Bonjour à toutes et à tous ^^

Voici un nouveau chapitre :)

Bonne lecture ;)


Chapitre 44 : Une reprise mouvementée

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26 avril

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Severus attendait près des grilles de Poudlard le Magicobus qui allait amener Théo, Dean et leur fille. Il était encore relativement tôt et les élèves qui étaient allés dans leur famille durant les vacances devaient rentrer dans la journée ou le lendemain. Severus avait convenu avec Minerva que la petite famille devait arriver de bonne heure pour éviter qu'elle ne soit pas chahutée par les autres élèves en les voyant.

Quelques secondes plus tard, le Magicobus arriva et la petite famille descendit. Severus prit le nourrisson le temps que les jeunes parents descendent avec les malles.

_ Je ne l'avais jamais pris, je ne suis pas sûr de vouloir le reprendre, grimaça Dean.

_ C'est le moyen le plus sûr pour votre fille, répondit Severus. Tenez, elle sera mieux dans les bras de son papa, je pousserai votre malle.

Severus déposa la petite dans les bras de Théo et prit la malle de ce dernier.

_ Je peux le faire, rétorqua le Gryffondor. Je peux prendre les deux.

_ Bien sûr et à mi-chemin, vous serez fatigué car en plus des courtes nuits que vous avez, vos forces sont aussi diminuées. Ne le niez pas, je suis passé par-là. Laissez-moi vous aider.

_ Si on nous avait dit ça trois ans plus tôt, pouffa Dean. Les choses ont bien changé. Vous avez largement aidé à apaiser les tensions entre Gryffondor et Serpentard, et certains couples n'auraient pas existé : le nôtre, celui de Draco et Harry par exemple.

_ Ravi d'avoir réussi à créer des couples alors. Rentrons, ce serait dommage que la petite prenne froid, souligna Severus.

Théo et Dean se regardèrent et hochèrent la tête. Ils se mirent en route vers le château. Dean et Théo demandèrent des nouvelles de Harry et Draco, Severus répondant avec joie. Ils arrivèrent aux portes du château.

_ Alors on sait que tu es encore petite mais je t'assure que quand tu auras onze ans, tu feras ta scolarité ici, dit Théo. Tu sais, il y a encore un an, j'aurais pu être furieux si tu n'étais pas allé à Serpentard. Aujourd'hui, je m'en fiche. Je n'imaginais pas être en couple avec un Gryffondor et tu vois, ton papa en est un. Et tu sais quoi, tu ne seras pas seule quand nous serons en cours. Tu seras avec un petit garçon qui s'appelle Matthéo. Mais attention, pas de bisous avant douze ou treize ans, hein ? Ne fais pas comme tes parents, nous serons un peu jeunes pour devenir grands-pères. Et en plus Matthéo est le fils de deux professeurs donc mieux vaut éviter.

_ Dîtes tout de suite que nous sommes d'affreux professeurs, s'indigna Severus alors qu'ils pénétraient dans les appartements de la petite famille. Et qui dit qu'ils finiront ensemble ?

_ C'est vrai ça, dit Dean. Mais ils resteront quand-même en contact, n'est-ce pas ? Je ne sais pas si vous resterez à Poudlard après que Harry et Draco aient fini leur septième année, mais j'espère que Matthéo et Ellen se verront de temps en temps.

_ Je n'y vois aucune objection et je ne sais pas encore ce que nous ferons dans deux ans. Pour le moment, nous sommes heureux comme nous sommes, répondit Severus. Avez-vous besoin d'aide ?

_ On devrait pouvoir s'en sortir. Nous avons eu trois semaines pour s'habituer à prendre soin de cette petite merveille et nous savons que Nefli, le professeur Lupin et vous n'êtes pas très loin, répondit Théo.

_ Si vous avez besoin d'une ou deux nuits de repos, n'hésitez pas, demandez-nous. Matthéo commence à faire ses nuits et nous pouvons insonoriser chaque espace pour éviter que l'autre se réveille, indiqua Severus.

_ Vous êtes prêt pour un deuxième enfant en fait, pouffa Dean.

_ C'est une technique que m'a appris le père de Harry quand il garde notre fils et sa fille qui a un peu plus d'un an.

_ C'est vrai… Manon, c'est ça ?

_ C'est ça. Je vais vous laisser et demain, je vous montrerai la nurserie. Et si vous voulez aller faire un tour dans le château, appelez Nefli. Il est informé.

_ Merci professeur, dit le jeune couple en souriant.

Severus leur rendit le sourire et rejoignit son bureau. Il soupira en voyant son bureau. Une semaine d'absence et son bureau rangé avant de partir était maintenant rempli de lettres et de notes de préfets et de professeurs. Il s'assit sur son fauteuil et rangea ses papiers.

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Severus était en train de rédiger une lettre quand des coups furent frapper à la porte. Il permit l'entrée et deux élèves entrèrent. Il s'agissait d'une fille et d'un garçon, âgés probablement d'une quinzaine d'années. Le jeune homme avait les yeux gris-verts et des cheveux bruns, réparti à Serdaigle, tandis que la jeune fille, portant les couleurs de Poufsouffle, était blonde aux yeux marrons.

_ Papa, il faut que tu nous aides.

Severus se figea. Le jeune homme l'avait-il appelé papa ? C'était impensable ! D'une, il ne connaissait pas ces deux élèves et de deux, son fils avait à peine trois mois ! Était-il en train de rêver ?

_ At… Attendez, je ne… je ne comprends rien, balbutia Severus qui trouvait sa voix plus grave.

_ Papa, il faut que tu trouves un moyen pour que Théo et Dean ne tuent pas leur fille !

_ Matt, ne lui dis pas comme ça, répliqua la jeune fille.

_ Alors tu veux qu'on lui dise comment ? s'exclama le jeune homme. Papa, papa, nous avons une super nouvelle à vous annoncer. Ellen est enceinte.

_ QUOI ?

Severus tourna la tête et vit son mari avec une quinzaine d'années en plus, tenant une petite fille de quatre ou cinq ans dans les bras. Severus regarda alors les deux élèves et écarquilla les yeux. Mais où était-il tombé ? Devant lui se tenaient son fils Matthéo et Ellen Thomas âgés d'une quinzaine d'années et étaient visiblement en couple et Ellen était enceinte… de Matthéo. Non, cela semblait impossible, il devait forcément rêver.

_ Tu vois où ça en est ? s'écria Remus. Je suis seul à élever nos enfants alors que Monsieur ne quitte jamais son bureau de directeur !

_ Papa, tu dois absolument nous aider, supplia le Matthéo adolescent.

_ Je vous en prie, professeur, mes parents vont me tuer !

_ Stop, stop, STOP ! hurla Severus.

Severus ouvrit les yeux soudainement. Il se trouvait dans son lit, haletant, la nuit étant d'un noir d'encre à l'extérieur. Il se redressa, tourna la tête vers son mari qui le regardait, inquiet.

_ Tout va bien ? murmura-t-il.

_ Euh… oui, oui, tout va bien.

_ Tu t'agitais, tu as même crié.

_ Je… J'ai fait un drôle de rêve, c'était flippant. Je… Je vais aller me chercher un verre de jus de citrouille.

Severus se leva, sortit de la chambre et entra dans la cuisine. Il se rendit directement au placard réfrigéré et prit un pichet de jus de citrouille. Il se servit un verre, rangea le pichet qu'il remit sous sortilège de fraîcheur et de conservation et se dirigea vers sa chambre. Au moment d'ouvrir la porte, il fut pris d'un doute et alla dans la chambre de son fils. Il ouvrit timidement la porte et vit un berceau où dormait un nourrisson de trois mois. Il s'approcha de lui en souriant.

_ Je ne sais pas ce que nous réserve l'avenir, mais je promets que je te saoulerais avec la contraception quand tu seras assez grand. Hors de question qu'on devienne grands-parents trop jeunes.

En même temps, quand il aura quinze ans, tu en auras cinquante, claironna une petite voix dans son esprit.

_ Tu te parles à toi-même ? demanda une voix derrière lui.

Severus se retourna et vit Remus qui souriait.

_ On a le temps pour ça, tu ne penses pas ?

_ Ça arrivera toujours trop vite de toute manière, soupira Severus.

_ Mais pourquoi cela te travaille autant ? demanda Remus alors qu'ils revenaient dans leur chambre.

_ Tu me promets de ne pas rire ?

_ Promis, dit Remus.

_ Quand j'ai ramené Théo, Dean et leur fille dans leurs appartements, ils ont souligné que Matthéo et leur fille seront dans la même année et comme ils vont être ensemble pendant au moins un an, ils se créeront des liens d'amitié. Et je leur ai dit qu'ils pourront se voir assez régulièrement.

_ C'est gentil, remarqua Remus en l'embrassant.

_ Quand nous sommes arrivés, Théo a promis à sa fille qu'elle reviendra quand elle aura onze ans et qu'elle allait être en compagnie de Matthéo. Et il plaisantait sur le fait qu'elle pourrait être en couple avec Matthéo. Alors cela a dû cogiter cette nuit dans mon cerveau car j'ai fait un drôle de rêve où j'apprenais qu'Ellen Thomas était enceinte de notre fils.

_ Tu ne perds pas de temps, toi, pouffa Remus.

_ Tu m'as dit que tu ne rirais pas, répliqua Severus.

_ Excuse-moi. Bon, peux-tu me donner quelques indications sur le futur ? Étais-tu bon en Divination ?

_ Pas vraiment, avoua Severus. Alors, que j'essaye de me rappeler… Matthéo était à Serdaigle, Ellen Thomas à Poufsouffle… Matthéo était brun avec tes yeux, j'avoue qu'il était beau, notre fils… Quoi d'autre ? Ah oui, j'étais devenu Directeur de Poudlard.

_ Quelle promotion, s'exclama Remus. Je serai fier de toi.

_ Ce n'est pas ce que tu me disais. Et en plus tu tenais une petite fille de quatre ou cinq ans et tu disais que tu élevais seul nos enfants. Donc on en aurait plus de deux.

_ J'aime beaucoup ce futur, chuchota Remus en embrassant Severus tendrement.

_ Et moi, j'ai besoin de me reposer un maximum. La fin d'année approche et je vais avoir un travail monstre, indiqua Severus. Et nous sommes en milieu de la nuit. Attendons demain soir pour nous retrouver.

Remus sourit, déposa un léger baiser et tous deux regagnèrent leur chambre. Severus vint se blottir contre lui et s'endormirent l'un contre l'autre.

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Le lendemain

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Severus attendait ses élèves qui devaient rentrer pour la plupart par Poudre de Cheminette. Après que Daphné et Astoria Greengrass soient sorties de son bureau, ce fut au tour de Draco d'apparaître dans la cheminée.

_ Eh bien, vous êtes pressés de revenir ici, remarqua-t-il. Je n'ai pas plus de dix secondes entre chaque élève. Comment vas-tu ?

_ Très bien, répondit Draco. Et vous trois ?

_ Très bien également. Je voulais surtout savoir si tu éprouvais encore une certaine gêne.

Draco se mit à rougir.

_ Ce n'est pas que je ne veux pas en parler, mais c'est un peu gênant.

_ Draco, je sais ce que tu as dû endurer. Je ne veux que ton bien-être. As-tu essayé de courir ? Car tu sais bien qu'avec les rondes, tu es amené à courser des élèves.

_ Juste un peu, avoua Draco, mais ça va de mieux en mieux. Cela devrait aller pour les rondes, je te le promets. Excuse-moi mais je dois y aller. Théo et Dean sont rentrés ?

_ Hier avec la petite. Va, dit Severus en souriant.

Draco prit sa malle et sortit du bureau. Il se rendit dans sa salle et monta directement à son dortoir. Il y vit Blaise sur son lit.

_ Les vacances n'ont pas été trop longues ? demanda Draco.

_ Non, ça a été plutôt calme donc ça a été. Enfin sauf pour les Serdaigle et Rusard.

_ Ah oui, c'est vrai, je l'avais presque oublié celui-là.

_ Comment es-tu au courant ? s'interrogea Blaise, intrigué.

_ Sirius Black avait invité ma mère et moi et d'autres invités quand McGonagall est arrivée. Severus et Remus ont rapidement transplané et Sirius nous a juste dit qu'il y avait un problème avec Rusard.

_ Je comprends mieux. Veux-tu que je t'aide à ranger ?

_ Si tu veux, répondit Draco en souriant.

Blaise se leva et vint près du lit.

_ Comment se sont passées tes vacances ?

_ Plutôt bien, mis à part la deuxième semaine.

_ Pourquoi ?

_ Je… J'ai fait une très mauvaise chute de balai le dimanche et j'ai eu mal en bas du dos pendant presque cinq jours. Ça commence à passer mais c'est encore sensible. Au moins, rien n'était cassé, répondit Draco.

_ Tu as eu de la chance, oui ! Ah ça doit être pour ton dos ça ?

Draco tourna la tête vers son ami qui tenait le baume. Il tenta de le récupérer mais Blaise parvint à rester hors d'atteinte de son ami qui lui lançait un regard furieux.

_ Je reconnais bien l'écriture du professeur Rogue quand il écrit rapidement, pouffa Blaise. Bau… baume… in… inten… non, in… time… Quoi ?

_ C'était une ancienne boîte que Severus a rempli avec du baume apaisant. Il l'a fait au dernier moment, il n'a pas dû faire attention au récipient qu'il a pris, mentit Draco en rougissant légèrement.

_ Mouais, dit Blaise avec un léger sourire moqueur.

_ Bon, raconte-moi ce qu'il s'est passé avec Rusard.

Blaise lui raconta ce qu'il savait des événements. Quelques jours plus tôt, le professeur McGonagall s'était levée durant le dîner pour annoncer que Mr Rusard avait pris sa retraite afin de se soigner. Elle n'était pas entrée dans les détails.

_ Sérieux ? Et comment ont-ils expliqué que Belby se soit fait attaquer par lui ? répliqua Draco, surpris.

_ Je n'en sais rien. Je te dis juste ce que nous a dit le professeur McGonagall mercredi soir.

_ C'est assez étrange, cette histoire. Je verrais si je peux avoir d'autres informations auprès de Severus ou Remus.

_ Tu as de la chance d'avoir ton parrain à Poudlard…

_ Dans un sens, c'est hyper pratique mais de l'autre, on ne peut rien faire sans que ça se sache.

_ C'est une façon de voir les choses.

_ Sinon, il s'est passé des choses pendant les vacances ?

Les deux amis se racontèrent leurs vacances respectives.

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Le soir venu, Alice était en train de ranger ses affaires quand elle entendit des coups à sa porte. Elle alla ouvrir et tomba sur Colin. Elle lui sourit et le laissa entrer. Ils s'embrassèrent tendrement avant que la jeune fille ne rompt le baiser.

_ Comment vas-tu ? demanda le Gryffondor.

_ Plutôt bien, répondit Alice en retournant dans sa chambre.

Colin la suivit, perplexe.

_ Tu es sûr que tu vas bien ?

_ Oui, oui.

Colin s'avança vers la jeune fille et lui attrapa doucement le bras. Cette dernière, surprise, se dégagea et plaqua le Gryffondor contre l'armoire tout en ayant une posture offensive.

_ Alice, calme-toi, recommanda Colin en essayant de ne pas trahir sa peur.

Un grognement sourd provenant de la gorge d'Alice fit frissonner Colin. Il glissa lentement sa main dans la poche de sa robe de sorcier et empoigna sa baguette.

_ Alice, je ne veux pas te faire mal. Je ne voulais pas te surprendre. Lâche-moi.

Alice lui jeta un regard furieux, elle semblait ne pas l'entendre mais Colin savait qu'elle gardait un minimum de contrôle sinon elle l'aurait déjà attaqué physiquement, hormis le fait qu'elle le gardait collé à son armoire sans pouvoir réellement bouger. Il sortit sa baguette sans que la jeune fille ne s'en rende compte.

_ Alice, je te le répète encore une fois, lâche-moi, ordonna Colin d'une voix plus assurée et ferme.

Il sentit le souffle d'Alice se rapprocher de son visage et sut qu'il n'avait plus le choix.

_ Je suis désolé, murmura Colin. Lumos Maxima !

Une vive lumière apparut au bout de sa baguette et Colin la dirigea vers Alice qui poussa un cri et le lâcha. Elle alla se réfugier dans un coin de sa chambre, essayant de fuir la lumière.

_ Éteins-moi ça, siffla Alice. Mais qu'est-ce que tu fous, Colin ? Éteins-moi ça !

_ Je suis désolé, dit Colin en reculant lentement tout en maintenant sa baguette allumée devant lui.

Il sortit de la chambre et lança à contrecœur un maléfice du Saucisson pour éviter qu'elle le pourchasse. Cela faisait malheureusement partie des instructions que les élèves avaient eu au début d'année. Colin marcha à reculons jusqu'à la porte d'entrée qu'il franchit aussitôt. Il éteignit sa baguette, se mit dos à la porte, son cœur battait extrêmement vite et ne put contrôler les larmes qui coulaient sur ses joues. Il se laissa glisser au sol et se mit à pleurer. Il ne sut combien de temps il resta dans cette position quand il entendit une voix près de lui.

_ Colin ?

L'élève de cinquième année releva la tête et vit les professeurs Lupin et Rogue le regarder avec inquiétude.

_ Colin, que se passe-t-il ? Y a-t-il eu un problème avec Alice ? demanda doucement son directeur de maison.

_ R… Rien, professeur, mentit Colin en essuyant ses yeux.

_ Venez avec moi, dit fermement le professeur Lupin.

Il sortit sa baguette et sembla jeter différents sorts sur la porte. Il tendit ensuite la main à Colin qui la prit après un moment d'hésitation et l'aida à se relever. Ils entrèrent dans le bureau du professeur Rogue qui se trouvait à côté de leurs appartements, en face de ceux d'Alice.

_ Voulez-vous un peu de thé ? proposa le professeur Rogue.

Colin acquiesça silencieusement. Le Directeur-adjoint partit et revint quelques minutes plus tard. Il versa du thé dans trois tasses et en posa une devant Colin.

_ Maintenant, racontez-nous ce qu'il s'est passé avec Alice, demanda Remus.

_ Rien de spécial, répondit Colin avec une petite voix.

_ Donc c'est tout naturel que nous vous ayons trouvé recroqueviller en pleurs devant la porte des appartements de votre petite-amie, lança le professeur Rogue.

Colin retint ses larmes de couler à nouveau.

_ Il ne s'est rien passé, je vous le jure.

_ Alors, pourquoi avez-vous la voix tremblante ? Pourquoi ne nous regardez-vous pas dans les yeux ? Pourquoi avez-vous les yeux brillants ? Miss Chase s'est-elle montrée violente envers vous ? Vous a-t-elle agressée ? Vous devez nous le dire, c'est important, déclara fermement le professeur Rogue.

_ Pour que vous la renvoyez ? Ce sera ma faute ! s'exclama Colin. Je suis désolé, mais je n'ai rien à vous dire.

Il se leva et voulut sortir mais la porte demeura fermée. Il se retourna et fit face à ses deux professeurs, agacé.

_ Calmez-vous, nous ne renverrons personne, dit calmement Remus. S'il y a un problème, nous devons le savoir au plus vite pour éviter que la situation ne se dégrade. Nous ne vous voulons aucun mal, nous sommes les premiers à avoir fait confiance en Alice et en vous, rappelez-vous.

Colin détourna le regard, gêné.

_ N'ayez pas peur. Dîtes-nous ce qu'il s'est passé.

Le jeune homme soupira.

_ Je suis allé la voir pour la saluer, elle m'avait dit de venir dans ces heures-là. Nous nous sommes embrassés puis elle s'est rapidement dirigée vers sa chambre. Ce n'était pas dans ses habitudes, elle semblait distante alors j'ai voulu savoir ce qu'elle avait mais elle ne m'a pas vraiment répondu, elle disait que tout allait bien. Je savais que je prenais un risque mais je ne pensais pas… Je lui ai touché doucement le bras, elle s'est dégagée et elle m'a plaqué contre son armoire assez fortement, je ne pouvais plus bouger. J'ai d'ailleurs un peu mal au dos.

_ Cela vous gênerait de nous montrer ? C'est juste pour évaluer la force qu'elle a utilisé. Pas la peine d'enlever votre chemise, remontez-la et cela suffira, proposa le professeur Lupin alors que le professeur Rogue venait de s'éclipser.

Colin enleva sa robe de sorcier et remonta son pull et sa chemise. Le professeur Lupin vit deux bandes foncées sur le dos de son élève. Le professeur Rogue revint avec un baume.

_ Cela risque de vous piquer un peu mais si vous le mettez régulièrement, cela devrait s'estomper rapidement. Vous devrez seulement en parler à un de vos camarades de dortoir pour vous l'appliquer.

_ Ce ne sera pas un problème, dit Colin. Merci, professeur.

Le professeur Rogue esquissa un sourire et retourna s'asseoir sur sa chaise.

_ Continuez, suggéra le professeur Lupin.

_ Je lui ai demandé de me lâcher à plusieurs reprises, lui disant que je ne voulais pas la blesser mais elle ne semblait pas m'entendre. Son regard me glaçait le sang. Pour la première fois depuis le début de l'année, je voyais en elle le prédateur. J'ai alors saisi délicatement ma baguette et quand j'ai commencé à sentir son souffle sur mon visage, j'ai lancé le sortilège Lumos Maxima et je le lui ai lancé au visage. Elle m'a lâché, s'est réfugiée dans un coin de sa chambre et j'ai marché à reculons. En sortant de la chambre, j'ai lancé le maléfice du Saucisson comme vous nous l'avez conseillé en début d'année et je suis sorti, toujours à reculons. Après je ne m'en rappelle presque pas, j'ai dû craquer en sortant jusqu'à votre arrivée.

_ Très bien, merci pour ces informations, dit le professeur Rogue. Nous aurions dû vous dire de patienter demain pour aller voir votre petite-amie, Miss Chase est rentrée pour la première fois chez elle depuis le début de l'année, il fallait se douter que le retour serait difficile. Je vais aller la voir avec le professeur Lupin. Allez trouver Miss Weasley et Miss Lovegood si vous pouvez et dîtes-leur de ne pas aller voir votre amie ce soir ni demain, je suppose qu'elle n'ira pas en cours demain.

_ Je vais essayer de trouver Luna oui. Ce sera plus facile avec Ginny.

_ Vu que c'est bientôt l'heure du dîner, vous devriez trouver Luna très rapidement, songea le professeur Lupin. Si vous avez un quelconque problème, allez à l'infirmerie, j'irai la prévenir de votre éventuelle visite.

Colin hocha la tête, les salua et sortit pour tomber nez à nez avec Luna et Ginny.

_ Que faisais-tu dans le bureau du professeur Rogue ? Il y a un problème ? demanda cette dernière. Ou tu sais quelque chose sur Alice, sa porte est fermée et elle ne répond pas.

_ Du calme, chaque chose à la place, s'exclama Colin. Venez, nous allons discuter dans un coin.

Ils s'éloignèrent et trouvèrent un petit endroit près des escaliers où Colin leur raconta ce qu'il s'était passé et sa discussion avec leurs professeurs. Ginny et Luna semblèrent tristes de ne pas pouvoir voir leur amie mais étaient surprises par le comportement violent de la jeune Poufsouffle. Ils discutèrent un moment, essayant d'établir des hypothèses, puis allèrent dîner.

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Pendant ce temps, Remus et Severus s'étaient préparés à faire face à l'élève de Poufsouffle. Ils sortirent du bureau de Severus et se dirigèrent en face. Remus désactiva les sortilèges qu'il avait lancé une heure plus tôt et entra, en jetant le sortilège de lumière, suivi de Severus. Si Alice s'était libérée du maléfice, elle pourrait les attaquer. Remus se défendrait pendant que Severus attaquait tout en essayant de ne pas blesser la jeune fille. Ils avancèrent à pas de loup jusqu'à la chambre et virent leur élève, figée sur le sol.

_ Nous allons vous libérer du maléfice mais si vous tentez quoique ce soit, nous serons obligés de nous défendre, prévint Remus.

Severus dirigea sa baguette vers Alice et la libéra. Elle remua légèrement et poussa un cri en voyant ses deux professeurs devant elle, baguettes à la main pointées vers elle. Elle se recroquevilla contre le mur, effrayée.

_ Où se trouve votre baguette ? demanda Severus.

_ Dans… dans… le salon, répondit Alice d'une voix tremblante.

Remus et Severus abaissèrent leurs baguettes mais les gardèrent à la main.

_ Nous venons de discuter avec Mr Crivey. Vous rappelez-vous de ce qu'il s'est passé ? demanda ce dernier.

_ Vaguement. Il est arrivé, m'a embrassé, m'a demandé comment j'allais et je suis retournée ici pour terminer de ranger mes affaires. Il m'a pris le bras et…

Alice releva la tête, le regard effrayé.

_ Je n'ai pas fait ça ? s'exclama-t-elle. Je ne l'ai quand-même pas attaqué ! Professeurs, rassurez-moi, je ne lui ai pas fait de mal ?

Remus et Severus se regardèrent, perplexes. Remus s'approcha d'elle lentement.

_ Rassurez-vous, vous ne lui avez pas fait de mal. Un peu au dos mais avec un baume, ça partira rapidement. Vous l'avez effrayé mais il ne vous en veut pas. Il ne comprend pas pourquoi vous avez agi comme ça. Il vous a trouvé distante.

_ Je n'aurais pas dû rentrer, murmura Alice. Excusez-moi.

Elle se leva et se figea en voyant deux baguettes pointées vers elle.

_ Je veux juste aller me chercher de quoi me nourrir, dit-elle. S'il vous plaît.

Remus hocha la tête et les deux adultes baissèrent leur biens. Alice alla dans la cuisine, suivie par ses professeurs. Elle ouvrit la porte du placard réfrigéré et en sortit une poche de sang. Elle tourna le dos à Remus et Severus le temps de la vider. Elle jeta le sachet à la poubelle et se retourna.

_ Merci.

_ Asseyons-nous, proposa Severus. Pouvez-vous me dire ce qu'il s'est passé durant ces vacances ?

_ Dans l'ensemble, cela s'est super bien passé. J'étais heureuse de revoir mes parents et mes grands-parents, ils étaient ravis d'apprendre que tout allait bien ici, que je reprenais petit à petit mes habitudes. Et il y a trois jours, j'ai annoncé à ma mère que j'étais amoureuse et que je sortais avec Colin. Il a déjà rencontré mes parents et ils savent que Colin est un né-moldu. Cela ne les dérangeait pas avant, raconta Alice.

_ Je suppose qu'ils vous ont demandé de rompre avec lui en insistant sur votre nature, supposa Remus.

Alice hocha la tête.

_ C'est pour ça que j'étais distante. Je ne m'attendais pas à le voir aussitôt, je ne me suis pas préparée à ce qu'il vienne me voir ce soir. Mes parents ont essayé de me convaincre de rompre avec lui mais je l'aime, je ne veux pas me séparer de lui. Pour la première fois depuis ce qui s'est passé cet été, je me suis sentie revivre. Mais ils ne le comprennent pas. Et ce que je craignais le plus est arrivé. M'en prendre à lui, à mes amis, à un élève.

_ Relativisez les choses. Cela fait six mois que vous êtes ici et il ne s'est rien passé. Vous étiez à cran en revenant de chez vos parents et l'insistance de Mr Crivey vous a perturbée au point que vous vous êtes laissée aller à votre nature. Il a très bien réagi en vous écartant grâce au sortilège Lumos Maxima puis en vous saucissonnant. Ne lui en voulez pas, il a quand-même gardé son sang-froid et ne vous a pas blessée volontairement, expliqua Severus.

_ Je ne lui en veux pas. Mais comment lui parler ? Je n'oserai pas venir vers lui. Il va sans doute en parler avec Ginny et Luna et s'ils ne veulent plus me parler…, paniqua Alice en commençant à manquer d'air.

_ Calmez-vous, tout ira bien, dit Remus. À ce que je sache, ils ne vous ont jamais tourné le dos donc ce serait étonnant qu'ils le fassent maintenant, surtout que vous n'avez pas blessé Colin. Ayez confiance en vos plus proches amis et en vous.

Alice soupira.

_ Je vais faire ce que je peux.

_ Comment vous sentez-vous maintenant ? demanda Severus.

_ Je me sens faible, comme si je pouvais craquer à tout moment mais je sais que tout ira bien si je vais en cours demain. C'est assez contradictoire.

_ Je vous donne l'autorisation de vous reposer demain pour reprendre un maximum de forces. Maintenant, bien que je ne veuille pas le faire, je me vois obliger de remplir mon rôle de Directeur-adjoint. Je passe pour cette fois-ci car il s'agit de votre première crise qui est sans gravité mais à la prochaine, je serai contraint de sévir.

_ Je comprends, professeur. Je ferai mon possible pour ne pas que ça recommence, répondit Alice.

_ Nous vous faisons confiance, déclara Remus en souriant. Et vous savez que s'il y a le moindre problème, nous sommes juste à côté.

Alice hocha la tête en rendant son sourire. Le couple la salua et rentra dans leurs appartements.

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Le lendemain, Colin, Ginny et Luna furent surprises de ne pas voir Alice en cours. Étant donné qu'ils avaient un cours de Défense Contre les Forces du Mal de treize à quinze heures, ils allèrent voir Remus à la fin du cours. Celui-ci sourit en les voyant.

_ Que puis-je pour vous ?

_ C'est au sujet d'Alice, dit Colin, inquiet. On se demandait pourquoi elle n'était pas là depuis ce matin. Je sais que vous êtes allés la voir, le professeur Rogue et vous mais ce n'était pas de sa faute. J'aurais dû prendre mes précautions. Elle venait de rentrer de chez elle, elle devait être sensible aux odeurs et moi j'arrive, je l'embrasse et insiste pour savoir ce qu'il y a. S'il y a quelqu'un à blâmer, c'est moi. C'est injuste qu'elle paie par ma faute.

_ Calmez-vous, Colin. En effet, le professeur Rogue et moi sommes allés voir Alice après que nous ayons parlé ensemble. Nous l'avons libéré de votre maléfice, nous l'avons rassuré, elle nous a expliqué la situation. En effet, elle était sensible aux odeurs mais ce n'est absolument pas de votre faute ni de la sienne. Elle a besoin d'un léger temps de réadaptation donc nous lui avons laissé la journée pour se reposer et reprendre ses esprits. Mais nous l'avons prévenu qu'au prochain dérapage, elle devra être sanctionnée. Par chance, il n'y a eu aucune conséquence mais ça aurait pu mal finir si vous n'aviez pas eu la présence d'esprit de sortir votre baguette.

_ Je sais. Je pensais que vous l'aviez sanctionnée, ou pire que vous l'aviez renvoyée, dit Colin. Pensez-vous que nous pouvons aller la voir ?

_ Je pense. Si elle ne souhaite pas parler de ce qu'il s'est passé hier, ne la harcelez pas pour le savoir. Elle se confiera à vous dès qu'elle se sentira prête. Et si je peux vous donner un conseil, Colin, essayez de ne pas être trop tactile avec elle pendant les prochains jours. Elle saura que c'est juste une mesure de précaution et que cela n'enlève rien à l'amour que vous lui portez.

Colin hocha la tête en rougissant.

_ Merci professeur, dirent les trois élèves avant de saluer leur professeur et de partir.

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Pendant ce temps, Severus reçut la visite surprise de Minerva et Pomona.

_ C'est une surprise. Que puis-je pour vous ? demanda Severus en les invitant à s'asseoir face à son bureau.

_ Nous venons vous voir à propos de Miss Chase, répondit Minerva.

Severus fronça les sourcils. Avaient-elles eu vent de ce qu'il s'était passé la veille ? Il préféra se montrer prudent et jouer l'indifférent.

_ Je ne vois pas de quoi vous parler.

_ J'ai reçu une lettre de Mrs Chase ce matin. Elle m'informait qu'elle avait trouvé sa fille perturbée et que son comportement était plus agressif ces derniers jours, révéla Minerva. Et ce matin, j'ai su que Miss Chase ne se sentait pas bien pour aller en cours… avec votre autorisation, Severus. Puis-je savoir pourquoi ?

_ Puis-je lire cette lettre d'abord ?

Minerva tendit la lettre à son collègue qui la lut attentivement.

_ Elle n'a apparemment blessé personne, où est le problème ? demanda Severus.

_ Tu te fous de nous ? s'exclama Pomona. Avant les vacances, elle s'était super bien intégrée, elle recommençait à retrouver une vie normale et deux semaines dans sa famille ont détruit le travail effectué. Dans quel état est-elle en ce moment ? Est-elle légèrement fragile dû aux nombreuses odeurs qu'elle peut sentir ou est-elle sur le fil au point de s'en prendre à un élève au moindre contact ?

_ Et moi qui pensait que tu avais surpassé ta peur de ton élève, ironisa Severus.

_ C'est le cas. Mais je suis responsable de soixante-neuf autres élèves, tu es responsable de plus de deux cent élèves, tu ne peux pas tout ramener à une seule élève, Severus. Sinon, je ne serai pas ici à essayer de savoir ce qu'il se passe. Je suis prête à faire confiance à Miss Chase malgré la lettre de sa mère. Alors si tu sais quelque chose, tu dois nous en parler.

_ Et quelle est votre opinion, Minerva ? questionna Severus, méfiant.

_ Vous savez que j'ai une entière confiance en vous. Mais je ne mettrai pas en danger la majorité des élèves et enseignants, ainsi que les deux nourrissons qui habitent ici.

_ Très bien. Je ne sais pas ce que veut exactement la mère de Miss Chase dans cette lettre mais je connais le problème principal. Miss Chase a annoncé être en couple avec Mr Crivey et sa famille l'a quasiment poussé à rompre avec lui. Déjà qu'elle doit contenir ses émotions, alors si elle est poussée dans ses retranchements, Miss Chase peut effectivement être perturbée. Mais pas comme sa mère l'entend. C'est pour cela que je l'ai autorisée à ne pas aller en cours aujourd'hui. J'irai voir ce soir si elle est en état de les reprendre demain.

_ S'est-il passé quelque chose pour que vous ayez autant de confidences ? demanda Minerva.

_ Il y a eu un léger incident avec Mr Crivey hier soir mais il a été exemplaire. Il s'est dégagé avec maîtrise et sang-froid et a tenu Miss Chase hors d'atteinte en la saucissonnant. Il a appliqué à la lettre les règles de sécurité données au début de l'année. Remus et moi l'avons trouvé en pleurs devant les appartements, nous l'avons calmé et il s'est confié. Nous avons été voir Miss Chase ensuite et elle nous a tout raconté. Les vacances ne se sont pas trop bien passées, notamment avec l'annonce de son couple. Cela l'a fragilisé, c'est certain. Mais elle a des amis sur qui elle peut compter et des professeurs qui l'aideront au mieux. Je l'ai prévenu que je passais sur cet incident qui a été sans gravité mais qu'au prochain débordement, je devrai sévir. Elle le sait et elle en est consciente.

Minerva soupira tandis que Pomona regardait Severus avec inquiétude.

_ Comment va-t-elle, Severus ? demanda-t-elle.

_ Elle est mal, s'en prendre à quelqu'un était sa hantise. En plus, il s'agissait de son petit-ami… Je suis certain qu'elle ne représente aucun danger, affirma Severus. Mais si vous voulez la voir de vous-même, je vous accompagne. Mais attendez-vous à ce qu'elle soit paniquée à l'idée d'être renvoyée.

_ C'est un peu extrême, remarqua Pomona.

_ Mais c'est son état d'esprit, pour vous dire à quel point elle s'en veut. Allons-y.

Severus se leva puis sortit de son bureau. Il défit les enchantements et frappa à la porte des appartements de la jeune vampire. La porte s'ouvrit doucement.

_ Bonjour, Miss Chase. Je suis avec les professeurs McGonagall et Chourave. Pouvons-nous entrer ? Nous ne vous voulons aucun mal, juste discuter.

La jeune fille hocha la tête et se dirigea vers la cuisine tandis que les trois adultes entraient.

_ Bonjour, Miss Chase. J'ai reçu ce matin une lettre de votre mère.

_ Je comprends mieux pourquoi vous êtes ici, lança froidement la jeune fille. Elle préférerait faire tout son possible pour me renvoyer d'ici pour avoir un contrôle sur moi. Elle ne croit pas que je puisse être comme avant. Pendant toutes les vacances, elle n'a eu de cesse de me convaincre de ne pas revenir ici, de me dire que mon couple n'avait aucun avenir, que je finirais par m'en prendre à lui. J'ai essayé de lutter pour garder mon calme mais petit à petit ses idées sur mon avenir avec Colin s'incrustaient en moi et… s'il n'y avait pas eu mon père, je ne sais pas ce que j'aurais pu faire à ma mère. J'étais encore trop sensible quand Colin est venu me voir hier soir. D'un côté, je savais que c'était lui et de l'autre, j'étais en colère contre ma mère. C'était horrible. Je suis vraiment désolée, je n'ai pas voulu lui faire de mal, je vous le promets.

_ Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas venus vous sanctionner ni vous renvoyer, l'apaisa Pomona. Nous sommes venus vous voir pour savoir comment vous alliez.

_ Totalement perdue, avoua Miss Chase. Je me demande à la fois si j'ai bien fait de revenir ou s'il ne fallait pas mieux que je reste chez moi.

_ Hors de question, répliqua le professeur McGonagall.

Les trois sorciers regardèrent la Directrice avec surprise. Même s'il n'était pas habitué à ce comportement de sa collègue, Severus savait qu'elle avait à coeur ce destin. Elle n'avait jamais pris part dans l'éducation de Harry pendant ses premières années à Poudlard et voulait en quelque sorte se racheter.

_ Vous avez prouvé que vous pouviez concilier votre nature de vampire et de sorcière. J'ai fait l'erreur une fois de laisser un enfant dans une mauvaise famille, je ne le referai pas une seconde fois. Nous allons tout faire pour garantir votre sécurité cet été. Jusque-là, je vous demande de vous conduire comme n'importe quelle élève normale. Suivez vos cours, passez vos BUSE et de notre côté, nous allons trouver une solution.

_ Merci, professeur.

Les trois professeurs saluèrent leur élève et sortirent pour retourner dans le bureau de Severus.

_ Comment allons-nous faire pour cet été ? Il est impensable qu'elle reste ici, ce serait contraire au règlement et en plus, elle est encore sous la responsabilité de ses parents, dit Severus.

_ Et nous ne pouvons pas prévenir le Ministère sinon ils fermeront Poudlard s'ils savaient qu'un vampire y étudie, remarqua Pomona.

_ Il faut trouver une solution pour le soleil, je ne vois rien d'autre, songea Severus. Mais comment ? Aucune plante ne peut contrer les effets du soleil…

_ Il n'y a pas une potion capable de minimiser les effets du soleil, comme la potion Tue-Loup pour les loups-garous ? supposa Minerva.

_ Pas à ma connaissance. Je vais devoir chercher longuement dans les livres.

_ Il y a une solution : demander à Aurora ou Sybille si les astres ont parlé, proposa Pomona.

_ Alors, je serais partant à vingt mille pour cent pour parler à Aurora, mais Sybille, tu peux oublier tout de suite. Je n'ai jamais aimé la divination, je ne vais pas m'y tourner maintenant, s'exclama Severus. Je vous tiens au courant de toute manière. Sinon, nous trouverons un moyen pas très légal mais suffisant pour la garder en vie sans qu'elle ne court un danger.

_ Je vais y aller, j'ai encore des affaires à régler, dit Minerva. Passe le bonjour à Remus.

_ Pas de soucis.

_ Je vais y aller aussi, je dois préparer mes plantes pour mes prochains cours.

Severus salua ses deux collègues et reprit son travail tout en restant pensif à une solution pour sauver Miss Chase…


Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Severus a-t-il eu un rêve prémonitoire ? XD

Je vous donne rendez-vous le samedi 6 mai avec un nouveau chapitre intitulé "Métamorphomagisme et intoxication"

Je vous souhaite un bon week-end, prenez soin de vous et de vos proches ;)