Durant mes longs mois d'absences, j'ai eu l'occasion de me plonger dans le monde des dramas chinois et notamment, de découvrir une série du nom de « The Untamed » qui commence à bien se faire connaître internationalement (disponible sur Viki et YouTube en français). L'histoire est adaptée d'une webnovel qui rentre dans la catégorie des danmei (que je simplifie ici en « yaoi ») et la relation entre les deux protagonistes m'a beaucoup fait penser à celle de Naruto et Sasuke dans Stormborn. Pour ceux qui ne connaissent pas trop le genre fantastique chinois, c'est un peu trouble au début, mais je peux vous assurer que la plupart des gens que je connais qui se sont mis aux dramas chinois avec celui-ci ne l'ont pas regretté ! Si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à y jeter un œil ! En plus, la musique est super ! Pareillement, encore plus récemment est sorti sur YouTube le drama « Word of Honor ». Je ne sais pas trop où en est la traduction française, mais il est certain que les premiers épisodes ont déjà été traduits. Il est vraiment excellent, à voir si vous n'avez pas peur des histoires qui contiennent un paquet de personnages !
Rappel des chapitres précédents : Le masque de Naruto tombe enfin, mais les retrouvailles se font courtes. L'Akatsuki, ou du moins ce qu'il en reste, se met en mouvement et attaque Konoha, qui se préparait alors pour l'Examen des Chunin. Konoha, Kiri, Suna, Iwa, Kumo et Uzushio prennent les armes contre leur ennemi commun. Naruto se retrouve à faire face à « Madara » qu'il démasque immédiatement à cause de la similarité de son Sharingan avec celui de Kagami, son ami d'autrefois. De leur côté, Jiraiya et Orochimaru réveille les morts. Les quatre Hokage et Kagami Uchiha prennent rapidement conscience de la situation et volent au secours de leurs amis et camarades. Itachi, lui aussi, à un choix à faire.
chapter 27: courante for a new conflict
[Courante : Danse, morceau de coupe binaire avec reprises, à 3 temps, précédés d'une levée, et de tempo assez vif.]
– Il faut le dire, j'ai bien l'impression qu'on s'est fait avoir sur le coup.
Ignorant Fû avec l'aisance d'une longue expérience, Gaara convoqua un mur de sable pour bloquer le missile projeté par Shuradô, retomba, glissa afin d'esquiver le coup envoyé par l'une des invocations de Chikushôdô et enterra Ningendô d'un geste de la main. Tendô s'élança, presque trop rapidement pour que l'œil puisse le suivre, et Gaara fut forcé de lui faire face au corps à corps, bien qu'il sût le danger que cela pouvait représenter pour lui. Néanmoins, une explosion bordée d'un éclat argenté résonnant quelques secondes plus tard lui permit de désengager et d'atterrir devant Kakashi et un ANBU masqué, appelant immédiatement à lui un cocon de sable pour les protéger tandis que Fû aveuglait les six Pain de sa technique du Brouillard Étincelant.
Kakashi ne prit pas la peine de le remercier alors que le sable s'effritait et se mit aussitôt en mouvement, la foudre se rassemblant autour de son poing. Tandis qu'il se jetait sur Jigokudô, Tenzo prit sa suite et s'attaqua à Chikushôdô en faisant grandir des racines pointues depuis le sol. Fû descendit en piqué au-dessus d'eux, le chakra de Chomei l'enveloppant et Gaara lui jeta un regard furtif - presque complètement indemne, des réserves de chakra qui tenaient toujours bon - avant de reporter son attention sur Gakidô pour le recouvrir d'un tombeau de sable.
Gaara détestait se battre ainsi. Sa tactique habituelle qui consistait à manipuler le sable depuis un point fixe ne pouvait fonctionner dans ces circonstances. S'il s'y tentait, cela ressemblerait certainement davantage à une sorte de rituel suicide qu'à une stratégie bien pensée. Aussi, il plongeait, esquivait et glissait pour éviter de se retrouver dans le périmètre de contrôle gravitationnel de Tendô, chose contre laquelle il savait son armure de sable ne pouvoir lui être d'une grande aide. Serrant les dents, il attira mentalement l'attention de Shukaku et le tanuki grincheux montra les dents avant de lui fournir davantage de chakra que Gaara s'empressa d'étendre sur tout le champ de bataille.
– Fû ! appela-t-il et une demi-seconde plus tard, un rai de lumière aveugla les Pain. Au même instant, Gaara serra le poing et enveloppa les six marionnettes dans un tombeau de sable. Il doutait que cela les retienne bien longtemps, mais à ce stade, la moindre seconde pouvant servir à établir une stratégie rationnelle était la bienvenue. Il était loin d'être comme Naruto. Lui pouvait se jeter sur l'adversaire sans planifier quoique ce soit, tromper l'ennemi une bonne dizaine de fois et en émerger victorieux. Gaara aimait l'organisation et bien qu'il était plus qu'en mesure de prendre des décisions sur le vif, contre de tels adversaires, il ne pouvait pas se permettre la moindre erreur.
– Tu ne penses tout de même pas pouvoir nous retenir avec ça ? fit Tendô, sa voix à peine audible au travers de la couche épaisse de sable. La stupidité n'a pas de limites, hôte d'Ichibi. Ton sable n'est rien de plus qu'un jeu puéril contre moi.
Shukaku émit un son indigne, et même si Gaara ne l'admettra certainement jamais, il n'en pensait pas moins. Plissant les yeux sur les six monticules à taille humaine, il ajouta quelques couches de sable aux tombeaux et renforça encore celui de Shuradô pour faire bonne mesure avant de se retirer là où Kakashi et Tenzo s'étaient repliés.
Fû descendit pour les rejoindre, repliant ses ailes dans son dos en atterrissant. La gaieté avait quitté ses traits, pourtant Gaara ne put empêcher le soulagement de le gagner en voyant qu'elle ne portait que des blessures superficielles, malgré le fait qu'elle se soit concentrée sur Chikushôdô et ses invocations. Elle croisa son regard tandis qu'il la dévisageait et son sourire se fit bref mais chaleureux dans son réconfort, et une seconde plus tard, elle planta ses mains sur ses hanches et s'exclama :
– Alors, chef ? C'est quoi le plan ? Autant puis-je aimer les confrontations frontales, là, ça ne fonctionne pas du tout.
Gaara ferma les yeux, portant la moitié de son attention sur les Pain et laissant le reste dériver.
– Leur travail d'équipe est dangereux, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour ses compagnons. En tant qu'extensions d'une seule et même volonté, il leur est possible d'opérer de manière parfaitement harmonieuse, mais nous ne sommes qu'humains.
– Ils partagent leur champ de vision, c'est bien ça ?
Kakashi avait un ton pensif.
– Ce qui devrait être des angles morts n'en est plus.
Fû émit un hoquet de dégoût.
– Le Rinnegan, confirma-t-elle. Nagato divise ses pouvoirs entre six marionnettes qu'il peut contrôler à distance. Du point de vue d'un Hyûga, ils pourraient tout aussi bien être une seule et même personne.
À ce moment-là, trois des six tombeaux explosèrent et Tenzo dépassa Gaara dans un élan trouble de métal et de racines tendues. Kakashi le suivit, une technique Dôton avalant Shuradô tandis qu'il poussait Chikushôdô sur la trajectoire de la prochaine attaque de Tenzo. Gaara élança son sable à leur suite pour rendre les appuis de l'ennemi périlleux, mais lorsque Fû s'éleva dans les airs à nouveau, il l'attrapa par le bras.
À distance, se rappela-t-il, comme frappé d'une révélation.
– Les Dojutsu requièrent généralement une vue directe, dit-il, ou au moins une certaine proximité.
Parce qu'il travaillait côte à côte depuis bien six ans maintenant, que ce soit dans la reconstruction des maisons, la direction d'un village ou l'entraînement de leur équipe respective, Fû décrypta ce qu'il voulait dire sans qu'il ait à clarifier davantage sa pensée. Elle sourit, d'un sourire brillant et farouche, et hocha la tête.
– Ces deux-là devront se débrouiller pour les retenir, répondit-elle. Tu peux dessiner un sceau ?
Gaara acquiesça, convoquant déjà son sable pour ancrer les lignes du sceau dans la terre qui entourait le champ de bataille.
– As-tu encore suffisamment de chakra ? répliqua-t-il et elle leva les yeux au ciel sans prendre la peine de répondre avant de s'élancer dans les airs.
Elle bascula pour s'attaquer à Ningendô lorsque celui-ci tenta de s'en prendre à Tenzo par-derrière.
Ça devrait être suffisamment loin, jugea Gaara tandis que Tendô s'approchait de plus en plus de lui. Il bloqua un coup avant qu'il puisse s'écraser contre son crâne et s'accroupit dans son élan pour faire passer Tendô par-dessus son épaule. Ce dernier atterrit sans problème sur ses deux pieds, mais la demi-seconde fut suffisante pour que Gaara appelle de nouveau à lui son sable et enterre le corps réanimé sous une véritable vague de grains. Un débordement emporta Jigokudô et Gaara s'envola vers l'endroit où Kakashi était pris au piège entre un buffle géant, un long mille-pattes et un chien multicéphale. Il projeta l'ancien sensei de Naruto hors du chemin au moment même où le chien s'élança sur eux, ce qui eut pour effet d'envoyer ce dernier s'écraser sur le buffle, et son sable les transporta de l'autre côté du champ de bataille.
– Je suppose que vous n'avez pas d'invocations sous la main ? demanda Gaara sans grand espoir en bloquant Gakidô d'un mur de sable qui se dissolut ensuite pour l'enserrer.
– Est-ce que les adorables ninken un peu trop bavards comptent pour quelque chose ? répliqua sèchement Kakashi en contrant les lames de Shuradô avant de poursuivre par un mur de flammes.
Gaara ne prit pas la peine de répondre, mais s'accorda tout de même une demi-seconde pour prier qu'Orochimaru apparaisse dans la minute. Manda avait beau être agressif, violent et désagréable, il était suffisamment imposant pour avaler ces invocations et seraient certainement plus qu'enchantés d'en faire autant.
Tendô s'attaque de nouveau à lui, bien trop rapide pour appartenir à l'humanité, mais au même instant, les dernières lignes du sceau vinrent se rejoindre et Gaara sourit. Très brièvement, pourtant cela suffit pour faire plisser les yeux de Pain qui fit soudain halte.
– Toi…, commença-t-il.
Mais Gaara ne lui laissa pas le temps de finir.
– Fû ! s'écria-t-il et elle éclata de rire, tourbillonnant dans les airs et repliant ses ailes pour retomber accroupie près d'un espace plus calme. Gakidô et Chikushôdô se précipitèrent à sa poursuite, leurs mains tendues vers elle, mais elle ne fit pas le moindre mouvement pour y échapper tandis que Tenzo les arrêta à l'aide d'un mur de bois. Fû passa ses doigts sur l'une des entailles sanguinolentes sur son bras, recouvrant sa paume de sang frais et plaqua sa main sur le cercle extérieur engravé dans le sol par le sable de Gaara. Le bourdonnement de son chakra emplit l'air ambiant, le son des ailes d'un coléoptère lors d'une chaude nuit d'été, et des rais de lumière s'élevèrent telle une cage foudroyante.
Gaara sentit la situation virer brusquement et s'éloigna.
Cela avait comme un goût de victoire.
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Une pulsation tendue et rapide s'acharnait juste à l'arrière des yeux de Sakura, le début de ce qu'il s'avérerait être une spectaculaire migraine si elle osait même y prêter attention. Aussi, elle l'écarta de ses pensées et se concentra sur le chaos à peine contrôlé devant elle.
– Kaga, Fujimoto, emmenez vos équipes du côté ouest du champ de bataille. Akaji, Tachibana, au sud. Trouvez un Chûnin pour vous protéger…
– Nous pouvons le faire.
La douce voix la fit s'interrompre et se retourner, baissant les yeux sur une douzaine d'enfants portant le bandeau d'Uzushio au beau milieu du centre médical installé à la hâte. À leur tête se trouvait une paire de rouquins la fixant avec une détermination claire dans leurs yeux violets, néanmoins, celui qui avait pris la parole était le petit garçon blond aux yeux d'ambre à leur gauche.
– Excuse-moi ? fit-elle après un battement, glissant ses yeux du garçon au reste des nouveaux arrivants derrière lui. Il n'y en avait pas un âgé de plus de quatorze ans et il y avait fort à parier pour qu'ils soient tous encore Genin. Mais trois Genin prêts à passer l'Examen des Chûnin pouvaient égaler la plupart des Chûnin, et avec un peu de chance, c'était le cas de ces douze-là, s'ils se portaient bien volontaires pour ce qu'elle pensait.
Et comme si elle avait entendu ses pensées, la rouquine au-devant leva le menton, comme pour relever un défi.
– Uzukage-sama nous envoie, dit-elle. Nous pouvons accompagner vos équipes médicales à la place des Chûnin si vous voulez.
Sakura était un shinobi. Elle l'avait été, ou du moins elle s'était entraînée à le devenir, pour une bonne partie de sa vie, aussi, elle n'hésita pas une seule seconde.
– Très bien, répondit-elle, reprenant difficilement une attitude propre au leader qu'elle se devait d'être. Le plus dur des combats se situe du côté ouest, il nous faut donc les combattants les plus habiles sur ce front. La frontière sud est la plus éloignée. Ceux qui s'y rendront devront être les plus rapides. Vous connaissez vos capacités respectives, je vous laisse décider en connaissance de cause.
La jeune fille acquiesça et se retourna pour poser un long regard sur ses camarades. Elle inspira et ordonna :
– Équipe Fû, avec nous. Équipe Koto, Équipe Gin, vous êtes les plus rapides, vous irez au sud. Prêt ?
Un long murmure d'assentiment suivit et les équipes reportèrent leur attention sur Sakura, dans l'expectative. Aucune démagogie, pas la moindre plaidoirie, pas une seule surenchère ou argumentation mesquine quant au commandement de la jeune fille. Sakura eut un pincement au cœur pour ses propres camarades de classe qui n'auraient jamais accepté de tels ordres sans au moins un débat musclé pour sauver les apparences.
– Excellent, fit-elle après quelques secondes et elle fit un geste vers l'endroit où Fujimoto et Kaga attendaient impatiemment. Soldats, voici vos escouades. En avant, nous avons des vies à sauver.
Les deux rouquins et le garçon à la crinière blonde suivirent Kaga lorsqu'elle les quitta, encerclant les trois médics sans l'ombre d'une hésitation. L'autre équipe, composée de deux autres jeunes filles et d'un autre rouquin, prit la suite de l'escouade de Fujimoto tandis que les autres prenaient la route du sud, et Sakura clôt ses yeux sur une brève prière de leur retour en un seul morceau.
Puis, une autre flopée de shinobi en besoin urgent de soins arriva et elle n'eut plus le temps d'y repenser.
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Utakata jura entre ses dents, soignant une méchante brûlure qui affligeait son épaule jusqu'à la pulpe de ses doigts. Saiken était déjà sur le coup et il pouvait sentir d'apaisantes vagues de chakra rouler sous sa peau noircie, mais ce n'était pourtant pas assez rapide. Konan était sans merci, méritant parfaitement son statut de ninja de rang S et ses attaques de papiers n'étaient pas le moins du monde sensible à l'eau, ce qui se trouvait être l'affinité première d'Utakata.
Il était en train de perdre contre du papier. Utakata en était extrêmement offensé.
Konan lança une volée de shuriken de papier, mais quelque chose d'infime et de métallique s'interposa lorsque Koto vint en renfort. Des fils rallongeaient l'arc de ses doigts et quelques gouttes de chakra leur donnèrent vie dans un cliquetis impressionnant. Le crissement s'éleva, s'affina et juste avant qu'ils ne s'abattent, il atteignit son apogée. Comme arraché par une main invisible, le papier se déchira et Koto s'élança, ses fils de métal prenant Konan pour cible. Un lancé de feuilles de papier les bloqua, les détournant de leur cap et avant que Koto ne puisse reprendre pied, Konan envoya ses armes en origami après elle. La femme aux cheveux d'argent jura et se projeta hors de leur trajectoire, mais voyant qu'ils suivaient le moindre de ses mouvements, elle dût abandonné ses fils de métal au profit d'un vortex aqueux tourbillonnant qui envoya valser les kunai.
Les sensations lui revenant à la pulpe de ses doigts, Utakata les plia et releva les yeux sur Konan. La femme dont il était question lui rendit son regard, inexpressive, et l'air relativement calme, et Utakata dut se mordre la langue pour ravaler un nouveau juron. Il n'enviait pas ceux qui faisaient face à Pein ou Madara, mais ce combat ne lui était pas particulièrement agréable non plus.
– Je suppose qu'il y a peu à parier pour que tu te rendes ? demanda-t-il, parce que « pourquoi pas ? » et parce que Naruto était aussi infectieux qu'un virus particulièrement virulent.
Konan ne réagit pas et il soupira doucement, abandonnant cette technique d'approche. Il n'avait pas le don de Naruto pour les mots, ne saurait pas la convaincre même s'il souhaitait prendre le temps d'essayer. La submerger sous les coups devrait suffire pour cette fois.
'Saiken ?' fit-il silencieusement et son bijû répondit avec ferveur, son pouvoir grossissant telle une vague. Utakata ferme les yeux et laissa la transformation prendre place alors qu'il cédait sa place au Rokubi.
Saiken ne le chassa pas, ne tenta pas de prendre le dessus avec sa liberté retrouvée, et Utakata eut le temps d'être de nouveau reconnaissant envers Killer B et son entraînement. Le démon à six queues avait toujours été raisonnable, du moins considérablement plus que les autres bijû à l'exception de Gyuki, mais l'avoir à ses côtés comme un partenaire sur lequel il savait pouvoir toujours compter était bien plus qu'il n'avait jamais imaginé avant que son chemin ne croise celui du frère du Raikage.
Konan réalisa ce qui était en train de se passer un battement trop tard. Un nuage de parchemins explosifs s'envolèrent au-dessus du champ de bataille, mais Saiken expira un brouillard acide qui les dissolurent immédiatement. Les yeux se plissant, la femme aux mèches bleutées fit un bond vers l'arrière, ses mains formant un mûdra, mais Saiken ne lui laissa pas le temps de finir. Une vague de mucus s'écrasa sur elle et Konan émit un cri, certainement involontaire, lorsque cela la figea sur place, recouvrant ses bouts de papier avant qu'ils ne puissent prendre leur envol. Pavoisant, Saiken demanda :
'C'est tout ce qu'il te fallait, petite bulle ?'
Utakata ricana doucement, laissant Saiken s'effacer derrière ses pensées.
'Merci,' répondit-il, partageant avec l'énergétique et joyeux bijû son affection. Il pourrait remettre en question le surnom en question - et il le faisait fréquemment - mais pour cette fois… il laissait passer. 'Naruto a eu raison de nous envoyer ici. J'oublie parfois que j'ai peu de raison de douter de lui.'
'Ne dis pas ça à Kurama,' marmonna Saiken sur un ton mauvais. Il en fait déjà assez des siennes comme ça, surtout depuis que Naruto est devenu Uzukage.'
La montée de chakra se stabilisa, reprenant la forme d'une enveloppe bleu pâle plutôt que l'impressionnante enveloppe en forme de limace, et Utakata garda les yeux fixés sur le membre de l'Akatsuki. Elle se démenait toujours, tendue et furieuse, et Utakata sortit la tige de son souffleur à bulle dans un soupir, bien conscient qu'elle ne céderait pas tant qu'elle ne se serait pas épuisée ou libérée, et il n'était pas prêt à tenter la chance. Un nuage de bulles prit forme autour de lui et il les mit en mouvement avec un peu de chakra. Elles explosèrent et laissèrent échapper une fumée pâle et herbacée et Konan s'évanouit dès qu'elle en inspira une goulée. Les autres bulles voletèrent plus loin, s'attaquant à plusieurs Zetsu Blancs en les faisant également tomber dans l'inconscience.
– Je vois la patte de mon adorable petit cousin là-dedans, fit Koto depuis là où elle se trouvait en train de bander une coupure sur sa cuisse.
Utakata lui jeta un regard méfiant et elle laissa échapper un soupir exaspéré.
– Oh, cesse de te morfondre, je ne suis pas en sucre.
Personnellement, peu importe l'attachement qu'il pouvait avoir à l'égard de Kabuto, Utakata ne rêverait jamais de le décrire comme « adorable », mais il supposait qu'en tant que matriarche des Ookami, Koto en avait l'autorisation. Ce n'en était pas moins terrifiant pour autant. Il laissa tomber le sujet, reboucha sa bouteille d'eau savonneuse et la rangea dans ses robes.
– C'est Kabuto qui l'a imaginé, oui, révéla-t-il en sortant sa mixture habituelle. Ça ne sert pratiquement qu'en cas d'attaques-surprises, comme ce jutsu est plus lent que les autres, mais ça a ses avantages.
Koto ricana en se relevant et déroula à nouveau ses fils de métal. La bataille était toujours acharnée aux alentours et les combats se déplaçaient déjà vers l'espace qui avait été vidé pour le leur, et elle fit un geste vague de la main pour ceinturer deux Zetsu Blancs qui s'attaquaient de concert à un Chûnin aux cheveux sombres. Un murmure pulsatif de chakra et dans un craquement doux et sourd, ils furent mis en pièces. Elle avança en direction du prochain groupe avec un sourire malicieux aux lèvres.
Il n'y a pas de doute, elle est bien de la même famille que Kabuto, songea Utakata dans un soupir. Il leva la tige à hauteur de sa bouche et souffla une volée de bulles d'encre qu'il laissa s'envoler.
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Bien qu'elle n'avait pas repris les armes depuis son face-à-face avec Orochimaru sept ans plus tôt, Tsunade ne s'était pas laissé rouiller. Elle était un Kage, la dernière ligne de défense de son village, celle qui rejoignait le front lorsque tout semble sans espoir. Si elle n'était pas aux meilleures d'elle-même, son devoir se résumait tout simplement à une condamnation à mort, aussi, elle avait continué l'entraînement tout en priant pour ne jamais avoir à s'en servir.
Elle s'en servait à présent, cependant, et sans la moindre hésitation. Parce que ces plantes monstrueuses se rapprochaient de son village, des siens, et elle n'était pas du type à laisser cela passer. Tout comme avec Danzo, elle suivait sa propre morale, menant la charge quand techniquement, elle aurait dû conserver ses forces et laisser ses shinobi se battre pour elle.
Mais en vérité, je suis loin d'être la seule, songea Tsunade avec ironie, esquivant tandis qu'un groupe de Zetsu Blancs effleurer d'un bond son crâne, projeté par un puissant coup d'éventail géant. Mei prenait la suite sur sa gauche, de la roche en fusion déferlant tel un raz de marée autour d'elle. Les autres Kage étaient tous dans l'œil du cyclone et ils ne paraissaient pas vouloir le quitter de sitôt.
Un coup de poing musclé envoya valser le clone qui se trouvait devant Tsunade, le laissant croupissant sur le sol et elle continua d'avancer, s'ouvrant le chemin comme elle ne l'avait plus fait depuis la Deuxième Grande Guerre. Un clone vint s'écraser contre elle, la faisant trébucher, et elle jura mauvaisement tandis qu'elle s'écraser au sol. Mener la lutte contre des masses ennemies était aussi plus facile que difficile qu'un combat en un contre un, et elle avait perdu la main pour l'exercice après tant d'années. Durant la Guerre, elle avait…
– Hého, hime !
Jiraiya fonça dans un groupe de clones, les étalant en quelques coups particulièrement vifs, tandis qu'une vague de chakra - familière et précieuse, vierge de la colère abrasive présente la dernière fois qu'elle l'avait sentie - s'élevait de l'autre côté. Orochimaru siffla un jutsu, ses dansants sous les mûdras et des lames de vent vinrent entailler le champ de bataille, découpant de profonds sillons dans le sol et des entailles sanglantes sur le corps de l'ennemi.
– Tsunade, la salua-t-il, lui jetant un regard en biais comme il le faisait lorsqu'il était nerveux ou incertain de l'accueil qu'on allait lui réserver, et Tsunade dut ravaler un sanglot soulagé de les voir tous deux ici, en vie et intact. Le silence des derniers jours l'avait plus alarmé qu'elle n'oserait l'admettre.
– Jiraiya, Orochimaru, exhala-t-elle et elle leva automatiquement les bras. Jiraiya se rabattu après avoir achevé ses adversaires, attrapa sa main sur un sourire radieux et joyeux, la serrant doucement. Orochimaru marqua une hésitation, l'étudiant de près, puis il offrit la sienne à son tour, et lorsqu'elle s'en empara, les ridules autour de ses yeux se défroissèrent légèrement. Il ne fit pas un geste de plus, mais, ensemble, ils la remirent debout.
Une fois relevé, il croisa son regard sans détour.
– Tsunade, souffla-t-il. Je suis… désolé.
La respiration de Tsunade eut un manquer, parce qu'elle connaissait Orochimaru, le connaissait sur le bout des doigts, connaissait sa façon de se dissimuler derrière des mots ou tout autre chose. Savait qu'il ne s'excusait jamais à moins qu'il ne le pense vraiment, à moins que son cœur profondément enterré ne lui laisse pas d'autres choix. Et pour cette même raison, elle savait que ces mots-là n'étaient pas faciles, particulièrement compte tenu les cicatrices familières roulant sous la pulpe de ses doigts bien qu'elles auraient dû avoir disparu avec son corps d'origine. Ces excuses-là englobaient un tout, un tout qui remontait au tout début, depuis son éloignement, au expérimentations, à Sarutobi, jusqu'à leur rencontre sept ans plus tôt, et Tsunade…
Elle n'avait pas réalisé à quel point elle avait souhaité entendre ses mots avant qu'il ne se mette à parler.
Resserrant sa prise sur ses doigts, elle libéra Jiraiya et attira son coépiquier déchu, encercla ses fines épaules de ses bras et l'étreignit avec ferveur. Il se tendit dans son étreinte, aussi rigide et immobile qu'un serpent sur la défense, puis après un long moment, il leva le bras à son tour et tapota gentiment son épaule. C'était un geste maladroit, inexpérimenté et raide, mais cela suffit à la faire rire un peu, parce que c'était exactement ce à quoi elle s'était attendue. Il avait toujours été comme ça.
– Vous êtes deux beaux crétins, dit-elle, la voix lourde d'émotions, s'écartant pour essuyer ses joues.
Trop de retrouvailles ces dernières heures, trop de stresse. Elle n'était pas habituellement aussi émotionnelle.
– Vous avez intérêt à avoir une bonne raison pour m'avoir autant inquiété.
Jiraiya éclata de rire, et il y avait une vraie joie dans son ton, parce qu'elle avait dit cette même phrase à tant de reprises par le passé, lors de leur jeunesse au temps où ils étaient encore Genin, au retour de missions, pendant la guerre. Il passa un bras sur leurs épaules respectives, les attirant dans une semi-étreinte qui tenait plus de l'écrasement qu'autre chose, puis les libéra pour venir craquer ses doigts.
– Tu veux en être ?
Le regard de Tsunade glissa de l'un à l'autre, se tenant debout, doits et solides, devant elle, et elle ne put ravaler la montée d'affection qui fleurit dans sa poitrine. Rien n'était parfait. Il y avait toujours de vieilles querelles, toujours le murmure de chagrins passés, de crimes, de leur éloignement et trois décennies de séparation, mais…
Mais pour l'instant, cela suffisait amplement.
– La formule habituelle ? demanda-t-il, séchant ses larmes une dernière fois et laissant la tension quitter ses doigts.
- Évidemment, répondit Orochimaru, haussant un sourcil amusé dans sa direction. Tu crois vraiment que nous parierions pour autre chose à ce stade, Tsunade ?
Soufflant une respiration alourdie par la détermination, Tsunade planta ses mains sur ses hanches et se retourna pour faire face à l'armée devant eux.
– Préparez-vous à perdre, s'exclama-t-elle sans cacher un sourire.
Il disparut, cependant, lorsqu'une silhouette en armure rouge bien familière la dépassa d'un bond, riant allègrement, et qu'un énorme dragon de bois surgit sous ses pieds.
Tsunade cligna des yeux à la vue de la silhouette fuyant de son grand-père qui s'évanouit sous une horde de Zetsu Blancs. Elle jeta un regard sur Orochimaru, qui était toujours en tort lorsque quelque chose d'étrange se passait, et fut réduite au silence par l'homme qui les doubla.
– Stupide clown sans cervelle, grommela Tobirama en prenant la suite de son frère.
– Surprise ? offrit mollement Jiraiya, et Tsunade émit un grognement.
Je suis désolée par avance si les dialogues sont un peu OOC, je ne suis plus retournée dans le fandom Naruto depuis un bout de temps ^^'
Beaucoup d'amour !
