Je ne peux exprimer à quel point je suis désolée pour l'attente...


Place au second mouvement… !


RARs :

Yuugure : Mille merci à toi ! J'espère que cette seconde partie sera toujours égale à tes attentes ^^ Je t'embrasse, une très bonne lecture !

Nosh : Pas d'inquiétude, ça va arriver à un moment ou à un autre - cette grande révélation (haha, je te suis d'une grande aide !). Personnellement, la plupart du temps, je déteste Danzo, mais j'ai aussi appris en lisant les fictions de l'auteure originale de Stormborn que les actions de presque tous les personnages peuvent être expliqués et « pardonnés ». Je n'aime pas Danzo, mais je suis consciente de ses intentions, qui ne sont pas mauvaises au départ. Il y a un autre personnage dans cette fiction qui a le droit à cette rédemption, et je l'aime énormément, pour ses défauts comme pour tout le reste. Mais, d'accord, dans cette histoire, on a tous envie de flinguer Danzo XD Je le conçois ! Alors, pour ce qui est du personnage que tu as choisi pour ce chapitre, ce n'est pas Danzo non plus ^^ Heureusement Naruto a réussi à lui échapper sur ce point-là cette fois-ci ! Mais c'était intelligent étant donné qu'il est assez vieux pour avoir connu Arashi ! Du côté de Kakashi, eh bien… c'est le personnage sur lequel je te disais avoir des doutes ;) Mais comme tu ne l'as pas proposé, pas de point ! Des bisous. Tic-tac Boum, tic-tac…

Raph1978 : Merci beaucoup ! Désolé pour le retard ^^' Je te souhaite une très bonne lecture, des bisous !


chapter 13: storm-winds rising, reprise

[Reprise : Portion d'une partition que le musicien doit jouer deux fois ou plus.]

Naruto était en colère.

Et puis non en fait, parce que la colère était un frémissement, la lueur d'un feu de camp au loin, une étincelle de chaleur sous la peau, et ce qu'il ressentait n'avait rien à voir avec tout ça. Parce que Naruto était furieux, hors de lui, et c'était une éruption, une flamme remontant le tronc de l'arbre et incendiant la forêt entière, une brûlure lancinante consumant son noyau et le dévorant de l'intérieur. Il avait le souffle court, il était sans voix, brisé, et raccommodé par la fureur qui suintait par tous les pores de sa peau.

Haku était trop silencieux, ses yeux sombres ne lâchant pas le blond qui faisait les cent pas entre leurs deux chambres. Recroquevillé sur le lit avec ses jambes repliées sous lui, il ressemblait à un enfant, telle une chose délicate, une sculpture découpée dans la glace la plus fragile laissée à la merci des rayons du soleil. Telle une chose aux extrémités si fines qu'on ne pouvait plus les distinguer, prête à trancher, même si elle ne savait pas encore ce qu'elle devrait trancher. Même s'il l'ennemi en question n'était pas ici, mais à des lieues et à des jours entiers, s'en prenant à leur foyer.

Un foyer qui était menacé.

Un foyer qui avait besoin d'eux, besoin d'eux là-bas et besoin d'eux ici, et qui avait besoin d'eux à deux endroits différents en même temps pour terrasser la menace.

Kiri. Encore. Et lorsque Naruto fermait les yeux, tout ce qu'il pouvait voir, c'était le soleil levant pourpre, les portes abattues et les murs s'écroulant sous le courroux de l'envahisseur. Il y avait un couteau contre sa jugulaire, du sang rouge cerise encore chaud sur sa peau, et les corps des siens, ceux de son village, éparpillés tout autour de lui. Yui, avec du sang provenant d'une blessure à la tête transformant son visage en un masque de fureur sanguinolent. Shunka, montrant les dents, une étincelle meurtrière dans les yeux, de courtes dagues en mains et du sang peignant ses vêtements. Haru montant la garde près du corps sans vie de son père, ne prêtant même pas attention au kunai lui transperçant profondément la chair. Fuyu, courant à toute allure vers le mur, simplement pour tomber sous les coups d'un jutsu qui avait été destiné à son Kage.

C'était la guerre, une guerre brutale et sanglante qui était également sans intérêt, car Uzushio s'était assurée que même si Kiri remportait la victoire ce jour-là, ils en paieraient le prix fort, avec du sang, des corps et des cadavres sur le sable. Uzushio était détruite, Kiri avait perdu une bonne partie de sa force de frappe et un pays entier s'était éparpillé aux quatre coins du globe, incapables de retrouver un foyer.

Naruto ne laisserait pas cela arriver deux fois. Uzushio avait cinq hôtes auxquels elle pouvait faire appel cette fois-ci, un bon nombre de Jônin et de Chûnin durement entraînés et une cité qui n'allait pas laisser les siens lui être pris une seconde fois. Ils avaient aussi d'autres alliés que Konoha, des marchés conclus avec l'un des Sannin et l'amitié du frère du Raikage et d'une des meilleures kunoichi de Kumo. Ils avaient Naruto, qui était aussi Arashi, qui était Naruto, et qui ne laisserait jamais, jamais, le passé se répéter. Qui était revenu d'entre les morts pour accomplir ce qu'il n'avait pas réussi à faire la dernière fois, et pour sauver les siens.

Il ne voulait pas d'une guerre, ne voulait pas la risquer, mais par tous les cieux, si Kiri en commençait une, Naruto ferait en sorte que ce soit Uzushio qui la termine. Et pour de bon cette fois-ci.

Une respiration, puis une autre, lente, régulière et contrôlée, et il fut rappelé à lui, il canalisa tout ce qui avait par deux fois fait de lui un Kage, repoussant tout ce qui n'était pas essentiel dans l'immédiat dans un coin de son esprit. De lentes inspirations, prudentes, mesurées à chaque mouvement jusqu'à ce que le nœud dans sa gorge se disperse et qu'il puisse de nouveau reprendre la parole. Sa colère avait toujours été une éruption, un geyser, jaillissant brûlante puis disparaissant tout aussi rapidement, et Naruto en était reconnaissant. Ses yeux étaient ouverts, fixant l'insipide mur blanc devant lui. Il humidifia ses lèvres, puis reprit fermement :

– Tu dois y retourner, Haku.

Haku se redressa telle une vipère, ses yeux se plissant, le mauvais augure clairement lisible sur son visage.

– Naruto, commença-t-il en guise d'avertissement.

– Non, le coupa le blond, tranchant et ferme, tentant de couvrir ses tremblements et la pointe d'incertitude vis-à-vis de sa décision.

Il n'avait jamais été doué pour choisir entre deux options, toujours à croire en l'idée que rien n'était impossible, qu'il pouvait absolument tout accomplir s'il s'en donnait les moyens. Mais même avec le Multiclonage, il ne pouvait pas être partout à la fois, pas avec une distance telle que celle qu'il y avait entre Uzushio et Konoha.

– Non, Haku, je dois aller jusqu'au bout. Danzo doit payer pour les crimes qu'il a commis avant qu'il ne puisse trouver une nouvelle opportunité de tout ficher en l'air. C'est déjà assez pénible qu'il sache qu'Uzushio a été reconstruite. Nous allons avoir deux jinchûriki de plus très bientôt ici, en plus de la moitié de nos Genin, et je n'ai pas envie qu'ils passent leur temps sur le qui-vive de peur qu'on ne vienne à tout moment leur trancher la gorge. Pour un affrontement contre la Racine, je suis la meilleure option et pour s'occuper de Kiri, tu l'es. Nous ne savons pas encore s'ils viennent chercher des problèmes et en tant qu'enfant au don héréditaire ayant échappé aux purges, tu auras au moins la sympathie des partisans de Terumi. En plus, après avoir autant voyagé avec Zabuza, tu en sais plus sur la situation que quiconque à l'exception de Suigetsu, et il est vraiment incapable dès qu'il s'agit de politique.

– Tu me demandes d'abandonner mon Uzukage, dit Haku d'une voix modérée, mais Naruto n'était pas dupe.

Un Haku modéré était tout ce qu'il y avait de plus dangereux.

– Tu me demandes de laisser mon Uzukage au milieu d'une situation périlleuse sans alliés ni renforts, pour faire face à un maître et un génie des jeux d'échecs qui n'a plus toute sa tête et qui a orchestré ta mort la dernière fois. Je t'aime, Naruto, et je donnerais ma vie pour toi. Tu es ma raison de vivre et la source première de mon bonheur, mais je t'en prie, ne me demande pas ça.

Naruto poussa un grognement en passant ses mains dans ses cheveux. Ses doigts se coincèrent dans une de ses fines tresses et il tira d'un coup sec en grimaçant avant de reprendre.

– Haku, on ne peut pas faire autrement. Tu es mon bras gauche. Si quelqu'un peut gérer ce problème et le faire assez bien pour qu'une guerre insensée soit évitée, c'est bien toi. S'il te plaît.

Il toisa l'air obstiné de Haku, la ligne bornée de ses lèvres et la détermination vacillante dans ses yeux et dit d'une voix plus douce :

– Haku. S'il te plaît. Je ne t'en donnerais pas l'ordre, mais… je t'en supplie.

De longues, longues, minutes passèrent pendant lesquelles Haku sembla avoir un combat intérieur avec lui-même. Puis, dans un lourd soupir, il leva les mains en signe de défaite.

– Gaara va me faire la peau, dit-il, résigné. Il va brutalement m'achever et lorsqu'il s'en ira raser Kirigakure de la carte, il utilisera mon corps mutilé comme bannière de son triomphe.

– Tu, commença Naruto d'une voix sèche, en fais tout un drame.

– Je n'en serais pas si sûr à ta place, rétorqua Haku avec douceur, et un Haku s'exprimant ainsi était encore plus dangereux qu'un Haku modéré. Mais soit. J'informerai les autres de la situation pour qu'ils sachent où chercher lorsque Danzo aura abandonné ton corps quelque part dans un fossé.

– Haku…

Un regard acéré et Naruto ferma la bouche, fuyant la ligne de tir et laissant le brun faire son sac en paix.

– Je savais que j'aurais dû devenir pêcheur, se lamenta-t-il à voix basse. On me ferait preuve de plus de respect, c'est sûr.

Il y eut un soupir, un soufflement et Haku se posa à ses côtés sur le lit, cognant leurs épaules ensemble.

– Jamais, promit-il, mais cette fois, il souriait. Tu ferais un terrible pêcheur, Naruto.

Naruto céda et lui sourit, bref et lumineux, et se pencha sur le côté pour faire légèrement se heurter leur crâne.

– Probablement, accepta-t-il maussadement. Tu n'es pas la première personne à me dire ça, tu sais ?

Haku embrassa son front, comme toujours coincé entre le rôle de la mère, du frère et de la grande sœur, puis il murmura :

– Tu seras prudent ?

– Bien sûr, répondit Naruto et ils prétendirent tous deux que ce n'était pas le flagrant mensonge que c'était en réalité.

.

Il accompagna Haku jusqu'aux portes du village, toujours surveillés de près par leurs gardes attitrés, et endura une nouvelle série d'avertissements en murmures pour qu'il se comporte correctement et qu'il soit aussi prudent qu'il lui était humainement possible de l'être avant que Haku ne se décide enfin à partir, se déplaçant si rapidement qu'il n'était rien de plus qu'une forme fondue. Et Naruto se retrouva de nouveau seul, laissé à Konoha là où se trouvait tous ses souvenirs et les personnes qu'il avait un jour abandonnées pour répondre à l'appel du passé. Laissé avec Sasuke qui était à sa recherche, Kakashi qui ne s'en fichait pas, Iruka qui avait été le dernier à l'avoir vu et Tsunade qui pleurait son absence. Laissé avec Danzo qui était indirectement responsable de sa mort.

Il se sentit un peu perdu, légèrement abandonné, parce qu'au cours des sept dernières années, il avait oublié ce que c'était de se retrouver seul avec soi-même, même s'il avait passé toute son enfance à l'apprendre. Mais il avait une mission à accomplir, une affaire sur laquelle il pouvait se concentrer, et Naruto tourna toute son attention vers elle. Il ignora les Forces Spéciales dans l'obscurité, se servit de sa perception pour trouver les membres de la Racine se cachant parmi la foule, les identifiant grâce au sceau qui les tenait au silence tandis qu'il se baladait dans les rues de Konoha.

Là, sortant du magasin de fleurs des Yamanaka.

Là, devant l'armurerie.

Un autre et un autre, et encore un autre, et Naruto avait peu de doute quant à la manière dont Danzo trouvait de nouvelles « recrues ». Des orphelins, probablement, des enfants qui ne manqueraient à personne. Il se souvenait de Reisi, du désespoir dans ses yeux, et fut heureux que son masque lui permette de ne pas avoir à garder un sourire qu'il saurait faux.

Protecteur, murmura Uzushio dans son oreille, la brise d'un vent marin dans le tourbillon d'activité humide des rues de Konoha. Tu vas le trouver, mon enfant.

Naruto fit un pas de côté, sortant du tumulte de la rue et s'appuya contre un mur, pencha sa tête vers l'arrière et ferma les yeux. Uzushio ne lui parlait pas souvent - elle était trop grande, trop vaste, et il y avait très peu de son entité qu'on pouvait considérer comme « humaine », alors elle avait du mal à comprendre sa propre communauté, peu importe à quel point elle pouvait l'aimer. Mais lorsqu'elle s'exprimait, il l'écoutait. Il répondait, parce qu'elle était tout, elle était sienne de la même façon qu'il était sien, de la même manière que chaque être vivant dans la cité était sous sa responsabilité. Elle était toutes les personnes intra-muros et toutes celles qui avaient un jour vécu à l'intérieur de son territoire, et Naruto était submergé d'adoration à son encontre à chaque fois qu'il prenait une inspiration.

Je vais y arriver. Tu sais bien que je vais y arriver, promit-il silencieusement, de la même façon qu'il avait un jour promis de lui revenir, lorsqu'elle l'appellerait. Et il tenait toujours ses promesses, pas vrai ? Il tentait toujours de tenir celle qu'il avait faite à Mito, mais…

Bientôt. Bientôt, il en serait enfin capable. Deux semaines, peut-être, ou trois, mais bientôt.

Dès leur première heure à l'intérieur de la cité, Uzumaki Anzu et son époux Ken lui avaient rapporté une poignée de dossiers au papier usé par le temps. Ils avaient été marchands ambulants au Pays de la Terre, auparavant, avant que l'appel d'Uzushio les atteigne, et ils étaient tous les deux endurcis et rongés, mais loin d'être rudes. Néanmoins, les mains d'Anzu s'étaient mises à trembler légèrement, lorsqu'elle avait déposé les papiers sur son bureau, et peut-être que l'image avait pu sembler être ridicule à quelqu'un d'extérieur à la scène de voir deux voyageurs expérimentés et mortellement entraînés dans les arts ninjas s'incliner devant un garçon d'à peine treize ans.

– Uzumaki Yui était ma cousine au troisième degré, avait dit Anzu avec calme. Elle n'a pas eu la chance quitter Uzushio avant que la cité ne tombe, mais ma famille a trouvé son neveu errant sur la côte au Pays des Vagues lorsqu'ils se sont mis à chercher des survivants. Il s'était… (Elle avait fléchi et Naruto avait eu envie de détourner les yeux, mais il se l'était interdit. Anzu avait secoué la tête, sévère et insatisfaite, et avait repris.) Il s'était coupé la langue.

Elle avait croisé les yeux de Naruto, grave et pâle, mais solide et avait désigné la paperasse.

– Il y avait un sceau dessus. Ma mère n'a jamais eu beaucoup de talent lorsqu'il s'agissait d'en créer, mais elle se débrouillait pour ce qui était de les recopier. Reisi ne leur a jamais raconté ce qui s'était passé, mais ils ont réussi à en tirer leurs propres conclusions et ils ont gardé ces documents juste au cas où. Je pensais qu'il valait mieux vous les faire parvenir.

Kabuto avait reconnu le sceau en question, un jour où il était entré dans le bureau de Naruto alors que ce dernier était en train de l'étudier. Orochimaru avait tout de suite su, lui aussi, lorsque Naruto avait réussi à rassembler assez de courage et à tempérer suffisamment sa colère pour approcher le Sannin. Danzo, avaient-ils tous les deux dit, sans la moindre hésitation, sans vaciller, même sans contexte. Traître, avaient-ils ajoutés, ensemble comme individuellement, et Naruto n'y avait jamais vraiment réfléchi auparavant, n'avait jamais considéré ce qui pouvait bien mener un Jônin incroyablement puissant et un espion particulièrement doué à quitter le village qui les avait élevés, mais…

Il y avait peu - vraiment, vraiment très peu - de choses que Naruto détestait plus que la manipulation. Corrompre l'esprit de quelqu'un et le retourner contre ses amis, l'utiliser, le pousser et l'enfoncer jusqu'à ce que la psyché soit irrévocablement brisée… c'était chose horrible, déshonorante et il haïssait ça. Orochimaru était leur allié à présent, Kabuto, un véritable ami en qui il pouvait avoir toute confiance, et même si Naruto avait quelques… réserves quant à plusieurs des actions passées d'Orochimaru, il savait aussi sans faire preuve de la moindre arrogance qu'Uzushio était un allié précieux, et le Serpent Blanc respectait suffisamment cela - respectait ce qu'Uzushio, ses sceaux et sa force pouvaient faire pour lui - pour être prêt à faire quelques concessions au nom de la moralité et à celui de l'apaisement mental du Uzukage. Et pour l'amitié avec Oto, pour Suigetsu, Kimimaro, Kidomaru et la manière dont Kabuto aimait Orochimaru comme une des rares constantes dans sa vie… pour tout ça, Naruto était près à lui tendre la main, aussi bien en tant qu'Uzukage qu'en tant que personne.

Pour Kabuto et Orochimaru, également, Naruto était prêt à tout pour faire tomber Danzo.

Un corps se posa contre le mur à côté de lui, avec une discrétion qui criait « shinobi » et une légère odeur de papier, d'herbe fraîche et d'huile. Et avant que Naruto ne puisse dire quoi que ce soit ou se mouvoir, une voix basse murmura :

– Tu sais, j'ai retourné cette dernière conversation tellement de fois que je peux te la réciter pendant que je dors. Tu… tu allais dire « Je veux être accepté. Je veux l'être bien plus que je ne rêve de devenir Uzukage ». Pas Hokage.

Naruto ouvrit lentement les yeux, tous ses muscles détendus, mais prêt à se mettre en mouvement même s'il n'avait pas la moindre idée d' il pourrait aller s'ils en venaient là. Parce que si c'était ce qu'il pensait, si sa couverture avait été percée à jour...

Il croisa le regard inébranlable d'Iruka, prit une brève inspiration et murmura :

– Je suis… désolé, Iruka-sensei.

Parce que ces yeux-là étaient si discrètement blessés, peinés, même s'il le cachait bien, et pourtant Naruto ne regrettait pas d'être parti. Uzushio avait eu besoin de lui, son peuple avait eu besoin de lui et il n'arrivait vraiment pas à s'imaginer ce qui serait arrivé s'il n'était pas parti. Il… regrettait, mais pas assez pour avoir de véritables regrets.

Quelque chose ressemblant à de la satisfaction passa dans les yeux d'Iruka, de la satisfaction, une faible tristesse et une joyeuse certitude, mais il sourit jovialement et continua un peu plus fort :

– J'ai entendu dire que vous étiez intéressé par l'Histoire de Konoha, Youko-san. J'enseigne à l'Académie. Si vous voulez bien me suivre jusqu'à mon appartement, je répondrais volontiers à toutes vos questions.

Malgré le temps passé dans les salles de classe, Iruka était avant tout un ninja, entraîné et expérimenté. Il savait comment feindre quand il le fallait. Avec un sourire dissimulé derrière son masque, Naruto baissa légèrement la tête et se détacha de la surface du mur, se rappelant au dernier moment de ne pas croiser les bras derrière la tête et les plongea à la place dans ses manches.

– Ce serait formidable, Umino-san, répondit-il poliment et entre la nervosité, l'anticipation et le pur bonheur de voir qu'il avait manqué à Iruka, il dut faire un gros effort pour garder une constance dans sa voix.

Il n'en avait pas exactement douté, mais une confirmation était toujours… appréciée. Touchante même.

Le chemin fut silencieux si ce n'est pour quelques insignifiantes secondes de bavardage, tous deux pleinement conscient des ANBUs les observant depuis les ombres tout autour d'eux. Naruto garda un œil sur ce qui les entourait, tandis qu'Iruka l'escorta en haut des escaliers jusqu'à son appartement et le laissa entrer avec un sourire, puis qu'il claqua la porte derrière eux.

Le silence, une nouvelle fois, alors que Naruto se retournait pour faire face à son ancien professeur. Prenant une inspiration, il jeta un œil aux fenêtres - couvertes - et aux murs - épais, car l'immeuble était vieux et solide - et laissa la tension quitter ses épaules. Tout allait bien. C'était Iruka, c'était la première personne qui avait jamais compté, et tout allait parfaitement bien.

Il leva une main, baissa son masque pour que celui-ci se retrouve au niveau de son cou, et sourit au Chûnin avec toute l'effervescence qui explosait dans sa poitrine.

– Hé, Iruka-sensei, dit-il joyeusement.

Il y eut une longue pause, puis Iruka se mit à rire. Il rit et fit un pas vers l'avant, tirant Naruto dans une étreinte étroite et ferme à lui en broyer les côtes tandis que les clochettes dans les cheveux du blond sonnaient frénétiquement dans le mouvement soudain, et il expira.

– Naruto, tu m'as tellement manqué.

Il se détacha légèrement, juste assez pour lever le bras et ébouriffer les cheveux blonds avec un sourire affectueux, puis il ajouta :

– Non, mais ! Choisir de te faire appeler Youko… ne t'ai-je pas déjà dit que tu n'étais pas le démon renard ?

Naruto sentit Kurama remuer à l'intérieur, indigné, mais il écarta la sensation et sourit à son professeur.

– Ce n'est pas vraiment un démon, fit-il remarquer. Et il ne contrôlait pas ses actions le jour où il a attaqué Konoha. Kurama n'est pas si mauvais que ça.

Cela lui valut un énième grommellement pointu, l'équivalent d'un « je l'suis », mais Naruto ignora son bijû avec une facilité venant de l'habitude qu'il en avait.

Iruka hésita, mais avant que Naruto ne puisse commencer à s'inquiéter, il sourit de nouveau et secoua la tête en murmurant :

– Bien sûr que tu es devenu ami avec lui, Naruto. À quoi d'autre devais-je m'attendre de ta part ?

Il s'écarta assez pour traîner Naruto jusqu'au canapé et l'y faire s'y asseoir.

– Raconte-moi, ordonna-t-il. À quoi est-ce que tu as passé ces sept dernières années, Naruto ?

Ce fut au tour du blond d'hésiter et avec un bref soupir, il leva une main et dégagea les parures de ses cheveux pour donner à ses doigts de quoi s'occuper. Parce que, si Iruka avait deviné… Mais il disposait d'informations que la plupart ne connecteraient pas aussi aisément, après tout.

Cela lui valut un sifflement offensé et Iruka croisa les bras sur son torse.

– Même si je n'ai jamais été un soldat de premières lignes, dit-il, la dignité légèrement blessée, j'ai mérité mon rang, Naruto. Je suis un bon espion. Lorsque Haku et toi êtes partis, tu as dérapé en mentionnant Uzushio avant de t'en aller, et maintenant, quelques années après, un blond et un brun arrivent au village en parlant de leur cité nouvellement reconstruite, l'un d'entre eux se faisant appeler Youko et portant un masque qui dissimule une bonne partie de son visage. Peut-être que quelqu'un d'autre n'aurait pas fait le rapprochement, mais je te connais, Naruto. Tu imites Kakashi avec cet accoutrement, je me trompe ? C'est une bonne blague, je dois bien l'avouer, mais…

– Ce n'est pas une blague, l'interrompit Naruto la voix inflexible, mais douce. Iruka-sensei, vous pensez vraiment que j'abuserais autant la confiance des personnes qui me sont chères pour une simple blague ? C'est du sérieux. C'est à propos de la raison pour laquelle Uzushio est tombée il y a presque trente ans… C'est pour faire tout mon possible pour que ça ne se reproduise pas une deuxième fois. C'est très dangereux, Iruka-sensei, et vous ne pouvez en parler à personne. Il vaudrait mieux pour vous que vous n'y réfléchissiez pas trop non plus.

Iruka croisa son regard. Naruto se sentit mal à l'aise, tendu et nerveux, et ça devait se voir au moins un peu, car les yeux de son professeur s'adoucirent, s'attendrirent légèrement et il tendit le bras pour tirer Naruto dans une étreinte plus légère.

– Tu as grandi, murmura-t-il, triste, triomphant, plein de regrets et encore beaucoup d'autres choses que Naruto ne pouvait nommer.

Il ferma simplement les paupières et plongea la tête dans le cou d'Iruka, respirant l'odeur familière de Konoha, des salles de classe et le parfum qu'avait l'idée d'une famille.

– Je suis simplement navré de ne pas avoir pu être là pour voir ça.

Une inspiration, une autre, une troisième, et Naruto retrouva son sang-froid et s'y rattacha comme à une armure, reculant pour sourire à Iruka. Peut-être que c'était un peu larmoyant, mais c'était radieux et enjoué, et il se sentait radieux et enjoué, la douleur dans sa poitrine qui avait disparu avait été remplacée par une émotion qui ressemblait fortement à ce qu'il avait ressenti la première fois qu'il avait pu de nouveau contempler Uzushio dans son entièreté.

– Alors, il faudra que vous nous rendiez visite souvent, offrit-il. Uzushio est de nouveau debout et c'est magnifique, Iruka-sensei, à tel point que vous ne pouvez pas vous l'imaginer ! J'aime monter tout en haut des collines lorsque le soleil est sur le point de se coucher, parce que ça donne à l'océan des notes de rouge et de doré, et la cité brille ! Gaara est le Commandant en chef des Jônin et Haku est mon garde du corps, mais Utakata et Kabuto disent qu'il a plus un rôle de nourrice. Et…

– Respire, Naruto ! rit Iruka, tendant la main pour pincer son nez comme il n'avait plus vu personne le faire depuis des années.

Haku, Gaara, Kabuto, Fû et tous les autres… ils prenaient des libertés, le taquinaient, le poussaient et le tiraient à leur façon, mais aucun n'avaient jamais réussi à remplir le vide laissé par Iruka en tant que grand-frère légèrement trop envahissant. Mais ça allait quand même, parce que Naruto n'avait jamais souhaité qu'ils le remplacent. Un seul Iruka était suffisant. Naruto lui sourit, son cœur paraissant trop gros pour être contenu dans sa poitrine, et Iruka sourit en retour, chaleureux, affectueux et soulagé, et il passa de nouveau une main dans les longues mèches blondes.

– Je suis rassuré, dit-il tendrement. Je suis rassuré que tu te sentes enfin à ta place, Naruto.

Naruto se souvenait des mots de cette nuit-là, n'avait jamais réussi à se les sortir de la tête, qu'importe le nombre d'années ayant passées. Tu devrais faire ce qui te rend heureux, Naruto. Car même si les villageois t'acceptent, si tu n'es pas heureux, ça ne sera jamais suffisant. Et plus que tout, je souhaite que tu deviennes fort, que tu vives selon ton bon plaisir et que tu sois sain et sauf, peu importe le chemin que tu emprunteras.

Il avait choisi sa voie, avait posé le pied fermement dans une direction et parce qu'ils avaient fait de nombreuses promesses, il ne s'en était jamais détourné. Et même si de nombreuses choses avaient changé au cours de ces sept dernières années, son nindo n'était pas différent. Je ne reviens jamais sur une parole donnée. C'est ma voie du ninja.

Il y avait davantage de promesses maintenant que jamais avant ; ses serments en tant qu'Uzukage, son serment à Mito, ses promesses à Uzushio, la manière dont il avait promis de rendre justice aux morts. Sa parole, donnée à tellement de reprises, et Naruto était prêt à toutes les honorer. Jusqu'à la dernière, car c'était ce que les personnes qui lui étaient chères lui avaient enseigné. C'était sa voie et qu'importe ce qui changerait à l'avenir, car ce fait resterait à jamais gravé en lui.