RARs :

A.F : Hello ! J'ai encore mis un temps fou (de mon point de vue) pour poster, sorry . Tu as raison, il était un peu plus long, mais ne t'attend pas à les voir drastiquement augmenter en nombre de mots comme on peut le voir généralement dans l'évolution d'une fiction. La compte reste entre 3500 et 6000 pour la version anglaise, donc tu augmentes un peu le compte pour ma traduction, mais c'est tout (sachant qu'en ce moment je suis toujours autour des 5000). Je suis contente en tout cas que le chapitre t'aie plus, j'ai hâte de voir ta tête (expression, expression) au chapitre 10 si Uzushio te plaît tant que ça X) Spoiler ! Ahaha, je n'oserais pas ! Merci en tout cas pour m'avoir fait réaliser que j'ai confondu les pronoms à un moment, j'ai rectifié ça vite fait ! Donc, pour l'équipe Gaara, il y a : Aki et Natsu, les jumeaux Uzumaki, et Kin Makoto. Kin et Natsu sont tous les deux des garçons et Aki est la seule fille. Pour ce qui est d'apprendre la vérité, aucun de nos ninjas de Konoha n'est prêt de le savoir, haha ! D'ailleurs, j'aimerais bien connaître ton avis : qui, penses-tu, va l'apprendre en premier ? Les réponses à tes questions se trouvent dans ce chapitre. On revoit Ino d'ici quelques chapitres, promis ! Je te fais un gros bisou et te souhaite une bonne lecture.

Yuugure : Je suis vraiment désolé, j'ai mis énormément de temps pour celui-ci (pleins de choses se passent dans ma vie en ce moment .) J'espère que ce chapitre te plaira tout autant, des bisous et bonne lecture !

Nosh : J'aime beaucoup ton "c'est logique", pourquoi, à ton avis, le serait-ce ? Je te demande ça, mais tu vas avoir le début de cette réponse dans le chapitre et la fin dans le suivant XD Enfin, bref, pour ce qui est de Youko, en effet, c'est en référence au Kyûbi, car dans la version japonaise, on l'appelle Kyuubi no Yôko, et comme l'accent circonflexe sert à dissimuler un "ou" ou une double voyelle (comme avec Fuu par exemple qu'on rétrécie à Fû dans la version française). Toi aussi, tu aimes ce Gaara là ! Totalement d'accord, il a évolué tout aussi bien. Et puis, parfois, dans le manga, je trouve qu'il a pris la place de Kage pour des raisons extérieurs et jamais pour lui comme le fait Naruto. Je pense que Karin et Suigetsu viennent toujours par paire, mdrr. Tout ce que je peux te dire par rapport au rapprochement Youko/Arashi/Naruto, c'est que Tsunade ne sera pas celle qui va tout découvrir en premier, une idée de qui ça peut-être ? :D J'adore sa relation avec Sasuke en tout cas, elle est épique ! Et puis ça fait une super relation Uchiha/Senju je trouve, par rapport à avant Konoha, parce que, ce genre de relations connues, nous n'en avons que deux autres exemples si je ne me trompe pas : Hashirama/Madara et Tobirama/Kagami, alors du neuf ne fait pas de mal ^^ (sorry pour le féminin si j'en ai mis, j'avais compris qu'il ne te convenait pas, mdrr, mais c'est plus une habitude qu'autre chose ;) Je t'embrasse, à la prochaine et une très bonne lecture !


J'ai eu un peu de mal avec ce chapitre, j'espère qu'il sera quand même à la hauteur ^^'


chapter 08: memories in meter

[Mesure : Division d'un morceau de musique en parties d'égales durées.]

Jiraiya avait par assez de reprises dû survivre aux nombreuses tentatives de ce sournois petit emmerdeur, qui essayait sans cesse de lui faire avoir une crise cardiaque, pour qu'il parvienne à ne pas effectuer le moindre mouvement lorsqu'une silhouette obscure sortit d'un buisson et atterrit à moins de dix centimètres de sa personne, juste à sa gauche.

– Sasuke, dit-il d'une voix posée, relisant les derniers mots de son prochain manuscrit avant de les effacer en faveur du terme « haleter ». C'était un mot vraiment étonnant, non ? Court, mais parlant, amenant une tonne d'images mentales.

Oui, c'était exactement le mot qu'il lui fallait.

– Salut, l'Ermite pas net.

Une main pâle lui faucha son manuscrit sous son nez et Jiraiya releva la tête avec indignation pour croiser deux orbes noires plissées et acérées.

Bon sang, qu'est-ce qu'il pouvait se haïr pour lui avoir révélé ce surnom dans un moment d'extrême ébriété.

– Qu'est-ce que tu veux, gamin ? commanda-t-il, mais sa demande tomba dans l'oreille d'un sourd sous le regard inébranlable du Uchiha.

– Vous avez trouvé quelque chose ? le questionna Sasuke, d'une voix grave et véhémente, et parfois, cela surprenait encore Jiraiya : cette intensité qui envahissait le garçon devant les buts qu'il s'étaient fixés.

Peut-être que ça ne devrait pas, étant donné que le Uchiha avait toujours été déterminé au point d'en devenir presque ridicule, mais même sachant cela, ça restait troublant.

Son expression s'adoucit, aussi, car l'attention de Sasuke avait toujours été tournée sur son besoin de ramener Naruto, et c'était quelque chose avec laquelle Jiraiya pouvait compatir. Il avait été très réticent lorsque Tsunade l'avait informé qu'Itachi avait été aperçu dans les environs de Konoha et qu'elle l'envoyait épauler Sasuke pour le garder hors de danger, néanmoins, un seul mois sur les routes avec lui avait changé la donne. Lorsqu'il le regardait, au tout début, il ne voyait à travers lui qu'Orochimaru : un prodige distant avec des relations tumultueuses vis-à-vis de son coéquipier le plus turbulent. Froid, en colère et passionné. Seulement…

Seulement, cette Équipe 7 n'était pas celle de Jiraiya. Il ne pouvait faire aucun parallèle simple et direct entre elles deux, aucune réplique exacte entre les générations. Ici, Naruto était celui qui était parti et Sasuke s'était autant efforcé de le retrouver que Jiraiya l'avait fait.

Avec un soupir, Jiraiya se résigna à la perte de son manuscrit, pour le moment du moins, et s'installa de nouveau sur le sol en dessous de l'arbre.

– Des bribes ici et là, admit-il, passant une main dans ses cheveux emmêlés. Et le peu que j'ai réussi à rassembler est déjà inquiétant. En résumé, l'Akatsuki se terre pour le moment. De ceux qu'on connaît, il nous reste avec certitude deux jinchûriki, deux autres qui vagabondent au mieux ou qui ont été capturé dans le pire des cas et cinq des ninjas les plus puissants dans le monde qui ont tout simplement disparu de la surface du globe en l'espace de deux ans. Ils n'ont pas été capturés, je suis au moins sûr de ça, mais il reste encore trop de possibilités pour qu'on sache avec exactitude où ils se trouvent.

Sasuke s'appuya tranquillement sur ses talons, ses yeux se plissant, et Jiraiya put noter les pensées courir sur ses traits, et ce, tout simplement parce qu'il avait eu deux ans pour apprendre à lire au-delà de son impassibilité.

– Cinq ? Vous confirmez la disparition de Rokubi et de Yonbi ?

Il surprit l'expression de Jiraiya et roula les yeux.

– Hn. La disparition d'Utakata et de Rôshi, je voulais dire, se corrigea-t-il.

Jiraiya pensa à lui faire une remarque là-dessus, mais ça ne servirait pas vraiment à grand chose. Le gamin savait que Naruto était l'hôte de Kyûbi - ce genre de chose était pratiquement impossible à garder secrète alors qu'ils traquaient les moindres faits et gestes des membres de l'Akatsuki et que l'Akatsuki traquait les bijû - et puis, il avait bien conscience que le réceptacle n'était pas la même entité que l'était la bête à l'intérieur. Au final, c'était juste un gosse qui se moquait bien d'utiliser le vrai nom des gens s'il n'y était pas forcé.

– Absolument, dit-il après un battement, juste pour s'assurer que Sasuke savait qu'en ce moment même, il le jugeait intérieurement. Les Forces Spéciales d'Iwa racontent que Rôshi a quitté sa planque il y a de ça quatre ans et qu'il s'est rendu à l'est pour retrouver un groupe de ninjas non-identifiés près de Taki avant de disparaître tout simplement. Et pour ce qui est de Kiri, ils sont encore trop occupés à faire appliquer les réformes de la démone qu'ils ont nommé Mizukage et n'ont donc pas eu le temps de remarquer que l'un de leur déserteur est introuvable, ce qui rend Utakata particulière difficile à localiser. En tout cas, d'après ce que je sais, il a plié bagages avec sa disciple il y a environ cinq ans. Fû s'est évaporé dans la nature peu après Naruto, et il y a de fortes chances pour que Gaara l'ait accompagné, vu que leur disparation est survenue dans la même période de temps. Ça fait donc cinq. (Jiraiya expira profondément et secoua la tête.) Cinq bijû ridiculement puissants et leurs réceptacles humains, et pas une seule bonne idée de ce qu'il a pu leur arriver.

La bouche de Sasuke se pinça en une fine ligne frustrée tandis qu'il se balançait sur ses talons.

– Vous dîtes que Rôshi a pris contact avec un groupe. Ce serait le même groupe de shinobi non-identifiés qui a été engagé pour remplir des missions le long de la côte ? demanda-t-il après un moment.

Jiraiya acquiesça, ne réussissant pas à cacher le sourire qui tentait ses lèvres.

– Si tu parles de celui qui rend fou Kiri et Kumo en leur volant tous leurs clients, alors oui. Ils sont plutôt doués d'après les rumeurs que j'ai réussi à récolter, mais la plupart du temps, les gens n'en parlent pas. Lorsqu'on essaie de les trouver, on tombe toujours sur des en-fait-c'est-l'ami-de-l'ami-de-la-belle-sœur-de-mon-cousin-qui-m'en-a-parlé.

Il haussa les épaules, zyeutant le manuscrit que tenait toujours Sasuke et se demandant s'il était prêt à risquer une attaque frontale. Ce gosse était bon avec les techniques de type Katon, malheureusement, et jubilait bien trop à l'idée de les tester sur des romances aux cœurs purs.

– Cela m'inquiéterait bien, mais en fin de compte, c'est plutôt un soulagement pour Konoha. Nous n'avons jamais été capables répondre à toutes les demandes, et avec un nouveau groupe qui est prêt à se charger d'une partie d'entre elles, ça nous permet de nous préoccuper en priorité de celles de rang supérieur. C'est du gagnant-gagnant.

– Sauf s'ils ont quelque chose à voir avec la disparition de Naruto.

L'espace d'un battement, Jiraiya envisagea de rappeler à Sasuke qu'il n'y avait pas que Naruto qui était porté disparu ; c'étaient cinq maudits jinchûriki et toute la puissance qui les impliquait. Cependant, un seul regard dans sa direction et il céda, voyant que ça ne servirait pas à grand chose. Rien ne rentrait dans la tête de ce garçon, pas quand il avait une piste sous le nez du moins. Il se demandait même parfois pourquoi il n'avait pas conclu de pacte avec les chiens-ninjas comme Kakashi.

– Sauf si c'est ça, lui accorda-t-il. Et, si tu veux tout savoir, je trouve étrange de voir un tel nombre de personnes se diriger à l'est ces derniers temps, surtout qu'ils disparaissent complètement dès qu'ils quittent les côtes, et que quoi que je fasse, je n'arrive pas à les traquer. C'est une autre de ces choses dont personne ne parle.

– Hn.

L'air renfrogné, Sasuke se releva, le manuscrit toujours cramponné par une saleté de main voleuse.

– Tsunade veut vous voir immédiatement. Il y a deux ninjas au village qui affirment venir d'Uzushiogakure.

– Uzushio, tu dis ?

Jiraiya se leva lentement, ressentant le poids des années dans chacun de ses os. Tsunade avait bien vieilli - bon sang, même Orochimaru avait bien vieilli, et là encore, Jiraiya n'avait jamais eu la même distinction. Bien sûr, il y avait aussi le fait qu'Orochimaru et Tsunade étaient tous les deux de belles petites princesses et que ça avait sans aucun doute joué.

– Eh ben, on y va, qu'est-ce que tu attends ? Si nous la faisons patienter plus longtemps, elle risque bien de nous lancer son bureau à la figure.

– À la vôtre, vous voulez dire.

Sasuke le suivit à la trace lorsqu'il bondit dans l'arbre, puis sur le toit le plus proche en direction du bureau du Hokage.

Jiraiya rit presque de la naïveté du garçon.

– Ah, mais, gamin, ricana-t-il, si tu penses que la colère de Tsunade va te passer à côté simplement parce que tu n'es pas la personne ciblée, tu… HÉ ! NON, GAMIN, NE T'AVISE PAS DE FAIRE ÇA !

– Hn.

Sasuke lui jeta un sourire suffisant, des flammes crépitant joyeusement dans une main et la seconde précieuse ébauche de Jiraiya dans l'autre, puis il s'élança vers l'avant, se frayant un chemin jusqu'à la fenêtre du Hokage à une vitesse impressionnante.

Pas que ce soit assez pour échapper à l'Ermite en colère, néanmoins. Jiraiya gronda, maudissant le jour où il avait écouté Tsunade et accepté d'emmener cette saleté de gosse en voyage avec lui, puis il s'élança à son tour.

.

– Peux-tu m'expliquer pourquoi c'est la première fois que j'entends parler de ça, Jiraiya ? lui demanda Tsunade, et Sasuke avait assisté à assez de session en compagnie de Tsunade et Jiraya pour comprendre que ce qu'elle voulait dire en réalité tenait plus du : « si tu n'as pas une seule bonne excuse, ton crâne va très vite faire connaissance avec le mur. Maudit soit la paperasse. »

Jiraiya avait bien compris ce qu'elle impliquait lui aussi vu qu'il leva aussitôt les mains en signe de reddition.

– Hé, je t'ai parlé des rumeurs à propos de la naissance d'un nouveau village ninja. Je t'ai même envoyé les nouvelles selon lesquelles des masses de gens migraient vers l'est en petit groupe avant de disparaître derrière une barrière que je ne pouvais pas franchir. Et je sais que tu as reçu mes rapports sur ce nouveau groupe qui accomplit des missions sur la côte. Seulement… Uzushiogakure, c'est un peu gros, même pour moi, tu n'es pas d'accord ?

Tsunade paraissait aussi bien guère convaincu que sceptique, avec une pointe d'irritation qui surprit légèrement Sasuke. Généralement, la Princesse aux Limaces était honorable au possible dans tout ce qu'elle entreprenait, et cette frustration avait quelque chose de… différent. En particulier parce qu'elle n'était pas entièrement tournée vers la défaillance flagrante dans leur réseau de renseignements. Et avec un subit claquement de langue impatient, elle se jeta en dehors de son siège et se dirigea vers la fenêtre de son bureau, tous les muscles de son corps tendus au maximum.

– Alors, tu vas pouvoir m'expliquer, cracha-t-elle, pourquoi un homme que je pensais mort depuis une cinquantaine d'années vient tout juste de débarquer dans mon bureau et de m'informer que le Uzukage Uzumaki Arashi souhaitait obtenir la permission de participer à l'Examen de Sélection des Chûnin !

Sasuke en savait trop peu sur Uzushio - presque rien en vérité, et ce qu'il en savait relevait de tout ce qu'il avait pu récolter dans l'heure qui précédait -, alors, ce nom-là n'eut aucune résonance, mais Jiraiya, lui, pâlit légèrement en l'entendant.

– Il a survécu ? demanda-t-il après quelques instants, la voix bourrue par le choc vainement dissimulé. Je pensais que le Mizukage s'était personnellement occupé de lui.

Tsunade soupira, lasse, passa une main sur son visage en se retournant pour leur faire face, et pendant un cours instant, métamorphose ou pas, elle parut presque faire son âge.

– Je n'en suis pas sûre, admit-elle, enroulant ses bras en dessous de sa poitrine dans une posture qui était presque défensive. Youko a parlé du Yondaime Uzukage, donc, il est possible que ce soit quelqu'un de différent. Mais cela peut aussi vouloir signifier qu'il compte cette prise de pouvoir comme un tout nouveau règne, et après la manière désastreuse dont son dernier s'est achevé, ce n'est pas moi qui l'en blâmerais.

Il y eut un long moment de pur silence, puis Jiraiya soupira à son tour, résigné et l'air peu enthousiaste.

– Tsunade, moi aussi, j'aimerais croire que c'est la vérité, mais l'homme dont on parle était presque aussi âgé que le Sandaime. Il aurait dans les environs des soixante-dix ans maintenant, et même si j'aimais énormément le dynamisme de sensei, je ne crois pas qu'un homme de son âge aurait été capable de reconstruire ce village pierre par pierre après avoir assisté à sa destruction. Et je ne pense pas non plus que même le Dieu de la Tempête ait réussi à atteindre l'immortalité.

– Le Dieu de la Tempête ? répéta Sasuke, incapable de repousser sa curiosité devant l'idée qu'un village entier tombe du ciel ainsi.

Parce qu'il n'avait jamais entendu parlé d'Uzushio, n'avait jamais entendu une seule mention du Pays des Tourbillons, n'avait jamais entendu parlé d'un clan qui porterait le nom Uzumaki alors même qu'apparemment, l'un des leurs était un Kage. C'était… troublant de penser que si quelque chose de pareille ait pu être manqué, non pas seulement dans la vie de tous les jours mais aussi durant les années passées à l'Académie, d'autres évènements avaient pu aussi être omis. Et pas des petits, de toute évidence.

Jiraiya lui jeta un regard en biais, comme s'il avait, l'espace d'un instant, oublié sa présence, puis hocha la tête.

– À Konoha, nous avons le Dieu des Shinobi : le Sandaime, expliqua-t-il. À Uzushio, ils ont le Dieu de la Tempête. Si j'en juge par la façon dont Sarutobi-sensei parlait de lui, il était juste derrière Senju Tobirama pour ce qui était du contrôle de l'élément eau, et le valait peut-être même, sauf que lui, il était surtout connu pour utiliser sa puissance de manière égale entre le vent et l'eau. Le plus jeune Uzukage, si ma mémoire est bonne. En fait, je dirais même qu'il était le plus jeune Kage élu, à moins que le nouveau Kazekage ne l'ait battu sur ce terrain-là.

– Il s'appelait Arashi, ajouta Tsunade, ses lèvres se courbant dans un fin sourire nostalgique. Mon grand-oncle m'a emmené assister à l'Examen de Sélection des Jônin auquel il participait à Uzushio. Youko lui ressemble beaucoup, peut-être plus encore parce qu'il n'y a eu qu'une poignée d'Uzumaki portant les cheveux blonds. Mais pour autant que j'en sache, le Sandaime Uzukage a été tué lors de l'invasion de Kiri. Bien évidemment, nous croyions que le village entier s'était éteint avec lui, mais ce n'est apparemment pas ce qui s'est passé.

Sasuke détourna les yeux, ressentant une pression douloureuse dans sa poitrine en pensant à son Uzumaki aux cheveux blonds, qui avait l'attitude lumineuse et enjouée de Youko, mais pas sa réserve ou son inconsciente, insouciante et éblouissante grâce. Lui qui avait été emporté par le vent avant de pouvoir apprendre quoi que ce soit sur la mère-patrie de son clan, avant d'entendre qu'il possédait bien une famille en vie, lui qui avait grandi seul.

– Vous pensez, demanda-t-il doucement, un espoir sauvage auquel il ne pouvait s'empêcher de donner voix, qu'Uzushio a quelque chose à voir avec le départ de Naruto ?

Une main large se posa sur son épaule, la serrant brièvement avant de la lâcher.

– Ou son kidnapping, lui rappela gentiment Jiraiya, la même chose que Sasuke s'était répéter, encore et encore, ces six dernières années. Nous n'en savons rien, Sasuke, et même si Uzushio n'a été rebâti que très récemment, ce serait une très mauvaise idée de commencer à les accuser d'avoir subtilisé des hôtes. Surtout s'ils ont réussi à cacher toutes informations sur leur village pendant une aussi longue période. Ils doivent avoir un sacré maître dans l'art du renseignement, et je suis sincère quand je dis ça.

(Quelque part, dans un endroit très, très reculé, au milieu d'une séance d'intimidation auprès de deux Chûnin particulièrement têtus qui refusaient de retourner dans leurs lits d'hôpital par le biais d'une manipulation émotionnelle plutôt sévère et d'un léger chantage, Kabuto éternua.)

Le silence s'allongea une nouvelle fois, de manière peu confortable pour les occupants de la pièce, et Jiraiya soupira une nouvelle fois avant de reculer.

– Je vais voir ce que je peux trouver, promit-il. Mais n'en attend pas trop de ma part. Si le Uzukage est parvenu à garder tout ça sous silence, (Il fit un mouvement de la main signifiant qu'il comprenait la reconstruction et le repeuplement d'un village ninja complet.) je ne doute pas que les seules informations qui sortent soient exactement celles qu'il veuille partager.

Le ronchonnement de Tsunade se fit résigné.

– Trouve-moi tout ce que tu pourras te procurer, commanda-t-elle. Et sur ces deux messagers également. J'ai envoyé plusieurs membres des Forces Spéciales les surveiller, mais s'ils cachent quelque chose qui risque de nous exploser à la figure, je préférerais en être informé avant qu'il ne soit trop tard. Je ne tolérerais pas un autre incident comme celui d'Ichibi, pas sous ma responsabilité.

Sasuke quitta la pièce, réussissant tout juste à se souvenir d'opiner au Hokage en partant. Il y avait un picotement sous sa peau, une agitation qu'il savait provenir du fait d'avoir trop pensé à Naruto en l'espace d'une seule journée, et il ne put s'empêcher d'essayer de s'en débarrasser, même s'il savait que c'était vain.

Le départ ou le kidnapping, songea-t-il, sillonnant les toitures dans une succession de sauts rapides et ne parvenant à ralentir que lorsqu'il se retrouva plongé dans la solitude apaisante de l'ancien terrain d'entraînement de l'Équipe 7. À vrai dire, je ne sais même pas lequel je préférerais que ce soit. Parce qu'être kidnappé voulait dire une chose. Partir en signifiait une autre, entièrement.

.

– Bon sang, c'était drôlement éprouvant.

Naruto attendit à peine avant de coller une barrière sur le mur de leur chambre d'hôtel qui empêcherait tout ce qui était dans son périmètre d'action d'être entendu ou perçu, avant de tirer son masque vers le bas et approcher ses doigts de ses paupières.

Haku attrapa son poignet avant qu'il ne puisse enlever ses lentilles de contact, cependant, et haussa un sourcil impérieux lorsque Naruto lui fit une moue.

– Notre accord, Naruto ? lui rappela-t-il ostensiblement en tirant sa visière sur son front. Tu dois au moins garder une partie de ton déguisement en permanence tant que nous sommes en mission, ou je n'hésiterais pas à te clouer dans un bloc de glace et te renvoyer à Gaara via le prochain navire.

Naruto roula les yeux, même s'il savait au fond que ce n'était pas tant une menace qu'une promesse. Haku avait été… peu enthousiaste lorsque Naruto avait proposé ce voyage, la toute première fois. Il avait aussi été celui qui avait le plus rechigné à l'idée que Naruto fasse partie du voyage, même si, avec son savoir personnel sur la manière d'agir des ninjas de Konoha et sur la configuration des lieux, il était de loin le meilleur choix.

Mais ils avaient eu ce débat déjà à sept reprises, dont trois pendant qu'ils faisaient route en direction du village des feuilles, et Naruto avait mieux à faire que de ressasser ce genre de choses qui ne mèneraient qu'à le faire fulminer et à rendre Haku assez froid pour faire passer un glacier pour quelque chose de chaleureux et d'agréable. C'est pourquoi il laissa les lentilles où elles se trouvaient et s'affala sur le lit, se reposant entièrement sur sa perception sensorielle. Le sceau bourdonnait doucement, sa barrière obscurcissant la vue depuis l'extérieur de la chambre et assourdissant le moindre son, et juste au-delà, il pouvait sentir quelques signatures de chakra papillonnant autour des bordures de l'hôtel. Et encore au-delà…

Konoha.

Naruto ferma les yeux, étouffant un soupir. C'était… étrange de se retrouver ici de nouveau. Lorsqu'il avait quitté le village, il avait l'ambitieux projet de revenir couvert de gloire, et ensuite… eh bien, de faire quelque chose de concret. Comme traîner Sasuke jusqu'à son village pour que lui aussi puisse le voir, faire tomber Sakura à ses pieds sur le plan amoureux, ou encore, battre à plat de couture Kakashi lors d'un duel. Mais ensuite, il avait rebâti Uzushio, et quelque chose dans sa poitrine s'était tout simplement… stabilisé. Apaisé. Il n'y avait plus cet envie désespérée de prouver qui il était, car il n'en avait plus besoin. Il était Kage à présent, ou plutôt de nouveau, et son village était magnifique, paisible et prospère. Petit, c'est vrai, et secret aussi, mais il y avait une bonne raison pour que ce soit le cas. Une raison qui, avec un peu de chance, serait obsolète d'ici la fin de l'Examen.

Il ravala une grimace. Ça avait été un choc d'arriver aux portes du village et de voir Sasuke en personne se tenir juste-là après presque sept ans à ne faire qu'imaginer ce qu'il avait bien pu devenir. Et Sasuke était devenu pour le moins… attrayant. Il avait toujours été un bel enfant, mais à présent, il avait franchi ce stade pour se transformer en quelqu'un de terriblement et injustement séduisant, avec ses cheveux noirs, sa peau pâle, ses yeux perçants, ses pommettes saillantes et sa grâce soigneusement contenue. Il avait grandi, s'était embelli et était maintenant… absolument craquant.

Non, mais écoutez-moi parler. Je ressemble à un vieil homme sénile. Naruto rit doucement, pressant ses paumes contre ses paupières. C'était difficile, parfois, d'avoir vécu deux vies différentes. Lorsqu'on lui demandait son âge, cela lui demandait toujours un effort considérable pour ne pas répondre « quarante-cinq », l'âge auquel il était mort la première fois - ou pire encore, 'soixante-quatre', la somme du temps qu'il avait vécu dans ses deux vies. Mais les gens d'Uzushio et ses divers immigrés - les ninjas du programme d'échange d'Orochimaru, peu importe comment ils se faisaient appeler, qui avait suivi Kabuto lorsque le Serpent Blanc avait clairement établi qu'il n'était pas prêt à laisser son assistant s'en aller ainsi, parce qu'il n'était, après tout, pas complètement le salaud au cœur de pierre qu'il prétendait être - étaient assez tolérants lorsqu'il s'agissait de sa réincarnation ou de ses occasionnelles remontées de souvenirs que peu d'entre eux partageaient. Peut-être était-ce plus facile d'accepter cette idée après avoir été témoin de la reconstruction d'un village entier en l'espace de quatre ans seulement, après tout.

Ils avaient tous travaillé si dur. Que ce soient les civils, les shinobi ou les jinchûriki, ils s'étaient tous serrés les coudes pour reconstruire cet endroit perdu aux décombres des dizaines d'années auparavant et auquel la plupart d'entre eux n'avaient pas d'attachement ou aucun souvenir auquel se raccrocher. Et ils l'avaient fait. Uzushio était redevenue comme elle l'était avant l'invasion, magnifique, étincelante et lumineuse, peut-être pas aussi peuplée, mais un chez-soi pour beaucoup ayant abandonnés l'idée même d'en trouver un jour. Son foyer, plus que Konoha ne l'avait jamais été, et il était si vivement et aveuglement heureux là-bas, que parfois, il lui arrivait de s'arrêter net, d'un seul coup, au milieu du chemin. Cette joie… était une chose formidable, et il n'était pas prêt de la tenir pour acquise.

Le matelas s'enfonça légèrement et Naruto cligna les yeux en direction de son ami tandis que Haku se penchait vers lui, ses traits fins froncés dans des plis d'inquiétude, même si une touche d'amusement brillait dans ses pupilles.

– Si tu continues de glousser comme ça, quelqu'un pourrait croire qu'il t'en manque une, le prévint Haku, arquant un sourcil.

Naruto en arqua un en retour.

– Ce ne serait pas le première fois, se moqua-t-il. Et je ne gloussais pas, je pouffais. C'est bien plus viril.

– Bien sûr.

Haku était meilleur que n'importe qui pour exprimer ce ton particulier signifiant hé-regarde-ça-je-me-fiche-de-toi, meilleur même que Kabuto.

Il y eut un silence, puis Haku tendit la main dans un doux soupir et repoussa quelques mèches blondes de son visage, les remettant à leur place avec soin.

– Tu es sûr que ça va, Naruto ? demanda-t-il avec gentillesse. Je sais bien que tu t'étais préparé à revoir Sasuke-kun et Tsunade-sama, mais… peut-être pas d'un seul coup et aussi rapidement.

Naruto observa le plafond blanc d'un air absent l'espace d'un instant, avant de reporter son attention plus bas dans un bref sourire.

– C'est vrai, répondit-il après un battement. Je savais bien ce que signifiait revenir ici, tu sais, mais c'est la seule chose à faire. Nous devons trouver des preuves. Lorsque nous les aurons en notre possession, si Orochimaru témoigne comme il a prévu de le faire, on ne reverra pas ce salaud de sitôt. Je n'ai pas envie de passer le reste de ma vie à constamment surveiller mes arrières, en attendant qu'il manipule une nouvelle fois les événements et qu'il nous largue une autre invasion. Uzushio… elle en serait indignée.

Le sourire que lui offrit Haku en guise de réponse fut désabusé et il tira doucement sur une mèche de cheveux.

– Je ne parlais pas de ton devoir, Naruto, le réprimanda-t-il calmement. Je parlais de toi. Depuis que nous sommes parti, je sais que tu as souvent eu l'occasion de repenser à Sasuke. C'est tout à fait compréhensible que le rencontrer de nouveau te déstabilise.

Dans un bruit de pure frustration, Naruto pressa ses mains contre ses paupières.

– Je suis un idiot, murmura-t-il. Bon sang. Il n'en a sûrement rien à faire que je sois parti. Sakura et lui ont toujours été… je ne sais pas trop, plus proches ? Leurs rapports étaient plus faciles, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle faisait ce qu'il lui demandait de faire, et il ne faisait pas trop d'efforts pour la repousser. Nous deux… je n'ai jamais su s'il nous considérait comme des amis ou des rivaux. Je sais que pour moi, c'était un ami proche, mais… ça n'a pas compté pour grand chose, au final.

– Nous sommes-là pour un mois au minimum, nota Haku, se relevant avec grâce et se dirigeant vers son sac pour commencer à le défaire. Peut-être que tu arriveras à une sorte d'entente d'ici là.

– En tant que Naruto, peut-être que je pourrais. Mais en tant que Youko ? J'en doute.

Naruto se mit en position assise pour observer son partenaire organiser ses senbon, puis il poussa un soupir et attrapa les pics pourvus de clochettes dans ses cheveux et les retira, faisait chuter ses mèches blondes tout autour de son visage. C'étaient ceux de Mio, ceux qu'elle lui avait offert ce jour-là au marché, et les retrouver enfouis sous les décombres avait été un de ces moments aussi doux-amer que triomphant - mais, voilà, ce n'était pas la seule chose qu'ils avaient retrouvé sous les débris lors de reconstruction après tout.

Les clochettes étaient toujours un peu cabossées et la fine chaîne qui les maintenait n'était plus de couleur aussi vive qu'auparavant, mais le bout des pics était toujours aussi pointu et les gravures étaient préservées malgré le temps qui avait passé.

Il replia ses doigts autour, les serrant l'espace de quelques secondes avant de les poser sur le côté et de se recoucher, les mains croisées derrière la tête.

L'air, ici, avait une odeur ardente de feuilles et de terre humide, tellement différent du paisible air marin auquel il s'était habitué. À sa grande surprise, il ne ressentait pas même une pointe de nostalgie, et c'était ça, plus que tout autre chose, qui l'élançait dans la poitrine. Car c'était cet endroit qu'il avait un jour considéré comme sa maison, et c'était aussi là où vivait une poignée des personnes qui lui étaient le plus cher au monde, mais au-delà de ça… ce village ne lui appartenait plus. Uzushio, en revanche, était toute à lui et ce, depuis qu'il avait posé le pied sur son territoire. Peut-être même depuis qu'il avait entendu l'appel de la cité, cette nuit claire il y a six ans de cela - presque sept maintenant.

Konoha comptait toujours, mais le village des feuilles restait d'une manière plutôt distante secondaire, et ça aussi : ça faisait mal.