RARs :

Yuugure : Hé ! Super contente que tu aies aimé, en plus, de nouvelles révélations super importantes ! L'arrivée d'un nouveau personnage qu'on n'a pas vu depuis longtemps dans ce chapitre ;) Une très bonne lecture ! 'zou !

Guest : Haha ! Oui, Sasuke est adorable sous ses airs de rebelle (tsundere XD) Encore du Sasuke dans ce chapitre-ci en tout cas ! Et Naruto n'est pas encore prêt à révéler sa véritable identité, il y a plus important sur quoi se concentrer pour le moment pour lui ;) Une très bonne lecture et des bisous ! À la prochaine !

Nosh : Eh oui, tellement de tristesse dans ce chapitre ! Mais quelles nouvelles ! C'est ça le plus triste en soi. Pauvre Hiruzen, c'est d'autant plus frustrant qu'on sait maintenant à quel point ils étaient proches, quant à Reisi, effectivement, il a été manipulé de A à Z, mon pov' chou… Faut pas s'inquiéter pour Sasuke, il a la peau dure ;) Pour ce qui est de ton hypothèse, elle s'avère fausse, sorry sorry ;) Mais c'était encore une bonne idée ! D'ailleurs, j'ai un petit doute quant à qui le découvre vraiment en premier, alors il y aura deux réponses qui seront bonnes, OK ? Parce qu'il y a un personnage qui le découvre directement et l'autre indirectement (si je ne me trompe pas, j'ai beau l'avoir lu trois fois, le doute reste quand même… ^^'') Comme ça, ça te fait 2 fois plus de chances de tomber sur une bonne réponse. J'ai essayé de retrouvé une preuve pour celui sur lequel j'ai un doute, mais difficile à dire avec plus de 30 chapitres, donc, je vais considérer que c'est avéré. J'espère que ça ne te dérange pas, je n'ai pas vraiment le temps en ce moment de relire toute l'histoire une nouvelle fois pour en être sûr, même si en temps normal ça ne me dérangerait pas. Voilà voilà, on voit un peu plus de Sasuke là-dedans. Bonne crise cardiaque ^^ Des bisous, une très bonne lecture à toi !

Raph1978 : La voici, là voilà, l'interaction que tu attendais tant ^^ Toutes les questions auront leurs réponses le temps venu (du moins je pense, personnellement, je n'ai pas été frustrée à la fin, donc c'est que s'il y en a, elles ne m'ont pas dérangées. Je m'arrête là, j'ai hâte d'avoir ta réaction vis-à-vis de ce chapitre. Petit coup de stress à l'horizon, je t'embrasse fort et te souhaite une très bonne lecture. ;)

A.F : Hé ! Super ! Haha, pour ce qui est des réactions, il te faudra attendre quelques chapitres ^-^ Pour ce qui est Danzo, il en a fait déjà bien trop, tout ce que je peux te dire, c'est que Reisi, Uzushio et Arashi n'ont pas été ses seules victimes dans l'histoire (wink wink)... Pour ce qui est de ta question, en fait, il n'est jamais dit qu'ils resteront à Uzushio une seule semaine ou bien deux. Ce qui est dit, c'est que Kabuto et Utakata ne savent pas trop si Gaara va supporter de tenir une semaine au commandement avant de tout lâcher, et doute encore plus qu'il tienne jusqu'à ce que Naruto soit rentré ^^ Je te remercie encore une fois (on n'en a jamais assez) pour ton soutien, ça me fait vraiment plaisir ! Des bisous, une très bonne crise, car… lecture ! Une bonne lecture, c'est cela !


chapter 10: hope in harmony

[Harmonie : Agréable ensemble de deux ou trois notes jouées simultanément en arrière-plan durant l'exécution d'une mélodie : se réfère aussi à l'étude de la progression des accords.]

– Un navire de la flotte de Kiri rôde autour de l'île, dit Utakata, la voix étonnamment douce et les mains enfouies dans les manches de son kimono. Je pense qu'il cherche un moyen de pénétrer la barrière de protection.

Gaara leva les yeux de la pile de paperasse encombrant son bureau et haussa silencieusement un sourcil. Il savait mieux que personne qu'Utakata n'avait plus aucune sympathie pour son ancien village, et encore moins vis-à-vis de quiconque envisageant de prendre d'assaut son nouveau foyer. Compte tenu de son attitude charmante et insouciante, il était très facile d'oublier ce qu'il était au fond, ce qu'il pouvait devenir. Mais Saiken était un formidable adversaire et Utakata avait toujours eu une relation assez étroite avec son démon depuis que Killer B avait enseigné aux jinchûriki d'Uzushio comment communiquer avec leur bijû.

– Tu en es sûr ? demanda-t-il après un battement, car ils étaient tous un peu tendus étant donné l'absence de leur Kage et Gaara ne voulait en aucun cas que Naruto revienne et leur rit au nez pour s'être affolé pour rien. Mais, évidemment, il ne voulait pas non plus passer à côté de quelque chose d'important et que le blond revienne chez lui pour ne contempler qu'un tas de cendres fumantes.

Utakata acquiesça, solennel et pensif.

– Absolument. Ils le cachent bien, et si je n'y avais pas jeté un deuxième coup d'œil, j'aurais certainement pensé que ce n'était qu'un simple bateau de pêche. Mais on m'a entraîné sur ce genre de navire et je sais reconnaître les signes quand je les vois. Il y a des ninjas à bord, et je parierai mon souffleur que la moitié de l'équipage en sont.

La situation n'était pas… idéale. Il laissa un regard sombre effleurer la surface de son bureau, songeant à ce qu'ils devraient faire. Ils pouvaient parfaitement le couler, bien sûr - même ses Genin seraient capables d'un tel exploit au vu des directives de Naruto à l'égard de l'entraînement des plus jeunes -, mais ce serait faire le premier pas vers une inéluctable guerre. Et Uzushio, pour toute sa puissance, n'était pas prête à s'y engager. Pas tant que Danzo restait une menace certaine.

– Il faut que nous agissions, lui rappela Utakata, presque doucement. Il y a encore des ninjas qui se souviennent de la dernière fois où Kiri a violé nos frontières et de ce qui est arrivé juste après. Même si nous ne faisons qu'en informer le Uzukage, cela les rassurera un peu. Peut-être pas autant que si nous le mettions en pièces, mais ce sera suffisant pour le moment.

Gaara se souvenait encore du spectacle désolant auquel il avait assisté lorsqu'il était arrivé aux côtés de Haku et de Naruto à la frontière de la cité ravagée. Il se souvenait aussi des squelettes qu'ils avaient empilés, des centaines de vies perdues et pratiquement oubliées avec le temps qui avait tourné. Il se souvenait des sanglots d'un vieil homme, ses cheveux blancs avec un reste de sa couleur rouge initiale, lorsqu'il avait posé le pied sur les docks et avait vu la cité s'élevant de nouveau devant lui, fière et imposante.

Juste pour cela, Gaara songea que, lui aussi, n'aurait aucun regret à mettre en morceaux le bateau en question.

– Je vais lui faire envoyer les nouvelles par faucon messager, accepta-t-il en relevant les yeux pour croiser le regard ambre et inébranlable d'Utakata. Est-ce que Fû et Rôshi sont toujours au village ?

Le Sous-Commandant opina.

– Rôshi revient d'un entretien auprès du Daimyo et Fû est actuellement en plein entraînement avec ses Genin. Dois-je les faire appeler ?

– Ce ne sera pas nécessaire, mais informe-les de la situation et fait en sorte qu'ils soient près en cas d'attaque, ordonna Gaara, se relevant. Je vais personnellement m'occuper d'avertir tous les ninjas de rang supérieurs et je vais m'assurer que Karin fasse un point sur la barrière. À moins que nous ne voulions leur déclarer la guerre, ce sont les seules manœuvres que nous pouvons nous permettre pour le moment.

Il tourna les talons tandis qu'Utakata s'inclina avant de prendre congé, et il laissa son attention se perdre sur l'immense fenêtre donnant sur le village qui s'étendait jusqu'à la mer d'azur. Il y avait du monde en bas se baladant, civils comme shinobi, et Gaara se demanda si c'était lui où s'il ne rêvait pas en ayant l'impression qu'ils avaient l'air un peu plus sur les nerfs que lorsqu'il s'était tenu parmi eux sur le chemin qu'il avait emprunté au retour.

– Reviens vite à la maison, Naruto, murmura-t-il dans le bureau vide dans lequel la force de volonté de son occupant habituel émanait toujours.

C'était sensation réconfortante, dans ces moments-là, mais ce n'était pas assez. Même pas un peu. Uzushio était le village de Naruto, de bout en bout.

– Nous avons besoin de toi, ici.

.

La première chose qu'il remarqua fut l'élancement aigu palpitant dans son crâne. Puis, ensuite, sa gorge desséchée, le goût immonde qu'il avait dans la bouche et la sensation familière d'un chakra aux extrémités tranchantes qui pesait sur lui.

– Eh ben, souffla une voix tout aussi familière. Alors, c'est à ça que l'élite de Konoha passe ses jeudis soirs. Je ne sais pas si je suis plutôt déçu de tes choix de vie ou déçu que tu n'aies même pas pensé à m'inviter.

– Ino, espèce de cruelle harpie, grogna Sakura. Ouille. Et d'abord, c'était un conseil de guerre improvisé et une session de brainstorming. Qu'aurais-tu pu y apporter exactement ?

– Je vais te mettre en rondelles, dit gaiement Ino en se posant en tailleur sur le sol à côté du lit dans lequel Sasuke et Sakura avaient réussi à se traîner la veille. Lentement. Douloureusement. Lee en aura le cœur brisé, à n'en pas douter.

Sasuke parvint à ouvrir une paupière en dépit des protestations véhémentes du reste de son corps. Lorsque rien n'implosa ou ne prit feu, il tenta l'autre et fut vaguement triomphant vis-à-vis du résultat. L'élancement dans son crâne était plus ou moins gérable, tout comme l'était son estomac. Il avait toujours était plutôt résistant, et voyager avec Jiraiya requérait assez de courage liquide pour que sa tolérance soit au moins respectable.

– Nous pensons que Naruto est allé à Uzushio, dit-il lorsqu'il se fut redressé suffisamment pour feindre un peu de cohérence dans ses propos. Peut-être qu'il a croisé un membre de sa famille et qu'on lui a dit qu'ils reconstruisaient le village, ou peut-être qu'ils l'ont tout simplement emmené avec eux, mais vu qu'il a complètement disparu de la carte, c'est le mieux que nous avons.

Ino lui sourit, d'un sourire lumineux et malicieux qui lui donnait un air bien trop réveillé pour cette heure de la matinée. Elle était également parfaitement vêtue dans son uniforme propre et sans plis, et même ses cheveux avaient un aspect radieux. D'une certaine manière, Sasuke la détestait pour ça. Lui-même avait l'impression d'avoir été piétiné par une horde de gnous la nuit dernière.

– Oh, non, mais quelle déception ! Moi qui voulais le voir dans son costume de danseuse ! se plaignit-elle avant de se calmer un peu. Laisse-moi deviner, tu vas organiser un kidnapping et faire déballer à notre adorable petit blond toute son histoire ?

Sasuke grogna. Ils y avaient songé, au bout de deux bouteilles, certes. Mais…

– Tsunade me ferait la peau, dit-il, prétendant qu'il n'était pas abattu. Je crois bien qu'elle est chatouilleuse avec tout ce qui a un rapport à Uzushio.

– La mienne aussi, surenchérit Sakura, manifestement déçue, alors qu'elle se redressait sur son coude, l'air de n'avoir presque pas été affectée par leur nuit.

Apparemment, avoir une poivrote amoureuse de saké pour maître était utile sur ce point-là.

– Même s'ils ont des informations sur Naruto, officiellement, il n'est qu'un déserteur de rang inférieur, et causer un incident diplomatique pour lui avec un village ninja nouvellement réétabli, qui se trouve également être l'un des anciens alliés de Konoha, ferait exploser son crâne au vu de toutes les répercussions politiques qui s'en suivraient.

C'était, en quelques mots, la raison exacte pour laquelle Sasuke était solidaire à la détermination qu'entretenait Jiraiya de rester aussi loin de la place de Hokage que possible. Tsunade était douée pour ça. Si Sasuke se trouvait dans sa situation, il se serait certainement bien moqué des conséquences. Il n'avait aucun talent pour ce genre de choses, ça avait toujours été le cas.

– Un interrogatoire courtois, dans ce cas ? demanda Ino. Enfin, la version courtoise de Sasuke-kun, du moins.

Sasuke soupçonna qu'il aurait dû se sentir offensé, mais son besoin de caféine lui fit passer outre, et il se poussa en-dehors du lit, démêlant ses membres de ceux de Sakura et prit un moment pour remercier fort, très fort, le ciel que ça n'ait pas été Lee qui les avait trouvés là. Il pouvait seulement supporter un nombre limité de défis au nom de l'honneur de Sakura, après tout, et il avait déjà atteint son quota mensuel.

– Sasuke, café, ordonna Sakura en lançant un regard en biais vers Ino qui sourit et opina. Deux. Et ensuite, je ne veux plus te voir ici. Trouve les ninjas d'Uzushio et les réponses qui vont avec.

– C'est chez moi, ici ! protesta Sasuke, même s'il se dirigeait déjà en direction de la cuisine. Tu ne peux pas me virer !

La seule réponse qu'il reçut fut deux ricanements semblables et il roula les yeux, traînant les pieds pour aller ajouter de l'eau dans la cafetière. Il se souvenait de toutes les fois où Naruto avait reçu le poing de Sakura à la figure, aussi peu entraînés qu'ils l'étaient à l'époque, et la manière dont il laissait toujours passer comme si ce n'était rien, et, honnêtement, ça l'épatait toujours autant. Il préférait encore souffrir du moindre de ses ordres et de les suivre tout simplement plutôt que de risquer qu'elle ne le fasse valser dans un énième mur.

– J'aurais dû me tirer en même temps que Naruto, marmonna-t-il en regardant sa machine se remplir de café, le parfum seul redonnant déjà vie à ses membres. Si j'avais su que restait voulait dire devenir votre singe savant...

– Arrête donc de te plaindre, lui conseilla Ino en pénétrant dans la pièce et en sortant trois mugs. Sasuke plissa les yeux vers elle ; en dépit des apparences et de leurs idées erronées, c'était toujours chez lui, bon sang. Tu sais bien que tu nous aimes et que tu serais vide et perdu sans nous.

Sasuke n'avait aucun savoir ce concernant, et croisant les bras sur son torse, il lui envoya un regard noir qu'il espérait exprimer exactement ce qu'il en pensait. Il avait conscience de dépeindre lui-même une image imposante, de celle qui arrivait à intimider des apprentis ANBUs et les envoyer trembler auprès de la moins-terrifiante-en-apparence Ino pour qu'elle réponde à leurs questions. Bien entendu, après ça, ils apprenaient rapidement qu'il y avait une raison pour laquelle Ino portait le masque du tigre, et ce n'était certainement pas pour un quelconque sens excessif de l'amour-propre.

Ino l'ignora, comme elle le faisait toujours et l'avait toujours fait, et commanda d'un air enjoué « Le sucre, Sasuke-kun » avec un grand sourire lumineux.

Sasuke n'hésita pas une seconde avant de lui passer le sel, montrant les dents dans son geste.

Sakura, qui se faufilait tout juste dans la cuisine, attrapa la main d'Ino une demi-seconde avant que la blonde n'en verse dans sa tasse, remit la cuillerée de sel dans le pot et s'empara du sucre qui se trouvait sur la plus haute étagère. Elle jeta à son coéquipier un regard acerbe et dit à Ino :

– Sasuke déteste tout ce qui est sucré, c'est pour ça qu'il n'en garde jamais à portée de main. Si tu peux l'atteindre facilement, alors ce n'est pas du sucre.

Cela valut à Sasuke un haussement de sourcils de la blonde, mais celle-ci ne fit en fin de compte que murmurer un « C'est noté » avant de disparaître avec son mug. Sasuke l'entendit s'étaler sur le canapé et grimaça en voyant déjà d'ici les taches brunes sur le tissu.

– Sois gentil, Sasuke, l'avertit Sakura en prenant sa propre tasse et en y ajoutant du lait jusqu'à ce que la mixture tourne au beige pâle. Sasuke grimaça une nouvelle fois en la voyant faire.

Rajouter quoi que ce soit à du café noir représentait pour lui le plus grand des sacrilèges. Elle prit une longue gorgée en fredonnant de satisfaction, par pure mesquinerie, puis elle baissa la tasse dans un soupir et reprit :

– Tu vas aller leur parler aujourd'hui ?

Sasuke n'avait même pas besoin de demander de qui elle pouvait bien parler.

– Évidemment. Si Naruto se trouve bien à Uzushio, ils n'ont pas pu le manquer. Ils sauront forcément de qui je parle.

De ça, au moins, Sasuke n'avait aucun doute. Personne ne pouvait simplement oublier Uzumaki Naruto. Même s'ils s'y essayaient. Sasuke le savait d'expérience, pas qu'il s'y soit tenté pendant une très longue période ou qu'il ait essayé avec beaucoup de conviction. Tout ce que ça donnait, c'était encore plus de… frustration. De désespoir.

Mais, ça, c'était un espoir. Une chance.

Il avala son café d'une seule traite, notant à peine la chaleur de la boisson, puis se dirigea vers la chambre pour changer de vêtements. Même s'il n'avait jamais été de ceux suivants de près les conventions sociales, apparaître devant deux hommes connaissant Naruto - qui serait peut-être en mesure de lui faire passer un mot - dans des habits qui avaient l'odeur du bar de la veille et avec une tête de déterré n'était pas acceptable. En plus de ça, c'était certainement le genre de choses que Jiraiya ferait, et Sasuke préférait encore se jeter d'une falaise juste pour être contradictoire si jamais Jiraiya lui disait un jour de ne pas le faire.

– Ne flinguait pas la maison, grogna-t-il en direction des deux jeunes femmes avachies dans son salon lorsqu'il y passa.

Ino trinqua dans sa direction avec son mug tandis que Sakura roula des yeux et fit une grimace.

– Vis un peu, Sasuke, rétorqua-t-elle. Que serait un canapé sans quelques taches de café ?

Le mien, répliqua aussitôt Sasuke. Je te ferai vivre un cauchemar dans lequel Shikamaru est ton mari si tu fais tomber une seule petite goutte. Et Ino, je ferai pareil avec Lee.

Cela lui valut des hurlements de protestation scandalisés, mais Sasuke avait déjà passé la porte.

.

Ce fut pour le moins facile de trouver l'auberge dans laquelle logeaient les deux ninjas d'Uzushio - c'était la seule dans tout Konoha cernée d'un groupe des Forces Spéciales. Sasuke s'arrêta sur le toit de l'établissement, observant discrètement les gardes. Il reconnut de suite l'escouade en question et sut immédiatement qui en serait inévitablement à la tête. Il donna un signal furtif et retomba dans une allée étroite entre un atelier de couture et une épicerie.

Cinq secondes plus tard, une autre silhouette se dessina sur ses pas, familière malgré le masque de moineau qu'elle portait. Neji atterrit silencieusement, soulevant à peine la poussière sous ses pieds, et hocha la tête.

– Uchiha.

– Hyûga, retourna Sasuke, sentant une partie de la tension quitter ses épaules. Neji n'était pas… un ami, pas exactement, plutôt un allié. Ils étaient tous les deux partis sur les traces de Naruto, tous deux bien conscients du vide éprouvant qu'il avait laissé derrière lui et de sa véritable valeur, même si peu d'autres les voyaient, et même si Neji n'était pas aussi fervent vis-à-vis des recherches que ne l'était Sasuke, eh bien… au final, peu de personnes pouvaient prétendre l'être.

Des prodiges, de parfaits imbéciles. Et cela avait pris Naruto pour le leur faire réaliser.

– Nos invités ? demanda Sasuke, croisant les bras sur son torse et s'appuyant contre le mur.

Neji bougonna, l'air plus ou moins offensé.

– La première chose qu'ils ont faite a été de lever une barrière, dit-il sombrement. Une que même le Byakugan ne peut pas percer. Elle a bloqué toute perception audible et visuelle de la chambre durant la première heure, mais depuis, la vue est revenue. Nous sommes en service depuis hier après-midi et rien d'autre n'est arrivé depuis.

Il toisa un moment Sasuke, puis ajouta doucement :

– Ils n'arrêtent pas de mentionner leur Kage. Un Uzumaki, apparemment.

Sasuke hocha la tête, mais n'explicita pas sa réaction ; Neji était plus que capable de lire entre les lignes, et il savait aussi que Naruto était sa priorité depuis presque une dizaine d'années maintenant.

– Je vais aller leur parler, dit-il, défiant pratiquement Neji de l'en empêcher, puis disparut dans un excès de vitesse, bondissant sur le toit, puis sur le balcon jouxtant la chambre qu'Ino lui avait affirmé être celle des deux shinobi.

À sa grande surprise, celui aux cheveux noirs - Yuki - était perché sur le rebord de la fenêtre, nettoyant ses senbon, les cheveux détachés et sa visière toujours bien en place. Alors que Sasuke se redressait, celui-ci déposa le chiffon à polir sur le côté et releva les yeux, puis coupa Sasuke avant même qu'il ne puisse ouvrir la bouche.

– Il te faudra poser tes questions directement à Youko, offrit-il, un léger sourire narquois aux bords de ses lèvres. C'est le seul en position et avec l'autorisation d'y répondre. Si je suis là, c'est seulement pour m'assurer qu'il ne perde pas la vie en faisait quelque chose de tout à fait noble et de complètement idiot.

Sasuke renifla, amusé.

– Et la probabilité que ça arrive ?

Puis, il se rappela de la confiance facile et inébranlable de Youko aux portes la veille et ajouta après coup :

– Aucune importance. Est-ce qu'il est là ?

Yuki secoua la tête et pointa vers le sud avec un senbon.

– Il est parti explorer le marché un peu plus tôt. Je ne pense pas qu'il arrivera à causer trop de problèmes avec un peloton entier d'ANBUs à ses trousses. Il devrait être facile à trouver… tu n'auras qu'à tendre l'oreille pour entendre le tintement de son rire.

Ravalant de justesse un grommellement amusé devant l'image qu'il lui dépeignait, Sasuke opina en guise de remerciements et grimpa de nouveau sur le toit, inclina la tête en direction de Neji, puis se mit en direction du marché à pas rapides.

Bien évidemment, ce ne fut pas aussi facile de trouver Youko que Yuki l'avait prédit. Le marché était vaste, animé et agité, cependant Sasuke était doué lorsqu'il s'agissait de retrouver la signature d'un chakra qu'il avait déjà perçu auparavant, et celle de Youko lui était apparue comme la brise marine passant sur son visage, assez facile à repérer parmi l'ardeur du feu et la chaleur de la terre qu'on trouvait en majorité à Konoha. Il se demanda, en sondant la foule, si Youko était lui aussi un Uzumaki, vu qu'il n'avait pas donné de nom clanique, mais en fin de compte, ça n'importait pas tant que ça. Même si ce n'était pas le cas, il devait certainement posséder les informations que recherchait Sasuke.

Après quelques secondes, il finit enfin par situer le murmure de son chakra, calme et lumineux, presque comme l'était celui de Naruto, mais de façon plus vague, pas aussi pleinement. Des réserves faibles, supposa Sasuke, ou alors Youko était meilleur pour dissimuler son chakra qu'il n'y paraissait. Le blond était perché sur un toit à sa gauche, observant les gens qui passaient en contrebas, l'air aisément diverti par ce spectacle. Il releva les yeux lorsque Sasuke approcha, gardant une allure simple pour ne pas surprendre le ninja d'Uzushio, et ce dernier lui offrit un sourire à peine visible sous son masque.

– Uchiha-san, le salua-t-il gaiement en appuyant ses mains derrière lui. Magnifique journée, n'est-ce pas ?

Sasuke acquiesça, résistant à peine à l'envie d'ensevelir le blond sous ses questions, et prit calmement place à côté de lui.

Il se demanda l'espace d'un instant quelle serait la meilleure approche, puis décida en sachant que son tact était pour le moins inexistant d'être le plus direct possible, comme il l'était toujours.

– Uzumaki Naruto, dit-il, espérant que sa voix ne sonnait pas aussi désespérée que l'état dans lequel il était. Ça te dit quelque chose ?

Youko ne se tendit pas. Tous ses muscles restèrent détendus et son allure toujours aussi calme, mais Sasuke l'observait de près et put voir les lignes autour de ses yeux s'obscurcir, le vert de ses yeux s'assombrissant quelque peu. Une réaction, cela voulait dire que ce nom ne lui était pas inconnu.

– Il y a beaucoup d'Uzumaki au Pays des Tourbillons, fut tout ce que l'homme répondit, le ton léger et jovial. Puis-je demander pourquoi tu souhaites savoir ça, Uchiha-san ?

Ça avait tout d'une réponse qui n'en était pas une comme Sasuke en avait souvent entendu et il pouvait déjà sentir les battements de son cœur s'accélérer légèrement. Enfin.

– Naruto était mon coéquipier lorsque nous étions Genin, dit-il calmement, ne laissant pas paraître sa soudaine euphorie. Il a disparu il y a environ sept ans, et je suis à sa recherche depuis. Tu as dit qu'Uzushio était le foyer du clan Uzumaki, alors j'ai pensé...

Il laissa ses mots se perdre au silence, et Youko ne reprit pas la conversation. Il scruta simplement le marché, l'expression dissimulée tandis qu'il tournait la tête, mais Sasuke avait appris la patience au fil des ans et ne le pressa donc pas.

Pour Naruto, pour le moindre indice le concernant, il pourrait attendre dix ans de plus s'il le fallait.

– Les gens d'Uzushio se sont éparpillés aux quatre vents après l'invasion, dit Youko en espaçant bien ses mots, secouant la tête.

Les clochettes coincées sur les pics dans ses cheveux tintèrent joyeusement, tournant à la dérision de ton de la conversation.

– Uzukage-sama les a rappelés pour aider à la reconstruction. Il y a… quelques déserteurs parmi les nôtres. Des déserteurs, des dissidents et des shinobi qui n'avaient jamais trouvé de foyer. C'est un village d'exclus et de rebuts, et nous venons tous d'horizons différents. Je suis sûr que tu peux… comprendre pourquoi je peux être réticent à l'idée de donner des informations sur un éventuel shinobi d'Uzushio.

Sasuke comprenait, mais ça ne voulait pas dire qu'il devait s'en satisfaire ou même l'accepter. Il serra les dents alors que les mots résonnaient dans sa tête - un village d'exclus et de rebuts, et s'il devait bien reconnaître ce qu'était Naruto pour Konoha, c'était bien ça. C'était une preuve suffisante pour affirmer que Naruto se trouvait dans ce nouveau village, avec d'autres comme lui…

Les pièces s'assemblèrent.

Oh.

Oh.

Les jinchûriki, voulait-il dire à voix haute en se souvenant des pistes de Jiraiya en ce qui concernait Utakata, Rôshi, Fû, et se souvenant de Gaara et de sa folie solitaire. Des déserteurs et des exclus, c'est ce qu'ils étaient tous, et sûrement, sûrement, Uzushio ne serait pas aussi sur la défensive s'ils n'avaient rien à protéger, rien à cacher.

Lorsque Sasuke mit de côté ses pensées et jeta un regard en biais, il rencontra un regard vert solennel encadré par deux mèches blondes décolorées par le soleil, une expression grave, un air déterminé, farouche, virulent et protecteur, le tout rattaché ensemble.

Youko n'était pas prêt de lui en dire plus, et il y avait un avertissement au creux de ses pupilles, conseillant Sasuke de garder ce qu'il lui avait confié pour lui-même. C'était une vraie preuve de confiance alors qu'une telle chose n'avait jamais été demandée, une faveur qui disait, plus que tout, que l'espoir du brun n'était pas mal fondé. Car Uzushio était un village pour ceux qui s'étaient perdus en chemin, pour les réfugiés, les vagabonds, les déshérités, peuplé de jinchûriki, d'Uzumaki et de ninjas sans but, et Naruto se trouvait sûrement parmi eux.

Sasuke ferma les yeux, et le sentiment remontant dans sa poitrine était trop amer pour être de la victoire, trop tranchant, ardent et douloureux pour ressembler à du triomphe, mais c'était déjà quelque chose.

Après presque une décennie de néant, ce quelque chose était tout de même, en soi, une sorte de petite victoire.