lui et appela Nefli.
_ Prépare les valises, fais un petit sac pour Matthéo que tu amèneras à Sirius, il garde Matthéo ce soir et tu amèneras les valises dans nos appartements à Poudlard, nous rentrons immédiatement.
_ Bien maître. Nefli s'occupe de tout.
Au même moment, Remus apparut.
_ Nefli fait les valises, on va immédiatement à Poudlard, déclara Severus en se dirigeant vers la cheminée.
_ Nefli, est-ce toi qui a dit au professeur McGonagall que nous étions chez Sirius ?
_ Oui, maître Remus, répondit Nefli. Le professeur McGonagall a envoyé un Patronus mais n'ayant pas de réponses, le professeur McGonagall a appelé Nefli.
_ Allons-y alors, dit Remus.
Severus fut le premier à utiliser le réseau des cheminées et atterrit dans ses appartements. Il se nettoya et alla dans la chambre où il prit deux capes. N'étant pas prévu qu'ils rentreraient ce soir, Severus et Remus étaient habillés d'un haut à manches courtes et un pantalon en toile ce qui n'étaient pas leur style vestimentaire face aux élèves. Il revint dans le salon au moment où Remus se nettoyait et lui tendit une cape lui appartenant. Ils sortirent et montèrent au quatrième étage, Severus prononça le mot de passe et le couple monta jusqu'au bureau de Minerva.
_ Que s'est-il passé exactement ? demanda Severus. Y a-t-il des blessés ? Comment va Rusard?
_ Mr Rusard a attendu Mr Belby dans un couloir et l'a emmené dans son bureau.
_ Attendez, Mr Belby est bien plus fort que Mr Rusard, comment a-t-il pu se laisser prendre comme ça ? s'interrogea Severus.
_ Mr Rusard s'est enchaîné à Mr Belby. Même si ces chaînes semblent anciennes, elles résistent à la magie, Mr Belby n'a rien pu faire. Cela a alerté des élèves qui ont essayé de prévenir un professeur mais ils ont vite perdu de vue Mr Rusard et Mr Belby, expliqua Minerva. Nous avons cherché dans tout le château dès que les professeurs ont été informés mais personne n'a pu les trouver. C'est finalement un groupe d'élèves qui a entendu des cris dans les anciens cachots qui sont normalement inaccessibles. Les professeurs sont intervenus, ont réussi à éloigner Mr Rusard de Mr Belby et ils ont été emmenés tous les deux à l'infirmerie. Mr Belby semble avoir des blessures peu graves et Mr Rusard est très confus. Poppy lui a donné une potion anti-confusion mais cela n'a pas fonctionné.
_ Ce n'est pas la première fois que Rusard se montre confus. Les potions qu'a Poppy sont peu dosées et sont à la fois efficace contre un philtre ou un sortilège de Confusion et de légers maux neurologiques. Je vais aller préparer une potion anti-confusion plus puissante pour la donner à Rusard mais elle ne sera pas disponible avant deux jours au moins, songea Severus. Avez-vous pu les questionner?
_ Pas encore, je vous attendais.
_ Pourquoi avoir demander à ce que je vienne aussi ? lança Remus.
_ Parce que je pense qu'il doit y avoir eu d'autres incidents et que les élèves n'en ont pas forcément parler, songea Minerva. Je voudrais que vous interrogiez vos élèves le week-end prochain, quand tous les élèves rentreront à Poudlard.
_ Je le ferai, dit Remus. Y a-t-il eu des ennuis avec certains élèves pendant mon absence ?
_ Quelques-uns, voici les feuillets qui m'ont été rapportés, répondit Minerva en donnant une dizaine de feuillets.
_ Merci, je vais voir ça. Bonne soirée, Minerva, annonça Remus.
Il salua Minerva, embrassa furtivement Severus et sortit du bureau.
_ Toujours le grand amour entre vous ?
_ Toujours, répondit Severus en souriant.
_ Et où est votre fils ? Car je vous ai dérangé pendant vos vacances, demanda Minerva, confuse.
_ Il est chez Sirius qui le garde jusqu'à demain. Je vais aller voir Horace pour lui demander de faire la potion anti-confusion et je me rendrais à l'infirmerie.
_ Je vous y rejoindrai. Je pense que Filius se trouve avec son élève actuellement.
Severus hocha la tête et sortit pour se rendre dans les cachots. Après avoir prévenu son collègue qui se mit aussitôt à la tâche, Severus monta au premier étage et entra dans l'infirmerie. Poppy vint rapidement vers lui.
_ Je voudrais voir Mr Belby, dit-il.
_ Paravents verts.
_ Merci. Comment va-t-il ?
_ Il est en bonne santé malgré quelques contusions. Il est aussi un peu choqué. Je préfère le garder ici cette nuit, il pourra sortir dans la matinée, répondit l'infirmière.
_ Merci.
Severus se dirigea vers les paravents et vit Filius et son élève.
_ Bonjour, Filius, dit Severus. Bonjour, Mr Belby.
_ Bonjour, marmonna l'élève de septième année de Serdaigle.
_ Bonjour, Severus. Vous êtes de retour ?
_ Oui, Minerva avait besoin de moi pour savoir ce que nous devons faire avec Mr Rusard, déclara Severus.
_ Pouvons-nous parler seul à seul ? proposa Filius.
Severus hocha la tête et sortit des paravents avec son collègue. Ils allèrent au fond de la salle.
_ As-tu réussi à savoir ce qu'il s'était passé ?
_ Non, il ne dit pas un mot. J'ai prévenu son père, je m'attends à ce que je doive le recevoir dans mon bureau. Après ce qu'il s'est passé l'année dernière avec Ombrage…
Severus fronça les sourcils.
_ Je me demande si cela n'a pas un rapport avec la mort d'Ombrage, dit-il.
_ Tu es sérieux ? Mais quel rapport ?
_ Je n'en sais rien justement. Mais cela expliquerait pourquoi Rusard semblait se focaliser sur les Serdaigle et pourquoi il s'en est pris à Mr Belby. Et c'était il y a environ un an, cela pourrait être juste une coïncidence mais j'y crois peu.
_ Cela se tient, songea Filius. Je ferai mieux d'aller voir mes élèves, nous n'obtiendrons rien ce soir de Mr Belby. Va te reposer et va retrouver ton mari et ton bébé.
_ Nous étions invités chez Sirius ce soir et je l'ai laissé là-bas. Remus ira le chercher demain. Bonne soirée à toi aussi.
Ils sortirent de l'infirmerie en saluant leur collègue et Severus rentra chez lui. Il raconta à son mari sa discussion avec Filius.
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Le lendemain, chez Sirius
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Draco ouvrit les yeux, une envie pressante l'ayant réveillé. Il se redressa et étouffa un gémissement pour ne pas réveiller Harry. Une vive douleur émana de son derrière et souffla pour essayer d'apaiser la douleur. Il se leva avec précaution en grimaçant. Il prit son peignoir et se rendit aux toilettes. Quand il sortit, il tomba sur Sirius qui tenait Matthéo dans les bras.
_ Déjà réveillé ? demanda Sirius.
_ Oui, mais je vais essayer de redormir un peu.
_ Le fin de soirée s'est bien passée je suppose ?
_ Plutôt, oui, répondit Draco en rougissant.
_ Quand Harry se réveillera, il pourra aller dans la pharmacie prendre des potions anti-douleurs, lança Sirius. Et je vous permets de prendre le petit-déjeuner dans sa chambre. J'enverrai un Patronus à Narcissa pour lui dire que tu reviendras en fin d'après-midi.
_ Mais tout va bien, mentit Draco. Et ce n'est pas la première fois que nous… enfin je veux dire…
_ Je ne suis pas dupe non plus, je me doute que vous n'êtes pas restés chastes hier soir, sourit Sirius. Va te recoucher, tu en as besoin vu tes traits tirés.
Sirius entra dans la chambre de sa fille où il avait dû installer Matthéo. Draco soupira et rejoignit aussi vite qu'il le put la chambre de Harry. Alors qu'il se rallongeait, il sentit Harry bouger à côté de lui.
_ Tu es réveillé ? murmura ce dernier.
_ Rendors-toi, j'ai eu une petite envie en me réveillant.
_ Pas trop mal ?
_ Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler, répondit Draco en sentant ses joues rougir violemment. Et puis un Sang-Pur ne se plaint jamais !
_ Je vois, tu simules quand tu n'as pas de douleur mais tu te tais quand tu en as… Très classe.
_ De quoi tu parles ?
_ En deuxième année, alors que moi j'avais le bras droit complètement amorphe, tu semblais avoir une douleur insurmontable au niveau de ton entrejambe, expliqua Harry.
_ J'avais douze ans ! s'exclama Draco. Et excuse-moi mais atterrir d'un balai en position assise, oui ça fait mal ! Toi tu ne sentais même plus ton bras, cela n'avait rien de comparable !
Harry esquissa un sourire et vint embrasser tendrement Draco.
_ Tu sais que tu es mignon quand tu te mets en colère ?
Draco leva les yeux au ciel et se mit sur le côté pour se blottir contre Harry mais un gémissement échappa de ses lèvres.
_ Je vais aller te chercher une potion anti-douleur, déclara Harry en se redressant.
_ Reste avec moi, ça va finir par passer, dit Draco.
_ Tu auras assez mal pendant au moins vingt-quatre heures puis ça s'atténuera peu à peu si tu ne prends aucune potion. Mais même en prenant une potion, tu seras toujours gêné quand tu rentreras chez toi.
_ Bizarre, tu n'avais pas semblé avoir eu autant mal que ça quand nous l'avons fait la première fois.
_ Disons qu'après le manque de discrétion dont nous avons fait preuve, j'ai fait profil bas. Il me semble que Severus m'avait donné un baume, il faudrait que je lui en demande pour toi.
_ Pitié, non, je ne veux pas qu'il soit au courant, gémit Draco. C'est déjà assez humiliant comme ça…
_ Comment ça ? demanda Harry, surpris.
Draco raconta sa brève discussion avec Sirius.
_ Il n'y a rien d'humiliant, il a juste dit ça pour t'aider. Et puis bon, il ne faut pas s'appeler Merlin pour comprendre pourquoi nous voulions dormir ensemble.
_ Mais comment a-t-il su que c'était moi…
_ Peut-être parce que tu avais une démarche étrange ? Ou que ça se lit sur ton visage, supposa Harry.
Draco soupira.
_ Je comprends pourquoi ça fait mal la première fois, mais les autres, tu as autant mal ?
_ Les deux ou trois suivantes, j'avoue que ça fait encore un peu mal mais une fois qu'on s'habitue et qu'il y a un minimum de préparation, c'est juste gênant pendant quelques heures. Pourquoi me demandes-tu ça ? Tu voudrais qu'on le refasse ?
_ Non, s'exclama vivement Draco. Non, je… c'était bien, oui mais je n'ai pas vraiment éprouvé de plaisir. Et j'avoue que je ne suis pas prêt de recommencer de ce côté-là.
_ Pas de problèmes, répondit Harry en souriant. Bon, tu la veux cette potion ? Et un petit-déjeuner ?
_ Maintenant que nous sommes bien réveillés, oui.
_ Ne bouge pas, j'y vais.
Harry embrassa Draco avant de se lever. Il sortit de sa chambre, alla dans la salle de bains du premier étage où se trouvait l'armoire à pharmacie. Il trouva rapidement ce qu'il cherchait et descendit. Il vit son père prendre son petit-déjeuner.
_ Je vois que Draco ne s'est pas rendormi, lança-t-il faisant rougir son fils. Tu veux que je prépare vos petits-déjeuners ou tu veux t'en charger ?
_ Je vais le préparer, répondit Harry en souriant. Il faudra juste que tu mettes le sortilège de chaleur sur les bols pour éviter que ça refroidisse.
_ Pas de soucis.
Harry se dirigea vers la cuisine et s'aperçut qu'il n'avait jamais préparé son petit-déjeuner, étant toujours prêt quand il se levait. Il prit un plateau avec des pieds pour le mettre en stabilité sur le lit puis prit deux bols qu'il remplit de café. Il prit deux verres avant de verser du jus de citrouille. Il déposa deux cuillères, deux petits pains chacun. Harry vit un petit vase en cristal.
_ Papa, maman a bien un rosier dans le jardin ? demanda Harry.
_ Fais attention, ça pique ces choses.
_ Je le sais bien. Et je n'en prendrais que quelques-unes.
Harry sortit de la maison et se dirigea vers l'arrière de la maison où se trouvait le jardin et le potager. Il eut accès facilement aux rosiers et prit cinq roses jaunes et cinq roses rouges. Ces deux couleurs réunies dans un bouquet signifiait le bonheur et l'amour. Il rentra rapidement, l'air étant encore frais. Il vit Sirius près de son plateau dans la cuisine.
_ Waoh, un petit-déjeuner de luxe pour Mr Malefoy, quel veinard !
_ C'est la première fois qu'on peut prendre le petit-déjeuner au lit, je veux que ce soit un bon souvenir.
_ J'espère au moins que tu ne nous apprendras pas que vous allez vous marier. Au lendemain du mariage, vous affichiez votre couple donc un an plus tard, cela me paraît un peu tôt pour y songer.
_ Entièrement d'accord. Nous n'en avons jamais parlé en plus. J'y vais. Tu as jeté le sort je pense ?
_ En effet. Et fais attention au vase car si tu le casses, ta mère va criser.
_ Même si avec un Reparo, elle n'y verra que du feu.
_ Tiens, prends ça aussi, dit Sirius en déposant un pot de gelée de groseille et de miel. C'est meilleur pour les petits-pains.
Harry esquissa un sourire, prit le plateau et remonta dans sa chambre. Draco attendait patiemment le retour du Gryffondor et sourit quand la porte s'ouvrit.
_ Tout ça pour nous ? s'exclama-t-il en voyant le plateau.
_ Mais oui. Bon appétit mon amour, dit Harry en l'embrassant tendrement.
Ils prirent leur petit-déjeuner en discutant de la finale de Quidditch à venir.
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Pendant ce temps à Poudlard
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Severus et Remus se rendirent dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Un hibou vint déposer une lettre à Filius.
_ C'est bien la première fois que je vois un hibou déposer une lettre à un professeur, lança Remus.
_ C'est très rare mais ça arrive, répondit Filius. Bon, je dois vous laisser, je dois prévenir Minerva de l'arrivée de Mr Belby.
_ Il arrive à quelle heure ?
_ Vers dix heures. Après ce qu'il s'est passé l'an dernier, je crains le pire, soupira le professeur de Sortilèges.
_ Je serai avec toi, de toute façon, déclara Severus en se levant. Je vais y aller d'ailleurs, je dois m'informer de ce qu'il s'est passé pendant cette première semaine.
_ Je te suis. Bon courage, Filius, dit Remus en suivant son mari.
Ils rentrèrent dans leurs appartements et virent Dobby.
_ Que fais-tu là ? demanda Remus.
_ Maître Sirius a demandé à Dobby de donner une lettre à Mr Severus. Maître Sirius a dit que c'était assez urgent, Dobby ne doit pas repartir sans un remède.
_ Un remède ? Pour qui ? questionna Remus. C'est Matthéo ? Dobby, réponds !
_ Pas Mr Matthéo, dit Dobby, effrayé. C'est… c'est Mr Draco.
Severus prit la lettre et la lut. Une grimace déforma son visage.
_ Que se passe-t-il ? s'exclama Remus. Severus, mais réponds-moi, tu vois bien que je suis inquiet !
_ Calme-toi, répondit Severus avec un léger sourire. Tout va bien, rassure-toi. Je te le promets.
_ Dis-moi au moins pourquoi Draco a besoin d'un remède.
_ Tu vas vite le comprendre.
Severus alla dans leur chambre et revint avec des potions et un pot de crème. Remus sentit ses joues rougir fortement. Il ne connaissait trop bien cette crème, Severus l'ayant appliquée à son derrière quelques jours auparavant.
_ La fête s'est mal terminée ?
_ Je ne pense pas. Disons que deux ados ont profité de cette soirée pour passer une nuit ensemble.
_ Oh, je vois, comprit Remus. Dobby, veux-tu me ramener avec toi ? Je vais chercher Matthéo et je rentrerai avec le Magicobus.
_ Très bien, on se retrouve à midi ? suggéra Severus.
_ Non, ce soir, on ne sait pas combien de temps te prendra cette histoire avec Mr Belby et Rusard donc prends ton temps, répondit Remus en l'embrassant.
Il tendit sa main à Dobby qui la prit et ils disparurent dans un claquement de doigts. Severus alla dans son bureau en attendant qu'il soit dix heures et prit connaissance des notes que les professeurs et préfets présents lui ont déposé.
Dix minutes avant l'arrivée de Mr Belby, Severus sortit du château et alla jusqu'aux grilles où devait transplaner le père de l'élève. Ce dernier fit irruption quelques secondes après que Severus ait levé les enchantements. Il le fit entrer, remit les sortilèges en place et emmena Mr Belby jusqu'au château. Il l'emmena directement jusqu'au bureau de Minerva puis il se dirigea vers l'infirmerie où il entendit des cris.
_ Laissez-moi partir ! Vous n'avez pas le droit à m'obliger à rester ici ! Je vais très bien ! hurlait Argus Rusard. Laissez-moi partir !
Severus vit Poppy essayer de remettre Rusard au lit mais celui-ci hurlait et gesticulait.
_ Calmez-vous, siffla sèchement Severus. Ne nous obligez pas à utiliser la magie pour vous contraindre à rester tranquille.
_ Alors faîtes-moi sortir d'ici !
_ Pour continuer à persécuter les Serdaigle ? Sûrement pas ! répliqua Severus.
_ Mais je ne persécute pas les Serdaigle ! Pour qui me prenez-vous ?
_ Pourtant vous avez obligé un élève de septième année de Serdaigle à vous suivre dans votre bureau, vous l'avez un peu molesté. Avant ça, je vous ai trouvé une fois en train de scruter l'aigle qui protège la salle commune de Serdaigle et vous avez envahi les bureaux des Directeurs de Maison de notes disant qu'ils avaient enfreint le règlement. Après avoir consulté les élèves pris en faute, seuls cinq pour cent ont reconnu leurs torts. Je me doute que certains n'ont pas voulu les reconnaître mais avec votre acharnement, je ne le saurai jamais.
_ Mais je ne vois pas de quoi vous parlez, s'exclama Argus. Enfin, professeur, vous me connaissez ! Croyez-vous que j'irai perdre mon temps avec ces élèves !
_ Ce que je constate est que vous semblez confus de temps en temps et cela commence sérieusement à nous inquiéter. Alors restez sur ce lit et je vous prierai de nous répondre avec honnêteté. Sinon nous vous forcerons à rester avec nous. Ayant connaissance de votre aptitude magique, cela ne devrait pas être trop difficile.
_ De quel droit osez-vous ? hurla Rusard.
_ Répondez-nous et nous vous laisserons tranquille, suggéra Severus avec une voix calme.
Le concierge le regarda et s'assit sur le lit, méfiant.
_ Bien, que s'est-il passé hier avec Mr Belby ?
_ Tout est de sa faute, siffla Rusard. Il aurait payé à auteur de son crime !
_ Son crime ? Vous n'y allez pas de main morte. Qu'a-t-il fait pour mériter votre haine ? demanda Severus.
_ À quoi cela servirait-il ? Vous le défendrez toujours ! Je ne suis qu'un pauvre Cracmol et je sais que vous rêvez de vous débarrasser de moi !
_ Mais pourquoi Mr Belby ? insista le Maître des Potions.
_ Pourquoi répondrai-je ? Pour que vous me viriez ensuite ? Hors de question !
Rusard se leva et essaya de passer mais Severus lui bloqua le chemin.
_ Restez ici, ordonna-t-il. Sinon j'autorise Mrs Pomfresh à vous immobiliser.
Rusard le fusilla du regard tandis que Severus sortit des paravents au moment où Minerva, Filius et Mr Belby entrèrent dans l'infirmerie.
_ Bonjour, Poppy, dit Filius. Pouvons-nous voir Mr Belby ?
_ Allez-y, il vous attend, répondit l'infirmière. Appelez-moi si vous avez besoin de quelque chose.
Poppy se dirigea vers un lit où un élève de Poufsouffle s'y trouvait. Severus, Minerva, Filius et Mr Belby entrèrent dans les paravents verts.
_ Papa ! s'exclama Marcus Belby.
_ Marcus, comment vas-tu ?
_ Bien, j'ai juste été choqué mais il n'y a rien de grave. Je devais attendre la venue des professeurs McGonagall, Rogue et Flitwick pour que je puisse sortir.
_ Très bien. Expliquez-nous ce qu'il s'est passé, proposa Minerva.
_ Oh, ça vous le savez déjà. Rusard m'a enchaîné à lui et il m'a emmené de force dans son bureau. Les chaînes étaient enchantées, mes sorts n'ont rien pu faire. Il a accroché les chaînes au mur et a pris ma baguette. Il a ensuite pris une sorte de fouet mais comme j'avais mes pieds de libre, j'ai réussi à lui donner un coup au visage. Ça l'a déstabilisé et m'a dit que je ne méritais pas de vivre, que j'avais tué la seule personne à qui il tenait vraiment et que j'allais le payer, qu'elle avait eu raison de vouloir révolutionner Poudlard, qu'ils allaient régner sur l'école avant que leurs rêves soient détruits et lui aussi par la même occasion. Je ne comprenais rien du tout sur le moment. Puis j'ai compris. Je crois qu'il était amoureux du professeur Ombrage. Cela expliquerait sa fixette sur les Serdaigle et pourquoi il s'en est pris à moi, répondit Marcus.
Severus regarda Filius et Minerva, autant choqués que l'était le Directeur-adjoint. Personne ne semblait avoir remarqué une quelconque romance entre Ombrage et Rusard. Ils n'avaient rien en commun, à part leur amour pour les chats et leur amour pour le règlement.
_ Merci, Mr Belby, ce sera tout pour nous, déclara Severus. Nous vous laissons avec votre père un moment. Nous reviendrons vers vous avant votre sortie.
Severus, Minerva et Filius sortirent.
_ Je n'y crois pas un seul instant, dit ce dernier. Rusard et Ombrage, ensemble ? C'est inconcevable !
_ Je ne sais pas quoi en penser, songea Minerva. Cela expliquerait le comportement étrange de Rusard depuis un moment notamment depuis l'anniversaire de la mort d'Ombrage. Cela correspond aux dates. Et le fait qu'il s'en soit pris à Mr Belby est une preuve solide.
_ Allons le ré-interroger, proposa Severus.
Il se dirigea vers les paravents orange et entra avec ses collègues. Rusard se leva d'un bond.
_ Nous voulons une réponse claire et précise, répondit Minerva. Après cela, vous serez prié de rester dans vos appartements jusqu'à ce qu'on prenne une décision.
_ Je vous écoute.
_ Avez-vous entretenu une relation sentimentale avec Dolorès Ombrage avant qu'elle se soit noyée ? demanda Severus. Répondez avec honnêteté, s'il vous plaît. Nous ne vous jugerons pas.
Rusard les regarda attentivement puis fixa le paravent devant lui.
_ Possible, répondit-il sur le bout des lèvres. Mais elle ne s'est pas noyée, elle a été assassinée !
_ Attrapée par des Strangulots et elle n'a pas pu leur échapper à temps, elle s'est donc noyée. C'est ce que le rapport du Ministère précise. Si Mr Belby était impliqué, croyez-vous qu'il serait libre à l'heure qu'il est ? Rien n'a été retenu contre lui. C'était un simple accident, déclara Severus en allant s'asseoir auprès de lui. Argus, je sais ce que c'est de perdre la femme qu'on aime. J'en ai souffert pendant de longues années. J'avais du mal à l'accepter. Quand je l'ai accepté, je m'en suis pris à la maison dont elle était issue et à son fils. Vous faîtes exactement la même chose. Vous avez perdu la femme que vous aimiez, vous commencez à accepter sa mort et vous vous en prenez à l'élève en question et à sa maison. Sauf que je n'ai jamais retenu contre leur gré les élèves de la Maison Gryffondor contrairement à vous. De plus, vous étiez assez confus ces derniers temps.
_ Traitez-moi de fou pendant que vous y êtes !
_ Ce ne serait pas respectueux pour vous et quelque chose en moi me dit que vous ne l'êtes pas. Vous êtes sûrement surmené, vous avez peut-être le sommeil perturbé depuis un an, tout ça combiné peut s'avérer dangereux. Je veux juste m'assurer de votre état de santé. Acceptez-vous de voir un médicomage ? demanda Severus d'une voix douce.
_ S'il le faut pour vous prouver que je ne suis pas fou, d'accord, marmonna Rusard.
_ Je vais prévenir Sainte Mangouste pour qu'ils nous envoient un médicomage, dit Minerva. Je vous conseille soit de rester ici soit de rester dans vos appartements pour éviter que vous causiez d'autres problèmes avec un élève. C'est pour la sécurité de tous.
Rusard hocha la tête et Minerva se proposa de le raccompagner.
_ T'en penses quoi ? lança Filius à Severus en quittant l'infirmerie.
_ Je pense qu'il faudra bientôt chercher un autre concierge ou s'en passer directement, songea Severus.
_ J'en ai bien peur aussi. Bon, je vais te laisser, j'ai des copies à corriger.
_ Je t'en prie, je vais retrouver ma petite famille et mon bureau.
_ Pas trop dur de revenir en pleines vacances ?
_ C'est le risque quand on est Directeur-Adjoint et Directeur de Maison, répondit Severus. Maintenant que nous sommes une famille, c'est normal de s'éloigner un peu de Poudlard même si on sait que nous pouvons revenir à tout instant.
_ En effet. On se retrouve au déjeuner ?
_ Bien sûr.
Les deux collègues se séparèrent et Severus regagna ses appartements. Il trouva Remus qui se trouvait dans la cuisine.
_ Je pensais que tu serais resté un peu plus longtemps chez Sirius.
_ Oh non, répondit Remus. Je prépare les biberons de la journée de Matthéo, cela évitera qu'on court à droite et à gauche quand il aura faim. Là, il dort dans la chambre. Et toi, comment s'est passée ta matinée ?
_ Plutôt bien. Nous savons ce qui a causé la folie de Rusard et tu ne devineras jamais.
_ Franchement, tout ce qui concerne Rusard me dépasse, rit Remus.
_ Il était amoureux d'Ombrage et cela semblait réciproque.
Remus renversa le pot de lait en poudre pour nourrisson.
_ Pardon ? Tu peux répéter ?
_ Rusard et Ombrage sortaient ensemble, du moins on le suppose. On est certain que Rusard l'aimait, il nous l'a avoué.
_ Alors ça, je ne m'y attendais pas, souffla Remus, choqué.
Il leva sa baguette et ce qu'il avait renversé se volatilisa.
_ Dis, as-tu vu Draco ? demanda Severus.
_ Non, il est resté dans la chambre de Harry. Harry que j'ai à peine vu. Il a pris les potions et le baume et est remonté directement.
_ Si Draco ne peut même plus se lever, il va avoir du mal à rentrer chez lui.
_ C'est ce que je pensais aussi. Du coup, j'ai laissé Sirius régler ça avec Narcissa. Je me demande comment elle va réagir.
_ Draco rentrera au plus tard demain soir, il sera un peu moins gêné.
_ Espérons-le, dit Remus. Tu veux voir ton fils avant d'aller déjeuner ?
_ Très bonne idée, sourit Severus en se dirigeant vers la chambre de son fils.
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Le soir-même, chez Sirius
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Sirius préparait le repas quand quelqu'un transplana sur la plage. Il était encore tôt pour qu'Amélia rentre et il savait que Narcissa devait passer. Il en eut la confirmation quand elle entra dans la maison.
_ Bonsoir, Sirius. Comment vas-tu ?
_ Bien, et toi ?
_ Ça irait mieux si mon fils était rentré à l'heure que nous avions convenu. Si c'est comme ça à chaque fois qu'il veut passer la nuit avec Harry, il va falloir leur instaurer des règles.
_ Calme-toi, veux-tu ? Assis-toi, je vais les appeler.
Sirius gela sa préparation et monta à l'étage où il frappa à la porte de la chambre de Harry. Ce dernier ouvrit.
_ Papa ? Que se passe-t-il ? C'est l'heure du dîner ?
_ Pas encore. Narcissa est en bas. Draco peut descendre ?
_ Je vais essayer, répondit Draco. Mais il faut me laisser le temps.
_ Très bien. À tout de suite alors.
Sirius referma la porte et descendit. Narcissa était dans le salon où elle s'occupait de Manon.
_ Elle a pleuré alors je suis allée la chercher, expliqua Narcissa. Je joue un peu avec elle, cela ne te dérange pas ?
_ Pas du tout, répondit Sirius. Les garçons descendent, mais il va falloir leur laisser un peu de temps.
_ Comment ça ? Ils ne sont pas prêts ?
_ Je leur laisserai t'expliquer le problème.
_ Sirius, je ne comprends rien.
_ Attends-les, c'est tout ce que je peux te conseiller, dit Sirius en repartant vers la cuisine.
Narcissa soupira d'agacement et continua à jouer jusqu'à ce que Harry et Draco descendent. Narcissa vit aussitôt la démarche lente de Draco et ses grimaces.
_ Mais Draco, que s'est-il passé ? s'exclama Narcissa.
_ Ce n'est rien maman, je t'assure. Cela passera d'ici quelques jours, répondit Draco en esquissant un léger sourire.
_ Mais regarde-toi, tu es pâle comme un linge !
_ Pas autant que d'habitude, remarqua Harry.
_ Ne fais pas ton fier, Harry ! Je te signale que c'est toi qui as voulu passer la nuit avec mon fils et regarde dans quel état il est maintenant ! s'écria Narcissa. Je pensais te faire confiance, tu avais été jusque-là irréprochable…
_ Attendez, ce n'est pas ce…
_ Je ne crois que ce que je vois, Harry !
_ Tu te trompes complètement, intervint Draco.
_ Ne le défends pas, Draco ! Allez, viens, nous rentrons, déclara sèchement Narcissa.
_ Je ne suis pas en état, maman, répliqua son fils. Ne m'y force pas, je t'en prie.
Narcissa les regarda, stupéfaite, puis se tourna vers Sirius qui revenait vers eux.
_ Et toi, tu as laissé faire ça ?
_ Je n'ai pas trop eu le choix, répondit Sirius, amusé.
Draco s'assit sur le canapé en grimaçant.
_ Mais Sirius, regarde ton cousin, par Salazar ! Regarde comme il est pâle, comme il a l'air de souffrir ! Excuse-moi de penser que ton fils y est sûrement pour quelque chose ! Et crois-moi, cela ne va pas se passer comme ça, fulmina Narcissa.
_ Attends, tu penses à quoi là ? Que Harry aurait pu être violent avec Draco ? s'exclama Sirius, choqué.
_ Tu as une autre explication peut-être ?
Sirius regarda Harry et Draco qui essayèrent de cacher leur fou rire.
_ Est-ce que tu peux écouter ces jeunes gens au moins ? Tu verras que tu te trompes largement. Qu'as-tu à perdre ?
_ Très bien, je vous écoute, répliqua sèchement Narcissa en regardant son fils et son petit-ami.
Draco et Harry se regardèrent.
_ Je ne nie pas avoir une quelconque responsabilité dans l'état de Draco mais il était aussi consentant que moi, répondit Harry. Jamais je ne l'aurais forcé à faire quelque chose qu'il ne voudrait pas, j'aime beaucoup trop Draco pour lui faire du mal consciemment.
_ Mais tu ne vas pas me dire que tu ne souffres pas, Draco !
_ Je ne le nie pas, confirma le Serpentard. Mais Harry n'y est pour rien, enfin dans un sens. Tu as bien deviné ce que nous avons dû faire hier soir, non ?
_ Épargne-moi les détails, recommanda Narcissa, gênée.
_ C'est important au contraire. Habituellement, Harry se trouve en dessous. Mais depuis quelques semaines, j'avais pensé à échanger nos positions. Nous avons essayé une fois à Poudlard mais cela n'a pas fonctionné, répondit Draco en rougissant. Et hier soir, nous sommes allés jusqu'au bout. Voilà.
_ La première fois est assez douloureuse, je ne vous le cache pas. Mais Draco était un peu plus tendu que moi et la douleur est assez forte au réveil. C'est pour cela que papa veut garder Draco encore une journée, le temps qu'il s'en remette suffisamment pour transplaner. Papa a demandé à Severus de lui donner des potions anti-douleurs assez fortes et un baume que Draco aurait du mal à se le mettre seul les premières fois. Nous les avons eu en milieu de matinée. Pour en avoir eu besoin, je peux vous assurer que Draco rentrera demain soir. Il marchera peut-être assez lentement mais il aura moins mal.
Narcissa regarda Sirius qui hocha les épaules puis reporta son attention sur les deux ados.
_ Je suis désolée, Harry, je… Je n'ai pas les mots pour te dire combien je suis désolée d'avoir pensé de telles choses, s'excusa Narcissa. Je pensais à tort que tu avais fait du mal à Draco alors que tu lui as donné la plus belle preuve d'amour.
_ Je vous répète que je l'aime trop pour lui faire du mal, répondit Harry en souriant. Le principal est que tout se soit arrangé.
_ Quant à toi, jeune homme, dit Narcissa à son fils. Monte te recoucher et repose-toi. Et ne discute pas les ordres que pourront te donner Sirius, Amélia et Harry. Si Harry veut te soigner, accepte, vous étiez deux.
_ Je n'ai pas vraiment le choix, pouffa Draco. Donc tu acceptes que je reste une nuit de plus ?
_ Ai-je le choix ?
Harry et Draco grimacèrent avant d'éclater de rire.
_ Ouh, ça tire en bas du dos, remarqua Draco. Je vais aller me coucher, ça ira mieux après.
_ Prends d'abord une potion et je te mettrai le baume après le dîner, recommanda Harry en souriant.
_ Tu vois, maman, il est réellement aux petits soins avec moi.
_ Profite-en, va, lança Harry en l'embrassant tendrement.
Draco salua sa mère et remonta péniblement. Narcissa s'excusa de son emportement et Sirius l'invita à dîner ce qu'elle a accepté. En rentrant, Amélia fut ravie d'avoir de la compagnie et ils mangèrent tous dans la bonne humeur. Après le dîner, Narcissa et Harry montèrent un plateau repas à Draco dans la chambre du Gryffondor.
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22 avril
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Théo avait envoyé une lettre à Cédric pour l'informer qu'il désirait lui parler et l'ancien Poufsouffle avait préféré qu'ils se rencontrent au Chaudron Baveur. Théo avait accepté en informant les professeurs Rogue et Lupin qu'il irait seul avec Dean au rendez-vous et qu'il les remerciait de leur gentillesse. Une demi-heure avant le rendez-vous, Dean et Théo empruntèrent le Magicobus qui arriva dix minutes plus tard. Ils descendirent et entrèrent dans le pub. Ils allèrent sur le Chemin de Traverse effectuer quelques achats pour Poudlard et revinrent à temps au Chaudron Baveur au même moment où Cédric entra. Tout trois s'installèrent à une table et commandèrent une Bièraubeurre.
_ Bonjour, dit Théo. Je te présente Dean Thomas, nous sortons ensemble depuis le mois d'octobre.
_ Je me doutais bien que tu sortais déjà avec quelqu'un quand nous nous sommes vus à Pré-au-Lard. Nous étions d'accord pour rompre et il était naturel que tu veuilles refaire ta vie. Comment allez-vous ?
_ Plutôt bien, répondit Théo, nerveux. Et toi, as-tu…
_ Quelques aventures par-ci par-là mais rien de sérieux. On ne va pas parler de banalités pendant deux heures, je me doute de ce dont tu veux me parler.
_ Je sais que tu n'es pas prêt et je le comprends parfaitement, dit Théo. Mais je voulais juste t'annoncer la naissance de ta fille. J'ai mis sa photo dans cette enveloppe, tu l'ouvriras dès que tu le voudras même si c'est dans dix ans. Nous étions d'accord sur le fait que si tu voulais la rencontrer ou le contraire, je ne m'y opposerais pas. Et c'est ce que je fais. Après aujourd'hui, il y a peu de risques pour qu'on se croise à nouveau.
_ Merci, Théo, cela me touche beaucoup. Je n'ai pas eu le cran de l'annoncer à mes parents, peut-être un jour… Pour tout te dire, j'y ai pensé quelques fois. Je voulais t'écrire mais je pensais que tu aurais pensé que je voulais refaire partie de ta vie et… je vois que j'ai bien fait.
_ Théo a eu une histoire avec toi, tu feras toujours partie de sa vie vu que tu es le deuxième père biologique d'Ellen. Pardon, tu ne voulais peut-être pas savoir son prénom, s'excusa Dean.
_ Je l'aurais demandé quand-même.
_ Je préfère ne rien te cacher, Dean a reconnu Ellen. Lui comme moi, nous ne cacherons rien à notre fille quand elle sera en âge de comprendre, révéla Théo.
_ Alors je vous souhaite tout le bonheur possible, déclara Cédric en prenant leurs mains. Et je suis heureux de savoir que Théo peut compter sur toi, Dean. Je m'inquiétais un peu que Théo affronte cette grossesse seul mais je suis soulagé maintenant. Soyez heureux tous les trois.
_ Merci, dirent Théo et Dean en se regardant.
_ Bien, qu'y a-t-il de nouveau à Poudlard ? demanda Cédric. Sauf si vous êtes pressés.
_ Ma mère garde le bébé, donc on a quelques heures devant nous, répondit Dean. Rien de particulier.
_ Rien ? Tu oublies Alice Chase, le fils des professeurs Rogue et Lupin, les aménagements qui se sont construits pour la naissance de leur fils…, rétorqua Théo. Et tu oublies Rusard !
_ Vu sous cet angle, pouffa Dean.
Et ils se mirent à raconter tout ce qu'il s'était passé depuis le début de l'année. Théo et Dean passèrent un bon moment en compagnie de Cédric qui dut prendre congés vers seize heures. Le couple rentra et allèrent dans leur chambre. Ils s'allongèrent sur leur lit et se blottirent l'un contre l'autre.
_ Je trouve que cela s'est bien passé, remarqua Dean.
_ Moi aussi, dit Théo d'un ton las.
_ Tu me parais bien pensif.
Théo resta silencieux, le regard songeur. Dean se redressa, surprenant Théo.
_ Cela t'a fait quelque chose de le revoir, n'est-ce pas ?
_ Tu serais jaloux ? observa Théo en souriant. Oui, mais pas dans le sens que tu penses.
_ Comment ça ?
_ Je me demande si c'était une bonne idée de lui dire pour Ellen et encore plus pour l'annonce de la grossesse. J'ai bien vu que cela le faisait souffrir et…
_ Théo, ne commence pas. C'est normal qu'il y pense, à Poudlard se trouvait une moitié de lui. Et personne ne peut être insensible à ça. Maintenant il sait que sa fille est née, qu'elle s'appelle Ellen et qu'elle va grandir dans une famille pleine d'amour. Alors si un jour, il décide d'en faire partie, je te l'ai déjà dit et je le redis, il en a tous les droits.
_ Je sais et je ne sais pas ce que je ferai sans toi, répondit Théo en l'embrassant. Ma relation avec Draco n'était pas saine et n'était pas réciproque, celle avec Cédric l'était mais pour de mauvaises raisons. La nôtre est sans doute celle qui m'a fait le plus de bien. Tu es un mec extra et je suis heureux de former cette famille avec toi.
_ Je t'aime, Théo.
_ Moi aussi je t'aime.
Ils s'embrassèrent tendrement jusqu'à ce qu'ils entendent des pleurs. Ils rirent en se levant pour aller voir leur fille.
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Pendant ce temps, Severus se trouvait dans le bureau de Poppy en compagnie de Minerva, Remus, Pomona, Filius et Horace. Un médicomage se trouvait actuellement avec Rusard et son diagnostic allait décider si le concierge allait rester à Poudlard. Peu avant midi, le médicomage ouvrit la porte.
_ Je viens de voir Mr Rusard, dit-il. Il est assez confus sur les événements de ces derniers mois. Je pourrais le mettre sous traitement mais il faudrait une surveillance accrue ce qui semble impossible ici. Il serait préférable que vous le transfériez à Sainte-Mangouste, du moins pendant les premiers mois.
_ Premiers mois ? répéta Minerva, choquée. Mais c'est si grave que ça ?
_ Difficile à dire. Apparemment, il a été affecté par le décès de votre collègue l'année dernière et il s'est laissé sombrer petit à petit. Mêlé à cela l'âge et le surmenage… D'où la nécessité de le faire hospitaliser. Je ne pense pas qu'il pourra revenir travailler ici.
_ Je ne pense pas qu'il était heureux au final. Il a toujours su qu'il était un Cracmol et le fait d'habiter dans une école où l'on enseigne la magie n'était pas saine pour lui, songea Minerva. Je ferai le nécessaire pour vous l'envoyer au plus vite, comptez sur nous.
_ Très bien, merci. Je vous tiendrais informé de son état. Je vais y aller, j'ai des patients à aller voir, annonça le médicomage.
_ Merci beaucoup d'avoir accepté de venir, remercia Minerva.
_ C'est tout à fait normal. Mesdames, messieurs.
Le médicomage s'avança vers la cheminée et disparut dans un tourbillon de flammes vertes. Minerva s'avança vers la fenêtre.
_ Il va falloir en parler aux élèves, les rassurer. N'entrons pas dans les détails. Si les élèves vous posent des questions, dîtes-leur que le secret médical prime, qu'Argus est très bien soigné et qu'il ne pourra pas revenir.
_ Nous le leur dirons, affirma Remus.
_ Maintenant, il va falloir convaincre Argus d'aller se faire soigner et ce ne va pas être une tâche aisée, continua Minerva.
_ Je viens avec vous, indiqua Severus. Nous ne serons pas assez de deux pour le convaincre.
_ Je vous suis, accepta Minerva.
Alors que les Directeurs de maison sortirent de l'infirmerie tout en discutant, Minerva et Severus allèrent vers les paravents blancs où était installé Rusard.
_ Je peux savoir pourquoi je ne peux pas sortir d'ici ? s'exclama-t-il.
_ Calmez-vous, Argus. Nous venons de voir le médicomage. Je ne vais pas vous mentir, vous n'allez pas bien.
_ Je me sens aussi bien que vous.
_ Il vous arrive d'être confus ce qui est loin d'être normal. Vous vous en prenez à des élèves sans raison particulière. Vous oubliez certaines choses. Vous devez vous faire soigner et ce n'est pas négociable, répliqua Severus.
_ Mais laissez-moi tranquille à la fin ! s'écria Rusard. Vous n'avez rien d'autre à faire que de me persécuter ? Allez vous acharner sur les Gryffondor comme d'habitude, ça me fera des vacances !
_ Je suis désolé, Argus, dit Minerva en sortant sa baguette. Petrificus Totalus.
Le concierge fut pétrifié en un instant, rattrapé par Severus pour éviter qu'il chute à la renverse. Aidé par sa collègue, il l'installa sur le lit.
_ Poppy va organiser son transfert au plus vite. Elle verra s'il faut l'attacher ou non.
_ Et qu'allons-nous faire de Miss Teigne ? demanda Severus en se souvenant soudain de la chatte.
_ Je vais voir avec Hagrid, il connaît des relations qui pourront s'occuper d'elle.
_ Je leur souhaite bonne chance, lança Severus.
Minerva s'éclaircit la gorge et Severus ne put s'empêcher de sourire. Il admirait l'impassibilité de Minerva mais il n'était pas dupe, elle haïssait autant l'acolyte de Rusard que Severus.
_ Allons déjeuner, je ferai une annonce ce soir, déclara Minerva en sortant des paravents.
Severus hocha la tête et sortit, le sourire aux lèvres. Sans Rusard ni Miss Teigne, Poudlard allait connaître un nouveau souffle.
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Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? De l'intrigue autour de Rusard ?
Je vous donne rendez-vous le samedi 22 avril avec un nouveau chapitre intitulé "Une reprise mouvementée"
Je vous souhaite un bon week-end, prenez soin de vous et de vos proches ;)
