Le capitaine Mills arriva chez elle. Et comme à son habitude, elle remercia et discute cinq minutes avec Lucy, avant de payer et de lui souhaiter une bonne soirée.

Cela faisait maintenant quelque temps que Lucy travaillé pour elle. La jeune femme était très arrangeante et dévouée, tout ce dont avait besoin Regina.

Une fois seule dans le salon, elle mit une petite musique de fond et se dirigea vers la cuisine, pour y allumer le four et sortir de quoi préparer le dîner.

Puis se rendit dans la chambre de son petit garçon

Une fois qu'il remarqua sa maman adossée à la porte de sa chambre, le petit brun courra pour réclamer un câlin.

« Comment ça va mon petit garçon ? » Elle mit un genou à terre pour se retrouver à sa hauteur et lui offrir un câlin.

« Tu m'as manqué ! »

« Toi aussi, tu m'as manqué mon cœur. Devine quoi ? »

« Je ne sais pas. »

« David vient dîner ! »

« Chouette ! » Il sauta partout dans sa chambre.

Durant son enfance Henry avait passé pas mal de temps avec Nolan. Ce dernier lui avait offert son premier ballon de foot, et c'est lui qui pendant les vacances d'été, l'emmener très régulièrement jouer au baseball.

Ils s'entendaient très bien tous les deux, et Regina avait une confiance hors norme en ses deux hommes.

« Je vais me faire tout beau pour tonton ! »

« D'accord. Je vais préparer à dîner et je vais me changer rapidement parce qu'il ne devrait plus tarder à arriver. »

« Mais maman, tu n'as pas besoin de te changer ! Tu es belle, tu sais. »

« Heureusement que toi, tu es là pour me le dire, mon bonhomme »

« C'est moi ton homme maman. »

Elle mit à rire et embrassa son fils avant de quitter la pièce.

« Oui, tu es mon homme. » Se murmura-t-elle.

De leur côté, Emma et Ruby étaient parties s'installer dans un des pubs du coin pour y faire connaissance. Sur le chemin, elles étaient très vite passées au tutoiement. Ruby voyait en Emma, une future amie.

« Alors parle-moi de toi Emma, je suis curieuse de ton parcours. »

« Et je n'ai pas grand-chose à raconter... Je suis nouvellement diplômée, il y a environ 1 an. J'ai 29 ans. Je n'ai donc pas énormément de bagages. C'est donc pour moi une chance d'être sur cette enquête et dans cet état pour y apprendre. Et améliorer mes pratiques. »

« Je vois, nous avons le même âge ! »

Puis au bout d'un certain temps elles recommandèrent un deuxième verre, et puis plus le temps passer plus la conversation devenait légère et amusante.

Et Emma paraissait beaucoup plus détendue, elle, qui d'ordinaire ne se laisse pas aller à la confidence. Etant réservé.

« Tu es marié ? » Demanda Emma, curieuse à Ruby.

« Non plus maintenant. Mais je l'ai déjà été 2 fois. »

Elle faillit s'étouffer « 2 fois ! Mais tu n'as que 29 ans ! »

« Oui, je sais... Je suis une grande romantique. Je pense à chaque fois que c'est la bonne personne... »

« Raconte-moi, je veux tout savoir ! »

« Et bien la première fois que je me suis mariée, je venais d'avoir 19 ans... Une erreur de jeunesse, c'était avec mon petit copain du lycée, évidemment ça n'a pas duré longtemps, juste 13 mois. Ensuite je me suis remarié à 25 ans, avec ma première coéquipière. Mais elle a été mutée dans un autre État, et a pris ça pour un nouveau départ sans moi et nous avons divorcé quelques jours avant son départ. »

« CoéquipièRE ? »

« Oui... »

« Tu es bisexuelle Ruby ? »

« Oui, ça te choque ? »

« Non, enfin ça ne me gêne absolument pas ! Mais je n'aurais pas cru ça. »

« Tu sais ça ne se lit pas sur le visage des gens, malheureusement. »

« Comment ça malheureusement ? »

« Et bien j'ai rompu l'année dernière avec un homme, et j'étais au fond du trou. Je bossais déjà ici l'année dernière et comme j'ai peu d'amis...Parce que je passe souvent mes journées et mes week-ends à bosser... »

« Oui. Et ? Ou tu veux en venir ? »

« Ne le dis à personne, s'il te plaît ! »

« Évidemment ! Je ne connais personne de toute manière, à qui tu voudrais que j'en parle. Mais tu as titillé ma curiosité ! »

« Je me suis senti perdu, anéanti et terriblement seule. Et j'ai essayé de chercher du réconfort auprès du capitaine. »

« Quoi ? » Avait-elle dit en criant dans le pub.

Elle se calma et reprit « Le capitaine ? Tu veux dire The capitaine Mills, au cœur de marbre !? »

« Oui elle-même, en fait je... »

« Vous avez couché ensemble ?! »

« Non, absolument pas. En fait elle a été très présente pour moi. Et elle avait l'air plus gentille, plus douce. Pas du tout le comportement qu'elle aborde en ce moment. Et je me suis surprise à apprécier sa présence, son écoute. Tu vois je découvrais une autre femme. Et un jour, j'ai essayé d'aller plus loin, sous le coup de la tristesse, je pense. »

« Haaaaan, raconte-moi la suite ! »

« Et puis elle m'a remis à ma place, gentiment en plus ! Mais depuis, j'ai repris de la distance avec elle »

« Ah oui tu m'étonne ! Ça veut dire qu'elle a un cœur ! »

« Te moque pas, elle a eu une vie difficile. D'où son comportement, ses barrières »

« Ça n'excuse pas tout. »

« Ouais bref, et toi ? Tu as été marié ? »

« Non jamais marier » Puis elle réfléchit, et au vu de la confidence que venait de lui faire sa nouvelle amie, elle reprit la parole « Mais je suis lesbienne. »

« Mhh, alors ça aussi ça devient passionnant ! »

« Pourquoi ? »

« Non ne t'inquiète pas, je ne vais pas te draguer. Tu n'es pas mon genre ! »

Emma fut surprise de la réponse si directe. Mais elles se mirent à rire.

« Et bien j'ai jamais eu de relation sérieuse, à cause de mes études et de mes stages qui me forçait à beaucoup bouger, beaucoup travailler. Seulement des aventures par-ci par-là. »

« D'accord d'accord, et le fais que tu matais, le fessier du capitaine n'était donc pas anodin ! »

« Tu es folle, jamais ! Elle n'est pas comme moi. Enfin bref, changeons de conversation. Tu as des frères et sœurs ? »

Ruby remarquant le malaise de son amie, et accepta le changement de conversation.

Le reste de la soirée fut plus tranquille.

Dans la famille Mills, tout se déroulait parfaitement bien.

Nolan était arrivé à 19h30 comme prévu, tenant dans ses bras deux gros paquets cadeaux destinée à Henry et une bouteille de vin français, un château Léoville Barton de Saint-Julien destinée à la belle brune.

Le petit garçon était parti en courant dans sa chambre ouvrir ses cadeaux. Dans les paquets, il trouva un livre de contes de fées et de chevaliers. Il était passionné de livres et de monde fantastique. Nolan le savait depuis des années.

Et le deuxième cadeau était un nouveau gant de baseball. Car l'ancien commencé à s'user.

Le repas était passé rapidement, mais avait été fait dans la joie et la bonne humeur.

Henry avait pu raconter ses dernières péripéties, et Nolan était content de les entendre.

Ils avaient mangé des lasagnes de légumes et en dessert une tarte aux pommes, accompagnée du succulent vin français.

Une fois le dessert terminé Henry était parti dans sa chambre pour lire son nouveau livre et laisser les adultes parler entre eux.

« On ne parle pas travail, s'il te plait ce soir. D'accord ? » Avait-il lancé une fois qu'ils étaient tous les deux.

« Évidemment » Avait-elle répondue tout en débarrassant.

« Merci pour ce dîner, c'était vraiment bon ! Je ramène la bouteille dans le salon. »

« Pour sûr ! »

Une fois la table débarrassée, ils s'installèrent tous les deux dans le canapé pour discuter.

« Alors Gina, tu veux me raconter un peu plus ce qui se passe avec Graham ? »

« On a dit qu'on ne parler pas de travail. Graham en fait partie » Dit-elle sur un ton ironique.

« Mais attends, c'est que tu essaies de faire une blague, c'est ça ? »

Puis tous les deux se mirent à rire, car la brune ne faisait que très rarement des blagues.

« Plus sérieusement, je n'ai rien à rajouter. Nous sommes ensemble depuis quelque temps, j'ai eu du mal au départ à m'impliquer dans cette relation, à trouver ma place dans notre couple... Et maintenant elle est ce qu'elle est. Graham n'est pas le seul fautif, j'ai aussi mes torts et ma part de responsabilité. Tu me connais, j'ai du mal à m'ouvrir. »

« Oh oui, oui, je te connais. Une vraie huître enfermée dans un coffre-fort, lui-même enfouitenfouit au cœur d'un volcan, volcan se trouvant sur une île perdu » Dit-il en rigolant.

« N'exagère pas non plus ! En tout cas, au moins j'aurais essayé de sortir avec quelqu'un, moi ! Et toi alors ? Quelqu'un en vue ? »

« Oh non, tu sais que moi maintenant je mène ma barque en solitaire et ça me va très bien. »

Nolan avait été marié pendant presque 20 ans et du jour au lendemain sa femme était parti pour se marier à un autre. Il avait eu un enfant, un jeune garçon qui maintenant avait 18 ans, et qu'il voyait régulièrement.

« Tu n'as que 45 ans, tu as encore la possibilité de refaire ta vie ! Ça fait 5 ans maintenant que tu as divorcé, il est temps d'avancer et d'aller de l'avant. De s'ouvrir aux autres, ce n'est pas ce que tu me conseil d'ordinaire ? »

« Si, mais je suis bien comme ça. Et puis Henry a besoin de moi ! » Répondit-il amuser

« Bon revenons à toi ! Qu'est-ce que tu envisages à long terme ? Avec Graham, je parle. » Reprit-il.

« Je ne sais pas encore, j'essaie d'aller au jour le jour. »

Puis son téléphone vibra, elle se leva et le récupéra dans la poche de son manteau.

« Tiens, en parlant du loup ! »

« Que te dit-il ? »

« Il me souhaite une bonne soirée, et à hâte d'être demain pour me voir. »

« Vous allez vous voir ? En-dehors du poste ? »

« Et bien c'est ce que font les couples « normaux », non ? »

« Oui évidemment. Excuse-moi, j'ai encore du mal à assimiler votre relation. »

« Depuis quelques jours ça ne va pas. Mais je ne fais aucun effort de mon côté aussi. Puis je suis assez frustré à cause de l'enquête. Il m'a donc proposé de dîner ensemble avec Henry demain soir. Je suppose qu'il essaie d'adoucir la situation, ce qui n'est pas plus mal non plus. »

« Je comprends. Puis ça vous fera probablement du bien. »

« Oui, nous verrons ça demain. »

Puis Henry arriva en courant, car c'était l'heure de son reportage sur les réserves de lions d'Afrique.

Ils se posèrent donc tous les trois devant la télévision, et à la fin de cette émission Nolan rentra chez lui, tandis que Regina mit Henry au lit.

« J'étais très content de voir tonton, merci maman de l'avoir invité. »

« De rien mon ange, et demain Graham viendra manger lui aussi. »

« D'accord, pas de problème. Et tu vas lui faire des bisous ? »

« Oh quelle question curieuse ! Tu es jaloux mon chéri ? »

"Je ne sais pas. Tu es belle maman, il faut que tu trouves quelqu'un de beau pour me faire des petits frères et des petites sœurs. »

Puis elle se mit à rigoler face au propos adorable qui sortait de l'imagination de son fils.

« Tu sais je suis vieille maintenant pour faire des enfants. »

« Oh je suis désolé maman ! » Dit-il sur un ton triste, qui serra le cœur de sa maman.

Regina s'allongea dans le lit de son fils et il se blottit contre elle.

« Ce n'est rien. Je ne regrette rien, car j'ai déjà eu le plus beau des enfants, c'est toi mon Amour »

Ils se firent un câlin, plein d'amour et de tendresse. Avant de s'endormir ainsi.

Le lendemain matin tout le monde arriva à l'heure au poste, chacun avec une perspective de travail différente. Mais un objectif commun.

Graham de son côté lui n'avait pas beaucoup dormi. Il avait avancé de son côté sur les recherches entrepris la veille par son coéquipier.

Il s'était dit que plus vite ils arriveraient à résoudre l'enquête. Et plus vite Regina pourrait se détendre et passer du bon temps avec lui.

Alors il était arrivé dès la première heure à son travail, pour finir ses recherches et avoir accès à la base donnée informatique, qui n'était accessible que depuis le serveur des locaux de la police.

Une fois que le capitaine arriva, elle salua tout le monde et alla s'enfermer dans son bureau.

Tout le monde remarque alors qu'elle leur avait souri. Elle avait l'air d'aller mieux, et cela rassura son équipe.

Graham en profita pour aller toquer à son bureau et entrer.

« Bonjour ma toute belle. »

« Graham...Comment tu vas ? » Il lui avait-elle dit en levant son regard si malicieux et plein d'audace.

Ce qui chamboula une fois de plus le jeune homme. Il aimait ce regard.

« Je vais bien mieux maintenant et toi ? »

Elle n'eut pas le temps de répondre que son téléphone se mit à sonner.

« Mills ! »

«...»

« Incroyable ! Je n'en reviens pas. Cela fait un moment effectivement. »

«...»

« Je suis ravi de l'apprendre ! Nous nous reverrons d'ici peu alors. »

«...»

« C'est gentil de ta part de le demander. Alors oui bien sûr. »

«...»

« Cela ne fait nul doute » Dit-elle en rigolant.

Graham qui était spectateur de cette scène, se demanda avec qui elle pouvait parler, et surtout avec qui elle pouvait rigoler ainsi. Car il n'était pas courant de la voir rire.

«...»

« Alors je te dis à tout à l'heure. »

Puis elle déposa son téléphone sur le bureau.

« C'était qui au téléphone ? » Reprit rapidement Graham.

« Cela ne te regarde absolument pas. » Dit-elle avec un large sourire.

« Ok » A contrario de cette femme, lui perdit son sourire et toute ambition de passer un bon moment avec sa dulcinée.

Mais elle reprit :

« Tu voulais quelque chose ? »

« Simplement te remettre mes résultats de l'enquête d'hier. Sur les plaques d'immatriculation qui ressortaient le plus, j'ai pu retrouver via les caméras, les passages et détailler certaines personnes grâce aux fichiers et profil qu'avait pu faire les inspecteurs de Philadelphie. »

« Et alors, qu'as-tu pu trouver ? »

« J'ai pu réduire notre liste de suspects de moitié. En m'arrêtant seulement sur des hommes seuls qui passeraient régulièrement la frontière. Et qui se déplace en fonction des victimes. Passant la frontière à des heures souvent tardives. »

« D'accord, très beau travail. Vous allez aujourd'hui vous concentrer sur ses hommes là. J'espère qu'il ne changeait pas de voiture. Aujourd'hui, tu restes avec ton coéquipier et tu essayes de m'interroger ou de me contacter ses hommes. Je vais m'occuper de lire et de traiter ton rapport. »

« Pas de problème. Toujours ok pour ce soir ? »

« Oui bien sûr »

« Je peux te ramener des fleurs ? »

« Du lys blanc. »

Puis il sorti du bureau en lui adressant un sourire.

Maintenant seule dans son bureau, elle s'adossa à son dossier.

«Ouvre-toi aux autres Regina !» Se disait-elle à elle-même.

La journée s'annonçait plutôt bien. Après une bonne nuit réparatrice auprès de son fils, elle aurait pu se sentir excitée de savoir que son homme allait venir dîner le soir même en lui apportant des fleurs. Mais cela était tout autre.

Il n'y avait pas de surprise, elle savait l'heure de son arrivée, le repas qu'il allait faire, les fleurs qu'il allait lui offrir.

Mais aimait-elle les surprises ? En réalité elle ne sut même pas répondre à la question, car en y regardant de plus près elle ne fut que très rarement surprise.

La fois la plus marquante, fut s'en nulle doute, le jour où son petit garçon l'appela maman. C'était probablement un des plus beaux jours de la vie de cette femme.

C'était pour elle la plus belle marque d'attention qu'on lui avait apportée au cours de sa vie.

Mais en attendant ce qui la rendait tout sourire, était le déjeuner qu'on lui avait proposé par téléphone. Elle n'avait donc qu'une hâte, d'être midi.

Pendant une bonne partie de la matinée chacun était plongé dans son travail.

Jusqu'à ce qu'elle fasse venir dans son bureau Lucas et Nolan pour avoir des détails sur l'avancée de leurs travaux.

Ruby avait passé de nombreuses heures dans les archives, à essayer de trouver un lien possible avec des affaires non résolues, et grâce à l'équipe d'archives et plus précisément avec un chargé du contrôle scientifique et techniques des archives, elle put faire ressortir seulement deux cas.

Tandis que Nolan lui avait bataillé avec les inspecteurs de l'État voisin pour rapatrier toutes les preuves et pouvoir se pencher dessus pour faire un rapport clair et détailler au capitaine de la criminelle de New York. Il était important pour eux d'avoir une traçabilité bien tenue. Cela permettait de ne pas recevoir les foudres de leur hiérarchie, mais aussi d'avoir une meilleure traçabilité et de meilleures transmissions entre équipes et inspecteurs.

Cependant, il remarqua un détail important qu'il détailla dans son rapport. Il avait passé un long moment à détailler avec la scientifique la façon dont les mains avaient été amputées.

Le procédé d'amputation de l'une des victimes n'avait pas été le même que les autres. Il y avait des similitudes avérées, mais quelque chose ne correspondait pas. Le scotch retrouvait sur le corps était lui aussi différent.

Le capitaine Regina Mills, une fois mis au courant de la situation, se plongea dans le dossier. Il était hors de question pour elle de passer à côté d'une information importante.

Son horloge affichait à peine 11h50, qu'elle prit son sac à main et son veston pour se rendre au point de rendez-vous.

Elle prit place, au fond de la salle. À une petite table ronde pouvant accueillir exactement deux personnes. Table qu'elle avait réservée quelques heures plus tôt par téléphone.

« Bonjour, je suis Louis. Votre serveur pour aujourd'hui. Puis-je vous servir quelque chose ? »

« Et bien oui merci, apportez-moi de l'eau pour l'instant. »

Puis la voix rauque, mais très féminine d'une femme sortie, comme venue de nulle part.

« C'est absurde ! Mettez-nous plutôt deux martinis dry ! »

La belle brune, reconnut cette voix. Elle l'aurait reconnu entre mille autres voix.

« Oh Mac, tu m'as terriblement manqué ! »

« Je n'ai même pas les mots, Gina.»

Elle se leva pour prendre la femme dans ses bras.

« Waouh tu t'es embellie avec les années Gina. Une femme fatale ! Tu dois faire des ravages. » Dit-elle en lui faisant un clin d'œil.

« Et bien pas exactement... »

« Quoi ? Attends, assied-toi et raconte-moi. »

« Pas tout de suite, il y a tellement à dire ! Je vais attendre mon verre. Ça fait quoi ? 6 ans qu'on ne sait vu. Et encore notre dernier rendez-vous avait été écourté. »

« C'est vrai... Et bien déjà avant qu'on ne se raconte nos vies. Je voudrais t'annoncer une grande nouvelle ! »

« Je t'écoute. »

« Je reviens au tribunal de New- York ! »

« En tant que substitut ? »

« Oui, je garde le même poste. Tu te demandes probablement où j'étais pendant ces six dernières années ? »

« Oui évidemment ! Disparaitre comme ça... » Regina frappa légèrement le bras de l'autre femme.

«J'ai fait partie du programme de protection des témoins. Et j'ai été transféré du jour au lendemain au Canada.»

La belle brune fut surprise de cette réponse ! «Que t'est-il arrivé ?»

«Oh tu sais, c'est quelque chose qui arrive souvent dans notre métier. On est pris pour cible par un dealer, et puis on se cache ou on meurt...»

«Je suis heureuse de te voir, devant moi... Et toujours aussi belle.»

C'est vrai que la femme se trouvant devant elle, était assez grande, une taille fine qu'on deviné à son tailleur, jupe deux pièces, très cintrées. Une longue chevelure d'un blond presque polaire. De grands yeux bleus, d'un regard envoûtant. Et surtout un trait dominant qui lui était propre, sa voix rauque qui raisonner à en donner des frissons. Regina à une époque plus lointaine aimait prendre le temps de se rendre au tribunal pour voir McNally plaider, elle était impressionnante, et sa voix résonnant dans toute la pièce, lui donnant une prestance de déesse.

«Je suis si heureuse de te voir aussi Gina. Puis dire ton prénom...Mmh... C'est si bon !»

Regina posa sa main devant elle et fut rejointe par la main de la grande blonde.

«Je ne t'ai pas oublié pendant ses 6 dernières années. J'ai pensé à toi très souvent. Et je t'ai cherché au début, pendant très longtemps...» Commence le capitaine Mills.

«Je suis terriblement désolé. Si tu savais ! Je me doute que ça n'a pas été facile aussi pour toi.»

« Effectivement...» Elle retira sa main. La conversation devenait plus difficile, plus profonde.

«Non, attends, ne retire pas ta main... S'il te plait.»

Puis elles restèrent ainsi, à ce regardait intensément tout en se tenant la main.

Jusqu'à ce que le serveur n'arrive avec leurs boissons.

«Tenez mes demoiselles. Vous avez choisi ? Une entrée ? Un plat ?»

«Deux salades césars s'il vous plait, jeune homme.» Répondit la blonde.

Elles se séparèrent donc à contrecœur.

«Trinquons Gina.»

«A quoi veux-tu trinquer ?»

«À notre repas, à nos retrouvailles, à tes beaux yeux, à ta carrière, à ce petit Henry... Je ne sais pas. À la vie qui est pleine de surprise»

«Trinquons à nous et à la vie.»

«A nous ?»

Regina rougie tel une adolescente à son premier rencard.

«Je... enfin... À nos retrouvailles»

La blonde lui sourit, après avoir bu une gorgée.

«Je vais essayer de t'expliquer dans les grandes lignes. Ce serait absurde et méchant de ma part de te laisser dans le flou. Ne m'interromps pas et on en discutera après» Entama la futur substitut du procureur de New York.

«Oui, euh... bien»

«Il y a six ans nous étions sur une affaire importante. Je sais qu'à ce moment-là, tu étais souvent absente, car tu avais des révisions à faire pour passer l'examen de capitaine. Je crois même que tu n'as jamais travaillé sur ce dossier, enfin peu importe. Avec l'ancienne équipe nous avions réussi à mettre un tueur lié à la mafia en prison... Je... Un soir on a essayé de me tuer. J'ai dû prévenir mon supérieur et quelques heures après j'étais assise à l'arrière d'une voiture, direction une nouvelle vie, une nouvelle ville, et une nouvelle identité.

J'ai dû me faire discrète les premiers temps. Faire profil bas...Mais au bout d'un moment, je me sentais seule. J'ai pu reprendre contact avec mon ancien chef et il était le seul avec qui je pouvais communiquer. J'ai suivi ton parcours de loin, j'ai su que tu avais réussi ton examen. Que tu avais repris les rênes de l'unité. Et su que tu t'étais installé dans une magnifique maison avec Henry. J'étais tellement heureuse pour vous !

Je sais qu'à mon départ il y avait beaucoup de vagues entre nous, mais tu sais, j'espère que tu sais que je ne t'aurais jamais abandonné comme ça, si ça n'avait tenu qu'à moi...»

«Sans te mentir, si... Si, j'ai cru une fois de plus me sentir, trahi, abandonné, humilié par quelqu'un en qui jamais une confiance aveugle !»

«Gina tu s...»

«A mon tour de parler Mac, tu sais quand je suis rentrée dans cette unité. J'étais jeune et perdu et blessais par la vie. Et je ne te remercierai jamais assez de m'avoir prise sous ton aile, et de m'avoir forgé au cours de ses longues années passé à tes côtés. De m'avoir enseigné la tolérance, de m'avoir rendu forte et ferme. Tout cela fait partie de moi à présent.

Puis j'ai toujours accepté le fait que tu sois dur avec moi, j'ai compris avec les années que tout cela avait été fait pour mon bien. Sauf que depuis, ... j'ai grandi, j'ai vieilli, j'ai mûri et je suis devenu maman. Je ne suis plus la jeune fille d'autres fois.

Je comprends certaines choses du passer. Mais d'autre me font encore mal malgré les années... Oh Mac, je sais que nos carrières nous ont éloignés pendant des années, qu'elles nous ont fait nous retrouver, nous séparer, et ainsi de suite jusqu'à ce que tu disparaisses complètement du jour au lendemain. Mais tu as disparu de ma vie au moment où j'avais le plus besoin de toi. Je venais d'avoir Henry, j'essayer a tout pris d'être capitaine, je m'interrogeais beaucoup sur ma sexualité... Je me retrouvais une fois de plus perdu, comme cette jeune fille qui c'était présenter à toi quelques années auparavant.

Et j'aurais voulu que tu sois là pour m'épauler... » Ses derniers mots fut souffler, car ses larmes se mirent à couler.

Le serveur arriva.

«Voici vos salades !» Voyant la belle brune pleurer, il se sentit tout bête.

«Tout va bien ? Je peux faire quelque chose ?»

«Laisse-nous, voulez-vous ?» Répondit la blonde, sur un ton plus sec qu'elle ne le voulait.

Cette dernière se mit elle aussi à pleurer.

«Oh chérie, ne pleure pas ! Mon cœur se brise à te regarder ainsi» Elle se leva, et l'enlaça.

«Je suis désolé, je ne voulais pas gâcher notre déjeuner... Mais te voir là après tant d'années à le souhaiter»

«Je suis là, je suis là, vraiment là et je ne compte pas bouger.»

«Nous verrons bien.»

Puis après de longues minutes, les larmes se séchèrent.

Et elles commencèrent à manger leur repas, tout en discutant de choses plus légères.

«Quelle était donc ta nouvelle identité ?»

«Oh, Amélia Béring... Ne te moque pas !»

«Tu as donc troqué un McNally Wells pour un Amélia. Sérieusement ? Tu as pu accepter ça ?» Dit-elle en riant.

«Et toi alors ? Raconte-moi ta vie ? Comment se passe ta vie de maman ?»

«Henry me comble de bonheur, c'est un ange. Très intelligent pour son âge.»

«Ça ne m'étonne pas au vu de sa maman.» Lui dit-elle dans un clin d'œil.

«Ça n'a pas toujours été facile, mais je ne regrette absolument rien. Et Nolan a beaucoup été présent.»

«Ce bon vieux Nolan, et lui, comment va-t-il ?»

«Il va plutôt bien, et s'apprête à être mon sergent.»

«Je suis ravi de l'apprendre !»

Un silence plaisant s'installa entre elles deux. Puis après quelques bouchers, McNally reprit la conversation

«As-tu quelqu'un dans ta vie ?»

«Oui, j'ai effectivement quelqu'un depuis quelques mois.»

«Oh... D'accord, je vois... Enfin je comprends» Dit-elle confuse.

«Que comprends-tu ?» Demanda-t-elle curieuse.

«Non rien, je disais ça comme ça.»

«Je ne crois pas non...» Répondit-elle, tout en plantant son regard dans celui de la blonde.

«J'aurais pensé te voir sortir avec une femme en réalité.»

« Qui te dit que ce n'est pas le cas ? »

« Oui, tu as raison. Tu sors avec une femme alors ? »

«Non, effectivement. Pourquoi cette question d'ailleurs ? Les hommes te dérangent ?»

«Et bien après ce qui s'est passée entre nous, j'aurais cru... Mais... tu...»

«Non»

Durant les premières années de sa carrière, Regina fut beaucoup aidée et orienter par cette belle blonde de 5 ans son ainé.

Puis après quelques années, elle partit pour travailler dans un autre État, et revint des années plus tard. Durant cette longue période, elles avaient malgré tout gardé contact. Puis le substitut Wells, était revenu travailler à New York, mais avait changé de brigade, et devint par la suite procureur et dû régulièrement bouger à travers le pays. Enfin, l'année avant sa disparition. Et fatiguée de son métier et des allers retours aux quatre coins du pays, décida de retourner là où son cœur était. C'est-à-dire, à la brigade de la criminelle de New York. Mais la vie en avait décidé autrement, et fini donc moins d'un an après, envoyer au Canada.

Il n'y avait pas de nom à donner à leur relation.

McNally dès ses premiers moments à l'époque avec l'inspecteur Mills, essaya de la protéger de ce milieu très masculin. Puis avec le temps, et les années elles étaient devenus amies. C'était un milieu très prenant, et rare étaient les moments de liberté. Par conséquent, une majorité de leurs sorties sur leurs temps libre se faisaient ensemble.

Et peut-être dû à tous ses éloignements, et ses rapprochements, ses enquêtes difficiles, un lien s'était créer entre elles deux.

L'année précédente se changement de vie radicale, qu'était la disparition de la nouvelle substitut. Les femmes avaient pris part à un jeu dangereux.

«Gina... De mon côté, durant mon exil je me suis fiancé à un canadien, je...»

«Tu n'as pas à m'expliquer. Je suis heureuse pour toi. Connait-il ta véritable identité maintenant ?»

«Et bien oui, j'ai enfin pu lui avouer il y a quelques jours. Quand l'isolement fut lever. Et il a très bien accusé le choc. J'ai beaucoup de chance.»

«Oui, effectivement, tu as beaucoup de chance» Dit-elle d'un ton amer.

«Qu'est-ce qu'il y avait entre nous en réalité avant mon départ ? Que ressens-tu Gina ?»

«Je ne sais pas. Je sais juste que quand tu étais là, j'étais bien et la vie paraissait facile.»

«Et qu'as-tu ressenti lors de notre baiser ?»

«Pourquoi en parler maintenant ? Tu es fiancé et heureuse.»

«Que connais-tu de mon bonheur ?» Râla la blonde.

«C'est vrai, je n'en sais rien» Puis elle regarda l'heure sur sa montre «Oh non ! Je n'ai pas vu l'heure passer. Je dois m'en aller. Je suis désolé»

«Tu essaies d'éviter une conversation là Gina.»

«Une conversation qui n'a pas lieu d'être. Je suis en retard. Nous nous reverrons bientôt»

Elle déposa quelques billets sur la table et puis s'en alla rapidement.

Dans un sens Regina, savait que son amie avait raison. Elle fuyait la conversation, elle fuyait le passer.

Une fois sortie du restaurant, elle resta bloquer quelques secondes, le temps de prendre son souffle, de respirer et de prendre conscience de la situation. Et durant les dix minutes qui la séparait de son travail, elle marcha tout en réfléchissant à ce qu'elle devait faire.

«Tu te dois une fois de plus de rester forte. Tu vois, tu as encore baissé les armes, et voilà. Tu te retrouves triste, faible et seule ! Ressaisi toi !»

Puis elle observa les gens dans la rue, un couple marcher devant elle, en se tenant la main.

«Stop, c'est pathétique ! Je sais que je n'aurais jamais le droit à ça. Je n'en suis probablement pas digne. Comment peut-on aimer une femme comme moi, hein ?! »

Une fois de plus, cette femme pourtant d'apparence si forte, se sentait trahie par quelqu'un qu'elle avait aimé. Elle se sentait même humilié. Avait-elle peut-être pensée la retrouvé comme si les 6 ans d'absence n'avait jamais existé.

Elle n'arrivait pas à croire en l'amour, en la confiance, au bonheur. Elle décida de ne rien faire paraitre comme à son habitude, et d'ériger de plus fortes murailles autour de son cœur. Il était primordial pour elle de se replonger dans son travail. Tout moyen était bon pour ne plus penser à ce déjeuner.