RARs :
Yuugure : Je te remercie chaleureusement pour ce compliment ^^ J'espère ne pas te décevoir avec cette suite (moi elle ne me déçoit pas en tout cas ;) Enfin, j'ai terminé de poser l'introduction et on peut finalement passer à ce qui nous intéresse vraiment ! Je te souhaite une très bonne lecture, des bisous !
A.F : Dis-donc j'ai fait pleurer trop de gens avec cette fin ! Mais, je suis d'accord avec vous, je l'adore aussi ! Haku et Gaara sont socialement instables dirons-nous, haha, mais nous les aimons quand même ! Sasuke s'en prend plein la figure parfois, mais il finit toujours par revenir à la raison et c'est ça qui le différencie de ces prédécesseurs. Un grand merci pour ton soutien, j'attends tes review avec beaucoup d'impatience ^^ Je te souhaite une bonne lecture, bisous !
Elodidine : Merci beaucoup pour ce compliment, je trouve aussi ! L'auteure a trouvé LE truc qui nous rallierait tous à sa cause, hahaha ! Je t'embrasse et te souhaite une très bonne lecture !
Raph1978 : Oh, c'est adorable, un grand merci ! De mon côté, j'ai trouvé la reine du fandom chez nos amis les anglo-saxons et je ne la lâche plus, haha, je risque de traduire d'autres de ces fictions, mais pour l'instant, restons sur celle-ci vu qu'elle plaît ! Merci également pour tes compliments sur ma traduction, je fais de mon mieux ^^ (même si je n'ai pas de bêta, aïe…) Je te souhaite en tout cas une très bonne lecture, des bisous !
Nosh : J'espère que tu as passé de bonnes vacances, et je suis ravie de voir que tu attends avec impatience les chapitres, c'est cadeau (presque), haha ^^ Dans le 04 : pauvre Iruka qui ne se doute de rien ! Ne t'inquiète pas néanmoins, l'auteure à pour habitude d'aller dans le fond des choses avec les personnages sur lesquels elle écrit, et Iruka ne fait pas exception. Tu comprendras ce que je viens de te dire très bientôt (d'ailleurs ça commence à se voir dans ce chapitre avec certains personnages !). Et dans le 05 : cette fin ! je l'avais dit ! Elle est excellente ! Tu as reconnu ceux qu'on pouvait reconnaître j'espère (ceux d'Oto en particulier, je les aime) ! Sasuke, nous sommes d'accord, est adorable, surtout quand il est chibi comme ça (ça ne va pas durer X) Comme tu dis, mais, tout de même, il s'est rendu compte de leur connexion assez tôt, même si son obsession envers son frère lui a fait un peu perdre le fil sur le coup. J'ADORE ta théorie, et je pense bien que je l'avais eu également lors de ma première lecture ! Néanmoins, Kagami et Arashi étaient de très bons amis, non des amants, donc ça ne colle pas si nous voulons des réincarnations parfaites. Non, Kagami a une place (secondaire) très importante par ses relations avec d'autres personnages (oui, oui, tu vois bien, PLURIEL. J'ai hâte de voir si tu es de ceux qui comprendront ce qu'il se passe avant tout le monde !) Quoi qu'il en soit, je l'aime ce Kagami là (comme j'aime l'autre d'ailleurs, tu sais, le vrai mdrr). Merci pour tes mots de soutien, je t'embrasse et te souhaite une bonne lecture ;)
Com : Oww, merci beaucoup, ravie qu'elle te plaise, et surtout que ma traduction rende honneur à la grandeur de cette histoire (hum hum), haha. Non, vraiment, cette histoire est géniale et a énormément de potentiel, j'ai hâte de vous en faire lire plus ! En attendant, voici le premier chapitre qui marque la fin de l'introduction : une bonne lecture. Des bisous !
chapter 06: impromptu introductions
[Impromptu : Composition musicale libre, semblable à une improvisation, et généralement écrite pour un seul instrument, comme le piano.]
Kabuto en rêvait plus fréquemment qu'il ne l'admettrait jamais en état de sobriété.
Il se rappelait de l'aurore se levant sur l'océan et d'une plage de sable blanc s'étendant devant lui alors qu'il sortait de l'eau et atteignait le rivage, Karin à sa droite. Kimimaro se trouvait à sa gauche, un garde d'Orochimaru qui était… intéressé par cette occurrence soudaine. La brise était fraîche et salée, et devant eux, au-delà des collines, se dressait une cité. Cette dernière était meurtrie, presque entièrement réduite en ruines, néanmoins une poignée de bâtiments tenaient toujours debout, pâles et lumineux au milieu des nombreuses piles de gravats. Des pierres blanches et des toitures rouges, des routes brun doré qui se déployaient jusqu'à disparaître sous les débris, et en soi, ça n'avait rien de spécial, un simple village détruit par la guerre, mais…
Mais la respiration de Kabuto eut un manqué et il se figea sur la dernière dune, incapable de faire le moindre pas de plus devant le pur émerveillement qui pulsait dans ses veines. Il n'y avait aucune logique derrière cette réaction, aucune racine qui pourrait l'expliquer, elle, ou la tranquillité qui l'avait envahi au moment-même où il avait posé une sandale sur la terre ferme, mais ça ne l'empêcha pas de les ressentir malgré tout.
D'après l'expression peinte sur le visage de Karin, il n'était pas le seul à avoir cette impression.
Ils échangèrent un regard, et même s'il ne lui avait jamais beaucoup parlé par le passé, elle, la gardienne et, lui, le médecin et l'assistant personnel d'Orochimaru, aucun mot ne furent nécessaires. Avec Kimimaro qui se tenait juste derrière, ils se mirent à avancer jusqu'aux restes d'Uzushiogakure.
– Il y a trois chakra à notre gauche, murmura Karin en les guidant dans cette direction, un sourire discret aux lèvres. L'un d'entre-eux est froid, l'autre est… sombre et le dernier est tout simplement… magnifique.
Lorsqu'ils tournèrent à l'angle, Kabuto trébucha presque sous la surprise. Uzumaki Naruto, le dernier de classe de Konoha et le Genin qui avait réussi à arrêter temporairement Orochimaru lors de leur affrontement, était assis sur une colonne, Sabaku no Gaara à sa gauche et l'ancien disciple de Momochi Zabuza à sa droite. Il souriait d'un sourire chaleureux et étincelant, et il y avait quelque chose de vraiment très différent du gamin malvenu dont il se souvenait.
– Hé, les salua-t-il joyeusement. Vous êtes les premiers à arriver.
– Uzumaki ? le questionna Kabuto, méfiant, tandis que ses pensées tournaient cent à l'heure dans son esprit, tentant de connecter les morceaux.
Naruto était là et les attendait de toute évidence. Ils étaient les premiers… de combien exactement ? Combien de personnes comme Karin et lui avaient entendu l'appel et quelle était la connexion entre eux ?
Seulement, avant qu'il ne puisse poser la moindre question, avant même qu'il ne puisse ouvrir la bouche, Naruto se retrouva devant lui et l'expression sur son visage aurait été bien plus approprié à celui d'un homme de deux fois son âge. Assez doucement pour que ce ne soit pas considéré comme une menace, il tendit la main pour toucher le bout des cheveux de Kabuto et il sourit avec mélancolie.
– Tu ressembles à Shunka, dit-il, son ton aussi tendre qu'attristé. Elle n'avait aucun talent dans le ninjutsu médical, cependant… Elle ne pouvait même pas guérir la plus petite des coupures. Enfin, c'est vrai que sa jeune sœur, elle, avait des facilitées dans cette branche, une des meilleure d'Uzushio même. Peut-être que tu es l'un de ses descendants, qui sait ?
Le silence résonna dans l'esprit de Kabuto et ses mains, toujours si parfaitement immobiles, se mirent à trembler légèrement. Il avala avec difficulté sa salive, repoussant intérieurement les images des années passées dans des orphelinats, les pensées attribuées à son identité perdue, et celles du souvenir de la seule figure maternelle qu'il avait jamais connu qui avait tenté d'en finir avec lui, et pire encore, qui ne l'avait même pas reconnu.
– Tu... sais qui je suis ? demanda-t-il dans un murmure et il se surpris lui-même en constatant que sa voix n'avait pas émis le moindre vacillement.
Le regard que Naruto lui donna fut pensif, songeur.
– Eh bien, commença-t-il le plus naturellement du monde, je connais ton clan. Je ne suis pas entièrement sûr des liens qui vous unissent, mais je peux t'assurer que tu en fais partie. La teinte de cheveux des Ookami est assez difficile à manquer.
Dans un sourire, il fit un pas en arrière et se tourna vers Karin, son visage s'éclairant.
– Oh ! Tu es une Uzumaki toi aussi !
Les yeux de Karin s'écarquillèrent.
– Toi aussi ? répéta-t-elle, avant d'ajouter rapidement : Non, mais qu'est-ce que je raconte, bien sûr que tu l'es, tes réserves de chakra sont sans aucun doute celles d'un Uzumaki. Et… C'est toi qui reconstruis cet endroit ?
Le disciple de Zabuza souriait et Gaara détournait les yeux, mais il y avait une discrète satisfaction dans ses pupilles. Naruto recula pour rejoindre ses deux compagnons, et telle un rideau se levant devant lui, il parut aussitôt être plus ; plus lui-même, plus qu'un enfant et un orphelin, plus qu'un Genin ayant fugué de Konoha.
– C'est bien moi, affirma-t-il, la conviction illuminant ses traits tels que l'auraient fait les rayons du soleil. Ce n'est qu'un amas de ruines depuis trop longtemps déjà. Nous avons besoin d'un endroit où nous établir, un endroit où revenir. Tout le monde a besoin d'un endroit tel que celui-ci.
Kabuto réfléchit quelques instants à ses mots. Il ressentait de l'étonnement plutôt que de la confusion, même si ces paroles confiantes auraient dû sortir de la bouche d'un Kage et non de celle d'un simple Genin. Elles faisaient naître en lui l'espoir, un sentiment d'appartenance et de sécurité. Elles paraissaient à la fois exactes et immuables, même si rien n'avait semblé l'être depuis qu'il avait quitté l'orphelinat et la garde de Nonô.
Il balaya les alentours du regard, notant les espaces qui avaient été déblayés et où ne résidaient plus ni morceaux de bois ni débris de roches, les os rassemblés avec soin sur un carré de terre dégagé, la poignée de bâtiments s'élevant fièrement haut dans le ciel. Il pensa aux clans, à la famille et au fait de ressembler à quelqu'un d'autre.
Ookami, songea-t-il avant de sourire. Je suis… un Ookami.
– Par quoi veux-tu qu'on commence ? demanda-t-il, silencieusement déterminé.
Il croisa les yeux du blond, le défiant de refuser.
Ce dernier n'en fit rien. Il sourit simplement, chaleureux, lumineux et accueillant, et tourna les talons.
– Laissez-moi vous montrer, dit-il, avant de les conduire dans un coin plus reculé du village.
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C'est bien sûr à ce moment-là que Kabuto se réveilla.
Une explosion retentit un peu plus loin, dans le champ de vision de sa fenêtre, suivie par un cri - non pas un hurlement de peur, étant donné que les civils s'étaient depuis le temps habitués à vivre en harmonie dans la monstruosité qu'était L'Infernale Communauté des Rebuts de la Société et Autres Cinglés d'Uzumaki Naruto, dit Arashi, mais bien un hurlement de fureur, car Fû avait pour habitude de jouer des tours à Suigetsu qui n'appréciait guère ses tentatives. Puis un cri aigu résonna, celui-ci venant de Karin qui détestait les dommages collatéraux, même quand ils étaient causés lorsque Suigetsu se faisait fracasser la tête contre diverses surfaces rigides. Kabuto grogna et ramena le drap au-dessus de sa tête, tentant en vain d'étouffer le bruit.
Un bruissement de tissu lui signala qu'il n'était pas seul dans la pièce, mais Kabuto ne s'embêta même pas à chercher l'identité de l'intrus.
– Suis-je autorisé à les renvoyer chez Orochimaru dans une boîte emballée et fermée par un nœud bien serré ? demanda-t-il avec un ton résigné. Je t'en supplie.
L'autre homme lâcha un rire discret en faisant glisser les pans des rideaux pour laisser la lumière du jour entrer. Ce faisant, le volume sonore s'en trouva augmenté, pour son plus grand malheur.
– Il faut voir ça avec Gaara-kun, répondit-il. C'est lui qui a pris le commandement jusqu'au retour d'Uzukage-sama. Mais je crois bien que Naruto-sama aurait quelques objections à l'idée de voir la moitié de ses meilleurs shinobi disparaître.
– Tu imagines ce que ce serait, toi aussi, pas vrai ? répliqua Kabuto en se relevant sur ses coudes, les yeux posés sur son ami, qui était l'une des rares personnes à l'esprit sain dans cet asile de fous, hôte du Rokubi ou non. Ce serait tellement calme.
Utakata haussa un sourcil, complètement indifférent à la vague de flammes qui ravageait les rues.
– Étrangement calme, certainement. Allez, lève-toi, Kabuto-kun. Si tu n'es pas à l'hôpital dans l'heure, l'ensemble de tes subalternes risquent l'autodestruction sans la présence de leur chef.
Kabuto implora le peu de patience qu'il avait et sortit de son lit. S'il avait su que tout cela arriverait, il aurait sans le moindre doute rejeté la requête de Naruto pour qu'il devienne le Responsable de l'Unité Médicale, et, pour faire bonne mesure, aurait ensuite probablement fui le pays.
– Ne devrais-tu pas te trouver aux côtés de Gaara ? demanda-t-il en s'habillant. Surtout, si Karin se trouve là-dehors au lieu de l'assister comme elle le devrait ?
– Notre très cher Commandant Jônin se trouve déjà en compagnie de son équipe.
La voix d'Utakata était sèche.
– Il me semble qu'il a eu la même réaction que toi devant ce genre de… bouffonneries. Nous serons chanceux s'il n'abdique pas avant la fin de la semaine, et encore plus s'il ne le fait pas avant qu'Uzukage-sama ne revienne.
Aujourd'hui était un jeudi. Kabuto calcula les probabilités et conclut avec sarcasme qu'Utakata avait probablement raison.
– Est-ce qu'il y a un plan de secours s'il s'exécute ? demanda-t-il, curieux, tandis qu'il sortait de son appartement, Utakata le suivant de près.
Ce dernier grimaça.
– Espérons que nous n'en arriverons pas là, murmura-t-il en suivant Kabuto qui passa par la fenêtre avant d'atterrir dans la rue en contrebas. Ils tournèrent à gauche et il leva la main en signe d'au-revoir. Va à l'hôpital avant que je ne sois dans l'obligation de m'occuper de toute la paperasse qui aura découler de la révolte des ninjas-médecins. Je dois retrouver Hotaru.
– Bon courage, lui offrit Kabuto dans un léger sourire qui lui valut une autre grimace.
Cette fille était une vraie terreur et Utakata était le seul à pouvoir la maîtriser.
– Avec un peu de chance, Uzukage-sama ne tardera pas à revenir, marmonna Utakata en secouant la tête. Et s'il tarde trop, on ne pourra pas me tenir responsable de mes actes.
– Haku est avec lui, Kabuto se sentit-il obligé de faire remarquer. Il s'occupe de le garder dans le droit chemin.
– Ce n'est pas vraiment ce que Naruto-sama va faire qui m'inquiète, mais plutôt ce que je vais faire lorsque j'irais le retrouver. Me mettre à genou peut-être, ou pleurer toutes les larmes de mon corps.
Utakata secoua la tête et disparut au coin de la rue, et Kabuto renifla discrètement, amusé en se rendant compte de qui était le troisième prétendant pour la prise de contrôle du village après le Commandant Jônin. Le Sous-Commandant Jônin, bien sûr, qui se trouvait justement être Utakata.
– Toutes mes condoléances, murmura-t-il même si l'autre était déjà hors de son champ de vision, puis il tourna les talons et se mit sur le chemin de l'hôpital, en route vers le funeste destin qui s'abattrait inévitablement sur lui aujourd'hui.
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– Argh, souffla Ino en étirant ses longues jambes devant elle tandis qu'elle s'enfonçait dans son siège. Bon sang, ils devraient vraiment appeler ça 'Service de Babysitting pour Chûnin' pour de bon, cette fois-ci. Au moins, nous saurions dans quoi nous nous engageons. Nous sommes des Jônin, que diable ! Où se trouve ma glorieuse mission de rang A bien rémunérée ?
Les yeux fixés sur une pile de rapports en face de lui, Sasuke grogna, signe qu'il était d'accord avec elle.
– Et dire que j'ai dû passer deux ans à voyager avec cet ermite obsédé avant d'avoir ma promotion, marmonna-t-il repoussant vivement de son esprit toutes pensées liées à l'Ermite des Crapauds et les vingt-quatre très longs mois passés sur les routes, à la recherche de la moindre piste.
Certaines choses valaient mieux d'être oubliées. Rapidement. Dans leur intégralité.
Ino émit un grondement sourd, mais mortel dans son ton, et elle craqua ses doigts pour faire bonne mesure.
– Ce foutu obsédé a intérêt à rester le plus loin possible de tous les bains publics dans un rayon de cent-cinquante kilomètres de moi, grogna-t-elle, ses yeux bleus s'étrécissant brusquement en signe d'avertissement. Après ce qu'il s'est passé la dernière fois…
Ces mots furent suffisants pour faire détourner les yeux de Sasuke de sa pile de dossiers - ce n'était qu'une autre déception de plus de toute manière, ça n'avait pas grande importance. Blond, oui, yeux bleus, c'est vrai, mais les marques sur les joues étaient faites à la peinture et l'homme était saltimbanque, pas déserteur.
– Après ce qu'il s'est passé la dernière fois, l'interrompit-il sèchement, Jiraiya ne peut s'empêcher de tressaillir dès que je ne fais que vous mentionnez, Sakura et toi, et il essaie toujours vainement de se débarrasser des blessures que vous lui avez infligé.
La seule réponse qu'il reçut fut un sourire lumineux et un mouvement de tête qui envoya la longue queue-de-cheval d'Ino se replacer derrière son épaule.
– Vu comment il ricanait et bavait, il s'en est plutôt bien tiré, rétorqua-t-elle. Nous aurions dû le battre à mort.
– Ce n'est pas moi qui vais te contredire, marmonna Sasuke en jetant le dossier sur le haut d'une autre pile avant de s'emparer du suivant.
Une demi seconde plus tard, il roula les yeux et s'en débarrassa également. Pour être tout à fait honnête, il n'arrivait pas à voir Naruto, tout déserteur qu'il était, s'enrôler dans le commerce de trafic d'êtres humains.
– Des bons à rien, grogna-t-il. Pourquoi est-ce que je les paie déjà ?
– Pour abattre des arbres par le biais d'une énorme quantité de paperasse inutile ? suggéra sèchement sa partenaire en lui arrachant le dossier suivant des mains avant qu'il ne puisse en lire le contenu. Oh, je vois, Naruto nous aurait abandonné pour rejoindre le…
Elle plissa les yeux devant les mots qui se présentait à elle.
– Est-ce légal d'avoir une écriture pareille, ou peut-être que c'est juste la marque du passage d'un petit animal visqueux ? Écoute un peu ça. Naruto ferait partie du Cirque du Grand Gaizu ? En tant que… danseuse ?
Sasuke bâillonna son envie de se claquer la tête contre la table.
– C'est du Sen tout craché ça, soupira-t-il, pinçant le haut de son nez. J'ai fait l'erreur de lui parler du Sexy Jutsu de Naruto et je pense que ça l'obsède depuis.
Ino se mit à rire et laissa le dossier tomber au sol où il échoua dans la boue dans un triste 'floc'.
– Il faisait une nana carrément sexy n'empêche, admit-elle.
Elle en prit un autre dans le tas et commença à s'éventer avec.
– Ça fait déjà six ans maintenant. Je me demande à quoi il peut bien ressembler. À un tombeur, tu penses ? Ou à quelqu'un d'efféminé ? Ça pourrait être tout aussi séduisant.
– À un idiot, répondit Sasuke avec obstination, abandonnant son travail au vu de l'humeur d'Ino et croisant ses bras sur son torse.
Il ne s'était pas autorisé à penser à Naruto autrement qu'au garçon de douze ans qui avait brusquement disparu du jour au lendemain… du moins, il ne l'avait pas fait en pleine journée. Parce que ce gamin de douze ans qui s'était volatilisé était la seule raison pour laquelle Sasuke avait autorisé Jiraiya, l'obsédé de première, à le traîner derrière lui pendant deux années entières, pour aller faire chanter des indics et creuser le réseau d'espions du plus âgé pour la moindre bribe d'information. Ce garçon était la raison pour laquelle il avait mis en place ses propres réseaux d'informateurs, et même s'ils ne pouvaient pas encore rivaliser avec ceux de Jiraiya, il était sur le bon chemin pour devenir à son tour un maître dans l'art de l'espionnage.
Il ferait n'importe quoi pour une toute petite information. N'importe quoi pour un seul petit indice sur l'endroit où pouvait bien se terrer Naruto.
Ino était la dernière des neuf de leur génération à l'exception de Sasuke lui-même à ne pas s'abandonner à la morosité à la moindre mention du blond. Elle ne laissait pas subtilement entendre que trop de temps avait passé pour avoir la moindre étincelle d'espoir de le retrouver, comme Sakura, et ne le traitait pas de cinglé pour avoir continué ses recherches aussi longtemps, comme Kiba. Elle ne bégayait pas avant de tourner les talons, comme Hinata, ne devenait pas sombre et silencieuse dès qu'il en parlait, comme Shikamaru, et ne soupirait pas avec résignation, comme Shino et Choji. Elle, elle en discutait avec lui, souriait au souvenir de l'autre blond et Sasuke lui en était tout ce qu'il y a de plus reconnaissant. Alors oui, peut-être avait-elle commencé à faire ça pour se rapprocher de son éternel coup de cœur, mais ils avaient tous beaucoup grandi ces six dernières années, et à présent, l'honnêteté primait.
Comme si elle pouvait lire dans ses pensées, Ino lui sourit, faisant basculer sa chaise vers l'arrière alors qu'elle s'étirait longuement et lestement.
– Hm, fredonna-t-elle. Laisse donc une jeune fille rêver en paix, Sasuke-kun. Ce n'est pas comme si tu faisais la moindre chose pour alimenter mes fantasmes.
Sasuke roula les yeux.
– Tu n'es pas fiancé aux dernières nouvelles ? fit-il sèchement remarquer.
Ino fit un mouvement vague de la main.
– Hé. C'est de Shikamaru qu'on parle là. Autant, j'aime être au-dessus à chaque fois, autant un changement de rythme est une bonne chose à laquelle songer.
Cela lui valut d'hérisser tous les poils de son corps. Sasuke s'était… à contrecœur… attaché à Ino, mais la moindre pensée liée à la vie sexuelle de Shikamaru était plus que mal venue, franchement nuisible et complètement injustifiée.
– Argh. Je crois que je vais vomir.
– Hé ! s'exclama-t-elle en riant, le tapant à l'épaule. Je te ferais remarquer que j'ai des goûts exemplaires. Certaines pierres ont simplement besoin d'être plus… polies que d'autres pour en faire des joyaux que n'importe quelle fille rêverait d'avoir.
– Par 'polir', tu parles de son passage à tabac journalier ?
– C'est du pareil au même, dit-elle en haussant les épaules, reprenant sa contemplation de ce qui se passait derrière la fenêtre à leur gauche qui donnait sur la porte principale. Sage. Pourquoi n'y a-t-il personne d'intéressant souhaitant visiter Konoha aujourd'hui ? Le poste pour Jônin de « Gardiens de la Porte » paraît bien sur le papier, mais je risque de mourir d'ennui d'ici moins d'une heure si rien ne se passe.
– Et la dernière fois que nous avons eu la visite de quelqu'un d'intéressant, c'était… ?
– Eh bien, je ne sais pas pour toi, mais je trouve que le gars avec la lance était plutôt pas mal dans le genre.
Sasuke arqua un sourcil incrédule dans sa direction.
– Celui qui prétendait que sa lance était faite à partir des os de l'Ermite Rikudô, qu'elle désintégrerait quiconque entrerait en contact avec, et c'est pourquoi nous devions lui céder immédiatement le contrôle de Konoha ?
– Allez, c'était amusant de voir Tsunade-sama l'envoyer valser par-dessus le mur dix secondes après qu'il soit entré.
Ino inclina la tête, scannant le dossier qu'elle tenait toujours avant de le jeter rejoindre les autres. Il y avait déjà une bonne pile de rejetés, et étant la fille de l'ancien capitaine de l'Unité de Renseignement, Sasuke avait assez confiance en son jugement pour laisser ceux qu'elle avait jeté là où ils étaient. Ino savait ce qu'elle cherchait après tout.
– Bon sang, Sasuke-kun. Si j'étais de nature suspicieuse, je pourrais croire que tous ces soi-disants informateurs t'utilisent pour leur seul bénéfice et qu'ils ne remplissent pas leur part du marché.
Avec une énième grimace, elle en rejeta un autre.
– J'ai moi-même quelques soupçons.
Sasuke fit attention à ne pas ajouter « mais je pense toujours que ça en vaut à peine ». Il n'avait pas besoin de le faire, car au vu du regard que lui lança Ino, au vu de ses lèvres tordues en un sourire désabusé, elle l'avait parfaitement compris
Avant qu'elle ne puisse répondre, néanmoins, leurs micros s'activèrent dans un bourdonnement qui les fit tous les deux sortir d'un bond de leurs sièges et attraper leurs armes.
– Quelqu'un en approche, murmura Kotetsu, à peine assez fort pour être entendu, et Sasuke dû se retenir de courir jusqu'à la porte principale. Non pas par crainte pour les deux Chûnin - Kotetsu et Izumo étaient capables de s'occuper d'eux-mêmes la plupart du temps, et la présence de Sasuke et d'Ino ne relevait que de l'éventuel scénario d'une invasion par une armée ennemie -, mais bien parce qu'ils étaient assis dans cette fichue pièce depuis au moins six bonnes heures sans la moindre petite pause pour faire un tour à l'extérieur. Ils étaient tous les deux quelque peu désespérés.
– Moi aussi je les vois, lui accorda Izumo. Ils sont trois… non, quatre. L'homme de devant porte…
– Ça a l'air suspect, l'interrompit Kotetsu, l'air tendu, et Ino sortit aussitôt l'une de ses longues dagues avec un petit sourire sanguinaire.
– Quoi ? grinça finalement Sasuke, incapable de se retenir plus longtemps. Qu'est-ce que c'est ?
Il y eut un long moment de silence tendu où chacun retint sa respiration, puis, Izumo dit, bien trop joyeusement :
– Oups, désolé, fausse alerte. C'est une chèvre.
Dans un crissement de ballon crevé, l'expression d'Ino se ternie et elle s'affaissa de nouveau dans son siège.
– Vous deux ! siffla-t-elle. Bande de crétins !
La seule chose qui leur parvint depuis l'autre bout de la ligne fut le rire de Kotetsu et le ricanement d'Izumo.
Sasuke grogna et se jeta sur son siège.
– Merde, souffla-t-il. On verra si je suis encore poli avec des Chûnin après ça.
– Tu es poli avec les Chûnin ? répéta Ino, sceptique, arquant un sourcil délicatement épilé. Pour l'amour des petites pommes vertes, pourquoi ?
Cela lui prit une seconde avant de comprendre sa phrase, et Sasuke se sentit un peu mal de lui donner raison lorsqu'il n'arriva pas à trouver dans ses souvenirs un seul véritable acte de bonté de sa part par le passé.
– Disons que, si je prévoyais de l'être, je viens tout juste de changer d'avis.
– Bonne résolution, affirma Ino en laissant passer la tension dans ses muscles dans un soupir. Elle fit tourner la dague entre ses doigts et la replaça dans son fourreau si vite qu'elle disparut pratiquement d'un seul coup.
Sasuke lui offrit un hochement de tête.
– Tu t'es améliorée.
– Asuma-sensei s'est entraîné avec moi dernièrement, expliqua-t-elle allègrement, s'étirant une nouvelle fois avant de placer ses doigts entrelacés sur son ventre nu, ses jambes étendues et croisées au niveau des chevilles.
– Lee m'a battu la dernière fois que nous nous sommes affrontés, même si j'utilisais le ninjutsu, le genjutsu et mes couteaux, et vu que Sakura nous regardait à ce moment-là, je ne vais jamais en entendre la fin. Mais je gagnerai la prochaine fois, tu peux parier là-dessus.
– Lee est un monstre, dit platement Sasuke, se souvenant - non sans une grimace intérieure - de son dernier affrontement avec le plus âgé.
Ino laissa échapper un rire.
– Vrai, mais Sakura m'a aussi battu la dernière fois, et avec sa promotion, elle a été plutôt insupportable ces derniers temps. Ça n'aide pas que Lee soit aussi ridiculement romantique et qu'elle en rajoute continuellement comme je suis coincé avec le Mollasson le plus Fainéant de Konoha.
Sasuke était tellement indescriptiblement soulagé que la plupart des membres de son fan-club aient évolué vers de plus verts pâturages - peut-être même un peu trop littéralement en ce qui concernait Sakura. Ino et Sakura plus encore que toutes les autres combinées, parce qu'elles avaient toujours été celles qui lui posaient le plus problème. Heureusement pour lui, cela faisait déjà quatre bonnes années depuis que leur obsession s'était dissipée. Ino avait sauté sur Shikamaru lorsque Sasuke était parti en voyage avec Jiraiya et ils étaient déjà fiancés lorsqu'il était revenu.
Pour ce qui était de Sakura, ils s'étaient tous les deux pris la tête et engagés dans un affrontement sans merci six semaines plus tard lorsque Sasuke avait refusé d'abandonner ses recherches. Des choses avaient été dites, des crises avaient éclatés, et en fin de compte, Sakura l'avait envoyé voler contre un mur, qu'il avait percé au passage, et avait tourné les talons pour ne réapparaître que le jour suivant, l'air bien plus détendue et plus ébouriffée qu'à son habitude avec Lee sur les talons perdu dans un nuage d'extase et de romance absolue. Leur relation s'était beaucoup améliorée depuis lors, néanmoins Sasuke avait conscience que Naruto était toujours un sujet douloureux entre eux. Sakura l'avait plus d'une fois accusé d'être obsédé par le blond, et même s'il ne l'admettrait jamais à voix haute, il ne pouvait pas vraiment argumenter.
– C'est vrai qu'elle est devenue Tokubetsu Jônin la première, ressentit-il le besoin de faire remarquer, pour au moins essayer de défendre de son ancienne coéquipière.
Ino écarta l'argument d'un mouvement, l'air tout de même légèrement vexée.
– Des formalités. Les ninjas-médecins occupent une catégorie unique dans la hiérarchie, étant donné leur éventail de compétences et de spécifications, et leur présence obligatoire dans les situations à haut risque tels les combats ouverts là où les ninjas de rangs inférieurs seraient une gêne à la mission. Ce qui signifie que, dès qu'ils sont promus, la plupart d'entre-eux se qualifient par défaut au rang de Tokubetsu Jônin.
Sasuke jeta un regard amusé à la blonde.
– Tu as mémorisé ça dans le Livret pour le citer mot pour mot à Sakura plus tard, c'est ça ?
Le sourire qu'il reçut en guise de réponse fut presque aveuglant.
– Il faudra me montrer des preuves avant que je ne réponde à la moindre accusation, Sasuke-kun, merci bien.
Le silence s'allongea tandis qu'ils feuilletaient sans grande conviction les dossiers suivants, puis, comme ça, Ino reprit :
– Je suis… heureuse que tu ne sois plus le salaud que tu étais avant, Sasuke-kun.
– Je pensais que ça faisait partie de mon charme, rétorqua Sasuke en faisant bien attention de ne pas lever les yeux.
C'était vrai, il le savait bien. Il était un salaud de première catégorie, et une part de lui (une part douloureusement et terriblement grande) se demandait toujours si ce n'était pas la raison pour laquelle Naruto était parti en premier lieu.
Presque inconsciemment, il pressa sa main contre la marque scellé et dormante sur son cou que, jusqu'ici, personne n'avait été à même de retirer. C'était… un symbole maintenant, plus que tout autre chose. Un symbole de ce qu'il avait presque laissé se produire, de ce qu'il était presque devenu - de ce qu'il aurait certainement fait si Naruto ne lui avait pas donner une distraction suffisante au moment exact où il en avait le plus besoin.
Seulement, Naruto la lui avait donnée en disparaissant dans la nature, et cela avait pris à Sasuke deux ans sur la route, à bouger constamment, en compagnie du lubrique Ermite des Crapauds pour arriver à une réalisation. Deux ans à scanner les foules qu'ils croisaient à la recherche d'un ensemble avec des cheveux blonds, des yeux bleus et un sourire lumineux, à étudier chaque champ de bataille, vide ou occupé qu'ils croisaient pour un signe du Fûton et du Suiton utilisés de manière combinée. Deux ans à dormir sur la terre battue, à contempler le ciel sombre et à réfléchir, car il n'y avait pas grand chose d'autre à faire lorsqu'il était trop épuisé après l'entraînement pour ne serait-ce que penser à dormir.
Deux ans avant qu'il ne réalise qu'Itachi l'avait provoqué cette nuit-là pour le pousser dans une direction bien précise. Sasuke était tenace et aussi têtu qu'un rocher particulièrement obstiné, seulement la soudaine compréhension de ses actions l'avait fait se redresser vivement, exaspéré, furieux, blessé et déconcerté. Parce que le « pourquoi ? » se posait. Dans quel but Itachi avait-il voulu lui faire emprunter ce chemin-là ? Voulait-il d'un autre Uchiha contre lequel pouvoir mesurer sa force ?
Si c'était la réponse, Sasuke n'était pas prêt à lui faire ce plaisir. Il deviendrait plus puissant, bien sûr, il irait aussi loin qu'il le pourrait, mais à présent c'était avec un autre objectif en tête.
Oh, il assouvirait quand même sa vengeance, s'il en avait l'occasion, et avec enthousiasme en plus de ça. Mais ça ne constituait plus l'entièreté de son existence à présent, ce qui était… mieux. Plus facile et plus dur à la fois, mais toujours… gérable.
Pour la première fois depuis ses sept ans, Sasuke ne vivait que pour lui-même et il n'avait aucune intention de revenir à la manière dont les choses étaient par le passé.
Un autre bourdonnement dans leur casque tira Sasuke de ses pensées, et il cligna des yeux les mains déjà attirées par ses armes.
– Oui ? dit-il, et même s'il était méfiant à l'idée que ce soit une autre de leurs vannes, il connaissait assez bien Kotetsu et Izumo pour comprendre qu'ils ne leur feraient pas une chose pareille deux fois d'affilée.
Pas lorsque la sécurité de leur village en dépendait.
– Pardon, Sasuke-kun, Ino-chan, dit Kotetsu, et sous la régularité de son ton, il y avait une faible pointe de stupéfaction. Mais cette fois, je pense que vous devriez vraiment sortir venir voir ça.
