La journée avait encore prévu d'être chargé, comme elle l'était régulièrement dans ce milieu.
Regina comptait énormément sur les résultats des dernières analyses. Elle espérait aussi avoir des retours concernant les demandes qu'elle avait pu faire la veille, sur ce fameux arbre.
Car si la seule est unique preuve qu'ils avaient été une empreinte, elle savait que l'avancée de l'enquête serait compromise.
Au tribunal, cela ne serait pas suffisant pour convaincre un jury, si suspect il y avait. L'empreinte de pas n'étant pas unique comme l'empreinte digitale, elle serait très vite détruite par la défense.
Le substitut n'aimait plaider, seulement si le dossier et les preuves étaient solides. Il ne voulait pas se ridiculiser, ni lui, ni la police de New-York.
Emma avait le regard plongé dans son café, lorsque que Ruby pénétra dans son bureau.
«Alors ma belle, dure nuit à ce que je vois.» Lança Ruby un grand sourire aux lèvres.
«Ouais...»
«Qu'est-ce que tu as ? Raconte-moi» Et s'installa en face de son amie.
«J'ai passé une excellente soirée, mais j'ai eu beaucoup de mal à dormir, du coup le démarrage est difficile.»
«Qu'est-ce que tu entends par excellente ?»
«Ne serais-tu pas jalouse de mon dîner avec le capitaine ?» Demanda-t-elle amusée.
«Absolument pas. Je ne suis plus la jeune midinette d'il y a quelques années. Et puis tu sais, le capitaine Mills a beau me donner chaud quand je la regarde, ce n'est pas avec elle que je pourrais sortir.»
«Mais qui te parle de sortir ? J'ai juste été invité pour me faire remercier.»
«Oui c'est ça. Mais tu es tout de même rentrée dans l'antre, de la personne la plus mystérieuse de tout New York !»
«Pourquoi la plus mystérieuse ?» Demande-t-elle intriguée.
«Et bien tu sais, tu commences à saisir le personnage. Elle est très mystérieuse. Echange que très peu sur sa vie privée. Elle parait avoir connu mille et une chose mais personne n'en parle. Puis tout ce qui se raconte dans les couloirs n'aide pas beaucoup. Avant que j'arrive ici, elle était très connue dans le milieu pour sa perspicacité sur le terrain. Elle a mené des affaires d'une main de maitre, je me suis beaucoup penché sur les dossiers d'enquêtes qu'elle avait mené...
Puis elle se créer des barrières, ce qui rend la discussion avec elle souvent difficile. Elle a l'air toucher par les enquêtes, mais si féroce en même temps. On ne connait pas grand-chose d'elle vu qu'elle ne participe jamais aux soirées. A-t-elle été marié ? D'où vient-elle ? A-t-elle des frères et sœurs ? Enfin sa vie quoi ! Excepté l'adoption de Henry on ne connaît pas grand-chose d'elle.»
«Oui c'est vrai en fait. Bon... Et vous votre soirée ?»
«Super décevant au début, Graham est arrivé en retard et remonté à bloc ! J'ai cru comprendre qu'il s'était brouillé avec sa copine mystère. Ou peut-être séparer, à vrai dire je m'en fiche. Il me gonfle terriblement ce gars.»
«Oui, moi aussi j'ai du mal à le supporter.»
«Bon je te laisse, on a du boulot qui nous attends. On déjeune ensemble si tu veux à midi.»
«Si j'ai le temps je te bip.»
«Pas de soucis ma belle, à plus !»
Regina une fois dans son bureau, se repencha sur son travail. Essayer de retrouver l'arbre dont provenait les fibres de la semelle du tueur, elle continua de contacter toute personne ayant des connaissances sur cet arbre, ou des lieux qui en possédait. Au bout de quelques heures de recherches, elle lista sur papier les numéros des parcs, des particuliers et des agriculteurs possédant cet arbre ou ayant eu ce végétal.
Elle se saisit de son téléphone portable et composa le numéro des bureaux de la morgue du poste.
«Allô ?»
«Miss Swan ?»
«Capitaine Mills ! Comment ne pas reconnaitre cette magnifique intonation qui est la vôtre.»
«Amusant... J'ai du nouveau en ce qui concerne le Belombra.»
«Je vous écoute.»
«Et bien j'ai trouvé quelques informations qui pourrait, je l'espère nous aider à avancer dans cette enquête.»
«Je suis tout ouïe.»
«Il y a seulement deux agriculteurs dans la région, 3 parcs ainsi que 15 particuliers qui en possèdent.»
«Que devons-nous faire ?»
«Les interroger et se renseigner sur chacun et savoir lesquels ou lequel d'entre eux passent régulièrement la frontière, par exemple.»
«Super»
«Je mets l'équipe sur le coup. Je vous tiendrais informer.»
«Parfait Capitaine. Merci de l'appel.»
«Et vous, des nouvelles ?»
«Rien de concluant»
*bip*
Emma regarda son téléphone sonner dans le vide. Venait-elle vraiment de lui raccrocher au nez ?
Le capitaine fit venir le reste de l'équipe dans une salle de réunion, pour leur exposer les nouvelles preuves et recherche qu'elle avait pu faire et recevoir.
Elle dispatcha le travail à faire à son équipe, comme à son habitude. Elle espérait ainsi que le travail soit même selon ses principes.
Graham et John se retrouvaient à aller interroger sur le terrain le maximum de gens figurant sur sa liste.
Ruby était conviée à rester au poste de police, pour pouvoir accéder à toute base de donnée, pour recoupement de données.
Tandis que Nolan quant à lui était toujours sur les anciennes preuves. Il s'en torturait l'esprit à les retourner dans tous les sens pour essayer de comprendre.
Les deux derniers de l'équipe, Benjamin et Tomy devaient poursuivre leur travail sur les quelques indices récupérer sur la dernière scène de crime et surveiller le registre des personnes disparu.
Regina leur rajouta la tâche, de gérer toutes preuves venant la pièce qui avait été condamné, qu'ils supposaient être la salle des tortures.
La scientifique ayant mise plus de temps que prévu pour inspecter cette pièce, ils étaient encore dans l'attente de certains résultats.
À la grande surprise du Capitaine, la journée se passa rapidement et sans encombre.
Elle sortit de son bureau aux alentours de 19 heures. Elle remarqua que son équipe étaient toujours en poste, chacun s'acharnant à sa tâche.
Elle les obligea à rentrer chez eux. Des vies étaient en danger, mais une équipe avec un moral au plus bas et des états de fatigue soudain, ne pouvait pas arranger la situation.
Avant de rentrer chez elle, elle passa au tribunal déposer un dossier sur le bureau du substitut, qui visiblement avait déjà quitter les lieux.
Sur la route du retour, elle passa s'acheter à manger. À la vue de l'heure, elle savait que Lucy aurait déjà fait dîner Henry.
Nolan quant à lui, rentra chez lui. Et comme à son habitude, depuis maintenant des années. Il prit une douche pour finir sur le canapé. Téléphone et bière en main il commanda une pizza, et se posa devant un vieux match de football américain.
Un match du Super Bowl 50 datant de 2016, opposant les Panthers contre les Broncos.
C'est cette dernière équipe qui remporta la coupe, Nolan lui supportait l'équipe adverse.
Et lui-même ne sait pour qu'elle raison il regardait son équipe préférée perdre. Et cela régulièrement.
Pour se rappeler sans doute, que tout n'est pas si facile. Que l'on peut tout perdre très rapidement.
Après quelques petites heures de détente, il finit à moitié endormi sur son canapé.
Sa vie avait bien changé en quelques années.
Il fut réveillé en un sursaut dans la nuit, comme à son habitude depuis maintenant quelques temps. Cette enquête le mal menait, il donnait tout son temps et sa force a ce travail. Ne pas réussir à coincer se tuer le ronger intérieurement.
Sa persévérance et sa bienveillance, était deux traits de caractère qu'avait toujours apprécié Regina Mills. Elle voyait en lui un homme blesser par l'amour, mais qui ne s'empêchait pas de tout donner à autrui.
Une fois réveillé, il décida de retourner au poste pour travailler et optimiser au maximum son temps pour faire avancer l'enquête.
Emma passait elle aussi une très mauvaise soirée. Et elle n'eut aucun moment dans la journée pour décompresser. Le déjeuner avec Ruby avait été annulé, car elle était surmontée de travail. Le docteur voulut le décaler au dîner. Mais elle apprit que son amie, avait un date. Et n'était donc pas disponible pour prendre un verre.
Elle rejoignit alors Tomy et Benjamin au restaurant de l'hôtel. De quoi s'occuper quelques petites heures et de remplir son estomac qui criait famine depuis le début d'après-midi.
Une fois retourner dans sa chambre, elle s'allongea de tout son long dans son lit double.
Et observa pendant un long moment le dessin de Henry, qu'elle avait accrocher comme promis, sur le mur au-dessus de la table de chevet.
Emma regardait avec minutie tous les détails que le petit garçon avait pu dessiner et apporter à cette jolie œuvre.
Elle sortit son téléphone et pris en photo le dessin avant de décider de l'envoyer à la jolie maman de l'artiste.
Joignant comme message :
«Comme promis, il est accroché. Remercier encore le dessinateur» signant avec l'émoticône représentant un ange blond auréolé.
Regina quant à elle était rentrée chez elle, et avait longuement remercier Lucy d'être resté plus tard que prévu.
Elle l'avait payé gracieusement pour sa dévotion auprès de sa famille et pour qu'elle puisse s'acheter à manger sur le chemin du retour.
Elle mangea, tandis que son fils lui raconter sa journée.
«Maman, tu sais que demain c'est mon dernier jour ! Et je vais aussi partir en colonie ! Et je ferais plein de trucs avec Lucy aussi, à mon retour !»
«Oui je sais chéri. Tu n'es pas angoissé de partir sans moi ?»
«Je ne serais pas tout seul, maman, mais tu vas me manquer.»
«Oui toi aussi tu vas me manquer mon gentil petit bonhomme.»
Ils restèrent là à parler des vacances et de son dernier jour d'école.
Il expliqua que comme la présence n'était obligatoire seulement le matin, il ne ferait pas d'apprentissage mais des jeux dans la cour l'après-midi.
En fin de soirée Regina, alla border son fils.
«Dis maman, ça fait longtemps qu'on a plus lu nos contes préférés»
«C'est vrai.»
«Tu peux m'en lire un ?»
«J'ai une meilleure idée pour me rattraper.»
«Ah oui ? C'est quoi maman ?»
«Tu sais, une fois je t'avais raconté que lorsque j'avais ton âge. J'adorais lire des contes merveilleux, que ce soient des frères Grimm, de Perreault ou encore d'Andersen. Mais un jour mon père m'avait offert un livre qui regroupait les légendes de plusieurs pays, plusieurs cultures. On retrouvait des mythes et des légendes européennes et canadiennes, mais aussi africaines et asiatique. On pouvait y trouver des histoires sur des lampes magiques, des forêts enchantés, des sorcières zoulous ou encore des samouraïs chinoises.»
«Waouh ! Moi aussi je veux lire sa maman !»
«Et bien ce soir je pensais peut-être t'en raconter une.»
«Tu as le livre ?» Dit-il en se relevant de son lit tout excité.
«Non malheureusement. Mais je m'en souviens encore, de quelques-unes.»
Regina avait enfant toujours adorait les contes et plus particulièrement les mythes, car cela regroupait des croyances auquel les gens s'étaient attachés pendant des décennies. Et c'est une passion qu'elle réussit à transmettre avec joie à son fils adoré.
C'était pour eux un monde où l'on pouvait se réfugier, ou tout était possible et merveilleux.
«Allez, fil dans ton lit. Et je te raconte l'histoire de Pandore.»
«C'est qui ?»
«C'est l'histoire, d'une femme durant la mythologie grecque, qui avait un destin extraordinaire.»
«Allonge toi avec moi maman.»
Elle s'allongea avec son fils dans le lit. Et se mit à raconter l'histoire.
«Dans l'Olympe, où vivent les Dieux, Zeus demanda à Prométhée et à son frère Epiméthée, de créer l'espèce humaine. Et ce fut fait. Ils créèrent les premiers hommes, mortelles créatures. Mais pour que les hommes puissent survivre, il leur manquait le feu avec lequel ils auraient pu se réchauffer, fabriquer des armes et manger. Prométhée commit alors un effroyable affront pour les Dieux : il leur vola le feu sacré de l'Olympe et l'offrit aux Hommes. En apprenant cela, Zeus entra dans une profonde colère noire, hors de lui devant une telle provocation. Mais il faut se méfier de la vengeance des Dieux : sa punition ôterait à tout être l'envie de le défier à nouveau. Il eut une idée, aussi belle que funeste : créer une Femme, à la beauté aussi éblouissante que celle des déesses. Ce serait la première Femme. Et, par elle, le malheur arriverait.»
«Une femme belle comme toi maman ?»
«Non encore plus belle chéri.»
«Oh»
«Les Dieux se mirent au travail. En mélangeant l'argile à l'eau, Héphaïstos composa un corps parfait, un visage d'une beauté extraordinaire. Il lui donna la force, ainsi que la voix. Athéna fut chargée de lui apprendre les travaux des femmes et notamment, l'art du tissage. Elle l'habilla d'une magnifique parure. Les divines grâces la couronnèrent de fleurs et lui attachèrent des colliers d'or. Aphrodite, la déesse de l'amour, répandit sur sa tête la grâce enchanteresse. Apollon lui offrit le don de la musique.
Mais Zeus avait une exigence : que cette femme ne soit pas parfaite. Humaine, elle aurait des qualités mais aussi des défauts. Hermès lui apprit alors le mensonge, les discours séduisants et la perfidie. Il lui donna aussi la curiosité. Héra, lui donna la jalousie. Puis tous les habitants de l'Olympe vinrent lui offrir chacun un présent qui la rendrait fatale aux hommes.
La terrible vengeance de Zeus était sur le point d'aboutir et prenait vie. Pour finir, Zeus lui adjoint une boîte mystérieuse qui contenait tous les maux de l'humanité : la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, le vice, la tromperie, la passion, l'orgueil, mais aussi l'espérance. Jusqu'ici, ces maux n'existaient pas. Les Hommes, grâce au feu sacré, pouvaient chasser, manger à leur faim et se réchauffer, ils menaient une existence simple et sereine. Pandore hocha la tête, elle avait compris. Le spectacle de sa vengeance pouvait commencer, il en avait décidé ainsi.
Lorsque Zeus vit sa création pour la première fois, il s'exclama :
– Tu es la première Femme mortelle créée, je t'appellerai Pandore, celle qui est le don de tous les Dieux. Voici une boîte, prends-la avec toi. Et ne t'en sépare pas.»
«Maman, elle est ou la boite maintenant ?»
«Je ne sais pas Henry, c'est une légende.»
«D'accord»
«Et il ajouta :
– Mais surtout, tu ne dois jamais l'ouvrir !
Prudent, Prométhée avait fait promettre à son frère de refuser tous les cadeaux venant de Zeus. "Ils ne peuvent qu'apporter un destin funeste", lui avait-il dit.
Mais quand Epiméthée vit Pandore et qu'Hermès lui offrit la main de la belle, il oublia sa promesse et accepta immédiatement. Pandore était si gracieuse ! Comment résister à la grâce et la beauté de la jeune femme ?
Epiméthée épousa Pandore. Leur bonheur récent était éclatant, ils rayonnaient de jeunesse et de beauté. La vie s'écoulait alors dans une paisible douceur, sans heurts. Les banquets succédaient aux danses, le mal n'existait pas. Souvent, Pandore observait sa boîte en se demandant ce qu'elle pouvait bien contenir. Elle se souvenait de ce que Zeus lui avait ordonné : ne jamais l'ouvrir, sous aucun prétexte. Mais tous les matins, elle se réveillait et le seul objet de son attention était la boîte. Tous les soirs, elle se couchait, et la dernière chose que ses yeux voyaient avant de se fermer était la boîte et ses secrets...
– Qu'y a-t-il dedans ? se demandait-elle avec de plus en plus d'insistance. Quels mystères peut-elle bien renfermer ?
Le Dieu Hermès avait donné à Pandore la curiosité et il devenait de plus en plus difficile pour la jeune femme d'y résister. Un jour où Epiméthée s'était absenté, Pandore, n'y tenant plus, céda à la curiosité et prit délicatement la boîte entre ses mains. Rongée par l'envie de savoir ce qu'elle contenait, Pandore souleva le couvercle. Malheureuse ! A peine le couvercle entrouvert que tous les maux de l'humanité s'en échappèrent aussitôt et s'abattirent sur les hommes !
La vengeance de Zeus éclata :
– C'en est fait ! Vous, les Hommes, allez devoir consacrer votre vie à lutter contre les maladies qui vous affaibliront, le dur labeur, l'hostilité, la souffrance, les guerres ennemies, le chagrin et jamais vous ne pourrez y échapper sans être rattrapés par la vieillesse et la mort.
Pandore, seule et désolée, se lamentait :
– Quel geste imprudent ai-je eu ! Ma curiosité a été plus forte que tout et désormais, à cause de moi, les hommes vont connaître les pires souffrances.
Mais à y regarder de plus près, Pandore vit qu'il restait, tout au fond de la boîte, l'espérance. Fragile, l'espérance n'avait pas eu le temps de s'échapper. Zeus ordonna à sa créature de refermer aussitôt la boîte. L'espérance resterait donc à jamais enfermée dans la boîte de Pandore, comme peut-être en chacun des cœurs humains, ultime remède à leurs maux.»
«Ça veut dire quoi la fin, maman ?»
«Ça veut dire que Pandore à libérer beaucoup de mauvaises choses. Mais que dans la boite il reste encore l'espoir. L'espoir de croire en des choses meilleurs et de se battre pour y arriver. Et que notre destin n'a jamais été dans cette boîte. Mais dans notre cœur.»
«Moi maman, mon espoir c'est de rendre heureux les gens.»
«Et c'est un beau rêve, mais tu y arrive déjà à la perfection.»
Le petit garçon se mit à bailler et enlaça sa maman.
«Je t'aime Henry.»
Et elle aussi rejoignit son fils dans les bras de Morphée.
McNally une fois de plus se tournait encore et encore dans son lit, avec son fiancé à ses côtés qui lui dormait paisiblement, ronflant et grinçant des dents.
«Cela suffit !»
Elle se leva tel une fusée, passa par la salle de bain en quatrième vitesse s'habilla et se dirigea vers la porte d'entrée.
Il devait être 3h du matin quand elle finit par arpenter les rues de New York. A cette heure, si tardive, les rues était plus calme qu'en journée, mais resté éveillé, on y reconnaissait l'effervescence des grandes villes.
Elle marcha sans but particulier. Appréciant simplement pouvoir respirer, s'aérer l'esprit et pouvoir penser librement. Car elle se sentait étouffé dans ce lit, auprès de cet homme.
Quel changement avait pris sa vie ?
Elle s'interrogea un très long moment sur les choix que nous faisons, les choix qui nous pousse à changer, ou à changer la direction de notre vie. Les aléas de la vie qui nous font nous rendre heureux ou malheureux, ce qui nous anime, ce qui nous enivre et nous motive chaque jour, malgré la dureté de la vie.
Quel est notre espoir ?
Que voulait-elle réellement ? Pourquoi était-elle revenue ici, dans cette ville ?
Elle aurait très bien pu rester dans ce petit village avec Steve. Quelques années plus tôt, elle enviait les femmes qui avait une petite vie bien tranquille. Avec un gentil mari vivant dans une petite banlieue, dans une jolie maison avec de très beaux enfants, une vie stable et correcte.
Donc pourquoi revenir dans cette ville et reprendre ce travail ?
Elle se poser plus de questions qu'elle ne trouvait de réponse, cela dit.
Elle finit par arriver devant la belle et grande maison où vivait le capitaine, qu'elle avait abandonné quelques années auparavant.
Devait-elle entrée ou devait-elle retourné chez elle et se mentir à elle-même pour continuer la petite vie qu'elle avait ?
Elle n'en savait rien, et dans le fond elle se détestait d'avoir fait souffrir Regina et de faire souffrir Steve actuellement.
Sans vraiment réfléchir et sans vraiment non plus regarder l'heure, elle écrivit un long message à la belle brune. Dans l'espoir de vider ses pensées, de pouvoir les partager d'une quelconque façon.
«Bonsoir,
Je ne sais pas par où commencer... Peut-être par la fin.
Je suis devant chez toi. Et je ne te demande pas de sortir, ni de répondre à ce message.
Je ne sais ce qui m'a conduit à cette adresse en plein milieu de la nuit. Mais il y a bien une chose, que j'essaie de retourner dans ma tête, depuis maintenant quelques heures, voir même en réalité depuis quelques semaines.
Quand nous nous sommes retrouvés au restaurant j'ai essayé de faire bonne figure et de te montrer que pas grand-chose ne m'atteignait. Je voulais un peu exposer mon bonheur alors qu'il n'y en a pas en réalité. Tu avais l'air si changer, si droite, si forte.
Je suppose que je suis jalouse, car tu as réussi beaucoup de choses que j'ai désiré moi-même, tant d'année.
Une belle demeure, un garçon magnifique et le job de tes rêves.
J'ai tellement désiré tout cela et en y regardant de plus près je n'ai absolument rien...
Je suppose que la vie est passé trop rapidement et que je n'y ai pas prêté l'attention que je devais.
Pour en revenir à toi, quand je t'ai connu tu étais l'opposé de la femme que tu es aujourd'hui. Et avec les années, les épreuves et surtout beaucoup de travail et de courage de ta part, tu es devenue une femme exceptionnelle. Et je t'envie beaucoup car tu es parti de rien.
Je me souviens au début de notre rencontre tu m'envier énormément par rapport à mes qualités. Je ne sais pas si maintenant ce sont toujours des qualités, mais je suis né avec et je n'ai jamais eu à travailler mon comportement et qui je suis au fond de moi-même. Donc je suppose que tout le mérite te revient.
Je sais que tu as eu dans ta vie passer énormément d'épreuves et je n'ai pas toujours été là pour toi.
Mais je n'oublie pas par où tu es passé, ni ce que tu m'as raconté, ni ce que j'ai pu voir. Et c'est probablement pour ça que je finis aujourd'hui devant ta porte.
Parce que peut-être que dans le fond tu n'es pas la femme que j'ai toujours voulu être, mais la femme que j'ai toujours voulu avoir à mes côtés.
Sans doute que ce long message n'a aucun sens parce que je l'écris tel que ça me vient en tête.
Mais j'espère du plus profond de mon cœur que tu prendras le temps de le lire et d'essayer de le comprendre.
Il n'y a pas de message caché. Il y a juste moi. Moi et mes pensées, moi et mes regrets, moi et ma solitude, et surtout moi qui pense à toi.
Je pense que je n'attends rien de toi, parce que ça serait honteux de ma part d'espérer quelque chose.
Mais tu connais l'espèce humaine... toujours à rêver d'amour et de fin heureuse.
Je pense à toi
Mac»
Elle hésita un long moment à lui envoyer, mais elle ne ressentait par le besoin de se relire. Car elle savait qu'elle trouverait autre chose à rajouter, ou à effacer. Il fallait garder ce message, car il était vrai. Aucune phrase reformuler, juste le besoin d'exprimer ce qu'elle avait en tête.
Elle se décida enfin par la force des choses à le lui envoyer, après être resté devant chez elle une bonne demi-heure.
Regina s'étend endormi dans la chambre de son fils, n'avait donc pas son téléphone à proximité. Elle comptait sur le réveil de son petit garçon pour la réveiller le lendemain matin. Mais bien trop souvent elle était réveillée avant, ses angoisses revenant régulièrement. Rare étaient les nuits complètes.
McNally décida de trainer dans les rues, jusqu'à ce que son compagnon parte travailler aux alentours de 7H30, pour rentrer chez elle. Essayer d'effacer cette nuit si dure à travers un maquillage bien travailler, camouflant ses cernes. Il était étape importante de passer par la case 'triple cafés', qui la ferait tenir, elle l'espérait jusqu'à midi, au moins.
Une fois tout cela fait, elle se rendit à son travail. Où l'attendait à la machine à café le substitut du procureur, Pete Kruger.
«Un petit café ?»
«Je veux bien oui, un quatrième de fera pas de mal.»
«Quatrième ? Nuit difficile.»
«Vous n'avez pas idée» Répondit-elle en levant les yeux au ciel.
«Voulez-vous me raconter ?»
«Oh vous savez, rien d'extraordinaire... Problème dans un couple. Vous devez connaitre ça vous aussi.»
«Non malheureusement non.»
«Sérieusement ?»
«Je n'ai jamais eu de relation aussi sérieuse à long terme.»
«Mais quel âge avez-vous ?»
«40 ans.»
«Oh je vois...»
«Je suis très peu patient en amour et je dois être très difficile, je pense»
«Dans un sens vous n'avez pas tort !»
«J'ai toujours vu mon entourage souffrir à cause de l'amour. Peut-être n'est-ce pas une si belle chose que cela.»
«Je pense le contraire. C'est peut-être parce que l'amour est si beau, qu'il est difficile à trouver. Comme quelque chose de précieux, voyez-vous ? Si trouver un trésor était si facile à trouver et sans complication, tout le monde serait riche.»
«Sans doute.»
«N'avez-vous personne en vue, tout de même ?»
«Je réfléchis plutôt à prendre un chien.»
«Oh voilà une bonne idée !»
«Je pense oui. Il faudrait que je prenne le temps de me renseigner sur les chenils, et les démarches. Que j'achète ce dont cet animal aura besoin»
«Vous me direz ce que vous avez choisi. J'adore les chiens.»
«Evidemment.»
«L'enquête avance ?»
«J'ai un rendez-vous, et puis je fil au poste juste après pour avoir les dernières nouvelles du Capitaine Mills.»
À l'entente de ce nom, elle tressailli sur place.
«Vous lui passerai le bonjour de ma part.» Reprit-elle.
«Sans faute. A plus tard» Et il s'éloigna du distributeur.
À quelques kilomètres de là, Regina se réveilla doucement, son fils collé contre son corps. À la magnifique musique de Disney 'Histoire Eternelle', chanson qu'avait choisi Henry depuis maintenant 5 mois pour son réveil.
«Mmmmh, chéri. De bout c'est l'heure.» Dit-elle en ouvrant légèrement les yeux pour voir son petit garçon, elle déposa un tendre baiser sur son front.
«Bonjour maman. Tu as bien dormi ?»
«Très bien et toi ?»
«Oui, j'aime beaucoup me réveiller avec toi. Au moins je suis rassuré.»
«Rassurer de quoi Chéri ?»
«Que tout va bien pour toi»
«Tout va bien, ne t'inquiète pas.»
Henry montrait une fois de plus qu'il était très protecteur et très attaché à sa maman.
«Je vais préparer le petit-déjeuner. Pancake ?»
«Oui !» Dit-il en bondissant de son lit.
«Bon je vois que tu es de bonne humeur !»
«Oui, je vois Amalia aujourd'hui et ensuite c'est les vacances !»
«Exact. Je te laisse t'habiller pendant que je prépare tout cela.»
«Oui maman.»
Elle prépara la pâte à crêpe, tout en allumant sa radio pour avoir un fond de musique. C'est peut-être la seule chose qui arrivait à la détendre. Tout était réuni pour qu'elle se sente bien.
L'odeur de la machine à café qui filtrait son café, une musique de Bonnie Tyler en fond, et préparer un copieux petit-déjeuner pour son fils qui était de très bonne humeur.
Regina lui prépara une très belle assiette de trois pancakes, avec un accompagnement différent sur chacun d'eux. Elle connaissait les goûts de son fils par cœur.
C'était sirop d'érable, chocolat fondu et confiture de fraise. Et tout cela accompagner d'un jus d'orange.
Une fois prêt, il arriva dans la cuisine, pour se glisser à table et attaquer son petit déjeuner.
Tandis qu'elle attrapa sa tasse de café, son téléphone sonna. Dans la précipitation elle déposa sa tasse et fila jusqu'au bruit qu'elle essayer de repérer dans la maison.
Elle finit par le trouver dans le salon, sur la table basse à côté de son sac à main.
«Capitaine Mills !»
«Bonjour Capitaine. C'est Pete Kruger»
«Bonjour»
«Je vous dérange ?»
«Du tout, non.»
«Juste pour vous dire que j'ai un rendez-vous qui s'est ajouter. Je passerai en milieu de matinée»
«Aucun problème. Je serais là.»
«A tout à l'heure.»
Puis elle raccrocha sur les dernières paroles du substitut du procureur.
Elle rapporta son téléphone dans la cuisine pour le mettre à charger, le temps qu'elle finisse son café et qu'elle se prépare.
La belle brune, prit le temps de regarder les notifications qu'elle avait reçu durant la nuit.
Quelques mails publicitaires, qu'elle mit à la corbeille très rapidement.
Puis après avoir consulter quelques autres mails plus intéressants, elle se dirigea vers l'onglet de messagerie.
Elle vit le nom de McNally s'affichait sur son écran, mais ne l'ouvrit pas immédiatement remarquant juste au-dessus un message de Nolan.
Elle l'ouvrit.
«Bonjour,
J'espère ne réveiller personne.
Je sais que Henry part bientôt et je me demandais dans quel contexte il partait ?
Si c'est du camping, ou de la rando j'ai pas mal de matériels si besoin.
Alors n'hésitez pas.»
Elle prit le temps de lui répondre.
«Bonjour David.
Merci beaucoup pour ton message. Henry part lundi en car, pour Augusta dans le Maine, à 56 miles de Portland. Ils seront dans un camp pour enfants, ils seront aussi entourés de lac, donc programme : Rando, repos en forêt et jeu. Je crois qu'ils vont aussi faire des sessions de pêche. Je ne mis connais pas trop, je regarderais la liste de chose à avoir et nous verrons ensemble, si tu as ce dont nous avons besoin.
Merci encore»
Puis elle ouvrit le deuxième SMS, et prit le temps de le lire, de comprendre chaque mot et surtout d'imaginer McNally écrivant ce message. Cela était bizarre pour elle, dans ce texte elle pouvait ressentir la tristesse, le regret et le pardon, trois sentiments qu'elle ne connaissait que très peu chez Mac.
Elle hésita un long moment à lui répondre, le regard perdu.
«Maman ça va pas ?»
«Oh si chaton... Je»
«Tu pleures maman ?»
«Je ne sais pas...»
Le petit Henry sauta de sa chaise et parti enlacer sa maman, car il sentait qu'elle avait besoin de réconfort. Sachant que les bras de sa mère étaient toujours la solution, il pensa que les siens fonctionneraient aussi.
«Je t'aime maman.»
«Je t'aime aussi mon ange.»
«Pourquoi tu es triste ?»
«Oh c'est une longue histoire.»
«Explique-moi.»
«Tu sais, c'était il y a très longtemps. Mais quand tu étais tout bébé et que je t'ai trouvé, j'étais inspecteur à cette époque. Nous avons mené une enquête pour retrouver ta maman et je travaillais avec quelqu'un du tribunal et...»
«C'est quoi un tribunal maman ?»
«Je t'en avais déjà un peu parlé. C'est un palais où l'on rend la justice, c'est là où les méchants passent devant le juge.»
«Ah oui. Continue, pardon.»
«Et je mettais beaucoup attacher à cette personne. Parce que j'étais souvent triste et seule à cette époque.»
«Je connais cette personne ?»
«Quand tu étais bébé tu l'as déjà vu. Mais elle est partie pendant très longtemps. Et là elle vient de revenir dans cette ville. Alors que je n'avais pas de nouvelle d'elle pendant tout ce temps.»
«Oh c'est pas gentil ça !»
«Non ce n'est pas gentil, c'est vrai et ça m'a fait du mal.»
«Je suis là maman si tu veux pleurer. Tu me dis toujours de pas me retenir si je suis triste.»
«Oh chérie, ça va aller. J'étais très triste à l'époque, mais tu étais là. Et quand tu me regardais avec tes grands yeux, et que tu me souriais. Je me sentais tout de suite mieux.»
Il ne répondit rien et embrassa sa maman.
«Allez, on va être en retard. File chercher ton sac et vérifier tes devoirs. Je vais m'habiller.»
«Maman, c'est qui cette personne.»
«Elle s'appelle McNally, et c'était une amie.»
«McNally, c'est rigolo comme prénom.»
«Oui c'est vrai, mais je trouvais ça très original à l'époque. C'est surtout un nom de famille très répandu en Irlande.»
«Ils sont bizarres ses parents.»
«C'est vrai» Lui répondait-elle amusé.
Le petit garçon alla chercher son sac à dos et à toute vitesse il se précipita vers la chambre de sa mère en criant qu'il était prêt.
Il s'assit devant la porte fermée de la chambre.
«Et elle t'a écrit quoi McNally ?»
En entendant la voix de son garçon, elle rigola. Il était vraiment trop curieux, se dit-elle.
Elle entrouvrit la porte et y passa la tête.
«Pourquoi ça t'intéresse Henry ?»
«J'ai envie de la connaitre moi.»
«Et pourquoi cela ? Je dois m'habiller.»
«Vas-y. Je t'attends.»
Elle rigola intérieurement de l'intérêt pousser de son garçon.
«Et pourquoi elle est partie ?» Dit-il un ton plus fort pour que sa mère puisse l'entendre à travers la porte.
«A cause de son travail. Elle était en danger ici.»
«Donc c'est pas de sa faute maman.»
«Oui peut-être»
«Et tu es fâché contre elle ?»
«Oui»
«Mais c'est pas bien maman.»
«Henry...» Elle ouvrit la porte une fois habillé. Elle s'approcha de son petit garçon et s'agenouilla devant lui «Ce n'est pas si simple. J'ai été en colère qu'elle parte. Mais je lui reproche aussi d'autre chose.»
«Et c'est quoi les autres choses ?»
«Des choses d'adultes difficiles et vraiment pas amusantes pour toi»
«Tu m'en parlera plus tard ?»
«Peut-être oui.»
«Mais je peux dire un truc moi ?»
«Un truc ? Oui»
«Tu devrais pas lui faire la tête, c'est pas de sa faute. Elle avait peut-être peur si elle était en danger.»
«Où as-tu trouvé toute cette sagesse et cette maturité mon garçon.»
«C'est toi maman.»
«C'est bizarre parce que je n'en trouve pas assez pour moi.» Elle enlaça son garçon.
Elle se releva et se dirigea vers sa salle de bain.
«Je me maquille et on y va.»
«Maman, c'est Lucy qui va venir me chercher ?»
«Oui, je n'aurais pas fini à 16h.»
«Tu vas rentrer tard ?» Demanda-t-il triste.
«Je vais essayer de ne pas rentrer trop tard.»
Puis il resta silencieux, observant sa maman qu'il trouvait déjà magnifique sans maquillage, mettre son mascara. Et surtout son rouge à lèvre bordeaux.
«J'aime beaucoup cette couleur maman.»
«Tu me le dis à chaque fois chaton.»
«Parce qu'il me plait beaucoup.»
