Petit mot : Bonjour / bonsoir à tous et une très bonne année à vous et vos proches. Voici un nouveau chapitre, qui était prêt depuis mi-décembre, mais n'ayant pas pris ma clé USB sur laquelle était cette trad, vous ne l'avez que maintenant.

Je vous rappelle qu'il n'y a pas de rythme de publication, ça dépend de mon travail, même si j'essaye de me tenir à une publication +/- mensuelle ( ça dépend aussi de la taille du chapitre, celui-ci étant de 30 pages word :'( )

Je vous rappelle certains éléments : Le monde de HP appartient à JKR, et cette histoire à Windseeker2305. Cette histoire étant finie par l'auteur, vous en aurez la fin ( pas comme le troisième 'cycle', probablement mort pour la France :D )

Je traduis sans bêta correction, vous pourrez probablement remarquer quelques incohérences, erreurs que je n'aurais pas relevées après une première relecture. De fait, si quelqu'un se sent le courage ou l'envie de m'assister dans cette tâche en se proposant en bêta correcteur, ce ne serait pas de refus et cela me permettrait d'utiliser ce temps sur les autres chapitres.

Rating : Toujours M

Genre : Romance / aventure / yaoï.

Et pour finir, un grand merci pour vos commentaires encourageants, contente que ce travail vous plaise. En vous souhaitant une bonne lecture.

Précédemment :

C'est la poursuite des cours de la rentrée. Tom accomplit un « miracle » pour Neville. Luna fait des siennes. Un entraînement fait sur mesure attend nos camarades.

SEPTIÈME CHAPITRE

LA DOULEUR DU SUCCÈS

Avant l'aube. Un instant où chacun devrait être au chaud, endormi dans son lit. Ses yeux verts clignant férocement pour chasser le sommeil et rester ouverts, Harry se demanda pourquoi il n'était pas de ces satanés chanceux. Levant les yeux vers le ciel sombre, tout ce qu'il pouvait voir était des étoiles et il se demanda à quel point il était tôt. Harry voulait demander à Drago l'heure mais quand il le vit, celui-ci lui rendit un regard noir épuisé.

« Me regarde pas comme ça, » grommela-t-il après avoir baillé. « C'était pas mon idée. »

Drago avait gémi d'impuissance en se faisant tirer du lit à il ne savait quelle heure. Il se laissa tomber sur les marches en pierre en face des grandes portes en chêne tandis que Harry restait debout, le regard vide, son cerveau l'entraînant vers le royaume des rêves. Ce dernier pouvait tomber et commencer à ronfler à tout instant.

« Debout et déplacez-vous ! » Ozemir frappa dans ses mains avec enthousiasme à chaque mot. « Chassez le sommeil. »

« Merde ! » l'exclamation aiguisée de Drago exprimait tout son dégoût de se retrouver en face d'un Ozemir si joyeux aussi tôt. Il souffla fortement, son souffle se transformant en un nuage blanc dû au froid.

« Ozemir. Il est quelle heure ? » grommela difficilement Harry en frottant ses bras glacés.

Ozemir lui répondit avec un sourire. « Vous ne voulez pas le savoir, les jeunes. »

« Ma haine envers toi n'a plus de limites actuellement, » annonça Drago.

Harry frotta son visage et fit courir une main dans ses cheveux. Ça ne fit pas partir la fatigue plus rapidement. Il commença donc à marmonner des malédictions incompréhensibles en se balançant d'un pied sur l'autre, ses dents claquant de froid. Il regarda par-dessus son épaule et remarqua qu'Ozemir était toujours aussi joyeux et bien éveillé. Son sourire rayonnait dans le noir.

« Arrête de sourire comme ça. »

Avec deux nouvelles Ombres arrivèrent Hermione et Tom. Celle-ci souriait à tout le monde en sortant de l'Ombre de Talyn, mais Tom n'affichait aucune expression en sortant de celle de Falde. « Il veut tuer quelqu'un, » dit Harry après avoir été tiré aux côtés de Drago pour fournir plus de chaleur à son compagnon fatigué.

« Quand ne le veut-il pas ? »

« Que ce soit clair, » commença Tom en s'arrêtant en face d'eux. « Je n'ai pas signé pour ça quand j'ai accepté d'être votre frère. » cracha-t-il.

Hermione arriva à leur niveau et dévisagea ses deux frères serpentards avant de hausser un sourcil. « Au nom de Merlin, mais que portez-vous donc ? Vous ne pouvez pas vous entraîner dans vos robes de tous les jours ! C'est juste… C'est totalement… »

« Stupide, » compléta Harry en lançant un regard à Drago. « J'ai essayé de te le dire, mais tu m'as ignoré et fait comme si je n'avais rien dit. »

« Excuses-moi, mais je n'ai rien qui ressemble à ces… torchons. » Drago fit un geste de la main vers Harry, désignant son vieux bas de jogging gris et son t-shirt noir délavé. « Et je pensais t'avoir dit de brûler ces affaires. »

« Si c'est confortable, je les conserve, » lui répondit Harry avec obstination, et Hermione acquiesça. Elle était vêtue d'un pantalon de sport noir, d'un t-shirt blanc et de baskets. Talyn l'aida à tresser ses cheveux pour les tenir écartés de son visage. Elle était prête à commencer.

Falde étudia Tom et Drago avec un sourcil haussé. « Vous devez changer de tenue. »

« Nous n'avons rien d'autre, » persista Tom. Il leva son menton dans les airs comme si c'était la seule réponse attendue.

Falde se tourna vers Ozemir. « Tu es l'expert en tenues en tout genre. Fais quelque chose. »

Ozemir claqua immédiatement des doigts et sourit quand Harry émit un bref hoquet de plaisir. « C'est mieux, non ? »

Harry fit un signe de tête affirmatif et resta focalisé sur son amant. Drago était désormais vêtu d'un pantalon de sport d'un vert serpentard avec une bande noire courant le long de chaque jambe, et d'une belle paire de chaussures de sport. Mais la meilleure partie, selon Harry, était le t-shirt sans manches noir qui couvrait le torse pâle de Drago. « Peut-être trop, » dit-il en expirant. Mmm, les bras. Regardez ces bras…

Drago haussa un sourcil dans la direction du brun avant de se regarder. Il eut un sourire narquois. « Remets-toi, Potter. »

Tom, qui était dans la même tenue que Drago, fit la grimace en se regardant. « Ma réputation sera ruinée si quelqu'un me voit comme ça. »

« Ce n'est pas juste ! » geignit Harry, sortant de son fantasme. « Mione et moi ressemblons à des rigolos comparés à eux. »

Falde soupira et laissa tomber son front dans sa main. « Ce sont vraiment des enfants. » Talyn rit à ses marmonnements. Ozemir claqua des doigts encore une fois, changeant les vêtements de Harry et Hermione pour qu'ils ressemblent à ceux des serpentards. Hermione couina et croisa rapidement ses bras sur sa poitrine.

« Rends-moi mon t-shirt. Et tout ce qui se trouvait en-dessous, » siffla-t-elle. Il fallut un certain moment à Ozemir pour comprendre son énervement soudain, et il eut un air horrifié.

« Je suis désolé ! » Ses doigts claquèrent encore et Hermione eut de nouveau son t-shirt et ses sous-vêtements.

« Ça me rappelle que… Quelqu'un a prévenu oncle Sev de tout ça ? Parce que je suis quasiment sûr qu'il va s'énerver de ne pas avoir été mis au courant qu'on est dehors… Encore une fois. »

« En quoi est-ce que ça ta fait penser à ça ? » demanda Hermione en rougissant. Fort heureusement son visage était caché par le noir de l'heure indue.

Tom eut un pétillement amusé dans les yeux. « C'est dégoûtant, Harry. »

« Quoi. » Ses yeux s'écarquillèrent. « Non ! »

Drago glissa un bras autour de la taille de son compagnon. « C'est pas grave, Harry. Ça va si tu penses à oncle Sev et Hermione de cette façon. Ça va. N'en parle juste pas quand je suis dans les parages. »

« Mais non ! »

Drago embrassa le front du brun avant de s'écarter.

« Allez Harry ! Allons nous échauffer. » Hermione l'entraîna derrière lui vers la zone herbeuse, souriant légèrement quand il continua de balbutier.

« Pourquoi tout ce que je dis est mal interprété ? » s'exclama Harry en s'asseyant pour étirer ses jambes. « D'abord Tom qui pense que mon flirt veut dire que je veux un plan à trois, et maintenant, ça. »

« C'est facile de t'embêter, » chuchota Hermione en se penchant en avant pour toucher ses orteils. « Nous savons que tu ne penses pas à Severus et moi de cette façon. »

« Je ne trouve pas ça marrant, » grinça Harry, son agacement faisant s'étirer ses oreilles en pointes.

Hermione ricana et bougea pour toucher les orteils de son autre pied, optant pour ignorer la frustration de Harry pour l'instant. Drago vint s'assoir à ce moment aux côtés du brun et lui adressa 'le sourire'. C'était la première fois qu'elle voyait Drago utiliser ce sourire et elle ne put s'empêcher de sourire en réponse au comportement de Harry. Il resta hypnotisé par le blond, les yeux remplis de désir et de dévotion. Drago était plutôt fier de son accomplissement. Elle ne put s'empêcher de parier que Drago allait user et abuser de ce sourire à partir de maintenant.

Tom s'approcha de Falde, les mâchoires crispées « Je ne suis pas celui qui doit prouver ma force. Pourquoi suis-je ici ? »

Falde se tourna vers lui et lui rendit son regard. « C'est faux. Non seulement tu vas devoir faire tes preuves parce que vous êtes frères tous les trois, mais aussi en tant que seigneur des ténèbres de ces humains. Il y a plein d'Ukataes qui voudraient… » Falde fit une pause pour trouver les bons mots. « Ils vont essayer de remettre en cause votre pouvoir. Ils vont avoir encore plus envie de se l'approprier maintenant que vous avez du sang Ukatae. »

Les yeux de Tom brillèrent de colère et ses ongles se plantèrent profondément dans ses paumes de main. Falde l'observa perdre le contrôle de ses glamours, ses oreilles s'allongeant tout comme ses dents, qui étaient maintenant des crocs. Ah, une colère passionnée déclenchait le changement complet pour celui-ci. « Si tu veux conserver ton pouvoir, je te suggère d'arrêter de te plaindre de ça et de les rejoindre. »

« Je vais le faire, » râla Tom.

Falde échangea un regard avec Ozemir et Talyn tandis que Tom rejoignait ses frères et sa sœur. « Je pense qu'il n'a pas apprécié ce que je lui ai dit. »

« Tu l'as énervé, » dit Ozemir.

« Beaucoup énervé. »

Harry, Drago et Hermione s'étonnèrent de voir Tom s'assoir avec eux. « Quoi ? » Le ton de sa voix les fit rapidement retourner à leur étirement. Ils avaient décidé d'attendre et de voir s'il avait remarqué les changements. Quand il serait un peu moins en colère.

Brumek apparut avec un sourire narquois. « Le chemin est terminé. Allons-y. »

« Avant que nous y allions, donnez-moi vos baguettes, » annonça Falde. « Vous n'en aurez pas besoin. »

Talyn et Brumek parièrent sur celui qui causerait le plus de problèmes. Talyn sourit en coin quand Harry et Drago firent un pas en avant, en tendant la leur, alors que Tom et Hermione poignardaient la main tendue de Falde du regard.

Brumek leva ses mains en l'air d'agacement. « Bien entendu. Coopérez quand je compte sur le contraire. »

Ozemir n'avait pas quitté Tom du regard pendant tout ce temps. Il savait qui allait leur causer le plus de soucis. C'était la fierté de Voldemort, après tout. Et sa peur. Tom ne l'admettrait jamais, même à lui-même, mais il était rempli de peurs. Ozemir était prêt à tout donner pour aider ce jeune à les surmonter, et plus encore. Hermione doutait d'elle parce qu'elle n'avait encore jamais utilisé sa magie Ukatae auparavant et ne pouvait pas compter dessus en cas de besoin, alors que sa baguette l'avait aidée à vaincre lors de combats. Elle savait qu'elle pouvait compter dessus et ce qu'elle était capable d'accomplir avec. Mais elle serait perturbée de savoir pourquoi leurs baguettes devaient leurs être données. Tom Jedusor n'y arriverait pas. Il fallait des mesures drastiques pour que le seigneur des ténèbres fasse ce qu'ils voulaient. Malheureusement, leur temps était précieux et Ozemir était prêt à utiliser tous les moyens possibles pour apprendre à Tom. Et pour y parvenir, il savait que Tom devait craindre quelque chose, ou quelqu'un d'autre que lui. De voir quelque chose de pire qu'un seigneur des ténèbres.

Tout comme Ozemir l'avait prédit, Tom se tendit et ses yeux s'étrécirent. « Hors de question. Ne demande pas une nouvelle fois, je ne changerais pas d'avis. »

Ozemir soupira et ferma à moitié ses yeux en avançant de quelques pas vers lui, autorisant sa deuxième âme à faire surface. « Bien sûr, tu es têtu. » Il y avait quelque chose d'étrange dans la façon dont Ozemir parlait, ce qui attira l'attention de tous.

« Drago, regarde. Il se transforme… » chuchota Harry.

Quand Ozemir se trouva nez à nez avec Tom, il ne se ressemblait plus. Ses cheveux blancs étaient noirs. De longs ongles noirs avaient poussé sur ses doigts pâles, et ses magnifiques yeux violets étaient maintenant d'un rouge flamboyant. Sa tunique s'était elle aussi assombrie. « Mais je ne suis pas connu pour ma patience, » parla-t-il avec lenteur en ponctuant chaque mot d'un aperçu de ses crocs.

Tom siffla en réaction et se redressa de toute sa hauteur pour l'intimider. Une intimidation risible comparée à la menace ténébreuse qui se tenait en face de lui. Et quand Tom commença à bouger ses lèvres pour parler, une émotion fugace apparut dans le regard rouge flamboyant. Ce n'était qu'un regard, une dilatation des pupilles avec une sorte de folie passagère. Les lèvres de Tom se scellèrent d'elles-mêmes par instinct de survie. Il resta immobile et silencieux, et il ne lui fallut qu'un autre regard pour que Tom Jedusor craigne quelqu'un comme aucun autre auparavant. Il se trouvait face à quelqu'un d'encore plus fou et sadique que lui.

« Pour qui te prends-tu, toi qui oses te faire appeler un seigneur des ténèbres ? » demanda le démon aux cheveux noirs, le dégoût suintant de chaque mot. « Tout ce que j'ai vu de toi, c'est l'échec. Tu as beau avoir notre sang, tu n'es pas un Ukatae. J'ai vu ton travail. J'étais là quand tu as entrainé le garçon, » Dagon désigna un Harry surpris, « dans le cimetière et que tu l'as utilisé pour ramener ton corps hideux. J'étais là quand tu l'as défié et perdu. Oui, j'étais présent. Attiré par la magie noire, » enchaîna Dagon comme les yeux de Tom s'écarquillaient. Et il rigola. C'était un son grave et dérangé, rendu encore plus terrifiant par son amusement sincère. « Tu as défié un enfant et perdu ! Je voulais t'achever, toi, la honte de tout ce qui est Noir ! J'aurais probablement dû, mais heureusement pour toi, l'idiot avait repris ses esprits et m'a entrainé loin de tout ça. »

« Qui est-ce ? » demanda Harry en regardant un Tom tremblant dont la mâchoire était crispée d'une colère noire, ignorant ses crocs qui transperçaient la lèvre, la faisant saigner.

« C'est encore Ozemir. C'est toujours son visage, » répondit Drago en adressant un regard rapide à Falde qui s'était rapproché de Tom et Ozemir en dégainant son épée.

« Restes à l'écart Falde, » l'avertit l'Ukatae aux cheveux noirs sans quitter Tom des yeux. « J'ai tous les droits d'être là. »

« Tu es l'assassin, » chuchota Hermione d'une voix tremblante.

« T'ai-je demandé de parler ? » lui dit-il d'une voix froide sans la regarder. Il rappela à Tom Lucius et Drago quand ils étaient particulièrement vicieux avec ceux qui leur étaient inférieurs. Les yeux d'Hermione s'agrandirent et elle secoua rapidement sa tête.

Demai'Tah ne m'a pas effrayé autant. Drago acquiesça en se mettant devant Harry, qui lui fit la tête en retour. Ce n'était pas une demande de protection. Drago haussa ses épaules mais ne bougea pas.

Falde se tint à côté de l'assassin et lui attrapa fermement le bras. « Dagon. Nous allons parler ou bien je vais être obligé d'attaquer. »

« Falde… » Dagon se tourna et se libéra brusquement de sa poigne avec un sourire narquois. « Tu ne m'attaqueras pas. Tu m'apprécies. Et je n'ai pas encore fini. » Il fit un geste en direction de Tom, qui avait poussé Hermione vers Harry et Drago dès que Dagon avait détourné son attention.

« Ozemir est celui auquel je tiens. Pas toi, » le corrigea Falde en levant son épée. « Je n'aurais aucun problème à t'attaquer. »

« Ozemir et moi sommes la même personne. »

« Il comprendrait si je devais m'en prendre à toi. »

Dagon lui adressa son sourire le plus brillant, le plus triomphant. « J'ai été libéré volontairement, cette fois-ci. »

« Volontairement ? » L'épée de Falde regagna son côté après un moment d'hésitation quand Dagon acquiesça.

« Qu'est-ce qu'il se passe, bordel ? » demanda Harry après avoir poussé Drago sur le côté avec un sifflement agacé.

« Dagon le démon. L'Assassin Fantôme, » répondit Talyn.

« Là pour nous ? » intervint Drago. Brumek haussa des épaules en réponse et continua à dévisager la créature malveillante qui empoisonnait son compagnon.

« C'est la première fois que tu vois cette part de lui, Brumek ? » dit Hermione. Le guerrier fit signe que oui. Il ne voulait rien dire. Il n'était pas sûr de savoir quoi dire, de toute façon, ni comment prendre cette situation.

« C'est un très beau démon, » fit remarquer Talyn qui haussa des épaules à son tour en attirant sur elle plusieurs pairs d'yeux. « Oh, allez. Combien d'entre vous avez déjà imaginé Ozemir en assassin ? Pas moi. »

Brumek acquiesça. Il avait entendu tellement de contes sur Dagon l'Assassin Fantôme qu'il en avait une toute autre image dans sa tête. Et quand il avait appris qu'Ozemir était Dagon, sa peur du démon avait diminué, parce que, sans rire, vous aviez vu l'érudit ? C'était un rayon de soleil la plupart du temps. Mais la crainte était revenue au galop. Et pire encore. Parce que désormais, il avait vu la transformation de ses propres yeux, et comme Talyn l'avait signalé, Ozemir lui donnait des frissons maintenant. Et il n'avait pas tant changé que ça, seulement la couleur des cheveux et de yeux. Brumek pouvait toujours voir Ozemir à travers les traits du démon dérangé… Et ça l'excitait un peu.

« Il représente les ténèbres à la perfection, » murmura Harry. Tom ne l'avait jamais, au grand jamais, effrayé à ce point comme le faisait Dagon avec un seul regard. Ses yeux étaient terrifiants.

« Il est terrifiant, » confirma Drago, en accord avec les pensées de Harry.

Dagon se tourna vers eux avec une grimace. « Arrêtez vos messes-basses incessantes, » ordonna-t-il avant de revenir à Falde. « Ici, » et il tendit sa main vers les baguettes de Tom et Hermione, les récupéra et les tendit à Falde. « Je te défie de les récupérer, » dit-il à Tom quand celui-ci fit un pas vers Falde avec la main tendue.

« Je vais te tuer, » répondit Tom d'une voix calme. Hermione se précipita vers lui, sachant que ce ton ne présageait rien de bon.

« Tom, c'est l'assassin, rappelles-toi, » chuchota-t-elle. « Tu ne peux pas le tuer. »

« Mais ce serait amusant de te voir essayer, » dit Dagon en se déplaçant jusqu'à être nez à nez avec Tom. Il haussa un sourcil noir, défiant le seigneur des ténèbres d'agir.

Tom tendit sa main vers le Commandant des légions et sa baguette vola instantanément vers lui. Avant qu'il ne puisse la lever, Dagon avait déjà attrapé sa main dans une poigne de fer et son autre main avait attrapé sa gorge, serrant fermement. Tom lâcha sa baguette et agrippa la Main de Dagon pour l'empêcher de serrer encore plus.

Harry, Drago et Hermione furent soudainement saisis d'un instinct de protection très puissant envers leur frère. Drago s'empara de l'épée de Talyn s'en s'apercevoir de ce qu'il faisait. Et trop rapidement pour que Talyn ne l'aperçoive et ne l'arrête. Harry arracha celle de Brumek de ses mains et se précipita aux côtés de son compagnon, rejoignant leur frère menacé. Hermione fut saisie d'une puissante vague de colère en voyant ce démon menaçant délibérément son frère. Son sang bouillit et son cœur s'emballa, ses yeux brûlèrent de rage, ses oreilles, ses dents et ses ongles grandissant. Précipitant sa transformation complète en Ukatae.

Talyn et Brumek restèrent choqués quelques instants avant de revenir à eux et de les pourchasser. Et ils étaient sur le point de reprendre leurs armes et remonter les bretelles de leurs jeunes elfes quand Falde leva une main dans leur direction. Il observait les jeunes avec un mélange d'anticipation, de choc et de trépidation.

Harry se précipita et leva l'arme avec difficulté, mais réussit à rapidement presser la lame contre la nuque de Dagon. « Libère mon frère. Maintenant ! »

Drago prit position à côté de Tom et pressa la pointe de son épée contre la poitrine de Dagon, là où se trouvait son cœur. « Fais un geste autre que libérer notre frère et je te la passe au travers. Tu as beau être rapide, mais nous sommes tous les trois sur toi et tu ne t'en sortiras pas sans une égratignure. »

« Trois ? » Dagon semblait amusé et continua de maintenir sa poigne sur Tom. « Il n'y a que deux armes tournées contre moi. »

« Faux, » Hermione lança derrière lui, « il y en a trois. »

Dagon tourna sa tête de quelques centimètres, son sourire content toujours sur ses lèvres, et vit Hermione à quelques pas de lui. « Bien, bien, bien. Peut-être que mes perceptions précédentes étaient fausses. Une première, je dois avouer, » fit-il remarquer en voyant qu'elle l'avait en ligne de mire. Un arc tendu et armé d'une flèche pointant droit vers sa tête. « Vous n'êtes finalement pas des êtres si inutiles et timides après tout. »

Hermione ne bougea pas d'un cil. Elle ne réagissait pas à ses propos. Ses yeux continuaient de briller d'une couleur rouille sinistre qui donnait des frissons. Magnifiquement mis en valeur par sa peau pale et ses lèvres rouges. Ses frères se demandèrent brièvement d'où elle sortait l'arc et ses flèches, mais étant donné la dangerosité de la situation dans laquelle ils se trouvaient, les spéculations attendraient.

La voix de Tom était faible mais il réussit tout de même à s'exprimer. « Ne la traite pas de- » Dagon serra plus fort, cette fois-ci en faisant couler du sang. Sang qui fit presser la lame pointée sur son cœur plus loin, permettant à Drago de faire couler le sang lui aussi.

Falde, Talyn et Brumek se rassemblèrent et se rapprochèrent des jeunes elfes et du démon. « On devrait intervenir, » chuchota Talyn à son chef.

« Faites ça et quelqu'un va perdre sa tête. Et je peux vous promettre que ce ne sera pas moi, » siffla Dagon, son souffle balayant les lèvres de Tom. Il inspira avec un plaisir tordu, aimant la sensation de l'épée planté dans sa chair, ravi de sentir l'odeur de son propre sang là où Drago l'avait entaillé.

« Libère-le, assassin, » ordonna Brumek. Il ne s'attendait pas à ce que ça fonctionne, mais comme ils étaient compagnons, en quelque sorte, il voulait tenter quelque chose. Ou alors ce conflit n'était pas près de se finir. Les jeunes étaient têtus, et si le démon était ne serait-ce qu'un peu tel qu'Ozemir, alors lui aussi.

A la surprise de tous, l'assassin se tendit visiblement au son de voix de Brumek et son attention n'était plus sur les jeunes. Tom se débarrassa de la main sur son cou et fut soulagé quand Dagon ne fit rien à cela, ce dernier clouant Brumek du regard. Le guerrier fut tellement pris au dépourvu par sa soudaine et pleine attention qu'il fit un pas en arrière involontaire.

« On m'a tenu à l'écart de toi pendant plus de mille ans, » dit Dagon en s'approchant. « Quand nous t'avons rencontré pour la première fois à Qylacae, Ozemir s'est juré de me maintenir à l'écart… Plutôt injuste de la part de cet idiot mais je suppose qu'il avait ses raisons. Il pensait que j'allais te tuer, que je te verrais comme une faiblesse… »

« Merci Merlin ! » chuchota Drago en baissant l'épée qui commençait à trembler dans sa poigne. « Il semblerait que l'alter ego psychopathe d'Ozemir soit intéressé par Brumek lui aussi. »

Falde éloigna les jeunes elfes, certain que Brumek ne prendrait pas si bien que ça leurs regards inquisiteurs. Dagon, selon Falde, se fichait que d'autres le regardent. Falde repensa alors aux jeunes et à leur réaction face à la mise en danger de Tom. Réaction qui était très intéressante. Rapide et culottée. Mais au moins étaient-ils loyaux et clairement unis. Et Hermione s'était entièrement transformée pour protéger son frère du mieux qu'elle pouvait.

Mais il ne s'était pas attendu à ce que Dagon réagisse comme cela à Brumek. Les assassins étaient aussi connus pour avoir des compagnons, rien ne pouvait empêcher le lien de se créer, mais il s'attendait à ce que Dagon rejette celui-ci de tout son être. Sauf qu'à l'instant, le regard que Dagon adressait à Brumek… Falde était persuadé que Brumek aurait préféré le voir plus souvent de la part d'Ozemir. Il voyait que ça allait être un problème dans un futur lointain.

Brumek leva une main quand Dagon était à une distance d'un bras. Il n'oubliait pas la menace que Dagon était. « Je veux parler avec Ozemir. »

Apparemment, ce n'était pas la bonne chose à dire. Dagon lui sauta dessus, le visage tordu de rage. Le guerrier fut pris par surprise et s'écroula au sol. Le corps de Dagon était certes léger comparé au sien, et son poids était comme une plume au-dessus de lui, mais il parvenait tout de même à garder Brumek au sol.

Brumek eut un sursaut quand l'assassin s'empara de sa gorge de ses deux mains, mais pas à cause de l'attaque soudaine. Un sursaut à cause de la déception qu'il ressentait sous la rage flamboyante provenant de Dagon. Ce n'était pas l'émotion à laquelle il s'était attendue de sa part.

« Ozemir ? Tu veux encore lui parler ? » cracha Dagon. « Cet imbécile d'érudit qui n'a pas tourné le dos à notre traître de maître ! Cet abruti de chien qui ne voit rien d'autre que cette lumière illusoire enveloppant le monde, au lieu des ténèbres qui entourent chaque forme de vie sur cette terre ! »

Brumek posa ses mains sur celles de Dagon, mais il ne tenta pas de les éloigner de son cou blessé. Il pouvait ressentir l'indignation du démon. C'était presque… drôle pour Brumek qu'une personne comme Dagon réagisse de cette façon. Il en aurait rigolé s'il avait pu.

Soudainement, les mains de Dagon se crispèrent puis se relâchèrent, un éclair violet passant dans ses yeux. Avec un sifflement, Dagon se recula et se leva en rencontrant les deux orbes du guerrier. « Il essaye de te protéger. »

Brumek se redressa à son tour. « J'ai mis l'Assassin Fantôme en colère, hein ? Quel exploit. »

« Ne te moque pas de moi, » lui répondit Dagon à voix basse.

« Si c'est plus facile avec toi qu'avec Ozemir, je vais peut-être préférer te parler. »

Dagon croisa ses bras. « Ne penses pas que je te veux en vie. Je pourrais très bien mettre fin à tes jours ici. »

« Tu aurais déjà essayé si c'était ton souhait. »

Dagon leva une de ses mains pour regarder ses griffes noires et resta silencieux, bien que ses sourcils étaient froncés sous ses pensées. Face à lui, Brumek surveillait du coin de l'œil les jeunes et les autres gardes entrant dans la forêt. Falde leva une main, lui faisant signe d'approcher.

Dagon le regardait toujours quand il se tourna vers lui. « Tu penses que j'ai réussi à l'effrayer ? »

« Tu l'as surpris plus qu'autre chose et Falde a sa baguette. » Brumek se tortilla, mal à l'aise. « On doit y aller. »

« Quoi ? On a peur de papa ? » Dagon rit quand les yeux de Brumek s'étrécirent en deux fentes, avant de se détourner du démon pour se diriger vers l'orée de la forêt. Dagon attrapa son bras pour l'arrêter. « Il y a… quelque chose que je souhaiterais te dire avant que ce foutu imbécile me refasse sombrer, » murmura-t-il. Il avait l'air moins menaçant et l'anticipation sortait de ses pores. Quand il leva une main, il fut surpris que Brumek ne se dérobe pas.

« Dis ce que tu as à dire, démon. »

« Je n'ai pas été touché. »

Les yeux du guerrier s'assombrirent et l'assassin refoula un sourire narquois. « Tu devrais être plus clair, » dit Brumek à voix basse. « Je ne comprends pas. »

« Je pense que si, mais je vais quand même le dire à voix haute pour toi. » Dagon passa ses doigts sur les ecchymoses qui se formaient sur le cou du soldat. Un simple toucher lui permettant de sentir sa peau, pas pour le soigner. Dagon aimait ceux-ci et n'envisageait pas de les enlever. « Ozemir a gardé notre corps pur. La joie de découvrir les délices de mon corps, » Dagon se pencha en avant jusqu'à ce que leurs lèvres s'effleurent, « a été conservée pour toi seul. »

Brumek ferma ses yeux. Son corps se tendit quand Dagon toucha son torse, un éclair le traversant. « Hirsha… Tu essayes de me tuer. » Il agrippa le bras de Dagon, mais ne put décider s'il voulait attirer le démon plus près ou le repousser.

« Peut-être que je te dis cela parce que je veux que tu me prennes. J'en ai ras le bol de rester pur. »

Les mains de Brumek se crispèrent autour des bras de l'assassin et il faillit craquer. Ne réalisant pas que Dagon ne se préoccupait que de lui et ses désirs. Désirs qui étaient actuellement le contact de leurs corps, et il utiliserait le compagnon de son autre personne pour les obtenir. Mais malheureusement pour lui, il fut rejeté encore une fois, cette fois-ci finissant sur le dos. Dagon était couché au sol, fulminant et jurant en tentant de reprendre le contrôle. Mais Ozemir avait un contrôle encore plus fort de leur corps et de leur esprit.

La colère de Dagon aurait pu secouer les murs du château, tant elle était puissante, mais Brumek ne remarqua rien de tout ça, concentré sur la couleur des cheveux qui passaient du noir au blanc et les yeux tournant au violet. Ce fut comme ça qu'Ozemir refit son apparition et se dirigea vers la forêt. « Nous avons des jeunes elfes à entraîner Brumek, » lui lança-t-il sans regarder en arrière.

Brumek eut besoin de quelques minutes pour reprendre ses esprits et mettre de côté tout ce qu'il venait d'apprendre, pour y repenser plus tard, dans l'intimité de sa chambre. Merde, il allait avoir de plus en plus de mal à attendre après son têtu de compagnon ! Surtout après les aveux de Dagon. Ozemir, apparemment, s'était préservé pour… Brumek grogna et dut s'appuyer contre un arbre pour se remettre.

… … …

Les poumons de Harry étaient en feu. Ses jambes le brûlaient et s'étaient transformées en gelée, et son cœur était sur le point d'exploser. Il essaya de se focaliser sur autre chose que sa douleur en se concentrant sur le fessier de Drago pendant qu'ils s'exerçaient, mais ça ne marcha pas si bien que ça car il se retrouva à trébucher sur des racines, dans des buissons, et à se prendre des branches. Cela ne faisait que 15 minutes qu'ils avaient commencé et, déjà, il arborait des pensées suicidaires.

« Tu as dit que tu avais créé un chemin ! » hoqueta-t-il à Brumek quand le guerrier les rattrapa et resta à ses côtés. L'enfoiré n'était même pas essoufflé. « Ça ne ressemble pas à un chemin correct. »

« Garde ton souffle. Tu vas en avoir besoin. »

Harry fit la grimace mais continua à tirer sur ses jambes. Dans son dos, il entendit la respiration houleuse de Hermione, entrecoupée de jurons occasionnels. Et, malgré leur souffle court, étonnamment, Drago et Tom courraient sans se plaindre. Tom s'était calmé depuis qu'ils avaient commencé et était redevenu lui-même, même si de temps à autre, il levait sa main pour lécher le sang causé par ses griffes. Il ne semblait plus du tout en vouloir à Ozemir d'avoir lancé l'assassin contre lui. Semblé étant le mot d'ordre, Harry pouvait le parier.

« Il est temps de ralentir et de marcher ! » La voix de Brumek traversa ses pensées. « Mais il ne faut pas vous arrêter ! » Harry leva les yeux du sol pour s'apercevoir que tous leurs gardes avaient disparu. Le rire d'Ozemir résonna autour d'eux alors qu'ils avaient ralenti le rythme pour marcher.

« Excellent ! » s'esclaffa Ozemir en apparaissant au-dessus d'eux, dans un arbre. « Tu as fait une rime ! Ça t'a pris combien de temps pour la sortir ? Cent… Deux cent ans ? »

« Va crever, Ozemir ! Franchement, va crever ! »

Drago ricana et écarta ses cheveux trempés de sueur de ses yeux. « Ravi d'entendre que tout est revenu à la normale. Et Ozemir aussi. » Une série d'accords suivit sa remarque, seulement verbaux pour ne perdre aucune énergie à récupérer leur souffle.

Ils continuèrent de marcher, regardant attentivement autour d'eux, cherchant tout signe pouvant leur indiquer la présence des Ukataes plus âgés qu'on ne voyait pas mais qu'on pouvait entendre. Harry finit par se demander quand l'utilité de marcher avec des gardes invisibles se ferait savoir. Il partagea cette réflexion avec Drago et le regretta immédiatement quand le sol trembla sous leurs pieds et le vent grondant siffla dans leurs oreilles.

« Potter ! »

« Ce n'est pas de ma faute ! »

Hermione regardait autour d'elle avec des yeux écarquillés. Le sol tremblait énormément, les arbres grinçaient et penchaient tous dans une direction. Elle se dit que le grondement ne venait pas totalement du vent et qu'il serait judicieux de suivre l'exemple des arbres.

« Je pense que nous devrions COURIR ! » Elle finit sa phrase en appliquant ses propos, suivie de près par Tom. Harry resta figé et fixait la zone de perturbations avec un air curieux.

Drago leva les yeux au ciel et attrapa le bras de son griffondor. « Allez ! Tu pourras essayer de deviner ce que c'est pendant que nous fuyons ce truc. » Il ne le lâcha que quand il put s'assurer que Harry était en train de courir à ses côtés. Il ne savait pas ce qui les pourchassait… Mais ce dont il était sûr, c'est que ça se déplaçait vers eux, et très vite.

« On devrait s'arrêter, » pantela Harry. Drago le dévisagea comme s'il était devenu fou, ce que cet idiot de griffondor manqua parce qu'il était en train de regarder par-dessus son épaule et de ralentir. « C'est peut-être un test, non ? » Harry s'arrêta complètement. « Je ne pense pas qu'il faille courir, surtout quand nous ne savons pas ce que c'est. »

Drago jura dans sa barbe et se retourna. « Ce n'est pas le moment ! »

Harry lui lança un sourire canaille et, à la plus grande horreur de Drago, se précipita au pas de course vers les monstruosités géantes… Il ne voyait pas quoi d'autre pouvait causer un tel raffut.

« Falde et les autres ne sont pas très loin. Tu le sais. Nous ne serons pas blessés. Ce n'est qu'un test, » finit par dire Harry avec un excès de confiance quand Drago l'eut rattrapé.

Drago grogna et regarda derrière lui. Tom et Hermione étaient partis depuis longtemps. Il se demanda combien de temps il leur faudrait pour s'apercevoir qu'ils ne les rejoindraient pas.

« Bien ! Mais réfléchissons avant de nous précipiter. Je refuse de me jeter dans ce bourbier la tête baissée. »

Harry soupira mais n'avança pas plus.

« Tu remarques quelque chose d'étrange ? » Le blond pointa du doigt en direction de la chose qui, Drago en était persuadé, cherchait à les tuer. Drago était sur le point de lui faire une réflexion bien sentie mais se retint quand il vit à quel point Harry était maître de lui et ne tremblait pas, à l'inverse de la forêt.

« Vu les remous du sol et les différents bruits qui nous entourent, ce qui se trouve là-bas aurait déjà dû être sur nous. »

« Pour une fois, je pense que tu as raison. » Il se tourna et eut un sourire similaire à celui du brun. « Allons voir ça. » L'instant d'après, un tigre blanc apparut dans la forêt. Harry s'esclaffa en se transformant en panthère et en bondissant après son compagnon.

Très haut dans un arbre, Ozemir se tourna vers Brumek avec un sourire malicieux. « Je t'avais dit qu'ils ne se laisseraient pas avoir. »

« Harry est trop curieux pour son propre bien, » répondit Brumek.

« Mais le but était de leur apprendre à ne pas fuir ce qu'ils ne voient pas. »

« Oui, ils ont réussi. Mais ils ont échoué en se précipitant droit sur le danger sans plan. » Brumek se pencha sur sa branche et se laissa glisser. Ozemir l'observa tomber en retenant sa respiration. Il savait que Brumek allait atterrir sur ses deux pieds, mais c'était la façon dont le guerrier avait sauté. La façon qu'il avait de se laisser tomber comme un poids mort pour se rétablir au dernier moment. Ozemir souffla d'appréciation avant de sauter à son tour et d'atterrir près du guerrier.

« Maintenant, nous allons avoir besoin d'autre chose qu'une illusion. » Brumek étudia les arbres autour d'eux. « Voyons voir comment ils se débrouillent avec quelque chose de vrai. »

Ozemir haussa un sourcil. « Tu veux me faire invoquer ? »

« Oui. Quelque chose qu'ils peuvent gérer. »

L'érudit sautilla de joie et se frotta les mains, un sourire mesquin sur les lèvres. « Ça va être marrant ! »

« Ozemir ! »

L'érudit arrêta de se frotter les mains et observa Brumek avec précaution. Ces jours-ci, ce n'était jamais bon quand Brumek lui parlait avec un ton aussi doux. Cela voulait souvent dire que Brumek tentait de le séduire. Ce n'était pas un timbre de voix auquel il s'attendait de la part du guerrier, encore moins maintenant, après avoir rencontré Dagon. Mais il était encore une fois surpris. Le sourire plein de dents de Brumek lui dit qu'il savait exactement ce qu'il se passait dans sa tête.

« Ne rends pas ça trop facile. C'est un exercice d'entraînement, après tout. » Brumek partit pour suivre de loin Drago et Harry, laissant à Ozemir le soin d'invoquer un autre obstacle. Ozemir soupira de soulagement même si ses yeux brillèrent de déception. Il se reprit rapidement, se rappelant que c'était ce qu'il voulait. Il voulait que Brumek arrête d'essayer…

Il secoua sa tête, se rappelant qu'il avait une tâche à accomplir. Brumek voulait qu'il invoque quelque chose pour challenger les jeunes elfes. Une fois encore, il sourit et frotta ses mains l'une contre l'autre, ses yeux pétillant et s'assombrissant. Il était temps de les défier, de voir ce qu'ils pourraient faire. Il espérait juste que ce ne serait pas de trop.

… … …

Hermione courrait à l'aveugle. Elle essayait de ne pas paniquer, mais ils étaient profondément enfoncés dans la forêt interdite après tout, et les sons dans son dos la faisaient courir encore plus vite. Elle poussa un cri terrifié quand elle trébucha et tomba sur ses genoux, les égratignant. Tom se précipita et la força à se redresser.

« Tu vas bien ? » pantela Tom.

Hermione acquiesça alors qu'ils continuaient à courir, n'ayant pas assez de souffle pour parler et courir en même temps. Tom libéra sa main. Il s'inquiétait de la douleur qui devait la parcourir suite à sa chute en plus de son épuisement croissant. Il se concentra sur ce fait et ressentit un crépitement à travers ses doigts. Hermione hoqueta sous le coup de la surprise et le regarda. Sans même la regarder, il sourit de son exploit. Sa douleur avait diminué et elle avait regagné son souffle. Elle eut un rire tremblant et serra les doigts de Tom.

Celui-ci sourit quand il découvrit avoir retrouvé un second souffle. « C'est pratique. »

« Ouais ! »

Tous les deux semblaient contents de la découverte de cette nouvelle habilité. Le sol s'effondra brusquement sous eux, ne leur permettant pas de sauter pour en réchapper. Le cri strident que poussa Hermione perça le silence soudain de la forêt comme Tom et elle tombaient dans les ténèbres.

Tom atterrit sur le dos avec un sifflement de douleur, suivit de près par la brune. Elle tomba sur le côté et son cri de douleur succéda au bruit d'un os se brisant. Il se redressa en position assisse avec un grognement, serrant les dents quand son dos craqua douloureusement et rampa jusqu'à Hermione. Elle se laissa tomber sur son dos et serra son poignet cassé contre sa poitrine.

« Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? » demanda-t-elle dans les vapes tandis que Tom l'aidait à s'asseoir.

Falde leur lança d'en haut, « Vous n'étiez pas sur vos gardes et vous en payez le prix. »

Tom se renfrogna et enserra le poignet blessé de Hermione avec ses doigts. « Ne bouge pas une petite minute. »

Hermione acquiesça avant de fermer ses yeux très fort comme il appliquait une pression sur l'os cassé. Tom ressentit où l'os s'était brisé et appuya un peu plus fort avant de souffler un bon coup et d'envoyer un courant de magie via ses doigts vers la blessure. Dans son esprit, il pouvait voir la fracture se résorber, et quand ce fut de nouveau parfait, il libéra sa main et adressa une grimace d'agacement à Talyn et Falde.

« On a échoué, très bien. Maintenant, faites-nous sortir d'ici. »

Falde écarta ses jambes et croisa ses bras sur sa poitrine, les regardant d'en haut comme s'il était prêt à rester là toute la journée. « C'est de votre faute si vous êtes tombés. Ceci est le prochain test. Trouvez un moyen de sortir de là. Commencez maintenant et dépêchez-vous. » Talyn adressa aux deux jeunes un bref sourire alors qu'elle et Falde disparaissait de leur champ de vision.

Tom émit un son de dégoût quand, avec Hermione, ils se levèrent et mesurèrent la profondeur du trou. « On peut sauter. Ce n'est pas grand-chose. Harry et Drago étaient capables de sauter bien avant leur transformation. »

Hermione tâta le mur, poussant ses doigts dans la terre aussi loin qu'elle le put et secoua sa tête. « Seul Drago a essayé avant sa transformation. Mais c'est une bonne idée. Et surtout la tienne, alors à toi l'honneur. J'ai ma propre idée. »

« Tu es sûre ? »

« Oui, du moment que tu sautes directement sans toucher les murs. »

« Tu vas grimper tout ça ? »

Hermione leva ses mains pour qu'il puisse les voir et il sourit quand ses ongles se transformèrent en des serres longues et puissantes.

Talyn s'adossa contre un tronc d'arbre pour attendre, tandis que Falde ne s'était reculé que de quelques pas.

« Ozemir a arrêté l'illusion. Je me demande ce qu'il s'est passé. »

« Les jeunes ont soit échoué, soit passé le test et sont sur le point d'en affronter un autre. »

« Tu trouves ça correct de commencer les tests ? » lui demanda-t-elle à voix basse. « On ne les a préparés qu'à courir, et seulement depuis ce matin. »

« Le but étant, » dit Falde d'une voix portante, « de toujours être préparé. A tout et n'importe quoi. Il est possible- » il s'interrompit quand Tom atterrit devant lui avec des yeux brûlant de colère. Falde l'ignora et fit un pas de côté. « Il est possible de rester attentif à tout ce qui se trouve autour de soi, même sous le coup d'un grand stress. Tu aurais dû sentir le piège bien avant de tomber dedans. Tu devrais te sentir heureux que le fond du trou ne soit pas autre chose que de la terre. Je te promets que le prochain sera différent. »

La voix d'Hermione coupa la réplique acerbe que Tom s'apprêtait à donner. « Il a raison. Nous n'avons pas été attentifs. »

Elle s'extrayait du piège quelques secondes plus tard. En dehors de sa respiration forte, de sa peau et de ses vêtements sales, elle avait l'air bien, et même maître de ses émotions. A l'inverse de Tom qui grinçait des dents en faisant face à leurs mentors. Hermione était persuadée que Falde et Talyn ne se doutaient pas à quel point Tom était furieux. Il avait l'air parfaitement détendu, en dehors de son regard sévère, et Hermione ne le sut que parce qu'elle pouvait ressentir sa colère profonde. Sa rage brûlait en elle.

Quand il lui prit la main pour se calmer, Hermione se demanda d'où exactement venait une telle colère. Tom n'était certainement pas très content d'avoir à faire ça tous les jours, mais il était passé outre. La rage venait d'autre part. Elle pouvait sentir le degré d'intensité de celle-ci en lui, mais pas la raison. Elle était tout de même satisfaite d'avoir une si grande connexion avec ses frères, ce qui permettait qu'ils s'entraident, même sans être des compagnons. Et cela lui était utile dans ce genre de cas où Tom commençait à ressentir des émotions négatives puissantes fréquemment.

Talyn les pointa du doigt tour à tour. « Connexion. Vous partagez le même sang et la même magie. C'est un don utile. »

« Dans certains cas, » acquiesça Falde, « c'est un grand avantage. Particulièrement si vous avez des compagnons dotés de magie compatible avec celle de votre fratrie. La puissance des sorts est multipliée par le nombre de lanceurs. Vous pouvez lancer des sorts qu'aucun Ukatae ne pourrait imaginer lancer seul… Des sorts que Demai'Tah lui-même ne peut réaliser seul. »

« Comment se fait-il que nous partagions ce genre de connexion ? » demanda tom, ravi de cette découverte.

Talyn pencha la tête sur le côté et sourit. « Veux-tu t'en débarrasser ? »

Hermione essaya de ne pas attendre grand-chose de la réponse de Tom, mais elle s'en inquiéta quand même. Tom serra sa main et répondit. « Non. »

« Es-tu heureux de cette connexion ? »

« Je viens de dire… Oui ! »

Tom leva ses yeux au ciel, s'apercevant que Talyn ne faisait que le taquiner, et se fâcher était inutile. Il lança un regard vers Hermione et elle détourna rapidement le sien. Il était quasiment sûr qu'elle jouait avec son tempérament, lui envoyant des vagues apaisantes sans lui demander sa permission.

« Alors ne demandes pas comment existe ce lien. » Talyn eut un sourire et lui fit une courbette. « Apprécies ce cadeau tel quel. »

Tom renifla sans pouvoir s'en empêcher. « Jolie façon de dire que tu ne sais pas. »

… … …

Ça a disparu ! » s'exaspéra Drago en reprenant sa forme Ukatae. Il pivota sur ses talons et regarda la forêt. « Il n'y a rien ici ! »

Harry rit après s'être transformé. « Je t'avais dit que c'était un test. »

« Et maintenant, on a perdu Tom et Hermione… »

« Ça ne devrait pas être trop compliqué de les retrouver. » Harry passa une main le long du tronc d'un vieil arbre rabougri en le contournant. « La forêt est silencieuse maintenant. »

« Ouais, trop silencieuse. »

« Quelque chose d'autre approche. »

Drago hocha sa tête et Harry retourna à ses côtés. « Allons trouver les autres. »

Ils ne firent que quelques pas avant d'entendre le grognement. « S'il te plaît, dis-moi que ça vient de toi, » chuchota Harry.

« Est-ce que ça me ressemble ? » lui rétorqua Drago. Instinctivement, il chercha sa baguette seulement pour s'apercevoir qu'elle n'était pas là. Imbécile de Falde. « Tu es en train de me dire qu'on va devoir arracher les membres de ce truc ? » murmura-t-il en baissant sa main. « Ça pourrait être un chiot effrayé ou autre. Un petit chiot. »

« Ce ne sont pas des chiots, » répondit Harry à voix basse après avoir remarqué une paire d'yeux noirs à quelques mètres, apparaissant et disparaissant. Harry réalisa en paniquant que la créature ne se cachait pas simplement d'un arbre à l'autre, mais se transformait en brume et traversait les arbres.

« Ils peuvent se transformer en brouillard pour se déplacer où ils veulent ? » demanda Drago, agacé.

« Bien entendu. Ce foutu test ne peut pas être simple. »

La créature commença à se rapprocher, les crocs apparents et de la bave coulant de ses babines. Ses mâchoires grandes ouvertes découvraient des rangées des dents aiguisées comme des rasoirs, toutes couvertes d'une substance que Harry craignait être du sang séché. La bête ressemblait à un loup, dont la taille dépassait les deux mètres, avec une fourrure noire pleine de nœuds et pleine de sang. Elle était à ras le sol, la tête basse et les oreilles couchées vers l'arrière, sa longue queue terminée par une pointe acérée étrange trainant au sol. En avisant les énormes griffes de la créature ressemblant à un loup, Harry sortit les siennes, sachant pleinement que Drago et lui allaient en avoir besoin.

La voix grave de Brumek, qui atteignit l'oreille des deux compagnons, faillit faire sursauter Harry. « Concentrez-vous. Déployez vos sens. Vous devez ressentir tout ce qu'il se passe autour de vous. »

Harry essaya de se détendre et de suivre les instructions de Brumek. Après tout, ils étaient là pour apprendre. Et c'était évident que c'était un exercice d'entraînement. Il était temps de voir quel genre d'ukatae il deviendrait. C'est alors que la créature leva une patte pour avancer d'un pas, les yeux rivés sur eux, avant de disparaitre dans un brouillard à mi-chemin de la poser. Quand un grondement venu de nulle part s'éleva dans leur dos, Harry lutta fortement pour ne pas transplaner immédiatement.

En se concentrant rapidement, le brun fut frappé par l'odeur. Une odeur de putréfaction les entourait, et était particulièrement concentrée au-dessus d'eux. Il attrapa le bras de Drago et le tira vers le bas, pile au moment où des griffes se matérialisèrent au-dessus de leur tête. Ils la rentrèrent dans leurs épaules pour ne pas avoir de plaies béantes sur leur crâne.

Malheureusement, c'était la première fois qu'ils rencontraient une créature comme celle-là et ils ne savaient rien d'elle. Donc quand la queue de cette dernière se solidifia et se sépara en trois, ils en furent totalement surpris.

« Roule ! » cria Drago juste au moment où les queues acérées comme des rasoirs s'abattaient sur eux. Les côtes d'Harry furent touchées et Drago gagna une estafilade en bas de son dos.

« Si c'est comme ça que vous vous concentrez, vous serez morts en moins de cinq minutes ! » aboya Brumek de là où il se trouvait, dans les cimes. Harry grinça des dents sous la douleur qui l'assaillait et se précipita vers le blond.

« Les blessures ne sont pas mortelles, » intervint Ozemir. « Ne vous soignez pas tant que le combat n'est pas gagné. »

Il y eut encore plus de grognements, ce qui empêcha les jeunes elfes de s'occuper l'un de l'autre. La créature était sur le point de redevenir solide, ses trois queues remuant et cliquetant de façon inquiétante contre ses flancs.

« Des couteaux comme queues… » gémit Drago en se redressant et en se tordant le cou pour essayer de voir sa blessure. « Ça a intérêt à ne pas laisser de cicatrices. » Le serpentard fit de son mieux pour ignorer la douleur, ce qui fut plus simple que ce qu'il s'imaginait. Mais il devait aussi ignorer la douleur de Harry, et ça, c'était impossible.

L'espèce de loup se déplaça une nouvelle fois, avançant et reculant, encerclant les deux ukataes… Ses yeux brillaient encore et ses narines frémissaient sous l'odeur de leur sang. Dès qu'elle se déplaçait, ils se tournaient dans sa direction, tenant leur dos éloigné. Elle fit un cercle complet avant de s'arrêter, et les deux ukataes étaient atterrés de voir que deux autres créatures avaient fait leur apparition, toutes trois grondant et se préparant à bondir.

Quand elles s'élancèrent en aboyant vicieusement, leurs énormes griffes sorties, Harry réagit à l'instinct. D'énormes lianes émergèrent de sous les bêtes quand il frappa ses mains ensemble. Seule l'une d'entre elles fut capturée, les deux autres ayant bondi à temps. Harry donna une conscience propre aux lianes puis se sépara de Drago et s'éloigna, sautant dans l'arbre le plus proche. Les lianes écrasèrent rapidement leur prisonnière jusqu'à sa mort et s'écartèrent rapidement comme la créature s'embrasait, ne laissant que des cendres sur le sol de la forêt.

Harry n'eut pas le temps de célébrer cette petite victoire que les deux autres monstres déployèrent deux grandes ailes noires, comme celles de chauves-souris, et s'envolèrent à leur poursuite.

« Putain de Merlin ! » s'exclama Drago le souffle court. « Ils ont de foutues ailes en plus. Quoi ? S'évaporer n'était pas suffisant, enfoirés de carnivores puants ? » Le contrôle qu'il avait de lui venait d'exploser.

Brumek ricana. « Je crois qu'il est un peu sur les nerfs, non ? »

Harry continua son ascension et se focalisa sur sa communication avec les arbres, se connectant avec les nombreuses branches l'entourant. Le soulagement s'empara de lui quand plusieurs branches cherchèrent à saisir les bêtes, en tranchant l'air. La plupart loupèrent leur cible, mais cela eut pour conséquence de ralentir la progression des monstres, qui cherchaient à atteindre un Harry plaqué au tronc et la respiration sifflante, regardant autour de lui tout en essayant de trouver une solution pour se sortir de là.

Drago cria soudainement sous la colère. L'air s'agita et l'entoura alors qu'il sautait au-delà d'une créature. Celle-ci se concentra sur lui, et fut frappée par un éclair quand le blond atterrit avec force à ses côtés, la transformant en une seconde pile de cendres fumantes. Une fois fait, Drago s'élança vers l'arbre dans lequel se trouvait Harry, en regardant les branches continuer de se balancer dans tous les sens. « Dépêche-toi, Potter ! La situation ne me dit rien qui vaille ! » gronda-t-il.

Harry fut estomaqué par les propos de son compagnon pendant deux secondes, avant que la bestiole ne gronde à son visage. Une fois qu'elle réalisa que sa proie était hors d'atteinte à cause des branches qui se mettaient dans son passage, elle utilisa la brume pour se déplacer rapidement. Harry cria de douleur dans des griffes se plantèrent profondément dans son genou et il tomba de l'arbre en essayant de les éviter. Pendant sa chute, une des branches suivit sa trajectoire avant de l'envoyer vers un arbre en le frappant. Il cogna un tronc avec force avant de glisser le long de celui-ci, plié en deux.

Drago courut. Il garda un œil sur son compagnon immobile et l'autre sur le loup qui s'approchait rapidement de lui. « Harry ! »

Reste à l'écart.

Drago glissa jusqu'à s'arrêter quand la tête du brun s'éleva du sol, ses yeux plissés et brillants fixant la créature, ressemblant plus que jamais à la lumière de l'impardonnable mortel. Et si sa blessure dans le dos ne le faisait pas déjà trembler, le regard noir que Harry lançait à la bête l'aurait fait.

Harry courut et sauta par-dessus le loup cauchemardesque, attrapant ses ailes quand elles furent accessibles et les arrachant dans un cri de rage. Dès qu'il posa un pied à terre, le monstre hurla et se désintégra en un troisième tas de cendres.

Le griffondor cracha le sang et la salive qu'il avait accumulés en se mordant la langue suite au coup de la branche 'salvatrice'. Comme si ce n'était pas assez embarrassant. Il resta de marbre en se rapprochant du blond pour soigner son dos. La coupure était plus une égratignure qu'autre chose, mais la peau de Drago était enflammée et Harry était certain qu'elle faisait un mal de chien.

« Qu'est-ce qu'il est arrivé à tes talents de quidditch ? Où sont passés les superbes réflexes du grand Harry Potter, hein ? » voulut savoir Drago après avoir été guéri et s'occupant des plaies de son amant. « Ces mouvements que tous admiraient comme des simplets ? »

« La ferme, » murmura-t-il en grimaçant quand Drago toucha ses côtes.

« Tu es un imbécile, tomber d'un arbre comme ça... » Drago rit et survola la zone endommagée, le soulagement qu'ils soient saufs clairement visible. « … Frappé par ton propre moyen de protection. »

Harry montra ses dents. « Ferme-la. » Drago ricana et s'agenouilla pour s'occuper du genou du griffondor.

Ozemir et Brumek décidèrent enfin d'apparaitre et atterrirent avec grâce à quelques pas. Ozemir avait un air satisfait mais Brumek était renfrogné. Harry leva les yeux au ciel. Ça ne changeait pas de d'habitude.

« Magnifiquement exécuté, » les félicita Ozemir.

Brumek lui lança un regard dégoûté. « C'était le mieux que tu pouvais invoquer ? Un enfant aurait pu vaincre ces chasseurs. » Et son dégoût se transféra sur Harry et Drago. « Et pourtant, ça vous a pris beaucoup trop de temps pour les vaincre. C'est un échec. »

« Quoi ? » se récria Harry. « Mais c'était compliqué ! »

« Pas assez de concentration ! » aboya Brumek. « Vous devriez prendre des décisions beaucoup plus rapidement. Vous auriez dû savoir quoi faire bien avant de vous faire blesser. »

« Mais on les a reçus à peine quelques secondes après leur apparition ! » protesta Drago à son tour. « Nous n'avions jamais vu de telles créatures. Qui peuvent s'évaporer et qui ont des foutues ailes… Oh, et n'oublions pas les trois queues qui peuvent empaler leurs victimes ! Comment étions-nous supposés savoir quoi faire sans nos baguettes ? Ton satané instinct ne fonctionne pas de cette façon avec nous ! »

« Oh, mais il a fonctionné, » lui rappela Brumek. « Après que tu sois tellement en colère que tu n'aies rien d'autre à l'esprit que ces bêtes. Et alors, tu as su exactement quoi faire pour les tuer. Ce que tu as fait. Tu as choisi la foudre, et après que Harry eut fini de jouer… » Brumek se tourna pour lancer un regard sévère au dit ukatae.

« Hey ! »

« … sa concentration l'a guidé vers la réponse. Arracher les ailes d'un chasseur des ténèbres le tue instantanément. » Il fit face à Ozemir qui se renfrogna. « Ce qui en fait des cibles faciles à éliminer et donc qui ne conviennent pas à un entraînement. »

« Tu penses que ça aurait dû être plus compliqué ? » demanda Harry, incrédule. « Ce n'est que le premier jour, au nom de Merlin ! »

Ozemir signala son accord avec les deux jeunes d'un hochement de tête. « Vous vous en êtes bien sorti, » dit-il fermement.

« Est-ce que tu as oublié qu'ils étaient trois ? » le brun rappela au guerrier.

« Ce qui nous amène à un autre point. Vous auriez dû sentir qu'ils étaient plusieurs et pas un comme au début. Si vous vous étiez concentrés encore plus, vous auriez pu réagir avant la première attaque. »

Drago gronda. « Tu es ce genre de personnes à ne jamais être satisfait ! »

Ozemir toucha le bras du guerrier et l'entraina à quelques pas de là. « Brumek… Ils s'en sont bien sortis. Ils n'ont pas grandi dans le monde Ukatae, où les chasseurs des ténèbres sont monnaie courante. Ils n'ont pas grandi en sachant tout d'eux. »

« Oui, exactement, » lança Harry, pas le moins du monde honteux d'écouter leur conversation. Il était fatigué et endolori, et voulait se débarrasser des restes de son jogging. Rester ici à se disputer ne faisait que lui taper sur le système. Plus Ozemir parlait et plus Brumek se renfrognait, et Harry voyait que ça ne lui plaisait pas, mais il restait silencieux. Ozemir s'était sacrifié pour eux et subirait la remontrance à leur place, ce qui fit de l'érudit le nouvel héro d'Harry.

Si Brumek garda son avis sur le sujet, il n'en fut pas moins dur dans ses ordres, exigeant des jeunes qu'ils courent pour retrouver les autres. Cette activité était particulièrement dangereuse, considérant le lieu totalement inconnu. En permanence devaient-ils sauter au-dessus de racines apparaissant au dernier moment, ou se baisser pour ne pas prendre de branches. Par moment, ils bondissaient de tronc en tronc quand le sol était couvert d'une mousse venimeuse, esquivaient des plantes étranges, ou sautaient au-dessus de crevasses qui, ils en mettaient leur main à couper, n'étaient pas dans la forêt en temps normal. Ozemir rit de plaisir quand ils aperçurent un brouillard noir et sautèrent très haut dans les arbres, entraînant un commentaire impressionné du guerrier pour leur réactivité. Il était particulièrement impressionné par le fait qu'ils continuaient à progresser sans aucune hésitation ni crainte du danger. La colère de Drago, dirigée vers Brumek, sembla disparaître après son compliment durement acquis et amplement mérité.

Quand ils rejoignirent les autres elfes, les deux jeunes gémissaient de douleur, leurs os protestant et leurs muscles tremblant.

« On peut rentrer maintenant ? » pantela Hermione. « Je suis tombée dans le trou de trop et ça sent la pluie. »

« Et une douche est nécessaire avant les cours, » rappela Harry à leurs gardes en espérant que ça les convainque de rentrer. Il ne savait pas quelle heure il était, ni si les cours commençaient bientôt, mais il l'espérait.

C'est alors que le ciel se moqua d'eux en s'ouvrant et en déversant une averse sur leurs têtes. Les quatre elfes se figèrent, trempés en un rien de temps, épuisés, et en colère pendant que leurs instructeurs se tenaient à quelques pas avec un sourire moqueur. Bien entendu, ils étaient tous secs.

« Vous devriez vous sécher, les jeunes. »

« Nous n'avons pas nos baguettes, » gronda Hermione.

« Jusqu'à présent, vous avez fait un travail remarquable sans elles, » pointa Ozemir.

On peut faire de la magie sans baguette, signala Harry à son compagnon.

Drago le regarda, surpris puis penaud. Oh, oui. J'avais oublié. Harry et lui prirent un instant pour se sécher avant de créer un bouclier, pendant que Tom se faisait la même réflexion et en faisait de même avec la brunette et lui.

« Rentrons, » intervint Falde en faisant demi-tour.

« Ouais ! » le poing de Harry se leva dans le ciel et les élèves s'attroupèrent autour de leurs gardes.

« Un problème ? » dit Brumek d'un ton cassant quand ils les regardèrent en attendant qu'ils fassent quelque chose.

« Vous n'allez pas utiliser les Ombres ? » demanda Hermione en ressentant un certain désespoir en voyant la lueur cruelle dans les yeux du guerrier.

Falde commença à trotter, puis accéléra la cadence en appelant les jeunes, « On va courir. »

Brumek poussa Drago et Tom dans la direction de son chef, un sourire immense aux lèvres. « Je vous suggère de vous dépêcher tous les quatre si vous voulez être de retour à temps pour le début des cours. »

Comme ils n'avaient pas le choix, les jeunes elfes grommelèrent avant de commencer à suivre à une allure lente. Allure qui s'accéléra quand Brumek leur aboya d'aller plus vite. Drago et Tom lui adressèrent un regard mortel par-dessus leur épaule, mais ils suivirent son ordre. Harry et Hermione firent de même peu de temps après, et disparurent assez vite, laissant Ozemir et Brumek seuls en arrière.

Ce dernier fit face à l'érudit et croisa ses bras sur sa poitrine. « Tu vas faire ça à chaque fois ? T'opposer à chaque fois que je parle ? »

« Est-ce que tu vas continuer à en attendre beaucoup trop, et trop vite ? »

« C'est comme cela que je fonctionne Ozemir. Ce ne sont pas les premiers que j'entraîne. »

« Mais ce sont les premiers que tu entraînes qui ne sont pas nés Ukataes. Leur instinct ne va pas apparaître aussi facilement. Drago m'a dit une fois avoir appris avec Harry de nouvelles choses lors de leur transformation, mais ça ne va pas se faire comme avec nous. »

Brumek laissa sa tête tomber en avant et se gratta le crâne. « Ça va gêner l'entraînement. »

Ozemir acquiesça avant d'avancer, pensif. Brumek le regarda gambader, tout aussi pensif. L'elfe aux cheveux blancs étira ses bras vers le ciel avant de croiser ses mains derrière sa tête. « Je pense que Zynfrae peut nous aider avec ça. »

« Consulte Falde au préalable, Ozemir, » insista fermement le guerrier, sachant parfaitement qu'Ozemir adorait désobéir aux ordres les plus simples. « Tu ne peux tout simplement pas les trimbaler avec toi jusqu'au royaume, et tu ne peux pas l'amener ici sans son accord non plus. »

Ozemir laissa ses bras retomber. « Bien sûr. En plus, ça risque de prendre quelques semaines… Je dois d'abord trouver Zynfrae, et il se peut qu'il ne soit pas au royaume. »

Brumek étudia les yeux d'Ozemir, deux orbes brillantes qui refusaient de croiser les siens. Une bouffée de tendresse le traversa et il caressa la joue d'Ozemir avec le dos de ses doigts. Il se mit en face de l'érudit et attrapa son menton gentiment mais avec fermeté.

« Ozemir… » Brumek s'interrompit et détourna le regard, déterminé à dire les choses correctement. Il voulait être clair. « Tu ne dois pas craindre que je ne veuille pas de toi à cause de ce démon, » lui dit-il de sa voix grave et basse. « Ne le laisse pas t'éloigner de moi. » Sa poigne se raffermit quand la bouche s'entrouvrit pour parler. « Et ne me dit pas que c'est parce que tu vas mourir ou parce que tu veux m'éviter de me tourmenter et de souffrir. J'ai déjà fait mon choix. Je ne voulais pas d'un compagnon, initialement, mais maintenant, j'en ai un et il s'avère que c'est toi. C'est toi et je suis heureux que ce soit toi. Tu comprends ? J'ai déjà un lien avec toi et… Je souffre déjà à l'idée de ta mort. »

Les yeux d'Ozemir ne savaient où se poser, mais il se força à diriger son attention sur Brumek, avant de lui adresser un faible sourire. « Tu n'aurais jamais dû savoir pour ma virginité. »

« Ce n'est pas par rapport à ça ! » s'exclama Brumek, fâché qu'on lui jette ses propres paroles au visage et qu'Ozemir continue de se refuser à lui. C'était tellement frustrant de le vouloir mais de ne pouvoir l'avoir. Pire encore, il savait que l'autre le désirait aussi, mais refusait de lâcher prise.

Ozemir éloigna la main de Brumek de son menton et se recula. « C'est pour le mieux. Tu verras- »

« Tu es un imbécile ! » l'interrompit Brumek, n'ayant aucune intention de rester ici à entendre à nouveau ce qu'il avait déjà entendu.

Ozemir protesta, indigné. « Non, je n'en suis pas un ! »

« Si ! » Brumek gronda et se précipita pour rejoindre les autres, laissant Ozemir seul avec ses pensées.

Hermione se laissa tomber sur ses genoux dès qu'ils arrivèrent devant Poudlard. Harry se laissa tomber à ses côtés avec un grommellement et Drago s'arrêta aux pieds de son amant, se penchant en avant, les mains sur ses cuisses pour reprendre son souffle. Tom, dans toute sa splendeur de seigneur des ténèbres, les doubla en leur lançant un regard noir, et attrapa sa baguette dans la main tendue de Falde, avant d'entrer rapidement dans le château sans un mot en essayant de se débarrasser de Talyn qui tentait de soigner la cheville qu'il s'était blessé sur le chemin retour. Hermione avait elle aussi essayé de le guérir, mais Tom lui avait demandé de le laisser tranquille et elle n'avait pas réessayé. Tom était agacé et il voulait qu'on le laisse seul. Elle le comprenait et n'en prenait pas mouche. Elle trouvait cela amusant que Tom soit si émotif, comme un adolescent. Une partie de son irritation devait venir de fait qu'il réalisait la façon dont il se comportait et qu'il ne se contrôlait pas totalement.

Drago resta plié en deux en attrapant un mollet qui avait une crampe, priant pour mieux respirer, ayant l'impression qu'il allait mourir. Il ne semblait pas avoir assez d'oxygène pour remplir ses poumons en feu.

« Je ne pense pas pouvoir- » Les paroles et les pensées de Drago s'envolèrent dans le vent alors que son regard parcourrait le corps tremblant de son compagnon, depuis ses pieds, en passant par ses cuisses fermes et musclées mises en valeurs dans son pantalon. Mais la meilleure partie… Drago grogna, le mieux, c'était le t-shirt d'Harry qui était remonté quand il s'était mis à l'aise et laissait apparaître plus de peau en sueur que ce que Drago ne pouvait en voir. Il ne lui restait plus assez d'énergie pour respirer correctement, mais voir son compagnon allongé à ses pieds, lui offrant une vue magnifique sur sa peau rosée… Et ses cheveux décoiffés ! Une partie lui faisait une couronne de vagues autour de sa tête, tandis que l'autre était collée à ses joues et son cou. Tout ça conduisit Drago à réaliser qu'il lui restait finalement de l'énergie.

« Et bien ? » se dit-il à lui-même confus en savourant la vision face à lui. Convoiter son compagnon était bien mieux que ce qu'il comptait faire auparavant. Il avait envisagé de tuer chacun de ses gardes douloureusement et lentement, assez lentement pour que ça dure douze foutues vies. Mais dévisager sa moitié de tout son saoul alors que le brun ne pouvait pas bouger était bien mieux. « Je suis stupéfait. »

« Quoi ? » dit Harry en levant sa tête pour pouvoir le questionner du regard.

« Je ne sais pas comment c'est possible mais je veux te baiser là, tout de suite. »

Hermione roula des yeux et se leva, attrapant Harry par l'épaule au passage. « On ne devrait pas s'arrêter soudainement comme ça. Nos corps ont besoin de récupérer progressivement, sinon ce sera pire demain. Et Drago… Merlin ! On a dû courir le marathon de l'horreur à l'instant. Tu es fou si tu veux faire autre chose que de t'allonger et mourir. »

« Je sais ! Mais je ne peux pas m'en empêcher. » Il continua à jeter des coups d'œil à Harry sans aucune honte et ce dernier lui rendit ses regards avec un sourire coquin, ravi de l'attention.

« Le marathon de l'horreur, c'est un peu exagéré, les jeunes, » commenta Brumek en tendant sa baguette à Hermione.

« Est-ce que tu l'as fait comme nous ? As-tu sauté, évité, roulé à chaque mot de Falde ? » demanda-t-elle. « Non ? Alors ferme-la ! » le tailla-t-elle avant de le dépasser. Brumek était sous le choc et la dévisagea avec de grands yeux. Harry commença à rire tellement fort qu'il finit par s'étouffer en cherchant de l'air.

Quand tout fut dit et chaque baguette rendue, ils rentrèrent dans leurs quartiers à temps pour pouvoir prendre une douche et s'habiller, puis de prendre un petit-déjeuner. Ce qui avait paru être une journée complète d'exercice se résumait à trois heures seulement, ils avaient seulement été réveillés plus tôt que ce qu'ils n'avaient cru. Ils se retrouvèrent tous devant la grande salle. Tom était toujours énervé et gardait le silence. Harry et Drago suivirent Hermione, décidant de le laisser ruminer seul car s'ils le poussaient de trop, Tom lancerait des sorts à ceux qui ruineraient son silence.

« Je me sens comme une loque, » murmura Drago en passant le seuil.

« Ouais, » lui accorda Harry avec un sourire malicieux. « Tu y ressembles aussi. » Harry essaya de s'éloigner rapidement mais Drago fut plus rapide et bloqua sa tête dans le creux de son coude.

« Retires ça, Potter, » gronda-t-il doucement tandis que son autre main s'enroulait fermement autour de ses hanches pour le ramener à lui.

Harry posa sa tête sur l'épaule de Drago et secoua sa tête. « Huuum… Non. »

« Harry, tu ne peux pas demander à Drago de tenir la journée complète à déambuler dans les couloirs en pensant qu'il ne ressemble à rien, » intervint Hermione, exaspérée. « Il va en devenir fou. »

« Ouais. Je sais. Mais me faire me sentir mal parce que je me suis fait frapper par mon saule cogneur particulier n'était pas très sympa non plus. »

Drago enfonça ses doigts dans la hanche du brun, prêt à demander au petit idiot de corriger son mensonge sur son apparence immédiatement. Mais Neville fit son apparition face à Tom, attirant leur attention. Il semblait incroyablement préoccupé et avait l'air de ne pas avoir dormi de la nuit.

« Est-ce qu'on peut y retourner ? » chuchota Neville avec excitation. « Je dois m'assurer que ce n'était pas un rêve. »

« Ce n'était pas un rêve. Ils sont réveillés. Excuse-moi. » Tom partit et se dirigea vers la table de serpentard.

« Mais j'ai besoin de le voir ! » chouina Neville. Drago souffla et poussa Harry pour s'amuser.

« Vu que tu penses que je ne ressemble à rien, je te laisse te charger de Londubas, » marmonna-t-il avant de suivre Tom.

Tu restes le mec le plus sexy de la terre, lui dit Harry par télépathie, mais comme il avait dit ça sur un ton amusé, Drago n'accepta pas sa tentative de paix et alla s'asseoir gracieusement.

Dès qu'il fut assis, les odeurs du petit-déjeuner l'atteignirent d'un coup, le faisant baver. Merlin ce qu'il avait faim. Il était affamé, même. Il attrapa rapidement deux tranches de toast et qu'il garnit d'une bonne couche d'œufs brouillés. Il ajouta quelques tranches de bacon dans son assiette et attira le bol de fruits à lui. Mon dieu, les fruits n'avaient jamais senti aussi bon.

« Mais qu'est-ce que tu fous ? » demanda soudainement Blaise, semblant bizarrement irrité et perplexe. Drago quitta son assiette des yeux pour apercevoir Blaise en Pansy le regardant avec un certain choc. Ça ressemblait plus à du dégout, venant de Pansy.

« Quoi ? » La façon dont ils le regardaient lui faisait se demander si une deuxième tête ne lui avait pas poussé. Ils ne lui répondirent pas tout de suite, ayant tourné leur attention vers Tom qui venait de lui voler son bol de fruit. C'est alors qu'il s'aperçut de la quantité de nourriture que lui et son frère planifiaient d'ingurgiter. « Oh. » La main de Drago s'empara du bol pour le ramener à côté de son assiette, ignorant le sifflement d'avertissement de Tom.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda Ginny. « Les gars, pourquoi vous regardez Drago et Luther comme ça ? »

« Je n'ai jamais vu Drago manger du bacon. Jamais, » lui répondit Blaise en haussant un sourcil quand Tom poussa Drago, le faisant presque tomber du banc. Mais ce dernier se rattrapa des deux mains à la table pour éviter cela. Tom reprit possession du bol de fruit. Apparemment, c'étaient des fruits très spéciaux avec des pouvoirs très spéciaux eux aussi.

« Drago, tu ne vas pas me dire que tu vas manger tous ces œufs dans ton assiette, » finit par dire Pansy. « Et arrêtez de vous voler à tour de rôle ce bol de fruits. Nous ne sommes plus des gosses. » Elle fit voler un autre bol de fruits vers eux et le leur tendit, ignorant les objections de ceux qui venaient de se le faire prendre. Drago s'arrêta à mi mouvement de sortir sa baguette et s'attribua celui que Pansy avait invoqué.

« Est-ce que vous allez nous expliquer ? » demanda une nouvelle fois Blaise. « Quelque chose ne va pas si vous mangez comme ça. »

Drago balaya la question de son ami d'un haussement d'épaule, plus désireux de finir son repas.

Pansy hoqueta soudainement. « Oh Merlin ! Tu n'attends pas un enfant, n'est-ce pas ? »

Les yeux de Drago s'écarquillèrent et il s'étouffa avec son jus de citrouille. Tom s'éloigna tout en commençant à rire, ne faisant rien pour empêcher Drago de cracher ses poumons.

« Qu'est-ce qui ne va pas avec toi Pansy ? » réussit à dire le blond.

Blaise lui lança un regard en coin. « Tu as le chic pour dire la première chose qui te vient à l'esprit. »

« N'importe quoi, Blaise. Je ne ferais jamais quelque chose de si griffondor, » se défendit Pansy, s'offusquant quand Ginny renifla et secoua sa tête.

« Tu te rappelles quand tu as dit à Harry que tu espérais voir ses ailes devenir roses ? » dit Ginny. « Ce qui l'a fait paniquer, en quelque sorte. »

« Et si c'était possible, Harry serait celui qui attendrait un enfant, » siffla Drago. « Mais cette conversation n'a pas d'intérêt car il n'a pas pris la potion. » Il adressa à la serpentarde un regard noir avant de se resservir un verre pour apaiser sa gorge sèche.

Tom ricana et particulièrement parce qu'à ce sujet, il en savait plus que Drago. Il ne fut pas surpris de voir la tête d'Ozemir apparaître entre eux et dire d'une voix que seuls eux et leurs camarades pouvaient entendre : « Oh, tu ne savais pas, petit ? Les soumis de sexe masculin peuvent porter un enfant en leur sein tout comme les femelles une fois en possession de leurs ailes. Ça arrive naturellement, pas besoin de potions. »

Du jus de citrouille vola de la bouche de Drago et ses yeux étaient sur le point de sortir de leurs orbites. La table se tut pendant un instant. Les autres élèves n'ayant pas participé à cette conversation étaient silencieux parce que ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait voir un Drago Malefoy arroser Blaise Zabini de jus de citrouille. Mais comme rien d'autre ne se passa pendant les quelques minutes suivantes, tous retournèrent à leur conversation en jetant malgré tout quelques regards furtifs de temps à autre. Drago et les autres se dévisageaient, sous le choc de cette révélation, tandis que Tom se moquait d'eux dans son coin. D'un seul être, le petit groupe de serpentards regardèrent la table des griffondors, où Hermione mangeait avidement son petit déjeuner, tandis qu'Harry mangeait à un rythme plus lent mais avec l'intention de finir son assiette. Les griffondors avaient dû sentir leurs regards car l'instant d'après, ils ignorèrent leur repas pour chercher l'origine de ceux-ci. Harry vit Drago et leva un sourcil devant son expression abasourdie.

On dirait que Mme Weasley t'a frappé avec une poêle.

Drago baissa ses yeux et repris son repas, très drôle. « Arrêtez de regarder, » dit-il à voix basse à ces camarades.

« Tu ne vas pas lui dire ? »

Il secoua sa tête en réponse à Ginny, il ne le ferait pas pour l'instant, et fut soulagé quand les hiboux entrèrent pour distraire l'attention. Drago regarda Ozemir par-dessus son épaule. « J'aurais apprécié que tout le monde ne soit pas au courant, » il siffla en bougeant à peine ses lèvres. « Surtout que Harry et moi ne sommes pas informés de ce fait. »

« Au moins tu le sais, maintenant, » dit Tom en attrapant la revue de la Gazette des mains de Goyle. « Cette conversation est terminée, et vous allez garder le silence sur ce que vous venez d'apprendre. Est-ce que c'est clair ? » Tout le monde acquiesça et retourna à son petit-déjeuner.

Pansy fixa Drago de ses yeux étrécis. « Tu ne m'a toujours pas dit pourquoi tu manges comme si ton dernier repas datait de trois jours. »

Tom parla sans se détourner du journal. « Nous sommes debout depuis bien avant le lever du soleil et avons dépensé beaucoup d'énergie. Nous sommes affamés. »

« Pourquoi quelqu'un voudrait se réveiller avant l'aube ? » demanda Ginny avec dégoût.

« C'est exactement ce que je me demande, » fit remarquer Drago en lançant un regard noir à l'érudit. Ozemir lui retourna un sourire et leva sa main en l'air pour signifier que ce n'était pas de sa faute.

Tom donna un coup de couda à Drago pour attirer son attention et secoua la Gazette devant lui. Drago se pencha et attrapa l'autre moitié du journal. « Notre sorcier en charge des médias a commencé. Et il a fait du bon boulot pour cette fois. »

Il désigna un article sur la première page concernant certains chefs de départements du ministère qui seraient interrogés par les aurors, investiguant pour une histoire de corruption interne. Les aurors devaient en plus enquêter sur cette histoire de fuite, maintenant que l'histoire était connue du grand public. Et en dehors de Kingsley et de certains officiels des Affaires Publiques, aucun nom n'était mentionné dans les articles, et le sujet des investigations était gardé sous silence. Drago pensa que ce n'était pas important de savoir cela pour l'instant. Il y avait assez de matière pour titiller la curiosité du lecteur, qui se demanderait quoi d'autre se passait au ministère.

A la page trois, un autre article parlait des aurors enquêtant sur un fameux sorcier – son nom gardé anonyme. Après avoir eu de nombreuses rumeurs sérieuses partout en Angleterre sorcière ces derniers jours, Kingsley ne pouvait pas passer outre la gravité de ces accusations. Une enquête devait se faire. Drago se sentait presque désolé pour le chef des aurors… Presque. Mais il ne se sentait certainement pas désolé pour Dumbledore. Ces rumeurs venaient des portraits du bureau de Dumbledore. Kingsley avait dû l'apprendre de cette façon, acquérant assez de preuves pour avoir des doutes sérieux sur le directeur. Drago se demanda quel portrait avait dénigré le vieux fou.

La défense contre les forces du mal s'avérait être le premier cours des griffondors et Drago insista pour les accompagner. Harry pensa que ce n'était pas nécessaire et protesta quelques minutes avec le blond à ce sujet. « Mais ton cours est à l'autre bout du château. Ça n'a pas de sens d'aller de ce côté pour devoir faire le chemin en sens inverse. »

« Tu peux dire ce que tu veux, mais je t'accompagne quand même en cours, » répéta Drago une énième fois.

Harry soupira. « Bien. »

« Vous allez bien tous les deux ? Enfin, après ce footing… » demanda Hermione pour combler le silence qui s'était abattu sur eux.

« Je ne me sens pas aussi mal que ce que je pensais, » avoua Harry. « Mes muscles sont vraiment douloureux, mais c'est tout. C'est normal, non ? » Hermione acquiesça, frottant son poignet de façon absente. Il n'était plus blessé, mais ça la lançait comme si son corps pensait qu'il l'était.

« Autre chose ? » demanda Drago à Harry alors qu'ils s'arrêtaient devant la porte de la salle. Il pensait au coup qu'Harry avait pris dans le ventre par la branche. Par-dessus l'épaule du brun, il aperçut l'autre enfoiré de Klyne, qui fut assez intelligent pour détourner le regard quand il se rendit compte que le serpentard le fixait.

« Pas vraiment. Mon ventre m'a fait mal pendant quelques minutes… Mais ça a disparu… » se dépêcha de dire Harry quand les yeux de son amant s'écarquillèrent de panique. « Sans doute le contrecoup de m'être fait frappé par ma propre branche. »

Drago renifla. « Quel inconscient, celui-là. » Il examinerait son compagnon plus tard en quête de la moindre douleur. Il savait à quel point Harry se plaisait à la cacher.

Harry le bouscula avec son épaule et entra en cours avec Hermione. Quand Brumek les suivit, Drago le bloqua. « Surveille-le, » murmura-t-il sombrement, regardant dans la salle le professeur qui faisait son possible pour ignorer le fiancé ukatae en colère.

« Il n'ennuiera pas ton compagnon, » répondit aussi fermement Brumek.

« Merci. » Il s'éloigna de la porte ouverte et s'adossa au mur, tapant du pied avec impatience. Tom serait fâché contre lui pour se présenter en retard à leur premier cours, mais Drago était curieux de savoir comment aller se dérouler celui des griffondors. Après quelques minutes, les derniers griffondors de septième année se présentèrent et la porte se ferma, signalant le début du cours. Drago se déplaça pour se tenir en face de la porte. Il n'avait pas besoin de presser son oreille contre la porte pour entendre ce qui se disait derrière.

Il pinça des lèvres quand il entendit le professeur Klyne commencer sa leçon. « En vue de se défendre contre la magie noire, vous devez d'abord comprendre comment elle fonctionne… »

Drago secoua sa tête en traversant le couloir vide en compagnie de Falde. « Il a osé. Il n'a même pas fait l'effort de changer quelques mots… »

« Tu l'avais parié, » lui répondit silencieusement Falde.

Drago sourit en coin. « Oui. Exactement ! J'aurais dû mettre de l'argent en jeu. »

Le cours de Métamorphose se trouva avec le reste des élèves de son année, se tenant droits sur leurs sièges et tous attentifs au professeur McGonagall alors qu'elle regardait Drago prendre place avec un regard désapprobateur.

« Cinq points en moins pour serpentard, M. Malefoy. Essayez de ne pas être en retard la prochaine fois. »

Il cacha sa surprise en s'asseyant. Seulement cinq points ? Contre Serpentard ? C'était une première. « Mes excuses, Professeur. Ça ne se reproduira plus. »

McGonagall acquiesça avant de retourner aux instructions écrites sur le tableau et d'expliquer ce qu'ils feraient pour leur premier cours. Drago lança un regard à son frère et vit Tom avec un air réprobateur quasi similaire à l'adulte quand il était arrivé dans la salle. Le blond roula des yeux et se tourna vers l'avant de la salle. Il aurait aimé pouvoir dire à Tom que Klyne utilisait ses propres mots, mais comme McGonagall était connue pour entendre le moindre chuchotement dans sa salle et que Drago ne voulait pas s'attirer ses foudres, il se dit qu'il serait mieux qu'il attende la fin du cours, où alors quand ils entameraient la partie pratique de la leçon.

… … …

Harry et Hermione avaient un temps libre juste après la DCFM, période qui était attribuée à Talyn.

« Alors, » commença Harry. « C'est reparti. Dans cette foutue forêt… »

Talyn posa sa lance contre un arbre et leur fit face dès qu'elle eut détaché sa cape et étalé au sol près de son arme.

« Cette leçon va vous apprendre ce que vous devez savoir sur vos ailes. » Alors que sa voix s'atténuait, des ailes sombres comme celles d'un ange déchu s'élevèrent de son dos en se déployant largement. Les plumes d'un bleu-violet sombre s'accordaient à la couleur de ses cheveux et de ses marques, qui brillaient d'un violet clair métallique.

« Tu as des ailes magnifiques, » dit Hermione en souriant doucement quand les ailes de Talyn s'agitèrent légèrement sous le coup du compliment. Mais son sourire disparut. « Mais je n'ai pas d'ailes. Je me suis liée, » elle lança un regard noir à Harry quand il s'étouffa à ses paroles, « et je ne ressens aucune démangeaison ni douleur qui pourrait indiquer la croissance d'ailes. Ne devrais-je pas utiliser ce temps libre pour apprendre quelque chose qui me sera utile ? »

Les ailes de Talyn se replièrent dans son dos comme l'elfe s'avançait. « Tu auras des ailes. Tu es une vraie ukatae. »

« Je ne pense pas, » lui répondit la brune avec entêtement.

Harry savait par l'air sceptique dans les yeux de sa sœur que quelque chose la troublait. « Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il. Elle resta silencieuse et baissa ses yeux au sol.

Talyn se rapprocha et posa une main sur l'épaule d'Hermione. « Si quelque chose te tracasse, nous en parlerons après la leçon. Ce sera court. Mais pour le moment, reste attentive à mes instructions. » Quand Hermione acquiesça avec réluctance, Talyn se tourna vers Harry. « Maintenant, libère tes ailes, jeune elfe. Je vais t'apprendre à planer. »

« Planer ? » interrogea Hermione. C'était un cours, après tout, et elle ferait bien d'apprendre ce qu'elle pouvait sur sa nouvelle espèce. « Pourquoi pas voler ? » elle avait déjà sorti sa plume et son parchemin. Harry espéra qu'elle prenne des notes pour lui s'il devait participer aux démonstrations.

« Il nous arrive de voler, mais nous planons la plupart du temps. Nous n'utilisons pas vraiment nos ailes pour voyager. Pas quand nous avons deux jambes en parfaite capacité et d'autres moyens. Utiliser le Cercle ou les Ombres prend moins d'énergie et est moins épuisant, de plus, utiliser les Ombres est beaucoup plus rapide que n'importe quel autre moyen de transport. Alors quand nous utilisons nos ailes, c'est principalement pour nous éviter de sauter ou de nous déplacer entre deux lieux aux hauteurs assez proches. Pour pouvoir planer, nous avons juste à laisser nos ailes attraper les courants et nous laisser porter. »

Quand Harry se débarrassa joyeusement de sa robe et de sa chemise, ses ailes se déployèrent aussitôt et battirent avec force jusqu'à ce que Harry décolle du sol, seuls ses orteils touchant encore le sol.

« Quelqu'un est impatient, » commenta Talyn avec un petit rire.

« C'est comme si elles agissaient de leur propre chef. Je déteste les garder cachées. » Harry prit un instant pour contrôler ses appendices emplumées avant de continuer. « Les ukataes ne sont pas stricts par rapport à ça, si ? Je n'aurais pas à les cacher dans le monde ukatae ? »

« Non. Ceux avec des ailes les arborent fièrement et sont considérés avec un grand respect. Ça permet d'identifier ceux qui peuvent porter des enfants. »

« Ce monde rempli de misogynes devrait en prendre des notes, » marmonna Hermione.

Brumek se posa contre un arbre pour les regarder. Ça ne le dérangeait pas d'être avec eux, plus maintenant qu'il avait un compagnon. Autrement, il se serait battu bec et ongles avec Falde pour ne pas être là ni n'avoir à garder un des deux jeunes présents à la leçon de Talyn, car ça n'aurait eu aucun sens pour lui. Et maintenant qu'il avait un compagnon, Ozemir, en dépit de son refus stupide, aurait des ailes un jour ou l'autre. Falde avait d'abord demandé à Ozemir d'assister à cette leçon, mais celui-ci avait refusé sans détour, les yeux brillant d'un rouge assassin promettant milles tortures si on le forçait. Brumek s'était retrouvé avec une trique d'enfer avant la fin de cette entrevue et l'érudit s'était enfui avec un rire stupide.

« Je parie que les ailes d'Ozemir seront d'un blanc nacré, comme ses cheveux, » dit Harry.

« Il doit se lier d'abord. Sans quoi, rien ne se passera, » lui rappela Talyn avant de regarder Hermione. « Tu es une femme. Tes ailes pousseront, que tu te sois liée ou non. »

Hermione se redressa sur ses pieds et eut un regard noir. « Pour la dernière fois, des ailes ne me pousseront pas ! » Elle avait l'air de vouloir en dire plus, mais après quelques secondes elle se détourna et partit de la clairière.

« Je vais aller la trouver, » dit Brumek à Harry quand celui-ci avait fait quelques pas pour suivre sa sœur. « Continue avec cette leçon. »

« Qu'est-ce qui ne tourne pas rond avec elle ? » se demanda Harry à voix haute avant de faire face à Talyn qui… Avait disparu. « Hein ? » il fit un tour sur lui-même mais il ne la détecta pas. D'un coup, il fut assailli par des pines de pins, chacune touchant le même endroit au sommet de sa tête. « Merde ! »

« Ne te laisses pas distraire, » lui lança Talyn d'au-dessus. Des yeux verts regardèrent vers le ciel pour apercevoir Talyn flottant très haut et lui souriant à pleines dents. Ses ailes battaient lentement et étaient totalement déployées. « La plus petite distraction peut devenir mortelle dès qu'on est dans les airs. »

Harry regarda Talyn de travers. « Ça va être compliqué. » L'adulte lui renvoya un sourire moqueur.

Hermione ne marcha pas très loin. Elle était énervée, mais pas idiote. Il n'était pas bon de traîner dehors seule. Elle ne savait pas ce qui pourrait arriver. On lui avait signifié qu'elle serait un pur ukatae, mais elle n'y avait pas vraiment cru. Avant ce jour, Ozemir avait déjà fait des allusions à son immortalité… Il y avait tellement de choses sur le sujet qui lui donnait envie de craquer et pleurer.

Brumek la trouva assise sur un tronc. Hermione souffla. « Tu n'as pas besoin de rester avec moi. Je vais bien. »

Il haussa les épaules. « Pourquoi voudrais-je rester pour la leçon ? A l'inverse de toi, des ailes ne vont pas me pousser. »

Hermione le regarda du coin de l'œil avec un froncement de sourcils. « Ozemir va en avoir. Tu devrais y retourner et écouter. »

« Toi plus que moi. Est-ce qu'on a besoin d'un deuxième ukatae dans le déni ? »

Les mains d'Hermione commencèrent à trembler alors qu'elle agrippait les pans de sa robe. « Je ne peux pas, » murmura-t-elle. « Je ne peux pas. »

« Mais tu vas le faire. Tu es un elfe noir, petite. »

Hermione cacha son visage dans ses mains et pleura. Brumek recula d'un pas, sous le coup de la surprise, et chercha de l'aide autour de lui. Il ne savait pas comment réconforter une femelle en pleurs. Mais elle se mit rapidement à babiller et il n'eut pas besoin de lui demander ce qui n'allait pas.

« Je ne peux pas ! Mes parents… Que vont-ils dire ? Et Severus ! Il ne voudra plus jamais me toucher ! Il ne va plus vouloir de moi, et j'ai besoin de lui. J'ai besoin de lui et il va me laisser et vieillir alors que je vais rester jeune pour toujours et sans lui… » Ses pleurs s'intensifièrent et Brumek semblait pétrifié.

« As-tu essayé de parler avec… Cet humain extrêmement rustre ? »

Hermione renifla. « Non. Je n'ai pas vraiment le temps. » Elle détourna ses yeux quand il lui adressa un regard perçant. « Et je… J'évite peut-être volontairement le sujet. »

« Ce n'est qu'un humain. Ne te préoccupes pas de ce qu'il peut penser. »

« J'étais une humaine, moi aussi ! Mes parents sont humains ! Nous l'étions tous avant cet été ! Ne parle pas de lui de cette façon ! »

Brumek leva ses mains, souhaitant de tout son cœur qu'Ozemir apparaisse et prenne le relai. Il n'était définitivement pas expérimenté dans le réconfort et Ozemir savait parler à des personnes émotives, surtout des femelles. Il agissait comme telle la plupart du temps.

« Je dis juste ça parce qu'il n'a pas l'air de s'en préoccuper... »

Hermione sortit sa baguette et la planta sous son nez. « Plus un mot ou je t'arrache le nez, » siffla-t-elle. Ils restèrent silencieux quelques secondes avant que Brumek ne commence à rire, de plus en plus fort et profondément. Son rire pris de court Hermione qui en laissa tomber sa baguette. Elle se pencha rapidement pour la récupérer en grommelant, frustrée. « Severus tient à moi. » Bien que sa voix soit ferme, Brumek put voir la peur et le doute dans ses yeux.

« Oui, j'ai pu le constater, » dit Brumek pour la rassurer mais aussi parce que c'était vrai. « Lui parler serait la meilleure chose à faire. Lui cacher tes craintes n'est pas très juste, surtout que ça le concerne. »

Hermione soupira. « Tu obtiens un compagnon et maintenant, tu deviens sensé ? »

Brumek eut l'air offensé. « Tu ne me connais pas autant que tu le crois. Je l'ai toujours été. »

« J'ai du mal à croire que tu aies été sensible avant d'avoir eu un compagnon. »

« C'est un fait dont j'étais fier. »

Ils prirent le chemin retour vers le cours et Hermione espéra que le sujet était définitivement clos.

Le reste de la leçon se déroula rapidement. Harry réussit à s'élever dans les airs, mais fut incapable d'y rester plus d'une minute. Et il n'était pas aussi élégant avec ses ailes que sur son balai. Hermione se remit de ses émotions grâce à lui en se payant une bonne tranche de fou-rires en le voyant s'énerver et être de plus en plus frustré avec lui-même. Il était partout. S'élançant ici et là, jurant quand seulement une aile à la fois obéissait à ses ordres quand il était dans les airs. Il était heureux que Drago ne soit pas témoin de ses échecs. Il n'aurait jamais laissé Harry tranquille avec ça.

Après la pire session de vol qu'Harry ait connu, Talyn lista l'utilité des ailes.

« La taille des ailes est un indicatif de rang. » Elle adressa à Harry un sourire amusé. « Tes ailes sont… D'une taille impressionnante. »

Harry lui répondit avec un sourire canaille. « Oui, je sais. »

« Laisses-moi t'expliquer ce que ça signifie, jeune elfe, » continua-t-elle avec sérieux. « Ça veut dire que tu vas marcher avec fierté où que tu ailles. Tiens-toi droit et fier, le menton levé et les yeux tournés vers le sommet. Et quand c'est nécessaire, tu montres à tes ennemis à quel point ils sont petits et insignifiants comparés à toi. C'est très important dans le monde ukatae. »

« Se comporter comme un Malefoy. » acquiesça Harry. « Compris. Quoi d'autre ? Je sais déjà pour les phéromones. »

« Oui. C'est drôle, tu ne trouves pas ? »

« Ouais. Ça rend Drago fou en quelques sortes. »

Talyn hocha la tête avec un rire et se tourna vers Hermione pour s'assurer qu'elle suivait toujours.

« Et pour finir, les marques de tes ailes indiquent la procréation quand la couleur change. »

Harry arrêta d'écouter à ce stade. Il ne pensait pas que cela concernait les mâles avec des ailes. Ça ne lui était pas venu à l'idée que les choses pouvaient être différentes pour les ukataes, surtout que Talyn ne semblait s'adresser qu'à Hermione. C'est comme cela que se termina leur premier cours, avec la promesse de continuer le lendemain.

Harry était en retard à son cours suivant, mais il n'était pas inquiet de cela car il n'y aurait pas de conséquences. C'était seulement un cours sur l'Histoire de la Magie après tout, et professeur Binns ne remarquait jamais rien. C'était un fait connu, ce pour quoi il n'était pas le seul à être en retard. Ron et Seamus entrèrent rapidement après lui.

Ils baisaient vraiment ensemble. Ce n'était pas une supposition. Harry le savait et ça l'irritait. Non pas parce qu'il était jaloux, mais parce que Ron était le pire foutu hypocrite que cette satanée Terre ait pu porter. Il s'était retourné contre lui parce que Harry s'était avéré être gay, mais il s'envoyait en l'air avec l'autre enflure d'irlandais. Harry se demanda si Seamus et lui faisaient leurs affaires avant qu'il ne fasse son coming out… Bref, peut importait. Il leur souhaitait le pire. Et juste pour leur rendre la monnaie de leur pièce, Harry ne réagirait à aucune de leurs piques. Il resterait amusé de toutes leurs attaques et laisserait couler, ça énerverait encore plus Ron.

« Si vous vouliez garder ça secret, vous n'auriez pas dû vous faire cramer comme ça. Idiots, » murmura-t-il alors que les deux garçons le dépassaient. Il fut récompensé par deux magnifiques regards de travers.

Hermione lui fit un signe depuis le devant de la salle où elle était sur un bureau pour deux, mais il renifla et secoua la tête. Il n'était pas question qu'il aille devant. Pas alors qu'il pouvait s'assoir seul à l'arrière et rattraper quelques minutes de sommeil.

Posant sa tête sur le bureau, il se demanda ce que faisait Drago. Il n'était pas certain que le serpentard ait cours en ce moment, n'ayant pas encore mémorisé l'emploi du temps de son amant.

Tu as quel cours actuellement ?

Arithmancie. Silence, Harry, j'essaye d'être attentif.

Harry ferma les yeux. L'arithmancie était un cours très compliqué et il était content de ne pas devoir y assister.

Le sourire de Drago s'étira d'une oreille à l'autre, ce dernier se tenant devant la porte de la classe. Une lueur vengeresse s'alluma dans le regard du blond et il lança un regard noir à Falde. Le couloir était vide et personne ne devrait le déranger de ce côté de la porte.

« Qu'est-ce que tu es en train de manigancer, petit ? » demanda Falde quand Drago fouilla dans son sac.

Drago eut un sourire malicieux. « Fais sortir Ozemir et Brumek de la salle, ok ? »

« Non. Nous sommes là pour votre protection. »

« Allez… » le supplia Drago. « S'il te plaît. »

« Non. Il y a trop de gens pour vous laisser seuls tous les deux. »

Drago souffla, mais il savait qu'il n'allait pas gagner cette manche. « Tout ça parce qu'on est des empereurs, » marmonna-t-il en lançant un regard noir en direction de Falde qui lui souriait en retour. Drago se couvrit de la cape d'invisibilité qu'il avait 'empruntée' à Harry un peu plus tôt. « Tu peux me voir ? »

Falde eut un air étonné. « Non. »

« Bien. Peux-tu rester dehors ? Sinon mon plan va être ruiné. »

Falde acquiesça après quelques secondes. « Tu n'as toujours pas dit ce que tu manigançais. »

« Je vais lui rendre la monnaie de sa pièce. Tu sais, c'est ce qu'on fait, nous les gamins… Ok, maintenant, si tu peux nous faire entrer par les ombres, et dépêche-toi de partir avant que quelqu'un ne te remarque. »

Falde soupira, « très bien. »

Harry était déjà en train de somnoler, mais son sommeil était étrange. Il savait qu'il était un train de dormir mais il arrivait malgré tout à ressentir tout ce qu'il se passait autour de lui, comme s'il était pleinement éveillé. Et, d'un coup, l'odeur de Drago le submergea et sa tête se redressa d'un coup, cherchant autour de lui l'imbécile de blond. Mais Drago n'était nulle part en vue. Harry finit par se dire que l'odeur de Drago devait venir d'un rêve, mais quelque chose toucha sa jambe et il eut un spasme. Son pied atteignit quelque chose de solide, qui n'aurait pas dû se trouver là.

Quand il regarda sous le bureau, il ne vit rien en dehors de ses jambes. Ses yeux s'étrécirent, et il donna un autre coup de pied, cette fois-ci ne touchant rien. Quelques camarades de classe aperçurent son agitation et le regardèrent bizarrement. Il les ignora et observa Brumek et Ozemir pour voir s'ils avaient remarqué quelque chose d'étrange. Mais leur attitude n'avait pas changé. Ils se tenaient chacun dans un coin de la salle, ignorant l'autre. Ozemir dévisageait Binns qui déroulait son cours d'une voix monotone. La bouche de l'érudit était légèrement entrouverte, avec un air angoissé sur le visage.

Une force invisible lui écarta soudainement les jambes. « Putain ! » hoqueta-t-il. Tout le monde s'arrêta pour se tourner vers lui, faisant s'arrêter le mouvement de ses jambes.

Après quelques instants, Harry se tassa dans son siège quand quelque chose effleura son entrejambe, et doucement, très doucement, commença à défaire sa braguette.

Drago !

Ledit blond eut un sourire vainqueur sous la table et continua sa mission. Les battements rapides du cœur d'Harry l'y incitant fortement, tout comme la chaleur qui se dégageait de son compagnon, l'entourant alors qu'il libérait l'érection grandissante du brun.

Drago ! Salopard ! Les mains d'Harry volèrent sous le bureau et saisirent les cheveux du blond à travers la cape, le griffondor étant content que le bureau ait des jupes sur les côtés et à l'avant.

Bien sûr que c'est caché ! Tu crois que je suis un idiot qui se pointe comme ça sans un plan bien conçu ? Chut… pensa Drago quand Harry gémit sourdement quand Drago caressa son sexe palpitant. Fais gaffe, Potter. Tu ne voudrais pas que les gens t'entendent et deviennent suspicieux.

Harry dû se mordre la langue littéralement pour s'empêcher de crier quand la bouche de Drago l'entoura. Nous sommes en plein milieu d'un cours !

Hum hum… Je t'avais promis que je me vengerais… Pour sainte Mangouste et ce matin… Et ça te plait clairement vu comme tu es déjà dur.

La tête d'Harry retomba en arrière, fermant ses yeux avec force quand il fut entièrement avalé. Il sortit sa baguette quelques secondes plus tard pour lancer un sort de silence autour de lui, sachant très bien qu'il ne pourrait pas garder ses vocalises pour lui.

« Qu'est-ce qu'il t'est arrivé en cours ? » lui demanda Hermione dès qu'ils furent dans le couloir.

Harry s'adossa au mur et se passa une main dans les cheveux en regardant le reste de la classe sortir. « Rien. Comme d'habitude. J'étais ennuyé à en pleurer. »

« Mais tu étais tout rouge… Et j'ai même cru que tu t'étouffais pendant un instant… »

« Tu as dû t'imaginer des choses. » Harry balança son sac sur son épaule et s'engagea dans le couloir.

« … Et après, tu as gardé ta tête entre tes bras pour le reste du cours ! » continua Hermione sans faire de pause. Elle fut brutalement interrompue par Seamus et Ron qui leur barrèrent le chemin.

« Merlin, pas encore. » Soupira Harry quand il fut attrapé par le devant de sa robe et il leva rapidement la main en direction d'Ozemir et Brumek pour les empêcher d'intervenir. « Ron, lâches-moi. Tu. Es. Pathétique. » Il s'empara du poignet du roux et planta ses ongles dans sa peau. Hermione bougea et il regarda par-dessus son épaule pour l'apercevoir pointer sa baguette en plein dans le visage de Seamus. Quand il se retourna, Ron dévisageait ses griffes avec surprise.

« Quoi ? » Harry pencha sa tête sur le côté et eut un sourire moqueur. « Tu sais que je ne suis plus humain. Ne fais pas le surpris. »

« En train de te vanter que tu es meilleur que des humains, hein ? » cracha Seamus, les yeux toujours rivés sur la pointe de la baguette d'Hermione. « Si c'est vrai, alors pourquoi tu le caches ? »

« Je pense que tu as honte, » lança Ron. « Tu devrais. »

Le rire de Harry porta dans tout le couloir. « Avoir honte ? » il sourit à Hermione. Elle gloussa, attirant de ce fait l'attention de Ron sur elle. Ce fut seulement à ce moment qu'elle écarta ses lèvres pour laisser apparaitre ses nouveaux crocs rutilants.

« Mon frère et moi n'avons pas honte, Ron, » répondit-elle en ignorant le bruit incrédule que Brumek laissa échapper derrière elle. « On ne veut juste pas que les petits bébés courent partout parce qu'ils sont effrayés. Donc nous ne le crions pas sur tous les toits. » Elle pressa sa baguette sous le menton de Seamus sans délicatesse. « Et quand je parle de bébés, je ne parle pas des premières années. »

« Qu'est-ce que tu veux cette fois, Ronnichou ? » finit par demander Harry en repoussant la main du crétin.

« On sait ce que vous tramez, » lui répondit le rouquin. « Et on ne vous laissera pas faire. »

« L'ordre va vous dénoncer au Ministère, » compléta Seamus.

Harry et Hermione leur rirent au visage avant de les dépasser et de continuer leur chemin. « Qu'est-ce qui cloche avec lui ? » demanda Hermione. « Il s'est transformé en un idiot fini. » Harry lui lança un regard en coin. « Tu as raison, » elle gloussa. « Il a toujours été bête. »

« Tu ne sais rien ! » Lança Harry par-dessus son épaule à Ron. « J'aurais préféré le contraire. Toute ta famille en sait beaucoup plus que toi. »

Hermione attendit qu'ils aient tourné à un angle et hors d'écoute avant de lui demander. « Tu penses que tu aurais dû dire ça, sur les connaissances des Weasley ? »

Harry haussa des épaules. « C'est la vérité. Et maintenant, il va leur poser des questions auxquelles ils ne répondront probablement pas. Mme Weasley ne dira rien parce que c'est le seul moyen de le protéger, ainsi que nous. Et ça va le faire rager, Hermione… » Un sourire mauvais traversa son visage. « Ça va le rendre fou. »

… … …

Le soleil couchant projeta ses derniers rayons sur le sol de Poudlard. Les élèves étaient à l'intérieur du château en train de diner, rendant l'extérieur relativement silencieux. Assez silencieux pour que, quand le portail d'entrée s'ouvrit, les grincements s'entendent de loin. Devant l'ombre du portail se tenait une jeune fille solitaire empruntant le chemin avec une valise qui flottait derrière elle. Le vent se leva en une douce brise et fit danser ses cheveux blonds derrière elle, certains s'emmêlant dans la baguette qu'elle avait calée derrière son oreille.

« Mademoiselle Lovegood. Comment vous portez-vous ce soir ? »

Le sourire de Luna ne diminua pas quand elle leva son regard sur Dumbledore qui lui bloquait le passage quelques pas devant. Elle étudia le vieux sorcier de ses yeux rêveurs une fois qu'elle s'arrêta en face de lui. « Je vais bien, monsieur le directeur. »

« Je suis vraiment désolé pour la perte de votre père. »

« Papa n'est pas perdu. »

Les yeux de Dumbledore s'étrécirent quand il vit que ses cheveux continuaient à danser derrière elle alors qu'elle ne bougeait plus et que le vent s'était calmé. Et il fut encore plus agacé en ne parvenant plus à sentir la magie de la fille. C'était comme si elle était devenue moldue, alors qu'il savait que non.

« Bien sûr, pas perdu, » répondit-il avec compréhension, sa douce voix consolante. « Il est autre part… Oui, je comprends. Mais ça doit quand même être dur. »

Luna gloussa quand ses yeux se baladèrent du directeur au château, le balayant et s'arrêtant sur la tour d'astronomie ou Tom et Talyn les regardaient. « Pas tant que ça… » dit-elle à Dumbledore.

Tom était allé au sommet de la tour d'astronomie parce que c'était un endroit qu'il côtoyait fréquemment quand il avait rejoint Poudlard la première fois. Il adorait contempler la pénombre, prévoir et organiser ses prochaines conquêtes du monde sorcier. De ce point de vue, il était toujours le même. Heureusement, rien de nouveau n'avait changé ses objectifs. Prévoir et s'organiser était toujours quelque chose qu'il appréciait faire. Et c'était pour ça qu'il se trouvait dans la tour au retour de Luna.

Même si, cette fois-ci, il n'avait pas pu aller bien loin dans ses réflexions. Emmerdeuse qu'elle était, Talyn ne pouvait pas garder sa bouche fermée plus de quelques minutes. Il était sur le point de lui demander de se retirer quand il avait baissé les yeux et aperçut l'étrange rencontre. Inexplicablement, ses mains s'étaient crispées en deux poings en comprenant qui était en bas et dans quel danger elle se trouvait.

« Attends et regarde ce qu'il va se passer, » suggéra Talyn quand il agrippa le rempart, avec l'intention de sauter.

« Non. Il va trouver une façon de la lier à lui d'une façon ou d'une autre si elle reste trop longtemps en sa présence. » Ses yeux se durcirent. « Dumbledore n'aura pas un nouvel outil à utiliser contre moi. »

Quand il sauta, Talyn ne regarda pas pour savoir s'il s'en était bien sorti. Les ukataes étaient naturellement doués pour sauter. Et s'il pouvait tenir debout sans soucis, il pouvait atterrir sans problème. Riant doucement, elle continua à observer la jeune sorcière et le vieux sorcier. Pauvre Tom. Il allait de découverte en découverte. Certaines seraient difficiles, si on prenait en compte son passé et il en détesterait sans doute d'autres. Ça va être intéressant de voir quel chemin il va choisir cette fois-ci, pensa-t-elle en sautant après lui.

Au lieu de sauter directement en bas, Tom sauta sur une tour plus basse et ainsi de suite jusqu'à être sûr de pouvoir atterrir sans problème. Sauter directement en bas était dans les cordes des ukataes, mais son corps était toujours endolori de la séance du matin et pour être tout à fait honnête, il n'était plus très sûr de savoir où se situaient ses limites. C'était déconcertant et frustrant de progresser en territoire inconnu.

Après avoir mis pied à terre, Tom longea les murs du château en se rapprochant de Luna et Dumbledore. Il était sur le point de sortir des ombres quand Talyn l'arrêta. « Attends. » Elle le saisit fermement par le poignet. « Le vieux sorcier n'a pas utilisé de magie. »

« Dumbledore est un danger de chaque instant, peu importe ce qu'il fait. »

« Cette fille peut très bien se défendre toute seule. Souviens-toi. »

Les yeux de Tom luisirent dans les ténèbres. « Je me rappelle, » répondit-il à voix basse.

« On regarde. » Talyn eut un sourire malicieux, relâchant sa prise. « S'il devait tenter quoi que ce soit, on lui tomberait dessus avant qu'il n'ait le temps de cligner des yeux. »

Tom était curieux de savoir comment Lovegood allait réagir, il se recula donc pour regarder aux côtés de Talyn, défiant silencieusement Dumbledore de tenter quelque chose. Luna devait sans doute être différente maintenant, mais pas physiquement. Ces changements seraient-ils évidents en si peu de temps ou continuerait-elle à cacher ses talents ? Il ne pouvait rien tirer du sourire qu'elle avait en permanence.

D'ailleurs, elle souriait en ce moment et continuait d'étudier le château derrière le directeur. Aucune inquiétude ne voilait ses yeux clairs. « Poudlard m'a manqué. »

« A propos de cet été, mademoiselle Lovegood, » commença Dumbledore avec fermeté, impatient d'en venir au fait. « Nous devons parler de certaines choses, voyez-vous. »

Le sourire de Luna s'agrandit et certains auraient pu le considérer comme 'dérangé', ce qui attisa l'intérêt de Tom. « Êtes-vous en train de parler du moment où vous m'avez kidnappé avec mes amis, et organisé notre meurtre ? » Sa voix était chantante, comme à son habitude, et elle fit des pirouettes, cette fois autour du directeur. « Ou vous faites référence à la fois où vous avez essayé d'interrompre l'héritage de Harry ? Ou quand vous avez consciemment marché sur la corne d'un serpent-grenouille ? Mauvaise suggestion, monsieur le directeur ! »

« Elle est tellement marrante ! » s'enthousiasma Talyn silencieusement. Tom dut se mordre la lèvre pour s'empêcher de rire de l'air totalement perdu de Dumbledore alors qu'il tournait en cercle pour garder la Serdaigle en vue. Intelligent de la part de Dumbledore de comprendre que tourner le dos à la blonde était une mauvaise idée. La bizarrerie qui l'entourait avait tendance à rendre les gens méfiants bien qu'elle n'était pas dangereuse la plupart du temps et qu'elle passait quasiment tout son temps à sautiller, perdue dans son propre petit monde… Comme en ce moment.

« Écoutez, Luna… » commença Dumbledore, tentant de la raisonner comme le ferait une vieille connaissance. « Je n'ai pas ordonné à kidnapper des gens. Je ne sais pas comment vous et les autres enfants avez pu en venir à de telles accusations. Ni ne peux dire pourquoi vous… »

« Ou alors vous voulez parler du moment où nous avons tué Alastor Maugrey ? » ajouta Luna sur le même ton léger. Dumbledore se figea.

« Nous ? » demanda-t-il.

« Pas moi personnellement. Je n'étais pas là cette fois, mais d'autres l'étaient. Certains membres du nouvel ordre, si on peut dire. » Son rire flotta sur le gazon. Un rire qui était empli de gaité, mais avait un fond de… Dérangeant. « On m'a dit beaucoup de choses… Un nouveau monde va voir le jour, Dumbledore. Un monde meilleur où votre fil sera coupé. » [NT : référence au fil de la vie (mythologie), Hercule et les trois sœurs…]

Elle continua de vadrouiller autour de lui et entama une chanson. Une chanson horrible, à peine supportable grâce à ses airs légers et aigus. « L'histoire de trois dames je conte / qui s'occupent de ton fil maintenant mis à nu / Il se redressera quand ton fil sera coupé / et il s'élèvera et rejoindra mon chant / Une nouvelle Terre cela deviendra. » Luna s'arrêta et fit face à Dumbledore. « A lui pour l'éternité et bien plus ! » Elle se mit à rire. « Pour l'éternité et plus encore… C'est très malin ! »

Tom cligna des yeux pour se sortir de l'état dans lequel la chanson l'avait plongé. Dumbledore s'était mis à s'étouffer à la moitié de la chanson qu'il trouvait ridicule et quand la voix de la jeune fille s'était atténuée, il était à genoux, cherchant de l'air. La baguette de Luna se trouvait toujours derrière son oreille et resta en place pendant l'entièreté de la scène. Quoi qu'elle ait accompli, elle n'en avait pas fait usage.

« Un monde meilleur ? Une nouvelle terre ? » demanda Dumbledore d'une voix tremblante. « De qui est-ce que tu parles ? Qui ? » le ton de sa voix s'éleva comme il perdait le contrôle. « Harry ? Ne sois pas ridicule, jeune fille ! Le seul qui peut tous nous diriger vers l'excellence, c'est moi ! »

Talyn agrippa le bras du jeune elfe quand il commença à avancer sous la colère. « Calmes-toi. Pas besoin de briser notre couverture juste parce que tu n'as pas apprécié ce qu'il a dit. »

La réponse de Luna couvrit ce que Tom avait sifflé en retour. « Vous n'en avez plus le temps, directeur. » Elle se pencha en avant et agita un doigt, le châtiant comme si c'était un chiot désobéissant. « Il réussira brillamment là où vous avez échoué et sera révéré comme vous ne l'avez jamais été. »

Les doigts de Dumbledore se crispèrent dans les cailloux autour de lui. « Pourquoi je ne peux pas bouger ? » marmonna-t-il en tentant et échouant à se lever.

« Il n'est pas celui auquel vous pensez, » finit par dire Luna avant de reprendre sa route, sans un mot ni un regard pour l'homme à terre.

Talyn gloussa sombrement en regardant Dumbledore essayer de briser le sort que Luna lui avait lancé. « Elle est très compétente. »

« Oui. »

Les yeux de Tom s'écarquillèrent quand Luna le regarda directement, transperçant les Ombres dans lesquelles il se trouvait avec Talyn. Elle sourit et fit un geste enthousiaste de la main dans leur direction. Tom détourna rapidement le regard et jura quand il sentit ses joues se réchauffer. Il réagissait ridiculement à une foutue fille !

Talyn lui rendit son salut. « Tellement adorable cette fille… » Elle donna un coup à Tom quand il continua à ignorer Luna. « Ne sois pas grossier, fais-lui un signe, » siffla-t-elle.

« Bordel… » avec un air furieux, Tom transplana. Talyn fut la seule à remarquer la déception de Luna quand cet idiot de Seigneur des ténèbres avait disparu sans lui prêter attention.

… … …

Ozemir s'était allongé de tout son long sur le canapé du salon de Drago et regardait le jeune déambuler dans la pièce. « Tu as l'air de sur réagir, » intervint-il.

Drago le poignarda d'un regard sévère et tenta de maitriser sa frustration. « Y a-t-il quelque chose d'autre que tu souhaites m'expliquer ? Maintenant, tant qu'il n'y a personne, avant que tu ne le fasses publiquement. Autre chose avec quoi tu voudrais m'achever ? Vas-y, je suis prêt ! Lances une autre attaque en plein cœur ! »

« Tu as aussi l'air très en colère… » Ozemir ignora les questions sarcastiques de Drago et ses cris hostiles.

« Tu m'as dit que mon compagnon pouvait… Tu sais ! Devant tout le monde ! »

« Quand est-ce que tu as vu les ailes d'Harry pour la dernière fois ? »

Drago arrêta de tourner en rond et passa une main dans ses cheveux. « Ce matin. Pourquoi ? »

« Et la couleur de ses marques ? »

Drago fut confus de là où voulait l'entraîner l'autre elfe. « Vert, bien sûr ! »

Ozemir claqua des mains. « Là, tu vois ! Il n'attend pas encore d'enfant. Pas de soucis à se faire. »

« Ce n'est pas ça qui est inquiétant. » Drago s'assit par terre et fixa ses mains. « Qu'est-ce que les marques ont à voir ici ? Elles changent de couleurs s'il… Attend un enfant ? »

« Oui, elles changent de couleur… Cela te rendrait-il heureux ? » demanda doucement Ozemir.

L'érudit observa le jeune elfe acquiescer après un instant d'hésitation. Drago laissa ses mains tomber entre ses jambes, les bras appuyés sur les genoux, et les regarda. Ozemir aurait voulu lui dire quelque chose mais Drago avait besoin de silence pour le moment, alors il se tut. Malheureusement pour Drago, son silence n'allait pas durer.

« Tu as un visiteur. » Ozemir se redressa et traversa la pièce. Il attendit le coup contre la porte avant de l'ouvrir. Severus se faufila dans la pièce sans un mot ni un regard pour Ozemir, ce à quoi on s'attendait venant de lui. « Petit ? Dois-je attendre dehors ? »

Drago leva ses yeux et lança un regard interrogateur à Severus qui lui répondit d'un haussement d'épaules. « Restes, » dit-il à Ozemir.

Severus s'assit, une grimace irritée sur le visage. « Les nouvelles du manoir Malefoy. Lovegood est partie. Elle a laissé un mot. Elle a voulu retourner à Poudlard par ses propres moyens. »

Drago grogna. « Merde. »

« Lucius pense qu'on devrait la laisser se débrouiller seule. »

« Si c'est vrai, alors mon père a clairement perdu la tête. »

« Peut-être. » Mais Severus avait l'air d'être d'accord avec l'avis de Lucius.

« On va devoir la trouver, » continua Drago.

Ozemir se racla la gorge et s'approcha. « Vous avez l'air persuadés que Luna va avoir des problèmes à revenir ici par elle-même, mais jusqu'à présent, je l'ai trouvé plutôt compétente. »

« Ça ne va pas empêcher certaines personnes de faire des idioties parce qu'elles seront inquiètes pour elle. »

« Hermione ne fera rien, » informa Severus d'une voix trop doucereuse au goût de Drago. « Elle sera détention avec moi après le dîner. »

« Et toi et les autres serez de retour dans la forêt. Pas besoin de s'inquiéter, donc, » dit Ozemir.

« Hermione n'est pas obligée de venir ce soir ? »

« Non, Poudlard passe en premier. Et vous effectuerez vos détentions. »

« Pas cool. »

Severus se redressa lentement et Drago reconnut l'air sur son visage. Celui qui annonçait une sévère réprimande. « Retourner dans la forêt ? » dit-il d'une voix soyeuse.

Drago bondit sur ses pieds. « Oh, oui… Tu sais… » Il regarda une montre inexistante à son poignet. « Vous avez vu l'heure ? Il faut aller manger ! » Il essaya de sortir rapidement mais Severus l'attrapa par le col fermement et le tira vers lui.

Après la longue et inutile leçon de Severus, Drago fut relativement content d'apercevoir Luna en entrant dans la grande salle. De plus, Harry et Hermione étaient assis à la table des serdaigles en train d'avoir une conversation avec elle. Il soupira de soulagement. Rien de mauvais ne lui était arrivé, et rien de stupide ne serait accompli dans la panique…

Dumbledore était nulle part en vue, ce qui expliquait pourquoi aucuns des professeurs présents ne faisaient rien pour les faire retourner à leur table d'origine. S'approchant de sa propre table, Drago pensa qu'il aurait aimé voir la tête du vieux fou en voyant Loufoca revenir.

Quand il s'assit, Tom se tourna vers lui pour avoir une conversation privée. « Tu as remarqué que Dumbledore n'était pas présent ? »

« Ouais. »

« Il doit encore être sur la pelouse, incapable du moindre mouvement. » Un des sourcils du blond se haussa, interrogatif. « Non. Lovegood s'en est chargé. Elle a sautillé autour de lui et a entonné une chanson. Dumbledore s'est retrouvé à genoux, sans pouvoir se redresser et elle ne s'est jamais arrêtée de tourbillonner ni de chanter. Et ça sans utiliser sa baguette ! »

« Vraiment… » L'attention de Drago revint sur Loufoca. « Je parie que tu as adoré ça. La voir mettre ce salaud à genoux. » Tom tourna la tête, prétendant n'avoir rien entendu, mais Drago savait que c'était l'inverse. « Est-ce qu'Hermione a dit où elle avait récupéré cet arc et la flèche ? »

Tom acquiesça. « Brumek a rapporté plus que nos armes du temple d'Ozemir. Il y a une salle qu'il a tourné en armurerie, quelque part dans le château. Ozemir l'a montré à Hermione. Et comme elle était désespérée et qu'elle savait exactement ce qu'il se trouvait dedans, il lui a été facile d'invoquer une des armes le moment venu. »

« Si vite ? »

Tom leva les yeux au ciel. « La magie Ukatae, Drago. S'il te plait, utilises ta tête. »

Drago ignora la pique contre son intelligence et se leva. « Allons-y. Je ne veux pas manger quelque chose si on doit nous faire courir comme ce matin. Je préfère vomir l'estomac vide. »

Tom fit une grimace en se levant à son tour. « Dégoûtant. Tu vas te contrôler. Je ne veux plus voir ça. »

La course de la soirée était beaucoup plus facile, mais longue et quand ils se trouvèrent profondément enfoncés dans la forêt, Ozemir leur fit signe de s'arrêter et sourit à Tom. Le serpentard recula de quelques pas au cas où il avait décidé de libérer une nouvelle fois l'assassin.

« Ce soir, vous allez chercher l'esprit de votre animal intérieur. »

Harry ricana. « Espérons que ce n'est pas quelque chose de mignon et tout doux. »

Une demie heure plus tard, Harry se cachait derrière Drago, essayant désespérément de contenir son rire, alors que Tom se tenait devant Drago, des dagues à la place des yeux, foudroyant le brun du regard par-dessus l'épaule du blond.

« Petit con de traître ! » grinça Tom.

« Mais je ne faisais que plaisanter ! »

« Tu l'as fait exprès, d'une façon ou d'une autre, Harry. Je veux que tu corriges ça ! »

Harry agrippa les épaules de Drago et se leva sur la pointe de ses pieds pour pouvoir poser son menton sur l'épaule de son compagnon. « Au moins, tu n'es pas tout doux. »

« AH, JUSTE MIGNON DANS CE CAS ! »

Harry, ferme-la ! Drago se redressa, ses yeux se posant partout où le seigneur des ténèbres ne se tenait pas. Très compliqué, étant donné que Tom se tenait nez à nez avec lui. Mais Harry avait énervé Tom pour de bon avec ce qu'il venait de dire. Bien sûr, Tom était sur le point de se retourner vers eux quand il s'était transformé en un minuscule dragon chinois noir, d'un mètre quatre-vingt de long et quatre-vingt-dix centimètres de haut, avec six petites pattes et une paire de fines ailes allongées. Et son museau avait de nombreuses moustaches rouges. Tom était un petit dragon tout mignon. Et même si Drago le pensait, il n'était pas assez bête pour le dire à voix haute. Mais bien sûr, comptez sur Harry pour sortir : « Oh, regardes. Tu es adorable. Et si petit ! » Ce qui nous amenait à la situation actuelle, avec un Harry qui continuait de se cacher derrière lui pour ne pas se faire brûler vif.

« La plaisanterie est terminée. » Tom pointa un doigt entre les yeux du brun, sérieux au possible. « Rattrapes ça. »

« Mais je promets que je n'ai rien fait ! »

« Jouer des tours à son animal intérieur est impossible. » finit par les interrompre Ozemir, attirant leur attention. Falde et Brumek se tenaient sur le côté, dans les ombres. Drago savait de fait que les deux s'étaient mis à l'écart car ils ne parvenaient pas à conserver leur sérieux. Ils étaient plus amusés de la rection de Tom que de son animal.

Les yeux de Tom se fermèrent quand il se tourna vers l'érudit. « Tu veux dire que je suis coincé avec cette… Chose… Insignifiante ? »

« Mais, » dit Harry avec précaution quand Drago finit par le déplacer à côté de lui. « Tu restes quand même un dragon, même si tu es un peu petit. C'est cool ! »

« Et, » continua Drago, étant le plus stratège, « Tu as plusieurs avantages à avoir cette forme, et les dragons chinois sont plus comme des serpents, non ? »

Tom supposa qu'il avait raison, mais ça ne voulait pas dire qu'il devait l'aimer pour autant. Et ça ne voulait pas dire qu'il pardonnait à Harry de lui avoir attiré le mauvais œil… Mignon et adorable ? C'était quoi ce bordel ?

… … …

Quand il fut presque temps d'aller en détention, Hermione était redevenue la griffondor assurée qu'elle était d'habitude. Avant d'entrer dans la salle de classe, elle passa une main sur ses cheveux fraîchement raidis, en faisant passer quelques mèches sur ses épaules. Elle avait réalisé après leur discussion que Brumek avait raison. Severus la chérissait et il n'y avait pas de raisons qu'il se détourne d'elle à cause de sa nouvelle race. Elle était quand même un peu effrayée à l'idée d'avoir cette conversation avec lui, mais c'était normal, non ? Severus avait la capacité de rendre n'importe qui nerveux.

Du côté de Severus, ce dernier était assis derrière son bureau, comptant les secondes qui le séparait d'Hermione. Quand la porte se fermerait derrière elle, elle serait toute à lui. La pièce serait verrouillée et sous un sort de silence, et il avait vérifié qu'aucun sort de surveillance en provenance de Dumbledore n'ait pu y être lancé. Severus renifla à cette pensée. Il ne laisserait rien passer.

Et d'un coup, la porte s'ouvrit et Hermione entra. « Il était temps ! » Ses mots claquèrent, sur le bout de sa langue depuis ces dix dernières minutes.

« Je suis vraiment désolée, Professeur, » murmura-t-elle doucement en allant s'assoir à un bureau au premier rang. Elle déposa son sac à terre et s'attaqua aux boutons de sa robe. Severus contourna le bureau pour se tenir devant elle. Leurs yeux se rencontrèrent et se verrouillèrent, mais Hermione savait qu'une partie de son attention était tournée vers ses doigts et sur la peau qu'elle révélait peu à peu après chaque bouton.

Elle fit glisser sa robe et la jeta sur le dossier de sa chaise, en disant : « Je sais que c'est une détention, Professeur, mais j'ai besoin de vous parler de quelque chose d'abord. »

Les yeux de Severus parcoururent le corps qu'il avait appris à vénérer tel un adolescent plein d'hormones. Chaud, souple et doux. Pour le moment couvert de l'uniforme griffondor, porté de façon inappropriée. Cette fois, pourtant, il ne s'en plaindrait pas. Pas quand il souhaitait qu'elle se présente à lui dans cette tenue à chaque fois qu'ils seraient seuls. Comme maintenant. Mais d'abord, se rappela-t-il, ils avaient des choses à aborder, et ça devait passer avant le reste.

« Assieds-toi et parlons. Ne perdons pas de temps. »

Hermione eut un sourire en coin en s'asseyant. « Tellement impatient, Severus. »

Severus croisa ses bras et la regarda de haut, en attendant. Il remarqua aussitôt quand elle passa de joueuse à sérieuse. Elle commença à se tordre nerveusement les mains, ses jambes s'agitant sous la panique grandissante. Et alors, elle commença à éviter son regard, ce qui était intolérable. « Vas-tu m'expliquer ou dois-je perdre du temps à essayer de deviner ? »

Hermione se figea et le regarda dans les yeux. « Aujourd'hui, nous avons commencé l'entraînement Ukatae, et … »

Les yeux de Severus s'étrécirent. « Et ? »

« Tom et moi sommes pleinement devenus des Ukataes. » Elle souffla un bon coup et détourna le regard une nouvelle fois, déterminée à tout déballer. Ce serait plus dur si elle le regardait dans les yeux. « Nous nous sommes totalement transformés et on m'a dit que je devais m'attendre à voir des ailes me pousser dans le dos, que je serai immortelle et… »

Severus grogna et roula des yeux. Les griffondors étaient pleins de courage mais leur assurance laissait à désirer. « Hermione, tu vas arrêter cette inquiétude idiote. On doit parler de choses importantes. »

La tête d'Hermione se redressa sous le choc. « Mais… »

« On ne va pas perdre de temps avec une conversation inutile dans laquelle tu étales une nouvelle fois tes craintes et où je réitère que ce en quoi ce sang te transforme m'indiffère ! » Severus écrasa sa main contre le bureau, les doigts écartés et se pencha vers son visage. « Est-ce que c'est compris ? » elle acquiesça rapidement et il se redressa. « Veux-tu me parler de cet entraînement matinal ? » Après la plainte de Drago, il savait qu'elle le ferait.

Les yeux d'Hermione s'allumèrent. « C'était horrible, Severus ! Ils nous ont fait courir à travers la forêt, nous on fait faire plein de choses folles ! Il y avait des plantes qui voulaient nous manger et Tom s'est blessé à la cheville quand un arbre est tombé en plein sur lui… Et apparemment, Falde aime faire tomber les gens dans d'énorme trous sombres, » s'exclama-t-elle en parlant comme à son habitude, ce qui fit sourire Severus. « Et le meilleur dans tout ça, c'est qu'on va devoir faire ça tous les jours ! Youpi… » grommela-t-elle en remuant un drapeau invisible, le sarcasme clairement audible dans son ton.

Severus renifla et s'éloigna du bureau. « Il vaut mieux toi que moi. »

« Et de quoi voulais-tu parler ? » lui répondit-elle de façon mordante, pas du tout impressionnée par son manque de compassion et de soutien face aux jours horribles à venir.

« Tom m'a parlé de la réunion… Avec Parkinson. » Severus se dit que ce serait mieux de se débarrasser de ce point une bonne fois pour toute. Surtout qu'elle n'avait pas l'air de se préoccuper du corps. Encore moins maintenant qu'avant, vu qu'elle était un elfe noir.

Hermione se leva de son bureau pour se tenir près du sien. « Quoi ? Cette réunion a été très productive. » Elle contourna le bureau et prit une fiole laissée là par son dernier cours. L'étiquette disait que c'était une potion rétrécissante, mais la couleur n'était pas la bonne. Elle était brune au lieu du vert acide attendu.

Severus fit disparaître la fiole de ses mains. « Et comment tu t'es sentie quand elle s'est terminée ? »

« Soulagée que les choses s'activent. Nous allons bientôt avoir besoin des frères au dehors. Et Harry veut que les choses bougent plus rapidement. » Hermione retraça de ses doigts la surface du bureau en le contournant, observant Severus pendant tout ce temps.

Ce dernier se demanda si elle évitait le sujet volontairement. Il n'y avait aucune indication sur un possible trouble quand il avait prononcé le nom de Parkinson. « Je suppose que c'était la première fois que tu utilisais le sort de mort. »

Hermione s'arrêta dans sa démarche presque féline. « Ça l'était. »

Severus grinça des dents. « Ton absence d'émotions après avoir utilisé ce sort a entraîné tes frères à penser que tu menais une double vie jusque-là. Comme si tu étais habituée à t'en servir. Tu n'as pas hésité, il ne t'a pas fallu longtemps pour te concentrer… »

Hermione s'installa sur le bureau et haussa des épaules. « Il devait mourir. Je l'ai tué. Honnêtement Severus, ce n'est pas grand-chose. Je dois juste l'annoncer à Pansy. » Elle se pencha en arrière et un sourire coquin s'empara de ses lèvres quand Severus la regarda croiser ses jambes.

« Je peux parier qu'elle est déjà au courant. »

Hermione eut une expression de pierre et ses yeux s'étrécirent dangereusement. Severus trembla et il s'avança jusqu'à ce que les genoux de la brune caressent son entrejambe. Son amant semblait prêt à jurer, et il voulait sa part du gâteau.

« Qui, » commença Hermione d'une voix douce, « l'a dit à Pansy ? » elle décroisa ses jambes, prête à sauter du bureau et pourchasser celui dont le nom serait prononcé.

Severus agrippa ses cuisses et se plaça avidement entre elles pour les garder écartées. « Pansy est intelligente, la plupart du temps. Et elle n'a pas d'amour pour son père. Elle savait que son père avait désobéi à Voldemort, que c'était synonyme de mort… » Hermione hoqueta quand ses mains glissèrent pour retrousser sa jupe. « Je n'ai pas besoin de m'inquiéter pour toi à propos d'un éventuel craquage émotionnel après avoir tué ce salaud plaintif, si ? »

Hermione bascula sa tête en arrière, accueillant les baisers soufflés de sa bouche vers son cou. « Ce n'est pas très délicat, Severus. Et si ça me touchait ? »

« Ça veut dire que non… Bien. » Il se pencha en avant, pressant sa poitrine contre son torse, et sourit de la façon dont son corps trembla sous son toucher.

« Mais tu aurais pu empirer les choses en me le demandant de cette façon ! » Sa voix était étonnamment forte et tremblante dans son oreille. Probablement parce qu'elle devait parler par-dessus les battements assourdissants de son cœur. Severus ne sembla pas se préoccuper du haussement de sa voix. Elle le sentit même sourire contre sa gorge brulante quand il l'embrassa.

« Hermione, » ronronna-t-il en parcourant le cœur de son plaisir, chaud et trempé, de ses doigts. Les lèvres de l'elfe s'ouvrirent sur un gémissement silencieux. « La seule chose que j'ai l'intention d'aggraver, c'est ce bureau et ses pieds branlants. » Hermione gémit et siffla son nom quand il la pénétra de ses longs doigts expérimentés. « Et, quand nous en aurons fini, j'aurais besoin d'un nouveau bureau, et toi, » il s'écarta et lui arracha sa chemise, « tu auras besoin de nouveaux vêtements. »