RARs :

lesaccrosdelamerceri : Trop contente de voir que tu es toujours là :D J'espère que le chapitre qui suit va te plaire, je l'aime beaucoup de mon côté ^^ Une bonne lecture et des paillettes hahaha

Makiang : Adorable, tant d'enthousiasme, ça me fait tout chaud au coeur ^-^ De nouvelles retrouvailles dans ce chapitre ;p Une excellente lecture à toi !

lisara-senpai : *s'incline* Merci beaucoup de ta compréhension, j'aime toujours autant cette histoire et la partager avec vous est un vrai bonheur ! J'espère que ce chapitre t'inspirera tout autant, des arcs-en-ciel et une bonne lecture ;)

Raph1978 : Tu m'as presque fait verser une larme ! Je suis ravie de te retrouver après tout ce temps ! Je compte bien la terminer, pas d'inquiétude. Je suis presque au bout et j'ai vraiment hâte que vous ayez découvert toute l'histoire également ! Peut-être la relirai-je un jour pour corriger les tournures étranges et les fautes d'orthographe hahahahahaha *mon Wei Wuxian intérieur dit bonjour XD, je rigole, si je dois incarner l'un des personnages, c'est bien Jiang Cheng X)* Trop adorable. Bien sûr que j'ai lu SVSSS et HOB, enfin j'ai bientôt terminé HOB, j'en suis au cinquième livre je pense ? Donc bientôt terminé. Mais je lis aussi d'autres histoires en même temps (Husky and His White Cat Shizun, Sha Po Lang, etc.) donc c'est compliqué de terminer quoi que ce soit. Pour le moment, je n'ai réussi qu'à lire entièrement MDZS, SVSSS et l'histoire dont est tiré Word of Honor ^^ Je suis en train de fondre de frustration en ne voyant pas Immortality sortir, mais tout va bien à part ça XD Des recommandations de lecture ? De l'amour pour certains personnages à partager ? Merci de tout cœur pour tes encouragements, plein de bisous et une bonne lecture !

ame197 : Hahaha, je vais faire de mon mieux ! J'espère que ce chapitre te plaira, il y a beaucoup d'action mais je l'aime beaucoup (surtout pour les dialogues et la fin XD) Des bisous et une bonne lecture !

Guest : *s'incline* Effectivement ! Cette histoire est tellement différente, par son originalité et son écriture ! La suite devrait te plaire ;) Une excellente lecture à toi !


chapter 28: deceptive cadence

[Cadence trompeuse : Une progression d'accords qui semble conduire à se résoudre sur l'accord final, mais n'en fait rien.

Dissonance : Qui contient une rupture dans le rythme, un manque d'harmonie ; aussi un accord qui semble incomplet jusqu'à ce qu'il se résolve sur un accord harmonieux.]

– Pourquoi ? demanda Obito, le ton tranchant et sévère, tel l'orage, dans le silence sourd que le temps qu'ils s'étaient mutuellement accordés pour intégrer la nouvelle avait laissé planer.

L'espace autour d'eux était déchiré, les arbres métamorphosés et mal formés tant par le Mokuton que les jutsu redirigés. Obito lui-même était intact, en partie grâce à sa capacité à guérir rapidement, mais ses vêtements trempés portaient des marques de déchirures aux endroits où il n'avait pas pu esquiver les coups de Naruto, et son masque était brisé presque de moitié. Alors que Naruto s'appuyait contre un morceau de pierre qui avait autrefois appartenu aux murs de Konoha, tentant de reprendre le contrôle, l'Uchiha - le fils de Kagami et Naruto ne sut si cette information l'emplissait davantage de soulagement que de douleur - avança, menaçant, d'un pas, le chakra s'amassant et crépitant autour de lui tel le feu dont il semblait si friand.

– Pourquoi quoi ? répliqua Naruto, plantant Sâji dans le sol et passant son pouce sur l'un des sceaux les plus importants gravés sur le manche. Il pulsa faiblement, l'énergie instable oscillant - et il dévorait le chakra des jutsu d'Obito comme il se le devait, mais l'activation du sceau reposait entièrement sur le renvoi des attaques à l'adversaire et Naruto n'avait jamais eu aucun don pour les jutsu associés au Katon. En plus de ça, il y avait peu de chances qu'il parvienne à le toucher pour transférer le sceau de ciblage, aussi, il ne lui restait plus qu'à laisser la puissance s'accumuler en priant pour que ça ne lui explose pas, littéralement, au visage.

Obito émit un grondement, mauvais et furieux, et le vortex du Kamui s'ouvrit tout juste le temps qu'il fallut pour envoyer une dangereuse pluie de shuriken fendant l'air à une allure effrayante depuis l'autre dimension. Sur un léger juron, Naruto se servit de Sâji pour frapper le sol et bondir, se projetant suffisamment haut pour esquiver la nuée d'armes. Il devait bien admettre qu'Obito était exceptionnel dans sa maîtrise de Kamui, particulièrement lorsqu'il le combinait à son Mokuton. Kagami n'aurait jamais pu imaginer la moitié de ses techniques, et pourtant, il avait l'avantage d'avoir accès aux archives familiales et aux savoirs de leurs ancêtres l'ayant autrefois activé.

– Pourquoi continues-tu de lutter ? gronda Obito, et alors que Naruto était rattrapé par la gravité, le sol sous ses pieds s'effaça et fut percé par des branches prêts à l'empaler dans sa chute. Pourquoi ne pas vivre dans un monde où tous nos rêves deviennent réalité ? Pourquoi ne pas vivre épargné de toute souffrance ? De la moindre douleur ? Vivre heureux !

Naruto émit un rire à ses mots, faisant tournoyer son naginata vers l'avant pour couper d'un geste net l'avancée des branches, puis sautant habilement par-dessus un nœud de racines qui cherchait à le faucher. Kurama se hérissa et rugit à l'intérieur de sa tête, son chakra lui donnant un avantage afin qu'il puisse suivre les mouvements d'Obito lorsque l'Uchiha décida de passer du Mokuton au gunbai accroché dans son dos.

– Un monde onirique parfait ? moqua Naruto, Sâji tranchant l'air avant d'être bloquée par le gunbai. Qu'est-ce qui te fait dire que je voudrais une chose pareille ? Les rêves et les objectifs qui m'animent aujourd'hui donnent un sens à la souffrance que j'endure pour les accomplir ! Ils me permettent de continuer d'avancer ! C'est cette douleur qui les rend réels ! Si nous n'avions pas à nous démener pour faire de nos rêves une réalité, ils seraient sans intérêt !

Il effectua un bond vers l'arrière, hors du champ d'action du gunbai qu'Obito envoya valser dans des arcs dangereux, et pressa ses doigts dans des mûdras familiers, comptant sur Sâji qu'il ne tenait plus qu'à une main pour s'occuper des branches grimpantes. Le Rasengan prit une forme tourbillonnante juste au-dessus de sa paume, le Fûton imbibant sa structure laissant sa trace sur le champ de bataille scarifié. Obito leva son éventail tel un bouclier, se dissimulant dans son ombre, et le Rasengan s'écrasa à sa surface, creusant la terre de part et d'autre, sans plus.

Obito éclata d'un rire sec, grave et tranchant, sa voix dégoulinant d'une peine comme Naruto n'en avait jamais entendu, et ce fut un choc, car Naruto connaissait ce rire, mais la dernière fois qu'il l'avait entendu, ce dernier avait été sarcastique et empreint d'auto-dénigrement et de colère envers un clan, et non le reste du monde. Kagami avait émis un ton similaire le jour de son mariage, plein de haine, en grande partie envers sa propre personne.

– Sans intérêt ? répéta-t-il et sa voix semblait tout d'un coup encore plus rauque. Regarde-toi donc dans un miroir, Uzumaki Naruto ! Regarde ceux que tu appelles tes camarades ! Vous n'êtes rien de plus que des sacrifices. Vous êtes nés innocents et vos villages vous ont transformés en monstres pour leurs propres bénéfices. Tu oublies la souffrance, la haine aveugle et le rejet d'un enfant innocent. Dis-moi, est-ce là la peine qui t'est si importante ? Le monde n'en serait-il pas meilleur si aucun enfant n'avait plus jamais à traverser la même chose ? Qu'en serait-il s'il s'agissait de ton enfant ? Mépriserais-tu aussi facilement l'idée d'un monde dénué de douleur, de haine et de toute peur ?

Il prit un temps pour y réfléchir, parce qu'il ne pouvait pas s'en empêcher. Il pensa à Gaara, solennel et sage. Fû, brillante et enjouée. Utakata, aimable et serein. Rôshi, d'une loyauté sans faute et tout aussi bornée. Killer B, toujours animé d'une joie infectieuse et en paix avec lui-même. Yugito, fière et forte. Ils avaient tous été maltraités à leur façon, avaient tous été enfermés ou rejetés à un moment ou un autre de leur vie, mais Naruto doutait qu'un seul d'entre eux veuille qu'il en soit autrement, si la chance leur était présentée. Ils avaient tous trouvé un foyer, ensemble, bien que ce ne soit pas essentiellement à Uzushio, et ils n'en vivaient qu'une vie meilleure pour cela, Naruto y compris.

Être un hôte était une croix à porter, mais… c'était aussi un honneur. Ils avaient été choisis pour porter le poids de la puissance de leur village, pour représenter l'équilibre dans un monde où le pouvoir avait une importance primordiale, et ça n'avait pas changé, même alors qu'ils avaient décidé d'emprunter des chemins différents que ceux dallés de souffrance qu'ils étaient censés suivre.

– La souffrance nous fait apprécier ce que nous avons, rétorqua-t-il, les pieds obstinément plantés au sol et les yeux vissés sur le Sharingan presque dissimulé derrière le masque. Cela donne de l'importance aux relations que nous partageons avec nos camarades, à celles que nous entretenons avec nos amis. Cela signifie que nous sommes prêts à tout pour eux, pour garder ce que nous avons durement gagné. Alors, garde-le, ce monde onirique fantasque et sans défaut, Obito. Nous nous battrons pour celui-ci, parce qu'il nous appartient.

'Hé, Kurama,' appela-t-il mentalement, laissant Sâji glisser jusqu'à ce que la pointe de sa lame touche le sol. 'Il serait bien temps de se laisser aller, tu ne crois pas ?'

Le renard éclata d'un rire mauvais et enthousiaste, comprenant immédiatement sa pensée.

'Oh, gamin, je pensais que tu n'allais jamais demander.'

Naruto ricana et de quatre balafres dans la terre, il dessina un sceau dans la terre. Trois entailles supplémentaires la complétèrent et Naruto esquiva une pluie de kunai qu'Obito envoya pour tenter de le stopper, mais il était déjà trop tard. Le sang maculant Sâji provenant des quelques coups qui avaient percé sa peau était plus que suffisant, et tandis que la dernière ligne rejoignit les autres, l'air ambiant émit un tremblement.

Au cœur de la forêt, sous sept séries de sceaux murmurants Ne regarde pas, ne t'arrête pas, il n'y a rien à voir ici au moindre passant s'aventurant un peu trop près, un sceau plus large commença à briller.

Dans le ciel s'étendant au-dessus de Konoha et de la vallée environnante s'amassaient depuis une bonne semaine des nuages empreints d'humidité, presque au point de rupture. Ils étaient enflés, mais ce gonflement de l'humidité ambiante n'était pas son seul agent. Inscrit dans leur structure même, dans leur constitution, l'énergie naturelle était si subtile, si diffuse que même un Hyûga écarterait l'idée que cela soit plus que le fruit du hasard, s'il le remarquait même.

Lorsque le sceau s'activa, les nuages firent ce qu'ils n'avaient pas pu faire depuis une bonne semaine et alors, ce fut comme si le ciel leur tombait sur la tête, l'eau emmagasinée les frappa sous la forme d'une averse torrentielle.

La chute d'Uzushio lui avait au moins appris une bonne chose : la tricherie avait du bon. Il prenait cette leçon très à cœur. Il avait un certain talent pour le Fûton, mais à part s'il se trouvait près de vastes étendues d'eau, son Suiton restait bon second dans son arsenal. À Uzushio, avec l'océan les encerclant et grondant sous la cité elle-même, ce n'était jamais un problème, mais Konoha était un vrai désert en comparaison.

À moins qu'il y ait un orage pour équilibrer les forces.

Naruto éclata de rire tandis qu'il s'éloignait d'un tourbillon enflammé qui remplit l'air de vapeur. Sâji fendait l'air dans la pénombre, tourbillonnant entre ses doigts dans un mouvement que Danzo avait reconnu, mais à présent, avec autant d'eau imprégnant l'air et tombant d'ores et déjà sur le sol, c'était loin d'être le mouvement épique et tape-à-l'œil qu'il paraissait au premier coup d'œil. Cette fois-ci, des filets d'eau suivirent, se métamorphosant en un furieux vortex qui déferla telle une gueule béante, et Naruto libéra son étreinte. Une part de lui songeait qu'il devrait émettre des doutes sur sa façon d'agir, à l'idée de se déchaîner à pleine puissance contre le fils de feu son meilleur ami, mais le reste de sa personne écarta cette pensée. Il avait battu Haku, la toute première fois qu'il s'était rencontré, et Gaara, et à présent, il n'y avait que très peu de personnes aussi proches de lui. Avec un peu de chance, ce serait la même chose avec Obito.

Kamui éclipsa Obito du chemin avant qu'une vague d'eau ne puisse l'engloutir, mais le champ de bataille appartenait à Naruto maintenant, c'était son moment, et il ferma les yeux, laissant le chakra dispersé dans chaque goutte de pluie le guider. Un soupçon de mouvement où il n'aurait pas dû en avoir et il fit volte-face, des lames de vent virevoltant, une vague rapide et basse prenant leur suite. Un juron, un autre amas de chakra, et les deux jutsu passèrent à travers lui sans laisser une marque, son gunbai volant déjà alors qu'il reprenait sa tangibilité. Naruto fit un pas de côté, le bout métallisé de son naginata rencontrant la tranche de l'arme et l'envoyant valser hors de sa portée.

Obito récupéra l'éventail lorsqu'il rebondit et il le fit tourner dans l'élan pour qu'il l'envoie refaire face à Naruto. Il bloqua la lame de Sâji avec le renforcement en métal de son gant, l'écarta d'un mouvement et s'élança vers lui, la chaîne se balançant dangereusement à sa suite. Naruto disposa d'un quart de seconde pour prendre sa décision avant de relâcher sa prise sur le naginata en faveur de deux mains libres pour accéder à l'ensemble de son artillerie de scellement. Ses doigts marquèrent plusieurs séries de mudrâs alors qu'il passait sous la chaîne sans chercher à reculer, même s'il se trouvait à présent à portée d'Obito. La chaîne tinta de nouveau, mais Naruto leva un bras pour bloquer, ne se laissant que très brièvement grimacer lorsque le lien de métal le frappa et que ses os craquèrent sous l'impact. Sa main libre s'élança et Obito, trop près pour esquiver, ne put se rendre intangible sans relâcher sa prise sur Naruto. La Paume du Dragon d'Azur le frappa en pleine poitrine. Le torrent d'eau tourbillonnant le renversa net, l'envoya valser et il s'écrasa sur un morceau de mur encore debout avec assez de force pour le faire crier.

Naruto tituba vers l'arrière, serrant son bras contre son torse tandis que l'os se remettait en place, le chakra rougeoyant de Kurama soignant la fracture et refermant ses plaies avant même qu'il n'ait eu à le lui demander. L'écho d'un grondement grave attira de nouveau son attention sur son adversaire, juste à temps pour apercevoir Obito se dégager du mur en morceaux. Lorsqu'il se releva pour revenir à la charge, son masque d'ores et déjà craquelé dégringola de son visage, des pièces de porcelaine blanche échouant à ses pieds, et Naruto prit pour la première fois connaissance des traits faciaux du fils de son meilleur ami.

Il ne ressemblait pas à son Kagami. Cette mâchoire était trop étroite, ces traits plus élégants, plus raffinés. Le sang d'Azami, sans aucun doute - Naruto, lorsqu'il répondait au nom d'Arashi, taquinait fréquemment Kagami en lui rappelant qu'il ressemblait davantage au genre de personnes qui prenaient part à des combats de rue, carrés et entêté, plutôt qu'à un parfait Uchiha de noble naissance. Et les cheveux d'Obito étaient trop épais, trop rebelles, pour qu'il les ait hérités de Kagami - ceux-là mêmes qui étaient toujours lisses et refusaient de prendre la moindre boucle. Il était évident qu'Obito tenait plus de sa mère que de son père.

Mais ces yeux-là, bridés, sombres et attentifs - ceux-là lui venaient de Kagami, ce, bien au-delà du Mangekyo qu'ils affichaient.

Lentement, délibérément, Obito essuya l'eau coulant sur son visage et écarta ses mèches trempées. Son regard ne quitta pas une seule fois Naruto.

– Tu es l'Uzukage, dit-il platement. Tu représentes la puissance de ton village, celui auquel on confit ses rêves et ses espoirs. Mais, dis-moi, Naruto, qu'arrivera-t-il lorsque tu les laisseras finalement tomber ? Qu'arrivera-t-il lorsque tu échoueras une bonne fois pour toutes ?

Naruto ferma les yeux, se battant contre l'image des rues maculées de sang, des corps familiers empilés derrière les murs et contre les diverses habitations. D'une marée rouge, d'une flotte réduite en morceaux, d'une guerre qui ne s'en finissait plus, qui ne pouvait être gagnée, peu importe combien il se débattait.

La pluie s'abattait sur lui et elle avait des accents glacés en comparaison de la chaleur d'il y a peu, parce qu'après tout, si ça n'avait pas des relents d'échec, il ne savait pas ce que c'était…

Obito interpréta son silence pour une attaque bien portée et Naruto ne put réfuter. C'était bien trouvé, à tout le moins.

– Comprends-tu ce que je veux dire à présent ? Si tu échoues, ceux qui prétendent t'aimer te tourneront le dos et rendront vains tous tes efforts. C'est vide de sens. Dans ce monde, les mots « espoir », « confiance » et « foi » sont dénués de sens. Ils ne veulent rien dire, peu importe combien tu essaies de les justifier par la peine que leurs mérites t'ont causé.

Cette fois-ci, Naruto ne trouva pas quoi lui répondre, les mots coincés au fond de sa gorge. Il ne détourna pas le regard, mais ce n'en était pas loin.

Pour sa part, Obito ne semblait tirer aucun plaisir de sa performance. Ses yeux étaient sombres, son expression lugubre, et bien que son regard ne déviait pas, rien ne brillait de victoire chez lui. Une simple résignation bien enracinée, au goût amer sur un filet de colère et dirigée vers le reste du monde.

Puis, depuis l'intérieur de sa tête, Kurama tonna :

'Hé, gamin. Laisse-moi ta place. Donne-moi une minute.'

Surpris, mais peu méfiant après tant d'années passées dans une camaraderie si fusionnelle, Naruto laissa sa conscience glisser et le contrôle de son corps au renard. Kurama reprit ses esprits en émergeant, prenant quelques secondes pour s'ajuster à sa forme temporaire de bipède et il grogna d'une voix qui perdait quelques tons sur celui habituel de Naruto.

– Toi. Tu penses vraiment ce que tu racontes ?

Il y eut une brève hésitation dans les yeux d'Obito lorsqu'ils se plissèrent, son chakra flambant soudain.

– Le Kyûbi, je présume, dit-il froidement. Toi mieux que toute autre créature doit certainement comprendre cette vérité.

Kurama renifla de dédain, croisant les bras et levant le menton.

– Tu oublies quelque chose, railla-t-il, d'un ton clair marqué par une once de moquerie. Tu fais complètement abstraction qu'il est dans la nature humaine de tirer le meilleur parti des situations désespérées. Vois par toi-même avec ce gamin. Il a grandi sous le joug de son statut d'orphelin, haï, le dernier de sa classe, un bon à rien…

'Hé !' protesta Naruto. 'Tout ça n'était que le résultat du préjudice des enseignants et de la sous-estimation qu'était la mienne de ma propre force, merci bien !'

– … bien qu'au fond de lui, tout au fond, il a toujours eu l'égal d'un vrai génie, ajouta Kurama sans faire de pause et Naruto n'apprécia pas beaucoup le sarcasme dont sa réponse était empreinte. La toute première fois, son village fut détruit et il n'a rien pu y faire. Mais les siens sont tout de même revenus. Ils s'en sont remis à lui en découvrant son identité, et ça parce qu'ils avaient retrouvé espoir et conviction, et tout ce dont tu te moques en ce moment même. Nous n'avons pu rencontrer que l'écho du père du gamin, mais il était prêt lui aussi à faire de même et me sceller en Naruto était sa réponse : il croyait au plus profond de lui-même que ses actions ne rendraient que le monde meilleur. Peu importe ce qui a bien pu arriver ensuite, en fin de compte, Naruto a été à la hauteur de leurs attentes. Il a fait de son mieux pour faire des rêves de chacun une réalité et tout le monde en est bien conscient. Alors, garde ton scepticisme pour toi !

Kurama se laissa regagner sa place sur un dernier reniflement embarrassé et offensé et Naruto revint à lui dans un éclat de rire, soulagé.

– Merci, Kurama, le remercia-t-il avec légèreté et il sut que le renard pouvait déceler la sincérité dont ses mots étaient marqués. 'On t'a déjà dit que tu étais un grand sentimental, au fond ?'

'Personne n'ayant profité du lever de soleil qui a suivi,' grogna Kurama, mais c'était sans conteste pour la forme. 'Maintenant, finis de jacasser, et remets-le à sa place, gamin !'

Naruto sourit et récupéra Sâji qui était toujours planté dans le sol. Il la fit danser entre ses doigts en se relevant et une vague d'eau suivit son mouvement.

– J'utiliserai la force pour que ça rentre s'il le faut, crétin, menaça-t-il sur un sourire en coin tranchant. Ce monde mérite qu'on se batte pour lui et ceux qui l'habitent aussi !

Les yeux d'Obito se muèrent en deux dangereuses fentes et alors que Naruto s'élançait vers lui, eau et vent à sa suite, Obito se jeta à son tour dans sa direction, ses flammes transformant les gouttes de pluie en une vapeur sifflante sur son chemin.

.

Les cieux se répandirent sur eux à peine à la moitié du chemin qui les emmenait jusqu'au mur d'enceinte, les douchant en l'espace de quelques secondes, et Minato ne put retenir un soupir affligé tandis que les routes sèches se métamorphosaient en véritables cours d'eau sous leurs sandales. Il prit appui sur une flaque particulièrement profonde et bondit sur les toits, Sarutobi à sa gauche et l'Uchiha inconnu à sa droite.

– Superbe temps à Konoha, souffla-t-il, plissant les yeux pour tenter de voir où il posait les pieds.

Ils gardaient un œil pour des civils isolés tandis qu'ils se frayaient prudemment un chemin vers l'est où deux opposants de niveau Kage s'affrontaient. Minato sentait déjà le chakra du Kyûbi s'enflammer, corrosif et enragé, et l'inquiétude agissait comme de l'acide dans son ventre. Si le Kyûbi s'était libéré, si le sceau s'était brisé…

– Il faut dire qu'on n'est pas aidé, ajouta l'Uchiha, son amusement à peine contenu et Minato lui jeta un regard intrigué.

L'homme capta son mouvement et lui offrit un sourire qui était tout à fait hors des standards des Uchiha - le Sage seul savait que Fugaku aurait eu l'air bien moins constipé s'il avait laissé une once d'émotion passer son masque.

– C'est Arashi qui cause tout ça. Si on l'appelle le Dieu de la Tempête, c'est pour une bonne raison, tu sais. Ça, c'est l'un de ses coups préférés. Une fois qu'il a dessiné le sceau, il peut faire appel à une tempête après une heure ou deux. Et vu la tête de celle-ci…

Il grimaça légèrement en sautant par-dessus une gouttière qui était déjà sur le point de déborder.

– Ça doit faire un bon moment qu'elle doit mijoter.

Minato était familier avec le titre, mais sans plus. Presque rien au-delà de ce que Jiraiya leur avait dit lors du test des clochettes et la brève mention que Kushina avait faite du Sandaime Uzukage lorsqu'elle lui avait montré l'art du scellement d'Uzushio.

– C'était un Uzumaki, si je ne me trompe ? demanda-t-il, tentant de s'imaginer quel genre de personne pouvait gagner un tel nom si jeune. Un rouquin, très certainement, étant donné son clan. Probablement grand et imposant, et…

– Il l'était, confirma Sarutobi, ses yeux revenant constamment sur le mur d'enceinte alors qu'il scannait les rues pour d'éventuels nouveaux clones.

Il prit un moment pour regarder Minato, un fin sourire ironique incurvant ses lèvres.

– Il te ressemblait beaucoup, en réalité, Minato. Un peu plus petit et un peu plus mince, mais… la forme de vos visages est presque identique.

L'Uchiha fredonna, du même avis, puis passa par une série rapide de mudrâs et souffla une énorme boule de feu, brûlant vif un clone qui s'aventurait tout juste sur la rue principale. Il grimaça en se retournant, marmonnant :

– Bon sang, Arashi, tu n'as jamais eu aucune considération pour ceux avec une affinité pour le Katon.

Minato voulut ajouter quelque chose, n'importe quoi - est-ce pour ça que vous m'avez préféré à Orochimaru ? Parce que je ressemble au Dieu de la Tempête ? songea-t-il sans y donner voix, parce qu'il était conscient de sa propre valeur - mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Sarutobi jeta un regard aux alentours et dit avec une impatience pour le moins contenue :

– C'en est assez, je pense. Nous serons plus utiles par là-bas.

Enfin, s'exclama l'Uchiha - Minato se rappela brièvement que Sarutobi l'avait appelé Kagami -, prenant de la vitesse sur les tuiles glissantes. Le Sandaime prit sa suite et Minato garda le rythme, ses yeux passant sur le village à mesure qu'il avançait. Il était différent de ce dont il se souvenait lorsqu'il s'était mis à la poursuite du Kyûbi, mais certaines choses étaient restées les mêmes. Et…

C'était là où Naruto avait grandi. C'était là où Naruto avait vécu, là où il était devenu un shinobi. Son fils. Le fils de Kushina.

– Naruto, dit-il à l'intention de Sarutobi, passant d'un bond par-dessus une ruelle, puis d'une épicerie.

Il aimerait pouvoir dire que sa voix ne portait aucune intonation de désespoir, mais… ce fut en vain.

– Il… comment se portait-il ? La dernière fois que vous l'avez vu ?

Il était certainement impoli de sa part de faire remarquer que Sarutobi, tout comme lui, n'était plus de ce monde, mais à ce stade, Minato s'en souciait peu. Son fils se trouvait à quelques pas, quelque part au milieu de tout ça, si on pouvait en croire les mots d'Orochimaru. Minato ne pouvait pas ravaler sa question.

Sarutobi lui jeta un regard en biais, offrant un fin sourire comme s'il savait exactement ce à quoi Minato pensait.

– Il se portait bien, dit-il avec affection. C'est un farceur et un vrai petit génie. Kakashi était son instructeur, et la dernière fois que j'ai eu vent de lui, il était parti à la poursuite d'Ichibi au beau milieu de l'Examen des Chûnin. Il vous ressemble beaucoup à tous les deux.

Devant eux, une explosion au tranchant du Fûton et à la force du Suiton résonna, et Kagami redoubla son allure, dépassant rapidement les deux Hokage. Minato envisagea de se servir de son Hirashin, mais ils étaient presque arrivés au mur d'enceinte et c'était bien le type de situations dans lesquelles ils préféraient ne pas se retrouver dépourvus de ses moyens. Si le Kyûbi avait réellement pris le contrôle… il n'était pas certain de ce qu'il pourrait faire pour aider, mais il tenterait n'importe quoi pour prêter main-forte à Naruto.

Puis, sur un tourbillon aqueux et au tintement clair des clochettes, une silhouette les rejoignit en haut du mur, un long naginata tourbillonnant habilement. Minato eut un aperçu de longues mèches blondes, d'une tunique bleue et d'iris bleu marin avant qu'une autre personne ne la rejoigne. Celle-ci…

Celle-ci était si familière qu'il eut un pincement au cœur, et si la rondeur de ces Sharingan pouvait signifier quelque chose, cette personne était tout aussi surprise de voir Minato que Minato l'était devant le nouveau venu.

Mais ce visage, ces cheveux, ils étaient inimitables, même sur des traits plus âgés que ce dont Minato se souvenait du garçon la dernière fois qu'il l'avait vu en chemin pour le pont Kannabi. Il se figea, ses célèbres réflexes complètement inutiles en présence d'un tel fantôme, et il ne put pas même émettre la moindre question pour demander comment Obito pouvait être en vie. Ces quelques secondes de battement furent presque un nouvel aller simple pour ces trois-là. Le blond esquiva un quart de secondes avant qu'une vive série de shuriken tomba du ciel, filant dangereusement. Sarutobi contemplait le blond et Kagami semblait partagée entre les deux arrivants, et Minato était (et on ne pouvait lui en vouloir) distrait par Obito, aussi aucun des trois hommes ne pensa à esquiver à temps.

Ce fut l'homme aux cheveux blonds qui les sauva d'un bond vers l'arrière, son naginata pointé vers l'ennemi, une bourrasque servant d'écran au dernier moment pour faire dévier le shuriken tandis que trois clones se jetaient sur Obito et l'envoyèrent voler dans le feuillage. Les grelots tintèrent de nouveau et cette fois-ci, Minato entrevit la source du son - des kanzashi à grelots nichés dans les cheveux trempés de l'homme en question. Mais les clochettes semblaient… étranges, du moins aux oreilles de Minato. Il cligna des yeux, écouta un peu plus attentivement…

Et il perdit rapidement le fil de ces pensées.

Parce que ce visage était celui de Kushina, avec ses propres couleurs. Des yeux bleus et des cheveux blonds, les mêmes yeux bridés, mais… ces pommettes, cette ossature, cette mâchoire, tout était l'exact miroir de sa femme. Minato eut des difficultés à respirer. L'air semblait bloqué à l'intérieur. Il s'agissait incontestablement, indéniablement de son fils.

Des yeux d'un même bleu que les siens s'écarquillèrent, papillonnant à la vue du nouveau groupe, et son attention se concentra immédiatement sur la personne la plus proche de leur groupe. La prise de Naruto sur le naginata fléchit légèrement et il tituba, ses lèvres entrouvertes et son visage pâlissant, et Minato se prépara à s'élancer et étreindre son fils dans son premier câlin paternel depuis cette fameuse nuit.

Mais au lieu de se jeter sur lui, Naruto fit un pas vers l'avant, laissant son naginata tomber au sol, et murmura :

Kagami ?

– Arashi ! s'exclama l'Uchiha, la joie et le soulagement baignant ses traits, et il réduisit la distance entre eux et s'accrocha à Naruto, l'étreignant avec une force écrasante. Naruto lui rendit avec la même fermeté, riant avec un ravissement incrédule alors qu'ils s'administraient mutuellement de légers coups dans le dos et chancelaient dans une approximation de cercle.

– Désolé, je suis désolé, pardonne-moi, Arashi, récita Kagami, et Minato douta que l'eau coulant sur ses joues fût seulement due à la pluie. Je n'ai pas été à la hauteur. Je t'ai laissé tomber. Excuse-moi, ils sont sortis de nulle part et je ne pouvais pas… Sage, que s'est-il passé ? Comment se fait-il que tu sois encore là, tu ressembles à un adolescent !

Naruto - Arashi ? - éclata de rire, d'un rire étranglé qui exprimait tant sa joie que son chagrin. Il se retira légèrement, alors même qu'un jet d'eau et une rafale jaillit des arbres en contrebas, telle une explosion ayant mal tournée. Il se pencha, pressant son front contre celui de Kagami et ferma les yeux.

– N'en dis pas plus, chuchota-t-il. Ne t'avise même pas d'essayer ! Stupide Uchiha, tu as fait de ton mieux et c'est tout ce qui compte. Uzushio a retrouvé sa force d'antan, tout va pour le mieux, sauf que tu es mort et que je ne m'en suis pas rendu compte. Je n'aurais pas dû te laisser y aller seul. C'est moi qui devrais m'excuser.

– Jamais, répliqua Kagami, martelant gentiment son épaule de son poing. Ce n'est pas toi le responsable de ma mort, tu n'as rien à te faire pardonner. C'était…

– Danzo.

Naruto cracha le nom comme s'il s'agissait d'un poison, et c'était… c'était sans conteste bien le chakra du Kyûbi qui l'enveloppait. Minato était ridiculement confus à présent. Mais à l'entente du nom, Sarutobi se raidit à ses côtés, une once d'aura meurtrière imprégnant l'air.

– C'était Danzo et sa fichue Racine, il a tout organisé, tes attaquants, le siège, la rupture de la barrière d'enceinte, le Mizukage patientant jusqu'à ce que je sois épuisé pour me trouver… c'était lui depuis le début. Mais on l'a eu, Kagami, on s'est occupé de son cas.

Kagami rit d'un ton étouffé, s'écartant suffisamment pour venir déposer un baiser rapide sur le front de Naruto avant de reprendre sa précédente position.

– Je n'en doute pas, Arashi, souffla-t-il. C'est comme pour tout le reste, espèce de cinglé entêté. Tu es mort, n'essaies pas de le nier. Je vois bien ce que tu ne dis pas, alors explique-moi comment se fait-il que tu sois ?

Cela lui valut un sourire, tordu, mais plein d'humour et d'astuce, étirant les marques sur ses joues.

– Uzushio, fit-il, comme si c'était la réponse à tout le reste. Elle voulait que je revienne à elle, alors, elle… s'est assuré que je me souvienne de tout. Et lorsque je me suis réincarné, cela m'a pris un peu de temps pour que l'ensemble prenne un sens, mais… j'y suis parvenu en fin de compte.

– Ce n'est…, les interrompit sévèrement Sarutobi, … qu'une moitié d'explication, au mieux.

Il s'avança et il y eut un petit quelque chose sur son visage que Minato n'y avait jamais vu, trop d'émotions complexes se superposant les unes aux autres pour y lire quoi que ce soit. Il croisa les bras, les yeux vissés sur les deux hommes devant lui et ouvrit la bouche. Puis, il la referma, et secoua simplement la tête, de toute évidence les mots lui manquant.

Naruto rit simplement.

– Saru, fit-il joyeusement, se dégageant de l'étreinte de Kagami. Ou préfères-tu que je t'appelle Jiji ?

– C'est bien la question, n'est-ce pas ? rétorqua sèchement Sarutobi. Naruto… Arashi…

Il s'interrompit, massant ses tempes.

– Tu as toujours pris plaisir à me donner la migraine, qu'importe ton incarnation, marmonna-t-il. J'aurais dû m'en douter. J'aurais dû le savoir la toute première fois que tu m'as harcelé pour un bol de ramen. Était-ce un moyen de te venger ? Et tous les mauvais coups, Sage !

D'un rire éblouissant, Naruto se lança entre les bras de Sarutobi, affectueux et ferme, et Sarutobi les referma sur lui sur un sourire ému et ô combien tolérant.

Et enfin, Naruto s'éloigna et Minato fut dans sa ligne de vue. Lorsque les deux pairs de saphirs se croisèrent, Minato perdit à nouveau toute capacité à inspirer.

Notre fils, songea-t-il, s'émerveillant comme la première fois où il avait eu l'occasion de porter ce petit être que Kushina et lui avaient créé. C'est notre fils.

– Bonjour, Naruto, finit-il par dire, après un éternel battement.

Et Naruto lui renvoya un sourire sans une once de ressentiment ou de réprimande. Seulement une affection effusive et radieuse, et une profondeur quant à l'amour qui les reliait que Minato doutait mériter.

– Hé, 'pa, répondit-il, et c'était sans conteste la plus belle chose que Minato avait jamais entendue de sa vie.

Son fils.

Peu importait les questions qui se posaient. Cette petite chose, ici et maintenant, c'était…

Merveilleux.


Nous avons plusieurs groupes de personnages, mais lequel est votre préféré ?

J'aime particulièrement l'alliance Jiraiya et Orochimaru (mais Orochimaru est excellent lorsqu'il est bien développé !) Kagami et Arashi sont adorables et mon petit Itachi qui se retrouve tout seul… (pour l'instant ;)