NB : Le mois à venir va être chargé. Je vais mettre du temps à traduire le/les prochain(s) chapitre(s). Idem, avril/mai, je pars à l'étranger, mais je vais prendre ma clefs avec mes chapitres à traduire. Bonne journée !

NEUVIÈME CHAPITRE

PROFUSION DE MARQUES DES TÉNÈBRES

Tom retourna à Poudlard avec l'intention de parler à Severus avant de repartir au manoir Malefoy. Il était encore sous le choc du dîner, ne croyant toujours pas que M. Granger avait pu pointer un pistolet sur sa fille. Mais que la vérité soit dite, il était impressionné. La plupart du temps, les moldus courraient pour sauver leur vie quand ils apprenaient qui il était et ce qu'il avait fait. Mais M. Granger s'était tenu droit et était prêt à défendre sa femme et sa maison contre un potentiel meurtrier. C'était une bonne chose qu'Hermione et sa mère aient pu convaincre l'homme d'éloigner l'arme. Tom avait commencé à sérieusement perdre patience quand il avait continué de menacer Hermione comme ça. Il savait les dégâts qu'un pistolet comme celui-là aurait pu causer à Hermione si un coup était accidentellement parti.

« Le père de ta future femme a failli la tuer ce soir. »

Severus cligna plusieurs fois des yeux. Il y avait beaucoup de choses qui n'allaient pas dans cette phrase. « Répètes ? »

Tom eut un sourire satisfait mais ne se répéta pas, il préféra continuer à la place. « A part ça, je suis plutôt surpris de ne pas avoir eu envie de les tuer. » Severus ne fit que lancer un regard noir à Tom. « Venons-en à ce dont je voulais discuter avec toi…

- Oui, ça vaudrait mieux. » les mots que Severus prononça étaient doux mais comportaient un avertissement qui ne fit rien pour atténuer le sourire de Tom.

« Je veux que toutes mes nouvelles recrues soient Marquées. Demain. Tu les amèneras au manoir. »

Severus se recula dans son siège sous le coup de la surprise. Il s'y était attendu mais pas aussi vite. « Est-ce que c'est judicieux ?

- Oses-tu remettre mes propos en question, Severus ? » Le sourire de Tom finit par s'effacer, laissant Severus face à un mage noir adolescent renfrogné.

« Je me rappelle spécifiquement du moment où tu m'as donné la permission de pouvoir le faire. »

Ça prit quelques secondes, mais la mauvaise mine de Tom disparut. « Oui. C'est vrai… J'ai dû oublier. » Il balaya le sujet d'un geste de la main. « Et pourquoi demander si c'était judicieux ? Est-ce que c'est important ? Tu penses que Dumbledore devinera ? Et si c'est le cas, qu'est-ce que le vieil homme pourra y faire ? »

Sachant que Tom ne changerait pas d'idée car sa décision était prise, Severus ne fit qu'acquiescer. « Très bien. » Au moins, il avait eu de l'aide pour trouver de nouvelles recrues. Tom serait agréablement surpris demain.

… … …

Drago passait un sale moment à trier ses pensées. Peut-être que c'était dû en partie au fait qu'il chevauchait l'arrière des cuisses d'Harry, faisant parcourir ses doigts le long des magnifiques marques vertes foncées des ailes de son compagnon. Harry était profondément endormi, après s'être fait malmener par Brumek pendant une session d'entraînement nocturne imprévue. Drago était assez chanceux pour y avoir échappé mais malheureusement, Harry avait été au mauvais endroit, au mauvais moment, et avait été traîné jusqu'aux cachots pour une séance de combat à mains nues.

En fait, il était plutôt abasourdi par les pensées qui traversaient sa tête en ce moment. Il y avait un an, il n'aurait jamais eu ce genre de pensées, mais maintenant… Tout était de la faute d'Ozemir. S'il n'avait pas parlé à Drago de la capacité d'Harry d'enfanter. Mais ce n'était pas vraiment ce qui le préoccupait sur le moment. Il était plutôt inquiet de savoir comment Harry réagirait face à cette nouvelle information. Est-ce qu'il voulait des enfants, déjà ? Étonnamment, ce n'était pas un sujet qu'ils avaient abordé.

Il descendit de son amant, déposant un baiser sur sa nuque au passage. « Gardes un œil sur lui. Tu peux faire ça, Lovely ? »

Le petit serpent siffla affirmativement avant de replonger sa tête dans les mèches brunes et de disparaître dans la chevelure. Drago quitta la chambre en secouant sa tête. Il devenait de plus en plus attaché au serpent vif. Au moins, il savait sans aucun doute que quiconque s'approcherait de son compagnon finirait sévèrement empoisonné par des morsures de serpent à cause de leur stupidité.

Sans surprise, Drago se retrouva devant la chambre d'Hermione et toqua à la porte. Quand elle lui dit d'entrer, il la vit allongée dans un fauteuil en train de lire l'un des énormes pavés Ukataes qu'Ozemir leur avait donné pour leurs études. Elle leva les yeux vers lui comme il prenait place dans le fauteuil en face d'elle et lui fit un sourire rayonnant. Drago s'assit et lui rendit son sourire par l'un des siens, à moitié dérangé.

« Qu'est-ce qu'il y a Drago ?

- Je voulais juste venir passer du temps avec toi, c'est tout. »

Hermione posa son livre de côté et le dévisagea. Drago avait les sourcils froncés d'inquiétude et il essayait de se détendre, mais de temps à autre, il se crispait comme si ses pensées avaient comme mission de ne pas le laisser profiter d'être de retour chez lui.

Elle se demanda quand Drago allait lui donner la raison de sa visite. Non pas que ça la dérange de passer du temps avec lui, mais elle voulait savoir ce qui l'agaçait pour qu'elle puisse l'aider et qu'il se détende enfin. Mais comme elle n'avait aucune idée de ce qui l'ennuyait, elle se dit qu'elle ferait tout aussi bien d'essayer de poser des questions au hasard.

« Harry va bien ? J'ai entendu que Brumek l'avait attrapé au détour d'un couloir pour un entraînement supplémentaire. Talyn a dit qu'il avait été plus dur et physique que d'ordinaire. »

Drago se renfrogna. « C'est un énorme euphémisme, Hermione. Tu aurais dû voir Harry quand il est revenu dans notre chambre. » Les yeux de Drago brillèrent avec des promesses de vengeance. « Brumek était énervé et il s'est défoulé sur la première personne qu'il avait sous la main, qui s'est avérée être mon foutu compagnon !

- Lui et Ozemir ont dû se fâcher, » supposa Hermione avec un froncement de sourcils.

Un bruit pour montrer son accord sortit de la bouche de Drago qui regarda le sol. Après quelques minutes de silence, pendant lesquelles il pouvait sentir les yeux interrogateurs de sa sœur sur lui, il finit par se décider à obtenir certaines réponses de sa part.

« Harry m'a parlé des leçons de vol, » commença-t-il, incertain.

« Oh ? C'est surprenant.

- Pourquoi donc ? »

Hermione gloussa, « Vu son manque de coordination en utilisant ses ailes, je pensais qu'il ne t'en parlerait pas... » Ses yeux s'agrandirent quand elle vit Drago sourire malicieusement. « Mince. Il ne t'a pas parlé de ça, n'est-ce pas ?

- Il n'a pas du tout abordé ce fait. Oh, c'est fantastique ! » Drago se pencha en avant et se frotta les mains. « Dis-m'en plus, chère sœur. »

Elle renifla et écarta une mèche de cheveux de ses yeux. « Non, Drago. Encore moins quand je sais que tu vas utiliser ces informations contre lui.

- Allez. Tu peux me raconter.

- Non, Drago. »

Le blond souffla son mécontentement, mais après quelques secondes, une étrange lueur apparut dans ses yeux. « Alors… Tu ne ressens pas de démangeaisons dans le dos ces derniers temps ? »

La rougeur d'Hermione était révélatrice mais elle lui répondit quand même. « Oui.

- Au moins, tu es mieux préparée qu'Harry.

- Oui, je devrais en être reconnaissante… » Hermione s'interrompit et fronça ses sourcils. Elle en avait ras-le-bol que Drago tourne autour du pot. « Qu'est-ce qui te préoccupe autant, Drago ? Tu m'inquiètes. »

Drago savait qu'il ne lui faudrait pas longtemps pour savoir ce qui n'allait pas. Autant aller droit au but. « Est-ce qu'Harry et toi avez déjà parlé de famille ? Enfin… Veux-tu une grande famille, Hermione ? »

Hermione sourit et se pencha sur son fauteuil pour lui tapoter la main. « J'ai déjà une grande famille. Grâce à toi et aux autres... »

Drago sourit mais secoua quand même la tête. « Ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire.

- Tu vas devoir être plus précis alors.

- Une grande famille. Des enfants avec Severus ? » Avec Harry et Tom, il savait déjà qu'Hermione voulait épouser le maître des potions sarcastique, donc sa question ne sortait pas vraiment de l'ordinaire. C'était juste Severus qui ne réalisait pas encore qu'elle planifiait déjà leur avenir. Bien que Drago soit persuadé que son parrain n'avait aucune intention de quitter Hermione.

« Oh, oui ! » Hermione acquiesça. « Bien sûr.

- Et Harry ? Nous n'en avons jamais parlé, avant…

- C'est sans doute parce que ça le rend triste d'y penser. Quand il a compris qu'il était gay, il a réalisé qu'il n'aurait pas la chance d'avoir des enfants, même avec une potion de conception. Il ne pensait pas vivre assez longtemps pour ça. Et maintenant... » Elle haussa une épaule, l'air triste. « Je suis sûre que ce sujet le rend triste. »

Dragon se renfrogna. « Pourquoi ?

- Nous ne sommes plus humains, Drago. Il ne peut pas avoir d'enfants. La potion ne fonctionnera certainement pas, maintenant qu'il est un Ukatae.

- Mais Talyn a expliqué, non ? A propos des ailes, des marques…

- Bien sûr, mais elle s'adressait à moi. »

Drago eut un sourire satisfait. « Donc, il serait content d'avoir des enfants.

- Il en serait extatique. Il a toujours voulu une maison remplie et vivante… Mais pourquoi tu demandes ?

- Les mâles peuvent concevoir, tout comme les femelles. Tu ne pensais tout de même pas que les mâles avaient des ailes juste pour faire les beaux, hein ? »

Pour une fois, Hermione était complètement sous le choc, mais elle eut rapidement un sourire rayonnant. Drago en cligna stupidement des yeux. « Vraiment ? Harry va être ravi ! » Elle se tut soudainement et s'assit sur le bord de son fauteuil, l'observant attentivement. « Pourquoi est-ce que tu n'en parles pas à Harry ?

- Au cas où tu ne le verrais pas, je suis stressé... » Mais Drago se sentait bien mieux depuis qu'il avait connaissance du désir d'enfants de son amant. « Mais comment ne peut-il pas savoir ? Ozemir a dit que Talyn vous avait tout expliqué lors du premier cours. »

Hermione repensa à ce fameux cours, au moment où Talyn leur expliquait en détail les marques et leurs significations. Elle commença à rire. « Talyn me regardait moi, quand elle a commencé son explication, probablement pour s'assurer que je l'écouterais. Avoir des ailes n'était pas un élément qui m'enchantais… Peu importe, Harry a dû s'imaginer qu'elle ne s'adressait qu'à moi. Il a dû décrocher et comme je pensais que Talyn ne l'incluait pas, je ne lui ai pas dit d'écouter. »

Drago s'adossa de nouveau à son fauteuil et son sourire s'étendit d'une oreille à l'autre, tellement perdu dans ses pensées qu'il faillit manquer les paroles surprenantes d'Hermione. « … Drago ? Tu m'écoutes ?

- Quoi ? » Il secoua sa tête. « Désolé.

- Je disais que je lisais ce bouquin et j'ai trouvé quelque chose en rapport avec ce sujet.

- Oui ?

- Tu savais que c'était tabou pour les Ukataes d'utiliser des contraceptifs une fois liés à leur compagnon ?

- C'est une nouveauté pour moi, » dit-il d'une voix traînante, tentant de ne pas paraître exalté, mais le sourire en coin d'Hermione lui assura qu'elle lisait à travers lui.

« Oui, Ozemir m'a dit le prochain sujet de notre cours sur la société Ukatae. Ça concernera les tabous, entre autres choses. On peut trouver une liste de ceux-ci là-dedans, » elle saisit le livre. « Il y en a une longue liste. Je n'en ai lu qu'un quart. »

Maintenant que la question délicate avait eu sa réponse, Drago n'en avait plus rien à faire. « Hermione. C'est le week-end et nos anniversaires. Arrêtes d'étudier et détends-toi. Ou mieux encore, va dormir. »

Elle renifla. « Pas fatiguée. » Mais elle posa tout de même l'ouvrage. « Allons marcher un coup. Tu n'as pas encore vu ton père, si ?

- Non. Il doit être en train de dormir, » Drago se tourna vers elle et lui tendit une main pour l'aider à se lever.

Hermione secoua la tête quand ils quittèrent sa chambre. « Non. Sirius et les autres doivent revenir de leur recherche de terrain. Lucius reste éveillé pour l'attendre. »

Cela surpris Drago. Ça ne ressemblait pas à ce que ferait son père habituellement. Mais, encore une fois, il trouvait ça compliqué de penser à son père comme un sorcier marié heureux et attendant des triplés.

« Drago ? Tu ne penses pas qu'on devrait chercher à savoir ce que Dumbledore a donné à Demai'Tah à la Tête de Sanglier, et pour quelle raison ? »

Drago se frotta le sommet du nez. « J'ai totalement oublié ça… Mais j'ai l'impression que ça va plus faire de mal à Dumbledore qu'à nous.

- Quand même, on devrait faire nos recherches. »

Drago hocha la tête, d'accord avec elle, bien qu'il n'ait aucune idée par où commencer.

« Est-ce que vous ne devriez pas déjà dormir ? Je ne voudrais pas voir deux bébés grognons demain matin, » siffla une voix jusqu'à eux.

Drago attrapa le bras d'Hermione et la rapprocha de lui. Puis les mots s'imprimèrent dans sa tête et ses yeux s'étrécirent en deux fentes. « Je ne suis pas un bébé, imbécile d'assassin ! » il beugla.

Il se retrouva tout à coup plaqué contre le mur et regarda Dagon. « Fais gaffes à qui tu craches tes insultes, petit.

- Ne me traites pas de bébé dans ce cas, » répliqua Drago et il regretta d'avoir dit aux autres gardes du corps de prendre une pause dans leur garde tant qu'ils étaient au manoir. « Tu es là pour nous tuer ? » demanda-t-il d'une voix dure.

Dagon gronda et poussa férocement Drago contre le mur une nouvelle dois avant de le libérer.

« Non.

- Dans ce cas, laisses-nous tranquilles. On a besoin d'aucun garde du corps, ici.

- Drago, » siffla sa sœur, inquiète pour lui. On ne parlait pas de cette façon à un démon comme lui.

« Je m'ennuie, » répondit Dagon en haussant les épaules en marchant à leurs côtés quand ils reprirent leur chemin.

Ni Drago, ni Hermione ne furent particulièrement heureux que le démon leur tienne compagnie, mais comme ils le verraient souvent, ils préféraient faire un effort et s'habituer à sa présence dominante et effrayante.

Hermione se dit que la balade se passait bien, tous trois gardaient le silence, jusqu'à ce que Drago n'en puisse plus. « Est-ce qu'il n'y a pas un pauvre type que tu pourrais aller tuer quelque part ? » Hermione grogna et se couvrit le visage.

« Ça ne fonctionne pas comme ça, » répondit Dagon avec un sourire en coin. « Et puis, tu veux vraiment que je fasse ça ? Les seuls pauvres types que je vois actuellement, c'est vous deux. Mais si tu insistes, je pourrais…

- Non ! » intervint rapidement Hermione. « Drago, s'il-te-plaît.

- Oui, Drago. Tiens-toi bien.»

Drago garda sa bouche fermée alors qu'ils approchaient des portes à la française qui les mèneraient dans les jardins ombragés.

« Hum... » Hermione était curieuse et ne put le garder pour elle. « Je peux te poser une question, Dagon ? Sans que tu ne te sentes insulté ?

- Probablement pas. Mais comme je suis d'humeur généreuse, tu peux poser ta stupide question et je vais essayer de contenir une réaction violente. »

C'était mieux que rien. « Je me demandais juste pourquoi tu étais là et pas Ozemir ? » Elle ferma ses yeux, ne voulant pas voir le démon lui sauter à la gorge s'il le décidait. Mais le rire cruel de Dagon voyagea à travers le jardin dans lequel il venaient de sortir.

« Il m'a laissé les rennes. Son compagnon l'a déçu très sérieusement. Il se cache comme jeune elfe grincheux.

- Oh.

- Et où, » Continua Dagon, regardant Drago du coin des yeux. « Se trouve ton magnifique, et tentant compagnon ? »

Drago s'arrêta et se tourna vers Dagon, rigide. « Ça ne te concerne pas, démon. Et comme nous parlons de compagnons, où est ton foutu compagnon sans manières et rustre? La prochaine fois qu'il veut se défouler, dis-lui de laisser mon compagnon en dehors de ça ! »

Hermione leva les mains en l'air, exaspérée, et se tourna dans une autre direction pour marcher de son côté. Si Drago voulait jouer avec la mort, il pouvait le faire tout seul. Elle ne voulait pas se mettre Dagon à dos. Et puis, son frère tendait le bâton pour se faire battre. Il ne pouvait pas garder sa fichue bouche fermée !

… … ...

« Mme Weasley... » Lucius inspira pour contenir sa mauvaise humeur, les yeux plongés dans le feu où la tête de Molly flottait, « Je n'ai pas besoin que vous m'assistiez.

- Je veux juste aider. Tu ne vas pas me dire que tu n'es pas excité à propos des enfants. »

- Bien sûr que je suis excité. » répliqua-t-il. Il était excité, jusqu'à la prochaine envie de vomir. « Mais ça ne veut pas dire que…

- Bien ! » rayonna-t-elle. « Je serais présente dans la matinée. Tu devrais savoir le sexe des bébés par Luna d'ici là. Au revoir !

- Attendez ! » Mais le visage de Molly avait déjà disparu et le feu était retourné à la normale. Lucius s'empêcha de peu de jeter l'élixir apaisant qu'Amortia lui avait donné dans les flammes. Mais comme Mme Weasley n'était plus là, il se dit que la boire serait mieux. « Satanés Weasley se mêlant de tout ! »

Un léger reniflement le fit regarder par-dessus son épaule et il fit une grimace à Hermione qui mit rapidement une main devant sa bouche pour contenir son rire.

« Tu penses que c'est marrant ?

- Je pense que c'est mignon, » répondit-elle honnêtement, avant d'exploser de rire face à l'air horrifié qui s'empara de Lucius.

« J'apprécierais si tu pouvais l'en dissuader. » Lucius s'enfonça dans le fauteuil à côté du sien.

« Ça va te faire du bien, Lucius. Tu as besoin de sortir. De prendre l'air.

- Je te payerais une grosse somme d'argent si tu tiens Mme Weasley éloignée de moi. » Tenta-t-il une nouvelle fois.

« Non. En plus, c'est parfait. Te voir aux côtés de Mme Weasley dans l'allée de Traverse, en train de faire du shopping pour les bébés ce sera dans les journaux et apportera une lumière bénéfique sur nous, tu ne crois pas ?

- Je vais aller me cacher, » dit Lucius avec un hochement de tête ferme avant de regarder l'horloge de grand-père dans le coin du salon. Il se renfrogna quand il vit qu'il était pas moins d'une heure du matin. Mais où donc était son mari ? Il n'aimait pas se sentir aussi mal-à-l'aise, s'inquiéter de ce qu'il pourrait arriver à Sirius.

« Tu peux toujours essayer de te cacher, mais on te trouvera et fera sortir de ta cachette. Au moins Amortia et Molly, pour sûr. Je sais que tu comprends et que tu vois l'intérêt de laisser le monde sorcier voir à quel point tu as changé, d'à quel point les Weasley ne te font plus horreur.

- Qui as pu donc te donner cette idée ? Je n'ai pas changé d'un iota. » Hermione lui fit un sourire moqueur. « C'est hors du sujet. »

Drago arriva à ce moment, en claudicant. Hermione faillit avoir une crise cardiaque en apercevant Dagon, qui boitait lui aussi, le soutenant. Le démon souriait d'une oreille à l'autre.

« C'était très vivifiant, » annonça Dagon en lâchant Drago qui se laissa tomber sur le canapé à côté d'Hermione. « Tu n'as pas vraiment d'aptitudes au combat, mais de par ta volonté seule, tu as réussi à accomplir ce que personne n'avait réalisé auparavant. Et tu es extraordinairement rapide, jeune elfe.

- Mes entrailles ont été pulvérisées, » gémit Drago en se penchant sur l'épaule d'Hermione.

« J'ai hâte que vous perfectionnez tous vos aptitudes au combat. »

Drago ouvrit sa bouche avec l'intention de refuser un quelconque simulacre de combat, quand Luna fit son apparition dans la pièce avec un sourire brillant. Dagon se figea à son arrivée et la dévisagea avec un regard si intense qu'Hermione ne put s'empêcher de se demander ce à quoi il pensait.

« Est-ce que je ne peux pas avoir la paix ? » protesta Lucius. « Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas à l'école ? Votre absence va sûrement être constatée.

- Père ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Tu es aveugle ? Je me fais envahir !

- Lucius, il va bientôt revenir. »

L'ancien serpentard fit une grimace à Hermione, agacé qu'elle ait deviné le fond du problème. « C'est qui, lui ? » dit-il d'un ton tranchant, en désignant Dagon. « C'est la seconde fois que vous êtes dans ma maison et je n'aime pas que des personnes que je ne connais pas traînent chez moi. »

Dagon, d'une humeur toujours étonnamment bonne, laissa glisser le ton désagréable de l'humain, même s'il ne daigna pas lui répondre et préféra continuer à observer Luna étrangement.

« C'est l'alter égo d'Ozemir. L'assassin. Soit gentil, père. Il déteste les humains et il te tranchera la gorge sans un avertissement.

- Mon nom, » dit l'assassin avec un regard noir. « Est Dagon. Tu as besoin de mentionner ce stupide érudit pour me présenter ? »

Drago eut un sourire mauvais. Hermione avait du mal à croire ce qu'elle voyait. Est-ce que Drago était devenu ami avec l'effroyable démon ? Incroyable.

« Je te connais, » dit Dagon à Luna. Il commença à lui tourner autour. Luna hocha la tête et lui sourit en retour. « Je t'ai rencontré avant, il y a longtemps... Des siècles et des siècles de ça. Tu n'as plus la même apparence. Tu es devenue une enfant.

- Ça fait plaisir de te revoir, Dagon.

- Tu as tenté de me tuer ! » blanchit Dagon. « Et tu as failli réussir. Stupide déesse... »

Luna gloussa, « Tu l'avais cherché. Tu avais été très méchant.

- C'est ma nature, Mère. Comme tu le sais si bien. »

Luna gloussa encore et s'assit, se blottissant confortablement contre Drago et ignorant le sifflement de douleur du blond quand elle appuya sur un bleu particulièrement douloureux. Elle observa Lucius et sourit, ignorant son air ébahi. « Lucius, tu auras un garçon et deux filles. »

Hermione et Drago échangèrent un regard. « Est-ce qu'il l'a appelé Mère ? » demanda le blond.

« Ouais. Et il a dit que c'était une déesse aussi.

- Non, » dit Dagon en ricanant de l'air inconscient et endormi de la serdaigle. « Je l'ai qualifié de stupide déesse. Si vous comptez répéter mes paroles, faites en sorte de le faire correctement.

- Il est tellement hargneux, » marmonna Luna en fermant les yeux. Quand elle s'appuya plus encore contre Drago, le blond soupira et entoura ses épaules d'un bras.

Tom arriva peu de temps après le départ d'Hermione et Lucius, trop fatigués pour rester plus longtemps. Et Dagon, voyant que rien d'excitant ne se passait, partit chercher Brumek pour l'embêter, mais pas sans un regard mortel pour la serdaigle endormie. Drago resta, ayant le sentiment que Tom n'était pas loin. Neville était avec lui, mais était resté juste pour le saluer avant de se précipiter voir ses parents, même s'ils dormaient profondément. Tom lança un regard plat à Drago quand il vit Luna enroulée contre son frère. Mais il ne dit rien, ne sachant pas pourquoi les voir tous les deux ainsi le fâchait autant.

« Il l'a appelé Mère, » chuchota Drago à voix basse pour ne pas déranger la blonde endormie.

« Qu'est-ce qu'elle a répondu ? » Demanda Tom tout aussi silencieusement.

« Il n'y a pas eu de réponse. A ça ou quand il a dit que c'était une déesse. »

Les yeux de Tom s'écarquillèrent. Il allait interroger plus encore Drago sur cette rencontre, Mais Luna s'étira et se releva lentement en position assise, se frottant les yeux.

Elle s'éloigna légèrement de Drago, retira sa baguette de l'arrière d'une de ses oreilles et fit des mouvements paresseux. Peu après, elle tenait dans les mains son carnet à croquis et un crayon à papier.

« Salut, Tom. As-tu passé une bonne soirée ? » lui demanda-t-elle sans le regarder.

« On peut dire ça, » marmonna-t-il.

Elle fronça un peu ses sourcils. « Tu vas apposer tes marques demain, correct ?

« Aujourd'hui, en fait. » Répondit-il après avoir regardé l'horloge, ignorant le regard surpris de Drago qui se transforma en regard sombre. « Pourquoi ?

- Je voudrais y assister. » Elle le regarda dans les yeux avec intensité. « A moins que tu ne veuilles de moi. Si c'est le cas, je comprendrais. »

Tom se retint de peu de dire ce qu'il avait sur le bout de la langue. Il ne voulait pas apposer la marque sur sa peau. Il ne voulait pas voir la douleur sur son visage s'il la lui donnait. Mais il ne le lui dit pas et dit plutôt, « Je pense qu'il est temps que tu nous parles franchement, Lovegood. Qu'es-tu ?

- Est-ce que Dagon a dit la vérité ? Tu es une déesse ? » ajouta Drago, moins mordant que son frère.

Luna pencha sa tête sur le côté, les yeux flamboyants pendant qu'elle réfléchissait à ce qu'elle allait leur dire. « Comme c'est étrange… Je suis quelque chose, non ? Huuuum… » Elle retourna à son dessin, toute concentrée à ce qu'elle faisait.

Tom fut le premier à s'en remettre et fit signe à Drago de le suivre hors de la pièce. Il avait envie de crier de frustration après Luna et une retraite précipitée valait mieux.

« Drago... » Luna appela le blond qui boitait après son frère irrité. Il fit une halte et se retourna. Luna regardait toujours son carnet tout en lui parlant. « Harry va être très mécontent quand il saura que tu as gardé ça secret. Quand ses marques changeront.

- Dans ce cas, il n'avait qu'à écouter pendant ses cours. Euh, énervé à quel point ? »

Luna gloussa. « Tu vas te faire botter les fesses. Mais après, il se calmera.

- Et quand... » Drago se racla la gorge, soudain nerveux. Très nerveux mais aussi très excité.

Le sourire en coin de Luna fut sa seule réponse. Ce qui, en soit, n'était pas du tout une réponse. Il lui fit une grimace avant de boiter vers la sortie.

Une fois qu'il rejoignit Tom dans le salon, son frère lui sourit. « Tu ne vas rien dire à Harry ? J'espère qu'il va faire plus que te coller une raclée.

- Comme je l'ai dit à Luna. C'est de sa faute pour ne pas avoir écouté pendant ses cours. »

… … ...

Le matin suivant, Lucius se réveilla et vit Sirius étalé à sa gauche, habillé de la tête aux pieds. Lucius n'était pas de ceux qui étaient silencieux au réveil, et il perturba le sommeil de son mari en se levant du lit. Une fois sa baguette en main, il la pointa sur les fesses du brun, ayant envie de le réprimander pour être resté dehors si tard sans un mot à son encontre.

« Luce, » grogna Sirius. « Je suis désolé. Mais c'était plus compliqué que ce qu'on croyait. S'il te plaît, ne me jettes pas de sorts. Je suis trop fatigué. Tu pourras le faire quand je me lèverais plus tard.

- Promets-moi que je pourrais te lancer tous les maléfices que je veux ?

- Je te le jure au nom des Black.

- Très bien alors. » Lucius remit sa baguette dans la table de chevet et se dirigea vers la salle de bain. Il claqua la porte derrière lui, ricanant quand Sirius gronda. Apparemment, pendant leur virée, Sirius et les autres avaient fini bourrés. Salauds ! Ils avaient intérêt à avoir fait des progrès dans leur mission ou alors Lucius se ferait un malin plaisir à aider Tom quand il leur enverrait des Crucio., Sirius inclus.

Quelques minutes plus tard, Lucius entra dans la salle à manger et s'arrêta en râlant. « Envahi par des Griffondors, encore…

- Hey, Lucius. » Harry lui adressa un bref salut, avant de se retourner vers Neville et ses parents. Lucius était plutôt surpris de voir que les Londubas s'étaient aventurés au-delà de la petite partie du manoir qui leur avait été attribuée. Il pouvait comprendre leur réluctance à quitter leur chambre et leur salon, surtout quand on savait où ils se trouvaient. Mais ils avaient l'air d'être heureux, avec Neville et Harry assis à proximité, ainsi que Remus Lupin, faisant la surprise de sa présence ce matin à l'hôte des lieux. De plus, il y avait le fléau de son existence, Molly Weasley. Et pour finir, la jeune Luna Lovegood, qui mangeait joyeusement et silencieusement son petit-déjeuner.

« Londubas, » salua-t-il les deux adultes en prenant place en bout de table. Frank et Alice étaient surpris de son accueil cordial, et le regardèrent avec suspicion, mais c'était à prévoir. Ils n'auraient pas été de bons aurors s'ils ne doutaient pas de ses intentions. Cependant, il ne fut pas étonné de voir qu'ils étaient plus détendus que ce à quoi les autres s'étaient attendu d'eux, mais c'était sans doute grâce à la présence pleine de bonnes intentions de Remus et Molly.

« M. Malefoy, » lui retourna Alice Londubas sur le même ton. « Ou devrais-je dire Black, maintenant ? » S'enquit-elle en tiquant sensiblement.

« Ça restera Malefoy.

- Ça reste surréaliste, » marmonna Frank. « Nous aimerions bien avoir une explication détaillée un de ces jours. Notre fils ne nous dit pas beaucoup de choses.

- Je suis vraiment désolé, papa. Mais je ne sais pas ce que je suis autorisé à vous dire. Je n'ai même pas eu le temps de le demander au seigneur des ténèbres.

- Vois voyez ! Ça, par exemple ! »

Neville soupira. « Je t'en ai parlé déjà une centaine de fois. Tom Jedusor n'est pas celui qui a provoqué votre admission à Sainte Mangouste…

-Oui, mon chéri. Nous l'avons bien compris. Nous nous en souvenons. Il n'y avait pas de mangemorts, ni Voldemort dans les parages quand nous avons perdu le sens du temps, » dit Alice. « Ce que nous ne comprenons pas, c'est la raison pour laquelle on se trouve ici, pourquoi tu es ici, et pourquoi Harry Potter aussi, au manoir Malefoy, en train de vivre joyeusement aux côté de Voldemort.

- On devrait peut-être leur montrer cela avec la pensine. » Harry se tourna vers Lucius. « Qu'en penses-tu ?

- Je t'en prie. Moins j'en ai à dire, mieux c'est. »

Molly tourna la tête vers le blond et le cloua du regard. « Manges, Lucius. Tu dois nourrir quatre estomacs maintenant. »

Lucius lui répondit en étrécissant ses yeux. « Je ne serais pas contre vous lancer un maléfice, Mme Weasley. »

Le sourire de Molly fut tellement doux qu'il lui fit mal. « J'aimerais bien te voir essayer, Malefoy. Et si tu ne manges pas tout de suite, je vais te l'imposer par Impero. Tu aimerais ça ? »

La salle resta silencieuse, chacun regardant la matriarche Weasley sous le choc de ses propos. Chacun finit par croire qu'elle devait plaisanter et retourna à son repas, mais Harry savait qu'elle était prête à faire appliquer sa menace, rien que par la détermination qu'elle avait dans ses yeux fixés sur le Malefoy sans voix.

C'est à ce moment que Dudley fit son apparition. Il trébucha en entrant et se laissa tomber sur la chaise à la droite d'Harry avant de mettre un bras sur la table et de laisser son front reposer dessus avec un grognement.

« Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ? » Lui demanda Harry. Pour toute réponse, Dudley grommela.

« Dis-moi, Dursley. Est-ce que vous avez réussi à faire quelque chose, tous les quatre, ou vous avez passé la journée et la nuit au bar ? » Lucius voulut savoir.

« Cartographié quelques zones. On y retourne plus tard pour reprendre où on s'est arrêté. On devra prendre des balais. Il n'y a personne dans les environs en dehors des patrouilles des aurors.

- Tu devrais sans doute retourner te coucher, dans ce cas, » lui suggéra Neville doucement. « Au moins jusqu'à ce que tu doives y retourner.

- Nan. Juste besoin d'un café. Je dois aller sur le stade pour m'entraîner au vol. »

Harry fit un sourire moqueur adressé à Neville quand ce dernier poussa la cafetière vers lui. Comme la tête de Dudley restait posée sur son bras, Harry remplit une tasse qu'il posa en face de son cousin.

« Et un café, un. Hey Neville, Pourquoi tu ne raconterais pas la bagarre que tu as eue avec Ron.

- Tu t'es battu ? » La mère de Neville demanda immédiatement, désapprobatrice. Dudley leva sa tête juste ce qu'il fallut pour pouvoir regarder Neville par-dessus son avant-bras.

Neville lança un regard noir à Harry, qui eut l'air relativement navré, ayant oublié la présence des parents de son ami assis avec eux autour de la table. « Ce n'était pas grand-chose. Ce n'est pas si important.

- Une bagarre avec mon fils ? » demanda Molly.

« Désolé, mais il avait volé mon courrier. » En mentionnant ledit courrier, ses joues et celles de Dudley tournèrent rouge et la tête de Dudley retomba pour se cacher derrière son bras musclé.

« Ron aurait dû s'y attendre. Il vous cause toujours autant de problèmes ?

- Rien qu'on ne peut gérer, Mme Weasley. Des chamailleries d'adolescents. Et puis, on se provoque les uns les autres, » répondit sincèrement Harry.

« Je vais lui reparler.

- Je préféreriez que vous ne le fassiez pas. Ça ne ferait qu'empirer les choses entre nous. »

Molly fit un signe de tête pour signifier qu'elle avait compris, après un instant de réflexion, et elle recentra son attention sur Lucius, qui avait à peine touché à son assiette. « Je t'ai dit de manger, Lucius ! »

Lucius sortit sa baguette. « Écoutes, femme ! Ce n'est pas parce que je vais avoir des enfants que…

- On veut juste te voir en bonne santé, alors je te suggère de te calmer, Lucius, » l'interrompit Tom en faisant son entrée. « Et je t'interdis de jeter un sort à Mme Weasley. » Il se déplaça jusqu'à la matrone et l'embrassa sur la joue avant d'aller s'asseoir près de Luna.

La serdaigle était occupée à plier sa serviette pour lui faire prendre la forme d'animaux. Comment elle réussissait à leur faire tenir la forme était la question que tous se posaient. Elle ne semblait pas utiliser la magie. Tandis qu'il s'installait confortablement, Molly était toujours sous le coup de la surprise d'avoir reçu un baiser en guise de bonjour, comme si c'était chose normale venant de lui. Elle était étonnée mais aussi exagérément ravie, regardant le nouvel arrivant défaire sa serviette.

Ayant déjà rencontré Tom à l'hôpital, et savant qui il était, les Londubas étaient aussi surpris de voir cet échange, mais ils se détendirent encore plus après cela. Si lord Voldemort embrassait Molly et lui souriait tendrement, peut-être que les choses avaient définitivement changé. Peut-être que le mage Noir n'était plus celui qu'il était avant. Et ils ne pouvaient pas oublier qu'il était celui qui les avait libérés de leur prison mentale.

« S'il vous plaît, que quelqu'un me dise que je ne dois pas me rendre seul avec Mme Weasley dans l'allée de traverse, » supplia Lucius d'une façon inhabituelle.

« C'est pour faire du shopping, Lucius. Je suis persuadé que tu vas beaucoup t'amuser, » lui répondit Tom, amusé et sans aucune pitié pour lui. Il eut un sourire démoniaque quand les gens autour de lui ricanèrent, et fut particulièrement content quand la fille à côté de lui leva la tête et lui adressa un sourire rayonnant.

Finalement, Harry prit en pitié sur futur beau-père et décida de les accompagner. Notamment pour s'assurer que tous les deux seraient en sécurité pendant leur sortie. Sirius ne pourrait pas s'en charger, comme il serait toujours endormi quand ils partiraient et parce que l'Animagus devait se remettre au travail dès que possible, pour pouvoir revenir à temps pour la cérémonie d'apposition de la Marque. C'est pour cette raison et pour pouvoir savourer la tête que les gens feraient quand ils verraient les deux faire du shopping ensemble qu'Harry se proposa. Et il ne laissa personne d'autre venir, il avait des cadeaux d'anniversaire à acheter.

Mais qu'offrir à un compagnon qui ne manquait de rien ? Drago était tellement gâté qu'il avait déjà tout ce qu'il lui fallait. Avant de partir, Harry lui demanda ce qu'il lui ferait plaisir pour son anniversaire. Drago ne lui avait été d'aucune aide ?. Il lui avait répondu dans son oreille d'une voix grave et trop sexy pour le bien-être d'Harry, avec un sourire de prédateur qui le laissa tremblant : « La seule chose que je veux, demain, c'est toi, tout entier. Toute la journée et toute la nuit, mon amour. »

La voix de Lucius le ramena auprès des autres. « Mme Weasley, je suis surpris de m'entendre dire ça, mais vous n'avez plus l'air d'une sorcière s'habillant avec de la seconde-main. »

Harry siffla un avertissement. Il était hors de question que Lucius relance ce sujet. Mais Molly ne sembla pas s'offusquer et gloussa comme une étudiante avant de faire glisser ses mains le long de sa nouvelle robe rouge bordeaux, entrelacé d'argent.

« Tu aimes ? J'ai reçu quelques vêtements de la part de Ginny pour mon anniversaire… Et oui, Harry. Je sais ce que tu as fait, » dit-elle après avoir jeté un coup d'œil en direction du griffondor qui fuyait son regard.

« Oui, c'est très joli, Mme Weasley, » continua Lucius. « Je ne sais exprimer mon soulagement et ma gratitude à vous voir apprêtée aussi bien ce matin. Je ne peux décemment pas être aperçu en compagnie d'une personne vêtue de haillons.

- Lucius ! » Drago, ton père est un enfoiré avec Mme Weasley !

C'est marrant que ça te surprenne.

« Ce n'est rien, mon chéri, » lui assura Molly avec un sourire. « Il ne fait que dire la vérité, j'en ai bien peur. Si nous aidons Tom, les Weasley ne peuvent pas se permettre de l'embarrasser, n'est-ce pas ? »

Surpris par ce fait, le Lord Malefoy arrêta de rabaisser la mère de sept enfants assise en face de lui. Molly eut un sourire moqueur en voyant la surprise briller dans ses yeux.

« Nous sommes dans sangs-purs, Lucius. Ce n'est pas parce que nous n'avons pas la même aisance financière que nous ne savons pas nous comporter comme tel. Je peux t'assurer que nous n'avons pas oublié les traditions. »

C'est par cette dernière phrase de la rouquine que Lucius se décida à appeler la matriarche Weasley par son prénom.

« Harry ! Harry chéri ! Oh, et Lucius aussi ! Hé hooo ! »

Harry gronda, « Fuyons. » Il supplia les deux adultes alors que les talons de Rita Skeeter cliquetaient sur les pavés, leur courant après.

« Certainement pas, Harry. Les Malefoy ne fuient pas la presse. » Lucius se tourna pour faire face à la journaliste, parant son visage d'un sourire charmant alors qu'elle les interceptait. Harry se renfrogna. Il détestait cette femme.

« Eh bien ! C'est mon jour de chance ! Maintenant que je vous ai sous la main, tous les deux, vous devez m'accorder une interview. Ce sera court, je vous jure. »

La bouche d'Harry s'ouvrit pour laisser échapper un grondement quand elle ignora spectaculairement Mme Weasley. Sentant cela, Lucius posa une main sur sa nuque et serra, lui envoyant un message silencieux de garder son calme, et qu'il se chargeait d'elle. Pour sa part, Molly eut un rictus méprisant et fit de son mieux pour ignorer l'Animagus scarabée elle aussi. Rita Skeeter ne rata rien des actions de Lucius et ses yeux se posèrent un instant sur la main qui était restée sur la nuque d'Harry.

« Et où est ce cher Drago, aujourd'hui ? » demanda Skeeter en sortant son calepin et sa plume à papote de son sac en peau de crocodile. Elle suçota la pointe de la plume avant la poser sur une page blanche qui se remplit immédiatement, avant de faire une pause. « Attendez une minute... » Elle haussa un sourcil horriblement tracé au griffondor, « Pourquoi n'es-tu pas à l'école ? »

Avant qu'Harry ne puisse lui répondre, la plume se remit à écrire de son propre chef. Harry sentit la colère bouillir en lui, détruisant le peu de contrôle qu'il lui restait. Il voulait attraper la plume et la planter dans un de ses yeux trop brillants. Et alors, il serait exalté de l'étriper après coup. Seule la pression douloureuse sur sa nuque l'empêcha de faire ça, et plus encore.

« L'Héritage de mon fils aura lieu demain. J'ai jugé plus adéquat qu'il reste au manoir pour le week-end, » répondit calmement Lucius de sa fameuse voix traînante. « Je n'ai aucune intention de laisser Dumbledore rôder près de mon fils lors cet événement important. Encore moins après ce qu'il a tenté de faire pendant l'Héritage d'Harry. »

La plume gratta plus vite que jamais sur le calepin tandis que Skeeter avaient les yeux écarquillaient sous les implications du blond. « Oh ? Voudriez-vous être plus précis ? »

Lucius poussa gentiment Harry vers l'avant, et ils reprirent leur marche. Il n'avait pas l'air de s'inquiéter que Skeeter les suive ou non. Mais bien sûr, elle n'allait pas manquer une telle opportunité. « Je suis étonné que vous ne soyez pas au courant. Je croyais que vous aviez des sources sûres au sein du département du Renforcement des Lois Magiques. Dumbledore y a été convoqué pour un interrogatoire hier soir. »

Harry pu ressentir la jubilation de Skeeter. Il devait bien l'accorder à Lucius. Il jetait de l'huile sur le feu du bûcher qui brûlait lentement Dumbledore. Le public allait en faire chou-gras. Skeeter avait beaucoup de lecteurs, il devait le lui reconnaître.

Lucius adressa à Molly et Harry un sourire satisfait avant de refaire face à la journaliste qui salivait de ces informations croustillantes, « Vous pouvez donc comprendre que je veux mon fils chez moi pour son héritage.

- Oui, bien entendu. Et Harry ? Pourquoi n'es-tu pas à l'école ?

- Où se trouve un compagnon, se trouve l'autre, » répondit Lucius avant qu'Harry ne puisse répondre quoi que ce soit. « Et Harry fait déjà partie de la famille. Le mariage n'est organisé que pour satisfaire le public. Des âmes sœurs sont considérées comme mariées dès la consommation du lien. Il est donc naturel qu'il assiste à l'Héritage de Drago.

- Alors vous avez déjà eu une relation sexuelle ? Intéressant. »

Harry gronda intérieurement. Qu'est-ce qui prenait à Lucius de répondre à l'affirmative à cette salope ? Le fait que Drago et lui soient sexuellement actifs ne regardait personne d'autre qu'eux. Peu importait qu'ils ne soient pas timides pour démontrer leur affection en public. Il ne voyait pas le besoin de voir cette partie de sa vie imprimée dans les journaux pour satisfaire la curiosité des autres. Il était d'ailleurs sur le point de le dire. « Ce n'est pas votre foutu…

- Allons-y, Harry. » Molly le tira par le bras pour l'éloigner de la journaliste satisfaite. « Lucius. On se retrouve dans la boutique de mes fils. »

Lucius lui adressa un hochement de tête courtois avant qu'ils ne partent, et Harry entendit Skeeter poser des questions sur le mariage et si la date avait ou non était décidée.

« Elle va réussir à le faire parler toute la journée, s'il ne se tait pas.

- Pas dans sa condition. Je la ferais fuir si je le dois. » Harry sourit. Il espérait voir ça.

Fred et George étaient tous les deux présents dans le magasin étaient ravis d'avoir des visiteurs qui n'étaient pas des clients. Ils étaient en période de creux, aussi furent-ils immédiatement aux côtés d'Harry, engageant la conversation avant qu'il ne puisse les saluer.

« Harry ! Tu es fabuleux, comme toujours. Vraiment, tu devrais partager ta santé et donner un peu de ce sang. George aurait bien besoin d'un relooking.

- Hey ! Tout le monde dit que je suis celui qui est le plus beau de nous deux. Tu aurais plus besoin du sang Ukatae que moi !

- Pardonnez-moi ! » Molly les interrompit en riant. « Pas de bonjour pour la femme qui a mis au monde ces deux démons, hein ? »

Les jumeaux eurent un sourire penaud en regardant leur mère. « Maman ! Est-ce bien toi ? » Fred pris sa main et la fit tourner sur elle-même. « On ne t'a pas reconnu, n'est-ce pas, George ?

- On a cru que tu étais l'une des merveilleuses femmes avec qui Harry se pavanait. » Les deux garçons embrassèrent chacun une joue de leur mère avec un baiser bruyant.

« Je suis vaccinée contre votre charme, les garçons.

- Qu'est-ce qui vous amène ici, tous les deux ? » Demanda George en sautant sur le comptoir pour s'asseoir.

« Une session de shopping avec Lucius Malefoy pour les bébés, » répondit Molly. Elle venait de trouver une saleté sur le comptoir et fit la grimace. Ses deux fils étaient choqués de ses paroles.

« Avec ? » Fred se tordit le cou, s'attendant à voir apparaître un blond snobinard attendre devant leur devanture, le nez en l'air.

« Nous étions avec lui, mais Rita Skeeter nous a sauté dessus. Il est dehors avec elle en ce moment, » intervint Harry, avant de se renfrogner. « J'espère qu'il va faire attention à ce qu'il lui dit. Il en a dit plus que ce que j'aurais voulu.

- Dis Harry ? Est-ce que c'est l'anniversaire de ce cher Drago demain ? » Harry hocha la tête. « Qu'est-ce que tu vas lui prendre ?

- Je n'ai pas encore décidé. J'ai du mal à trouver quelque chose qu'il n'ait pas déjà. » Harry loupa le sourire malicieux des jumeaux et se retrouva tout à coup piégé entre eux et entraîné vers la porte.

« Nous savons exactement où aller.

- Hey, je ne peux pas laisser votre mère ! » Il se tortilla pour lui jeter un regard suppliant. Malheureusement pour lui, tout cela l'amusait follement.

« C'est bon, Harry, » répondit-elle en les suivant. « Tu viendras nous retrouver quand tu auras fini. En plus, j'ai l'impression que je ne serais pas la bienvenue là où ils vont t'emmener. » Une fois dehors, Molly leur fit un signe de la main et s'éloigna.

« Ça c'est notre maman, » dit George avec adoration en verrouillant la boutique. « Elle n'en loupe pas une. Et elle n'aimerait décidément pas là où nous allons. »

Harry se sentit tout à coup très nerveux. « Euh… Où est-ce qu'on va ? »

Leurs sourires similaires ne lui disaient rien qui vaille.

… … ...

« Alors, Lucius, » Skeeter se pencha vers lui et Lucius eut l'envie de froncer son nez en percevant son horrible parfum. Vraiment, où avait-elle trouvé une telle odeur ? Dans une poubelle, probablement. « J'ai remarqué à quel point vous êtes devenu proche d'Harry. Vous m'expliqueriez votre relation avec le Sauveur du monde sorcier ? Je suis certaine que mes lecteurs adoreraient savoir. Surtout quand on sait l'animosité que vous vous vouiez.

- J'ai toujours eu de grandes expectations quant aux épousailles de mon fils. Harry dépasse toutes ces exigences haut la main. C'était facile de mettre cette animosité de côté et d'accueillir Harry dans la famille Malefoy les bras grands ouverts. Je le considère comme un fils. Le passé est bel et bien derrière nous... » Il fit une pause en apercevant la ligne que venait d'écrire la plume. « Prenez un instant pour prêter attention à ce que vous allez publier, Skeeter. Si vous envisagez ne serait-ce que de déformer mes propos et transformer la relation que j'ai avec Harry en quelque chose de dérangeant et pervers, vous vous trouverez très vite sans emploi. Et bien vite sans toit et sans le sou. Je sais comment vous travaillez, Skeeter. Vous feriez bien de prendre en compte mon avertissement. Je peux et je ferais tout ce qui est en m'en pouvoir pour mettre mes propos à exécution. »

Immédiatement, la plume à papote raya des lignes entières du calepin et Lucius eut un sourire mauvais. « Écrivez ce que je veux, et vous n'aurez aucun problème. »

Elle eut un air narquois : « Je vois que vous n'avez pas changé.

- Non, et je n'en ai pas l'intention.

- Pouvez-vous me dire pourquoi il n'y a pas eu d'attaques de mangemorts ces derniers mois ? »

Les yeux de Lucius s'étrécirent alors qu'il s'approchait d'elle. « Et pourquoi connaîtrais-je une telle information ? » siffla-t-il à voix basse.

« Voyons, Lucius... » Commença Rita, avec un sourire connaisseur. Lucius fit un signe de la main pour la congédier et se détourna d'elle. « Je crois que le public a le droit de savoir, » dit-elle rapidement. « Peut-être qu'il y a quelque chose que vous souhaiteriez me dire. Et nous pourrions tous les deux en bénéficier. J'aurais mon article, vous pourrez dire ce que vous voulez, et les gens seront au courant de ce qu'il se passe. Je jure de garder mes sources anonymes. »

Lucius s'arrêta et y réfléchit. Il y avait beaucoup de choses à révéler. Notamment sur Tom. S'il voulait diriger le monde sorcier, les gens devraient arrêter de penser à lui comme un tueur de sang-froid. La seule chose, c'était que Lucius n'était pas certain de mettre des mots sur ce qu'il voulait expliquer. Cela devait sans doute expliquer pourquoi il était heureux de voir Molly revenir vers lui. En dépit du reste, il savait que la femme n'était pas ignorante. Tom l'appréciait, ce qui voulait dire qu'elle en savait plus que ce qu'elle ne montrait.

« Vous aller prêter serment sur l'anonymat de votre source. »

Skeeter accepta immédiatement, sachant qu'elle n'aurait pas son histoire autrement. Elle souffla d'agacement quand Mme Weasley insista pour entraîner Malefoy vers le café le plus proche pour avoir une collation. Apparemment, Weasley n'était pas satisfaite de la quantité de nourriture que Malefoy avait consommé pour son petit-déjeuner. Rita se rappela sur son calepin de faire un petit aparté sur la relation entre Lucius et Weasley, mais le raya immédiatement quand Lucius lui jeta un autre regard noir lui rappelant ces propos précédents.

Lucius fit une grimace quand on le força à s'asseoir et à commander un brunch conséquent, mais son humeur s'allégea quand il s'aperçut qu'il avait faim. « Où est Harry ?

- Parti chercher un cadeau d'anniversaire pour Drago. Mes garçons l'ont emmené quelque part. »

Skeeter s'éclaircit la gorge pour rappeler sa présence aux deux autres. « Lucius, vous m'avez promis une histoire.

- Oui, et comme vous la voulez tellement, vous pouvez attendre jusqu'à ce que je sois prêt à vous la livrer. Pendant ce temps, vous pouvez roder ailleurs pendant que j'ai une conversation avec Molly. En privé, » insista-t-il froidement et Molly et lui furent ravi de voir l'offense apparaître sur le visage de la journaliste. Skeeter souffla en se levant et s'éloigna. Lucius en profita pour faire apparaître une bulle de silence autour de leur table, et eut un sourire satisfait.

« Qu'est-ce que tu as en tête, Lucius ?

- Elle voudrait savoir la raison du déclin de l'activité des mangemorts ces derniers mois et j'ai décidé qu'il serait judicieux d'utiliser cette occasion pour redorer la réputation de Tom. Après tout, il ne peut pas juste se pointer comme cela et prendre le contrôle du monde sorcier. Tout comme Harry et Drago devront le faire, Tom devra gagner le peuple à sa cause. Comment est-ce que nous devons nous y prendre quand il est craint de tous et a fait des crimes de guerre ?

- Il a changé. Il ne fait plus… Tout ça.

- Je le sais, nous le savons tous les deux, mais pas les autres. Nous devons en quelque sorte le faire comprendre aux gens. Des suggestions ? »

Lucius s'attendait à ce que Molly lui dise qu'elle devait y réfléchir, mais les suggestions sortirent de sa bouche par dizaine. Et elles étaient toutes bonnes. Quand elle eut fini, elle se moqua de son air époustouflé.

… … ...

Ozemir ouvrit ses yeux sur un ciel bleu clair éclatant et siffla à cause du soleil qui l'aveuglait pour se venger. Il entendit à sa droite des protestations similaires aux siennes venant de Dagon qui se faisait aussi réveiller par les rayons du soleil. Les deux Ukataes se redressèrent et se dévisagèrent, tous les deux sous le choc. Il leur fallut trois battements de cœur avant que leurs visages ne se tordent de dégoût pour l'autre.

« Toi ! » crièrent-ils ensemble. L'assassin et l'érudit luttèrent l'un contre l'autre avec leurs mains, comme si c'était un combat à mort. La haine de l'autre était tellement forte qu'ils donneraient tout pour voir leur alter-égo disparaître à tout jamais.

Après quelques minutes, leurs corps ensanglantés et brisés, loin d'en avoir fini, une douce mais sévère voix traversa les bruits de leur lutte acharnée. « Ça suffit, jeunes elfes. »

Ozemir cessa de se battre immédiatement. La voix ne lui était pas familière mais le pouvoir vibrait dans ses mots et sa curiosité prit le dessus sur le reste. Il baissa sa garde et Dagon, souriant avec malice, lui envoyant un coup en traître, frappant sa mâchoire et la déboîtant. Ce fut seulement à ce moment que le démon s'arrêta, mais uniquement parce qu'il voulait savoir qui avait eu l'audace de leur ordonner d'arrêter de se battre. Il fut facile pour Ozemir d'oublier la douleur qui irradiait dans son visage, tout comme il lui fut facile d'oublier la présence de l'érudit. Parce que, en se tournant, leur respiration fut coupée par ce qu'ils virent.

Se tenant devant eux dans une vieille cour en ruine se dressait la statue d'Hirsha qu'Ozemir avait dans sa pièce ovale noire. La statue avait exactement la même posture que celle d'Ozemir, les mains tendues vers l'avant, les paumes vers le ciel… Excepté qu'il n'y avait pas l'épée ensanglantée et que l'expression de son visage était différente. Ses yeux étaient ouverts et les regardaient de son piédestal, souriant tendrement comme une dame le ferait à ses enfants indisciplinés et espiègles.

La statue brilla et Ozemir trébucha en reculant quand la pierre se transforma en chair, révélant une déité vivante dans toute sa splendeur. Hirsha bougea et descendit de son piédestal, ses long cheveux rouge sang voletant derrière elle comme de la fumée. Elle avança et sa toge vert pâle suivit le mouvement, se transformant en nuage autour de ses pieds nus. Ozemir aurait pu jurer qu'il rêvait. Il n'avait pas d'explications à ce phénomène.

Hirsha répondit à sa question silencieuse avec un sourire en coin et de la tendresse dans le regard. « Oui, tu rêves. Mais les rêves sont réels, mes ténébreux.

- Qu'est-ce qu'il fait ici ? » exigea de savoir Dagon en pointant Ozemir de son pouce. Hirsha haussa un sourcil auburn comme si la réponse était évidente.

« J'ai besoin de vous parler à tous les deux, et c'est plus facile en étant séparés en deux entités comme vous l'êtes en ce moment. Venez, asseyez-vous avec moi. »

Hirsha fit un signe pour qu'ils prennent place face à elle. Ozemir s'agenouilla sans attendre à l'endroit qui lui avait été indiqué mais Dagon souffla et croisa ses bras sur sa poitrine, avec l'intention de rester où il se trouvait.

Une fois encore, il retroussa sa bouche en une grimace adressée à Ozemir. « Quel bon toutou tu fais. Toujours à vouloir faire plaisir. Je ne comprends pas comment Brumek peut te désirer. Tu ferais un compagnon horrible. Moi, au contraire, j'en ferais ce que je veux qu'il soit... »

Ozemir montra ses dent en grondant et bondit sur ses pieds. Il ne fallut pas longtemps pour qu'ils se remettre à se battre vicieusement, se faisant un plaisir de mettre l'autre en lambeaux. Hirsha soupira et les regarda quelques minutes, ses yeux – deux yeux d'un blanc opalescent sans pupilles avec une lueur sinistre – observèrent ses deux enfants sans cligner. Il était évident que ces enfants n'avaient pas l'intention de s'arrêter tant qu'il n'y aurait pas un mort. Elle se demanda même si elle ne devait pas les aider avec ça. Un lent sourire apparut sur le visage de la Mère et, en s'étirant, des éclairs tombèrent du ciel pour tenir les deux belligérants éloignés.

La Déesse se redressa, avançant sans bruit vers les deux corps fumants et écorchés vif. L'odeur putride de la chair carbonisée et la fumée s'élevant de leurs deux corps sans vie la fit froncer son nez de dégoût. S'agenouillant, elle plaça une main sur chacune de leur poitrine, les ramenant à la vie.

« Vous allez bien vous tenir, » ordonna-t-elle sombrement quand ils eurent repris leurs esprits et se tenaient assis. « Je ne me suis pas présentée à vous pour perdre mon précieux temps. » Un aperçu de ses crocs suffit à Dagon pour se tenir à carreaux.

Ses deux jeunes elfes se redressèrent lentement, complètement guéris de toutes les blessures qu'ils s'étaient infligés ainsi que celles de leur Mère. Ozemir repris sa position précédente et s'agenouilla devant elle tandis que Dagon restait debout.

« Démon, » commença-t-elle, regardant Dagon droit dans les yeux. Captant toute son attention. « Ton aigreur vient de ta jalousie. Tu hais partager un corps, et maintenant un compagnon. » Elle leva une main quand il fut clair qu'il allait protester. « Bientôt, ce ne sera plus un problème. Bientôt, tu ne te préoccuperas plus de partager un corps, ni de partager un compagnon.

- Pourquoi ? » grinça-t-il avant de répondre à sa propre question. « Parce qu'on va mourir, c'est ça ? On va sacrifier notre vie pour protéger la nouvelle lignée. Dis-moi quelque chose que je ne sais pas, Maman. »

Le doux sourire d'Hirsha ne fit que l'agacer. « Arrête de culpabiliser l'érudit, mon fils.

- Tu n'as pas répondu à la question de la mort. » Mais il acquiesça quand même. La Mère lui avait donné un ordre et il avait appris à ne pas lui désobéir.

« Ozemir. » Les deux perles opales qu'étaient ses yeux piégèrent l'érudit et il assista à l'apparition de l'inquiétude sur ses traits délicats. « Ozemir, tu m'as fait tellement souffrir. Tu me fais mal tous les jours en m'offrant ta douleur. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu continues ? »

Ozemir sentit ses yeux se remplir de larmes. Rapidement, il mit ses bras devant lui et se pencha, baissant sa tête jusqu'à ce qu'elle touche le sol. Il ne méritait pas de regarder Hirsha. « Je serais à jamais désolé, Mère, et je sais que je ne pourrais jamais être pardonné de ma trahison. »

Dagon siffla, furieux. « Nous n'avons rien fait d'autre que ce qu'on attendait de nous ! On ne devrait pas être jugé pour ça ! »

Ozemir n'était pas d'accord avec lui, mais garda le silence et resta prostré.

« Ton démon a raison, » répondit doucement Hirsha. Elle se pencha pour attraper le menton d'Ozemir, levant son visage jusqu'à ce qu'il la regarde. Puis elle attrapa de son autre main l'épée sanglante qu'il conservait dans son temple. « Regarde et écoutes attentivement, mon enfant adoré. » L'épée se transforma en poussière et fut balayée par un vent violent et bref. « Celui qui doit souffrir, c'est Demai'Tah, Ozemir. »

Ozemir secoua sa tête, y croyant difficilement. « Non, Mère…

- Ozemir, ma douleur n'est pas due à l'absence de l'ancienne lignée. Plus maintenant.

- D'où alors, Mère ? Qu'est-ce que j'ai fait d'autre qui puisses te causer tant de peine ? S'il te plaît, dis-le-moi pour que je puisse y remédier ! » supplia-t-il.

Dagon ouvrit la bouche, probablement pour cracher d'autres insultes à l'érudit tremblant de détresse. Mais Hirsha l'apostropha d'un regard qui fit trembler le sol sous ses pieds et sa bouche resta close.

« Ozemir, » l'appela tendrement la déesse pour attirer son attention. « Je t'ai fait un cadeau.

- Un cadeau ?

- Oui. Un cadeau que tu rejettes en permanence. A travers tout le royaume, les autres acceptent joyeusement leur cadeau et la joie qui va avec… Mais pas toi, Ozemir. Tu me blesses.

- … Je ne comprends pas. Quel cadeau, Mère ?

- Brumek, espèce de piaf sans cervelle ! Notre Mère parle de Brumek. Des compagnons. Les Ukataes sont de nouveau capable d'avoir des compagnons. Au nom d'Hirsha, ce que tu peux être bête ! »

Hirsha hocha la tête quand Ozemir cherche une confirmation en la regardant. « Je ne le mérite pas, » chuchota-t-il. « Pas après tout ce que j'ai fait.

- Enfin un point sur lequel on est d'accord. Tu es faible et tu ne le mérites pas, » fit joyeusement remarquer Dagon.

Hirsha sourit doucement et attrapa Ozemir par les bras, Le faisant se redresser. Dès qu'il fut sur ses pieds, elle l'étreignit. « Je te suis depuis ta naissance, mon ténébreux. Oh, ce que tu as pu me faire plaisir. Il y a tellement peu de mes enfants qui ont attiré mon attention comme tu as pu le faire. Mais tu l'as fait et je vois tellement de choses en toi, et ça me blesse tellement de voir à quel point tu te fais souffrir inutilement. Cela t'a fait changer, mon enfant. Est-ce que tu veux me faire souffrir, fils ? » demanda-t-elle après s'être éloignée.

« Non, Mère. Jamais.

- Alors arrêtes, Ozemir. » Elle sourit et fit courir une main pâle sur sa joue. « Arrêtes de te blâmer et la douleur cessera. Je ne peux pas te pardonner... » Les yeux d'Ozemir se baissèrent au sol et il se sentit se rapetisser dans l'attente de ses prochaines paroles. « Car il n'y a rien à pardonner. Tu as fait ton devoir auprès du Clan. Je le répète une dernière fois, Ozemir. Arrête de nous faire mal. Je veux revoir l'ancien Ozemir. Je veux te voir auprès ton compagnon impatient de t'avoir. Et tu dois aider la nouvelle lignée à prendre la place qui leur revient de droit en tant que dirigeants de notre royaume. Je te l'ordonne. Plus de deuil pour le passé. »

Ozemir tomba sur ses genoux et se mit à pleurer de tout son corps, ses pleurs étaient rendus silencieux par ses mains pressées contre sa bouche. Il entendit Dagon gronder de fureur mais Ozemir n'en avait rien à faire. C'était comme si les mots avaient libéré ses épaules d'un poids, les mots de leur Mère brisant le barrage de sa culpabilité, l'inondant d'une liberté et d'un soulagement qu'il n'avait plus ressenti depuis des siècles.

Hirsha s'avança et posa une main sur le sommet de son crâne, la faisant glisser le long de sa queue de cheval. « Maintenant, mon érudit adoré. Vas-tu aller vers ton compagnon ? »

Ozemir commença à hocher la tête avant de s'arrêter avec un froncement de sourcils. « Mais il m'a trahi avec ce démon ! Il m'a fait boire son sang, Mère ! Il m'a forcé ! » Ozemir lança alors un regard noir vers son double.

« Si tu ne l'avais pas vraiment voulu, Dagon ne l'aurait pas voulu non plus, » lui répondit Hirsha en riant et partant.

« Pourquoi est-ce que je suis là, déjà ? » voulut savoir Dagon. « J'aurais tout aussi bien pu dormir !

- Tu serais aussi bien mort si tu ne prends pas garde à la façon dont tu parles à notre Mère, » rétorqua sèchement Ozemir en se levant finalement.

Il regarda derrière lui, déçu de voir qu'Hirsha était retournée à son piédestal et était de nouveau faite de pierre. La seule différence était que dans une de ses mains offertes se tenait un rouleau d'un très vieux parchemin. Elle regardait la cour, son regard ne fixant rien en particulier mais un doux sourire ornait ses lèvres, le sourire d'une personne qui gardait un secret amusant.

Ozemir s'avança pour se saisir de rouleau, levant les yeux au ciel quand le démon râla. « Je déteste les déités. Elle n'a pas une seule fois expliqué la raison de ma présence. Ne sois pas jaloux, blablabla... »

Ozemir se tourna vers son démon avec un immense sourire. Un sourire sincère, pour une fois. Il se sentait plus vivant que jamais. Ça faisait des siècles qu'il ne s'était pas senti aussi bien… Enfin, en dehors des fois où Brumek le tenait dans ses bras, mais c'était différent.

« Peut-être qu'elle voulait nous permettre de parler en face à face, pour résoudre nos problèmes, » suggéra Ozemir avec une lumière dans les yeux.

« Te briser la nuque est la seule solution à nos problèmes.

- Troisième round ? » proposa joyeusement l'érudit en posant le parchemin au sol dans un lieu sûr avant d'approcher du démon.

La surprise éclaira le visage de Dagon avant qu'un sourire ne lui traverse le visage et qu'il hoche la tête. « Troisième round. »

… … ...

Ozemir se réveilla dans un sursaut, agrippant sa poitrine brûlante tout en essayant de respirer au mieux. Il lui était compliqué de bien respirer à cause du sang qui envahissait sa bouche et qui venait de ses entrailles… Ou bien le sang noyait ses poumons? Il toussa pour s'éclaircir la gorge avant de cracher le sang qu'il avait réussi à dégager. Quand sa bouche fut vide à nouveau, il réussit à respirer correctement, roulant sur lui-même jusqu'à pouvoir observer le plafond, les mains parcourant les blessures qu'il pouvait atteindre pour les soigner.

C'était sans aucun doute le meilleur combat qu'il avait jamais eu. Il attendit quelques secondes après cette pensée, prêt à entendre Dagon l'insulter. Mais il n'y eut étonnement de réponse de la sorte, à la place, il reçut un commentaire qui aurait pu passer pour un compliment.

Tu ne t'es pas battu comme ça depuis notre dernière demande d'assassinat. Maintenant lèves-toi et soignes-nous avons qu'on meure !

Ça lui prit quelques minutes pour rassembler la force nécessaire pour sortir du lit et il grimaça en regardant les draps. Il y avait du sang partout. Il ne voulait pas trouver un miroir, n'ayant pas le désir de voir ce à quoi il ressemblait à l'instant. Quelque chose capta son regard et le fit sortir de ses pensées. Sortant de sous son oreiller se trouvait le rouleau de parchemin qu'Hirsha lui avait tendu. Et bien qu'il soit excité de l'avoir en sa possession, Ozemir le laissa là, voulant s'en occuper une fois ses plaies soignées.

Ozemir trébucha vers la sortie de sa chambre et traversa le couloir, se demandant où Brumek pouvait se trouver, mais après cinq minutes de recherches, il glissa le long d'un mur pour se reposer à même le sol. Il n'arrivait pas à croire qu'il pouvait se sentir aussi bien malgré ses blessures. Le regret et une légère culpabilité étaient toujours présents et ne le quitteraient sans doute jamais. Il lui serait impossible de totalement oublier et passer outre ce qu'il avait fait, mais il pouvait désormais savourer le reste de sa vie sans avoir à regarder en arrière.

Ces pensées l'emmenèrent à penser au rêve. Comment y était-il entré ? Il n'avait pas fait de sieste, il n'était même pas dans sa chambre, de ce qu'il se souvenait. Mais il supposa que rien de tout ça n'importait. Ce qui était important était que la Mère était revenue. Elle n'avait pas abandonné ses enfants, ils avaient été pardonnés, et elle voulait leur offrir un avenir. Grâce à Harry et Drago. On pouvait se rendre compte de son pardon. Les âmes sœurs étaient de nouveau réunies. Elle voulait que ses enfants aillent de l'avant. Ozemir ne pouvait ressentir que de la joie face à ce nouveau savoir et les blessures piteuses de Dagon n'entacheraient pas sa bonne humeur.

Piteuses ? Ha ! J'ai failli te tuer.

Presque ne veut pas dire que tu y es parvenu, démon.

D'autres minutes passèrent avant qu'il ne réussisse à se déplacer. Il était sur le point de s'évanouir quand il entendit des bruits de pas approcher. Il ouvrit un œil et essaya de sourire aux quatre jeunes elfes approchant, mais il ne put que leur faire une grimace.

« Ozemir ? » Harry était le premier à le remarquer. « Qu'est-ce qui ne va p... » Il s'interrompit, remarquant l'état de l'érudit qui s'affala sous la fatigue. « Ozemir ! »

L'érudit ferma les yeux comme les jeunes courraient vers lui : « Besoin de Talyn.

- Je m'en charge, » dit Hermione avant de courir la chercher. « Aidez-le à rester conscient !

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Est-ce que quelqu'un t'a attaqué ? » demanda Drago en glissant un bras autour de sa taille pour l'aider à le redresser.

Ozemir gloussa comme une petite fille. « Non. Me suis collé une raclée tout seul.

- Il est devenu fou, » murmura Tom.

« On est toujours samedi ? Est-ce que j'ai loupé la cérémonie des Marques ? S'il vous plaît dites-moi que non.

- On nous a guidé jusqu'ici, » répondit Harry stupéfait. Comment Ozemir pouvait penser à ça quand il avait l'air de s'être fait tabasser par des géants ? « Tu ne devrais pas te soucier de ça pour le moment. Tom va repousser la cérémonie pour toi. »

Tom lui adressa un regard noir qui surpassait celui d'Harry et après un silence d'avertissement, Tom finit par accepter à contrecœur. « Je peux sans doute décaler la cérémonie à demain si tu veux y assister.

- Pas besoin. J'irais mieux une fois que Talyn se sera chargée de moi.

- Ozemir, sérieusement… » Drago secouait la tête, incrédule. « Comment tu as fait pour te retrouver dans cet état ? » L'érudit était fort et Drago savait que personne en dehors de Demai'Tah n'avait la force ni le pouvoir d'infliger tant de dommages à Ozemir. Et si c'était bien lui, ils devaient le savoir immédiatement.

« Je te l'ai dit, Drago. Je me suis battu avec moi-même.

- Ok, » intervint Harry en faisant traîner le mot. « La seule façon pour que ça ait du sens est que Dagon t'a fait courir dans des murs ou autre.

- Non. » Ozemir rit à cette idée. « C'est arrivé en rêve. La Mère a séparé le démon de mon corps. Nous étions tous les deux dans un corps différent.

- Ah, donc tu n'es pas fou. Vous vous êtes battu tous les deux. »

Ozemir eut un sourire malicieux, ouvrant une plaie à sa lèvre.

« Juste pour que tu le saches… Tu as vraiment une sale tronche, » dit Drago avant de grogner quand Harry lui donna un coup de coude dans le ventre.

Personne ne vit Brumek approcher. Harry était persuadé que le couloir était vide en dehors d'eux quatre, mais le guerrier était apparu soudainement et porta l'érudit avant de s'asseoir et de le serrer contre son torse.

« Qui a fait ça ? » exigea-t-il de savoir d'une voix hachée, secouant Ozemir quand il ne lui répondit pas. « Réponds-moi, idiot ! Talyn ! » Brumek regarda la silhouette qui avançait à un rythme tranquille avec des yeux fendus, mais quand il l'appela, elle se précipita et s'agenouilla devant lui. Elle contrôla l'elfe prostré et commença à soigner ses blessures internes, qui étaient nombreuses.

« Comment est-ce que c'est arrivé ? » voulut-elle savoir.

« Il s'est infligé ça tout seul, » lui offrit Harry avant de rire à l'air que lui adressa Brumek. « Promis. Il a dit qu'il s'était battu avec Dagon dans un rêve dans lequel leurs corps étaient dissociés. »

Des doigts s'élevèrent jusqu'au menton du guerrier avant qu'il ne réponde. Ces doigts continuèrent leur chemin jusqu'à ce qu'une main prenne en coupe sa joue. Il regarda le visage d'Ozemir et retint un hoquet de surprise en voyant les yeux de son compagnon sans protection. Ozemir se redressa, en ignorant l'ordre de Talyn de ne pas bouger, et embrassa son lié. Il embrassa Brumek comme il avait voulu le faire depuis des siècles. Avec toute son inexpérience et son avidité, toute son adoration.

Tom se détourna du spectacle et se racla la gorge pour attirer l'attention de ses frères. Il dut s'y reprendre à deux fois et donna un coup vif dans les côtes de Drago pour le faire détourner ses yeux du guerrier focalisé sur son érudit. « On devrait y aller. Les nouvelles recrues ont besoin d'être préparées. »

Comme ils partaient, Harry jeta un dernier coup d'œil par-dessus son épaule, un tendre sourire effleurant ses lèvres. Brumek avait froncé ses sourcils de confusion mais retournait le baiser en enlaçant son compagnon avec une douceur qu'Harry ne lui aurait jamais prêtée.

Il se fit tirer fermement le bras et prêta attention au sens de la marche. « Les Marques, mon amour, » lui rappela Drago.

Brumek jura bruyamment quand Ozemir sursauta, cognant leurs têtes ensembles. « J'ai failli oublier ! » Ozemir sauta sur ses pieds et traversa le couloir telle une furie en criant qu'il avait besoin de se changer dans une tenue plus propre, ignorant les cris de Talyn qui n'avait pas fini, et laissant Brumek béat sur le sol en marbre. Ce dernier respirait fortement, reprenant rapidement ses esprits et lançant des regards noirs à qui le voulait.

Severus les appela alors qu'ils s'approchaient de la porte menant à la salle de réception qui serait utilisée pour la cérémonie. « Pas celle-ci. On doit changer de lieu. »

Tom étrécit ses yeux. « Et pourquoi ? » lui demanda-t-il quand Severus et Hermione s'arrêtèrent devant lui.

Hermione sourit en suivant Severus qui les guidait. « Tu verras.

- Est-ce que ceux qui vont recevoir la marque ont été amené ici ? » questionna Tom quand ils arrivèrent devant la salle de bal. Son regard disait que la réponse avait intérêt à être positive.

Severus eut un sourire moqueur. « Ils continuent d'arriver. » Il entra dans la salle avant que Tom ne lui pose plus de questions.

Quand Tom et les autres entrèrent, ils virent la magnificence de la pièce et prirent place sur l'estrade où une chaise haute avait été placée. Tom l'analysa avant de regarder ses frères.

Harry haussa les épaules face à son regard interrogateur. « Tu es toujours le seigneur des ténèbres, Tom. C'est toi qui as le dernier mot sur tout.

- Nous sommes sept désormais, » lui rappela Tom.

« Et on se tiendra debout. » Severus avança jusqu'à Hermione, qui se tenait à côté de la chaise, et plaça un bras autour de sa taille.

Voyant la grande salle vide et Harry s'impatienter de sentir les mains de son compagnon sur son corps, le griffondor s'adossa contre son blond et agita ses ailes légèrement contre le torse de Drago. Le griffondor ailé sourit avec malice quand gronda et plongea sa tête dans son cou pour inhaler son odeur, les mains se posant sur ses hanches. Amortia arriva juste après avec Lucius, Sirius et M. et Mme Weasley, et Drago enroula la taille d'Harry d'un bras, les faisant reculer discrètement vers le vestibule.

Drago n'entendit pas que la porte s'ouvrait et planter ses dents dans le cou de son aimé. D'un ordre silencieux, il entraîna Harry avec lui. Hermione regarda juste à temps pour voir ce que ses frères faisaient avant qu'ils ne disparaissent dans une alcôve et ses yeux s'agrandirent. Elle n'avait pas eu le temps d'avertir ses deux frères irresponsables que la porte se refermait déjà. Soupirant, elle fit face aux nouveaux arrivant pour les saluer avant de ricaner. Elle adorerait voir leur tête quand ils s'apercevraient qu'ils n'étaient plus seuls.

Harry soupira. Il était au paradis. Le bras de Drago se resserra autour de lui quand son corps se ramollit, son énergie se faisant absorber avec son sang. Il gémit et se frotta contre l'érection de son compagnon avant d'entendre des hoquets de stupeur derrière eux.

Drago se tourna, lâchant Harry, et regarda avec des yeux ébahis les personnes qui s'étaient rassemblées autour d'eux, les observant lui et son compagnon bougeant à peine à ses pieds. Certains étaient fixés sur les ailes d'Harry, d'autres sur les crocs qui brillaient de sang frai. La plupart des regards étaient choqués, mais quelques-uns étaient dégoûtés ou légèrement excités.

Deux des nouvelles recrues de Tom ricanaient et avancèrent vers eux. Blaise secoua le bras de Drago. « Tu te rends compte que tu as laissé Harry tomber par terre… N'est-ce pas ? »

Drago se retourna en jurant et se penchant pour attraper son compagnon. Harry était un poids mort, il roula mollement et avec facilité dans les bras de Drago.

« Tu l'as tué ! Tu as tué Harry Potter ! Je savais que tout ça ne pouvait pas être vrai ! »

Drago regarda par-dessus son épaule et fit une grimace à Susan Bones. Elle et Hannah Abbot, ainsi qu'un autre garçon – Poufsouffle comme le montraient les couleurs de son uniforme – se tenaient près de la porte, leur expression disant qu'il croyaient avoir fait une terrible erreur en venant ici.

« Blaise, occupes-toi d'eux. Ne laisse personne partir. On revient vite.

- Tu as intérêt, » l'avertit Ginny. « Ou Tom ne sera pas content.

- Pourquoi est-ce que Potter à des ailes ? » demanda Tracey Davies, un élève de serpentard. Il était curieux et n'avait pas l'air de vouloir partir. En fait, il s'assit et les observa, amusé. Les jumelles Patil étaient aussi présentes, toutes les deux assises de part et d'autre de de Davies, hochant la tête à sa question pour savoir. Drago avait du mal à croire ce qu'il voyait.

« Oh ! Pas de sexe, Drago ! » s'écria Blaise.

Drago essaya de ne pas gronder après son ami, ni après le sifflement des jumelles. « Je sais ! Je dois juste le rétablir. Il a besoin de sang. »

Avant que Blaise et Ginny ne puissent avancer vers les poufsouffles, Ozemir fit son apparition et claqua des mains devant leurs visages. Les yeux des trois élèves roulèrent vers l'arrière de leur tête et ils tombèrent au sol.

« Comme si on allait vous laisser partir maintenant que vous êtes là ! » s'exclama l'érudit en sautillant, un sourire magnifique sur ses traits.

Ginny était très jalouse de son sourire.

« On leur a dit qu'ils avaient le choix, » dit Ginny à l'Ukatae extrêmement heureux. Ozemir haussa les épaules et retourna dans la salle de bal.

Pendant ce temps, Harry et Drago étaient retourné dans le vestibule, et un second groupe de recrue était arrivée par portoloin, accompagnés par Bill Weasley à la surprise de certains. L'aîné des frères Weasley apportait avec lui 4 serpentards – Pansy, Greg, Vincent et Millicent Bulstrode. Dean Thomas faisait partie du groupe, lui et Bill étant les seuls griffondors du lot, et pour finir Terry Boot de serdaigle.

Drago et Harry en restèrent choqués, dévisageant leurs camarades de classe. Ce n'étaient pas les recrues auxquelles ils s'attendaient. « Excusez-nous une minute. » Drago entraîna Harry vers la salle de bal.

Harry se précipita telle une tornade vers Severus. « Qu'est-ce qui se passe putain ?

- Harry, tu vas surveiller ton langage, » le gronda le sorcier en extrayant un parchemin de sa robe sorcière et en le lui tendant.

Les deux amants étudièrent attentivement les noms écrits dessus. En dehors des recrues qu'ils s'attendaient à voir, la liste incluait des personnes qu'Harry n'imaginait pas vouloir volontairement la marque des ténèbres. Et il y en avait tant.

Drago lut la liste à voix haute juste pour s'assurer que ses yeux ne lui jouaient pas de tour, pendant que Lucius et Amortia se penchaient par-dessus son épaule pour jeter un coup d'œil au parchemin. « Neville Londubas, Dean Thomas, Fred Weasley, Ginny Weasley, Charlie Weasley, Bill Weasley, Angelina Johnson, Lee Jordan, Alicia Spinnet, Pansy Parkinson, Greg Goyle, Vincent Crabbe, Blaise Zabini, Terry Boot, Padma Patil, Parvati Patil, Susan Bones, Hannah Abbot, Owen Cauldwell (c'était qui ce type ?), Michael Corner, Su Li, Morag McDougal, Millicent Bulstrode, et Théodore Nott… Ça ne peut pas être vrai.

- Ajoutes mon nom ! » s'écria Molly avec détermination.

« Quoi ? Molly ! » Arthur dévisagea sa femme avec surprise.

« Le seigneur des ténèbres marque mes enfants. Alors ce sera avec moi ! » Dit Molly avec un signe de tête décidé. La bouche de Tom était grande ouverte, et c'était compréhensible.

« Nous aussi, » lança Frank Londubas qui fut appuyé par sa femme. « On soutient notre garçon. Il est hors de question qu'on passe un seul autre instant loin de lui. »

Tom se redressa et se félicita de montrer une maîtrise de ses émotions parfaites. Il fit en sorte de paraître ennuyé. « Mme Weasley. Je veux échanger quelques mots avec vous.

- Bien entendu, mon cher. »

Tom se tendit sous le ton maternel et affectueux, mais passa outre. Il préférait l'entendre parler sur ce ton-là. Elle le retrouva loin des autres dans une des alcôves de la pièce. « Mme Weasley. Je ne m'attendais pas à ce que vous acceptiez la marque. Ce n'est pas nécessaire. »

Molly prit son temps pour lui répondre et l'étudia attentivement. « Tu n'es pas habitué à ce que les gens te joignent de leur plein gré, hein mon cœur ? Non, tu n'en as pas l'habitude. Mais je suis déterminée à gagner ton respect et ma place dans cette organisation comme tous les autres.

- Je peux vous l'assurer, Mme Weasley. Vous avez eu mon respect la nuit où Harry a eu son Héritage. » Se souvenant du fameux discours, il fit une grimace.

« Dans ce cas, je veux mériter ma place. » Elle attrapa son bras avec force. « Je crois en toi et en ce que tu veux apporter à notre monde. Veux-tu bien de moi ?

- Mme Weasley… » gémit-il, « Je ne veux pas vous faire du mal. La marque des ténèbres est sensée être douloureuse. Je ne suis pas certain que vous puissiez la supporter. »

Molly eut l'air proprement insultée. « Je peux la supporter ! » dit-elle d'un ton cassant. « Essaies d'avoir sept enfants et tu pourras me reparler de comment supporter la douleur. »

Tom soupira et passa une main dans ses cheveux, frustré. « Je n'aime vraiment pas les griffondors. »

Molly sourit. « C'est parce qu'on fait ressortir le meilleur en toi, mon cher. »

Drago et Harry regardaient toujours la liste, ayant du mal à croire aux noms présents. « Qui l'a écrit, Oncle Sev ? » demanda Harry. « Ce n'est pas ton écriture.

- Plus important encore, qu'est-ce qui te fais croire qu'on peut faire confiance en ces gens ? » fut la question de Drago.

« Mademoiselle Lovegood m'a transmis la liste en revenant à l'école. Elle m'a assuré que les noms écrits sur cette liste étaient des personnes qui comprendraient et voudraient nous rejoindre. Et elles seraient totalement loyales.

- Et tu la crois ? Severus…

- J'ai tendance à vouloir croire ce qu'elle dit ces derniers temps, Drago. Est-ce que tu penses qu'elle mettrait tout ça, et nous tous, en danger ?

- Non, elle ne le ferait pas, » intervint Harry. « Mais comment as-tu réussi à tous les informer ? Comment as-tu réussi à les persuader de prendre la Marque ? »

Drago grogna, « S'il te plaît. Dis-moi qu'ils savent qu'ils vont recevoir la marque. S'il te plaît, s'il te plaît rassures moi… Je ne veux pas devoir gérer des poufsouffles, serdaigles et griffondors terrifiés…

- Ils savent. C'est forcément la raison de leur présence ici.

- J'aimerais savoir comment ces personnes ont été désignées, » demanda sombrement Tom en revenant vers eux.

« Mademoiselle Lovegood s'en est chargé. Apparemment, elle travaille sur la liste depuis un moment. On dirait qu'elle est aussi organisée et méthodique de toi, Hermione. C'est presque comme si elle voulait te voir au top plus qu'un autre, Tom. »

Il y avait un air moqueur sous-entendu dans le ton léger de Severus, qui fit se renfrogner Tom sans raison apparente.

« Où est-elle ? »

Severus haussa les épaules et Tom s'assombrit encore plus.

« Bonjour, bonjour !

- On est là ! Que la fête commence ! » les jumeaux Weasley lancèrent à tue-tête en entrant dans la pièce, entraînant dans leur sillage Lee, Angelina et Alicia.

Tom se laissa tomber dans son siège. Qu'est-ce qu'il se passait ici ? Il n'y avait jamais eu d'agitation comme ça en sa présence pour une cérémonie. Ça ressemblait presque à une fête… Comment est-ce que c'était possible ? Ce n'était pas censé se passer comme ça. Il était le seigneur des ténèbres. On était censé avoir peur de lui, et pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'être touché de tout le soutien qu'il recevait. Et… Avoir presque toute la famille Weasley lui prêtant allégeance, ainsi que les Londubas… Qui ne pouvait pas être fier de soi ? Et c'était Luna qui avait réussi un tel exploit ? Encore une fois, il se demanda où elle se trouvait. Il n'avait pas pu répondre à sa demande d'obtenir la marque. Est-ce qu'elle se sentait insultée ? Était-ce pour cela qu'elle n'était pas là ? Cette pensée irrationnelle l'énerva.

« Fred, George. » lança-t-il, décidant que les réponses à ses questions sur Luna devraient attendre, encore une fois. Les jumeaux se dépêchèrent d'aller jusqu'à l'estrade et firent une révérence exagérée à ses pieds, un sourire moqueur aux lèvres. Tom avait l'envie soudaine de frapper leurs têtes l'une contre l'autre. « Pas de farces tant que vous êtes ici. Est-ce compris ? »

Les jumeaux levèrent leurs yeux et firent une moue. « Comment peux-tu nous demander une telle chose ? » demanda Fred.

« C'est comme nous demander d'arrêter de respirer. »

Tom se pencha en avant. « Je ne me répéterai pas. »

Quand les jumeaux hochèrent finalement la tête en marmonnant, « Oui, mon seigneur, » Tom les renvoya vers le vestibule pour rester avec le reste des recrus. Il envoya les Londubas, Molly et Arthur, qui avait décidé qu'il aurait aussi intérêt à se faire Marquer, dans la pièce eux aussi.

Harry était sur le point d'avoir une crise cardiaque quand Remus se présenta avec Tonks. Elle lui fit un geste de la main enthousiaste en avançant vers eux. Hermione se précipita et lui fit un câlin, avant qu'elles ne se mettent toutes les deux à chuchoter et glousser comme des écolières, jetant des regards à un Severus indifférent et un Remus rougissant.

« Attends ! Tonks est de notre côté ? Mais elle n'est pas sur la liste, » dit Harry, se sentant perdu en voyant toutes les personnes venant pour recevoir la Marque et prêter allégeance à leur cause. Vraiment, en quoi se transformait le monde ? Il avait presque peur de voir qui seraient les prochains à se pointer. McGonagall? Hagrid ? Cette idée le fit ricaner derrière sa main et Drago le regarda bizarrement. Il haussa des épaules et continua à rire en silence.

Sirius et Remus éloignèrent Hermione et Tonks et Sirius guida l'auror et le loup-garou dans le vestibule. L'Animagus ne revint pas et Lucius fixa la porte qu'il avait franchie avec suspicion en répondant à la question d'Harry. « Elle a pris du Véritaserum avant de venir. Elle n'espionne pas pour le compte de Dumbledore.

- J'imagine que c'est une bonne chose que tout se passe aussi vite. Ça ne laisse pas le temps à Dumbledore de découvrir nos plans et de retourner la situation à son avantage, » mentionna Harry en regardant les Lestrange et Dudley entrer dans la salle de bal.

Rodolphus fronça les sourcils et dit ce qu'il avait en tête à voix haute, « Pourquoi on est là ? Ils ont déjà assez de témoins.

- Frérot, c'est pour montrer notre soutien. Au moins, nous n'avons pas à nous inquiéter de souffrir cette fois-ci.

- Tu es sûr de ça ? » Rodolphus leva les yeux au ciel quand son frère ne l'écouta plus. Il avait vu son coup de foudre et se dirigeait vers elle.

La tête de Sirius apparut, « Tous attendent là où ils doivent l'être.

- Amènes-les et alignes-les face à moi, » annonça Tom en se levant.

« Un instant, » dit rapidement Lucius quand son mari retournait dans la salle. « Tu me dois quelque chose, tu as oublié ? »

Un éclair de peur traversa le regard de Sirius avant qu'il n'affiche un sourire penaud. Il avait espéré que Lucius oublie ou au moins qu'il lui ait pardonné son arrivée tardive. Mais apparemment non. Carrant ses épaules, il acquiesça et approcha de Lucius qui avait sorti sa baguette. Il avait donné sa parole. Et il y ferait face comme un sorcier de la noble et ancienne maison des Black.

Harry donna un coup bref à Drago pour attirer l'attention du blond sur son père et Sirius. Le brouhaha se calma et tous observèrent ce qui allait se passer. Sirius et Lucius se tenaient tous les deux face-à-face, immobiles. Lucius avait un sourire mesquin et Sirius l'air résigné. Il avait l'air aussi légèrement tendu.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » Dudley demanda à son cousin.

« Sais pas. »

Lucius leva sa baguette et Sirius ferma ses yeux, sachant que Lucius allait le faire souffrir, peu importe la façon dont il allait s'y prendre. Sinon, ça n'aurait pas de sens de lui jeter des sorts.

Mais Lucius se mit à hésiter et baissa sa baguette, secouant sa tête. « Ce n'est pas drôle quand tu sais à quoi t'attendre. »

Sirius ouvrit un œil. « Un répit ? Merci Merlin ! » Il s'élança vers le blond pour l'embrasser et se tourna pour rejoindre le reste du cercle avant que Lucius ne change d'avis. Toutefois, une fois son dos tourné, la moue de Lucius se transforma en un sourire vicieux et il releva sa baguette.

« Velliatus. »

Plusieurs personnes grimacèrent de sympathie en voyant Sirius s'effondrer, tombant en avant la tête la première avant de finir sur le dos, s'étouffant sous les élancements de douleur de l'attaque surprise.

Et pendant que tout le monde était distrait par Sirius qui se roulait par terre, pris de spasmes incontrôlables, Rabastan profita de cet instant pour se glisser à côté d'Amortia et d'engager la conversation. D'habitude, il savait ce qu'il faisait, mais comme la guérisseuse n'était en rien comme les autres femmes qu'il avait connues, c'était une première pour lui. Et il aimait plutôt ça, d'essayer de faire son chemin à travers les barrières d'Amortia.

« Amortia. » Il prit sa main pour lui faire un baiser, et elle le regarda sans aucune expression, un sourire professionnel sur les lèvres. « Je suis enchanté de pouvoir te revoir. » Il se déplaça jusqu'à ce qu'ils se frôlent presque, et qu'il puisse sentir la chaleur qui se dégageait d'elle.

Enfin, elle le regarda avec stupeur et repris sa main. « Qu'est-ce que tu veux, Rabastan ?

- Pourquoi est-ce que j'aurais besoin de quelque chose ? » Avant qu'elle ne lui réponde, elle sortit une rose blanche de derrière son dos et la lui tendit.

Elle prit la rose et lui sourit. « Merci. » Son sourire était sincère mais il lui manquait ce quelque chose que Rabastan voulait. La compréhension sur ses agissements. A Sa plus grande frustration, Rabastan comprit qu'elle n'avait toujours aucune idée qu'il flirtait avec elle. Elle n'avait évidemment aucune expérience dans ce domaine, comme si elle n'avait jamais reçu d'avances dans le passé. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond, vraiment il se le demandait. C'était une femme magnifique, intelligente et de pouvoir. Il était étonné qu'elle n'ait pas déjà une bague de mariage à son doigt.

Amortia se détourna de lui pour regarder Lucius, « Je vois bien que ce sort n'a pas de répercussion permanente mais tu dois arrêter avant qu'il ne se brise un os.

- Oui, s'il te plaît ! » Hoqueta Sirius avant de gémir en se mordant la langue. Rabastan s'éloigna et alla voir son frère, voulant soigner sa fierté froissée. Mince, ça allait être plus compliqué que ce qu'il ne croyait.

Lucius leva le sort et alla aider son mari à se redresser. Ce dernier gronda et trembla en se relevant avec lenteur.

« Il était costaud celui-là. » Il sourit face à la grimace de Lucius. « Tu te sens bien maintenant ?

- Mieux.

- Bien ! » Il ravit la bouche du blond dans un baiser puissant et fut agréablement surpris quand il ne le repoussa pas. En fait, Lucius lui répondit sans se soucier des autres. L'Animagus en était tellement surpris qu'il se figea jusqu'à ce que Lucius se colle à lui.

« Sirius, les recrues ! » claqua la voix de Tom.

… … ...

Le plaisir du seigneur des ténèbres était évident pour ceux qui se tenaient à ses côtés quand les trente-trois sorciers et sorcières volontaires entrèrent dans la pièce et se placèrent à ses pieds pour recevoir la marque des ténèbres. La plupart des élèves étaient sorti du vestibule avec un air purement terrifié, car ne sachant pas à quoi s'attendre du mage noir. Mais à l'instant où ils posèrent leurs yeux sur lui, leur peur se transforma immédiatement en choc en voyant que c'était leur camarade de classe Luther Bailey le fameux Voldemort. Et pour certains d'entre, cela fit totalement sens.

Alors que Tom se redressait pour appeler le premier nom, les portes s'ouvrirent et Luna se faufila parmi ses camarades, souriant brillamment à ceux qui tournèrent la tête pour voir qui avait osé arriver en retard à ce rassemblement. La plupart des élèves la regardèrent de haut. Elle était toujours considérée comme frivole et inutile. Ils furent donc surpris de la voir faire un signe de main à ceux qui se tenaient sur l'estrade, et encore plus quand les sept lui retournèrent son salut d'une façon ou d'une autre avec respect.

Luna monta les marches pour se tenir devant Tom et baissa la manche de sa robe violette pour dénuder son épaule. Ça faisait longtemps que Tom n'avait pas autant été en colère. Mais sa colère n'était pas dirigée contre Luna, non. Il était plutôt énervé de la situation. Comment, si elle était vraiment une déesse, pouvait-il la marquer comme sienne ? Est-ce qu'il ne se ferait pas foudroyer pour ça ? Ou sans doute quelque chose du genre s'il abîmait sa peau magnifique et presque brillante. En essayant de lutter contre son hésitation, Tom remarqua quelques taches de rousseur sur son épaule et les trouva charmants… Attendez un peu. Quoi ?

L'indécision qu'il ressentait commençait à l'agacer sévèrement. C'était un point faible. Mais au moins, sa tourmente interne ne s'afficha pas sur ses traits. Tom regarda ses frères et sa sœur du coin des yeux. Drago haussait un sourcil et il pouvait presque entendre le blond lui demander pourquoi il hésitait. Finalement, Tom hocha la tête à l'intention de Lucius.

« Luna Lovegood. Jures-tu fidélité au Seigneur des Ténèbres ? » demanda Lucius d'une voix claire qui porta dans toute la salle pour chacun puisse entendre.

« Hum humm, » répondit-elle en gloussant. Elle leva une main à sa bouche jusqu'à ce que son rire se calme, et le regarda droit dans les yeux. Les siens étaient brillants et clairs. Et son sourire timide et charmant. « Je vous serai dévouée à jamais, Lord Voldemort. »

Les yeux de Tom s'étrécirent. Il était absolument certain qu'elle avait terminé sa phrase d'un silencieux vilain ! Ses frères étaient les seuls à s'apercevoir à quel point il était perturbé par tout ça, mais seulement parce qu'ils ne le connaissaient que trop bien.

Drago jeta un coup d'œil à Harry. Ce n'était pas ce qu'elle devait dire. Et elle devait s'agenouiller avant de répondre.

Depuis quand Luna agit de façon normale ? Regarde à quel point Tom est agité. C'est génial ! Ça va directement sur ma liste.

Tom finit par apposer la pointe de sa baguette contre son épaule avec légèreté. Il ne la ferait pas s'agenouiller. Ces préférés resteraient debout en recevant sa marque. Il ne savait pas pourquoi il pensait automatiquement à elle comme l'un de ses favoris, et ses pouvoirs étranges n'avait rien à voir avec son déroutement.

Les six autres comprirent les implications de laisser Luna debout sur l'estrade, et Hermione partagea un sourire complice avec Severus.

Tom regarda le visage de Luna, droit dans ses yeux grands ouverts. Ils étaient plus perlés que gris en cet instant. Il chercha un quelconque signe de doute, mais il n'y en avait aucun. Elle le regardait en retour, parfaitement sûre d'elle, toute en innocence, et avec un sourire timide. Il aurait voulu diminuer la douleur que ça allait lui causer. Mais faire cela serait vu comme un signe de faiblesse, selon lui.

Il finit par écraser ses doutes. « Morsmordre. »

Une chose très étrange se passa. La marque des ténèbres se forma sur son épaule mais pourtant elle resta totalement immobile. Son sourire n'avait pas quitté sa bouche et n'avait pas cligné des yeux. Aucun signe de souffrance. Soit elle était très, très douée pour cacher sa douleur, soit elle n'en avait senti aucune. Et il espérait sincèrement que ce soit la seconde.

Personne ne loupa que Luna était restée immobile pendant tout le temps que ça dura, et quand elle descendit les marches, les yeux restèrent sur elle jusqu'à ce que Tom appelle une autre personne.

« Neville Londubas. »

De toutes les recrues présentes, ce fut Luna, Neville, Fred, George, Ginny, Pansy, Blaise, Remus, Sirius, et Molly qu'il empêcha de s'agenouiller à ses pieds. Molly et Sirius étaient les deux derniers à se faire Marquer, Molly passant avant l'Animagus. Quand la mère de famille se tint devant le mage noir, elle baissa la tête et commença à s'agenouiller immédiatement, pour se faire arrêter par Tom qui la redressa par le coude.

« Tu ne t'abaisseras pas devant moi. »

Cela fit rougir la matriarche Weasley. Elle se raidit quand il leva sa baguette après que Lucius ait prononcé sa question sur sa loyauté envers le seigneur des ténèbres. Elle remarqua la légère hésitation de Tom. Et, au lieu de prononcer la réponse attendue, elle s'avança jusqu'à ce que sa baguette s'enfonce dans sa peau. Ses yeux s'étrécirent, comme elle le faisait avec ses enfants indisciplinés, ce qui incita Tom à se dépêcher.

Lucius était très proche d'elle, bloquant la vue pour quiconque trop curieux, ce qui lui permit de saisir la main de la mère de famille. Son geste sembla l'aider à mieux supporter la douleur. Les yeux de la femme se remplirent de larmes et un petit gémissement lui échappa, mais en dehors de ça, elle accepta relativement bien la marque.

Sirius était le dernier et il fit un sourire canaille à son mari en s'avançant pour se tenir à sa gauche. Il prit les choses en main, et resta droit. Lucius n'avait pas l'air content de voir son mari se préparer à recevoir la marque sans rien lui avoir dit au préalable.

« Luce, c'est la chose à faire, » chuchota Sirius avant de jurer dans sa barbe quand Tom lança le sort sans avertissement.

Tom eut un sourire mesquin, savourant les émotions traversant le visage de l'Animagus. Encore une fois, il était satisfait de voir Sirius se tenir droit et d'accepter la douleur sans flancher ni faire un bruit.

Quand tout le monde fut marqué, Tom s'assit gracieusement dans son siège et analysa chaque visage avant de s'adresser à tout le monde. « Élèves de Poudlard. Vous comprenez sans doute que ce qui vient de se passer doit rester secret et que personne ne doit connaître ma véritable identité. Et ce, jusqu'à ce que j'en décide autrement. Est-ce clair ?

- Oui, mon Seigneur.

- Si vous veniez à mentionner ce rassemblent à quelqu'un n'ayant pas la Marque, vous ferez face aux conséquences.

- Oui, mon Seigneur. »

Tom hocha la tête, se leva et quitta rapidement la salle.

Harry sourit, se sentant plus excité qu'il ne le pensait de voir autant de nouveaux partisans. Il sauta de l'estrade, sa robe verte foncé s'envolant autour de sa silhouette, et marcha le long de la ligne de gens toujours en place. « Vous pouvez constater que j'ai des ailes. Cela aussi restera un secret. La plupart d'entre vous étiez déjà au courant que Drago et moi n'étions plus des sorciers, mais des créatures magiques d'une race très ancienne. Vous n'êtes en aucun cas autorisés à en parler à d'autres que ceux présents dans cette salle. »

Tous hochèrent la tête et il était clair par les regards nerveux qu'ils reçu de certains de ses camarades qu'ils ne savaient plus comment se comporter avec lui. Lui-même n'était pas certain de savoir comment il voulait qu'ils agissent envers lui, il chercha de l'aide auprès de Drago. Le blond avait beaucoup plus d'expérience pour être un enfoiré de je-sais-tout.

« Vous allez tous rentrer chez vous ou à l'école. Quand nous voudrons que quelque chose soit réalisé ou besoin de votre aide, nous vous le ferons savoir. Et vous serez appelés, » leur assura Drago en descendant les quelques marches. « Vous devriez déjà savoir ce qu'on attend de vous et pourquoi vous êtes ici. Je n'ai pas envie de me justifier plus, ni Tom, clairement, alors si vous avez des questions qui doivent absolument avoir une réponse, dirigez-vous vers Hermione ou Harry, parce que je vais juste vous renvoyer chier et mon frère vous lancera très certainement un sort.

- Drago... » grogna son compagnon d'exaspération.

« Quoi ? » Drago s'avança jusqu'à ce que son torse touche celui du brun et se pencha légèrement pour embrasser amoureusement le nez d'Harry. « C'est mon anniversaire, j'ai le droit de dire ce que je veux. »

Harry sourit. Il ne pouvait s'en empêcher. « Ton anniversaire n'est pas avant demain, mon amour.

- Je m'en fiche, » répliqua-t-il. « Je veux mon cadeau. Tout de suite. » L'éclat dans les yeux de Drago indiqua à Harry et ceux qui les observaient, c'est-à-dire tout le monde, que le cadeau auquel il faisait référence avait tout d'intime. Cela fit ricaner George, Fred et Lee, et les adultes les regarder avec amusement.

Severus s'avança pour attirer l'attention. « Que ceux d'entre vous qui non pas eu la permission de rester en ces murs pour la nuit retournent dans le vestibule où vous serez directement renvoyés à l'école. Et au nom de Merlin, gardez vos marques cachées. » Il caressa tendrement la joue d'Hermione en la dépassant pour entraîner les élèves ailleurs. Hermione faillit lui siffler dessus. Ils étaient toujours observés.

Alors que les élèves suivaient leur professeur et que les adultes partaient ensemble pour parler, Drago étudia la salle et aperçut l'air heureux d'Ozemir qui observait son compagnon se tenant à l'autre bout de la pièce. Brumek se tenait droit, essayant d'ignorer tout le monde. Drago retira un petit livre rouge réduit de sa poche et l'agrandit en s'avançant vers le soldat.

« Qu'est-ce donc ? » demanda Brumek quand Drago lui tendit le livre. Il n'y avait aucun texte pour lui signaler ce dont il s'agissait.

« Ouvres-le. »

Brumek regarda Drago quelques secondes avant d'ouvrir le livre et de parcourir les pages. Ses yeux s'agrandirent page après page, jusqu'à ce qu'il ferme le livre dans un claquement et respire profondément.

Drago rit sombrement, ravi. Voir Brumek perturbé était quelque chose qu'il souhaitait voir souvent. Ça n'avait pas de prix. « Il est clair que tu n'as jamais eu de relations sexuelles avec un homme auparavant. Ozemir était peut-être intéressé par les hommes, mais il est vierge, alors je doute qu'il sache quoi faire quand ça arrivera. Et je suis sûr que tu trouveras ça mignon… Brumek, tu ne voudrais pas foutre en l'air sa première fois, n'est-ce pas ?

- Choix de mots intéressant, » répondit Brumek à voix basse. Il n'arrivait pas à regarder le jeune dans les yeux, il continua donc de fixer la couverture rouge.

Quand Drago avait pensé la première fois à le lui transmettre, il avait cru qu'il devrait convaincre le guerrier de prendre le livre, mais Brumek le gardait fermement en main, à son plus grand étonnement, et avait fait un signe de tête courtois à Drago.

« Tu devrais essayer la page 26. C'est…

- Arrêtes-toi là. Je n'ai pas besoin d'avoir des images de toi et de ton compagnon en train de faire ce que ce livre détailles. Hirsha, vous êtes des enfants ! » En secouant sa tête, Brumek quitta rapidement la salle de bal. Quand Drago se retourna, il vit Ozemir sourire comme un imbécile dans le dos de Brumek et le blond se demanda s'il n'avait pas entendu toute leur conversation.

… … ...

Après la cérémonie 'informelle' des Marques, Brumek et Falde s'isolèrent dans un bureau, parcourant les cartes des territoires que leurs forces contrôlaient pour le moment. Brumek était assis, les coudes posés sur la table, fixant sans la voir vraiment la carte détaillée, tandis que Falde était debout et pointait certaines parties spécifiques dont ils devaient parler. Il était clair que Brumek ne prêtait aucune attention à ce que son Commandant disait. En fait, la seule chose qu'il pouvait ressentir était le poids du livre dans la poche arrière de son pantalon, sentant la couverture appuyer contre sa peau et imaginant Ozemir se contorsionnant dans diverses positions.

« Est-ce que je t'ennuie ?

- Mes excuses. »

Falde observa Brumek un bon moment avant de soupirer avec force. « Je comprends le stress que tu peux ressentir, mais on doit en finir avec ça. »

Brumek fronça les sourcils. « Je me suis excusé. Ça va. On peut continuer. » C'était un mensonge. Il n'était pas en état de continuer, ni de se concentrer. Il avait l'impression de tourner en rond depuis des heures, comme désorienté, et totalement confus, maudissant Ozemir pour provoquer cet état. Il ne comprenait pas pourquoi Ozemir l'avait embrassé… L'érudit têtu était censé être en colère contre lui.

« C'est l'appel du compagnon, petit ? Est-ce que tu souffres ? » lui demanda Falde avec plus d'inquiétude que ce que Brumek ne voulait entendre. Ça ne faisait que l'agacer encore plus.

« J'ai dit que j'allais bien, Commandant ! » aboya-t-il avant de fermer ses yeux sous la force de la douleur s'emparant de son crâne, qui l'avait saisi toute la journée, et qui revenait comme pour se venger. « C'est juste… Il est tellement étrange ! Je ne le comprends pas... » Le jeune guerrier s'affala dans son siège et marmonna, « Je ne sais pas pourquoi je te parle de ça. »

Falde ricana. « Ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'on parlait de sujets personnels. Je te connais depuis que tu es un bambin, Brumek. Tu es l'un de mes meilleurs soldats, mais tu sais aussi que je te considère comme mon ami et confident. J'ose croire qu'on se connaît assez bien pour pouvoir parler de tels sujets.

- Oui, mais ça concerne Ozemir. C'est différent.

- Comment ça ?

- Que représente Ozemir pour toi ? » finit par lui demander Brumek.

Falde eut l'air remué par la question. « Hummm... »

Brumek lui jeta un coup d'œil. Il avait pris Falde par surprise et il était clair que son aîné ne savait pas comment lui répondre, ni ne savait ce qu'il voulait savoir avec cette question. « Tu étais présent la première fois que j'ai rencontré Ozemir à la Citadelle, » précisa-t-il. « C'était encore un enfant, et moi, j'étais à peine un adulte. Vous vous comportiez tous les deux comme si vous vous connaissiez très bien… Alors qu'est-il pour toi ? »

Falde hocha la tête en comprenant enfin là où il voulait en venir, et sourit doucement. « Ozemir est le fils du fils de ma tante maternelle. Je pensais que tu le savais.

- Il est le fils de ton cousin ? » Brumek le dévisagea. Ce n'était définitivement pas la réponse à laquelle il s'attendait. « Comment est-ce que j'aurais pu le savoir ? » dit-il d'un ton cassant quand Falde le regarda avec un air moqueur. « Ce n'est pas comme si Ozemir et moi avions eu des conversations à rallonge. Il a toujours aimé m'embêter, et une fois qu'il arrivait à me faire sortir de mes gonds, il me laissait tranquille. »

Falde ricana. « C'est vrai.

- … Et maintenant, à la minute où je me rends compte que je veux mieux le connaître, lui parler, il décide qu'il est temps pour lui de se tenir à l'écart et me fuit ! » finit par dire Brumek en frappant la table de sa main, la faisant craquer sous le coup.

Falde rigola en enroula les cartes étalées. Il n'y avait plus de raison de vouloir continuer à travailler. Plus maintenant que Brumek était lancé sur le sujet. Et il devinait que Brumek avait besoin de parler à quelqu'un. « La dernière fois que je t'ai entendu te plaindre comme ça, tu étais un enfant. »

Brumek frotta son visage fatigué d'une main. « Je veux mon compagnon, Falde. Je veux Ozemir. Je… Hirsha, Falde ! J'ai besoin de lui ! »

Falde interrompit ses gestes et fit face à son ami avec sympathie. Il n'avait pas d'âme sœur mais il avait vécu assez longtemps pour comprendre le chamboulement que cela pouvait provoquer chez quelqu'un. C'était pire encore quand l'amour s'en mêlait avant que le lien ne se manifeste. « Laisses lui du temps. Ozemir… Il a besoin de comprendre qu'il n'était pas responsable de ses actions passées contre le royaume avant de pouvoir s'autoriser à être heureux avec toi. Il doit faire la paix avec le passé.

- Ce serait un miracle s'il comprend que ce n'était pas sa faute, mais je ne peux lui en vouloir. Pas avec le démon à l'intérieur de lui. Il est tellement têtu… Je ne veux pas l'attendre pour toujours et quand il fera un pas vers moi, ce qu'il fera dans un avenir proche, il ne sera pas entièrement à moi.

- Comment peux-tu savoir qu'il va bientôt venir à toi ? Comment peux-tu en être certain ?

- Je l'ai fait boire mon sang. » Et il eut l'air encore plus défait. « C'est pour cela que, quand il viendra à moi, ce ne sera pas parce qu'il le veut. »

Les yeux de Falde s'agrandirent de stupeur. « Tu l'as obligé… Brumek, espèce d'idiot ! C'est pour ça qu'il se comportait comme son démon quand je l'ai pris à part hier. Il a failli m'arracher la tête et pourtant, il n'avait pas laissé la place à Dagon.

- Je ne savais pas quoi faire d'autre. J'étais désespéré. »

Falde s'assit en face de lui et aucun des deux ne remarqua que la porte s'ouvrait. « Pour être honnête, on fait tous des erreurs, » dit-il pour rassurer le jeune elfe. La culpabilité de Brumek était pleinement affichée sur son visage.

« Les erreurs sont essentielles dans la vie pour pouvoir grandir et apprendre, » intervint Ozemir en fermant derrière lui. Il fit un sourire rayonnant aux deux guerriers qui s'étaient retournés de concert vers lui, surpris.

Brumek le regarda s'avancer en silence et s'asseoir à sa gauche. Ozemir fit immédiatement courir une main le long du bras du guerrier pour éloigner la tension provoquée par l'Appel. Sauf que maintenant, c'était une autre tension qui s'emparait de lui. Il ne savait pas ce qui lui prenait. Ozemir avait tous les droits de lui en vouloir et d'essayer de le tuer, ou de lui faire du mal. Mais au lieu de ça, il se tenait assis à ses côtés, regardant alternativement entre Falde et lui avec son sourire malicieux. Au nom d'Hirsha, qu'est-ce qu'il avait en tête ?

Heureusement, Falde les sortit d'un silence qu'il avait jugé assez long. « Brumek ne savait pas que nous étions cousins. »

Cela surpris Ozemir, mais il adressa vite un sourire brillant à son compagnon, dont la migraine s'atténua en voyant sa joie. « Bien sûr qu'il ne pouvait pas savoir. Il ne prête attention à rien. Hein Brumek ? Tu manques tellement de choses quand tu ne penses qu'à te battre. C'est un miracle que tu aies réussi tes études… Tu as quitté l'Académie en finissant tes études, n'est-ce pas ? » Son ton suggérait qu'il pensait le contraire.

« Pardon ? Erudit insupportable que tu es ! Je ne suis pas un imbécile ! Bien sûr que j'ai fini l'Académie. »

Ozemir se rapprocha avec un sourire taquin. « Tu aurais pu me tromper. »

Ne sachant pas ce qui se passait l'énerva et le frustra, et Brumek bondit de sa chaise pour s'avancer vers la porte. Le rire d'Ozemir remplit le bureau quand la porte claqua après son départ.

« Ce n'est pas drôle, Ozemir, » annonça Falde en fronçant les sourcils. « Jouer avec lui quand il est tourmenté par toi. Je pensais que tu avais plus de compassion. Que tu l'aimais. »

Ozemir lui répondit par un sourire vraiment tordu. « Il l'a mérité. Me forcer à boire son sang... »

Falde étudia l'érudit de longues minutes avant de répondre. « Il t'est arrivé quelque chose. »

Ozemir hocha vigoureusement la tête. « J'ai rêvé de notre Mère et elle m'a principalement dit d'arrêter de me comporter comme un idiot et d'être heureux avec Brumek ! Et ce n'était pas juste un rêve, Falde…

- Alors vas. » Falde lui fit signe de partir. Ozemir pouvait lui parler de la Mère une autre fois. « Je ne suis pas certain de savoir ce que Brumek put encore supporter. Il souffre. »

Ozemir se leva et fit une petite révérence. « Bien, il mérite un peu de souffrance.

- Tu sais très bien qu'il a souffert plus qu'un peu.

- On va aller au temple. Ça ne te dérange pas, Falde ?

- Je veux que vous soyez rentrés avant minuit. Ils s'attendent à ce qu'il se passe quelque chose avec l'Héritage de Drago. »

Ozemir secoua la tête. « Ils ont oublié qu'il n'était plus humain, désormais. Ce ne sera pas pareil qu'avec Harry.

- Alors prends le temps qu'il te faut, mais reviens demain dans la journée. » Ozemir lui fit un geste d'au revoir avant de courir hors du bureau, faisant soupirer Falde de soulagement. « Merci Hirsha. »

… … ...

« Brumek ! »

Le guerrier ignora celui qui lui criait après et continua sa route dans le couloir, ayant l'intention de trouver un deux jeunes elfes pour se défouler un bon coup. Ozemir et la girouette qu'étaient ses émotions pouvaient aller en enfer pour ce qu'il en avait à faire.

Ozemir l'appela une nouvelle fois, cette fois d'une voix chantante, « Oh, Brumek ! » Il rit quand il entendit le guerrier grommeler. Il réussit à le rattraper quand il s'arrêta de marcher, bien qu'il ne se tourne pas vers lui. « Falde a dit que tu devrais m'accompagner au temple, » murmura-t-il ce mensonge au creux de l'oreille de Brumek.

« Vas t'en.

- Non. Tu ne m'as pas entendu ? Tu dois venir avec moi. C'est un ordre.

- Emmène Talyn.

- Brumek, » L'érudit contourna lentement le guerrier tendu jusqu'à lui faire face. « On pourrait croire que tu ne veux pas me voir dans les parages.

- Et ils auraient raison ! »

Ozemir fit un bruit de gorge pensif avant d'envelopper la taille de son compagnon d'un bras et de les faire voyager par les Ombres jusqu'en Inde, espérant qu'ils arrivent avant le coucher du soleil. Une fois à destination, Brumek s'écarta et le regarda avec méfiance, comme s'il allait l'attaquer à tout instant. Mais Ozemir continua de lui sourire et conjura son miroir tout en se demandant quel était cet objet qu'il avait senti sous la tunique de Brumek dans son dos.

Une fois que le temple fut révélé grâce au miroir, Ozemir regarda Brumek. Il se demanda pourquoi ce dernier était autant en colère. N'était-il pourtant pas évident qu'il n'était plus lui-même en colère contre lui ? Sauf qu'Ozemir ne se rendait pas compte que Brumek était complètement aveugle. Brumek ne s'était pas aperçut qu'Ozemir avait accepté d'être son compagnon dans tous les sens du terme. Le guerrier était toujours persuadé qu'il avait été entraîné au temple de Jade pour se faire démolir par l'érudit/assassin. Et il pensait qu'il le méritait, raison pour laquelle il se tenait là en attendant et fronçant les sourcils.

Ils se firent face pendant quelques minutes, chacun pensant à des choses différentes, et Brumek ne comprenait pas pourquoi Ozemir était nerveux tout à coup. Pourquoi un assassin expérimenté semblerait nerveux de se venger sur quelqu'un ? S'il se tenait immobile c'était parce qu'il savait qu'il méritait la raclée qu'il allait recevoir. Mais ça ne voulait pas dire qu'il allait attendre que ça vienne avec un sourire.

« Dépêchons-nous et finissons-en avec ça ! » finit-il par craquer. « Je ne veux pas rester ici toute la journée ! »

Ozemir recula comme s'il avait été frappé et son sourire se brisa en mille morceaux aux pieds de Brumek. « Mai-Mais tu as dit… Je croyais que tu vou-voulais... » L'érudit se tut. Il n'allait pas se comporter comme une fleur délicate juste parce que Brumek avait apparemment menti ! Il savait ce qu'il en était réellement ? Brumek croyait que se lier à lui était pénible. Un devoir qu'il devait accomplir. Oh, tellement typique. Alors qu'il s'était enfin rapproché de lui, le guerrier semblait vouloir le repousser.

Il leva le menton et abandonna le guerrier tirant la tête, descendant la colline menant à son temple à toute vitesse, son sanctuaire. Il s'en fichait si Brumek retournait en Angleterre ou si le temple disparaissait avant qu'il n'ait pu entrer. Brumek pouvait bien faire ce qu'il voulait du moment qu'il lui fichait la paix.

Brumek, de son côté, avait envie de s'arracher les cheveux. Non, pensa-t-il alors qu'un grondement puissant sortit de sa poitrine avec force. Il avait envie de mettre le monde à feu et à sang. Sa colère s'amplifia et il relâcha un cri de frustration. Est-ce qu'il devrait faire face à cette torture éternellement ? Il se le demanda et jura en descendant à son tour la colline, pourchassant Ozemir, avant de se mettre à courir dès qu'il vit les murs du temple s'évaporer.

Ozemir était nulle part en vue quand il entra. Après l'avoir appelé de nombreuses fois sans réponse, il regarda autour de lui, confus. Pourquoi est-ce qu'il était là, déjà ?

« Il a intérêt à me fournir une très bonne raison ! » râla-t-il avant d'avancer vers la salle des trésors d'Ozemir, certain qu'il irait directement dans la salle maudite, comme à chaque fois qu'il venait ici. Et s'il s'y était vraiment rendu, Brumek allait lui donner une sacrée branlée… Les grandes portes menant à la grotte pleine de trésors étaient grands ouverte. Brumek se précipita vers le fond de la salle pour emprunter le chemin menant à l'autre pièce, avec l'intention de tirer Ozemir par les oreilles, mais il s'aperçut bien vite qu'elle était vide. Et elle avait changé.

La malédiction avait été levée, de même que l'épée, et le reflet orange des torches réchauffait l'endroit qui d'habitude était vide et froid… Son renfrognement s'atténua dès qu'il comprit ce qu'il se passait ici et il gronda de sa stupidité. Pour la première fois de sa vie, il voulait ramper sous un rocher pour se cacher de sa lenteur d'esprit honteuse. Il comprenait maintenant pourquoi Ozemir agissait de cette façon et pourquoi il avait entraîné Brumek ici, ce lieu qu'il chérissait le plus après la Citadelle.

Il quitta la salle l'esprit embrumé, à la recherche de son compagnon qui devait être en train râler après lui parce qu'il ne comprenait pas les choses les plus simples. Mais, en chemin vers la chambre, la colère fit place à une anticipation délicieuse, et il entra dans la pièce, heureux de voir son compagnon assis sur l'une des tables basses au centre de la salle, tapotant un ongle dessus comme s'il voulait résoudre un problème d'importance.

« J'espérais que tu serais rentré, » dit Ozemir sans se tourner pour le regarder. « Mais j'aurais dû comprendre que tu ne le ferais pas. Après tout, tu veux en finir avec tout ça, pas vrai ? Comme ça tu ne seras plus embêté avec l'Appel. »

Un grognement silencieux sortit du guerrier en se souvenant de ses dernières paroles. « Ozemir, je croyais que tu m'avais amené ici pour te venger d'avoir bu mon sang par la force. Je ne savais pas que tu voulais sceller le lien. »

Ozemir soupira avant de croiser ses bras sur sa poitrine. « Alors tu es vraiment idiot.

- Cette fois-ci, oui. » Brumek s'avança jusqu'au lit, retirant sa tunique en chemin et cachant le livre que le jeune elfe lui avait donné dans le tissu avant de le jeter dans les draps. Ozemir se leva lentement en le regardant faire et déglutit, contenant difficilement un gémissement de plaisir face au torse nu de son compagnon. Brumek semblait vouloir se mettre à son aise. Il s'était assis sur le bord du lit et retirait ses bottes.

Ozemir leva une main vers son épaule, attrapant une mèche de cheveux de sa queue de cheval sans y prêter attention. Respirer normalement lui était devenu difficile et il devenait... Nerveux. « Est-ce que ça veut dire que tu veux... »

Les yeux du guerrier étaient agrandis sous l'excitation qu'il ressentait, et il cloua Ozemir sur place d'un regard, au milieu de la chambre. « Hirsha, oui ! Maintenant. Tout de suite ! »

Ozemir en aurait ri s'il n'était pas aussi nerveux. Brumek semblait tout droit sorti de la vitrine d'une confiserie. Personne de devait le savoir, mais Ozemir était au courant pour l'addiction secrète de Brumek pour les bonbons. Il était presque autant attiré par les bonbons que par les armes.

Il prit une profonde inspiration qu'il relâcha avant de parler. Aucun entraînement ne l'avait préparé à ça et son absence de connaissances dans le domaine rendit l'instant encore plus terrifiant. « Je ne sais pas quoi faire, » admit-il à voix basse et tremblante. « J-je ne sais pas par quoi commencer. Je n'ai jamais…

- Donc tu ne sais pas tout. » Brumek eut un sourire moqueur face à l'air offusqué d'Ozemir. « Je savais que ta vantardise était creuse.

- Je te ferais savoir que je suis un génie ! Et tu ne sais pas plus que moi ce que tu fais !

- Tu crois ça ? » les yeux de Brumek descendirent le long de la silhouette vêtue d'Ozemir, s'attardant ici et là en chemin. « Je sais ce que je veux et ce que je veux te faire. Tout ce que tu dois faire, c'est de venir ici et de me laisser prendre soin de toi. »

Ozemir secoua la tête et resta figé au centre de la chambre. Brumek leva les yeux au ciel, mais quand il ouvrit à nouveau la bouche, sa voix était tellement douce que l'érudit trembla sous la caresse vocale. « Viens là, Ozemir. Je vais m'occuper de toi. Laisses-moi faire, comme tu l'as toujours souhaité. »

Brumek était ravi de voir que le ton de sa voix parvenait à atténuer un peu la crainte d'Ozemir. L'érudit approcha à petits pas du lit, les yeux rivés sur un point du mur au-dessus de la tête du guerrier. Et quand il se tint devant lui, baissant ses deux orbes pour plonger dans ceux gris, il rencontra une excitation et une inquiétude similaires aux siennes. Mais l'attente et le désir de Brumek surpassa sa peur.

Il attrapa la main tremblante d'Ozemir, caressant sa paume d'un pouce calleux et souriant intérieurement parce que ce simple toucher semblait affecter puissamment Ozemir. La première fois qu'ils s'étaient rencontrés, Brumek avait pensé que l'érudit était trop gentil, mais son avis sur lui avait changé drastiquement depuis. Maintenant, il pouvait voir la vérité. Ozemir n'était rien d'autre que la perfection incarnée, et cela incluait ses excentricités agaçantes.

Brumek tira Ozemir vers le bas jusqu'à ce qu'il chevauche ses jambes. La chaleur que sa peau dégageait le fit grogner et il enfouit sa tête dans le torse de l'érudit. Ses bras raffermirent leur prise autour de la taille de son compagnon au point que celui-ci gémisse son nom.

« Tu es bien là, pas vrai ? » demanda Brumek avec une petite voix, « Parce que tu l'as choisi ? »

Le rire d'Ozemir frôla l'hystérie et Brumek cacha son sourire dans la tunique blanche. « Ou-oui. J'ai fait un rêve où la Mère me libérait et où elle ordonnait à Dagon d'arrêter de me culpabiliser, et où elle me disait... »

Brumek recula sa tête pour regarder droit dans les yeux de son compagnon, sachant qu'Ozemir se mettrait à parler comme un moulin à paroles jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'air dans la chambre. « S'il te plaît, tais-toi, » le supplia-t-il. « Oui était une réponse suffisante. Le reste peut attendre que je te fasse mien. »

Quand ce fut dit, il retira la tunique d'Ozemir et la jeta quelque part sans s'en préoccuper. Il détacha le ruban qui tenait les cheveux d'Ozemir en une queue de cheval et regarda les mèches blanches cascader dans son dos et sur ses épaules. Ça lui rappela la fois où il l'avait vu se tenir sur la tour la plus haute de la Citadelle.

Ozemir attrapa ses épaules et sourit quand il sentit des doigts fourrager dans ses cheveux. Brumek était ému par tant de délicatesse de la part de son âme sœur, et le voir le regarder avec tellement de confiance et d'amour le retourna. Il ne savait pas comment il allait réagir à tout ça, à l'amour d'Ozemir, au fait qu'il le lui dise et le lui montre, mais il n'en fut finalement pas si terrifié que ce qu'il croyait.

Il se contorsionna et allongea Ozemir sur son dos avant de le surplomber. Sa bouche descendit vers lui et Ozemir leva la tête pour le rencontrer à mi-chemin. Brumek commença à l'embrasser comme s'il engageait une bataille contre leur nervosité, voulant les noyer sous la brutalité et la sensualité du baiser, avec un mélange de langues et de dents, y mêlant la passion qui semblait avoir toujours été présente entre eux. Plus tard, il se rendit compte que c'était une erreur. Il aurait dû être plus lent, précautionneux dès le départ, mais malheureusement, il ne semblait pas pouvoir s'empêcher de déchaîner sa fougue. Quelque chose anéantissait son self-control et lui faisait perdre la tête.

Le rythme précipité ne sembla pas déranger Ozemir qui répondit en conséquence, enveloppant de ses bras le dos de Brumek et le tirant vers le bas pour qu'il pèse sur son corps. Foncer tête baissée dans le lien à cette vitesse lui permis de ne pas trop penser, ni de douter de son attirance, ou encore de sa capacité à satisfaire Brumek.

En plus, la pression qu'exerçait son compagnon sur lui était grandiose. Elle lui donnait envie de plus, immédiatement. Il picora les lèvres de Brumek et il gémit de plaisir quand la chair céda et que du sang remplit sa bouche. Cela le fit sourire et il laissa couler le sang jusqu'à son menton quand Brumek s'écarta en grognant. L'érudit manqua d'air en voyant l'éclat sauvage et dangereux danser dans les yeux le regardant.

« Tu m'as fait attendre si longtemps ! »

Les yeux du guerrier se mirent à luire et ses ongles poussèrent. Le lien dictait les actions de Brumek, guidait son instinct. Le lien ne leur permettrait pas d'avoir une première union délicate et en douceur. Elle serait brusque, rapide et animale. En dépit de ça, Ozemir frissonna d'anticipation plutôt que de peur. Il pourrait assimiler et accepter la douleur que provoquerait leur première fois. Il aimerait cette douleur.

Et juste pour s'en assurer, il battit de ses longs cils blancs, ses yeux violets presque noirs de désir, et chuchota, « Peut-être que je devrais te faire attendre encore pl- » il glapit de surprise quand il se retrouva soudainement sur le ventre.

Le souffle chaud de Brumek caressa son oreille quand il le défia. « Essayes, pour voir. »

Ozemir n'eut pas le temps de lui répondre, ni pour quoi que ce soit d'autre, car ses derniers habits disparurent et les mains rugueuses de Brumek étaient partout à la fois, ses ongles le griffant et le marquant comme sien. Il attrapa alors Ozemir par les cheveux et tira pour le faire se mettre à quatre pattes. Il n'avait peut-être pas d'expérience en la matière, mais ça ne semblait plus si important finalement. Brumek avait perdu la raison et semblait savoir exactement quoi faire, et Ozemir fut pris d'un vertige fantastique en laissant son compagnon prendre les rênes pour le reste de la nuit.

… … ...

La matinée se termina et Ozemir soupira quand il se tourna sur le côté, s'enfonçant dans la chaleur qui se dégageait à sa gauche. Ses yeux s'ouvrirent brusquement quand quelque chose de chaud affermit sa prise sur sa taille et il se rappela très vite que ce quelque chose était le bras de Brumek et que cette chaleur était en fait son compagnon endormi paisiblement. C'était d'ailleurs l'expression la plus paisible qu'il avait vu sur le visage du guerrier. Il ne put s'empêcher de faire courir un doigt le long de son visage, effleurant les traits de son nez, de ses lèvres, de ses pommettes hautes et bien dessinées, de ses cicatrices, avec un sentiment d'exaltation à être la seule personne au monde à avoir pu voir Brumek autant en paix.

Brumek marmonna quelque chose dans son sommeil ressemblant bizarrement à « dors, imbécile. » Sa poigne autour du corps d'Ozemir s'atténua et il se tourna sur le ventre. Ozemir en profita pour s'asseoir, n'ayant aucunement l'intention de retourner dans les bras de Morphée. Son corps le faisait souffrir, mais pas avec force. C'était plus la douleur d'avoir été savamment et délicieusement malmené. Et, là tout de suite, il voulait prendre un bain chaud et s'y noyer, laissant le temps à son compagnon de bien dormir.

Il quitta silencieusement le lit et attrapa un peignoir en soie sur le chemin, s'arrêtant quand il arriva au niveau de la tunique sombre de Brumek. Quelque chose de rouge en sortait et avait attiré son attention, et il se pencha pour le saisir, sifflant sous la douleur qu'il ressentit en bas du dos. Il fut surpris de voir que c'était un livre à la couverture rouge sombre et en velours, sans aucune écriture ni aucun titre indiquant de quoi il s'agissait. Cela l'incita à penser que ce devait être un journal intime ou quelque chose du même style. Il était tenté d'y jeter un coup d'œil mais décida du contraire. A l'inverse de Brumek, il ne voulait pas trahir la confiance que son compagnon avait en lui.

Il dévala les étages du temple dans un état second, ne pensant qu'à Brumek et son sourire culte plaqué au visage, et entra dans les sources chaudes. Une fois immergé dans la source chaude naturelle, ses yeux se fermèrent et il soupira de bonheur, la chaleur apaisant ses tensions.

Brumek avait été incapable de s'empêcher de prendre Ozemir avec force. L'érudit le savait, et ne lui en voulait pas de lui avoir fait mal. Malheureusement, il savait que Brumek se sentirait coupable. Ce dernier était bien plus sensible que ce que tout le monde pensait et une fois qu'il se réveillerait, il s'en voudrait. Malgré tout, Ozemir avait beaucoup apprécié leur première union.

Il attrapa un des récipients posés le long du bassin et versa du savon parfumé dans sa main en coupe, avant de le laisser couler dans l'eau qui se mit à faire des bulles et à émettre un parfum léger et non entêtant. En se lavant, Ozemir se remémora l'accouplement. Après avoir été mis sur ses genoux et ses mains, Brumek avait invoqué des miroirs tout autour du lit. Il avait expliqué d'une voix rauque qu'il voulait qu'Ozemir se voit se faire prendre par derrière, qu'il voit la force avec laquelle il serait pris et qu'il ne l'oublie pas.

L'air de Brumek à ce moment-là, quand ils s'étaient enfin unis, serait marqué à jamais dans son esprit au fer rouge. Le plaisir et l'étonnement du guerrier étaient identiques aux siens. Il s'était mordu la lèvre et avait grogné profondément, essayant désespéramment de regagner un semblant de contrôle. Ozemir aurait pu l'y aider mais il n'avait fait qu'avoir un sourire avec satisfaction au reflet de Brumek avant de reculer ses hanches et de resserrer ses muscles autour du sexe palpitant en lui.

Cela fit jurer Brumek avec force avant de s'enfoncer sauvagement en lui, encore et encore. Ozemir en rougit d'embarras, se rappelant les cris passionnés qu'il avait émis… Et il se souvenait très bien s'être évanoui au moins deux fois. Brumek était une vraie bête, quand il ne maîtrisait plus rien. Bien sûr, il le savait déjà, vu qu'il avait vu le guerrier se battre par le passé en de nombreuses occasion. Le guerrier adorait devenir un fou furieux en affrontant ses ennemis…

« Je t'avais dit de te rendormir. »

Sous la surprise, Ozemir failli finir sous l'eau. Comment est-ce qu'il pouvait faire ça ? Personne n'était censé pouvoir l'approcher sans qu'il ne sente leur présence. Il fallait croire qu'il devait se remettre à l'entraînement, lui aussi. En se tournant, il sentit son corps réagir immédiatement à la vue d'un Brumek se tenant près de lui, sans aucun vêtement. Il était… Juste waouh !

« Tu m'as traité d'idiot, » parvint à dire Ozemir. Il se remit à se laver et sourit. « Je ne t'écoute quand tu me traites d'idiot.

- Tu n'écoutes jamais. » Brumek regarda autour de lui et grimaça. L'endroit était aussi dépourvu de goût que la chambre d'Ozemir. Des coussins et des poufs étaient çà et là, et des draps de soie pendaient un peu partout. Il devrait rappeler à l'érudit qu'il y avait des limites à la soie. « Pourquoi as-tu besoin de tous ces coussins ? »

Ozemir ricana en entendant le dégoût dans la voix de Brumek avant de glisser sous l'eau pour se mouiller les cheveux. En refaisant surface, il retint de peu un hurlement pas très digne en voyant le guerrier assis à côté de lui. Encore une fois, comment avait-il fait pour qu'il ne s'en aperçoive pas ?

Sans un mot, le guerrier le tira jusqu'à ce qu'il se retrouve assis devant lui, et Ozemir se raidit, dans tous les sens du terme, se sentant ridicule d'être aussi heureux. Il ne lui fallut pas longtemps pour sentir l'érection de son compagnon dans le creux de ses reins comme ce dernier se penchait sur le côté pour attraper l'une des nombreuses boîtes à savon.

« Arrêtes, » dit Ozemir dès qu'il se rendit compte que Brumek allait lui laver les cheveux. Ce n'était pas parce que Brumek en avait l'intention, mais parce que le savon qu'il allait utiliser n'était pas fait pour ses cheveux. « Tu vas ruiner mes cheveux si tu utilises ce truc. »

Les yeux de Brumek s'étrécirent. « Où est ce foutu shampoing dans ce cas ?

- De l'autre côté du bassin. Tu n'as pas besoin de faire ça, j'en suis parfaitement capable.

- Mais je veux le faire. »

Aucune autre parole ne fut prononcée jusqu'à ce que ses cheveux soient rincés. Brumek promit à Ozemir de ne plus jamais s'en occuper quand l'érudit lui dit que ses cheveux devaient être lavés trois fois. Trois ! Il lui avait dit qu'il ne le ferait plus jamais, mais il avait déjà hâte de recommencer dès qu'il le pourrait. Il y avait ce petit quelque chose de tellement érotique à faire courir ses doigts dans les mèches blanches. Surtout quand elles étaient trempées, un peu ondulées et plaquées contre la peau de porcelaine d'Ozemir… Il brûlait d'envie de le toucher à nouveau, partout. De lui faire l'amour aussi longtemps qu'il en serait capable, jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus bouger d'épuisement. Mais il ne pouvait pas faire ça. Pas après la nuit dernière. Pas après avoir abusé de son compagnon.

Brumek tourna Ozemir pour lui faire face, mais le garda à distance. « Il n'y a pas d'excuses pour ce que je t'ai fait, Ozemir. J'avais juré de prendre soin de toi. » Brumek baissa ses yeux et fixa l'eau. Il ne méritait pas de poser son regard sur son compagnon. « J'ai échoué lamentablement. Et je n'ai même pas le droit d'oser demander ton pardon. Je peux juste dire que je suis sincèrement désolé... »

Ozemir se pencha en avant, posant une main sur l'épaule du soldat. « Personne n'a plus le choix une fois la maîtrise perdue. C'est tout ce qu'il faut en retenir. Il n'y a pas besoin de s'excuser. C'était le lien, Brumek. Tu le sais. »

Brumek siffla de protestation, sa culpabilité cédant la place à l'agacement face à l'hypocrisie et la vérité des mots d'Ozemir. « Je devrais te taper pour tenir un tel discours. Surtout après la sensation de perte et de deuil qui tu m'a fait ressentir concernant notre lien. »

Ozemir fit la moue, sa lèvre inférieure plus proéminente, en faisant bouger ses doigts sous l'eau, en quête de quelque chose. « Je veux que tu me cognes... » Ses doigts atteignirent leur destination et s'enroulèrent autour du désir évident de son compagnon. « Mais pas avec tes mains.

- Ne fais pas ça, » grinça Brumek, bien qu'il ne fasse aucun geste pour éloigner ses doigts délicats de son sexe. En fait, il ne put s'empêcher de faire un mouvement de hanches, et la moue d'Ozemir se transforma en sourire victorieux. « C'est trop tôt. Je ne vais certainement pas te refaire du mal.

- Mais tu me veux clairement. » Brumek fronça ses sourcils comme s'il allait continuer de protester, en dépit des spasmes de son traître de corps, mais Ozemir n'avait pas fini de parler. « Dois-je te rappeler que nous avons la capacité à nous soigner l'un l'autre ? Utilises un peu les neurones qui sont cachés quelque part là-dedans. Utilises ton imagination… Et soignes-moi. »

Brumek eut un sourire en coin et le sortit du bassin, et il ne fallut pas longtemps pour faire trembler et gémir Ozemir sur ces coussins ridicules. Ses mains le touchaient avec douceur et le caressaient avec une lenteur à rendre fou, mémorisant chaque courbe avec une tendresse qui le faisait sombrer de plus en plus vers l'envie. Ozemir était persuadé d'être rouge comme une tomate sous le regard intense d'yeux sombres et voraces.

L'instant d'après, ses lèvres se faisaient soigneusement dévorer. Tout ce que le guerrier faisait été soigné. Cette fois-ci, il prit son temps pour découvrir le corps de son compagnon, et il n'y eut pas un seul endroit qui échappa à son attention. Brumek pris sa tête entre ses mains en revenant à sa bouche pour l'embrasser. Le baiser était tellement tendre et attentionné qu'Ozemir le regarda avec surprise et satisfaction, avant de fermer ses yeux de bonheur… Des yeux qui s'ouvrirent en grand quand il sentit les doigts de Brumek le caresser, à la fois son sexe gorgé de sang et son trou plissé, et il cambra le dos avec un cri de plaisir.

Il ne put retenir ses tremblements, ses nerfs étaient trop crispés et il sentait des choses qu'il n'avait jamais ressenties auparavant. Après tout, il n'avait jamais eu les doigts d'une personne dans son séant, ni autour de son pénis, faisant des vas et viens en même temps qu'il se faisait doigter. Il ferma fortement ses yeux, ne sachant pas s'il arriverait à accepter tout ce qu'il ressentait. Ça semblait presque trop…

« Détends-toi, Ozemir… Ciel, tu es tellement serré. » Ozemir essaya de dire quelque chose, mais les mots lui échappèrent. Et Brumek s'en rendit compte, ce qui le fit rire gentiment et se pencher pour chatouiller sa nuque avec son nez. « Enfin un moyen pour te faire taire. »

Le sifflement d'Ozemir se transforma en cri étranglé quand Brumek traça des chemins de feu du bout de sa langue sur la peau de porcelaine, dévorant le corps de l'érudit comme un festin. Bons Dieux ! Sa bouche était partout ! Et sa langue le léchait, ses dents mordillaient… Ozemir pensa un moment qu'il avait réussi à reprendre une respiration normale, quand Brumek s'éloigna enfin de ses tétons durs. Mais c'était avant qu'il ne sente cette délicieuse bouche s'enrouler autour de son pénis fuyant déjà. Le cri d'Ozemir résonna autour d'eux, et il décida qu'il était temps d'arrêter d'être surpris de tout ce qu'entreprenait son amant. C'était juste que… Il ne s'attendait pas à ce que le guerrier fasse certaines choses aussi rapidement dans leur toute nouvelle relation.

Brumek ajouta un doigt entre ses fesses, regardant attentivement sa réaction, tout en le suçant plus fort intentionnellement, et cela lui fit perdre son souffle et agripper la tête du guerrier brusquement, anéantissant ses pensées et le faisant se concentrer sur l'instant présent. Sa prise fit faire un son à Brumek, un mélange entre le gémissement et le grondement, un son qui le fit vibrer au plus profond de son être. Il était enivré par les bruits de plaisirs, les hoquets de surprise, et les gémissements de désir de son compagnon. C'était comme ça qu'il aurait voulu que se passe la première fois d'Ozemir. Il l'aurait voulu délirant et se tordant de plaisir sous lui. Il se demanda comme il avait pu penser un seul instant qu'il ne se sentirait pas à l'aise avec la façon dont il touchait Ozemir, comment il avait pu avoir des doutes. Mais à l'instant où il avait glissé un doigt dans l'anus de l'érudit, quand il avait pris son sexe en bouche, tout avait disparu. Ça lui avait paru si familier et juste, et en même temps tellement mal. Il avait adoré. Il n'oublierait jamais le goût d'Ozemir et son odeur, et il savait déjà qu'il n'en aurait jamais assez. Et puis, Ozemir avait l'air d'aimer quand il jouait avec ses doigts pour écarter et préparer son corps, parce qu'il en demandait plus. Le guerrier ne se gêna pas pour lui obéir.

La bouche enveloppant avec fermeté le pénis de son amant, Brumek leva les yeux vers son visage, voyant celui-ci avec la tête en arrière et exposant la chair tendre de son cou. Les doigts de Brumek caressèrent un endroit intéressant car Ozemir se raidit et hurla son plaisir. Il se rendit compte qu'il devrait sans doute répéter ce mouvement et trouver à nouveau ce point si sensible, car Ozemir venait à la rencontre de sa main, en réclamant encore plus. Et quand Brumek sentit les muscles internes de l'érudit se resserrer autour de ses doigts, il continua sa gâterie, entortillant sa langue autour de la colonne de chair, et le regarda, savourant chaque seconde et bruit alors qu'Ozemir jouissait avec force dans sa bouche.

Ozemir jouit bruyamment, répandant sa semence sur la langue et dans le fond de la gorge de son amant, qui avala la moindre goutte sans se plaindre, ni signe de dégoût. Une telle vue le fit bander à nouveau et avec une rapidité qui le surprit. Il avait cru que Brumek n'aimerait pas ça, mais finalement, c'était l'inverse. Le guerrier n'avait pas la patience d'attendre et de remettre le couvert.

Brumek remonta vers son amant avec un sourire satisfait, et avant que l'érudit ne puisse retrouver son souffle ou ses sens, il lui releva les hanches et s'enfonça profondément en lui. Un hoquet de surprise lui échappa quand son sexe fut enfoui dans cette chaleur et cette moiteur auxquelles il ne s'attendait pas. Il ne voulait jamais oublier cette sensation, ne voulait jamais oublier cet instant d'allégresse qui l'assaillait. Pourquoi était-il resté loin de l'érudit pendant tout ce temps avant que leur lien ne se forme ? S'il avait su quelles merveilles Ozemir lui offrirait, la paix qu'il apporterait à son corps et son esprit, Brumek aurait fait le premier pas bien avant et ne l'aurait pas tenu à l'écart dès leur première rencontre. Il l'aurait revendiqué à la Citadelle, sans se soucier qu'ils n'étaient pas encore considérés comme des âmes sœurs.

« Brumek ? »

Le chuchotement inquiet d'Ozemir le ramena au présent et il vit son compagnon le regarder avec incertitude. Il était toujours profondément enfoui en lui et avait arrêté de bouger. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Il voulait savourer chaque sensation et émotion que leur union lui procurait.

« Quelque chose ne va pas ? J'ai fait quelque chose qui t'a déplu ? Si tu ne veux pas- »

Brumek aboya de rire avant de lui sourire doucement. « Ozemir, » murmura-t-il avec tendresse. Il se retira lentement de son corps, ravi d'entendre Ozemir geindre d'inconfort. Puis il vit ses yeux qui s'étaient emplis en une résignation triste et il se rendit compte que la colère qui le saisit ajoutait à son désir. C'était une très bonne chose. Il savait qu'Ozemir pouvait l'énerver n'importe quand et dans les pires situations.

Brumek pénétra le corps sans méfiance d'Ozemir et siffla. « Est-ce que je ne te dis pas à chaque fois que tu me pousses à bout ? Arrêtes de trop réfléchir ! » Brumek agrippa avec force les hanches de son amant, ignorant les tremblements de ses bras, et le souleva juste ce qu'il fallait pour que ses lents coups puissants atteignent des profondeurs insoupçonnées, transformant le rire de soulagement d'Ozemir en des gémissements sans fin pour ses efforts.

Le guerrier tremblait plus que jamais en continuant ses coups de rein, et il se pencha pour capturer la bouche d'Ozemir en un baiser les consumant tous les deux. La langue de l'érudit rejoignit la sienne dans une danse sensuelle et il sentit ses bras dans son dos, ne le lâchant plus.

« Tu es tellement beau, » chuchota Brumek contre les lèvres rouges et gonflées qui lui appartenaient désormais. « Tout- Je ressens tout quand je suis avec toi. »

Ozemir se mit à pleurer. Il pleura et s'accrocha désespérément à Brumek qui ne s'attendit pas à cette réaction durant ce genre de situation, mais il le comprit et Ozemir se retrouva soulagé de pouvoir laisser échapper se trop-plein d'émotions, de se donner entièrement sans crainte. Brumek embrassa les larmes pour les faire disparaître et pour nourrir ses sentiments, les amenant doucement mais sûrement au bord du précipice, jusqu'à ce que l'extase les prenne.

Quand ce fut fini, il n'eut plus la force que pour rouler de son compagnon, le gardant tout de même dans son étreinte, n'ayant pas l'intention de le laisser s'éloigner à l'avenir, et ferma les yeux sous la vague des émotions qui l'assaillirent. Sa jouissance avait été explosive et il tremblait encore du contrecoup. Personne ne lui avait dit à quel point cela chamboulait tout son être de faire l'amour à son compagnon. Et d'habitude, il n'aimait pas les surprises, mais celle-ci, il en était plus que reconnaissant.

Tournant la tête, ses lèvres caressèrent l'oreille de l'érudit frémissant. « Tu es mort ? » C'était ça voix, ça ? Si basse et rauque… Bon, la satisfaction dans son ton était acceptable. Ne recevant pas de réponse, Brumek leva la tête pour jeter un coup d'œil au visage de son amant et le vit inanimé, un sourire de contentement étiré sur sa bouche. Il se dit qu'il devait être endormi, et une fois que sa force lui était revenue, Brumek le porta comme une mariée et les fit déplacer dans les Ombres jusqu'au lit.

« J'ai trouvé ton livre rouge, » dit doucement Ozemir, les yeux toujours clos. Brumek faillit le lâcher sous la surprise, avant de rougir férocement. « Je n'ai pas regardé dedans. Les journaux sont censés être privés, après tout. »

Merci, Hirsha ! Il pense que c'est un journal intime. C'aurait été gênant si Ozemir l'avait ouvert et vu ce qu'il y avait vraiment à l'intérieur.

Ozemir ouvrit un œil et lui sourit. « J'étais étonné de le trouver. Je ne pensais pas que tu lisais ou écrivais.'

Le rire de l'érudit fut rapidement suivi par un bruit d'éclaboussure. Le guerrier avait lâché sans ménagement son compagnon dans une des sources chaudes avec fureur.