RARs :

Cosmo : C'est sûr qu'on ne pouvait pas être sûr pour Kiri, mais l'espoir a vaincu ! Je suis tout à fait d'accord avec toi pour ce qui est de Mei. Elle ressemble beaucoup à Tsunade, mais une Tsunade de Kiri un peu plus sanglante, et je ne vois pas Tsunade en méchante de l'histoire, donc aucune chance non plus pour Mei. Je suis certaine que si elle le savait, elle s'en voudrait pour ce qui est arrivé à Rin ! Je t'embrase très fort et je te souhaite un excellent chapitre !

Raph1978 : J'ai hâte d'avoir ta réaction vis-à-vis de ce chapitre-ci si tu as aimé le dernier dans ce cas ! Surtout sur la fin, j'avoue, j'ai toujours un petit faible ! C'est une de mes parties préférées de l'histoire (même s'il est difficile d'en choisir seulement quelques-unes ! Tu m'inspires une question que je mettrais en fin de chapitre du coup ! Pour ce qui est du logiciel, je ne me fie pas entièrement à ça, je fais plusieurs relectures (2 parfois 3) et je corrige avec deux logiciels différents. Bien évidemment, il reste certaines coquilles, surtout dans les chapitres que j'ai publiés avant l'obtention du logiciel en question (car il nettoie quand même bien). Puis, ne t'inquiète pas, je vérifie chacune des corrections qu'il me propose et comme tu vois, je ne me repose pas entièrement dessus. Je suis contente que les fautes ne te dérangent pas tant que ça, j'essaie d'en faire le moins possible pour rendre la lecture agréable ^^ Je t'embrasse fort en tout cas et je te souhaite un excellent chapitre !

Nosh : Il fallait qu'il l'apprenne, c'est essentiel pour l'histoire. Et puis, c'est vraiment adorable de le voir en gentil qui apprend que son méchant frère a toujours été gentil (je simplifie grandement Naruto là X) Haha, beaucoup d'entre vous aiment Haku ! Faut dire qu'il est badass c'est vrai, et on va le revoir, mais peut-être un peu moins qu'avant, je pense ? On va avoir d'autres choses sur lesquelles se concentrer ;) Je t'embrasse fort et j'ai hâte d'avoir ton avis sur ce chapitre, bon j'avoue surtout sur la deuxième partie . je ne peux pas m'en empêcher ! Bref ! Une agréable lecture à toi !


Comme vous l'avez remarqué, je publie de manière très irrégulière dernièrement. Avec la reprise des cours et du boulot, j'ai un peu de mal à tenir mes délais et cela restera certainement ainsi pour quelque temps. Toutefois, je n'abandonne certainement pas cette traduction pour autant ! Merci de votre compréhension ^^


chapter 18: stray stars serenade

[Serenade : Morceau enjoué écrit en plusieurs mouvements, habituellement destiné à un fond sonore.]

En toute logique, Sasuke savait qu'il devrait partir. Il se devait de s'éloigner, de s'en aller, de laisser Naruto retourner dans sa chambre à l'auberge et faire en sorte de garder exactement la même relation qu'ils avaient en tant que Youko et Sasuke depuis l'arrivée du ninja d'Uzushio - polie, distante, prudente, avec une touche de soupçons et de méfiance. Ce serait plus sûr pour eux comme ça, meilleur aussi pour leurs plans ; ceux consistant à attirer l'attention de Tsunade sur les méfaits de Danzo.

Mais de toutes les choses que Sasuke était prêt à concéder, celle-ci n'était même pas sur sa liste. Il n'allait pas autoriser le moindre fossé à s'installer entre Naruto et lui, pour rien au monde. Pas maintenant, pas après tout ce temps.

De toute manière, Naruto ne protesta pas vraiment lorsque Sasuke ne fit pas le moindre pas pour s'écarter et leur permettre d'entrer dans le village séparément. Le silence régnait alors qu'ils se frayaient un chemin au travers du sombre bois, approchant Konoha depuis la position opposée à celle de la base de Danzo pour éviter tous soupçons. Ils étaient restés là-bas si longtemps que l'heure tardive avait laissé place à l'aube et sa pâle lueur éclairait déjà peu à peu le ciel. La lourde nuée d'orage qui s'était agglomérée ces derniers jours était toujours bien présente en basse suspension, ignorant complètement la fraîche brise qui commençait à se lever. Sasuke fixa le ciel, se demandant s'il allait pleuvoir, avant d'écarter vivement le sujet et de se concentrer à nouveau sur son compagnon.

Grâce à une autre paire de lentilles qu'il avait sur lui, le bleu de ses yeux avait une nouvelle fois laissé place aux pupilles vertes, et Sasuke ressentit un manque disproportionné à la vue de ce simple déguisement.

Le masque était de nouveau en place, également, mais Sasuke connaissait assez bien le visage de Naruto, l'avait assez dépeint intérieurement pour qu'il n'ait pas besoin de le voir directement. Pour ce qui était de ses yeux, néanmoins…

Ses yeux étaient une perte pour lui, une peine, et Sasuke se fichait bien de ce que cela pouvait signifier sur lui ou son état mental lorsque son fugueur de coéquipier était concerné. Peut-être que c'était parce qu'à chaque fois qu'il pensait au blond, il songeait à la détermination, l'humour, l'enthousiasme et l'inlassable bonne humeur, le tout brûlant dans ce bleu couleur du ciel. Peut-être que c'était parce que, de toutes les choses dont il s'était souvenu à propos du blond ces sept dernières années, il n'avait jamais pu se souvenir de la teinte exacte de ce regard accueillant. Peut-être que c'était parce que, même lorsque Naruto cachait un monde derrière un sourire, ses yeux exprimaient toujours nettement ce qu'il ressentait vraiment.

Peut-être que c'était tout simplement parce que Sasuke était inexplicablement attaché à cette couleur.

La porte était à portée de vue désormais, et ça aussi, ça ressemblait à une perte, comme si, lorsqu'ils quitteraient la paix de la forêt, il n'y aurait plus qu'un vide entre eux, disparue cette proximité et disparus ces baisers. Il ne resterait que Naruto, marchant à quelques pas devant lui et Sasuke traquant son ombre, de la même façon qu'il l'avait fait ces sept dernières années. Il se tendit légèrement, se préparant presque à ce que le blond s'élance et s'enfuit, mais à la place de ça, ce dernier se retourna vers lui, les yeux plissés dans un sourire que Sasuke ne pouvait que deviner malgré le masque.

– Juste à temps pour le petit-déjeuner, dit-il gaiement en mettant presque ses mains derrière sa tête avant de s'interrompre dans son geste. Il poussa un soupir presque affligé et préféra les ranger à l'intérieur des manches du kimono bleu foncé qui dissimulait parfaitement la tenue noire moulante qu'il portait en dessous. Sasuke n'avouerait jamais à quel point il avait été impressionné par la planification de l'ancien cancre, puisqu'il suspectait qu'Haku avait eu son mot - un ou deux - à dire là dedans, mais il acceptait à contrecœur l'idée que Naruto soit parvenu à passer tous les points de contrôle sans se faire voir. Il avait été sur le point de leur échapper, même bien avant que Sasuke n'intervienne.

– On ne va certainement pas aller manger des ramens, dobe, répliqua-t-il, puisqu'il voyait déjà là où ça allait les mener. Peut-être que Sasuke en avait mangé au petit-déjeuner une ou deux fois - et personne ne saurait jamais si c'était plutôt la nostalgie ou la paresse qui l'avait conduit à en arriver à cet extrême puisque Sasuke emporterait ce secret dans la tombe - mais ça ne signifiait pas qu'il allait laisser Naruto l'emporter cette fois-ci. Pas après autant de temps passé privé de leur stupide rivalité.

Heureusement, le blond ne fit pas de commentaires quant à la mention implicite qu'il ne comptait pas le quitter des yeux de sitôt. Au contraire, ses yeux étincelèrent davantage, comme si l'idée lui plaisait, et ce qu'il dit ensuite sur un ton indigné fut la chose suivante :

– Teme ! Je n'allais même pas le suggérer ! J'ai bien conscience que je ne dois pas agir comme je le fais habituellement, tu sais !

Sasuke se retint de mettre des mots à son extrême scepticisme, parce que franchement, ça ne lui avait pris qu'une poignée de jours pour découvrir sa véritable identité, et même s'il était considéré comme un génie à Konoha, il n'avait rien d'un génie avec les gens, il n'y avait pas de doute là-dessus. Un roulement de ses yeux lui échappa néanmoins, et cela suffit bien à exprimer ce qu'il ne disait pas à voix haute. Mais ils se trouvaient à portée de voix de la porte à présent, et donc Naruto se contenta de grogner à voix basse avant de réajuster sa gestuelle pour avoir l'air absolument indifférent.

Encore une fois, Sasuke n'admettrait jamais être impressionné, même s'il l'était. Juste un peu.

Un roulement était sur le point d'être effectué lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée, et Kiba et Akamaru se dirigeaient tous deux vers Kotetsu et Izumo en bâillant. Kiba salua rapidement Sasuke d'un geste de la main et le gros chien blanc aboya en guise de salut de manière bien plus polie que ne l'avait fait son maître.

– Kiba, s'autorisa à murmurer Sasuke après hochement de tête, puisque Naruto marchait à ses côtés et il se sentait bien plus serein qu'il ne l'était en général, même après les révélations dans la forêt. Akamaru.

– Hé, répondit commodément le tokujo, ses yeux suivants Naruto de très près. Un peu tôt pour une promenade, Uchiha.

– Uchiha-san a été assez courtois pour me faire visiter les coins les plus intéressants de la forêt, dit Naruto et Sasuke détermina facilement l'usage de la voix de Youko, un peu plus cultivée et bien plus diplomatique que sa voix habituelle. Et bon c'est vrai, d'accord, peut-être que ce n'était pas une complète surprise qu'il n'ait pas encore était démasqué. Nous n'avons pas ce type de végétation aux Tourbillons.

Kiba parvint à se donner un air indolent bien que ses yeux restèrent perçants - quelque chose qu'il avait en commun avec Shikamaru, mais ce n'était certainement pas Sasuke qui allait exprimer cette ressemblance à voix haute. Il renifla l'air avec subtilité, et Sasuke s'accorda un moment pour prier que l'odeur de Naruto ait toujours la même senteur de brise marine qu'il avait depuis qu'il était arrivé et que leur petite escapade dans les bois n'avait pas retournée sur lui l'odeur de vent et d'eau fraîche qu'il lui connaissait depuis toujours. Le nez des Inuzuka était vraiment redoutable.

– Vous avez des arbres ? demanda-t-il avant de réaliser un peu tardivement que ça pouvait être mal pris. Hinata avait réussi à lui inculquer quelques manières, au moins. Euh, sans vouloir te vexer.

Naruto se mit simplement à rire - le rire de Youko, Sasuke fut heureux de noter, plus mesuré et avec une nuance de politesse.

Il se sentait presque… avare, lorsqu'il s'agissait d'indices quant à la véritable identité de Naruto. Possessif. Et peut-être qu'il n'en avait pas vraiment le droit, mais il aimait à penser qu'il l'avait quand même.

– Nous en avons, mais ils sont bien plus petits et le vent marin est si fort qu'ils grandissent rarement aussi droit que les vôtres. Même sur les collines au-dessus du village, c'est surtout des arbustes et de l'herbe.

Même avec toutes les missions qu'il effectuait dans d'autres contrées, grandir à Konoha avait laissé Sasuke dans l'incapacité d'imaginer un tel tableau, avec si peu d'arbres, une telle canopée et un manque sidérant de broussailles. Bien sûr, Konoha regorgeait de clairières et d'espaces ouverts, mais ils étaient toujours cerclés par les arbres, ou alors, il y en avait toujours à portée de vue, il y avait toujours quelque chose. D'après son expression, Kiba n'arrivait pas mieux que lui à se le dessiner.

– Aha, fit-il, puisqu'après tout, Akamaru resterait toujours celui le plus sociable des deux et c'était vraiment triste lorsqu'on y pensait, et il tourna son attention sur Sasuke en haussant les épaules. Uchiha, on s'est tous donné rendez-vous au Kunai Tordu ce soir, tu comptes venir ?

Sasuke hésita, tiraillé.

C'était presque devenu un rituel pour les Douze de Konoha - onze, après le départ de Naruto, même s'ils ne s'étaient jamais autorisés à changer de nom - de fréquemment choisir un bar et de picoler jusqu'à plus soif, de se plaindre de leur quotidien, de célébrer leurs réussites et pleurer leurs échecs. Dès la première semaine de son retour après son voyage avec Jiraiya, Ino l'avait introduit à leur tradition. Alors, Sasuke ne pouvait pas… ne pas y aller, pas comme ça. En général, il se disait que c'était parce qu'il appréciait, comme tout ANBU, l'opportunité de pouvoir se détendre et mettre un peu de peps à sa routine habituelle.

Mais ce soir…

Il jeta un regard à Naruto, qui l'observait avec un sourcil légèrement soulevé. Cette soirée, il avait prévu de la passer avec Naruto… et il la passerait avec lui, parce qu'il l'avait cherché pendant une bonne partie de ces dix dernières années et qu'il l'avait enfin trouvé. Puis, aussi parce qu'il était dans une situation très périlleuse et que Sasuke était plus ou moins obligé de le sortir de là. Ou plutôt, il était forcé de sauter à pieds joints dans les problèmes avec lui et prier pour qu'ils ne soient pas submergés. Il n'allait certainement pas le laisser affronter seul l'homme qui était à l'origine du massacre de tout son clan.

Apparemment, Kiba mal interpréta leur échange de regard, puisqu'une étincelle de compréhension horrifiée traversa son visage et il tenta immédiatement de rectifier le tir, levant les mains en l'air comme pour tenter de contenir leurs éventuelles répliques.

– Oh, euh… je veux dire, on peut tout à fait faire ça un autre jour, ou tout simplement survivre sans toi si tu as de meilleures personnes… CHOSES, des choses je voulais dire, à faire, Sage, je n'ai vraiment pas envie de savoir quoi que ce soit au sujet de ta vie sexuelle, même indirectement, euh, salut !

Sasuke ne savait pas que Kiba était si doué à l'exécution du Déplacement Instantané.

Impressionnant.

(Kotetsu et Izumo, pas très discrets près de la porte, s'étranglaient presque de rire et n'essayaient même pas de s'en cacher. Et peut-être que c'étaient des soupçons sans fondements, mais Sasuke avait bien l'impression que cette histoire aurait fait le tour du village avant même que le soleil ne se lève. Ils n'étaient que deux inventifs petits salauds opportunistes lorsque des ragots étaient dans la balance, et cela expliquait en grande partie pourquoi Sasuke était tout bonnement, et à juste titre, méfiant des petits Chûnin aux intentions malfaisantes comme eux.)

Il y eut un battement suite au départ de Kiba. Puis, avec une étincelle familière et malicieuse dans les yeux, Naruto se tourna vers lui, et dit, son langage corporel exprimant une parfaite innocence :

– Le Kunai Tordu ? C'est un bar, je me trompe ?

Sasuke sourit à pleines dents dans ce que même un aveugle pourrait deviner comme un sourire.

– Neuf heures, accepta-t-il, toujours ravi de pouvoir contribuer à torturer Kiba, surtout maintenant qu'il avait la confirmation que Naruto ne le lâcherait pas d'une semelle. Tu as des choses de prévues pour cette après-midi ?

Il y avait un large sourire sous ce masque, tranchant et rusé, et cette fois-ci, lorsque Naruto se mit à rire, c'était son vrai rire. La satisfaction que ressentit Sasuke à cette constatation lui descendit jusque dans les orteils.

– Si c'est une invitation, alors, maintenant oui, répondit Naruto, puis il offrit aux Chûnin sur le point de s'asphyxier un salut poli et se remit en marche. Sasuke lui emboîta le pas, plongea ses mains dans ses poches, et ne tourna pas à l'intersection menant à l'auberge de Naruto. Au lieu de ça, il guida le blond jusqu'à son propre appartement dans l'un des districts shinobi les plus côtés.

Il tentait toujours d'avaler la pilule, essayait toujours de faire face aux révélations qu'on lui avait jetées en plein visage - chercher à ajuster ses pensées sur Itachi-le-shinobi-loyal-jusqu'au-point-de-folie plutôt qu'Itachi-le-traître-assassin. Tentait toujours d'accepter que Naruto lui avait retourné son baiser, et même si ça avait été tout bonnement fantastique, Sasuke mentirait s'il affirmait s'y être attendu. Sa vie n'avait jamais pris les tournants auxquels il s'attendait, donc peut-être que désormais, il pourrait être en mesure de se laisser aller au gré du vent, après avoir vu ses préconceptions être toutes, les unes après les autres, invalidées.

Naruto lui jeta un regard lorsqu'ils gagnèrent finalement la porte et Sasuke savait que ce n'était que son imagination, mais il jurerait avoir perçu une étincelle bleue comme la mer en été en dessous de tout ce vert.

– Ça va ? demanda-t-il, juste un ton trop bas pour ne pas être surpris par d'autres oreilles.

Sasuke braqua ses yeux sur lui et ne détourna pas une seule seconde le regard. (Plus jamais, pas s'il avait son mot à dire là-dessus, et il l'aurait.) Il le glissa sur la cascade de cheveux blonds, trop longs pour se hérisser comme avant, mais essayant quand même, la peau dorée, lisse et dégageant une chaleur qu'il ressentait même avec les quelques centimètres qui les séparait. La vigueur de ce regard, même si la teinte était la mauvaise. Le dos droit et les épaules carrés, la tête levée, sans le poids du rejet, de l'exclusion qui le tirait autrefois vers le bas.

Il pensait ce qu'il avait dit auparavant : il aimait Konoha, l'adorait même, mais il aimait les gens qui y habitaient plus que le village en lui-même - surtout si l'exclusion des Uchiha était l'une des choses qui avait engendré l'idée d'un coup d'État et qui les avait mené au massacre, et Sasuke n'avait que trop vu comment Naruto avait été traité, enfant, pour avoir le moindre doute là-dessus - et de ces personnes, Naruto était une des plus précieuses à son cœur. Haut la main, sans le moindre doute, et Sasuke le ressentait comme quelque chose qui le déchirait de l'intérieur, mais c'était… accueillant. Chaleureux, même, pas vraiment une douleur, puisque cela lui faisait tant de bien, ce sentiment de liberté qui venait avec l'acceptation de ce qu'était vraiment Naruto à ses yeux.

Tout, sans exception, et Sasuke l'avait soupçonné par le passé, mais dorénavant, il savait.

Il regarda Naruto, songea à l'endroit qui avait fait de lui ce qu'il était aujourd'hui, un village ninja en ruines qu'il avait sorti des décombres et avait reconstruit en une vraie puissance, et comprit que lorsque Naruto partirait comme il le ferait sûrement, Sasuke le suivrait. Même s'il devait commettre une traîtrise pour cela, Sasuke ne serait pas une seconde fois laissé derrière.

Une inspiration, une expiration et il offrit à Naruto un petit et mince sourire. Pas contraint, pas indécis, parce qu'il avait déjà pris sa décision et il s'y tiendrait, à travers feux et marées, et même l'Enfer aussi, s'il le fallait.

Si Sasuke avait bien quelque chose pour lui, c'était son entêtement buté, après tout.

– Oui, répondit-il, et sa voix ne tressaillit pas. Je vais bien.

La vérité, pure et simple.

.

La pluie se mettait très sérieusement à tomber juste après la frontière.

Seul et non averti, Jiraiya aurait chargé directement et se serait dirigé la tête la première vers Amegakure sans y penser à deux fois, essayant d'en terminer au plus vite avec cette triste mission. Néanmoins, Orochimaru était une présence constante et silencieuse à ses côtés, le capuchon relevé pour le protéger de la bruine qui parvenait jusqu'à eux depuis le côté du Pays du Feu. Il savait que le chakra de Pain était mélangé à ce déluge, avait connaissance de beaucoup de choses se passent à Ame et avait au moins prévenu Jiraiya à ce propos. Il était toujours le sombre salaud taciturne qu'il connaissait, bien trop friand de secrets pour que Jiraiya se sente serein avec lui, mais c'était comme ça que ça avait toujours été, et Jiraiya y avait eu affaire à suffisamment de reprises pour parvenir à s'adapter et faire avec.

– Le plan ? demanda-t-il doucement, accroupi dans le sous-bois et scrutant la grise obscurité qui entamait sa course à quelques centaines de mètres devant eux. Si nous ne pouvons pas faire un seul pas au-delà de la frontière sans se faire remarquer, comment exactement est-on censé parvenir jusqu'à leur base en passant inaperçu ?

Un temps d'hésitation, puis Orochimaru s'agenouilla avec grâce à côté de lui, fouillant l'une de ses poches. Sa main en émergea avec un épais rouleau, le papier faisant à peine une quinzaine de centimètres de longueur.

– Un artifice, répondit-il et le déroula rapidement, révélant presque vingt-cinq centimètres de parchemin couvert de sceaux complexes que même Jiraiya, avec toutes ses années d'apprentissage de l'art en question, n'avait jamais vus. Le souffle court, il tendit la main pour tracer de son doigt une spirale particulièrement compliquée, tentant de comprendre à quoi elle pouvait bien servir. Quelque chose à voir avec l'espace et le temps, songea-t-il, mais il ne pouvait rien deviner de plus sans plus ample inspection.

– Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il, parce que tous les Sannin étaient bons pour ce qui était du scellement, brillants même, mais Jiraiya avait, au moins à défaut d'autre chose, toujours été meilleur que ses coéquipiers dans ce domaine-là. Si c'était bien Orochimaru qui avait fait ça néanmoins, s'il avait dessiné cette magnifique toile de sceaux, élégante et fonctionnelle, le tout ficelé dans un flux de vibrante et puissante énergie, Jiraiya allait bien être obligé de devenir moine ou quelque chose dans les mêmes termes par pure honte.

Bon sang.

Bien heureusement pour le futur de la série des Icha Icha, Orochimaru se mit à rire doucement, se remettant sur ses pieds et indiqua à Jiraiya d'en faire de même.

– C'est un cadeau, expliqua-t-il, son doigt glissant sur le papier juste à côté de celui de Jiraiya. Assez près pour qu'ils se touchent, et pour une fois, ils n'étaient pas à la gorge de l'autre. De la part du Uzukage en personne, puisqu'il soupçonnait qu'il valait mieux me laisser enquêter sur l'Akatsuki par moi-même, étant donné mes connexions. J'ai placé un sceau d'ancrage dans une pièce vide à l'intérieur de leur base lors de ma dernière visite, et il va nous permettre d'y parvenir directement. Il a été chargé en chakra, vu qu'il en faut davantage que je ne suis en mesure de gaspiller sans qu'il y ait de conséquences pour l'utiliser, mais cela devrait nous permettre au moins deux voyages, même accompagnés.

Orochimaru était puissant. L'un des plus forts ninjas à travers le monde en fait - c'était une des raisons pour lesquelles il était toujours en vie et en service, qu'il avait été apte à établir son propre village, même s'il était également, dans le monde shinobi, ce qui se rapprochait le plus d'un monstre sous le lit. (Ou du moins, il l'était jadis.) Et savoir qu'après presque cinquante ans d'expérimentation, d'apprentissage, à repousser ses limites toujours plus loin, il n'était toujours pas assez puissant pour user librement de ce sceau était… hallucinant. Cela posait aussi pour Jiraiya la question de savoir quelle sorte de monstre de chakra avait bien pu l'avoir chargé. Il n'était pas entièrement sûr de vouloir connaître la réponse.

– Vont-ils nous sentir arriver ? l'interrogea-t-il, puisque, certainement, une quantité aussi importante de chakra devrait attirer l'attention de quelqu'un, et s'ils avaient à tout de suite se jeter dans la bataille, il voulait le savoir avant de se lancer là dedans.

Le regard que ça lui valut fut cinglant et légèrement dédaigneux.

– Sincèrement, pour qui est-ce que tu me prends, Jiraiya ?

Orochimaru donna un avant-goût de son pied au côté gauche de Jiraiya, enroula le rouleau autour de ses épaules et s'approcha tout près de lui jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement collés aux côtés, puis fit faire au papier une torsade pour parvenir à une boucle les enveloppant tous les deux.

– La pièce en question est tellement protégée qu'ils ne remarqueraient même pas un Kage à plein pouvoir, même s'ils se trouvaient juste derrière la porte. Tout ira comme prévu.

Jiraiya avait d'acceptables doutes à ce propos, mais seulement parce qu'il se souvenait d'un bon nombre de missions lorsqu'ils étaient gamins commençant avec ses mots et foirant presque aussitôt après, et il ne croyait pas assez en sa chance pour penser que ça se passerait tout autrement, cette fois-ci. Ça n'empêchait qu'ils étaient plus âgés désormais, mieux préparés pour à peu près tout, et Orochimaru lui avait fourni un résumé suffisamment complet des forces et des faiblesses de chaque membre.

Il faudrait que cela suffise.

Orochimaru étala une traînée de sang sur un bout du rouleau, fit un signe rapide et murmura :

– Transfert.

Dans une brusque montée frémissante et ondoyante, le rouleau prit vie, tournoyant autour d'eux en se mettant à briller, puis il y eut une explosion de lumière. Jiraiya glapit, verrouillant automatiquement sa main sur le bras d'Orochimaru. Il le tira un peu plus près de lui, tentant presque désespérément de ne pas laisser l'autre homme lui échapper tandis que le sol vacillait sous leurs pieds, et il trouva du réconfort dans la prise qu'avait la propre main d'Orochimaru sur son poignet alors que l'obscurité se refermait sur eux.

Ce n'est pas une perte de connaissance, réalisa Jiraiya une peu tardivement en clignant des yeux devant les oppressants ténèbres les entourant tandis que le rouleau se referma soigneusement et tomba à terre dans un cliquetis. Ils se trouvaient au beau milieu d'une étroite pièce, si on en jugeait par la sensation qui traînait dans l'air, et il n'y avait pas un filet de lumière aux alentours.

– Si tu veux y voir quoi que ce soit, fit Orochimaru sur un ton légèrement grave, et, comme c'était arrivé tant de fois lorsqu'ils étaient gosses, lisant de toute évidence parfaitement ses pensées, tu ferais mieux de faire quelque chose à ce sujet, Jiraiya. Mon Katon n'a toujours pas tendance à finir de manière moins… explosive que par le passé.

Jiraiya fit la grimace, puisque pour tout son génie, Orochimaru n'était jamais parvenu à réussir à faire quelque chose de moins destructif qu'une supernova lorsqu'il s'agissait du Katon. Secrètement, il pensait que c'était une des raisons qui le poussaient à vouloir à tout prix apprendre tous les jutsu existants - il haïssait l'idée d'être incompétent dans le moindre domaine. Surtout sachant son adresse et sa subtilité pour ce qui était de toutes les autres techniques.

– Ça va, ça va, y a pas le feu, marmonna-t-il sur un ton qu'il savait aussitôt passer au-delà de la bride qu'imposait Orochimaru sur son tempérament, et il ravala un large sourire devant le grave sifflement que cela lui valut.

Après un instant de concentration, une flamme s'alluma au-dessus de sa paume, et la pièce fut projetée dans un éclat oscillant, vide avec des sceaux la recouvrant du sol au plafond.

Orochimaru se pencha pour récupérer le rouleau spatio-temporel et le rangea soigneusement, puis retomba en position du lotus et déposa ses mains sur ses genoux, arquant un sourcil impatient en direction de son ancien coéquipier.

Roulant les yeux, Jiraiya le rejoignit. Il était de toute évidence temps pour le conseil de guerre. Sage seul savait qu'il n'avait rien à redire là-dessus.

Ce fut presque un soulagement lorsque Orochimaru sortit une série de plans de ses volumineuses robes et étala les papiers entre eux, couchant le bout d'un long doigt sur une salle de l'étage inférieur.

– Voilà où nous nous trouvons, murmura-t-il, et il traça un chemin le long d'un couloir jusqu'en haut des escaliers. Voici le quartier général, en commençant par la chambre de Deidera et celle de Sasori. Au moins, ce devrait être assez aisé de nous occuper de Deidara, puisqu'il est entièrement humain, même en considérant son don héréditaire. Il faudra sceller Sasori avant qu'il n'accède à ses pantins et se rende gênant. La chambre d'Itachi est là, mais il a tendance à être insomniaque, donc on ne doit pas s'attendre à l'y trouver. Enfin, il y a Kisame dont le cas va être particulièrement... pénible.

– Le monstre du Pays de la Brume ? Oui, plutôt, grommela Jiraiya en plissant les yeux, se laissant aller à la réflexion. Avec son épée, les attaques basées sur le chakra seraient presque sans effet. Cela signifiait également qu'Orochimaru n'était pas la meilleure personne pour l'affronter - pour toute sa puissance, Orochimaru est et avait toujours été davantage focalisé sur le ninjutsu que sur tout autre chose.

D'après l'expression qu'il affichait, Orochimaru, lui aussi, l'avait bien compris. Le léger pli de sa bouche, pas vraiment une grimace, mais certainement pas une image de satisfaction, lui était plus que familier - Jiraiya avait pris l'habitude de le voir lorsque Sarutobi se mettait en tête de lui apprendre une technique Katon et qu'Orochimaru était forcé de s'asseoir à part et regarder de loin.

– Le Sceau des Cinq Éléments ne fera pas de mal, suggéra le Serpent Blanc après quelques secondes de considération. Étant donné les capacités de Samehada…

Ça, c'était déjà de l'idée.

Jiraiya se fendit dans un sourire. Orochimaru croisa son regard, un léger sourire en coin aux lèvres, et Jiraiya se demanda s'il était vraiment si stupide de penser qu'ensemble, ils seraient capables de faire face à des nations entières.

Au vu des faits passés, probablement pas.

Avec un rire bien plus optimiste qu'il ne devrait certainement l'être, Jiraiya se releva et offrit à Orochimaru sa main pour l'aider à faire de même.

– Ne perdons pas plus de temps, dans ce cas, dit-il.

Orochimaru lui sourit en retour, juste brièvement et avec une touche d'arrogante certitude, mais il accepta la main tendue et laissa Jiraiya le tirer sur ses pieds.

– Allons-y, confirma-t-il, et ils avancèrent côte à côte le long du couloir.


Fin de ce mouvement,

merci à tous d'être toujours présents !


Question time: Quel est le moment que vous avez préféré dans l'ensemble de la fiction ?