Jour 14 : Départ
Contexte : quelque part dans la série
- Envole toi petit akuma !
Du coin de l'œil, Chat Noir observe Ladybug libérer le papillon. Elle a un sourire satisfait sur le visage, comme à chaque fois qu'ils terminent une intervention.
D'ordinaire, il partage son enthousiasme, profite de la fin des hostilités pour faire un trait d'esprit et se pavaner d'une démarche assurée. Mais aujourd'hui, il n'a aucune envie de sourire. Chat Noir a peut-être des raisons d'être heureux, une victoire ce n'est jamais rien après tout. Mais Adrien, lui, a envie de pleurer devant la fin de cette mission.
Car le méchant vaincu, il n'a désormais plus aucune raison pour repousser son départ du collège. Comme tous les soirs, il va devoir rentrer chez lui, et comme tous les soirs, la solitude va l'accabler. Mais ce soir sera pire que les autres soirs ; car aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mort de sa mère.
Dans la journée, il a pu oublier la symbolique de cette date. Il n'a jamais dit à qui que ce soit ce que représentait le 04 octobre pour lui ; ainsi, ses camarades se sont comportés normalement avec lui. Il a pu rire avec Nino, être attendri par la maladresse de Marinette, soupirer devant une énième réflexion de Chloé, tant d'éléments habituels qui l'ont rassurés. Outre ses amis, les cours l'ont aidé à se concentrer sur autre chose que la douleur.
Mais sitôt qu'il sera rentré, la bulle éclatera.
Il se retrouvera confronté aux couloirs vides de la présence de sa mère, et surtout, à son père. Il sait que comme chaque année, Gabriel Agreste tentera de faire un geste vers lui, mais que comme chaque année, il échouera à lui montrer l'affection qu'il sait pourtant lui porter. Adrien verra ses yeux désespérés de ne pas arriver à communiquer avec lui, à l'aider et le soutenir, et Adrien devra le rassurer alors qu'il n'aurait qu'une envie, lui hurler que c'est pourtant pas si compliqué de le prendre dans ses bras pour qu'ils puissent pleurer ensemble. Mais non, Gabriel Agreste ne montrera pas sa tristesse, peut-être parce qu'il ne veut pas attrister d'avantage son fils, peut-être par peur idiote de paraître faible ; dans tous les cas, il quittera la table après un bonne nuit maladroit pour aller pleurer dans sa chambre, laissant les murs comme seuls témoins des larmes d'Adrien.
Alors non, Adrien n'a pas envie de sourire malgré leur victoire.
C'est pourquoi lorsque Ladybug dit qu'elle va y aller sur son ton enjoué, Chat Noir lui retient le bras.
- Reste un peu, murmure-t-il.
- Mais nous allons nous dé transformer ! Fait remarquer la rouge, à juste titre.
- Il nous reste une minute. Rien qu'une minute. S'il te plaît, ma lady.
Ladybug le regarde avec étonnement – depuis quand Chat noir est-il aussi sérieux ? - avant d'acquiescer et s'asseoir à ses côtés.
- Une minute, alors.
Adrien aurait besoin de bien plus qu'une minute, mais puisqu'il ne peut en avoir plus, il s'en contentera. Il profite de ces soixante secondes, essaie de figer l'image de Ladybug qui le regarde avec tellement d'inquiétude, cherche à se donner de la force pour le moment du départ.
Et puis, quelques secondes avant de devoir se séparer, Ladybug se rapproche d'avantage pour le prendre dans ses bras.
Son étreinte est brève, sitôt commencée sitôt partie de peur que leurs identités ne soient révélées, mais c'est suffisant. C'est suffisant car sa lady lui a transmis toute sa force, son empathie, lui a donné l'impression qu'elle le voyait vraiment et que, même en ne sachant pas ce qu'il avait, elle était là pour lui. Et cela lui donne la force de quitter les toits de Paris ; maintenant, Adrien ne se sent plus seul. Bien qu'elle ne soit plus là, sa Lady est à ses côtés.
