Bonjour à tous !

Et le chapitre 7 ! Franchement, j'aurais pu me passer de celui-ci. Il reste anecdotique dans l'histoire et ne fait pas avancer le schmilblick. Mais il permet d'observer les liens se renforcer entre nos deux protagonistes principaux et, rien que pour ça, je l'aime bien.

Le chapitre 8 étant probablement le plus court de l'histoire, je vous le mets à suivre.

Bonne lecture à tous !

Chapitre 7

27 novembre 2001

Harry tira sur le col de sa robe inconfortable et sentit une goutte de sueur glisser le long d'une clavicule. Il avait soif, chaud et avait mal à la main à force d'en serrer.

Il se trouvait dans l'une des salles de réception du Ministère de la Magie depuis environ une heure et il ne pensait qu'à prendre ses jambes à son cou. Il détestait ce ballet de personnes hypocrites qui en avaient après son argent et sa célébrité, ce Ministère qui courait après sa réputation et tous les autres même s'ils ne lui avaient rien fait.

Le gala était donné pour il ne savait plus quelle cause humble et juste et le Ministère avait forcé la main à Harry pour qu'il montre sa présence en jouant sur la corde sensible. La population était dévastée par son refus de faire carrière en tant qu'auror, Harry devait se rattraper et leur montrer qu'il était toujours là. Harry s'était rebellé contre ça, bien entendu, mais Harry Potter avait culpabilisé.

Donc, il était là, avec sûrement plus de la moitié des personnes les plus riches de l'Angleterre. Et à bien y regarder, on n'observait que très peu de têtes nouvelles depuis la fin de la guerre. Les grandes familles du pays avaient su se préserver des sombres années passées, même les Malefoy n'avaient que très peu perdu de leur pécule.

Malefoy. Le blond était déjà venu quatre fois chez lui pour la restauration de ses meubles. À chaque fois, Harry s'était promis de faire comme s'il n'était pas là et de faire sa vie. C'est pour cela qu'à chacune des visites du blond, il s'était retrouvé dans un coin de la salle à manger à l'observer travailler. L'envie de le regarder était trop forte pour sa petite volonté.

C'était hypnotisant de le voir travailler. Ses mains étaient souples et il maniait sa baguette comme si elle était un prolongement de son corps. Il marmonnait souvent des mots incompréhensibles et faisait parfois les cent pas lorsqu'il réfléchissait. Mais Harry fondait littéralement dès qu'il sortait ses lunettes. Là, Salamèche sortait le bout de sa tête comme pour approuver les pensées de Harry : ces lunettes étaient positivement sexy et affriolantes. Avec la chemise, d'une couleur différente à chaque fois, c'était le combo gagnant.

Harry profitait également de ces instants pour faire le vide. Malefoy dégageait une grande sérénité et un grand calme lorsqu'il travaillait. En le regardant faire, Harry basculait doucement vers un sentiment de paix, de plénitude même qui lui permettait de se recentrer et de poser ses idées, ses envies.

Son thérapeute l'avait remarqué et l'avait félicité de saisir de lui-même ces moments, sans culpabiliser pour son geste égoïste. Après tout, il se servait de la présence du blond dans son propre but.

Malefoy n'avait jamais fait de remarque à la présence de Harry. Il lui adressait parfois un regard ou un sourire et Harry sentait son cœur s'accélérer et ses mains trembler. Harry avait même l'impression qu'il finissait par l'oublier, pris dans son travail.

Mais toute chose avait une fin et le lundi précédent avait été son dernier jour de travail dans la salle à manger. Le travail de Malefoy avait été extraordinaire. La pièce avait retrouvé son charme. Ne manquait plus qu'un coup de peinture. Même Kreattur avait eu les larmes aux yeux en voyant le résultat.

Un verre apparut devant ses yeux, tenu par une main blanche aux longs doigts.

- C'est de l'eau gazeuse, Potter. Tu as l'air de te dessécher.

Harry saisit le verre et l'avala d'une traite. Un elfe apparut aussitôt devant lui pour récupérer le verre vide.

- Merci, Malefoy.

Harry se tourna pour faire face au blond engoncé lui aussi dans un habit de soirée sorcier. Mais là où Harry était mal à l'aide et gêné dans ses mouvements, Drago Malefoy lui était l'élégance et l'aise mêmes.

- Comment fais-tu pour supporter ces tenues ? C'est étouffant et ça gratte.

- J'en porte depuis que je marche, répondit Malefoy en haussant les épaules. Et je t'ai déjà dit de m'appeler Drago.

Oh ça, Harry s'en souvenait très bien. Du coup, il faisait tout pour ne pas l'appeler. Et il ne se sentait pas de l'appeler par son prénom en public.

Un flash les fit se retourner. Un petit bonhomme avec un énorme appareil photo venait d'immortaliser la scène : Drago Malefoy et Harry Potter ensemble à une soirée mondaine qui ne se hurlaient pas dessus. La presse allait en faire ses choux gras pendant des jours.

Harry sentit Malefoy bouger et, avant qu'il n'ait pu réagir, il se retrouva collé au flan du blond son bras autour de sa taille. Il se pencha à l'oreille de Harry, son souffle lui caressant la nuque.

- Autant leur donner de quoi parler, non ?

Harry hésita puis passa également son bras à la taille de Malefoy et offrit un grand sourire plein de dents et de fausseté au journaliste. Il sautilla autour d'eux et les mitrailla puis finit par les laisser tranquilles.

- Allons-nous-en, marmonna Harry en se détachant.

- Où veux-tu aller ?

- Harry ! Où étais-tu passé, on te cherche depuis des heures !

Harry leva les yeux au ciel et vit Hermione et Ron arriver à petits pas rapides vers eux. Il se tendit. Malefoy était toujours à côté de lui et il ne savait pas du tout comment ils allaient réagir.

- Oh, salut Malefoy ! dit Ron en l'apercevant.

Il reçut un signe de tête en réponse mais ne s'en formalisa pas. Harry resta coi devant la non réaction de son ami. Il avait imaginé des cris, des poings et même des pleurs, mais pas cette franche indifférence. Ils avaient bien changé.

- Il faut que tu t'en ailles, reprit le roux. Le Premier ministre te cherche pour un discours, Neville et Luna sont en train de gagner du temps.

- Ça tombe bien, je proposais à Malefoy de fuir.

- Parfait timing alors, répondit Hermione.

Elle se tourna vers Drago.

- Ramène-le entier et sobre chez lui, veux-tu ?

Malefoy hocha la tête et Harry rougit au sous-entendu. Il fusilla Hermione du regard qui haussa un sourcil. D'un regard, Harry comprit qu'elle savait que Malefoy ne savait pas et qu'elle n'en avait rien à faire. Son principal souci était de le garder en vie et en bonne santé, le reste importait peu. Merci Hermione.

Il sentit une main chaude glisser dans la sienne. La dernière image qu'il eut sur ses rétines avant de sentir les effets du transplanage fut Luna en train de courir vers eux, le Premier Ministre non loin derrière elle qui balayait la salle des yeux, sûrement à la recherche du Sauveur. C'était moins une.

Il trébucha à l'atterrissage et se retrouva collé au torse de Malefoy. Ses mains se retrouvèrent à plat sur ses pectoraux et il put sentir son cœur cogner dans sa cage thoracique. Il leva les yeux et plongea dans les orbes grises teintées de bleu.

- Si c'est dans mes bras que tu veux finir, Potter, inutile de trébucher à chaque fois qu'on se rencontre, il suffit de demander.

Harry rougit et s'écarta à contrecœur. Il eut soudainement froid.

- Désolé, je déteste transplaner. En fait, non, je déteste presque tous les moyens de transport magiques, ils me rendent malade.

Il osa jeter un regard au blond qui lui souriait de manière attendrie. Harry frissonna sous le regard. Et aussi parce qu'il avait toujours froid.

Son complice de délit de fuite le remarqua et l'entraina à sa suite. Harry finit par se rendre compte qu'ils étaient devant chez lui et prit les choses en main pour les faire entrer.

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent dans le salon du premier étage avec du thé et des petits gâteaux apportés par Kreattur. Malefoy avait levé les sourcils devant l'absence d'alcool mais n'avait rien dit et Harry lui en était reconnaissant.

Le blond détaillait des yeux la pièce avec curiosité. Ses yeux se posèrent sur l'armoire au fond de la pièce et se leva du vieux canapé pour s'approcher. Harry le vit effleurer le vieux bois clair et observer la vitrine.

- Tous tes souvenirs dans des flacons Potter…

Harry ne répondit rien et continua à l'observer. Il finit par se reculer et alla vers la tapisserie.

- Il manque des noms.

- Hum…, acquiesça Harry. Walburga avait tendance à brûler ceux qui n'allaient pas dans le sens de la grande famille des Black.

- D'où la disparition d'Andromeda ou de Sirius, marmonna Malefoy.

Il passa un doigt sur l'emplacement de Sirius et Harry sentit son cœur se serrer. Il n'avait plus pensé à son parrain depuis une éternité malgré le fait qu'il vive dans sa demeure.

Il entendit Malefoy marmonner devant le mur mais n'y prêta pas attention. Il en avait pris l'habitude en l'observant travailler.

Harry reposa ses yeux sur son invité et le détailla.

Le blond s'était mis à l'aise. Il avait enlevé sa robe de cérémonie, le laissant avec un pantalon à pinces et une chemise noire en soie. Ses fesses rebondies le firent soudain saliver.

Son esprit partit à la dérive et il se laissa faire. Malefoy en caleçon, Malefoy dans un lit avec lui, Malefoy et lui dans les toilettes crasseuses d'un bar, la bouche de Malefoy sur Salamèche, le Salamèche de Malefoy en lui…

Un cri le fit sursauter. Il leva les yeux et se mit à rire. Malefoy était toujours face à la tapisserie et sautillait devant en poussant de petits cris.

Au son du rire de Harry, il se tourna et l'agrippa par le bras pour le traiter vers le pan de mur.

- Arrête de te moquer et regarde.

Harry balaya le mur du regard. La tapisserie avait toujours l'air aussi défraichie. Les ornements autour des noms étaient toujours aussi ternes. Mais ils semblaient plus nombreux. Harry fronça les sourcils et son regard se fixa par habitude sur l'emplacement de son parrain.

Son corps se figea et il glissa un doigt tremblant sur son nom et son image qui n'étaient plus brûlés. Il vérifia aussi Andromeda, qui était de nouveau là aussi. Mieux encore, de nouveaux noms étaient apparus et Harry sentit ses yeux s'embuer lorsqu'il vit le nom de Remus, Tonks et de son filleul, Teddy Lupin.

Sans réfléchir, il passa ses bras autour des épaules de Drago et le serra très fort contre lui, tentant de ravaler ses larmes.

- Merci Drago, merci, merci…

Les bras de Drago entourèrent ses hanches et ils restèrent là un certain temps, jusqu'à ce que Harry se calme. Il releva la tête qu'il avait enfouie dans le cou de Drago et lui adressa un sourire humide. Gêné, le blond lui essuya du bout des doigts ses joues humides et brisa l'étreinte en se raclant la gorge.

- Pas de quoi, Harry, pas de quoi.

Harry hocha la tête pour reprendre contenance et ne fit pas attention au soubresaut de son estomac à l'entente de son prénom. Il se rassit et finit son thé devenu froid, fixant sans la voir la tapisserie.

Il avait peu d'images de Remus et Sirius, et les voir ici, dans son salon, à portée de son regard le chamboulait bien plus qu'il ne l'aurait cru.

Il se souvenait de chaque conversation, chaque moment privilégié qu'il avait pu passer avec son parrain et son ami. Ils avaient joué aux échecs dans cette pièce, discuté pendant des heures au coin du feu ou juste passé du temps ensemble dans un silence chaleureux et confortable, profitant de la présence de l'autre.

Sirius avait été une pause bienfaitrice dans son adolescence. Il avait eu pour la première fois de sa vie un modèle sur lequel se reposer, un modèle adulte et bien vivant, qui avait pu le rassurer, le conseiller dans ses moments de trouble.

Et sa mort avait été une plaie béante qui ne s'était jamais refermée. Il n'avait jamais pu faire son deuil avant la guerre, il s'était contenté de mettre un drap sur sa peine et de continuer à avancer pour faire ce qu'on attendait de lui, encore.

Personne ne s'était préoccupé de ses sentiments, de son chagrin. Tous lui avaient demandé d'oublier et de tuer Voldemort.

Une arme, voilà comment il avait été considéré. Seul Remus à l'époque, avait été présent pour Harry, et non pas pour Harry Potter. Sans lui Harry aurait sûrement sombré pendant sa sixième année. Et lui aussi était mort.

- Tu crois que je pourrais le rencontrer un jour ?

La voix de Drago fit sortir Harry de ses pensées sombres. Il regarda le blond dont le doigt était posé sur le tout nouvel emplacement de Teddy.

- Oui, bien sûr, c'est ton cousin. Il vient ici un weekend par mois pour qu'Andromeda puisse se reposer.

- Comment il est ?

Harry esquissa un sourire.

- C'est un métamorphomage, comme sa mère. Il a trois ans et est plein de vie. Il est très curieux et touche à tout. Pour l'instant, il ressemble plus à Tonks qu'à Remus qui était plus posé mais on verra quand il grandira.

Drago hocha la tête. Harry le vit ouvrir la bouche, hésiter et refermer la bouche. Son sourire s'agrandit.

- Oui… ? l'encouragea-t-il.

Drago prit une légère inspiration.

- Et… Andromeda ? Tu crois qu'elle accepterait de me rencontrer un jour ?

Harry réfléchit sérieusement à la question. Jamais Andromeda ne parlait de sa sœur ou de son beau-frère. Elle n'avait jamais montré d'animosité envers sa famille mais n'avait jamais non plus montré un avis positif.

- Je ne sais pas, répondit Harry en toute franchise. Je lui demanderai, si tu veux.

- Oui, je veux bien, dit Drago.

Le blond se rassit en face de Harry et se plongea dans ses pensées. Il n'osa pas le déranger et laissa le silence s'étirer.

Lorsque l'horloge sonna 23 h, Harry se racla la gorge.

- À quoi tu penses ? demanda-t-il au blond.

L'intéressé fixa son regard sur lui.

- À un peu de tout. La guerre, la famille, nous, mes amis…

- Et tu penses quoi de tout ça ? questionna encore le brun, curieux comme toujours.

Malefoy soupira.

- Cette stupide guerre m'a fait perdre un temps précieux. J'aurais mis moins de temps à me faire mon propre avis sur les choses, à avoir de vrais amis sur qui compter. On aurait peut-être pu être amis nous deux aussi. J'aurais pu découvrir que j'aimais travailler le bois plus tôt et ne pas être obligé de fabriquer des choses en cachette, au manoir, pour ne pas que mon père tombe dessus. J'aurais vu moins de morts, moins de haine, moins de peine. Si un jour on m'avait dit que je pourrais voir des Sombrals, je n'y aurais jamais cru.

Harry soupira à son tour mais le laissa continuer.

- Ma famille ne serait peut-être pas ce qu'elle est aujourd'hui. Ma mère m'a confié il y a quelques semaines que sa sœur lui manquait.

- D'où ton envie de la rencontrer ?

- Ça oui, et aussi le fait que c'est ma famille, mon sang. Mon père n'est plus là aujourd'hui pour me dire ce qui est bien ou mal. Et ce qui serait vraiment mal, c'est de fermer les yeux sur sa famille, peu importe les choix des uns et des autres. C'est la seule chose qui reste après une guerre. La seule chose constante dans une vie.

Harry se dit qu'il avait sûrement raison. Mais n'ayant pas de famille, il préféra garder le silence.

Il vit le blond se lever et enfiler sa veste.

- Merci pour le thé, Harry, je vais rentrer maintenant.

Harry ne se leva pas pour raccompagner le blond. Ce dernier lui serra l'épaule en passant à côté de lui et partit sans un bruit.

27 décembre 2002

Harry dévala les escaliers et dérapa dans le couloir du premier étage. Essoufflé, il ouvrir la fenêtre à laquelle un hibou tapait depuis quelques minutes déjà.

La pauvre bête s'engouffra dans la maison et secoua ses plumes pour en chasser la neige. Harry l'amena dans le salon et l'installa au coin du feu avec de l'eau et quelques biscuits.

Il s'apprêtait à ouvrir le colis lorsqu'il remarqua le nom inscrit dessus.

- Kreattur !

- Le maître a appelé Kreattur ?

Harry lui tendit le colis.

- C'est pour toi.

Kreattur prit le paquet et Harry resta dans la pièce, curieux. Qui avait bien pu lui envoyer un colis ?

Des draps de soie d'un blanc immaculé sortirent du paquet et Harry aperçut le blason des Black sur l'un des coins. Les yeux de Kreattur s'embuèrent.

- D'où ça sort ? demanda Harry.

- Monsieur Malefoy tient son accord, maître Harry, répondit simplement l'elfe.

Le lendemain soir, Harry dormait dans des draps de soie blanche et trois têtes d'elfes avaient disparu.