RARs :
Shinji Inu : Clin d'oeil clin d'oeil, ce que tu attendais dans ce chapitre ! Une bonne lecture !
Cosmo : Le malaise de Naruto dans le chapitre précédent était effectivement dû à un mal du pays, et non à autre chose. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il reste quand même 10 chapitres ^^' Puis je te renvoie au chapitre 19 si tu veux un élément de réponse à ta question. Je te souhaite une excellente lecture ! Des bisous ;)
GaiaCross : On va bientôt revoir Utakata et Gaara promis ! Avec une introspection pour chacun d'entre eux au moins ^^ J'adore Ino, c'est une warrior dans cette histoire ! Et Tsunade est juste Tsunade, badass jusqu'à la fin ! Je suis trop contente que tu aimes les réflexions faites en amont sur les personnages, je les adore également, c'est aussi pour ça que je suis une grosse fan de tout ce que l'auteure écrit ! Je t'embrasse fort fort, arc-en-ciel et cheval sauvage (?) pour toi XD Une belle lecture !
Tsuki Banritt : Ahah, on en saura plus sur les choix de Sasuke dans ce chapitre et les suivants. Puis tu sais, c'est exactement ce que faisait Kagami (la pagaille diplomatique) donc ce n'est pas vraiment un concept nouveau, mais contrairement à Kagami, Sasuke aime l'Uzukage d'un amour passionné, donc finalement… XD nous verrons bien !
Raph1978 : Hé ! Pas de problème, je t'encourage à la lire en anglais si tu en as marre d'attendre, je comprends à 1000% XD Et je t'invite à lire ce que l'auteure a fait d'autre également ! Des bisous !
Yami Shino : Je suis ravie de pouvoir t'aider un peu quand même, n'est-ce pas que cette histoire est excellente jusqu'au dernier mot ?! Je t'embrasse fort :)
Kira : Haha, pauvre Naruto ! Je te remercie pour tes compliments en tout cas, j'espère que la suite te plaira autant qu'à moi :p Des bisous et une agréable lecture !
Lia9749 : Toutes tes réponses dans ce chapitre et les suivants ^^ Je n'en dirais pas plus ;) Un énorme merci pour tes compliments qui me font si chaud au cœur ! Je t'embrasse fort, plein d'amour, et une excellente lecture !
Je suis désolée pour la traduction des surnoms que vous allez lire par la suite, je n'avais pas le courage de re-re-re-regarder les épisodes pour trouver les mots exacts ^^' J'espère que cela ne gênera pas trop votre lecture !
Je vous embrasse fort !
chapter 24: resolution in refrain
[Refrain : Suite de mots ou de phrases répétée à la fin de chaque couplet d'une chanson.]
Lorsque Sasuke pénétra enfin dans son appartement après un bien long débriefing, se sentant aussi crasseux, que transpirant et épuisé, une silhouette familière l'y attendait déjà. Sai était perché sur le rebord d'une des fenêtres du séjour, une jambe pendant dans le vide, l'autre ramené vers lui. Il affichait un sourire suffisant, comme si la défaite de Danzo était entièrement de son fait, mais pour une fois, Sasuke n'arriva pas à se sentir offensé.
Après ce que l'autre homme avait subi aux mains du vieux conseiller, il en avait tous les droits.
– Dégage de chez moi, fut tout ce qu'il dit cependant, puisqu'après tout, Sai et lui agissait l'un avec l'autre de telle manière et il ne comptait pas changer la donne aujourd'hui. Cette hostilité avait toujours été présente entre eux, même s'ils n'hésitaient jamais à se sauver l'un l'autre. Sakura n'avait jamais vraiment bien compris, mais Sasuke ne souhaiterait pas qu'il en soit autrement.
Sai lui sourit simplement - d'une fausseté assurée, mais seulement parce qu'il savait à quel point cela pouvait hérisser Sasuke.
– Les amis ne devraient pas s'adresser de telles paroles, Big Dick, répondit-il plus ou moins gaiement.
Sasuke émit un grognement, s'apprêtant à sortir son sabre de son fourreau.
– Je t'ai dit de ne plus jamais m'appeler comme ça si ta langue avait la moindre importance pour toi, le menaça-t-il, s'avançant vers son coéquipier, une envie de meurtre le traversant. Quatre ans de blagues lubriques. Cela méritait certainement un petit homicide.
– Mais Ugly et Beautiful aiment quand je t'appelle comme ça, protesta Sai, imperturbable même considérant la lame reposant à quelques millimètres de sa carotide. Et mon livre dit bien que l'attribution de surnoms entre amis démontre une forte affection. (Sasuke montra les dents et Sai leva les mains.) Pardon, pardon.
– Sakura et Ino doivent sûrement leur sens de l'humour à un gamin de treize ans, marmonna Sasuke, et, calmé, il se tourna et entreprit de retirer son équipement. Tu as été vérifié l'état des autres ?
Sai changea de position, ramenant ses deux jambes à l'intérieur pour venir s'y glisser et s'appuyer contre le mur.
– Affirmatif, répondit-il après un moment. Ils dorment toujours. Tsunade-sama a demandé à l'Uzukage de retirer mon sceau et j'ai conduit plusieurs escouades au cœur de la Racine. Arashi-sama affirme que son sceau tiendra tant qu'il le souhaite ainsi, donc nous avons encore largement le temps d'établir les préparations.
C'était… étrange d'entendre quelqu'un se référer à Naruto en utilisant « sama ».
Techniquement, Sasuke était conscient que ce dernier était Uzukage, savait qu'il détenait le même statut que Tsunade, mais ça n'empêchait pas le tout d'être étrange. Naruto était Naruto, sauf que maintenant, il était aussi Youko, Arashi et l'Uzukage de son village. Sasuke interrompit son geste alors qu'il détachait son fourreau et baissa les yeux sur la lame de manière contemplative.
Il y avait eu trois moments, après le départ de Naruto, où Sasuke avait été au plus bas. Des moments où il avait presque tout envoyé valser, où il avait presque abandonné - Kakashi et Jiraiya et Konoha et ses recherches - et tout quitté.
Le premier était arrivé une semaine et demie après la disparition de Naruto, et un jour après le retour des premiers éclaireurs. Ils étaient revenus les mains vides, sans même la moindre rumeur ayant pu les guider dans la bonne direction, et Sasuke avait… craqué. Il s'était mis à hurler sur Sakura, jurer sur Kakashi et avait quitté l'entrevue de Tsunade, plein de rage à l'encontre du vide obscur qu'il ressentait. S'énerver ainsi avait été complètement inutile, ne l'avait pas aidé à se sentir mieux ensuite, mais ça n'avait rien empêché, parce que Naruto n'était plus là et s'il ne se trouvait plus à Konoha, alors qu'est-ce que Sasuke pouvait-il encore bien en tirer ?
Parce que Naruto était la seule chose à laquelle Sasuke avait réussi à s'attacher, qu'il s'était autorisé à approcher. Naruto était un génie - non pas comme Itachi, brillant comme jamais on n'en avait jamais vu et si loin devant lui que Sasuke n'arrivait même plus à voir son ombre, mais un génie comme Sasuke, qui travaillait dur, qui avançait et qui se fondait dans une perception véritable de ce qu'était leur réalité, bien qu'il soit toujours vraiment, vraiment, très bon. C'était un génie, il était comme Sasuke à plus d'un titre, et s'il avait tout abandonné si facilement, Sasuke - brûlant de fureur, frustré et blessé - ne comprenait pas pourquoi il ne pourrait pas en faire de même.
Il avait été jusqu'au mur entourant le village cette fois-là, avant qu'une certaine blonde, les bras chargés d'un bouquet de fleurs ne l'arrête et… entame une discussion avec lui.
À ce jour, Sasuke ne savait toujours pas si Ino savait ce qu'elle avait empêché grâce à cette conversation.
Sa deuxième tentative s'était déroulée un mois plus tard. Les recherches ne donnaient toujours rien, mais Sasuke y participait tout de même chaque fois sans exception. Il sillonnait les villages, les routes et questionnait les voyageurs, et passait toutes les forêts au peigne fin, allant aussi loin que ses pieds voulaient bien le porter, et pourtant, il ne trouvait toujours rien. Pas un murmure, un seul indice, même pas le chuchotis d'une ombre où que ce soit, et Sasuke commençait à haïr Naruto pour cela, pour l'avoir abandonné et s'être enfui, pour être parti… tout simplement.
Être parti comme l'avaient fait tous ceux ayant un jour compté pour Sasuke.
Cette fois-ci, il avait quitté le village et avait fait la moitié du chemin en direction d'Oto, le sceau sur son cou lui brûlant la peau et une rage écrasante coulant dans ses veines et le rongeant de l'intérieur.
Il s'était lui-même arrêté, au bout d'un moment. Avait titubé jusqu'à se stopper sous un arbre et s'y était appuyé, se perdant dans ses souvenirs. Réfléchissant. Parce qu'il connaissait Naruto, savait qu'il n'abandonnerait personne sans une bonne raison et un motif parfaitement valable, et Sasuke n'avait… ni l'un ni l'autre. Il fuguait. Fuyait dans le but d'obtenir plus de puissance, certainement, mais... pas sa propre puissance. Pas par ses propres moyens, acquis comme Naruto avec de la patience, du dévouement et du labeur, même lorsque tout le monde autour continuait de le traiter de monstre et de raté, de cas désespéré.
Orochimaru lui avait offert de la puissance, mais c'était bien le genre de proposition que Naruto n'aurait même pas considéré une seule seconde.
Sasuke était resté là alors que la nuit laissait sa place à l'aube, à penser. Aux missions, aux entraînements et à ces soirées tardives à arpenter Konoha ensemble, puis il s'était redressé, avait ignoré la douleur du sceau pulsant dans son cou, et était retourné au village.
La troisième fut la pire de toutes.
Après cette fois-ci, il avait abandonné l'idée de partir à la recherche d'Itachi, sa soif de vengeance et avait tourné le dos au massacre de sa famille, se concentrant entièrement sur l'absence de son coéquipier.
Sasuke ne se leurrait pas, il savait qu'ils n'approuveraient pas ses choix.
Il était en compagnie de Jiraiya à l'époque, voyageant de village en village, et dormant à même le sol dur à la belle étoile dès lors qu'ils n'arrivaient pas à rejoindre un abri avant la tombée de la nuit. Sasuke s'était allongé, furieux devant l'absence d'avancement dans ses recherches, lorsque d'un coup, cela l'avait frappé.
Pendant tout ce temps, il avait superposé l'enquête qu'il menait sur son frère et celle concernant Naruto. Il avait divisé l'effort, avait diminué considérablement son efficacité, et ce n'était pas quelque chose qu'un shinobi qui était bon dans son domaine pouvait se permettre de faire. À un moment ou un autre, il devrait en sacrifier un.
À un moment ou un autre, il devrait faire un choix.
Et c'était ce qu'il avait fait. Il avait choisi Naruto, avait choisi son futur, et avait laissé le passé derrière lui. Cela lui avait pris des semaines pour en arriver à une telle conclusion, mais il l'avait fait.
Sachant ce qu'il savait aujourd'hui - à propos de Naruto, de son clan, d'Itachi - Sasuke ne pouvait empêcher un soulagement immense de l'envahir.
– Excellent, dit-il, l'air distrait, car Sai le scrutait toujours, de ses yeux perçants pareils à ceux des oiseaux, des yeux noirs comme le charbon en voyant plus qu'il ne le devrait. Bien. Est-ce que… est-ce qu'Arashi en a bientôt terminé ?
Il y eut une longue pause, puis Sai se redressa d'un seul coup avec une lueur malsaine que seule Ino aurait pu lui inspirer dans les yeux.
– Oh, dit-il, le ton soudain terriblement léger, se relevant d'un bon complètement inutile. Je comprends mieux les insinuations de Beautiful maintenant ! L'Uzukage et toi forniq…
Bam.
Sasuke traversa la pièce et ferma brusquement la fenêtre sans un regard pour son coéquipier qui pourrait à présent très bien (avec un peu de chance) gésir sans vie dans la rue que son appartement surplombait. Malheureusement, Sasuke n'en avait jamais eu beaucoup. Et Sai était comme un cafard. Il ne voulait tout simplement pas mourir. Sasuke avait déjà essayé. Plusieurs fois. À maintes reprises.
Le bruit de quelqu'un frappant sur le carreau le fit se retourner en direction de la cuisine, et il croisa les bras sur son torse et y jeta un regard mauvais. Sai lui offrit un sourire étincelant, agitant poliment l'épais volume de tactiques ninja que Sasuke lui avait lancé à la figure.
– Merci, Big Dick, je prévoyais de te l'emprunter. Tu es bien aimable.
Sasuke grogna et s'apprêta à le rejoindre, mais avant qu'il n'ait pu faire plus d'un pas, Sai disparu sur le toit et était loin devant lui.
Un jour - un jour - Sasuke le tuerait de ses propres mains, selon son bon plaisir.
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Il faisait déjà noir lorsque Naruto parvint enfin à s'extirper des réunions et autres conseils et comptes-rendus, laissant à Tsunade le plaisir de s'occuper des derniers petits détails. Danzo se trouvait en cellule de détention, étroitement surveillé, et tous les membres de l'ANBU de la Racine avaient été placés dans une aile spéciale de l'hôpital, où des experts en la matière chercheraient à briser leur conditionnement et à les réintégrer au village. Naruto avait proposé d'en emmener quelques-uns avec lui à Uzushio, pour les soulager d'une partie de la charge, et Tsunade avait promis d'y penser, mais Naruto avait bien reconnu la détermination dans ses yeux.
C'était le problème de Konoha, et Tsunade en prenait la totale responsabilité - et elle allait résoudre elle-même le problème. Bien qu'ils soient à présent alliés - officiellement ratifié et scellé, étant donné la présence des deux Kage et le besoin d'assurer une coopération durable des deux côtés - Tsunade n'était pas près de se décharger de ce poids sur lui.
Naruto aurait réagi de la même façon, si ç'avait été lui.
À présent, la nuit laissant doucement place à l'aube, Naruto se sentait tout simplement… usé. La tension, l'anticipation, le soulagement et le triomphe formaient un canal tortueux sous sa peau, mais l'ensemble était avant tout recouvert d'une épaisse couche d'épuisement qui lui donnait sincèrement le tournis. Trop d'émotions à la fois, trop de hauts et de bas en l'espace des dernières vingt-quatre heures, l'avaient vidé, et en ce moment même, ses seuls désirs se résumaient en un lit moelleux, une couverture chaude, et au moins cinq heures ininterrompues de sommeil.
L'appartement de Sasuke était plongé dans le noir, lorsqu'il arriva, mais ce n'était pas très étonnant. Il était presque trois heures du matin, et il avait dû aller se coucher il y a un bon moment déjà. Il y avait un bol de ramen froid posé sur la table à côté de la porte, mais Naruto, trop exténué pour cela, décida des les garder pour le lendemain matin, lorsqu'il serait suffisamment conscient pour en profiter. Avec un soupir mélancolique à la pensée même du délicieux bouillon chaud, il retira ses sandales et se dirigea vers le sofa, bien décidé à s'y affaler et à y perdre connaissance.
Mais quelque chose lui bloqua le chemin.
Naruto baissa les yeux sur Sasuke qui se releva sur son coude et le fixa, les yeux embués par le sommeil. Sasuke émit un son ennuyé et se releva, étirant les muscles de ses bras.
– Viens par là, dobe, dit-il, comme s'il ne lui faisait pas une faveur. Si tu tentes de dormir là une nouvelle fois, tu vas encore être tout endolori. Ce canapé n'est pas fait pour y dormir. Mon lit est assez grand pour deux.
Il aurait pu ressentir de l'embrassement. Il aurait pu protester et choisir le sofa contre toute attente, peu importe ce à quoi ressemblerait sa colonne vertébrale au réveil. Mais Naruto était fatigué, bien trop épuisé pour ne serait-ce que pensé à résister, ou pour faire toutes ces choses que partager un lit avec son nouvel amant pourrait impliquer, peu importe à quel point Sasuke était tentant dans son jogging et son débardeur moulant. Il fit un signe vague de la main en guise d'approbation, et Sasuke s'en servit pour le guider le long du couloir.
Le lit était bien assez large pour deux, cependant, Naruto ne batailla pas lorsqu'ils finirent par partager le même espace en son centre. Il ferma les yeux et s'endormit, et s'il rêva, il n'en eut aucun souvenir.
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(– T'es-tu déjà demandé, commença Kagami, regardant par la fenêtre du bureau du Uzukage, où tu te trouverais… qu'est-ce que tu serais devenu, si tu ne t'étais pas engagé en tant que shinobi ?
Naruto jeta un regard dans sa direction, son stylo oublié. Peut-être était-ce là la différence entre eux deux, songea-t-il. Parce que Naruto n'avait jamais sérieusement considéré de ne pas être un shinobi, de ne pas être exactement qui et ce qu'il était aujourd'hui.
Mais pour Kagami, c'était différent. Kagami était un rêveur et l'avait toujours été, débordant d'imagination et aux idées folles avec lesquelles personne ne pouvait rivaliser. Naruto se demandait, parfois, à quel point Kagami était conscient du monde autour de lui, de ce qui était devant lui plutôt que de ce qui germait dans son esprit tel un château dans le ciel.
Uchiha Kagami était quelqu'un de bien, loyal, tenace et doté d'un dévouement sans faille, aux sourires rapides et aux rires contagieux. Il suivait son cœur plutôt que sa tête, ne dissimulait jamais ce qu'il pensait ou comment il se sentait, et Naruto l'aimait d'autant plus pour cela. Grâce à tout ça, Kagami était tombé éperdument amoureux de Senju Azami et aimait ardemment le fils qu'il n'aurait jamais dû avoir selon les traditions de son clan et celles de leur rival, et si les temps venaient à changer, si Kagami était différent, ce pourrait être le commencement d'une nouvelle ère.
Mais Kagami est et avait toujours été un rêveur, trop concentré sur ce qui pourrait être plutôt que sur ce qui était. Naruto n'avait pas envie de laisser son ami s'en aller, mais il… il pourrait. Pour changer la face du monde, il le ferait même avec joie. Et s'il se souciait de la politique, ou du pouvoir lui venant de sa famille, ou s'il cherchait à faire plus que de s'éloigner de son clan pour leur prouvait à quel point il se trompait, Kagami pourrait changer les choses.
Parfois, Naruto se demandait si Kagami pouvait voir cela aussi, mais il ne lui avait jamais posé la question.
– Non, répondit-il après un moment de silence, offrant un haussement d'épaules. Parce qu'il était un shinobi, l'avait toujours été, et il était heureux de la manière dont sa vie avait tourné. Pourquoi devrait-il envisager une telle chose, sachant cela ?
Kagami ne soupira pas et ne roula pas non plus les yeux - il était bien trop plongé dans ses pensées pour même ressentir l'habituelle irritation devant les idées terre à terre de son meilleur ami, bien qu'il réagisse normalement toujours ne serait-ce que légèrement.
– Imagine un peu, l'encouragea-t-il, son regard glissant sur les toitures rouges rayonnantes sous le soleil couchant. Et ne dis pas « pécheur », Arashi. Cette blague est devenue redondante avec les années.
Naruto leva les yeux au ciel, puisque, ainsi qu'il s'en souvenait, Kagami avait été celui à entamer ladite blague. Toutefois, il posa quand même son stylo et s'appuya contre le dossier de son fauteuil, les grelots terminant le ruban dans ses cheveux tintant doucement. Ce n'étaient pas ceux qu'Hiruzen lui avait volés, puisqu'étant un abruti de première, il ne les lui avait bien sûr pas rendus, même après une année complète, mais un cadeau de Shunka. Il joua avec d'un air distrait tout en considérant la question, fronçant les sourcils devant la ribambelle d'options qu'il envisageait puis écartait.
– … et toi ? demanda-t-il après quelques minutes durant lesquelles il ne parvint toujours pas à arriver à la moindre conclusion.
Kagami sourit, d'un air doux et nostalgique, et il répondit sans la moindre hésitation. Il avait de toute évidence déjà réfléchi à la question.
– Fleuriste. Azami adore les fleurs. Nous pourrions même posséder un petit commerce. Ce serait… plaisant. Paisible. J'imagine que ce serait vraiment merveilleux, et… peut-être que notre fils aurait la main verte lui aussi.
La folie te monterait à la tête dès le premier mois, songea Naruto, mais sans rien en énoncer, puisqu'il avait été Uzakage suffisamment longtemps pour apprendre à faire preuve d'un minimum de tact, même auprès de ceux comptant pour lui. Il retourna à nouveau la question pendant une minute ou deux, puis se contenta de hausser les épaules.
– Chef d'un restaurant de ramen ? s'aventura-t-il. La vieille Ine dit que j'ai un don pour ça.
Cette fois-ci, Kagami se moqua sans détour de lui et il tira son regard d'Uzushio pour sourire à son meilleur ami.
– Si on te mettait derrière un bar à ramen, Arashi, on devrait te faire rouler pour t'en faire sortir, dit-il joyeusement, les yeux brillants d'amusement. Je sais que tous les Uzumaki sont obsédés par la chose, mais même en comptant tous les autres, ton amour pour les ramens est monstrueux.
– Hé ! (Naruto le menaça d'un doigt.) Je ne dis rien à propos de ton obsession pour les éventails. S'il y a quelqu'un de monstrueux ici, c'est toi, Uchiha.
– Au moins, moi, je ne me repais pas du symbole de mon clan, merci bien.
– Les naruto mènent à une parfaite harmonie d'un plat de ramen, tu n'es qu'un sauvage si tu n'arrives pas à apprécier une telle chose.
– Tu verras, un jour tu te réincarneras en pâté de poisson, et j'en rirais à m'en faire mal au ventre, Arashi. J'en mourrais s'il le faut.
– Et tu ne manqueras pas du tout, crétin.
Kagami se mit à rire et ce seul son suffit à faire sourire Naruto également. Deux chaleureux orbes noirs se posèrent sur lui, si familiers, et Kagami tapota le bout de son nez et fit un clin d'œil.
– Je n'en doute pas, répliqua-t-il dramatiquement, et Naruto, trop absorbé par son mensonge, pouffa.)
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Sasuke observait Tsunade saluer le Kazekage, serrant le bras de la jeune blonde et lui souriant. Temari sourit à son tour, de façon légèrement plus réservée, mais tout aussi chaleureusement, et Sasuke se rappela de détendre ses muscles. Suna était un allié et il n'était pas là en tant que garde du corps.
La raison de sa présence était accroupie sur le muret contre lequel Sasuke était appuyé, assis sur ses talons, ses bras se croisant lâchement sur ses genoux. Naruto vibrait sincèrement d'excitation et Sasuke ne savait pas si toute cette mascarade allait plutôt bien se terminer ou allait finir en désastre total. Tout ce qui pouvait faire réagir Naruto de cette manière était à considérer avec prudence, après tout.
– Tu étais au courant ? demanda-t-il, cherchant quelque chose à dire, faisant un signe de tête en direction de Temari dans ses robes de cérémonie.
Naruto rit doucement, ses yeux pétillant tandis qu'il regardait les deux femmes, et il acquiesça.
– Gaara en a été stupéfait, dit-il avec amusement. Enfin, ce qu'on peut appeler de la stupéfaction pour Gaara. L'espace d'un instant, j'ai presque cru qu'il allait tomber dans les pommes. Surtout sachant que Temari a bien précisé lors de son premier discours que l'une des raisons pour lesquelles elle a accepté le statut était de pouvoir construire un endroit où les gens comme Gaara pourraient vivre en paix.
Mais tu as fait cela le premier, songea Sasuke, tout en restant silencieux. Il vit Naruto lever les yeux vers le soleil matinal et roula des yeux de nouveau en lui donnant un coup de coude dans les côtes.
– Oi, dobe. Ils vont finir par arriver. Laisse juste le Hokage en terminer avec les civilités.
– Il me semble que tu penses que je blaguais lorsque j'ai dit que mes shinobi allaient piquer une crise si je ne suis pas exactement à l'heure, rétorqua Naruto, et cela ne l'empêcha pas de s'agiter aussi notablement. Haku et Gaara sont déjà difficiles à gérer quand ils s'y mettent à deux, mais en plus de ça, Fû et Kabuto s'amusent sans cesse à les provoquer. C'est atroce.
– Ta vie est vraiment terrible, fit Sasuke d'une voix traînante, mais ses yeux furent attirés par le dernier Kage à s'être présenté jusque-là. Terumi Mei était arrivée au village quelques heures plus tôt avec une poignée de Jônin et neuf équipes de Genin, et bien que Naruto lui ait prêté plus d'attention qu'à tous les autres, il n'avait à par cela pas vraiment réagi à sa présence. Sasuke connaissait l'histoire, avait entendu la version détaillée de ce qui s'était passé à Uzushio et la raison de la disparition soudaine de Haku, et il se demanda comment Naruto faisait pour rester aussi calme.
Ce dernier fredonna en guise de compréhension lorsqu'il suivit le regard de Sasuke.
– Tout va bien, dit-il doucement, comme s'il pouvait lire les pensées que Sasuke était certain d'être parvenu à dissimuler derrière son masque habituel. Si quelque chose s'était mal passé à Uzushio, j'en aurais été informé. Tant que l'on ne me dit pas le contraire, je vais présumer le déroulement du meilleur scénario possible, en toute diplomatie.
Sasuke avait déjà été témoin de ce qu'autrui était prêt à faire par simple confiance en Naruto, à quel point il était prêt à se mettre en danger pour le défendre lui et ce en quoi il croyait, et il s'autorisa enfin à mettre son inquiétude de côté. Naruto avait raison. Aucun village - particulièrement un village répondant de Naruto - ne laisserait son Kage dans le noir si les choses tournaient mal.
Temari et Tsunade se quittèrent, et le Hokage fit signe à Shizune d'escorter les équipes jusqu'à leurs logements respectifs. Le Kazekage resta sur place, tout comme son escorte, et au moment même où l'horloge sonna dix heures, Tsunade se tourna vers Naruto et inclina la tête.
Naruto échappa une lente expiration, puis glissa le long du muret et alla se placer au milieu de la place. Il s'y arrêta, leva une main, et un morceau de papier en tomba pour terminer sur les cailloux. Telle une vague s'écrasant sur la rive, une puissance soudaine déferla.
Le sceau spatio-temporel se déroula autour de lui telle une fleur en pleine éclosion, d'épaisses lignes se propageant par le biais d'une combinaison de chakra et de volonté pure. Elles tourbillonnèrent autour de lui, s'étalant sur un mètre cinquante de sa personne avant de se figer et se mettre à briller. Naruto mordit son pouce, balaya la large matrice d'une traînée de sang et s'éloigna lorsque la lumière devint tout bonnement aveuglante. Sasuke résista à l'envie de détourner le regard et de se protéger les yeux, louchant sur la masse blanche jusqu'à ce qu'il puisse enfin discerner une silhouette, puis une autre, et une autre, et encore une autre. Un groupe entier semblait avoir traversé le sceau, remarqua-t-il lorsque la lumière se tamisa. Des ninjas vêtus en gris perle et en bleu marine, se tenant droits, fiers, douze Genin tous ayant moins de quatorze ans les accompagnant.
Haku était à la tête du groupe, les cheveux relâché et sans sa visière pour laisser son visage à la vue de tous, et son regard se vissa immédiatement sur Naruto, son regard inflexible malgré ceux des autres sur sa personne. Il le fixa attentivement, ses traits dénués de toute expression et Naruto se mit à rire, levant la main. Il se débarrassa de ses lentilles, les jetant nonchalamment sur le sol, puis passa un doigt sous son masque et le fit glisser jusqu'à son cou.
– Hé, Haku ! fit-il gaiement, et ça n'avait rien à voir avec la réserve polie de Youko ou la fierté travaillée d'Arashi. C'était Naruto, effusif, rayonnant, amical, souriant de toutes ses dents à l'un de ses premiers amis, l'air ravi par la tournure que prenaient les choses.
Une vague de soulagement coula sur le visage de Haku, telle une calotte glaciaire fondant d'un seul coup, et il répondit à son sourire, doucement et extrêmement gré.
– Naruto, répondit-il dans le silence qui les entourait. Puis il s'inclina, rapidement, mais poliment et ajouta : Uzukage-sama, Uzushio s'est agréablement porté en votre absence. Nos équipes sont prêtes à concourir.
Naruto sourit, et ses yeux ne quittèrent pas ses compatriotes, mais Sasuke put voir de là où il était Mei et un homme portant un cache-œil à ses côtés parler en murmures et faire des gestes démonstratifs. Ses sourcils étaient arqués, mais elle ne fit pas le moindre geste. Sur sa droite, Temari s'était figée, tendue, le visage pâle sous son bronzage lorsqu'elle aperçut son petit-frère et les trois enfants s'accrochant à ses robes.
Tsunade parut ne pas savoir si elle préférait rejoindre Naruto et l'achever d'un coup ou l'enlacer. Sasuke grimaça. Il… fallait s'y attendre.
Néanmoins, un rire reporta son attention sur les shinobi d'Uzushio, et il ne put ravaler un petit sourire qui vint étirer ses lèvres à cette vue. Naruto se tenait en compagnie des siens, riant et souriant, et si, si, radieux, une main posée sur l'épaule de Gaara qui lui parlait. C'était... juste. Parfait.
Sasuke posa ses yeux sur lui et Naruto les releva pour croiser son regard, et ils maintinrent la connexion. Sasuke laissa son sourire s'agrandir, se détachant du mur et se rapprochant du groupe.
Mon futur, songea-t-il, et il l'avait pensé à tant de reprises depuis le départ de Naruto. À présent, il ne s'agissait plus d'un simple espoir, mais de la réalité vraie. Trois fois il avait faibli, par le passé, mais il ne doutait plus, ne pouvait plus douter, pas alors qu'il avait l'impression que les rayons du soleil avaient gagné le cœur de sa poitrine et que le reste du monde avait cessé d'importer.
Il ne faiblirait plus.
