Un grand merci aux habituels lecteurs pour vos doux mots, ainsi qu'aux ajouts récents de cette histoire dans vos favoris/suivis.

Petit avertissement de début de chapitre : celui-ci est mouvementé, dixit le titre et donc les conséquences qui s'ensuivent… Esprits sensibles, prenez garde.

DIXIÈME CHAPITRE

LIENS BRISÉS

Tom fit battre ses doigts sur l'accoudoir de son siège, son attention étant tournée vers le maître des Potions. « Je ne comprends toujours pas comment elle a pu établir une telle liste en si peu de temps, Severus. Ni comment elle peut être sûre qu'on peut leur faire confiance.

- Tu as pourtant contrôlé leurs pensées avant de leur donner la marque, » répondit Severus. « Tu sais déjà qu'ils seront loyaux. »

Tom lui répondit d'un grognement frustré, et cela réchauffa les yeux de Severus avec de l'amusement.

« Je pense que Tom est plus inquiet de savoir comment Luna a pu donner ces noms, » intervint Sirius. « Soit elle reste intentionnellement secrète sur ses capacités, soit elle ne sait pas tout à fait ce dont elle est capable. Elle est un peu, euh… tête en l'air quelques fois, et je penche plutôt pour la deuxième raison. Selon Harry, elle n'est pas le genre de personne à décevoir volontairement son entourage. Et plus important encore, » il fit une pause pour regarder Tom. « Je pense que tu es la dernière personne sur Terre qu'elle voudrait décevoir. Et je ne dis pas ça parce que tu es le Seigneur des ténèbres.

- Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? »

Lucius ricana. « J'hésite à le dire mais tu sembles assez aveugle dans ce genre de cas, Tom.

- Aveugle en quoi ? » gronda-t-il.

Severus leva les yeux au ciel. « Il est évident que la fille s'est énamou-

- Je pense qu'il serait mieux de laisser Tom s'en rendre compte de lui-même, » le coupa Sirius avec un sourire plein de dents. « On ne voudrait pas gâcher tout le plaisir à Luna, hein ?

- Merde, mais de quoi est-ce que vous parlez ? Si vous ne me le dites pas, je trouverais la réponse dans vos esprits. Et ce ne sera pas sans douleur ! »

Severus et Lucius eurent un rire moqueur. Tom ne tirerait rien d'eux de cette façon, ils étaient très doués pour protéger leurs esprits des invasions. Sirius, toutefois, était un griffondor. Ce qui voulait dire qu'il était un livre ouvert la plupart du temps.

Heureusement, à l'instant où Tom crispait ses yeux, se préparant à s'immiscer de force dans leur esprit, Hermione et Harry entrèrent dans la salle, brisant la concentration du mage noir.

« La politesse voudrait que vous frappiez avant d'entrer quelque part ! »

Hermione sembla intimidée par le ton de son grand frère, mais Harry le regarda étrangement, comme pour lui dire 'tu plaisantes ? C'est moi.'

« Désolé, » dit Harry avec un haussement d'épaule, ne l'étant pas du tout. « Allez, Tom. La fête a déjà commencé.

- Et ? En quoi je suis concerné ?

- Drago veut que tu nous rejoignes, » lui répondit le brun. Tom ouvrit la bouche pour refuser et Harry crispa tout de suite les yeux. Son sourire s'effaça et quand il parla à nouveau, c'était pour l'avertir. « Et bien sûr, tout ce que mon compagnon veut, il l'obtient. C'est son anniversaire. Tu vas nous rejoindre, Tom. »

La transition entre le gentil griffondor et l'Ukatae puissant qui n'accepterait aucune fausse excuse était clairement visible. Tous ceux dans la pièce étaient surpris de voir la vitesse entre ces deux Harry. La quantité de pouvoir se dégageant de lui augmenta jusqu'à en devenir pesante. C'est à ce moment que Severus comprit vraiment comment son neveu pourrait un jour devenir le dirigeant d'une ancienne race magique, et en voyant Harry comme ça, avec des yeux brûlants qui ne toléraient aucune protestation, ses inquiétudes sur le sujet fondirent comme neige au soleil. Il fallait être fou pour désobéir volontairement à Harry quand il était dans cet état. Severus devina qu'il arriverait des choses terribles si Harry n'était pas écouté et obéi et il se demanda si Tom réagirait à ça.

Tom se redressa lentement, son visage sans aucune émotion, et hocha de la tête une fois à Harry. Il était le seigneur des ténèbres, mais c'était aussi un Ukatae maintenant, ce qui signifiait qu'Harry était malgré tout son empereur, et un ordre spécial lui avait été donné. Tom était en colère, oui, mais il était aussi impressionné. Il semblait que la nouvelle lignée royale avait certains pouvoirs sur le reste de leur race, et vu qu'il était rarement surpris, il laisserait cette fois couler. Bref, ça ne serait pas une si mauvaise chose d'aller s'asseoir avec Drago et les autres. C'était l'anniversaire de son frère après tout. Et peut-être que Luna serait là et qu'il obtiendrait enfin des réponses de sa part.

… … ...

Le grand salon était là où Neville, Dudley, Pansy, Charlie, Blaise, Ginny et les jumeaux tenaient compagnie à Drago et fêtaient l'anniversaire du blond avec quelques bouteilles de whisky pur feu. Impatient du retour de son compagnon, le blond était distrait pas la quantité copieuse d'alcool qui lui était refourguée à tout moment.

Drago s'installa dans le fond de son fauteuil et étudia ses amis. Il devait admettre qu'avoir autant de personnes autour de lui, des personnes qu'il pouvait considérer comme de vrais amis, était irréel. Avant, il n'avait que Pansy et Blaise – et à un moment, Théo – mais il se rendit compte qu'il avait confiance envers toutes les personnes qui étaient avec lui, à l'exception de Dursley – mais c'était parce qu'il détestait ce connard par principe – et il pouvait se targuer de tous les appeler des amis. Même Neville. S'il y avait bien un sorcier qu'il n'aurait jamais cru pouvoir considérer comme tel, c'était bien lui. Mais il s'avérait qu'il appréciait le fidèle griffondor. Une fois que le type s'était révélé et avait porté ses couilles, Drago avait facilement accepté de le rajouter dans ses petits papiers. Et Neville était loin d'être bête, comme il avait pu le penser par le passé.

Le blond devait sans doute remercier Harry pour ces nouvelles amitiés, et cela l'amusa car il se souvenait avoir pensé qu'il serait celui qui apporterait le plus de soutien et d'amis au Survivant. Stupides griffondors… Toujours à ruiner ses plans.

Il observa Neville, qui était assis assez confortablement à droite de Dursley. Drago pouvait presque sentir la tension sexuelle qui planait entre eux de l'autre côté de la pièce. Et pourtant, les deux garçons faisaient leur possible pour l'ignorer, ce qui était plus qu'agaçant.

« Alors Dursley ? Est-ce que tu vas nous dire ce qu'il y avait dans cette lettre pour transformer Neville en bête enragée quand Weasley la lui a prise ? » demanda-t-il.

« Oui, Neville. C'était délirant ! » dit Ginny en levant son verre en signe de salut. « Tu devrais lui botter le cul plus souvent. C'est mon frère mais, Merlin, il le méritait.

- On est juste navré d'avoir loupé ça, » se morigéna Fred.

« Traîner avec des serpentard a définitivement une bonne influence sur toi, Nev, » ajouta George. Tous les serpentards de la pièce y mirent du leur avec des 'écoutes-le, il a raison !'

« Je croyais que se jeter dans des combats la tête baissée était un truc de griffondors, » dit Charlie.

Pansy tapota son bras. « Oui, mais on a révélé son côté violent et sans pitié, n'est-ce pas Neville ?

- Et bien ? » intervint Drago, regardant entre Neville et Dudley. « Qu'est-ce qu'il y avait dans cette lettre ? Nos esprits curieux veulent une réponse. »

Dudley prit une boisson et prétendit n'avoir rien entendu. Il jeta un coup d'œil à Neville et fut surpris de le voir s'énerver contre le blond. En retour, Malefoy haussait ses sourcils avant de descendre sa boisson d'un coup.

Cela choqua Neville plus qu'il ne le crut. Drago Malefoy le taquinait, comme le ferait un ami à un autre ami. Neville n'avait pas réalisé que leur relation était devenue aussi profonde, mais apparemment, elle l'était. C'était ça ou Malefoy était déjà fin bourré. Mais il doutait que ce soit le cas. Et depuis quand est-ce qu'ils s'appelaient par leurs prénoms ?

« Tu as vu ça ? » chuchota-t-il à Pansy, qui été assise entre Charlie et lui. « Il essaye de me leurrer en me faisant me sentir en sécurité, pour pouvoir mieux m'attaquer quand je m'y attends le moins ? »

Pansy gloussa. « Tu es drôle, Neville. Je ne m'en été jamais rendu compte.

- Non, mais sérieusement. Tu as remarqué ? » demanda-t-il très sérieusement.

« Calmes-toi, le griffondor. Oui, il veut te faire ressentir un faux sentiment de sécurité et oui, il te tuera quand tu t'y attendras le moins. »

En face d'eux, Blaise ricana en voyant Neville pâlir. « Pans, tu es méchante. »

Pansy eut un sourire satisfait et posa un bras sur les épaules de Neville. « Il est tellement crédule.

- Ouais, peu importe. » Il était toujours agacé car il n'avait pas eu de réponse à sa question. Est-ce que Malefoy était sérieux ou pas ?

« Tu es marrant, » commenta Dudley de l'autre côté de lui. Quand Neville fronça les sourcils, Dudley se dépêcha de s'expliquer. « En bien ! »

Drago dit avec dédain. « Très délicat, Dursley. Tu es pire que Brumek, et ça, ce n'est pas rien. »

Ginny, qui avait toujours eu la tête sur les épaules, même en état d'ébriété, savait qu'il fallait changer de sujet. « Alors où est Harry ? Il est parti depuis un bon moment.

- Je ne sais pas, » dit Drago mordant.

Charlie se racla la gorge, légèrement nerveux et se demanda si sa présence était la bienvenue. Il savait que cela ne dérangeait pas Pansy, mais il n'était pas si sûr des autres. « Ton Héritage aura lieu ce soir, n'est-ce pas Drago? Est-ce que ça t'inquiète ? Celui d'Harry n'était pas vraiment dans les normes, si on peut dire. Je m'attends à ce que le tien ne soit pas mieux. »

Drago sourit à ça, étonnamment. « On m'a dit que mon Héritage avait eu lieu à l'instant où j'ai touché Harry pendant le sien. Je suis plutôt enclin à le croire. La douleur était pire que tout ce que j'ai connu et nous avons tous les deux reçu une quantité de magie et de pouvoir phénoménaux.

- Mais comment peux-tu en être certain ? » lui demanda Ginny.

Drago haussa les épaules. « Ça a du sens. Je ne suis plus humain, les lois sorcières ne s'appliquent donc plus à nous. Ozemir m'a dit que je ne devais pas m'attendre à grand-chose et je lui fais confiance. »

Pansy se renfrogna. « Tu lui fais quand même confiance après avoir appris ce qu'il essayera de vous faire à toi et Harry ? »

Drago la cloua du regard, l'air fier. « Je ne veux pas parler de ça, Pansy. Et tu ne devrais pas non plus. C'est entre Harry, Ozemir et moi. Et ça n'a rien à voir avec ce qu'il se passe en ce moment.

- Très bien, Drago. Je m'excuse. Je suis juste inquiète, tu sais ?

- Tu t'inquiéteras une fois que tu rencontreras Dagon... » Drago perdit le fil de ses propos et regarda la porte.

« Qui est Dagon ? » l'interrogea-t-elle.

Drago balaya sa question d'une main comme la porte s'ouvrait sur une Hermione hilare. La raison de sa joie devint claire quand Tom et Harry la suivirent.

« Petit enfoiré... » Tom disait joyeusement à Harry, qui se retrouvait la tête bloquée dans une prise lâche sous le bras du mage noir, « Fais ça devant mes serviteurs et tu verras... »

Neville regardait toujours attentivement Drago, et quand Harry entra dans la pièce, son expression changea radicalement. Son air troublé disparut pour faire place à un sourire rayonnant et des yeux chaleureux dès qu'il l'eut repéré.

Tom relâcha son frère et lui jeta un regard amusé. « Vraiment, Harry. Tu peux me dire comment je peux terrifier les gens quand tu me fais ça ?

- Est-ce qu'il a utilisé le sourire contre toi ? » Demanda Drago.

Hermione gloussa et alla s'asseoir. « Non. Harry est entré en mode Dirigeant Ukatae. C'était très efficace.

- C'est pour ça que j'ai senti un pic dans ton aura magique, » dit Drago à Harry qui s'asseyait à côté de lui.

« Ouaip. » Harry se blottit contre lui de façon à ce qu'il puisse lui parler sans que les autres ne l'entendent. « Tu devrais essayer de libérer tout ton pouvoir petit à petit. C'est tellement satisfaisant quand tu gardes le contrôle dessus.

- Je vais essayer ça ce soir quand nous serons seuls. » Drago passa un bras sur ses épaules pour le garder près de lui. Ils tournèrent ensuite leur attention sur leur frère qui se tenait toujours près de la porte, analysant le grand salon avec une grimace.

« Où est Luna ? » voulut-il savoir.

Ginny ricana et tendit sa main vers Pansy. La serpentarde plus âgée souffla avant de sortir des gallions d'un pli de sa robe avant de les lui donner avec réluctance.

« Luna ne se sentait pas très bien, » répondit Ginny une fois les pièces empochées. « Elle est partie s'allonger un coup. Maman est partie voir son état, il y a un bon moment.

- Tu devrais peut-être aller voir Luna maintenant, » suggéra Drago, souriant quand Tom se renfrogna et s'assit immédiatement. Et pour leur impertinence, Tom rendit les marques de Ginny et Pansy brûlantes pendant quelques secondes. Il n'aimait pas être le sujet de paris.

« La prochaine fois, ça brûlera plus longtemps, » leur siffla-t-il.

Harry et Drago trouvèrent ça très amusant, mais ne le montrèrent pas. Tom était le seigneur des ténèbres, après tout, et il devait sauver les apparences. Ils n'interviendraient donc pas pour ne pas le rabaisser. De plus, c'était bête de la part des deux filles d'avoir échangé de l'argent comme ça juste sous le nez de Tom. Lesdites filles se frottaient d'ailleurs le bras avec une grimace, avant de faire la moue, et le reste des personnes, excepté Hermione, était focalisé sur Tom, au moins mentalement si ce n'était physiquement.

Tom pouvait sentir la froideur s'emparer de la salle, et son humeur s'empira fortement. Il était fatigué de voir les gens autour de lui baisser leur garde et agir avec lui comme s'il pouvait être un de leurs amis. Il était le seigneur des ténèbres, et il ne se gênerait pas pour le rappeler quand il en aurait l'occasion… Mais après ce soir. Il était là pour fêter l'anniversaire de son frère et de sa sœur, se détendre ne lui ferait donc pas trop de mal. Mais une fois de retour à l'école, Tom leur montrerait qu'il n'avait pas perdu sa mentalité de mage noir. Pas le moindre bout.

« Passez-moi le whisky pur feu, » dit-il, et Neville se dépêcha de répondre à sa requête. « Hermione, tu m'accompagnes ?

- Bien sûr. J'adore boire avec toi ! » Hermione se déplaça jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'espace entre eux. Harry haussa un sourcil quand Tom et Hermione trinquèrent avec des verres trois fois plus grands que des verres ordinaires.

Splendide ! Tom va encore être bourré.

Ne lui parles pas de son fétichisme pour les serpents, cette fois. « Ça vous dérange de partager avec nous autres ? » dit Drago, acerbe, avant d'attirer à lui la bouteille d'un informulé.

Quelques minutes plus tard, Hermione était gaîment alcoolisée, et Drago passait un instant difficile à essayer de calmer les gloussements incessants de sa sœur, Harry quant à lui avait l'envie soudaine de se transformer et de surprendre tout le monde en s'allongeant aux pieds de son amant sous sa forme de panthère car la liqueur l'avait rendu somnolant.

« Harry, c'est fou ! » s'écria Neville. La panthère leva la tête et cligna des yeux avec paresse.

« Montrez-leur les vôtres, » dit Hermione à Drago, ignorant la grimace d'avertissement de Tom. Il voyait comment ça allait finir, il ne voulait pas être impliqué là-dedans.

Drago acquiesça et posa son verre. L'instant suivant, un tigre blanc était assis sur le canapé, la tête royalement dressée, le torse bombé, prêt à recevoir les compliments qu'il pensait mériter. Compliments qu'il reçut, bien évidemment, même si la façon dont il se tenait ne le rendait pas aussi approchable que la panthère.

« Oh, waouh, » murmura Pansy avant de se pencher pour caresser les deux félins splendides. Harry se mit immédiatement sur le dos. « On dirait que tu veux que je te gratte le ventre, hein ? Oh oui, ça fait du bien. Tu es tellement mignon… C'est qui le plus beau, hein ? C'est Harry le plus beau- » Pansy parlait comme à un enfant, mais fut coupée par la queue de Drago qui la gifla au visage. « Merde Drago, ça fait mal ! »

Drago reprit forme humaine et lui lança un regard noir. « Harry n'est pas un bébé. Arrête de lui parler comme si c'était le cas.

- Tranquille, Drago. Harry est adorable, étendu comme ça, et ça lui plaisait, » intervint Hermione. La panthère roula et se redressa sur ses pattes. Ses oreilles étaient couchées vers l'arrière de son crâne et il grondait contre son compagnon.

« Ce n'était pas un comportement digne, mon cœur, » dit Drago, se fichant que son partenaire lui grondait dessus. La panthère recula de quelques pas avant de se mettre en position d'attaque, prêt à bondir. Drago haussa un sourcil à cette vue. « N'y penses même pas. » un miaulement grave lui répondit. Miaulement qui s'étira et se transforma en sifflement vicieux. « Harry, je te jure que- Non ! » cria Drago en se levant à moitié du canapé comme la panthère bondissait. Les pattes écartées se connectèrent avec ses épaules et ils tombèrent tous les deux par-dessus le dossier.

Tom attira la bouteille de whisky à lui et servit sa sœur et lui, indifférent aux rugissements furieux en provenance de la bataille. Apparemment, Drago s'était retransformé pour pouvoir sauver sa peau.

« Mon dieu ! C'est quoi ce bordel ?! » Dudley était plus diverti que ce qu'il aurait dû, même s'il avait peur que les deux gros félins se retournent contre eux et se fassent les dents sur leur chair tendre. Toutefois, Hermione ne semblait pas préoccupée, et il savait qu'elle était la plus réfléchie de tous, alors il s'assit et assista au spectacle. « C'est incroyable ! »

Ils se tendirent tous quand le tigre lança un rugissement indigné particulièrement fort. Et la panthère fut visible, reculant lentement de derrière le canapé, une queue blanche entre les crocs. Dudley voyait très bien la panthère sourire malgré sa gueule pleine. Une énorme patte arrière blanche apparut à son tour, frappant la mâchoire de la panthère suffisamment fort pour lui faire lâcher sa prise. Le tigre en profita pour se retourner et bondir sur son partenaire, fermant ses crocs sur sa gorge avec un grondement féroce, même si tout le monde pouvait voir qu'il n'appliquait pas une pression suffisante pour faire du mal à Harry.

« Parions ! » cria Ginny. « Je parie que Drago va gagner ! 20 gallions ! » Le grondement vicieux de la panthère fit glousser Ginny, mais elle ne corrigea pas sa prédiction.

Blaise étudia les deux félins un bon moment avant de secouer la tête. « 20 sur Harry qui va réussir à se libérer.

- 20 pour une égalité, » ajouta Hermione, sûre d'elle.

Tom acquiesça. « Je suis Hermione. » Il savait que tout ça se terminerait d'une façon qui le dégoûterait.

« Je parie la même chose, » annonça Charlie.

« Dudley, Neville ? » demanda Hermione.

Tous les deux secouèrent la tête, n'ayant pas assez d'argent pour pouvoir gaspiller d'aussi grandes sommes dans de tels paris. Il était facile de voir ce qu'ils pensaient et Hermione balaya leur réticence d'une main. « Je vous avance tous les deux. Qu'est-ce que vous pariez ?

- 10 sur Harry, » dit Dudley.

« Je parie 10 sur Drago, » dit Neville en surprenant tout le monde. « Hey, ce n'est pas qu'il m'effraye, mais le tigre est plus imposant que le jaguar. Il a plus de muscle. » Ce qui était vrai. Drago était un gros tas de muscle sous sa forme animale.

« Harry est une panthère, » le corrigea Pansy.

Neville secoua sa tête. « C'est un jaguar noir. Plus communément appelé panthère noire. De nombreux félins sont considérés comme des panthères. Ce n'est pas grave qu'on l'appelle comme ça, mais techniquement parlant, c'est un jaguar. On peut le distinguer par les tâches à peine visibles sur son ventre et sous son pelage. »

La pièce devint silencieuse et même les félins s'arrêtèrent. Neville rougit et essaya de disparaître dans les coussins du canapé derrière Dudley ?

« Neville, je veux que tu continues à me surprendre comme ça, » lui ordonna Tom. « Personne ne l'a remarqué, même pas moi. »

Neville haussa les épaules et décida qu'il avait assez parlé pour la soirée, qu'il avait suffisamment attiré l'attention et cela le mettait mal à l'aise. Aussi, Fred et George parièrent chacun 20 gallions sur Harry pour le soulager.

Tom et Charlie se levèrent en même temps et déplacèrent la table basse pour faire de la place, regardant les félins en attendant l'issue du combat. Ces deux mêmes félins qui s'étaient arrêté pour regarder Neville.

Allez, Malefoy.

Hors de question ! Tu as failli m'arracher la queue !

Harry se dressa sur ses quatre pattes et marcha autour de son compagnon énervé. Ne fais pas la fillette, mon amour. Je ne te fais pas peur, tout de même.

Tu es mort, Potter. Personne ne me traite de fillette !

Charlie courut hors de la salle quand le combat reprit. Il traversa le couloir et ouvrit la porte du petit salon. « Combat de chats [*], Sirius ! On prend les paris. Dépêches ! » Puis retourna dans le grand salon comme il était venu, laissant Sirius et les autres confus. Ils entendirent alors des grognements et des rugissements, et Sirius se leva instantanément de son siège pour se précipiter derrière Charlie.

[* : Cat fight, en anglais, signifie normalement une altercation entre femmes, avec crêpage de chignon, et tout le tralala.]

« Tu voulais dire ça littéralement, sacré Merlin ! » souffla Sirius en entrant dans la pièce pour découvrir Harry et Drago dans leur forme animagus, se battant gueule et ongles. Sirius les observa un moment avant de sourire. « 50 Gallions que ça va tourner en roulage de pelle intense et qu'ils seront tous les deux vainqueurs ! » Il donna rapidement l'argent à Charlie qui gardait les montants des paris.

« Est-ce qu'ils se battent vraiment ? » demanda Severus quand il arriva en plein milieu du combat. « Ils se sont fâchés l'un l'autre ?

-Sevy ! » Hermione bondit vers lui et jeta ses bras autour de son cou, se suspendant avec joie. « Non, ils s'amusent. A être de mignons chatons. »

Severus gronda. « Tu es bourrée.

- Oui. » Elle se pressa encore plus contre lui. « Mais ne t'inquiètes pas, ça ne m'empêchera pas d'être active au lit. »

Severus lança un regard noir à Lucius qui avait ri de sa dernière phrase avant de presser la bouche d'Hermione contre son torse pour l'empêcher de glousser, et il sortit sa bourse. « 30 sur mon neveu.

- Drago sera le vainqueur, » répliqua Lucius en tendant la même somme.

A un certain stade, le jaguar et le tigre s'éloignèrent et se tournèrent autour, grognant et rugissant, donnant des coups de pattes menaçants, chacun pantelant avec force.

Je t'ordonne de retirer ce fillette !

Bien entendu, ce n'était pas ce que je voulais dire, mon cœur. Harry se jeta dans les airs et attrapa Drago par surprise, le projetant sur son dos. Mais il fut vite repoussé avec un cri de rage quand Drago leva ses pattes arrières et les planta dans son ventre, poussant avec force.

Pansy hoqueta quand elle vit du sang apparaître des égratignures d'Harry. Tandis que le jaguar prenait sa retraite pour se ressaisir, le tigre bondit et l'attaqua par derrière, plantant ses griffes dans ses hanches et ses crocs affûtés dans son arrière train. Le jaguar se tourna avec un rugissement assourdissant et lança une patte vers la tête du tigre, mais il ne lâcha pas prise et fit en sorte de se protéger la tête.

« Regardez ça ! » s'exclama Blaise, amusé. « On savait déjà que Drago aimait les fesses d'Harry, mais à ce point !

- Drago sourit ! » couina Hermione. « Oh mon dieu ! Les tigres peuvent sourire ! »

Tom se mit à rire. Vraiment, comment était-il supposé rester sérieux quand Hermione était dans cet état ? Et elle avait raison. C'était le plus grand sourire satisfait qu'il n'avait jamais vu quelqu'un avoir, et c'était un félin par-dessus tout. Son amusement prit de l'ampleur quand Harry se mit à agiter son derrière pour tenter de déloger son assaillant trop zélé. C'était la chose la plus drôle qu'il avait vu depuis… Eh bien, depuis toujours en fait.

« QU'EST-CE QU'IL SE PASSE ICI ? »

Molly Weasley était arrivée sans que personne ne s'en rende compte, se tenant dans l'encadrement de la porte, les mains sur les hanches. Lucius, Sirius et Severus s'éloignèrent de l'entrée et de la mère de famille de sept enfants. Les yeux de Charlie s'écarquillèrent et il mit tous l'argent en sa possession sur les jambes de Ginny. Sa sœur se débarrassa en hâte des pièces et les mit sur le canapé, sous les coussins, en essayant de garder un air innocent. L'entrechoc constant des pièces ne l'aida pas à rester discrète, ils étaient tellement forts que la France devait sûrement les entendre. Pansy, Neville, Dudley et les jumeaux se mirent devant les félins se battant et tentèrent de sourire à Molly comme si de rien n'était.

Les seuls qui n'étaient pas dérangés par la présence de Molly étaient les deux gros chats. Harry avait finalement réussi à se libérer de la mâchoire de son compagnon et pourchassait le tigre à travers la pièce, le griffant quand il arrivait à l'atteindre au bas de son dos, ses grognements n'étant plus joueurs. La morsure que Drago lui avait administré l'énervait sévèrement.

Oh, voyons, mon cœur ! Ce n'est pas si terrible !

Abruti fini ! Tu pensais à quoi ?

Au fait que je voulais un bout de ton cul délicieux !

« Molly, ils ne font que s'amuser... » s'avança Sirius avant qu'elle n'intervienne et mette un stop au spectacle, bien que ce dernier semble fini car les deux félins avaient ralenti.

« Est-ce que j'ai entendu de l'argent ? » Elle lança un regard noir à son deuxième fils. « Vous êtes en train de parier sur un combat d'animaux ?

- Certainement pas, Molly ! » Lucius avait l'air parfaitement scandalisé. « Quel genre de maison tu penses que je tiens ?

- Et ce ne sont pas juste des animaux, » continua Sirius avant qu'elle ne puisse répondre, « Ce sont Harry et Dra- » Le coude de Lucius le cogna fortement dans ses côtes, le faisant taire efficacement. Severus gronda, exaspéré par l'Animagus et se couvrit le visage d'une main.

Le rugissement de Drago résonna de nouveau, attirant l'attention de tous ceux présents dans la pièce qui se tournèrent pour voir ce qu'il se passait. Le tigre était désormais cloué au sol, le jaguar sur son dos, ses griffes plantées dans ses épaules et ses dents profondément enfoncées dans la chair de sa nuque.

Tom se jeta devant Molly et lui bloqua la vue. « On m'a dit que Luna était malade. C'est vrai ? »

Molly se détendit visiblement et lui sourit tendrement. « Elle va bien, Tom. Seulement un mal de tête et un étourdissement. Elle récupère en ce moment. Amortia est déjà allée la voir pour contrôler son état.

- Tu es sûre qu'elle va bien ? Tu peux retourner la voir pour t'en assurer ? » Tom posait la question seulement pour la faire partir le plus vite. Ce n'était pas parce qu'il s'inquiétait de savoir si elle allait bien. Absolument pas… « Elle s'est peut-être réveillée et a toujours mal à la tête. Peut-être que je devrais y aller- » Il amorçait un geste pour la dépasser, mais Molly l'attrapa par le bras et l'arrêta.

« N'importe quoi, mon cher. » Molly frotta son bras. « Évidemment que je vais aller voir pour toi. Tu devrais rester ici et t'amuser. » Après ça, Molly tourna les talons et quitta la pièce.

« Malin, Tom. Très fluide, » dit Sirius.

« Ouais, merci, » ajouta Charlie. « Maman m'aurait tué... »

Ils se concentrèrent de nouveau sur les deux gros chats, pour voir qu'ils avaient arrêté de se battre et se regardaient fixement. Le jaguar miaula pathétiquement sur le tigre avant de se tapir derrière le canapé. Le tigre le suivit rapidement, sautant par-dessus le dossier et atterrissant de l'autre côté de son compagnon. Drago le poussa doucement du museau jusqu'à ce qu'il se tourne sur le dos, puis bougea lentement au-dessus d'Harry, avant de se mettre à lécher tendrement les plaies sur son estomac.

D'un signal silencieux, Harry et Drago reprirent forme Ukatae, et Drago écarta la chemise d'Harry pour continuer sa tâche, ne s'arrêtant pas tant qu'elles n'étaient pas closes, et souriant victorieusement en entendant son amant gémir et en le voyant commencer à trembler. Drago continua à lécher son torse tonique, mais s'interrompit pour regarder attentivement ses tétons érigés.

« On dirait que c'est fini. » Ginny soupira quand il n'y eut plus de sifflements rageurs. Tout le monde jeta un coup d'œil derrière le canapé, avant de reculer en vitesse.

« Très bien ! » S'exclama joyeusement Sirius en tendant sa main. « Qui a mon argent ? Payez-moi ! »

Charlie invoqua les gallions avant de les distribuer entre lui, Sirius, Hermione et Tom.

« Hey, attendez un peu, » les interrompit Lucius. « C'est Harry qui s'est rétracté le premier. Ça fait de Drago le gagnant.

- Impossible, Luce ! Ils sont tous les deux joliment égratignés, et si tu faisais l'effort de te souvenir correctement, j'ai dit que ça se finirait en embrassades, ce qu'ils sont clairement en train de faire ! »

Tom valida ce que Sirius avait dit, ce qui lança une nouvelle protestation. Ginny et Pansy se regardèrent avant d'avoir le même sourire malicieux et de s'avancer jusqu'au canapé, qu'elles grimpèrent en silence. Elles posèrent leurs coudes sur le dossier, et observèrent leurs deux amis se dévorer avec passion. Elles pourraient vendre le souvenir pour une belle petite somme de Gallions !

Harry en avait marre que Drago ne taquine que ses tétons et attrapa les cheveux blonds, le tirant jusqu'à pouvoir ravager sa bouche de ses lèvres. Au lieu d'être agacé de se faire tirer les cheveux, Drago ouvrit grand la bouche, permettant à son amant l'entrée, pressant ses hanches avec force quand le brun l'entoura de ses jambes. D'un informulé, Harry fit disparaître la chemise du blond et fit courir ses doigts le long du dos musclé jusqu'à ce que ses doigts disparaissent sous l'élastique de son sous-vêtement, saisissant fermement son fessier tentateur où il savait qu'il y avait de nombreuses plaies qui avaient besoin d'être soignées.

Ginny dut mordre une de ses phalanges pour s'empêcher de faire un bruit à la vue du spectacle bouillant. La bouche de Pansy, quant à elle, était grande ouverte et elle semblait statufiée, même si Ginny pouvait entendre sa respiration pantelante. La rouquine faillit hurler en sentant un bras la saisir par la taille.

« Vous êtes les deux plus grandes perverses que je connaisse, » lui chuchota Blaise à l'oreille en la tirant du canapé.

Pansy écarquilla ses yeux quand Drago baissa la fermeture éclair d'Harry, avant de plonger ses mains dans le boxer du griffondor. Les gens allaient s'arracher ce souvenir. Malheureusement pour elle, Blaise, ce trou de balle, fit signe à Charlie de s'occuper de sa petite-amie, et le rouquin gloussa en tirant la jeune femme vers l'arrière, avant de rire franchement quand elle exigea qu'il la repose et qu'il l'empêchait d'obtenir beaucoup d'argent.

« Charlie, lâche-moi ! » cria-t-elle. « Ça commençait juste à devenir intéressant. Je vais me faire une fortune !

- Je ne crois pas que Drago ou Harry seraient heureux d'apprendre que tu regardes plus encore.

- Je m'en fous de ce qu'ils veulent ! C'est ce que moi je veux. Ils n'ont qu'à prêter plus attention à l'endroit où ils sont ! »

Quand il fut évident que les Ukataes ne bougeraient pas vers leur chambre, il fut décidé que la fête s'arrêterait là, et Harry et Drago furent laissé tranquilles.

Harry ne remarqua rien de tout ça. Il brûlait de l'intérieur, chaque cellule se consumant sous le toucher de son compagnon, et il ronronnait dans la bouche de Drago tout en prenant en coupe ses fesses. Avec un hoquet, il s'écarta de la bouche de Drago quand son pénis fut à l'air libre et caressé avec adoration.

« Est-ce que je peux avoir mon cadeau maintenant ? » la voix rauque caressa son oreille. Quand Harry acquiesça, Drago descendit jusqu'à son sexe humide.

« Mais c'est- c'est moi qui suis censé donner le cadeau... »

Drago eut un sourire en coin avant le lécher le pré-sperme. « Ce sera bientôt ton tour. »

… … …

Cette soirée qui avait très bien commencée, et qui était censée se finir en beauté, s'était transformé en cauchemar. Harry ne savait pas vraiment comment il en était arrivé là. Il ne savait pas vraiment où il se trouvait, ni depuis combien de temps il était ici. La seule chose qu'il savait était que ce n'était pas un rêve. C'était même très réel.

Une aigreur envers lui-même et une légère panique s'empara de lui alors qu'il se tenait figé en haut d'une colline, regardant la vallée où son amant combattait vaillamment leurs assaillants, qui étaient nombreux. Il entendait l'appel à l'aide de Drago, aussi clairement que si le serpentard se tenait à côté de lui, et pourtant, il ne fit rien. Il resta là où il se tenait et regarda.

Drago mourut. Juste là, devant ses yeux. Et il n'avait rien fait. Drago était mort et la sensation de perte comprimait ses entrailles, l'empêchant de respirer. Harry ferma ses yeux sous la douleur provoquée par la perte de sa moitié et se laissa tomber sur ses genoux, accueillant la douleur tandis que son esprit se brisait à l'image du monde qui l'entourait.

Il tenait Drago dans ses bras, dont les yeux gris regardaient le ciel, vides. L'esprit d'Harry était tout aussi vides que les yeux du blond. C'était un gouffre noir et sans fond, et ses mouvements n'avaient aucun sens… Il ne réalisa pas qu'il essuyait le sang du visage de Drago, ni qu'il pleurait de toute son âme, le son résonnant dans la vallée surpassant tout autre bruit. Rien de tout ça ne s'imprima en lui. Il était aussi vide que son compagnon désormais mort…

« Tu vois ce que tu m'as fait maintenant, Harry ? Tu m'as détruit. Je croyais en toi, je t'aimais, et tu m'as anéanti ! »

Avec lenteur, Harry releva la tête pour voir le fantôme de son partenaire de vie devant lui, un sourire méprisant face à lui et son corps mort. Harry ne réagit pas au regard mauvais que Drago lui adressa. Il ne pouvait réagir à rien. Il se tenait simplement assis là, attendant sa propre fin.

« Tu m'as entraîné dans tout ça et maintenant, je suis mort. Tu es resté là sans rien faire ! »

Le menton du brun tomba sur son torse, ce que le fantôme prit pour un assentiment. « Tu ne me rejoindras pas dans la mort Harry. Tu vivras pour l'éternité sans moi, en punition pour ta déloyauté. Tu continueras à vivre, comme une coquille à moitié vide, pour toujours. Savoure la douleur, mon cœur. Elle ne fera que grandir le temps passant.

- Je ne te sens plus, » chuchota Harry la voix rauque avant de serrer le corps lourd de Drago contre sa poitrine. Il se mit à pleurer dans les cheveux pleins de sang. « Drago, je n'arrive plus à te sentir. »

Le fantôme ne dit rien et disparut. Le moment où il fut parti, Harry fut frappé par une urgence foudroyante provoquée par les pensées sombres qui envahissaient son esprit brisé. D'horribles pensées d'un futur flou sans Drago. Il ne pourrait pas vivre toute une vie sans son âme-sœur. Même s'il méritait cette souffrance… Parce que ce qu'avait le fantôme était vrai. Il était responsable de la mort de son compagnon pour s'être tenu à l'écart et n'avoir rien fait pour l'aider. Sauf qu'il ne pouvait pas continuer sans Drago, et si le lien ne faisait pas ce qu'il était supposé faire et les rallier dans la mort, alors Harry s'en chargerait.

… … …

Deux yeux verts sans vie s'ouvrirent, et sans regarder autour de lui, Harry sortit du lit. Ses gestes étaient brusques et automatiques. Il ne pensait à rien et il était toujours coupé de son compagnon. Il ne pouvait toujours pas ressentir Drago, le lien était brisé. Il était toujours mort. Harry n'arrivait pas à voir ce qui l'entourait et n'avait qu'une pensée en tête : faire ce qui devait être fait.

Lovely se déroula de la boule qu'elle avait formée sur l'oreiller, remarquant immédiatement que quelque chose n'allait pas avec son jeune maître. Elle l'observa traverser la chambre et disparaître entre les portes d'une armoire. Quand elle l'entendit chercher quelque chose, Lovely serpenta jusqu'à l'oreille du compagnon, et siffla, voulant le réveiller pour lui faire savoir qu'il se passait quelque chose. Mais le compagnon resta profondément endormi, et cela ne lui sembla pas normal non plus.

Son maître réapparut avec une petite boîte noire en bois, la pressant fermement contre sa poitrine. Lovely vit ses yeux et siffla de peur. Elle ne voyait rien en eux. C'était comme si son maître était mort. Et pourtant, il marcha vers la porte, l'ouvrit et sortit. Sa peur s'accrut à son départ car le Maître n'était pas vêtu et elle savait qu'il n'aurait jamais quitté la chambre sans s'habiller au préalable. Elle tenta de réveiller le compagnon une nouvelle fois, et quand rien ne se passa, Lovely abandonna et suivit son maître. Quelqu'un devait absolument aider le maître et son compagnon. Quelqu'un chose n'allait pas du tout.

Bien que le manoir soit plein de visiteurs, l'heure était tardive et Lovely était certaine que tous dormaient. Perdre du temps à trouver quelqu'un d'éveillé serait désastreux, c'était sûr, alors Lovely tourna au détour d'un couloir et rampa jusqu'à la chambre du maître de sa mère, espérant que Nagini soit présente. La porte était close, évidemment, mais elle siffla aussi fort qu'elle le put. Elle doubla de taille et cogna la porte avec sa tête élargie. Finalement, un mouvement se fit entendre derrière la porte et elle fut soulagée d'entendre Nagini réveiller son maître. Quelques secondes plus tard, un mage noir enragé ouvrit la porte et la regarda froidement.

Tu as intérêt à avoir une bonne raison pour cette intrusion, Lovely, siffla-t-il en refermant sa robe.

Mon maître ne va pas bien ! Aides mon maître !

La colère de Tom se dissipa et il s'agenouilla pour prendre le serpent en coupe. Expliques-toi.

Lovely lui dit tout ce à quoi elle avait assisté depuis le réveil d'Harry jusqu'à son départ précipité de la chambre, expliquant l'air étrange de son maître et la façon bizarre dont il agissait, ainsi que le sommeil trop profond de son compagnon. Je peux sentir que son sommeil n'est pas naturel…

Quand elle eut fini ses explications, Tom l'écrasait contre son torse, courant avec panique dans les couloirs pour rejoindre la chambre de ses frères, son cœur tambourinant contre la tête du serpent à une vitesse rapide. Une fois dans la pièce, il fut à moitié soulagé de retrouver son frère vivant, mais le serpent avait raison, son sommeil n'était pas naturel. Mais comme Drago ne semblait pas avoir d'autre problème, trouver Harry devint sa priorité. Il n'aimait pas penser à ce qui pouvait se trouver dans cette petite boîte noire dont Lovely avait parlé.

« Falde ! Talyn ! » Ses cris pouvaient être entendus à travers tout le manoir alors qu'il courrait vers la chambre de sa sœur. Il entra dedans sans perdre de temps, ne réagissant pas à la vue de Severus et Hermione enlacés dans leur sommeil. « Réveillez-vous ! Tous les deux !: »

Les deux sursautèrent et clignèrent plusieurs fois des yeux en s'asseyant. Tom se tourna et se frotta les yeux. Ils étaient tous les deux nus. « On doit trouver Harry. Il se passe un truc avec Drago et lui. Debout, vite ! » Et il sortit de la chambre aussi vite qu'il était entré. « FALDE ! »

Talyn et Falde apparurent et Tom envoya Talyn auprès de Drago immédiatement, puis il expliqua la situation à Falde en continuant les recherches de son frère, l'Ukatae aîné courant à ses côtés.

« Tu n'arrives pas à le ressentir ? » Tom lui demanda d'une voix tremblante. Il n'était pas devin, mais il savait que la vie de son frère était en péril.

« Non, » lui répondit Falde, la surprise de son ton ne faisant rien pour apaiser la peur croissante de Tom. « Il a été coupé de nous.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? » hurla Tom. Lovely s'agita pour se libérer de sa prise trop forte sur elle, même s'il le faisait inconsciemment, et s'enroula autour de son cou.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? » Hurla Sirius comme lui et Lucius arrivaient en courant.

« Harry a disparu et Drago a été plongé dans un sommeil profond.

- Il doit être trouvé immédiatement, » leur dit Falde, l'urgence dans sa voix se faisant entendre.

« Qu'est-ce que Drago garde dans la boîte noire dans son armoire ? » demanda Tom à Lucius.

« Une dague d'argent. Je la lui ai offerte pour son douzième anniversaire. C'est l'un de ses cadeaux les plus précieux. Pourquoi ?

- Harry l'a prise et maintenant, il a disparu. »

Les yeux de Lucius s'écarquillèrent d'effroi. « Tripe ! »

L'elfe apparut dans la pièce. « Oui, Maître Malefoy ?

- Trouves immédiatement Harry ! »

L'elfe disparût sans hésiter. Severus et Hermione les rejoignirent, tous deux habillés dans une robe de chambre. Tom proposa qu'ils se séparent pour effectuer les recherches dans tout le manoir, recrutant chaque invité endormi qu'ils croiseraient sur le chemin. Tous acceptèrent et se dépêchèrent, mais Lucius et Tom restèrent sur place, attendant l'elfe de maison.

Tripe revint avant qu'ils n'aient pu dire un mot, ses yeux écarquillés et exorbités. « Maître Harry être dehors dans les terres, Maître Malefoy. Vous devoir vous dépêcher. Il va se faire du mal !

- Où ? » S'exclama Tom. « Où est-il ?

- Le lac. »

Tom s'avança d'un pas et pâlit quand un cri résonna jusqu'à eux, enveloppant son cœur douloureusement. « Drago.

- Trouves Harry ! Je vais m'occuper de Drago, » dit Lucius.

Falde transporta Tom dans les ombres et Lucius courut jusqu'à la chambre de son fils, la nausée s'emparant de lui en entendant les cris horribles qu'il poussait. Il entra dans la pièce pour trouver Talyn chevauchant son fils, le maîtrisant comme elle le pouvait. Il n'avait pas besoin de demander pourquoi. Les cris de Drago étaient parlants.

« Dieux, achevez-moi ! Tuez-moi, pitié ! Harry ! Harry n'est plus ! » Drago se débattait comme un beau diable, les yeux pâles et sans vie. « Je ne le ressens plus ! Mon Harry ! »

La tourmente dans les yeux de Drago et son chagrin terrible donna les larmes aux yeux à son père, et il se précipita pour aider Talyn à maintenir son fils au lit avant qu'il ne puisse se faire du mal.

« Est-ce que vous avez trouvé Harry ? » demanda-t-elle, la panique s'entrelaçant dans ses mots. « On doit le retrouver avant qu'il ne s'ôte la vie.

- Il est dehors. Merlin… Ne pouvez-vous pas les réveiller ? » supplia Lucius à personne en particulier. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il avait pu se passer. La seule chose qu'ils pouvaient faire pour le moment, c'était de maintenir Drago. Les larmes coulèrent le long des joues de l'elfe sans qu'elle n'y fasse rien comme Drago continuait à crier d'angoisse.

« J'ai besoin d'Harry ! Je dois mourir ! LAISSEZ-MOI MOURIR ! »

… … …

Harry se laissa tomber à genoux dans l'herbe froide et humide, et posa la boîte devant lui. Son corps continuait de trembler de chagrin et de froid. Et quand il ouvrit le couvercle, c'était pour trouver la mort et son compagnon perdu dont il n'entendait pas les hurlements torturés. Il n'entendait pas non plus les cris de Tom et de Falde qui courraient à toute vitesse vers lui. Harry n'entendait rien et ne voyait rien en dehors de la dague qu'il levait dans les airs, visant son cœur de la pointe mortelle. Bientôt, il serait réuni avec Drago.

Tom regarda avec terreur le sourire d'Harry, qui abaissa la dague sans hésiter, criant de soulagement quand Falde tacla son frère au sol et saisit ses mains avant que la dague n'atteigne son but. Harry se débattit avec force, gardant l'arme en main, essayant toujours de la planter dans sa poitrine. La peur s'empara encore de Tom quand il vit que la force qu'Harry employait était presque trop pour le guerrier accompli et il bondit pour l'aider. La peur pour son frère était tellement importante qu'il se mit à le frapper, envoyant des coups de poing au visage du griffondor, ainsi que dans sa poitrine, et à chaque endroit qu'il pouvait atteindre, faisant tout pour qu'Harry reprenne ses esprits. Harry commença à se battre avec Tom et ignora Falde, qui profita du revirement de situation pour enlever la dague de la poigne de fer du brun.

Avec réluctance, le guerrier brisa la main d'Harry. Le griffondor n'eut aucune réaction face à la douleur mais sa poigne s'atténua et Falde put lui retirer l'arme blanche. Tom fit immédiatement disparaître la chose et ceintura Harry avec toute sa force, avant de se laisser tomber sur le dos et de reprendre son souffle. Des larmes s'accumulèrent dans ses yeux quand Harry s'évanouit dans ses bras en pleurant la mort de son compagnon, suppliant tous les dieux existants pour ne plus vivre.

« S'il te plaît, fais quelque chose, » pria-t-il Falde en pressant le visage d'Harry dans son cou pour atténuer ses pleurs. Il ne pouvait plus le supporter. Entendre Harry souffrir autant et étant incapable de faire quoi que ce soit le rendait fou. « Fais que ça s'arrête, Falde ! Putain de merde, aide-le !

- J-je ne peux pas. » La voix de Falde se brisa et il dut détourner le regard. « Ça ne devrait pas arriver. Personne ne devrait avoir le pouvoir de faire ça. Ils sont encore vivants. Ça ne devrait pas arriver, » répéta-t-il dans un murmure brisé. Existant depuis des siècles, Falde n'avait jamais été autant affecté par quelque chose que ce qu'il se passait devant ses yeux. Il suspecta que ça avait un rapport avec le lien de protecteur qu'il avait forgé avec les jeunes. Ils étaient presque comme ses enfants et voir ça lui brisait le cœur. Il se sentait minuscule, complètement inutile. « Je ne sais pas quoi faire, Tom.

- Amenez-le à l'intérieur. »

Luna se tenait à quelques mètres d'eux. Debout dans la lumière pâle de l'astre qui portait le même nom qu'elle. Elle avait l'air différente dans sa longue robe blanche, ses longs cheveux flottant doucement dans le vent. Ce qui changeait le plus de la Luna habituelle était sa stature élégante et l'absence de sourire sur son visage. Ses yeux gris étaient durs et froids comme la glace et ses lèvres étaient pressées fermement.

Tom frissonna et eut le souffle court. A la fois à cause de l'aura qu'elle dégageait et la fureur froide qui formait une aura autour de sa silhouette, et à cause de la froideur des larmes d'Harry qui coulaient sans fin sur sa peau. Falde l'aida, mais le mage noir refusa de lâcher son frère. Il se débarrassa non sans difficulté de sa robe pour couvrir son frère nu et tremblant tandis que Luna s'approchait et les rejoignait dans l'Ombre de Falde.

Ils arrivèrent dans le salon attenant à la chambre des deux compagnons. La pièce était remplie de personnes, tous affectés par les cris du blond et ses plaintes mortelles. Blaise était assis au sol, le dos contre un mur et les yeux fermés, et tenait Ginny contre lui de toute ses forces, les pleurs de la rouquine étouffés dans son t-shirt trempé. Le serpentard gardait les yeux clos car, à chaque fois qu'il les ouvrait, des larmes glissaient. Et Pansy était dans un état pire que lui. Elle s'agrippait à Mme Weasley avec désespoir, toutes deux se consolant comme elles le pouvaient, et Charlie enlaçait les deux femmes de sa vie. Son visage était blanc et il fixait la porte fermée.

Hermione était cajolée par Fred et George, chacun chuchotant des mots rassurants, autant pour elle que pour eux. Elle était incapable de tenir debout, et restait là sans savoir quoi faire, ni comment réconforter son frère. La peine de Drago était aussi la sienne et elle craqua sous l'agonie venant de lui par vague. Elle était là, engourdie, jusqu'à ce que Severus la fasse sortir de la pièce en lui promettant de ne pas quitter le chevet de Drago.

Neville et Dudley étaient aussi dans le salon, ensemble, regardant la porte avec horreur. Neville ne ressentait aucune gêne quand il bougea jusqu'à ce que leurs épaules se touchent. Les cris en provenance de la chambre étaient si froids et désespérés, et le bras de Dudley était tellement chaud, et sincèrement, il avait l'impression qu'il craquerait s'il ne faisait rien pour soulager le chagrin que Drago attisait en chacun d'eux. Sans mentionner l'inquiétude accablante qu'il ressentait pour Harry. L'avaient-ils retrouvé à temps ?

Les autres invités du manoir étaient soit dans la chambre de Drago, ou comme les Londubas et les frères Lestrange, n'avaient pas la force de rester près de la chambre ? Franck Londubas avait dû traîner sa femme hystérique lion d'ici, et les Lestrange avaient eu des réminiscences de leurs années passées à Azkaban à cause des plaintes de Drago. Ce n'était pas qu'ils ne s'inquiétaient pas… C'était juste que la douleur qui se dégageait de lui était trop forte et tangible, touchant tout un chacun, qu'ils soient proches des deux âmes-sœurs ou non.

Quand Falde, Tom et Luna apparurent avec Harry, tout le monde les entoura, posant plein de questions, suppliant qu'on leur dise que Drago et Harry iraient bien. Harry avait arrêté de pleurer et était totalement figé dans les bras de Tom. Le seul mouvement venait de sa poitrine qui se levait et s'abaissait avec sa respiration. Quand Tom baissa les yeux, son souffle s'arrêta un instant : Harry le regardait sans le voir, les yeux vides et flous. Il semblait ne plus rien ressentir et Tom savait que c'était à l'image de son esprit.

« Écartez-vous ! » exigea Luna d'une voix si puissante qu'on lui obéit sur le champ. Elle guida Falde et Tom jusqu'à la chambre où Tom allongea Harry sur le lit, se crispant sous les cris continus de désespoir de Drago alors que son compagnon se tenait à ses côtés. Severus, Talyn, Lucius et Sirius maintenaient toujours le blond et Talyn regarda Falde pour obtenir des réponses. Drago appelait son compagnon perdu alors même qu'il était contre lui, ayant l'air toujours aussi mort et priant de toute son âme sa fin.

« On devrait les mettre dans le coma, » finit par dire Lucius. « Les faire dormir.

- J'ai déjà essayé, » lui répondit Talyn d'une voix sèche. « Rien ne fonctionne.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? » aboya Sirius à l'adresse de Falde. « Pourquoi est-ce qu'il leur arrive ça ?

- Je ne sais pas pourquoi ça leur arrive.

- Ne devraient-ils pas se sentir mieux, maintenant ? » demanda Lucius, avant de soupirer légèrement de soulagement quand son fils se tut et s'immobilisa. « Pourquoi est-ce qu'ils sont allongés comme s'ils étaient morts l'un pour l'autre ? Ils sont de nouveaux ensemble.

- Mais ils ne le sont pas, » murmura Luna avant de ramper sur le lit jusqu'à eux pour caresser le visage de ses deux amis. « Ils sont pris au piège dans une hallucination très puissante. On doit les en libérer dès que possible. Ils ne seront pas en mesure de le faire eux-mêmes. Plus maintenant. » Elle regarda Falde. ? « Je vais avoir besoin d'Ozemir. »

Le guerrier grogna. « Il est allé au Trésor de Dagon. Je n'ai aucune idée d'où ça se trouve. »

Luna hocha la tête avant d'embrasser la joue de Drago, puis celle d'Harry. « J'ai besoin d'un bassin en argent s'il vous plaît, » dit-elle en descendant du lit.

Lucius ordonna à l'un des elfes de maison de lui en apporter un pendant que Luna se dirigeait vers la salle de bain. Tom suivit et au moment où elle était sur le point de le dépasser, il lui bloqua le chemin en la poussant contre la porte, un bras de chaque côté de sa frêle silhouette. Il ne vit pas le soudain rougissement qui colora ses joues que les yeux de la demoiselle se posèrent sur son torse nu.

« Tu n'es pas Lovegood. Qui es-tu et comment sais-tu tout ça ?

- Je suis Luna, vilain. Tu vois ? » elle tira sur son vêtement pour révéler la marque des ténèbres sur son épaule.

Tom grogna et se pencha vers elle, jusqu'à ce que leurs nez se touchent presque. « Réponds directement pour une fois ! Je t'ordonne de me dire qui tu es et ce que tu es ! »

Luna posa une main sur son épaule et le repoussa en arrière de quelques centimètres, le rouge de ses joues s'intensifiant. « JE suis Luna. En ce qui concerne ce que je suis… Tu aurais dû le deviner depuis le temps, Tom. Le démon le sait, lui... » Elle haussa une épaule et le poussa en entrant dans la salle de bain, le laissant béat.

« Est-ce que ça a quelque chose à voir avec l'Héritage de Drago ? » demanda Sirius, avant de lancer un regard penaud face à l'air dépité de Severus. « Je sais que ça n'a sans doute aucun rapport, mais j'ai du mal à croire que ça puisse leur arriver.

- Drago a reçu son héritage la même nuit qu'Harry, » lui fit remarquer Talyn. « Ozemir a dit qu'il n'aurait rien dû se passer cette nuit. »

Hermione revint et ferma la porte derrière elle au même instant que l'elfe réapparut avec un bassin d'argent. Elle observa l'objet avec curiosité en s'approchant de Tom. Il attrapa sa main dès qu'elle fut à ses côtés et ensemble, ils regardèrent leurs frères.

« C'est comme le Baiser du Détraqueur, » leur signala Luna en revenant, la baguette en main. « Ils sont morts sans l'autre moitié de leur âme. Raison pour laquelle les âmes-sœurs, très vite et sans y manquer, se suivent dans la mort. Sinon ils vivent avec un vide les consumant jusqu'à ce qu'ils mettent fin à leurs jours. Quelques-uns, comme ces deux-là, voudront s'ôter la vie, incapable de vivre une seconde sans l'autre. C'est cela qui diffère du Baiser. Ils peuvent toujours réfléchir et agir, mais au minimum. Le monde autour d'eux cesse d'exister, vous voyez ? C'est pour quoi Harry et Drago ne réagiront pas à notre présence. » Luna se concentra sur le bassin qui était maintenant posé sur la table de chevet près de Drago et pointa sa baguette. « Aguamenti.

- Mais... » pensa Hermione à voix haute. « Ils se sont déjà battu par le passé. Ils se sont déjà coupé de l'autre pour agacer l'autre. Et ça n'est jamais arrivé pour autant.

- Ce n'est pas la même chose, » lui appris Luna. « Ils peuvent se couper des pensées de l'autre, mais la présence des âmes-sœurs réside toujours en l'autre, peu importe ce qu'ils font. Ils peuvent toujours être ressenti par leur pendant et sont toujours là, quelque part. Mais dans notre cas, c'est comme si la moitié de leur âme avait été effacée.

- S'il te plaît, dis-nous que ça peut être corrigé, » lui dit Lucius. Il ne se demandait plus comment elle pouvait avoir toutes ces connaissances. Pour l'instant, il n'en avait rien à faire. Luna semblait être leur seul espoir pour aider Harry et Drago.

« Le lien peut être rétabli. Mais on doit nous dépêcher pour que ça ne laisse pas de séquelles permanentes. Surtout dans le cas d'Harry, » finit-elle dans un murmure troublé, et chacun sut ce à quoi elle faisait référence.

« Je veux savoir qui a fait ça, » dit Hermione d'une voix rocailleuse. « Et je me fous si c'est Demai'Tah. Je le tuerai de mes propres mains ! » siffla-t-elle avec véhémence. Tom acquiesça avec force.

« Ça ne peut être Demai'Tah, » annonça Falde. « Ou du moins, je suis persuadé que ça ne peut pas être l'unique instigateur. Il n'a pas le genre de pouvoir pour faire ça, pour bloquer le lien entre deux âmes-sœurs. Et cette aide n'est certainement pas venue de ce sorcier croulant.

- Luna ? » la questionna Severus.

« Laissons Ozemir et Brumek revenir d'abord. On a besoin d'eux. » Une fois le bassin à moitié rempli, Luna entortilla en un chignon et utilisa sa baguette pour les tenir en place. « J'ai besoin de quelqu'un pour m'entailler. Talyn. »

Luna tendit son bras au-dessus du bassin et Talyn s'empara de sa dague. « Non, un ongle. Ça fonctionnera mieux.

- L'entaille ne sera pas nette.

- Utilise une griffe. »

Talyn hocha la tête et fit pousser ses griffes. Elle transperça la chair de la fille rapidement et Luna laissa quelques gouttes de son sang se mélanger à l'eau. Personne ne fut étonné quand elle ne montra aucun signe de douleur. Une fois qu'elle fut satisfaite de la quantité de sang ajouté, elle tendit son bras à Talyn pour qu'elle la soigne tout en plongeant un doigt de son autre main dans le mélange d'eau sanglante et fit tourner lentement le liquide.

Tout le monde se rapprocha pour voir ce qu'il allait se passer. Un doux sourire orna le visage de la serdaigle et elle se mit à chantonner une douce mélodie, un air familier. Cela eut pour conséquence de relaxer chaque personne dans la pièce, en dehors des deux elfes allongés dans le lit. Luna se pencha alors jusqu'à ce que son visage flotte au-dessus de l'eau et souffla dessus, faisant onduler la surface.

« Ozemir, » appela-t-elle gentiment. « Ozemir. Nous avons besoin de Brumek et toi. Ozemir. »

L'eau se mit à vibrer à différents niveau et Luna se pencha encore plus, son nez effleurant les ondes. Puis, tout à coup, elle recula, se couvrant les yeux d'une main en rougissant comme une écolière. L'eau s'agita encore, d'elle-même cette fois. « Oui, Brumek. Je vois ce que vous faites. » Elle se racla la gorge et se penche encore une fois au-dessus du bassin, mais elle garda ses mains sur ses yeux. « Les jeunes ont besoin de votre aide. Venez vite. » Luna se retourna et laissa tomber ses mains, l'embarras clairement affiché sur son visage. Ils savaient parfaitement ce qu'elle avait vu, même s'il ne savaient pas comment elle avait pu le voir. Tous exceptés Talyn et Falde, mais ils étaient tout aussi confus à son propos que les autres. Comment est-ce qu'elle pouvait faire de la magie Ukatae ?

« Luna, chérie. » Sirius s'avança et enlaça ses épaules d'un bras. Avant qu'il ne se remette à parler, il jeta un coup d'œil dans le bassin, mais il n'y avait que de l'eau et du sang. « Un jour, tu devras nous expliquer où tu as appris tout ça. »

Drago commença à gémir, sa tête tournant d'un côté à l'autre comme s'il essayait de se débarrasser de quelque chose. Mais le bruit s'interrompit très vite. Alors que tout le monde souffla de soulagement, parce que tout était mieux qu'entendre ses appels désespérés, Drago sortit du lit et ses hurlements reprirent de plus belle. Il ne pleurait plus mais criait, et quand chaque homme de la pièce le cloua au sol, il devint enragé. Il fut capable de se débarrasser de Sirius et Severus, et il se retourna. Sa main se dégagea, et à l'horreur de tous, il attira la baguette de Lucius et la pointa sur sa tempe.

« Avada- »

Hermione hurla et Tom plongea en détourna la trajectoire de la baguette au moment ou Drago chuchotait le second mot du sortilège qui l'aurait tué, envoyant le sort vers le plafond.

« Faites sortir toues les armes et baguettes d'ici ! Débarrassez-vous de tout ! » leur commanda Falde.

Sirius fit en sorte que Lucius rassemble toutes leurs baguettes et il s'occupa des armes Ukataes, ayant peur que Drago blesse involontairement son père. Une fois qu'ils eurent toutes les armes en mains, ils se précipitèrent hors de la pièce et fermèrent la porte derrière eux avec fracas. Il tint fermement les armes et se laissa glisser jusqu'au sol, laissant sa tête reposer contre la porte.

Molly s'écarta de Charlie et Pansy et s'agenouilla près du blond tremblant. « Lucius ? »

Il la regarda avec un air horrifié. « Drago… Il a tenté de mettre fin à ses jours avec ma baguette… En utilisant le sort de Mort. Il-il a presque réussi. Il veut mourir si fort... Je ne peux pas retourner là-dedans, Molly. C'est au-dessus de mes forces. »

Molly n'avait jamais vu Lucius dans un tel état émotionnel, et la douleur qu'il affichait était si importante que son attachement envers lui s'approfondit. C'est pour ça qu'elle fut capable de mettre ses propres sentiments de côté et de se reprendre. « Les enfants, vous allez récupérer ces baguettes et ces armes et les mettre ailleurs maintenant, » instruisit-elle à Pansy, Blaise, Neville et Dudley. Ils lui obéirent rapidement, heureux d'avoir une raison de s'échapper. Une fois qu'ils étaient partis, Charlie et elle aidèrent Lucius à se relever.

« Viens Lucius. Tu ne peux rien faire de plus que ceux qui sont déjà avec eux. Attendons dans une pièce au calme.

- Je ne peux pas laisser… »

Molly secoua sa tête et pris son bras fermement, le tirant derrière elle, loin de cette chambre qui s'était transformé en enfer.

De nouveau à l'intérieur, Drago luttait toujours contre ceux qui le maintenaient. « Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! » Ses réactions à sa restriction de mouvement soulagèrent un tant soit peu chacun. Cela voulait dire qu'il était conscient de son environnement et des personnes présentes. « Il est parti ! Je dois partir aussi ! Je le veux ! S'il vous plaît, pitié, je veux mon Harry !

- Drago ? Drago, regardes-moi. » Hermione s'agenouilla près de sa tête. Quand elle fit un geste pour lui toucher le bras, il se recula et tourna vers elle des yeux vides. Hermione soupira sa défaite. Elle doutait qu'il sache où il se trouve ni qui était là. Il réagissait seulement au fait d'être tenu à l'écart d'Harry. « Il n'est pas revenu à lui, » murmura-t-elle avant de s'éloigner.

Ses appels incessants d'Harry continuèrent, et à ce stade, les choses allèrent de mal en pis. Harry imita les actions de Drago, mais au moins, il ne s'enfuit pas du lit. Malgré ça, Luna, Talyn et Hermione durent prêter main forte pour le restreindre et ils avaient du mal.

Heureusement, Ozemir et Brumek arrivèrent, tous deux paniqués. Avant qu'ils ne puissent poser de questions, Luna attrapa la main d'Ozemir et l'entraîna vers la porte. « Amènes-les à la salle des Rituels. On doit les reconnecter le plus vite possible. »

Luna lui expliqua la situation d'une voix brusque et autoritaire, ce qui étonna l'érudit. Ça ne ressemblait pas à la fille qu'il connaissait. Mais il se rendit compte que dans ce genre de situations, même Luna ne pouvait pas être égale à elle-même. Il supposa qu'elle s'adaptait à la situation. Personne ne réagirait bien à son comportement actuel. S'il devait être honnête, il avait du mal à croire ce qu'elle lui disait. Il était arrivé quelque chose au lien d'âme-sœur des deux jeunes elfes. Seul un pouvoir d'une grande puissance pouvait interférer.

« Je vois que tu comprends, » dit Luna en entrant dans la salle des Rituels.

Elle alla droit vers la table et tapota son menton. Six bougies apparurent devant elle, trois noires et trois rouges. Elle se tourna et sourit à Ozemir. « Merci ! » piailla-t-elle avant de les arranger en cercle sur le sol. « As-tu déjà effectué cette incantation par le passé ? » lui demanda-t-elle.

Il la regarda tourner autour du cercle, allumant les bougies. « Pas de cette façon et jamais pour cette raison. J'ai- Il se peut que je ne sois pas assez puissant pour retirer le blocage.

- Tu vas réussir ! » elle se mit à rire, comme si ses doutes étaient ridicules. « Pas d'inquiétude. Nous t'aiderons tous. Nous avons un cercle puissant, Ozemir. »

Il y eut un instant de silence qu'Ozemir passa à analyser l'adolescente. Il finit par tousser et détourner le regard. « J'ai accepté Brumek… Oh, mais tu- » il rougit. « Tu l'as déjà vu. »

Le sourire que Luna lui retourna était lumineux. « Et j'en suis très heureuse ! Faites des tonnes et des tonnes d'enfants. D'accord ? La population doit s'agrandir. »

Ozemir ne voulait pas encore penser à ça, aussi resta-t-il silencieux sur le sujet. Il entendit des personnes approcher, l'inquiétude transparaissant dans leur voix, il entendit les cris des jeunes appelant leur moitié… « J'ai échoué à les protéger. J'étais absent et j'ai laissé tout cela arriver, » murmura-t-il pour lui-même.

« Falde et Talyn étaient présents. Ils n'ont rien senti. J'étais là et je n'ai rien ressenti. Tu n'aurais rien pu faire non plus, car il devrait être impossible de base de pouvoir bloquer leur lien, lui répondit Luna avec tendresse en se tenant près de lui et en lui prenant la main. « Une fois que nous aurons défait cela, nous ferons en sorte que ça ne se reproduise jamais, » finit-elle par dire alors qu'Harry et Drago furent amenés dans la salle. Ozemir hocha la tête, pas très convaincu.

« Allongez-les au centre, » il désigna le cercle de bougies, « et prenez position autour du cercle. » Ozemir se tourna vers Severus et Sirius avec sympathie et l'air désolé. « Seuls les Ukataes peuvent rester. Vous devez rester dehors.

- Si nous les déposons et que nous restons à l'écart, ils vont tenter de se faire du mal, » leur rappela Severus.

« Nous pouvons les restreindre ici, » Falde signala alors qu'ils entraînaient avec Tom et Sirius un Drago donnant des coups de pieds furieux et grognant vers le centre du cercle. Ozemir tapa dans ses mains dès qu'ils laissèrent le blond et des chaînes en acier surgirent et entravèrent son torse et ses jambes, le liant efficacement au sol. La même chose arriva à Harry quand Brumek, Severus et Talyn le posèrent près de Drago.

Severus et Sirius traînèrent près de la porte et ne semblaient pas vouloir partir, ce qui était compréhensible. Luna alla jusqu'à eux et leur sourit gentiment. « Tout ira bien, je vous le promets.

-Comment peux-tu promettre une telle chose ? » s'emballa Sirius. « Ce sont nos enfants.

- Ainsi que mes amis, » réitéra Luna d'une voix plus ferme. « Sirius, tout ce stress n'a pas fait de bien à Lucius. Vas t'occuper de lui. »

Sirius soupira de défaite, sachant qu'ils ne seraient pas autorisés à rester, et Luna avait raison concernant le stress… Mais comment était-il supposé partir comme ça ? Le regard fier du maître des potions révéla que leurs pensées étaient similaires.

Heureusement, Tom avait perdu toute patience. « PARTEZ! Vous nous faites perdre du temps à rester ici. Nous ne pourrons commencer que quand vous serez partis. »

Une fois la porte fermée derrière eux, Ozemir s'avança jusqu'à se tenir entre Brumek et Tom, et il tendit ses mains vers les deux jeunes, se concentrant entièrement sur eux. Ce serait un ancien sort, il le savait. Ancien et interdit et très difficile à briser. La première chose à faire était de l'amener au premier plan pour qu'ils puissent voir le blocage physiquement. Il ferma les yeux, et se focalisa uniquement sur les esprits des deux jeunes elfes. C'était compliqué ? Leurs esprits n'étaient pas seulement coupés de l'autre mais ils étaient aussi coupés d'eux tous. Ozemir ne pouvait pas les sentir du tout.

En continuant sa recherche, Luna fit le tour des personnes présente et toucha chacun d'entre eux doucement dans le dos avant de se tenir entre Tom et Ozemir. Elle prit la main de Tom et posa son autre main sur le bras tendu d'Ozemir. Comprenant, les autres firent de même et complétèrent le cercle.

« Nous devons nous dépêcher. Ils sont immobiles et ne disent plus rien, » dit silencieusement Falde, finissant par réaliser qu'Harry et Drago n'essayaient plus de se libérer de leurs chaînes. Ils étaient juste allongés, les yeux ouverts et ne clignant pas.

« Mais ce n'est pas mieux que d'avoir leurs hurlements à la mort ? » demanda Hermione.

Talyn lui répondit. « Non. On les perd. »

La respiration d'Ozemir ralentit et ses yeux s'ouvrirent quand il réussit à se faufiler dans une brèche. Il faillit se retirer en ressentant la puissance de leur désespoir. Ses yeux s'assombrirent et se fermèrent jusqu'à être deux fentes. Quelqu'un avait fait ça volontairement. Une mort instantanée aurait été préférable pour les deux, mais ça- Ça, c'était sans pitié. La plus cruelle des choses qu'il avait pu voir de toute sa vie. La douleur et les ténèbres nourrirent sa colère et il l'utilisa, la fit grandir dans son corps jusqu'à ce qu'il en brûle de rage et ait enfin la force de trouver ce qu'il cherchait.

L'air grésilla autour d'eux et la magie utilisée pour torturer les esprits d'Harry et Drago se manifesta lentement, et des lignes noires brillantes représentaient la puissance du sort. Elles entouraient et étaient liées aux esprits torturés des deux compagnons, réprimant leur magie et leur aura en eux, empêchant qu'elles se libèrent. Et le blocage principal, une sorte de lierre noir pulsant, plus épais que les autres, connecté aux deux corps.

Non seulement pouvaient-ils apercevoir la magie noire, mais ils voyaient aussi des filaments dorés flottant de façon erratique autour des corps, filaments qu'ils supposèrent être le lien d'âme-sœur. Les traits lumineux bougeaient en permanence autour d'eux deux, n'ayant nulle part où aller, et chargeaient la cage de magie noire. Mais elles n'arrivaient pas à se relier les unes aux autres et étaient repoussées sans cesse.

Ozemir rapprocha les deux jeunes elfes avec précaution, surveillant la magie noire pulsant autour d'eux en espérant que sa proximité avec eux ne leur fasse pas plus de mal. Il était à moins d'un mètre quand les filaments se serrèrent autour des deux silhouettes et la noirceur sembla vouloir se propager. Mais il devait absolument la repousser. Il avait besoin de voir tout ça de plus près et savoir avec quoi ils avaient à faire.

Alors qu'il s'avançait d'un autre pas, Brumek devint craintif. « Ozemir, ne t'approches pas trop. » Son compagnon lui jeta un regard agacé par-dessus son épaule en posant le pied qu'il avait avancé, et Brumek secoua la tête à son entêtement, « tu ne sais pas ce qu'il va- »

La magie crépita et crachota, avant d'exploser en envoyant des ondes noires. Ozemir fut projeté en arrière avec force, et les autres bousculés, frappés par l'onde de choc.

Luna commença à rire en se relevant du sol. « Quelqu'un n'aime pas qu'on fouine.

- Nom d'un chien, ça fait mal, » grommela Hermione, Falde l'aidant à se redresser.

Ozemir se réprimanda intérieurement pendant que Brumek lui proposait son aide, tressaillant en ressentant une douleur soudaine dans sa poitrine. « Je m'excuse, tout le monde. J'aurais dû savoir ce qui allait se passer. »

Luna inclina sa tête sur le côté et regarda Tom, « Ne peux-tu pas ériger une sorte de bouclier ? Cette chose semble toujours contrôlée par quelqu'un depuis un autre endroit. Si nous pouvions mettre en place un bouclier pour le déconnecter, nous aurons plus de chances pour briser le maléfice. »

Les sourcils de Tom se froncèrent et il réfléchit à tous les sorts et enchantements qu'il connaissait. Il finit par acquiescer. « J'aurais besoin de ma baguette. »

Luna lui adressa un sourire rayonnant. « N'importe quoi. » Elle posa un doigt sur son front, appuyant légèrement. « Le savoir Ukatae se trouve ici. Mélange-le avec tes connaissances sorcières et rien ne t'arrêtera.

- Si tu es sûre de toi... » il ne semblait pas l'être.

« Tu peux le faire, Tom, » l'encouragea sa sœur. « Si quelqu'un peut le faire, c'est bien toi. »

Évidemment, il ne pouvait plus faire machine arrière maintenant, et le plaisir qu'il affichait à ces flatteries était visible quand il leva les mains en se remémorant des mots du sort qu'il avait créé il y très longtemps. Il lança l'incantation en se demandant si ajouter plus de magie noire était avisé. Mais alors qu'il prononçait les premiers mots, il se rendit compte que ça n'avait pas d'importance, du moment que l'incantation psalmodiée faisait son travail. « Ciniectum defendo saeptum."

Dans un premier temps, rien ne se passa et les épaules de Luna s'affaissèrent sous la déception. Il ne tolérerait aucun échec, aussi scanda-t-il une nouvelle fois son chant avec plus de force et la voix ferme, injectant autant d'énergie qu'il le pouvait dans le sort. Une brume grise s'éleva aussitôt de ses mains et entoura la salle des rituels et tous ses occupants. Quand la brume se dissipa, Tom fut soulagé de voir les murs briller d'argent, indiquant que le sort avait fonctionné, et qu'aucune force extérieure ne pourrait passer au travers. Dès la prise d'effet du sort, le lien vers la magie noire se brisa, rendant l'approche d'Harry et Drago possible et sûre.

« Très bien, » le félicita Ozemir.

Falde intervint doucement. « Que devons-nous faire pour briser ce truc ?

- Le blocage doit être affaibli avant que je ne puisse faire autre chose. Dans cet état, s'il est entier, nous n'aurons aucune chance de le détruire. » soupira Ozemir. « Je ne suis pas certain de savoir comment l'affaiblir.

- Qu'est-ce que tu sais ? » lui demanda Brumek. Ce n'était pas une critique. Il savait qu'Ozemir était brillant et il savait que si l'érudit commençait à émettre des suppositions, cela lui donnerait une idée concrète sur ce qui devait être fait. Ozemir, bien entendu, savait que c'était l'intention de Brumek et il serra sa main de reconnaissance.

« Renforcer leur esprit nous aiderait. Si on peut les faire se rappeler du corps de l'autre… Une influence extérieure leur disant que le corps de leur moitié est proche, ça pourrait faire l'affaire.

-Je sais ! » s'exclama Hermione. Sa réponse instantanée surpris l'Ukatae plus âgé. « Le sang! Ils ne se lassant jamais du sang de l'autre. Parfois j'ai l'impression qu'ils en ont plus besoin que la nourriture et l'eau. »

Luna rayonna face à la suggestion de la griffondor. « C'est une idée merveilleuse, Hermione !

- Oui, » confirma Ozemir, tournant et retournant toutes les possibilités dans sa tête, « le sang possède des composants magiques puissants… Splendide idée, petite !

- Il boivent énormément de sang, » murmura Tom en frissonnant.

« Ne mettez pas cette idée de côté tant que vous ne l'avez pas essayée, » intervint Talyn en récoltant du sang des deux compagnons.

« Brumek et Ozemir, vous allez le leur administrer, » proposa Luna, même si ça sonna plus comme un ordre. Tom la regarda du coin de l'œil et la vit sourire à personne en particulier. Il soupira et ravala son irritation. Décidément, il ne la comprendrait jamais.

« Même si cela ne renforce pas leurs esprits, cela renforcera leurs corps. Les ténèbres de ce sort sont aussi enveloppées autour de leurs corps, même si le sort se concentre sur leurs esprits, » expliqua Ozemir en versant le sang de Drago dans la gorge d'Harry, devant s'y prendre lentement comme le brun faillit le recracher à de nombreuses reprises. Il massa délicatement la gorge du jeune elfe et continua. « Si leur corps regagne un peu d'énergie, cela pourrait aider à annuler la malédiction. L'affaiblir jusqu'à un certain point. Je n'ai pas besoin de grand-chose.

- Tu ne fais que spéculer. Tu ne sais pas- »

Hermione regarda son frère de l'autre côté du cercle, suppliante. « Tom, essayons d'être un minimum positifs, d'accord. Ce comportement n'aide pas.

- Pardon. C'est juste que je- je ne veux plus jamais les voir comme ça.

- Tu aimes tes frères, Tom ?

- Oui, Luna. Énormément. »

Elle serra sa main. « Merci. »

Il cligna des yeux de surprise. « Pour quoi ?

- Ta sincérité à dire tes sentiments détient beaucoup de pouvoir à elle seule. » Elle fit un geste vers Harry et Drago avec leurs mains entrelacées. « Et regarde. Le sort s'affaiblit. »

Les filaments dorés s'illuminaient de plus en plus et avaient l'air de se renforcer, bombardant la sphère noire qui disparaissait légèrement. Ozemir et Brumek nourrissaient toujours les deux elfes de sang, et tous étaient heureux de voir que leurs têtes s'étaient tournées vers les coupes et gémissant désespérément quand elles furent éloignées de leur bouche.

« Merlin, ça marche ! » s'écria Hermione. Les fils d'or n'étaient plus tenus éloignés par la séparation noire et elle crut voir une mèche traverser la barrière. Ozemir et Brumek revinrent à leur place dans le cercle et s'attrapèrent les mains. Ozemir ferma ses yeux une nouvelle fois pour mieux se concentrer sur la destruction des ténèbres entourant les petits.

« Tu peux l'exploser maintenant, Ozemir, » chuchota Luna.

L'exploser fut exactement ce que fit l'érudit. Il se nourrit de la retenue stoïque de Brumek, de la frustration de Tom, de la douleur d'Hermione, de l'amour de Luna, de la déception de soi de Falde, de l'inquiétude de Talyn. Il lia toutes ces émotions avec sa colère noire et démolit les restreintes attachées aux corps. Une fois les chaînes sombres réduites et éliminées, la lumière en provenance du lien s'intensifia à un point que tous durent détourner le regard. Les filaments venant d'Harry et Drago attaquèrent ensemble les derniers résidus de magie noire et se reconnectèrent, faisant disparaître la magie dans un sifflement bruyant.

Les deux elfes enchaînés au sol inspirèrent avec férocité, comme s'ils avaient retenu leur respiration pendant des heures, et leurs corps se mirent à trembler, reprenant leurs esprits et se reconnectant avec le lien brutalement, provoquant un choc dans tout leur être.

« On devrait les plonger dans le sommeil, » proposa hâtivement Talyn, voulant s'assurer de leur santé.

« Laissons-les s'endormir d'eux-mêmes, » lui répondit Luna en se laissant tomber contre Tom. Il était surpris de la fatigue qu'il entendait transparaître dans sa voix et des tremblements de son corps. Il étrécit ses yeux. Elle avait clairement fait plus que ce que les autres et lui avaient pu voir. « D'abord, nous devons protéger leur lien pour que ça n'arrive plus.

- Et comment, » commença Brumek, son ton dégoulinant de sarcasme, « veux-tu qu'on s'y prenne ? »

Ozemir eut l'air scandalisé de la façon dont Brumek s'adressa à Luna. « Brumek, tu ne peux pas t'adresser à elle comme ça ! Ne comprends-tu pas qui elle-

- Tu n'as rien à faire, vilain, » l'interrompit Luna à la déception de tous. Ozemir avait l'air d'en savoir beaucoup plus qu'eux tous sur elle. « Je vais m'en charger. Maintenant, partez et rassurez tous les autres sur l'état de nos deux amoureux. »

Luna s'assit en tailleur aux pieds du brun et du blond et toucha leurs jambe d'une main après qu'Ozemir eut nettoyé la pièce. La serdaigle autorisa les larmes quelle avait gardé jusque-là à couler. Voir Harry et Drago dans cet état avait été plus douloureux pour elle que pour les autres. Elle se mit à entonner une mélodie triste, et un sourire plein de larme naquit sur son visage quand elle vit les rubans dorés de leur lien entouré par de l'argent brillant.

« Là. » Elle fit un signe de tête et sourit quand leurs yeux s'ouvrirent doucement. Heureuse de voir des yeux qui ne souffraient plus. « Si quelqu'un fait une nouvelle tentative, nous le saurons et pourrons agir en conséquence. »

Les lèvres d'Harry se mirent à trembler et des larmes silencieuses coulèrent de ses yeux. Il pouvait sentir Drago maintenant. Sa présence était telle un phare au premier plan de son esprit, mais il était toujours persuadé que ce n'était pas réel. Effrayé que, s'il se tourne, la chaleur qu'il ressentait du corps allongé à côté de lui ne soit qu'une autre illusion.

Luna se pencha en avant et entremêla la main d'Harry avec celle de Drago. « N'ayez crainte. Je promets que ce n'est pas un rêve. Vous êtes tous les deux bel et bien vivants. » Son ton vola jusqu'à eux et les caressa comme de la soie. Elle comprit qu'ils ne se cherchent pas tout de suite. La douleur était encore présente et palpitante, et ils étaient encore terrifiés que ce cauchemar soit vrai.

L'instant où Drago eut la main d'Harry, il craqua à son tour, pleurant le nom de son aimé, le visage affichant tout le mal qu'il avait ressenti. Luna essuya les siennes et enlaça leur cou d'un bras, ravie de voir qu'ils plongeaient leur tête dans son cou pour lui rendre son affection. Drago ne savait pas pourquoi ni comment, mais sa présence était tellement réconfortante, et c'était comme si elle étouffait la douleur. Pour une fois, Drago pensait que sa présence était la bienvenue.

« Chuuuut… N'aies pas peur. » Elle se recula un peu et utilisa son pouce pour effacer les larmes sur ses joues. « Bien. Regardez-vous. Allez. »

Ils tournèrent la tête et se firent face. Des yeux verts et gris se fixant… Drago leva la main pour prendre la joue du brun en coupe. Il sentit la chaleur de son compagnon, sa respiration saccadée et sa peur diminua. Drago prit Harry dans ses bras, berçant l'Ukatae plus fin contre son torse et le serra presque au point de l'étouffer tandis que le brun pleurait. Il le consola et le berça, embrassant ses cheveux, caressant son visage.

Harry.

Je suis resté là et je t'ai regardé mourir ! Pleura Harry. Je n'ai pas levé le petit doigt pour t'aider. Je ne pouvais pas bouger, Drago. Je n'ai rien fait !

Tais-toi, idiot ! Ce n'était qu'un rêve. Quelqu'un s'est amusé avec nos esprits. Je t'ai regardé mourir. Je t'ai vu te noyer dans une flaque de sang, encore et encore. Et moi, je restais là et rigolais ! Dieux…

Ce n'était pas réel, murmura Harry, le besoin de réconforter son compagnon éloignant sa culpabilité. Nous sommes vivants.

Luna sourit et se leva. « Maintenant, écoutez-moi très attentivement. Je sais que ça va être dur. La douleur ne va pas s'effacer tout de suite, mais vous êtes forts, tous les deux. Ne laissez pas la personne qui vous a fait ça gagner en succombant à la douleur. Rien de tout ça n'est réel car vous n'êtes pas mort. Vous allez continuer comme si rien de tout ça ne s'était passé. Vous êtes des Empereurs, » déclara-t-elle avec force. « Vous allez sortir d'ici et faire un bras d'honneur au monde pour la peine que vous avez subie, et ensuite vous pourrez rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui vous ont fait ça. Vous devez être forts. »

Les yeux de Drago s'agrandirent et Harry bougea pour pouvoir l'observer, mais garda sa joue fermement pressée contre le torse de Drago. « Hum… Luna ? Tu es bizarrement raisonnable. »

Luna gloussa et tortilla une mèche de cheveux autour de son doigt. « Je sais ! Je déteste quand ça arrive. » Elle fit un geste de la main et sortit de la salle.

… … …

« On a failli les perdre, » murmura Tom à voix basse. Hermione, qui était assise à sa droite et blottie contre Severus, gardait les yeux fermés, refusant d'y penser. « Si Lovely n'était pas venue me chercher, Harry serait mort à l'heure qu'il est. J'ai traversé le jardin aussi vite que j'ai pu pour attraper la dague qu'il allait se planter. Il était sur le point de se poignarder dans le cœur… » Il se pencha en avant et frotta les paumes de ses mains contre ses yeux. « Il le voulait tellement… Et puis- » sa voix se brisa, et il prit une respiration flageolante, « et puis Drago a mis la main sur cette baguette-

- S'il te plaît, arrête, » chuchota Hermione.

Molly se redressa et traversa la pièce. Elle posa une main sur le bras de Tom, voulant le réconforter. Il était clair pour tout le monde que les émotions de Tom bouillaient en lui et il ne savait pas comment les gérer. Mais quand elle le toucha, il tressaillit.

« Ne me touche pas, » siffla-t-il en se levant. Voyant son regard abattu, il soupira, « Je suis désolé… Mais je- je ne devrais pas ressentir tout ça… Je ne veux pas. »

Tout le monde le regarda pendant qu'il quittait la pièce. Personne n'était vraiment surpris qu'il ait ce genre de réaction. Même Molly n'était pas vraiment vexée. S'arrêtant avant d'atteindre la porte, Tom se retourna et les regarda tous. « Je veux que Drago ne sache jamais à quel point Harry était proche de se planter cette dague. Et Harry ne saura pas ce que Drago a failli réussir. Jamais ils ne le sauront. Est-ce que je me suis fait comprendre ? » Il partit avant de recevoir une réponse, sachant qu'on lui obéirait.

Severus se tint droit, les yeux fixés sur le mur opposé au sofa qu'il occupait, caressant d'une main absente la tignasse d'Hermione. Il pouvait dire en toute honnêteté que les cris de Drago avaient été la pire chose qu'il avait jamais entendu. Quelqu'un avait commis un crime atroce contre ses garçons, forçant Harry et Drago à penser qu'ils étaient amputés de leur moitié à jamais. Il pouvait silencieusement avouer qu'il était reconnaissant de ne pas avoir à affronter leur peine et heureux qu'Hermione et lui ne soient pas des âmes-sœurs. C'était insensible de sa part de penser ça, mais après avoir été témoin des événements de la soirée… Vraiment, qui voudrait d'un compagnon, sachant qu'un jour, quelque chose du genre pourrait vous arriver ?

Lovegood entra dans la pièce peu après le départ de Tom et les informa qu'Harry et Drago allaient aussi bien qu'ils le pouvaient considérant les circonstances, et elle leur annonça qu'il n'y aurait pas de séquelles ni d'effets secondaires. Elle se mit à sourire à chacun d'entre eux, et Severus se demanda encore qui elle pouvait être. Comment savait-elle tout ça ? Comment faisait-elle les choses qu'elle avait faites ? Et pourquoi agissait-elle comme elle le faisait maintenant ? Arriver sans s'annoncer, sourire en regardant autour d'elle avec des yeux hébétés comme si le monde n'était qu'une sphère géante entourée d'un brouillard d'hallucinogènes joyeux. Pourquoi refusait-elle de donner une réponse à la question de Tom sur ses origines ? Parce qu'il était clair que ses origines n'avaient rien à voir avec celles de Xenophilius Lovegood ou l'Angleterre, pour ce qu'il en savait. Elle n'était tout simplement pas humaine.

Hermione frissonna et il resserra sa prise autour d'elle. Il hésita à la ramener au lit, mais quand il la regarda, il vit l'inquiétude dans ses yeux et sut qu'elle ne dormirait pas. Regardant autour d'eux, il s'aperçut que ce serait la même chose pour tous les autres. A moins qu'il ne distribue des potions de sommeil sans rêve, personne n'arriverait à trouver le sommeil. Il le proposa, mais tout le monde refusa. Et Severus les comprit. Même s'ils prenaient la potion, ils craignaient d'être hantés par les cris d'Harry et Drago cherchant la mort.

Après quelques minutes, Charlie réussit à entraîner sa mère et Pansy dans leurs lits, Blaise et Ginny disparurent dès qu'on leur dit que le sort avait été retiré, promettant de revenir le lendemain. Ginny n'avait cessé de pleurer pendant tout ce temps. Les jumeaux partirent seuls, parlant de se bourrer, et invitèrent Neville et Dudley avec eux car ils semblaient en avoir besoin. Les deux acquiescèrent et les suivirent, pâles comme la mort. Sirius avait l'air de vouloir les accompagner, et Severus ne pouvait qu'être d'accord. Une boisson forte ne ferait pas de mal. Sirius, malgré tout, ne suivit pas et força Lucius à aller se coucher avec lui.

Severus pria Merlin qu'Harry survivrait à cette épreuve. Il ne doutait pas que Drago y arrive car le blond était fort. Pas qu'Harry ne le soit pas. Severus connaissait la force de caractère de son neveu. Mais Harry avait été attaqué mentalement toute sa vie, et se faire arracher la seule ancre solide à laquelle il avait pu se rattacher allait jouer sur sa santé mentale. Et, bien que le lien soit reconnecté, Severus savait que cela prendrait du temps avant qu'Harry oublie ce qui était arrivé cette nuit.

… … …

L'héritier des Malefoy était assis en silence sur une chaise longue, observant le feu crépitant de ses yeux argentés qui brûlaient avec autant de force que les flammes. Il se tenait parfaitement droit et immobile, une main plongée dans les cheveux d'Harry dont la tête était posée sur sa cuisse. Son autre main serrait l'accoudoir fermement, ses griffes déployées transperçaient le vieux bois façonné avec élégance. Drago était tellement crispé que ses phalanges étaient blanches et sa main serait raide quand il aurait réussi à dominer sa colère.

Mais pour l'instant, Drago bouillait et tous ceux à proximité pouvaient en ressentir la pression. Il n'était pas étonnant que tous en dehors des gardes Ukatae aient bougé à l'autre bout du manoir. Le pouvoir déchaîné qui émanait du blond était simplement trop pour des humains.

Il se passa une éternité avant que Drago ne parle. Il y avait quelque chose dans sa voix qui n'était plus pareil, selon les elfes adultes. Il parlait doucement, dans un murmure dangereux avec une pointe de dureté. Un ton qui faire naître la peur chez n'importe qui. Il ne dit qu'un mot. « Falde. »

Falde avança précipitamment, toujours étonné que Drago autorise sa présence et celle des trois autres gardes dans la même pièce avec eux. Mais avec l'intonation qu'émit le nouveau souverain, il comprit qu'ils allaient être sévèrement réprimandés. Non pas qu'il pensait ne pas le mériter, au contraire. Ils avaient misérablement échoué à protéger la nouvelle lignée et les jeunes avaient été beaucoup trop proches de devenir les victimes de… Quelqu'un.

Il s'arrêta près d'un côté du siège, pour ne pas empêcher Drago contempler l'âtre. Et s'il était vraiment honnête, Falde ne voulait pas entrer dans la ligne de mire des yeux argentés flamboyants. Mais il se retrouva tout de même sous le regard intense de ceux-ci et en trembla un peu, chose qui ne lui était jamais arrivé auparavant, pas même sous le regard des anciens dirigeants. Drago se déployait dans tout sa nature, et ses lèvres se retroussaient un peu quand son regard se posa sur Falde.

Ses crocs brillaient dangereusement sous la lumière du feu et un petit grondement se faisait entendre pendant qu'il étudiait le guerrier expérimenté. Il y avait quelque chose dans les yeux de Drago qui terrifiait Falde et le remplissait d'assurance tout à la fois. Leur royaume se redresserait et serait dans de très bonnes mains dans un futur proche. Demai'Tah n'aurait aucune chance contre lui une fois son plein potentiel atteint.

Toutes ses pensées se passèrent en quelques secondes. Falde se laissa bien vite tomber sur un genou et posa un poing contre sa poitrine. « Nous demandons votre pardon. »

Les yeux de Drago s'étrécirent. « Notre pardon ? Est-ce que tu penses que c'est important? Tu crois vraiment qu'une excuse changera quelque chose ? Que ça retirera tout ce qu'il s'est passé- » le blond fit une pause quand Harry serra son genou et lui chuchota quelque chose de trop silencieux pour que Falde puisse entendre. Quoi que le brun ait pu dire, cela calma un peu le blond, et quand il se remit à parler, sa voix ne tremblait plus de rage. « On se fiche de ça, » dit-il plus doucement mais tout aussi froidement, « et nous ne voulons pas vous entendre supplier pour avoir notre pardon. » Il fit un petit signe de l'index et Falde se releva aussitôt.

« On nous a dit qu'un lien d'âme-sœur ne pouvait être brisé, » dit Harry sans ouvrir les yeux. Sa voix était beaucoup plus douce et permit à Falde d'apaiser ses nerfs, même si cette voix faible et effrayée lui donnait aussi envie de prendre pour lui toute la souffrance dans laquelle Harry semblait toujours plongé. « C'est donc quelqu'un avec d'immenses pouvoirs qui a fait ça. Ozemir ? Savais-tu qu'il était possible de bloquer un lien comme le nôtre ? »

Ozemir s'avança immédiatement, s'empêchant de justesse de serrer les jeunes elfes contre lui. Drago ne supporterait pas une telle affection pour l'instant. « Non, jeune elfe. Je ne savais pas que cela était possible. Des liens comme le vôtre sont créés par le Destin. Ils sont censés être indestructibles. Toute ma vie, je n'ai jamais entendu parler d'une telle chose. Quiconque étant le responsable est allé contre les lois cosmiques. De terribles répercussions vont arriver pour ceux qui jouent avec le Destin. Personne n'avait jamais osé dans le passé. »

Drago prit une profonde inspiration avant de parler. Et ses yeux avaient perdu un peu de leur froideur. « Tu n'aurais donc jamais pu prédire ce qui est arrivé. Par conséquent, vous n'auriez pas pu nous protéger. Ne perdons pas plus de temps avec des excuses inutiles et injustifiées, et concentrons-nous plutôt sur l'identité du responsable. Demai'Tah ? » il proposa le plus évident.

Ozemir regardait le tapis sur lequel il s'était agenouillé face à Harry. Il fronça ses sourcils et secoua la tête. « Il n'aurait pas pu faire ça sans aide… » Il leva le regard et ses yeux s'agrandirent de réalisation. « Et cela vient de me faire comprendre autre chose. »

Drago fit un signe de tête pour l'inciter à continuer. « On t'écoute. »

Il s'était passé tellement de mauvais événements cette nuit, mais Falde sentit le coin de sa bouche s'étirer sensiblement. Voir Drago… Prendre ses horribles événements et les utiliser. Il en ressortait plus grand, assis là, dans toute sa splendeur, tel le dirigeant qu'il était. Correspondant parfaitement à la prophétie de leur souverain tout puissant. Sans aucun doute dans le regard. Il n'était que pouvoir et en semblait parfaitement conscient. C'était stupéfiant et cette vision du blond coupa le souffle du Commandant. Regardant vers Talyn et Brumek, il put voir qu'ils pensaient exactement la même chose.

Ils étaient fiers et Falde ne doutait pas que si le père de Drago était présent pour voir ça, il le serait tout autant. L'attitude de Drago ressemblait beaucoup à celle de Lucius Malefoy, même si le jeune ne le réalisait pas. Lucius avait fait du bon travail en éduquant Drago comme le futur dirigeant des Ukatae. Les idées et l'esprit, la stature, la grâce, l'intelligence, le danger et la force. Tout y était, et cela aurait pu être étrange, mais Drago avait tout pris de ce que son père lui avait enseigné, en vue d'être la personne forte qu'il envisageait. C'était le Destin, encore une fois. Et sans doute l'amour tordu d'un père.

« Notre guerre. Les guerres civiles, » commença à expliquer Ozemir. « Les combats incessants et le retour de Demai'Tah… Il aurait dû mourir, mais il a survécu. Il est vivant depuis ces cinq derniers siècles et quelqu'un doit le protéger et l'aider. Il a aussi des troupes, je le sais. »

L'érudit se rassit sur ses talons et prit un moment pour regarder chaque personne présente dans la pièce. Ils attendaient patiemment la suite. Ils savaient qu'il avait une piste. Il prit une soudaine inspiration avant de continuer. « Les guerres civiles continues semblent faire sens, désormais… » dit-il comme s'il continuait à penser à voix haute. Le grondement soudain de Drago sembla le ramener au présent et d'un geste du poignet, il fit apparaître un parchemin qu'il tendit au blond. « Notre Mère m'a confié ce parchemin. Dans le rêve avec Dagon… Je n'ai pas réussi à tout déchiffrer, mais le peu que j'en ai compris n'est pas pour me rassurer.

- Explique-nous ce que tu sais, » demanda Drago en passant le parchemin à Harry qui y jeta un coup d'œil. Il ne comprenait rien de ce qu'il avait sous les yeux, aussi le tendit-il à Falde qui avait tendu la main. Il prit plus de temps à l'étudier et Ozemir reprit ses explications.

« La Mère n'est pas la seule déité à être vénérée par notre race, jeune elfe. Il y en a plein. Certains ne sont pas réels, d'autre le sont. Une en particulier. Une déesse supérieure qui est apparue en même temps que notre Mère, en même temps que notre race est née.

- L'Histoire raconte que la Mère a détruit cette déesse, sa sœur, parce que cette dernière cherchait à annihiler non seulement notre race, mais de nombreuses autres. Les mondes, nos mondes sont reliés et nos royaumes, sont censés être occupés par plus d'une race, mortelles et immortelles. C'est l'équilibre naturel des choses. Et, évidemment, on a craint que cette déesse réussisse, et qu'elle détruise aussi les Ukataes. »

Harry se remit en position assise et se pencha en avant, clouant l'érudit sous son regard vert intense. « Alors, en te donnant ce rouleau, la Mère nous prévient que maintenant, nous combattons Demai'Tah, aidé par une déesse tournée vers la destruction de tous. J'ai bien résumé ? »

Ozemir eut la décence de paraître penaud quand il lui répondit, « Eh bien, oui. C'est la conclusion que j'en ai tiré. »

Harry souffla d'agacement. « Génial.

- Est-ce qu'on peut s'attendre à recevoir de l'aide de la Mère, dans ce cas ? » voulut savoir Drago.

« Techniquement, elle n'est pas censée le faire. Les déités ne sont pas censées interférer dans les vies des êtres inférieurs. C'est l'une des raisons pour lesquelles les déités rebelles, celles qui ne peuvent être capturées, sont prisonnières à tout jamais. Toutefois, » Ozemir se dépêcha de compléter en voyant Drago ouvrir la bouche, sachant parfaitement que le blond n'allait pas accepter aussi facilement ce qu'on lui disait, « La Mère nous a déjà apporté son aide. Et elle continuera à nous assister. Je peux vous jurer qu'elle est plus proche de nous que ce que vous croyez. Les règles ont changé concernant ce qu'elle peut et ne peut plus faire désormais. » Ozemir eut alors un immense sourire. « Elle est tellement intelligente, notre Mère !

- C'est une bénédiction, alors, » murmura doucement Harry comme Drago le serrait contre lui.

« Vous pouvez tous sortir, » ordonna Drago, et une fois qu'ils furent tous partis, il se détendit un peu plus et posa un bras autour du brun. Nous devrions probablement parler de ce qu'il s'est passé ce soir. S'il te plaît, mon amour, dis-moi que tu vas bien.

Les pensées de Drago rejoignirent bien vite celles que Severus avait eu plus tôt. Il ne fallait pas jouer avec la santé mentale d'Harry. Mais à l'inverse de Severus, il savait que l'esprit du griffondor s'était renforcé et que leur transformation Ukatae avait fait des merveilles sur son rétablissement, ainsi que la création de leur lien, mais malgré ça… Il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Il souffrait et la terreur plantait ses griffes en lui, mais il pouvait les tenir éloignés parce qu'il avait Harry dans ses bras, vivant et en bonne santé. C'est tout ce dont avait besoin Drago pour passer à autre chose.

Harry resta silencieux, fixant le feu en essayant de remettre de l'ordre dans son esprit et des mots sur ses émotions. Il finit par se pencher en avant, profitant de la chaleur sur son visage. Je n'avais jamais pensé ce que ça pouvait être de te perdre. Je n'aurais préféré jamais le savoir. Avons que nous sachions pour le lien, tu étais toujours là, dans un coin de ma tête. Tu vois ce que je veux dire ? A l'époque, je ne comprenais pas ce que ça signifiait. Tu connais le dicton 'loin des yeux, loin du cœur' ? Eh bien, parfois, tu étais loin de mes yeux, mais jamais tu ne quittais mon esprit. Jamais. Parfois, ça m'effrayait. Hermione disait que j'étais obsédé… Il lui lança un regard timide par-dessus son épaule et rit quand il vit le sourire satisfait de Drago. Je pensais que c'était parce que tu étais tellement chiant. La plupart du temps, je voulais te faire du mal à cause de ça. Pourquoi est-ce que tu envahissais mes pensées en permanence ? Je ne voulais pas penser à toi, mais tu ne disparaissais pas. Ça me faisait sacrément suer. Tu étais un tel connard !

Drago tira sur les pointes de cheveux d'Harry pour le faire reprendre place contre le dossier. J'ai adoré chaque minute où tu étais frustré, je peux te l'assurer. Quand on a commencé Poudlard et que tu as rejeté mon amitié cette première année, c'est à ce moment que j'ai passé la plupart de mon temps à réfléchir comment faire de nos rencontres à l'école un enfer pour toi. J'y ai passé tellement de temps que Blaise et Pansy m'ont dit que j'étais tout aussi obsédé… Et les suppositions de Blaise sur le pourquoi de mon obsession étaient correctes, Pansy quant à elle n'a jamais deviné. Je suppose qu'elle ne m'a pas entendu fantasmer pendant des nuits comme Blaise. J'ai oublié de temps en temps de lancer une bulle de silence sur mes rideaux.

Un immense sourire naquit sur le visage d'Harry alors qu'il calait sa tête sous le menton de son amant. Ça lui faisait du bien de converser mentalement. De sentir les pensées et non pas seulement les entendre, et cela l'aidait grandement à chasser le contrecoup des événements récents. Sans prévenir l'autre, ils s'envoyèrent des ondes réconfortantes, des petites caresses mentales, un tirage de langue (dans le cas d'Harry), et des yeux au ciel (dans le cas de Drago).

Mais la bonne humeur de Drago se ternit quand il vit la joie dans les yeux d'Harry disparaître, la main tremblante du brun ravageant ses cheveux en pétard. Je n'aime pas que les gens foutent en l'air ton bien-être mental, pensa Drago.

Harry rit soudainement. Ils ont fait pareil avec toi.

Drago caressa la nuque d'Harry avant de se tourner vers lui et de faire glisser une jambe sur les cuisses du griffondor. Chevauchant à moitié le brun surpris, il pressa sa bouche contre la sienne et gloussa contre les lèvres de son amant. Oui, mais tu es tellement plus délicat que moi.

Sale gosse. Harry sourit et se tourna pour qu'ils ne soient plus dans une drôle de position, avant de l'embrasser. Il gémit quand Drago approfondit le baiser.

Le blond poussa Harry jusqu'à ce qu'il soit allongé de tout son long. Tu m'aimes comme ça, dit-il d'un air satisfait.

Harry recula légèrement la tête pour pouvoir le regarder. Merlin, son âme pleurait encore, mais de soulagement cette fois-ci. Seulement… Son esprit semblait prêt à se briser en un millier de morceaux à tout moment et il l'aurait déjà fait s'il s'éloignait de son compagnon un peu plus. Mais Drago ne semblait pas prêt à le laisser s'éloigner dans le futur.

Drago, peux-tu- Harry s'interrompit et se tourna vers les flammes une fois encore, maudissant la rougeur qui s'emparait de lui. Il sentit des doigts soulever son menton pour le faire tourner le regard vers son âme-sœur.

Drago sourit avec adoration en fourrant son nez dans le cou du brun. Est-ce que je peux quoi ?

Me faire l'amour ? Il se renfrogna quand le rire de Drago résonna dans son esprit.

Tu es tellement adorable quand tu agis comme une lycéenne effarouchée, Harry. Vraiment.

Hey ! Je ne suis pas une foutue vierge effarouchée, trou de balle ! Et je ne suis certainement pas une fi- Mmmm…

Drago arrêta facilement les protestations d'Harry en s'allongeant sur son amant mécontent et en effaçant sa colère sous ses baisers. Il en profita pour le déshabiller et le faire se tordre de plaisir sous ses mains, remplaçant leur appréhension par une passion renouvelée. Sa dévotion à aimer le corps d'Harry était ardente et tendre, et il se perdit dans les attentions ferventes avec lesquelles Harry lui répondit.

Drago brûla d'avidité en sentant les muscles fins mais puissants trembler sous ses caresses. Son propre corps tremblait alors qu'il goûtait la peau humide de son amant. Des respirations saccadées et des gémissements accompagnèrent le craquement des flammes dans l'âtre, chassant la fraîcheur qui s'était établie dans la pièce pendant la nuit. Les entourant de chaleur et de sueur, un feu interne les consuma et brûla les dernières craintes et les mauvais souvenirs de la perte de leur moitié. Chaque bruit, chaque geste était un magnifique rappel qu'ils étaient vivants, ensembles, et connectés pour toujours.

Drago se recula un peu et laissa ses mains reposer sur les cuisses écartées de son amant. « Harry. »

Des yeux verts assombris par le désir rencontrèrent leurs compères argentés déterminés. Un sourire en coin apparut sur le visage du blond. Un sourire en coin qui rendit Harry un peu nerveux et dont les battements de cœur résonnèrent fortement à ses oreilles. Tout à coup, une partie de son corps fut soulevée du canapé, ses jambes écartées et fermement maintenues de part et d'autre de ses épaules, et il hoqueta quand la tête de Drago disparut complètement entre ses jambes.

Un gémissement gourmand s'échappa du blond alors qu'il insérait sa langue dans les tréfonds d'Harry de la plus exquise des façons tout en enserrant son sexe, faisant frissonner et siffler de plaisir le griffondor. Harry devint presque aveugle sous l'intensité de ce qu'il ressentait. Il n'était pas capable de parler de façon cohérente ni même d'émettre la moindre pensée réfléchie, et ne pouvait empêcher son corps de trembler. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites alors que Drago continuer avec sa merveilleuse torture. C'est alors que la bouche du blond se déplaça jusqu'à son pénis et qu'il lui mit deux doigts.

« Ah Drago, je n'en peux p- » un cri inarticulé le saisit et il essaya de faire entrer de l'air dans ses poumons en feu. « Je vais venir ! Laisses-moi jouir ! »

Drago s'écarta avec un grondement plein de fierté animale, recueillant son amant dans une étreinte. « Non. Ensemble. On va jouir tous les deux. »

Harry ne sut pas vraiment comment Drago avait fait ni comment, parce que son esprit n'était plus que de la mélasse, mais il se souvint qu'un instant, il était allongé sur le canapé avec la bouche de Drago partout sur lui, et l'instant d'après, il était sur le lit et le blond était profondément enfoncé en lui. Drago avait attrapé ses poignets et tiré vers le haut, les gardant joints au-dessus de sa tête d'une main en souriant de satisfaction quand Harry gémit et se tordit de désir sous lui. Il voulait voir jusqu'à quel point il pouvait aller avec ce type de torture.

« Est-ce que tu vas bouger ? » s'essouffla Harry en levant ses hanches, faisant pénétrer encore plus Drago.

Le cri de plaisir qu'il arracha à Drago fit sourire le brun qui leva encore une fois ses hanches. Son amant lâcha ses mains pour pouvoir fermer ses bras autour de sa frêle silhouette et le maintenir immobile. « Je ne veux pas que ça se finisse trop vite, » grogna-t-il. Bien qu'il ne soit pas certain de savoir comment il allait tenir le coup, concentré qu'il était sur le cul d'Harry et voulant le baiser à lui en faire perdre la tête.

« Mais Drago... » gémit le griffondor. S'il te plaît…

« N'essaies même pas de me presser ! » Il couvrit la bouche du brun rapidement, l'entraînant dans un baiser qui lui donna la chair de poule pour l'empêcher de commencer à parler en fourchelangue, son point faible.

Harry geignit dans la bouche de Drago comme celui-ci reprenait ses mouvements de hanches. Entrant et sortant lentement et avec plus de maîtrise qu'Harry n'avait jamais vu Drago posséder. Il entraînait Harry au-delà de ses limites tout en l'empêchant d'exploser. Tu veux me rendre fou !

Drago quitta sa bouche et passa un bras autour du cou d'Harry, le soulevant jusqu'à ce que le griffondor se retrouve assis. « Tiens-toi à moi. » Harry se mordit la lèvre en fermant ses bras autour du dos musclé de son amant et en plongeant sa tête dans son cou. Le serpentard accéléra son allure, et bientôt, Harry allait à la rencontre de ses coups de hanches, poussant quand Drago se soulevait, avalant toujours plus profondément la bite du blond jusqu'à ce qu'il ne puisse retenir un cri d'extase.

A ce moment, il sentit le contrôle de Drago craquer. Les muscles du blond tremblaient sous ses doigts et il relâcha sa prise sur son compagnon pour se laisser tomber sur le matelas, pas loin du point de rupture. Il ne put que chercher à agripper la tête de lit derrière sa tête quand Drago cala des oreillers sous lui, puis attrapa ses hanches avant de donner des coups de butoirs.

Drago regarda son amant aux yeux verts avec intensité. Il regarda les yeux brillants du brun s'écarquiller et son sublime visage se rendre face à l'orgasme exceptionnel qui l'assaillait. Il se délecta des halètements qui traversaient les lèvres rouges et gonflées de son compagnon, et l'extase s'empara de lui à son tour, le blond l'accueillant bien volontiers après avoir satisfait Harry. Il ferma les yeux et cria son propre plaisir, jouissant avec tellement de force qu'il s'étouffa presque sous les vagues de plaisir qui le percutaient.

Drago eut à peine la force de s'empêcher d'écraser Harry de tout son poids et se laissa doucement retomber de ses bras sans force. Harry le prit aussitôt dans ses bras, se rassasiant de l'odeur qui se dégageait des mèches blondes.

Drago serra ses bras autour de son griffondor. « Tu es à moi. Tu m'appartiens toujours. Et je ne te laisserai jamais partir, Harry. »

Il fallut à Harry quelques secondes avant de pouvoir lui répondre. « Comment peux-tu encore parler ? »

Drago eut un sourire en coin dans le cou de son amant. « Je t'avais dit que j'étais plus fort que toi. » Il cria soudainement quand Harry lui pinça les fesses pour une telle réflexion.

« Demains, je te montrerai qui est le plus fort.

- Hummmm… » Drago resta accroché à Harry alors qu'il roulait sur son dos, nettoyant leurs corps et les draps d'un informulé. Le griffondor attrapa la couverture et la tira avant de reprendre sa place habituelle contre le torse de son blond.

Le soulagement balaya Drago quand Harry s'endormit comme à son habitude sous les caresses dans ses plumes. Continuant ses caresses dans les ailes du brun, Drago pria avec ferveur de voir un changement de couleur apparaître en elles dans un futur proche. Cela les aiderait définitivement à oublier l'horreur qu'ils avaient traversé cette nuit. Intrinsèquement, il savait qu'un bébé ne les rendrait que plus forts. Un bébé signifierait le début de leur nouvelle vie en tant qu'Ukataes. Le début d'un nouveau chapitre.