RARs :
lesaccrosdelamerceri : On se calme un peu sur ce chapitre, beaucoup de dialogues et de retrouvailles ;) Des bisous et une bonne lecture !
Raph1978 : Tu as l'oeil ! En effet, Sasuke semble avoir disparu ! Je ne dis pas quand ou comment, mais l'auteure ne l'a pas oublié :p Il est occupé avec Zetsu, le pauvre ;) Je connais bien les fanfiction de ces fandoms ! J'ai un compte sur AO3 sous le même pseudo avec un bon nombre d'histoires géniales dans mes Bookmarks, si tu veux y jeter un oeil. En tout cas, j'ai mis les deux que tu m'as conseillé dans mes Marked for Later ! Merci beaucoup pour ça ! Des paillettes et une bonne lecture~
Makiang4 : Merchii pour l'auteure et pour moi~ *se cache dans un buisson* Une bonne lecture !
Akarisnape : Mooh, ravie qu'elle te plaise toujours ! A vrai dire, je devrais faire une relecture également, juste pour tenter d'arranger les problèmes qui restent, mais je n'en ai tout simplement pas le courage pour le moment ^^' Contente qu'on remarque Itachi, il a encore un rôle à jouer dans toute l'histoire ;) Il y a pas mal de questions qui se posent effectivement sur ce massacre, les miennes sont : N'y avait-il personne en-dehors de l'enceinte du clan ? En-dehors du village ? Vous allez me dire qu'aucun d'entre eux n'étaient en mission ?! ... enfin ! J'espère que le chapitre te plaira tout autant, des bisous et une bonne lecture !
chapter 28: fathers and sons, forte and staccato
[Forte : Passage à exécuter fort.
Staccato : Passage joué en détachant les notes, s'oppose à legato.]
– Peut-on m'expliquer pourquoi cet homme ressemble trait pour trait à Azami ?
La question de Kagami sortit Naruto de sa contemplation muette et, avec réticence, il détourna les yeux de la silhouette de son paternel, qui était…
Ah.
Dans une vie comme dans l'autre, Naruto n'avait jamais connu ses parents. Arashi était un orphelin, ses deux parents ayant péri avant même qu'il ne fête son premier anniversaire. On lui avait parlé d'eux, il connaissait même des shinobi qui leur étaient familiers, mais il n'avait jamais vraiment été à lui comme ils se le devaient. Et dans cette vie-là, à Konoha, on parlait de Minato Namikaze et les regards se tournaient automatiquement vers les Montagnes. Il y avait peu de photos du Yondaime, et la pierre était un beau support de portrait, mais ne capturait presque rien de la personne.
Minato avait les yeux bleus. Du même bleu que ceux de Naruto, et c'était pour le moins… extraordinaire de pouvoir les croiser.
Il avait rencontré l'écho de chakra de ses parents par le passé, bien sûr - la sécurité intégrée au sceau ne prenait de toute évidence pas en compte sa complicité avec Kurama lors de son activation - mais ils n'avaient été que cela : des échos. De brefs instants temporels emprisonnés et suspendus indéfiniment, et bien que le message qu'ils portaient avait été le bienvenu, avait été entendu avec avidité et vivement accepté, Naruto n'avait jamais pu y penser comme à de véritables figures parentales. Il savait comment les sceaux fonctionnaient, comment de telles impressions pouvaient être créées, et ces figures-là n'étaient que… des ombres, des photographies mouvantes, plus que des personnes.
Mais ici et maintenant, l'homme se tenant devant lui était sans conteste son père dans tous les sens qui avait de l'importance en dépit de son absence durant son enfance. Et peut-être était-ce là en grande partie ce qu'un père se devait d'être, mais…
Son père était là, en vie, lui rendant son regard comme si, lui, Naruto, était le véritable miracle dans toute cette histoire, une merveille, et même si Naruto peinait à comprendre les choix de Minato, même s'il n'avait pas d'ores et déjà su ce qu'être un Kage et prendre de telles décisions représentaient, il lui aurait tout pardonné juste pour cet instant.
Kagami, toujours aussi impatient, s'éclaircit soudain la gorge et Naruto lui offrit un sourire embarrassé, reportant toute son attention sur son ami.
– Comment ?
Dans la forêt en contrebas, un autre clone explosa telle une tempête contenue reprenant ses droits et Naruto grimaça. Encore un et Obito reviendrait à la charge.
Le regard que lui jeta Kagami était bien loin d'être très impressionné.
– Arashi, cet homme. Pourquoi ressemble-t-il autant à Azami ?
Naruto ravala un tressaillement. Parce qu'il connaissait Kagami, connaissait sa loyauté, sa foi et sa manière de se raccrocher à la famille qu'il s'était créée et non à celle dans laquelle il était né, et ça, ça, ça allait le blesser. Et Kagami avait déjà été blessé à de si nombreuses reprises. Naruto ne voulait pas être l'instigateur d'un nouveau déchirement.
Sur un léger soupir, il planta le bout métallique de Sâji dans la pierre du mur et s'appuya dessus. Il n'y avait pas de bonne manière de dire ça, aussi, il serra les dents l'espace d'un bref instant avant de céder et de déclarer :
– Parce qu'apparemment, lorsque les gènes des Uchiha et des Senju se rencontrent, c'est ceux des Senju qui prennent le dessus. Au lieu de ressembler à un vrai vaurien, ton fils est l'image même de l'héritier d'une grande famille. Félicitations.
Après avoir passé la meilleure partie de sa vie à Uzushio, Kagami était loin d'avoir encore la pâleur caractéristique des Uchiha, mais lorsque les mots furent intégrés, Naruto put clairement deviner les couleurs quitter son visage, un mélange d'horreur et d'incrédulité marquant ses traits.
– Je… Obito ?! s'exclama-t-il, reculant d'un pas hésitant.
Il passa une main calleuse dans ses cheveux lorsque ses genoux le lâchèrent, le laissant s'écrouler sur le sol pierreux dans une exclamation de douleur.
– Il fait partie de l'Akatsuki ?
– Comment cela est-il possible ? demanda Minato lorsque les mots lui firent finalement détourner son attention de son fils. Nous pensions tous qu'Obito était mort au… Et tu es son père ? Il est à moitié Senju ?
Apparemment, la personne qui les avait ramenés à la vie - et honnêtement, Naruto ne doutait pas qu'il s'agisse d'Orochimaru, parce qu'après tout, ce genre de choses relevaient toujours de sa personne - les avait brièvement informés de la situation, mais sans plus. Naruto grimaça et acquiesça.
– Je pense que Madara a dû s'emparer de lui à un moment ou un autre après sa prétendue mort, expliqua-t-il, rassemblant les pièces du puzzle pour les exposer plus clairement de vive voix. Il prétend s'appeler Madara depuis une bonne douzaine d'années, peut-être même plus, et il est à la tête de l'Akatsuki. Ils cherchent à capturer tous les bijû pour activer les Arcanes Lunaires.
De la gorge de Sarutobi sortit un gémissement enragé.
– Et combien sont-ils parvenus à prendre jusque-là ? demanda-t-il sombrement, se débarrassant de son heaume pour masser son front avec lassitude.
Cela fit sourire Naruto et Kurama lui fit écho dans un rire rauque et suffisant.
– Seulement deux : Isobu et Kokuô. B et Yugito sont toujours à Kumo, et Rôshi, Fû, Gaara, Utakata et moi vivons tous à Uzushio où ils ne peuvent pas nous atteindre.
Sarutobi et Minato exprimèrent leur surprise en entendant cela, paraissant pour le moins tiraillés, mais Kagami laissa échapper un soupir de soulagement ressemblant en tout point à un éclat de rire et secoua la tête.
– La cité tient toujours alors ? demanda-t-il, captant d'un regard désespéré les yeux de Naruto alors qu'il peinait à se relever. Tu ne mens pas ? Kiri n'est pas parvenue à ses fins, finalement ?
– Nous avons reconstruit, répondit Naruto, lui rendant son regard et tentant de garder sa culpabilité pour lui. Ça a toujours été ses habitants qui représentaient Uzushio, pas ses habitations. Ils ont survécu. Pas tous, mais… quelques-uns. Suffisamment.
Un flash de noir et de bleu marine et dans un bruit sourd, Obito atterrit sur l'enceinte à sept bons mètres de leur position, le dernier clone bloqué par la prise sur sa gorge et se balançant entre ses doigts. Il n'y avait pas une parcelle de cruauté sur son visage, pas de haine, juste… de la détermination. De la résignation. Une peine d'autrefois, de la douleur, de la colère, le tout enfermé au plus profond de son esprit. Abandonnés, parce que c'était ce que représentaient les Arcanes Lunaires, au fond - un dernier colossal abandon des rigueurs d'une réalité.
Le malaise que ressentait Naruto jusqu'alors s'accentua.
Il n'avait jamais accepté une telle idée.
Obito envoya valser le clone, son Kamui envoyant un kunai voler à sa suite, et l'explosion qui suivit fit trembler le mur sur lequel ils se tenaient. Il le suivit du regard un moment avant de détourner les yeux et de reporter son attention sur le quatuor devant lui. Quelque chose dans ses yeux s'assombrit.
– Minato-sensei, dit-il calmement. De retour pour voir le fruit de vos efforts. Périr pour sceller le Kyûbi, un acte très noble, n'était-ce pas ? Cela m'a rendu la tâche plus facile. En l'absence d'un puissant Hokage adoré des villageois, la tension est montée. Les Uchiha ont commencé à se rebeller, et parce qu'ils n'avaient aucun respect pour le Sandaime, parce qu'ils ne l'ont jamais considéré juste avec un sensei si visiblement partial, ah… Mais le clan Uchiha n'est plus, aujourd'hui. Il n'y a plus personne en mesure de contrôler le Kyûbi. Et pas non plus de Hokage suffisamment doué en scellement pour l'emprisonner. On dit qu'il est le plus puissant des bijû. Lorsque je l'arracherai à votre fils et que je le lâcherai sur votre village bien aimé, combien de temps pensez-vous qu'ils tiendront ?
Kurama tonna un grondement sourd et cela fit son chemin jusqu'à la gorge de Naruto lorsque la présence du bijû s'accentua, le chakra du renard redoublant dans ses veines.
– Kurama n'est pas une arme dont tu peux te servir quand cela te chante ! craqua Naruto. C'est mon ami, et si tu essaies de t'en prendre de nouveau à lui, les autres jinchûriki se mettront en travers de ton chemin !
Mais Obito ne lui portait aucune attention, toutes ses pensées étaient tournées vers Minato et n'en déviaient pas. Le Yondaime prit une difficile inspiration et avança, les yeux fixés sur Obito.
– Kakashi t'a pleuré, lorsque nous croyions que tu étais mort, dit-il doucement, d'une voix murmurante. Obito nous t'aimions, tu nous as à tous manqué. C'est toujours le cas. Peu importe ce que tu es en train de faire, peu importe les choses que tu as faites, je t'en prie. Reviens-nous. Personne en ce monde n'est au-delà de la rédemption. Tout peut être réparé avec un peu d'efforts.
Obito émit un rire étranglé.
– Vous ne comprenez vraiment rien, dit-il, d'une voix calme et sans accroc.
Naruto en serait presque rassuré si son ton n'avait pas pris un accent sauvage et inégal.
– Aucun d'entre vous ne comprend. Ce monde n'est pas réel. Rin n'est pas Rin si sa vie n'est plus la sienne. Kakashi n'est pas Kakashi à moins qu'il tienne sa promesse. Minato-sensei n'est pas Minato-sensei à moins qu'il se tienne entre nous et le danger. S'ils ne sont pas réels, alors rien de tout ça ne l'est. Une fois que j'aurais activé les Arcanes Lunaires, ce monde retrouvera un sens. La vraie Rin nous reviendra, et Kakashi et Minato-sensei. Et ce monde brisé et cruel cessera d'exister.
Minato tressaillit, l'air d'avoir tout juste reçu un coup mortel, et il fit un pas vers l'arrière. Naruto le stoppa d'une main sur l'épaule, le maintenant sur ses positions et l'étreignant doucement. C'était une attaque qui visait terriblement juste et, pire encore, ce n'était même pas recherché. Naruto pouvait deviner dans les yeux d'Obito qu'il croyait en chacun de ses mots. Pour lui, ce monde n'était qu'une illusion.
Il se demanda sincèrement combien Obito avait pu souffrir pour être convaincu d'une pareille chose.
– Peux-tu traquer Kakashi ? demanda-t-il doucement à son père, les mots n'atteignant que ses seules oreilles. Peux-tu le ramener ici ? Gaara, Fû et lui font face à Pain, au nord. Il est peut-être le seul en mesure de briser la manipulation mentale qu'a subie Obito aux mains de Madara.
Minato hésita, tiraillé l'espace d'un battement, puis il hocha la tête, ses lèvres s'incurvant dans un léger sourire désabusé.
– Kakashi et lui ont toujours eu une relation particulière, déclara-t-il, aussi triste et qu'amusé, puis il offrit à Naruto un fin sourire sincère. Je reviens d'ici un éclair, Naruto, tu peux compter sur moi.
Après un flash de lumière, il disparut, et Naruto ne sut s'il devait rire ou désespérer devant l'horrible jeu de mots.
– Sais-tu qui je suis, Obito ? questionna Kagami, dépassant Sarutobi pour faire face à son fils, l'air déterminé tel un boxeur se préparant pour un combat. Verbal certes, pour cette fois, mais Naruto ne doutait pas que cela risquait d'évoluer vers quelque chose de plus brutal sous peu. À un moment ou un autre, ils n'auraient plus le choix. Obito voulait se battre, et il y avait toujours une armée à leurs portes, toujours Zetsu, à moins que Sasuke soit déjà parvenu à s'en débarrasser.
Obito cligna des yeux, frappé d'incompréhension, et il l'étudia un long moment, les yeux plissés. Après un battement, un silence, tout son être se figea.
– J'avais une photo, finit-il par dire. Accroché sur mon mur. D'une femme qui ne ressemblait pas à une Uchiha et de toi. Elle avait un…
– Un bébé dans les bras ? termina Kagami avec un sourire attristé. C'est ça. C'était Azami et moi. Je pensais qu'Hisae s'en serait débarrassée, après ma mort, mais… je suis contente que ce n'ait pas été le cas. Ne t'a-t-elle… jamais parlé de moi ?
Sarutobi s'éclaircit la gorge, touché par le regret lorsqu'il perçut Obito se tendre.
– J'ai bien peur, continua-t-il avec prudence, qu'Uchiha Hisae soit tombé au combat deux ans après la chute d'Uzushio. Entre-temps, Senju Azami avait déjà péri et, à ma connaissance, il n'y avait plus d'autres Senju au village. C'est pourquoi son fils fut recueilli par les Uchiha.
Et si ça, ça ne comptait pas pour un « et tout ce qui aurait pu mal tourner a effectivement mal tourné », Naruto ne savait pas ce qui pouvait compter pour une telle situation. Il dévisagea son ami, percevant le chagrin voiler peu à peu son visage, le regret, la colère. Kagami, malgré son don héréditaire, malgré son statut, n'en avait pas moins été le paria de son clan, mais bien sûr, dans son cas, ç'avait été parfaitement volontaire. Un enfant né hors mariage, d'une Senju, dépouillé de tous parents à l'âge de trois ans à peine…
Sage. Cela suffisait amplement à un trauma d'une telle ampleur, et c'était sans compter ce qui était arrivé par la suite, avec Madara et l'Akatsuki.
– … Senju, répéta Obito d'une voix plate. Senju Azami.
Il parut finalement intégrer les derniers mots, les étreignant avec une colère flamboyante à peine dissimulée derrière le mur de glace de son sang-froid.
– C'est pour cette raison qu'ils me détestaient autant ? Pas parce que je ne pouvais pas activer le Sharingan, mais parce que ma mère était une Senju ?
Il ferma les yeux, pris une longue inspiration et lorsqu'il les rouvrit, toutes émotions étaient de nouveau enfouies, écartées et ignorées. Obito leva son gunbai, s'empara de la chaîne d'une poigne ferme et appela à lui son Kamui. Le monde s'enroula autour de lui, mais une demi-seconde avant qu'il ne puisse disparaître, un flash de lumière jaune l'interrompit et un nuage de bleu et d'argent s'écrasa sur lui et les envoyèrent valser tous deux dans une autre dimension.
Minato atterrit doucement sur le haut de l'enceinte, joyeux et souriant.
– Je pense, dit-il, avec affection et confiance, que Kakashi est plus que disposé à faire tout son possible pour nous le ramener.
.
– Ouah, fit Fû, frappant du pied une pierre qui roula sur le sol pierreux avant de disparaître dans les flots déchaînés en contrebas. C'est… plutôt décevant.
Gaara lui jeta un regard de biais, puis le reporta sur les six corps étalé autour d'eux sur le mont de sable, et s'il ne roula pas vraiment les yeux, cela restait tentant. Au loin s'élevaient des tours blanches coiffées de rouge - Uzushio, étincelante sous le soleil de midi, indifférente au chaos dans lequel Konoha sombrait au même moment.
– Hm, fut tout ce qu'il eût à en dire.
L'ANBU dont le masque avait depuis bien longtemps été fendu pour révéler un visage masculin aux pommettes hautes et aux yeux sombres toussa légèrement en se relevant.:
– Vous nous avez transportés autre part ? constata-t-il en étudiant les alentours. Où sommes-nous ?
– Sur le Rocher de Lis, répondit joyeusement Fû, passant par une série de mûdras qui fit trembler la terre sous leurs pieds.
Un trou s'ouvrit sous chacune des marionnettes, tout juste suffisant pour servir de tombe et elle les referma tout aussi rapidement. Gaara était enclin à trouver l'idée particulièrement bonne. Ils avaient déjà été réanimés une fois ; il préférait que cela ne se reproduise pas. Peut-être qu'une fois qu'ils reviendraient, ils pourraient leur offrir des funérailles plus honorables, mais pour le moment, cela devrait suffire.
– Tout juste au large d'Uzushio. On appelle aussi cet endroit la zone d'entraînement n°9. Nous nous en servons surtout pour pratiquer nos jutsu les plus destructeurs.
Kakashi examina les profondes entailles tourbillonnantes marquant la pierre près du bord, le produit indéniable du Rasengan, et il fredonna doucement.
– Je vois, murmura-t-il. Est-il futile d'espérer que revenir à Konoha sera aussi simple que d'arriver ici ?
Fû lui fit les gros yeux, ses mains se posant sur ses hanches et ses ailes s'agitant sous l'offense.
– Simple ? répéta-t-elle. Simple ? J'aimerais bien te voir traverser d'un bond le Pays du Feu, le Pays des Sources Chaudes et le Pays des Tourbillons, et une bonne partie de l'océan aussi. Et ça, c'est sans compter sur le fait que la personne ayant dessiné ce sceau n'en connaît que les bases et que nous étions au beau milieu d'un combat, faisant face au plus fort des membres de l'Akatsuki, celui-là même ayant pris la forme de six marionnettes ! Sage ! C'était loin d'être facile ! Où est le respect qui m'est dû, dis ?
Gaara considéra débattre son présupposé manque de familiarité avec le sceau de transport - tous les jinchûriki le connaissaient sur le bout de doigts, pour être sûrs de pouvoir échapper à l'Akatsuki si besoin -, mais décida qu'après la bataille acharnée qu'ils venaient de mener et étant donné que Fû avait parfaitement raison sur ladite simplicité de la tâche, il pouvait bien laisser ça passer. Pour cette fois.
– Maa, ce n'est pas ce que je voulais dire, protesta mollement Kakashi, levant une main en signe de reddition, l'autre partant à la recherche de son petit livre orange. Cette réaction, au moins, était de celles que Fû et son regard noir recevaient quotidiennement. Suigetsu en particulier avait tendance à tenter de les éviter, et ça pour la bonne raison que Fû avait été l'élève dévouée de Naruto en termes de plaisanteries et de vengeances.
Sur un léger reniflement, Tenzo s'empara du dernier fragment de son masque et le rangea dans sa pochette à kunai.
– J'ai du mal à comprendre ta popularité auprès de la gent féminine quand on sait à quel point il t'est difficile de tenir une conversation, senpai, déclara sèchement le jônin.
– Eh bien eh bien, mon cher petit kouhai, lorsqu'un homme est doué avec ses…
– OK, s'exclama brusquement Fû, suffisamment fort pour le couper. EN ROUTE. Tout le monde s'accroche, je commence à manquer de chakra, alors ça risque de secouer.
Tenzo pâlit légèrement et les yeux de Kakashi s'écarquillèrent brièvement avant qu'il ne puisse reprendre le contrôle de ses émotions. Gaara cligna des yeux, parce que de ce qu'il pouvait en voir, Fû allait parfaitement bien, surtout avec la conscience de Chomei en éveil, mais lorsqu'il croisa son regard, elle lui jeta un clin d'œil furtif et frappa ses mains sur le sceau de Gaara. Un éclat de lumière les aveugla un bref instant avant de disparaître, les retournant exactement à l'endroit qu'ils avaient quitté quelques minutes auparavant, à peine plus usé de fatigue.
Après un battement, Kakashi plissa les yeux devant la jeune femme aux cheveux verts.
– Tu vis avec Naruto depuis bien trop longtemps.
– Je vais prendre ça pour un compliment, répondit aussitôt Fû, frottant sa jupe pour faire disparaître les derniers grains de sable.
Elle faisait exprès d'ignorer - ou bien devait-elle être totalement inconsciente - de la traînée de sang qui la peignait, et Gaara serait le dernier à vouloir parier sur l'un ou sur l'autre.
– Alors ? On fait quoi maintenant ?
Gaara pencha la tête, reprenant sa réflexion.
– Nagato ne devrait pas être très loin, mais même si Karin avait un peu de temps à lui accorder, ce serait certainement vain compte tenu de sa capacité à altérer toute trace de sa personne. Mais nous savons qu'il est immobile lorsqu'il attaque, et étant donné que le reste de l'Akatsuki est occupé, il n'a pas le temps de chercher et modifier de nouveaux corps pour ses marionnettes.
Fû hocha la tête, ses traits se crispant l'espace d'un instant, avant de se lisser de nouveau.
– Et c'est un Uzumaki, commenta-t-elle. S'il ne compte pas aller où que ce soit pour le moment, nous devrions le laisser à Naruto, vu qu'il est autant Chef de clan qu'Uzukage.
Et si quelqu'un pouvait bien confronter un être doté du Rinnegan, c'était certainement Naruto, mais cela fut passé sous silence. Gaara inclina la tête, puis se tourna vers la marée de clones qui se faisait doucement décimer par des shinobi d'ici et d'ailleurs.
– Dans ce cas, nous devrions aller prêter main forte là où notre assistance sera la bienvenue, dit-il, ce, juste avant qu'une lueur imprègne la place dans laquelle ils étaient arrivés.
Des chakra familiers apparurent les uns après les autres, et les lèvres de Gaara se soulevèrent dans un sourire qu'il tenta vainement de ravaler.
– Ah, fit-il. Il semble que la cavalerie arrive.
Fû éclata d'un rire clair et joyeux avant de bondir dans les airs, ses ailes se déployant dans son dos.
– Et comment ! chantonna-t-elle. En avant, cher Commandant Jônin, les troupes n'attendent plus que toi !
Trois échos de chakra en particulier firent sourciller Gaara et il rassembla son sable autour de lui, le laissant se glisser sous ses pieds.
– Il semble que nous ayons également droit à une réunion de famille, exposa-t-il sèchement. Je me demande comment Rôshi s'en est sorti.
– Oh, je n'ai pas vu Yugito depuis des mois à cause de cette fichue Akatsuki.
Fû tremblait littéralement d'anticipation, pourtant, elle prit tout de même le temps de tendre la main vers les deux Jônin de Konoha.
– Je vous dépose ?
Avant que l'un ou l'autre ne puisse répondre, cependant, une vive lueur jaune, un vacillement de chakra, et un homme blond dans un haori blanc cousu de flammes atterrit au beau milieu du champ de bataille.
Kakashi laissa son livre lui échapper.
– Minato-sensei ? s'exclama-t-il, incrédule, et trébuchant vers l'arrière.
Naruto, fut ce que Gaara voulut dire à voix haute, et à en juger par ses yeux à présent plissés, Fû n'en pensait pas moins. Cet homme ressemblait à Naruto - et plus que cela, il était la figure même du portrait sur la montagne les surplombant. Cela, couplé aux mots lisibles au dos de son haori, et en considérant le statut d'hôte de Naruto…
Gaara avait une bonne idée de ce qu'était cet homme, même s'il ne savait pas encore tout à fait qui il était.
– Kakashi, le salua le Yondaime d'un ton plein d'affection. C'est le jutsu d'Orochimaru qui m'a ramené temporairement parmi vous. Mais notre temps est compté. Le chef de l'Akatsuki… il s'agit d'Obito. Il a survécu, mais… il n'est plus comme avant. Il faut que nous le sortions de là.
Durant de longues secondes, Kakashi, l'air secoué, pâlit visiblement, ses yeux s'écarquillant et chacun de ses muscles se tendirent. Gaara observa ce spectacle avec une inquiétude montante, presque prêt à lui proposer de s'asseoir quelque temps pour reprendre ses esprits. Mais après un battement, l'homme secoua la tête et pressa ses mains sur son visage.
– Minato-sensei, chuchota-t-il d'une voix éraillée. Mais… ma promesse… je n'ai pas tenu ma promesse. Je ne peux pas…
– Tu peux, tonna Minato, implacable, mais non sans bienveillance.
Il traversa la distance les séparant pour venir poser une main sur la nuque du Ninja Copieur.
– C'est Obito, Kakashi. Ton ami. Et il a besoin de toi. Il a besoin de ce que tu es pour lui. N'hésite plus. Cette fois-ci, nous avons une chance de lui venir en aide.
Kakashi leva les yeux, son Sharingan et son orbe gris pleins de détermination, ses pensées troublées à peine contenues, et il hocha fermement la tête. Minato lui sourit, encourageant et plein de bonté, et agrippa son bras. Ils disparurent dans un autre éclair doré.
Il y eut un long moment de silence avant que Tenzo ne lâche un soupir.
– Je pense que je vais te prendre au mot, si l'offre est toujours d'actualité, marmonna-t-il en tendant un bras.
Fû gloussa et se pencha vers lui pour venir l'encercler de ses bras et le soulever dans les airs.
– Un peu qu'elle l'est ! s'exclama-t-elle. Champ de bataille, nous voilà ! Tu es prêt, Gaara ?
Gaara laissa son regard glisser sur les alentours une toute dernière fois, s'attendant presque à voir Nagato apparaître depuis l'arrière d'un rocher ou quelque chose de la sorte, puis il inclina la tête.
– Allons-y, accepta-t-il. Je vais aller m'assurer que les forces sont bien distribuées. Je vous rejoindrais plus tard.
Fû lui jeta un salut à peine convenable, en partie à cause du Jônin qu'elle tenait à bout de bras, puis s'élança vers l'armée de Zetsu Blancs sans un regard vers l'arrière. Gaara prit la direction inverse, entendant déjà sonner la voix d'Anzu tel le claquement de son fouet par-dessus le vacarme ambiant.
Sept jinchûriki avec un objectif commun, songea-t-il. Plusieurs villages protégeant leurs arrières, le tout contre une armée de clones sans rien de tout cela.
Il sourit.
La chance leur souriait.
J'ai récemment publié le premier chapitre d'un threeshot Naruto qui se concentre sur le personnage d'Orochimaru et les nombreux problèmes à Konoha (*tousse* Danzo *tousse*). Il se nomme A Snake Among The Leaves et est écrit par la même auteure que Stormborn ! Cela implique un sérieux voyage temporel, je vous préviens :p
