Je parle du restaurant Ichiraku dans ce chapitre, mais je n'ai pas réussi à retrouver une certaine phrase (vous verrez laquelle en lisant) et je n'avais pas le temps de re-regarder tous les épisodes, alors j'ai emprunté une phrase banale qui pourrait très bien être la leur (cette note n'a aucun sens sans avoir lu la partie en question x) Soyez indulgent !

Dans cette histoire, j'ai toujours un peu de mal à me décider si autrui devait tutoyer ou vouvoyer Naruto. Alors, je fais vraiment au ressenti. À Uzushio, les siens n'appartenant pas à son cercle personnel le vouvoient en signe de respect même s'ils sont plus âgés. Mais avec Kakashi, je me suis dit qu'étant donné qu'il n'a aucune idée de son véritable âge - l'âge de Youko, j'entends - et qu'il a du mal avec les règles de politesse/du social, qu'il ne s'embêterait pas à le vouvoyer.


RARs :

makiang : Je suis super contente que l'histoire te plaise ^^ Merci pour ton compliment et ton soutien, je fais passer à l'auteure originale ;) Des bisous et une très bonne lecture !

Raph1978 : Effectivement, c'était volontaire, j'aurais pu le mettre, mais j'ai préféré ne pas le faire. Dans ce chapitre, quelques révélations qui feront plus de sens ensuite, mais qui sont très importantes, sauras-tu les repérer ? :D Je prends en compte ton vote, des bisous et une bonne lecture !

Nosh : Ha ! Et il n'a pas fini d'en jeter notre Naruto/Arashi favori ! C'est sûr qu'il est quand même entouré de gens assez perceptifs, et cela va se montrer d'ici les prochains chapitres, alors comme je te dis "tic-tac" ;) Ce n'est malheureusement pas Ino non plus, même si elle a une sacré classe dans cette fiction ^^ D'ailleurs, je connais d'abord l'auteure de cette histoire pour sa façon d'écrire, mais aussi pour sa façon de penser. Quand elle écrit sur un personnage, elle va chercher en profondeur les raisons du pourquoi et du comment. Toujours. Et c'est pour moi la raison pour laquelle Ino à ce caractère. Le fait que Naruto soit parti et que Sasuke soit resté à vraiment changé sa personnalité d'une manière particulière par rapport au canon, même si elle n'est pas complètement OOC non plus. Elle est juste comme il faut pour aider Sasuke dans sa quête ;) Je te fais un gros bisou et te souhaite une bonne lecture (sauras-tu déceler les informations importantes transmises dans ce chapitre ? ;)

Guest : Moi ? Sadique ? … absolument ! Ahah, je ne retarde rien du tout . Il y a simplement beaucoup d'informations à introduire ;) Et ce n'est pas encore terminé ! Ne t'inquiète pas, Naruto à le temps d'être badass (34 chapitres, 34) ! Un grand merci pour tes mots d'encouragement et de soutien ! Je t'embrasse fort et je te laisse avec encore plus d'informations éparses ;) Bonne lecture !

Yuugure : *sob* Je venais de sortir du cinéma (Hail Lord of the Rings XD) lorsque j'ai reçu ton message et tu ne peux pas savoir le sourire que ça a fait fleurir sur mon visage ! Je ne suis que la traductrice, mais je suis absolument ravie que mon choix de traduction te plaise autant et pour ce qui est des fautes, je ne suis pas habituée à ne pas prendre de bêtas (j'en ai toujours deux habituellement), mais je savais aussi que je n'aurais pas la patience d'attendre les corrections… alors je fais attention à ça du mieux que je le peux. Je ne sais pas exactement s'il y n'y aucune faute dans le texte, mais c'est agréable d'entendre dire qu'on ne les voit pas s'il y en a ^^ Je te remercie encore, tu es vraiment adorable, je ferais également passer tes mots à l'auteure originale, de gros bisous (/câlin) et une très bonne lecture !


chapter 12: lost son dissonance

[Dissonance : Discordance d'un ensemble de sons produisant une impression d'instabilité, de contrariété entre les notes et de tension. Aussi un accord qui sonne de manière incomplète jusqu'à ce qu'il s'arrange de lui-même autour d'un autre accord.]

Du point de vue de Naruto, Kakashi n'avait pas beaucoup changé.

Il était éternellement décontracté et nonchalamment attentif, et son œil visible était toujours aussi perçant derrière sa paupière à moitié close, lui donnant cet air généralement distant. Sakumo n'avait jamais été comme ça, pas la poignée de fois où Naruto l'avait croisé en tant qu'Arashi en tout cas. Le plus vieux des deux Hatake était passionné, farouche et savait ce qu'il voulait, et plus que tout cela, il ne tentait pas de le dissimuler. C'était le cas de son fils, pourtant - il cachait, enterrait et masquait, jusqu'au point où Naruto se demandait si Kakashi lui-même savait ce qui était une couverture et ce qui n'en était pas.

Aussi, il… regrettait d'avoir amené Sakumo dans la conversation, parce qu'il avait parcouru les comptes-rendus, avait appris ce qui était arrivé et la manière dont ça avait de toute évidence affecté Kakashi. Mais de toutes les personnes à Konoha, Kakashi était celui qui avait le plus de chances de découvrir qui était vraiment Youko - qui était Arashi, même. En dépit de tout ses jeux de dissimulation visant à se faire passer pour un bon à rien d'obsedé (et une fois de plus, savoir quelle était l'étendue de la vérité vraie là-dessous était encore discutable ; Naruto avait bien envie de dire que l'ensemble n'était qu'un masque, mais…), Kakashi était légèrement terrifiant. Il n'avait rien à envier à Sakumo lorsqu'il se mettait à prendre les choses vraiment sérieux. Et il était méfiant à l'encontre du reste du monde, attentif au moindre petit faux pas, même envers ceux ne l'ayant pas mérités. Toujours à s'attendre à une traîtrise ou à un mauvais coup de la part de quiconque n'étant pas classé dans la catégorie « amis ». Naruto ne pouvait pas prendre ce risque, pas maintenant. Pas ici.

Pas avec Sasuke…

Naruto interrompit cette pensée et jeta un regard à son ami - et vraiment, son ami, de ça, il était sûr à présent. Il a disparu il y a environ sept ans, et je suis à sa recherche depuis. Sasuke était partie sur ses traces, avait tenté de le retrouver, était allé jusqu'à risquer d'offenser un émissaire d'une puissance étrangère pour obtenir des réponses - parce que Naruto avait perçu ce moment de violence à peine contenu lorsqu'il avait refusé de répondre la première fois. Juste une demi seconde de tension, une étincelle de fureur, mais…

Mais c'était . Mais Sasuke en avait quelque chose à faire, et cela faisait se tortiller et tourbillonner quelque chose dans sa poitrine dans des boucles extatiques et éclatantes.

Lorsqu'il était parti, il avait pensé qu'il ne leur manquerait pas le moins du monde. Pas qu'il soit aussi absorbé par le remord et l'apitoiement de sa propre personne pour croire qu'ils ne remarqueraient pas son absence, mais il s'était attendu… à ce que ça leur tienne moins à cœur, comme lorsqu'on devait reconstruire après une destruction ou qu'on nommait un nouvel Hokage, quelque chose de la sorte. Iruka lui était précieux, mais il était également très occupé ; le Sandaime était mort ; Kakashi était tout au plus amical à son encontre, mais si distant ; Sakura avait toujours paru s'en moquer, même s'il avait souhaité qu'il en soit autrement ; et Sasuke…

Eh bien… Sasuke était Sasuke, et toutes les rencontres nocturnes, les missions et les monstres auxquels ils avaient fait face côte à côte n'avaient pas été suffisants pour percer sa carapace.

Mais apparemment, le fait qu'il soit parti l'avait été.

(Et ça avait une certaine logique au fond, pas vrai ? Pour se rapprocher de son coéquipier, tout ce qu'il avait eu à faire, c'était de se réfugier à l'autre bout du continent avec nulle intention de revenir un jour.)

Cela lui prit un effort considérable pour ne pas saluer Teuchi lorsqu'ils entrèrent dans le restaurant, un autre effort pour ne pas offrir un large sourire à Ayame qui se trouvait derrière le comptoir, souriante. Mais la seule pensée de ce que Haku lui ferait subir s'il laissait tomber sa couverture le retint dans une légère grimace et il garda sa simple façade tandis qu'il saluait d'un hochement de tête père et fille.

– Bonjour, les salua Teuchi, l'air enjoué. Ce sera quoi ?

Ichiraku était tellement automatique que c'en était effrayant. Naruto referma ses lèvres sur la commande du bol de nouilles au porc qui voulait sortir, pas parce qu'il pensait que cela leur indiquerait immédiatement qui il était en réalité - ce n'était pas comme si Naruto était le seul client à commander du porc - mais parce que de petits indices menaient souvent à de grandes révélations et il ne pouvait pas se permettre de laisser passer quoi que ce soit, pas à ce stade dans leur jeu.

– Un miso, s'il vous plaît, commanda gaiement Kakashi, mais Naruto pouvait toujours sentir ses regards en coin sur lui comme du papier de verre sur sa couverture.

– La même chose que d'habitude, ajouta Sasuke dans un hochement de tête et il jeta un coup d'œil à Naruto. Ce dernier refoula le flottement de nervosité au creux de ses entrailles, le réprimant jusqu'à ce qu'il n'ait plus à penser aux perçants yeux noirs de Sasuke sur lui, et fit comme s'il découvrait le menu.

– Un shoyû ramen pour moi, merci.

Il sourit à Teuchi sous son masque et ne put s'empêcher de regretter le subterfuge derrière lequel Haku et lui se dissimulaient. Qu'est-ce que ç'aurait été de revenir sous sa propre identité ? Qu'est-ce que Sasuke aurait dit, aurait fait, si ça avait été Naruto qui s'était présenté aux grandes portes au lieu de Youko ? Tsunade, Kakashi, Ino, Neji, n'importe qui et chacun d'entre eux, qu'en auraient-ils dits ? Car le Naruto qui revenait n'était plus celui qui s'en était allé. Il se souvenait de sa vie en tant qu'Arashi dans son entièreté, se rappelait d'Uzushio, avait maintenant son actuel statut de Kage, son entente avec Kurama, ses nouveaux amis, sa communauté… toutes ces relations l'avaient transformés et il aimait à penser que c'était en quelque chose de meilleur.

La sensation d'un regard - d'un œil, en fait - sur sa personne le tira hors de ses pensées et il cligna des yeux en voyant Kakashi le scruter.

– Oui ? demanda-t-il poliment, roulant intérieurement des yeux.

Kakashi était doué pour ce qui était de jouer la carte de celui nullement subtil, et pour cela, il restait un sournois enfoiré à ses yeux.

Kakashi lui sourit, d'un sourire lumineux et enjoué ne détenant probablement pas la moindre once d'honnêteté, et il dit :

– Si tu connais mon père, alors, tu dois aussi connaître les Sannin. Et le Yondaime.

Naruto avait rencontré les élèves du Sandaime à deux reprises lorsqu'ils n'étaient encore que des Genin, puis à d'autres lorsqu'ils avaient un peu mûris, et il rit brièvement en se souvenant de la toute toute première fois. Trois enfants aux yeux ronds, Orochimaru, solennel, Tsunade, enthousiaste et Jiraiya, exubérant, se tenant dans l'ombre de leur sensei tandis que les deux Kage discutaient. Naruto n'avait jamais vraiment eu le temps pour une équipe de Genin, lorsqu'il était Arashi, et c'était un autre regret qu'il attribuait à la tension écrasante de l'époque. Trop de guerres, trop d'affrontements et de minables différends et pas assez de paix, jamais assez. Mais peut-être que maintenant, avec le retour d'Uzushio et finalement assez de puissance de frappe pour rivaliser avec au moins deux des grandes nations - ou même plus, qui sait ? -, peut-être que ce temps de paix là avait une chance de durer.

– C'est vrai, j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer les légendaires Sannin, confirma-t-il en détournant les yeux pour les replonger dans ceux de Kakashi. Mais pas Namikaze. Il était encore un peu jeune lorsque Uzushio est tombée, sûrement encore à l'Académie, si je ne me trompe pas sur son âge, et après ça, je n'en ai tout simplement jamais eu la chance avant son décès.

C'était entièrement vrai, avec le petit bonus d'être également complètement trompeur. Naruto n'avait jamais eu la chance de rencontrer son père, pas avant que Kurama et lui ne fasse appel à assez de puissance pour activer le dispositif de sécurité intégré dans le sceau. Mais c'était doux-amer, et pas quelque chose que Naruto souhaitait ressasser, donc il repoussa aussi cette pensée et offrit un sourire à Kakashi.

– Ah, ça me rappelle ! Est-ce que vous auriez une stèle en la mémoire de ceux morts au champ d'honneur ? Il y a plusieurs vieux amis auxquels j'aimerais présenter mes respects.

Kakashi l'étudia un long moment, et il y avait une charge dans ce regard, quelque chose de lourd, de froid et dur comme l'acier. Il ne répondit pas et ce fut finalement Sasuke qui acquiesça.

– Je peux te montrer où après manger, proposa le brun en jetant à son ancien sensei un regard pointu avant de tourner son attention vers le bol qui venait d'être déposé devant lui.

Après un grognement en guise de remerciements, il s'empara de ses baguettes et les y plongèrent.

– Voilà pour vous, fit jovialement Ayame en plaçant un autre bol devant Naruto dans un sourire. Bon appétit.

– Merci, murmura Naruto en retour, mais la seule pensée du mémorial pesait lourd dans sa poitrine et c'était difficile de retrouver son habituelle enthousiasme.

Peut-être était-ce une bonne chose, néanmoins, vu que Kakashi l'épiait toujours. En biais, peut-être, et en douce, mais Naruto était un shinobi depuis deux fois plus longtemps que le Ninja Copieur, en tout et pour tout, et ce dernier n'était vraiment pas aussi fourbe qu'il pensait l'être. Naruto lui lança un regard, un sourcil se soulevant légèrement, et retourna à son plat. Manger avec un masque était difficile, mais pas impossible, même s'il était déjà quelque peu distrait par ce qu'il devait encore accomplir.

Il avait fait une promesse à Kagami, après tout.

.

(– Ils veulent me marier, dit Kagami d'une voix monocorde, appuyé contre le mur pas plus haut que son buste qui balustrait le haut de la tour de garde.

Assis à ses côtés, les jambes se balançant dans le vide et les yeux fixés sur l'océan en contrebas, Naruto poussa une légère expiration résignée, pas vraiment surpris.

– Et tu vas me dire que tu ne t'y attendais pas, honnêtement ? demanda-t-il doucement, sans détourner le regard de l'endroit où le ciel laissait place à la mer. Vu ton don héréditaire…

Kagami renifla de dédain, sa bouche se pinçant en une fine ligne de mécontentement. Il n'était pas du genre à ruminer, habituellement, toujours vif, joyeux et enthousiaste au possible, mais lorsque ça arrivait, c'était alors plus facile de voir la ressemblance familiale qu'il masquait si bien en général.

– Mon don héréditaire, souffla-t-il, se détachant du mur pour faire les cent pas en travers du toit.

L'endroit était trop étroit pour effectuer de larges mouvements, simplement quelques allers et retours dans toutes les direction, et il en prit avantage en l'arpentant du mieux qu'il le put, jetant les mains en l'air pour faire bonne mesure.

– Mon don héréditaire ? Tu parles de ce que ces vieux ridées ne comprennent pas, de ce qu'ils ne comprendront jamais ! Ce n'est pas comme s'il y avait plus d'une infime chance que je le transmette, même si je me plie à leur demande et que je me « reproduise pour le bien du clan ».

Il fit un claquement de langue écœuré et se pencha de nouveau sur le mur, glissant jusqu'au sol jusqu'à être assis les bras croisés sur le toit, avec un air d'enfant boudeur.

Naruto voudrait bien compatir et se sentir outragé pour son ami, mais il était aussi Kage, et il savait très bien comment les politiques tendaient à se jouer. Et le clan Uchiha n'était rien si ce n'est le berceau des machinations politiques et des abus de pouvoir. Ce clan n'était pas plus une famille qu'un feuilleton télévisée à lui seul, à vrai dire. Et même s'il essayait d'aider son ami, il n'en restait pas moins le chef d'une puissance étrangère, peu importe à quel point celle-ci était amicale envers Konoha. Même s'il était doué lorsqu'il s'agissait de négocier des accords commerciaux et des traités de paix, il se retrouvait démuni de tout pouvoir devant la situation familiale de son meilleur ami. C'était agaçant, mais Kagami et lui avait déjà sillonné ce terrain-là par le passé pour essayer de libérer l'Uchiha de la coupe de son père, et Naruto connaissait bien la rengaine habituelle.

Dans un lourd grognement, Kagami approcha ses paumes de son visage et poussa une expiration en passant ses doigts dans ses mèches lisses lui arrivant au menton. Il avait une plus forte carrure que l'Uchiha moyen, tendant plus vers des muscles de gymnaste que la stature d'un danseur, et il était aussi plus petit que ce qu'on trouvait normalement au sein de son clan, même s'il avait toujours bien sept centimètres sur Naruto. C'étaient encore de ces autres choses qui le mettait à part, au-delà de son héritage qui était unique même considérant les différentes variations du Sharingan existantes et connues.

– Je ne la connais même pas, se plaignit-il, et Naruto sourit tristement.

Kagami était un grand romantique, peu importe à combien de reprises son père avait essayé de le faire changer ou à quel point il avait tenté de lui faire voir la « réalité des shinobi ». Il était friand des romances interdites et de l'amour au premier regard, des amours prédestinés, de ceux contre toutes attentes et des fins heureuses.

– Et ce n'est pas Azami, termina-t-il, parce que cela avait besoin d'être exprimé, même si Kagami n'était pas prêt à le faire.

Kagami ferma les yeux, appuyant dans un soupir sa tête contre les pierres chauffées par le soleil.

– Non, accepta-t-il. Ce n'est pas Azami.

– Kagami, tenta Naruto, mais son ami le coupa en secouant la tête.

– Arrête, Arashi, souffla-t-il. Je sais. Quoi que tu t'apprêtes à dire, je me le suis probablement déjà répété une bonne vingtaine de fois, compris ? Je sais que nos familles sont ennemies. Je sais que nous n'avons aucune chance. Mais elle…

– N'est pas une Uchiha, murmura Naruto, gardant un ton léger.

Il était complètement imperméable à la situation étant donné qu'il vivait à Uzushio, et savait seulement ce qu'il en entendait par Kagami entre ses voyages diplomatiques entre Uzushio et Konoha. Mais Kagami n'avait jamais eu que des bonnes choses à raconter à propos d'Azami, même avant qu'ils se soient vus assignés la même mission de rang S et qu'il soit revenu des étincelles pleins les yeux à réciter le fameux mantra Je suis fou d'elle à longueur de journée avec lequel il arrivait si souvent à distraire Naruto.

Ça sonnait comme une mauvaise fiction avec des familles rivales dont les enfants s'étaient entichés l'un de l'autre, mais la réalité était moins pompeuse. Ils se languissaient de l'autre plus souvent qu'autre chose, pour être tout à fait honnête, et il y avait des discussions prudemment mesurées en public, des regards lourds échangés et de sérieux sermons de la part des anciens du clan en privé. Naruto compatissait, mais à moins que Kagami et Azami se décident à s'enfuir ensemble et à trouver refuge à Uzushio, il n'y avait pas grand chose qu'il puisse faire. Et même dans ce cas-là, il ne pouvait pas se permettre d'engager une guerre et d'impliquer les siens dans un conflit entre deux ex-alliés pour son ami d'enfance. Être Uzukage signifiait qu'il ne pouvait pas prendre de tels risques. Pas avec la vie de ceux qui dépendaient de lui.

– Non, confirma Kagami dans un soupir, puis il secoua la tête et détourna le regard, en direction des toitures rougeoyantes qui faisaient étalage au pied de la colline avoisinante. C'est juste que… Hisae est charmante, de ce que j'en ai entendu. Elle serait d'une gentillesse. Elle est Jônin aussi et elle a le Sharingan. Mais… je veux être avec quelqu'un qui me corresponde, Arashi, pas avec une femme aimable et docile. Est-ce que tu sais qu'Azami est incapable en cuisine ? La dernière fois qu'elle a essayé de me faire à manger, elle a mis le feu à mon appartement. Je ne pensais pas que ce genre de choses arrivaient autre part que dans des shojô mielleux. Et elle me crie dessus et me frappe d'un coup sur la tête lorsque j'agis comme un idiot, et je veux juste… (Il écarta ses mains, l'air impuissant.) Elle est la seule chose que j'ai jamais voulue pour moi seul, Arashi. Comment est-ce que quelqu'un pourrait bien se mesurer à ça ? Comment est-ce que je pourrais tout abandonner ?

Naruto n'avait pas de réponse à lui donner, mais il posa une main sur l'épaule de Kagami et la serra fermement, une pauvre tentative pour lui apporter du confort.

Kagami laissa lui échapper une respiration longue et lente, et il leva la main pour la poser au-dessus de celle de Naruto, ses doigts se refermant désespérément autour de ceux du Uzukage.

– Je refuse de le faire, chuchota-t-il, bruyamment dans le silence ambiant qui planait entre eux. Je n'abandonnerai pas.

Et Naruto clôt ses paupières et tourna la tête en direction de la mer d'azur calme, là où il pouvait voir des nuages se rassembler à l'horizon.

Il ne pouvait pas imaginer cette histoire se terminer autrement qu'en tragédie.)

.

Le nom de Kagami se trouvait exactement à l'endroit où il s'en rappelait, légèrement estompé par le temps et les intempéries, mais toujours lisible. Il s'accroupit devant la stèle, levant le bras pour tracer de ses doigts les gravures. Il y avait un autre Uchiha Kagami, écrit avec le signe qui voulait dire « miroir », mais le nom de son Kagami à lui usait d'un autre kanji et c'était donc assez facile de les différencier.

Sasuke se trouvait trois pas derrière lui, silencieux et immobile, et Naruto se demanda s'il payait ses respects à ses propres amis et aux membres de sa famille tombés au combat, mais encore fallait-il qu'un des noms sur la pierre lui soit familier. Il y en avait trop que Naruto reconnaissait, bien trop à son goût, et Sarutobi Hiruzen était seulement le dernier d'une longue liste.

Le nom de Senju Azami se trouvait un peu plus haut au-dessus de celui de Kagami, brut et en caractère gras. Cela signifiait « fleur de chardon », et de ce que Kagami avait bien pu lui en dire, cela allait bien avec sa personnalité. Il se souvenait du chagrin de Kagami, lorsqu'elle était décédé, se rappelait du regard accablé et hanté sur son visage les mois qui suivirent l'événement - jusqu'à ce qu'il quitte Uzushio pour ne plus jamais y revenir.

Il y avait eu un enfant, Naruto le savait bien. Un fils. Kagami l'avait nommé son parrain et l'avait inondé de photos jusqu'à ce que la seul menace d'en recevoir une de plus fit grimacer l'intrépide Dieu de la Tempête d'Uzushio. Le fils d'Azami, pas celui d'Hisae, et Naruto se demandait quelle genre de vie l'enfant avait vécu, à grandir en tant que rejeton de deux familles en conflit l'une avec l'autre. Parce qu'Azami avait trépassé à peine un mois après la naissance, lorsqu'on lui avait assigné une mission diplomatique loin du village qui devait être portée à bien par un des derniers membres de son clan, seulement pour la voir mal tourner à mi chemin. Et Kagami, avec son propre devoir à accomplir, n'avait été capable de voir le garçon qu'à très peu de reprises.

Naruto reconnut le nom du garçon, gravé sur cette fichue stèle. Une autre perte pour la famille de Kagami, un autre drame dans la vie de Naruto. Pas qu'il s'attendait vraiment à autre chose, étant donné la situation du clan Uchiha. Et particulièrement lorsqu'on voyait la situation propre au garçon.

Un enfant né en-dehors d'un mariage arrangé, d'une mère considérée ennemie du clan, et qui avait été laissé à une épouse trahie pour être élevé comme un pur Uchiha... Naruto ne pouvait même pas imaginer à quel point le garçon avait dû souffrir. Il aimait Kagami, l'aimait toujours aujourd'hui, mais certains de ses choix laissaient vraiment à désirer.

Pas que cela compte encore à présent, supposa Naruto. Uchiha Itachi s'en était assuré. Même si le garçon avait survécu à l'enfance, était devenu un membre invétéré de son clan - et peut-être que ça avait été le cas, peut-être que Hisae avait réellement réussi jusqu'à sa mort à étendre suffisamment sa gentillesse pour élever un enfant qui n'était pas le sien - il aurait probablement été tué lors du massacre. Seul Sasuke y avait échappé cette nuit-là, après tout.

– Un Uchiha ? demanda Sasuke comme s'il avait été encouragé par ses pensées.

Naruto hocha la tête, se redressant et déposa les lys qu'il avait apporté avec lui devant la pierre.

– Le meilleur, dit-il en s'autorisant un bref sourire.

Kagami avait pris de mauvaises décisions, c'était certain, mais Naruto savait comme tout le monde que les Uchiha devenaient littéralement insensé lorsque s'agissait d'amour. Tout le refoulement émotionnel du monde - ce en quoi, évidemment, Kagami n'avait jamais cru - ne pouvait les tenir très loin de leur malédiction, étant donné à quel point elle était liée à leur don héréditaire. Et Kagami avait toujours été enjoué, toujours à vouloir se mettre en quatre pour aider les autres. Obstiné, courageux et étrangement perspicace, un ami en or et un adversaire pénible. En tant qu'Arashi, Naruto avait rencontré bon nombre d'Uchiha, mais il avait toujours pensé que Kagami était le meilleur d'entre eux, même en comparaison des prodiges tels qu'Itachi et le premier Kagami, l'assistant du Nidaime.

Il recula dans un léger soupir, se souvenant du sourire de Kagami, de sa sagesse, de sa franche amitié au travers des années, des batailles et des désastres naturels, des décès et des naissances, de la menace d'une guerre prochaine. Et d'une certaine façon, d'une manière ou d'une autre, les forces de Suna avaient réussi à s'infiltrer si loin derrière les lignes de Konoha, avaient réussi à guetter l'arrivée d'un simple messager, se déplaçant rapidement et dans le secret, et avait réussi à le faucher malgré son don héréditaire, malgré sa puissance, malgré le caractère unique de son Sharingan. Malgré le fait que, lors d'un réel combat, personne n'était jamais parvenu à toucher Kagami.

Il ne savait pas comment. Kagami avait été tué alors qu'il n'aurait jamais dû être en danger, abattu par une escouade de shinobi se trouvant presque à une distance d'un pays de là où ils auraient dû se trouver, et Naruto ne pensait pas que c'était de la paranoïa d'en accuser Danzo, une fois de plus. Parce qu'Uzushio avait tenu bon pendant la quinzaine comme convenu, même encore davantage, et Arashi avait été certain que Kagami était simplement retenu par les politiques, et ça n'avait été qu'après, lorsque vingt-cinq jours s'étaient finalement écoulés, d'un siège auquel Uzushio n'avait pas été préparé, qu'il avait réalisé que quelque chose avait dû arriver. Que Kagami avait échoué et que Konoha ne venait pas, qu'Uzushio se retrouvait seule contre la puissance d'un village deux fois plus important et mieux équipé pour la guerre. Mieux équipé pour une guerre contre Uzushio en particulier, avec leur connaissance du nombre de forces disséminable de la cité que personne si ce n'est un ninja d'Uzushio n'aurait dû avoir, et un shinobi de haut-rang, qui plus est.

Ou un très bien placé, comme l'avait été Reisi, étant le neveu favori de l'assistante de confiance du Uzukage.

Pourquoi ? demanda Naruto silencieusement en fixant le mémorial, pas certain s'il dirigeait sa question à Danzo ou aux Dieux eux-mêmes. Pourquoi nous faire ça ? Nous n'étions pas une menace pour Konoha. Nous ne l'avions jamais été. Nous partagions tout : secrets, sceaux et techniques. Pourquoi vouliez-vous nous détruire alors que nous n'avions jamais offert qu'une franche amitié ? Combien de personnes sont mortes, à cause d'une seule ordure de parano belliciste ? Combien des miens ? Et pourquoi personne n'a jamais remarqué qu'il y avait quelque chose qui ne collait pas dans toute l'histoire ? Pas même Saru…

Mais ce n'était pas nouveau ; Saru avait toujours fait trop confiance aux siens et à Danzo tout particulièrement.

Mais il ne s'en sortirait pas comme ça. Pas pour une minute de plus.

Naruto effleura une nouvelle fois le nom de Kagami, juste au-dessus du nom de son filleul, puis il tourna les talons. Il sourit à Sasuke, radieux et enjoué, même s'il avait l'impression de sentir son cœur se briser à l'intérieur, et la seule chose qui le fit continuer d'avancer fut sa détermination en béton armé.

Sasuke le fixa, grand, fier et différent en tout point de Kagami, mais en même temps, portant en lui la même veine d'entêtement, de farouche puissance. Ses yeux sombres n'exprimaient pas vraiment de la compassion, car ils étaient à peine amicaux l'un envers l'autre, après tout - du moins, Sasuke et Youko n'étaient pas amis -, mais il y avait une sorte de compréhension en leur sein, une réticente fraternité d'esprit à peine admise. Les pertes, la solitude et une famille trouvée au bout du chemin, et Naruto laissa ses doigts reposer juste brièvement sur l'épaule de Sasuke alors qu'il le dépassait.

– Merci, murmura-t-il et il s'en alla en direction de l'auberge où il logeait avec Haku.

En direction du but qu'il s'était fixé en venant ici.

Vers les préparations qu'il avait encore à mettre en place, et vers le projet qui, à terme, mettrait fin au règne de Danzo.

Très haut, la silhouette d'un gerfaut à plumes blanches dans le ciel bleu et clair de l'été se détacha et l'animal émit un vif cri, battant des ailes pour rejoindre son maître. La cartouche dans laquelle le message était rangé, attaché à sa patte, refléta les rayons du soleil lors de sa descente et le regard de Naruto fut immédiatement attiré, une main levée pour protéger ses yeux de la lumière.

Aucun nuage dans le ciel, pas encore, et il se demanda l'espace d'un instant pourquoi il avait l'impression que ç'aurait déjà dû être le cas.