Toujours au tribunal, Pete Kruger toqua à la porte de McNally.

«Nous allons déjeuner ?»

«Tu as fini avec le Capitaine Mills ?»

«Oui, elle vient de partir.»

«Mince ! Je vous rejoins dehors dans cinq minutes.»

Le substitut laissa sa consœur seule, et se dirigea vers le parvis du tribunal.

McNally se jeta sur son téléphone et composa le numéro du capitaine dans la seconde.

Regina qui était en voiture avec Emma reçu l'appel, mais le déclina une première fois, puis une seconde fois.

La jeune femme au volant, curieuse de savoir regarda le téléphone pour y voir 'Mac' s'afficher sur l'écran.

«Vous ne décrochez pas ?»

«Non, je n'en ai pas envie.»

«D'accord. Où voulez-vous manger ?»

«Tourner juste ici, puis ce sera sur le trottoir suivant.»

Elles arrivèrent à la hauteur d'un petit restaurant Italien que le capitaine côtoyait souvent.

«Bonjour. Comme d'habitude la table dans le fond ?» Répondit un homme qui maintenait la porte pour laisser les deux femmes entrer.

«Oui merci, Paolo. Mais ce sera deux couverts aujourd'hui. »

«Quelle bonne surprise Bella ! Bienvenue Signorina.» Reprit-il en regardant Emma.

Puis une fois installé, il présenta les menus aux femmes installées sur une petite table ronde.

«Sono felice di vederti accompagnare Bella.»

«N'en faite pas un événement non plus. Ma sii gentile, come al solito.»

«Si.» Puis disparu laissant ainsi les femmes seules.

«Je suis surprise de vous voir parler italien.»

«Pourquoi donc ?»

«J'aime beaucoup. C'est une langue magnifique, très sensuel je trouve.»

«Il paraît oui.» Répondit Regina amusait.

«Que vous êtes-vous dis ?»

«Vous êtes bien trop curieuse. Choisissez quelque chose à manger.»

«Je n'ai pas un grand appétit. Puis je n'ai pas faim.»

«Faites-moi plaisir. Vous allez voir, c'est succulent.»

Après une quinzaine de minutes, les deux femmes attaquèrent leurs plats.

Un risotto pour Emma, et des Pennes pour Regina, qui demanda un verre de vin pour accompagner tout cela. Tandis que Emma se cantonna à un verre d'eau.

Le repas fut calme, et les sujets de conversation ne manquaient pas. Elles parlèrent d'Henry durant une grande partie. Regina amena par la suite la proposition de Pete Kruger, d'aller boire un verre le soir même pour fêter la fin de l'enquête ainsi que le départs des deux inspecteurs.

Elle accepta volontiers, et se proposa d'en parler à Tomy et Benjamin.

Après ce déjeuner Regina et Emma retournèrent au poste de police de Manhattan.

La jeune femme descendit dans ses bureaux après avoir remercié Regina pour le déjeuner.

Regina mis au courant son équipe de l'invitation de Pete Kruger. Ruby et Nolan acceptèrent ravi de cette demande. Graham hésita mais fini par accepter lui aussi.

Cela représentait pour lui aussi une façon de remercier tout le monde. Cela serait son dernier verre entre collègues.

«Et toi John tu veux venir ?» Proposa Nolan à son collègue.

«Avec ma femme ?»

«Oui bien sûr, si elle veut venir.»

«Je lui en parlerai en rentrant.»

Emma vit avec ses collègues de Philadelphie. Ils étaient heureux de fêter la fin de cette enquête, ils ne purent qu'accepter. Ils informèrent par la suite le capitaine de la criminelle, qu'ils reprendraient la route du retour, dès le lendemain matin.

Regina était installée à son bureau, son téléphone en main. Elle regardait minutieusement le site, que lui avait indiqué l'animateur de la colonie dans laquelle Henry c'était rendu.

Elle espérait voir une photo de son fils en train de s'amuser, et après avoir passé de longue minutes sur internet elle put en trouver une.

Son cher petit garçon était assis sur un rocher, un sandwich à la main, à ses côtés son ami Max.

Ils avaient l'air heureux, il n'en fallut pas plus à Regina pour retrouver le sourire.

Machinalement, elle sortit de son sac, son portefeuille où se trouvait une photo de son fils et un dessin. Elle passa le doigt sur le sourire de Henry.

Nolan l'a rejoint à ce moment-là.

«Tout va bien ?»

«Oui. Une maman seule. Voilà tout.» Finit-elle par dire en rangeant son portefeuille.

«Et avec Mac ?»

«Et bien on y travail.»

«On y travail ? Dois-je te rappeler que l'amour ne se travail pas, il se vit, il s'apprécie et puis c'est tout...»

«Disons que les choses sont compliquées.»

«Elles le sont trop souvent... C'est dommage.»

«Sûrement oui...»

«Tu as pris rendez-vous ?»

«Oui.» Dit-elle le regard diriger vers une note poser sur son bureau.

«Quand ?»

«D'ici 1h30, je serais dans le bureau du .» Répondit-elle en regardant sa montre.

«Bien. Tu veux que je t'accompagne ?»

«Non. Mais c'est gentil de ta part de proposer. Je ferais l'aller-retour seule.»

«Comme tu veux. Mais n'oublie pas. Un petit coup de téléphone et je passe te chercher quand tu veux et où tu veux.»

«Merci Nolan.»

Emma qui s'était enfermer dans son bureau après le déjeuner, avait passer une grande partie de l'après-midi dans ses dossiers administratifs, tout en aidant son collègue. Si elle avait la réelle intention de rester, il lui fallait se montrer indispensable dans ce service.

Durant l'après-midi, Ruby descendit dans les sous-sols pour prendre des nouvelles de son amie. Elle l'avait à peine aperçu durant la journée. Et voulait savoir si une mutation était possible. Si elle en avait parler au capitaine.

«Emma ? Comment tu vas ? Tu à l'air malade. »

«Juste un peu de fatigue, rien de grave. » Emma se garda bien, d'évoquer ses fouilles dans le dossier d'enquête du capitaine, et ses insomnies naissantes.

«As-tu pu parler au capitaine concernant ta mutation ? Je ne t'ai pas vu de la journée ! »

«J'ai essayé ce matin de lui en parler après la réunion. Elle ne pense pas que c'est une bonne idée. Je l'ai accompagné ensuite au tribunal. »

«J'ai comme la nette impression que tu me cache des choses. Je me trompe ? »

Emma invita son amie à s'asseoir dans son bureau. Elle ferma la porte, et s'installa.

«Oui il faut qu'on parle, il faut que tu m'aides.»

«Rien de grave ? Ne me dis pas que tu caches une femme en prison et que tu as besoin que je te la sorte de là, hein ?»

«Ruby soit sérieuse, s'il te plait !» Supplia la jeune femme, comprenant qu'Ruby avait seulement l'envie de la faire sourire.

«D'accord. C'est sérieux. Je t'écoute ?»

«Je ne vais pas rentrer dans les détails, même si je sais que tu vas vouloir en savoir plus mais...»

«Je veux tout savoir et maintenant !» Répondit-elle amusé.

«Et bien, comme tu sais... Je... J'ai tenté d'avouer mes sentiments au capitaine, et lui au aussi suggérer de me garder ici. »

«Ce serait génial, tu vas me manquer si tu pars d'ici ! Avec qui je pourrais parler et me disputer ?» Dit-elle avec beaucoup de compassion dans le regard.

«Ruby... Je ne sais pas encore. Mais tu me manquerais aussi beaucoup... » Elle prit une grande inspiration, avant de reprendre dans un souffle «Avec Regina nous nous sommes embrassées.»

«Quoi ? Et c'est que maintenant que tu me le dis ! Je veux du détails. Du détails !» Cria-t-elle à moitié. Surprise de la nouvelle qu'elle venait d'entendre.

«Tu es bien trop curieuse ! Tu n'en auras pas. En revanche, tu auras la suite de l'histoire. Nous avons discuté et au cours de cette conversation j'ai appris qu'elle sortait en ce moment même avec quelqu'un.»

«Mais non ? Qui ça ?»

«Et bien accroche toi bien. C'est avec la substitut McNally. Mais je t'en prie de répète rien de ce que je te raconte.»

«Pardon !? Dis-moi que tu me fais marcher ! Je rêve, Mills est lesbienne !»

«Plutôt bi.» Emma garda pour elle, le fait que leur capitaine soit sortie avec un autre inspecteur. Graham.

«Oui peu importe. Tu as une chance alors ! Non, mais attends, c'est peut-être pour ça, qu'elle a été gentille avec moi quand j'ai voulu l'embrasser !»

«Sans doute, mais évite de me rappeler ce détails.»

«Bon continue, ton récit.»

«Dernière information à te donner. Ce matin, j'ai accompagné Regina au tribunal et en l'attendant, j'ai entendu une conversation avec cette fameuse McNally et tiens le coup... Avec son fiancé !»

«... Pardon !» Dit-elle abasourdi. Elle s'avachie sur son canapé.

«Oui tu m'as bien entendu...»

«Oh non, je suis si désolé de la situation. Et comment va le capitaine ?»

«Et bien je ne lui ai pas dit. Quand j'ai entendu cette conversation, je suis rentré dans le bureau de cette folle allié. Et lui est laisser jusqu'à demain pour s'expliquer. Mais j'espère tellement ne pas avoir à le faire moi-même.»

«C'est gentil de ta part. Mais la situation est délicate. Ce n'est pas à toi de dire quoi que ce soit. Tu aurais le mauvais rôle. Elle connait la situation du capitaine, et elle ose faire ça. Qu'elle idiote.»

Après quelques minutes supplémentaires à discuter de la situation. Ruby repartit dans ses bureaux, pour terminer un rapport, concernant le suivi des archives.

Pendant ce temps Regina était assise seule dans la salle d'attente de son thérapeute, légèrement anxieuse. Elle triturait le bord de sa veste, ce que remarqua directement son psychiatre en sortant.

«Bonjour Capitaine. Ravi de vous revoir.»

«Bonjour Docteur.» Dit-elle en se levant et en lui tendant la main.

«Comment allez-vous ?»

«Et bien, si je suis ici... Vous avez la moitié de la réponse.»

«Je vois. Entrez dans le bureau nous allons en discuter.»

Elle s'installa sur un des fauteuils présent dans le bureau, qu'elle ne connaissait que trop bien. À son grand désarroi.

«Je ne sais pas pourquoi je suis là. Je...»

«Regina, racontez-moi. Comment va votre petit garçon ? Henry, c'est ça ?» Le médecin, voyant sa patiente angoissée. Pris la décision, comme beaucoup de fois. De commencer l'entretien sur une note positive, permettant ainsi à Regina de se détendre.

La confronté à ses angoisses dès maintenant, ne servait à rien.

«Il va bien, il est en colonie en ce moment.»

«Et vous le vivez comment ?»

«Mal... Très mal. Depuis qu'Henry est dans ma vie, je ressens ce qu'est l'amour, ce qu'est le bonheur. Et vous savez mieux que personne, que j'ai rêvé de ça durant toute ma vie. Et le fait qu'il s'éloigne de moi, me pousse à me projeter et à me dire qu'il partira un jour lui aussi. Ce qui est normal évidemment. Mais pour le moment, je ne suis pas à même de le supporter. Mais ne vous inquiétez pas, je ne l'étouffe pas et ne le ferait jamais. Je ne veux que son bonheur.»

«Je comprends. Vous anticipez beaucoup trop. Ce n'est encore qu'un enfant. Et quand il grandira, il quittera effectivement le nid familial. Mais il ne vous abandonnera pas. Ce sont deux choses différentes.»

«C'est exact. Et je le sais. Mais...» Elle ne termina pas sa phrase, qui finit ainsi. Laissant un silence s'installer.

«Combien de temps par Henry ?»

«C'est bien ça le pire. Une seule et unique semaine seulement. Qui pour moi , me paraisse une éternité.»

«Il va vivre une nouvelle expérience. Et vous aussi. Ce n'est pas à vous que je dois l'expliquer. Que les expériences sont essentielles pour l'apprentissage. Mais profitez de ce temps pour vous faire plaisir. Faire des choses dont vous vous privez d'ordinaire. Je sais que le rôle de maman est important pour vous. Mais je suis sûr qu'il y a des choses dont vous pouvez profiter sans Henry. Une sortie entre amie, une virée, un verre d'alcool en terrasse par exemple.»

«C'est ce que le sergent Nolan m'a conseillé. Mais pour cela il faut connaitre du monde.»

«Et les amours Regina ?»

«Je vous assure, il n'y a rien de très enthousiasmant. Je suppose que vous n'avez pas de patient aussi perturber et seul que moi. N'est-ce pas ?»

«Je ne vous compare pas aux autres. J'estime que chacun est différent, et je suis heureux que vous ayez pris rendez-vous. Cela veut dire que vous commencez à vous écouter. À savoir ce dont vous avez besoin. Et je suis honoré que vous ayez pris le temps de venir. Je connais votre opinion concernant la thérapie.»

«Soit. Nous apprenons quotidiennement. Mais je suis soutenu par mon sergent.»

«Cela faisait plus d'un an presque que je ne vous ai pas vu. Alors je devrais remercier le sergent Nolan, moi-même.»

«Et bien ma vie n'a pas réellement changé...»

«Expliquez-vous Regina. J'ai souvenir qu'à nos dernières séances, nous parlions de l'acceptation de soi et de la prise de confiance. Où en êtes-vous ?»

«Et bien pour résumer tout cela assez rapidement. Une fois que nous avons arrêtez de nous voir j'ai arrêté progressivement mon traitement comme vous me l'aviez conseillé. Je n'ai conservé que le traitement que l'on m'avait fourni à la clinique pour les périodes de crises sévères, disons.»

«Et les douleurs ?»

«Et bien cela va mieux, en tout cas physiquement. Rien d'insurmontable.»

«L'acceptation de soi ?»

«Voilà ou est mon gros problème. Disons que je ne manque pas de confiance en ce qui concerne mon travail, mes connaissances. En ce qui concerne mon corps en revanche je suis beaucoup plus à la ramasse.»

«C'est-à-dire ?»

«Durant cette année, je suis sortie avec un homme.»

«Félicitation. Je suis heureux de l'apprendre.»

«Ne le soyez pas... Je vous assure !»

«Cela vous a-t-il redonner confiance en vous, quand vous étiez avec lui ?»

«Je ne pourrais pas dire que cela à empirer la situation. Mais je ne suis pas ressortie de cette liaison avec une meilleure estime de moi. Au contraire. Le stress qu'à engendrer cette relation me met actuellement dans une position bien délicate.»

«Continuez.»

«L'homme avec qui je suis sortie était jeune, beaucoup plus jeune que moi. Et au lieu de m'ouvrir cela m'a renfermé, je pense. Outre les cicatrices et les douleurs, la vieillesse a elle aussi prit place sur mon corps. Ce qui n'aide absolument pas pour reprendre confiance en soi. Je vous l'avoue.»

Le docteur pouvait lire la tristesse et le mal-être sur le visage de Regina. Il avait essayé durant des années de travailler avec cette patiente sur ce point. Mais rien n'était en mesure d'aider le capitaine à ce sujet.

«Robert Johnson disait « Nous avons trop coutume de nous juger pendant nos moments d'abattement et de dépression »... Et bien je n'ai jamais autant compris cette citation que maintenant. En vous observant. Je ne vous juge pas Regina. Au contraire, vous savez que je vous apprécie et que je me soucis de vous. Mais si ce n'est, ni vous, ni moi qui apportons cette aide à votre vision, j'espère que vous accorderez un peu de votre cœur à quelqu'un qui sera en mesure de vous faire prendre conscience de la beauté humaine.»

«Je ne suis plus avec ce jeune homme... Mais je suis avec quelqu'un d'autre.»

«Qui vous apprécie pour ce que vous êtes ?»

«Pour ce que j'étais. Je suppose.»

«Ce n'est pas une bonne réponse. Et vous le savez.»

«Effectivement je le sais. Je pense que j'essaie de renouer quelque chose avec elle, parce qu'elle m'a connu jeune. Avant tout cela. Je dois être moi aussi très attaché au passé visiblement.»

«Elle ?»

«Oui. C'est une femme.»

«Et pourquoi vous dites que vous vous accrochez au passé ?»

Le capitaine fut rassuré que le médecin ne s'éternise pas sur son orientation sexuelle, même si elle le savait ouvert. Elle ne voulait pas considérer cela comme un problème, ni en parler davantage avec lui.

«C'est une personne de mon passé. D'une époque qui peut me manquer par moment. Une époque où les problèmes étaient bien minimes, comparé à ce que j'ai vécu par la suite.

Elle est revenue de nulle part il y a quelques semaines, après des années d'absence. Je crois que la rancœur que j'ai eue pour elle durant des années, a disparu une fois que j'ai posé les yeux sur elle dans ce restaurant.

Mais je me rends compte qu'aujourd'hui ce n'est pas possible. Que nous avons changez, que la vie nous à changer.»

«Vous avez raison. On ne créer pas un avenir sur un passée abîmé.»

«Je le sais très bien. Mais je pense que sa vision de moi, et ce qu'elle ressent pour moi n'a pas changer. Ni son désir envers moi. Et je suppose que c'est ce qui m'a poussé à retourner vers elle. Je n'avais pas d'effort à fournir. Vous comprenez ?»

«Ouvrez-vous aux autres, Regina. Je suis sûr que là, quelqu'un dehors est prêt à vous aimer pour ce que vous êtes. Sans concession, sans restriction, sans règlement. L'amour n'a pas de frontière. Le corps change, pas seulement le vôtre. Chaque personne verra dans sa vie son corps changer à de multiple reprise. Et c'est pour cela qu'on ne devrait pas aimer qu'un corps. Parce qu'il ne représente pas qui l'on est.

Cette fameuse personne devrait être là pour penser votre blessure, vos cicatrices. Les chérir autant que vous. Je suppose que grâce à votre métier, vous savez qu'énormément de personnes ont des cicatrices, autant physique que psychologique. Et pourtant vous croyez en eux, vous êtes toujours présent pour eux, à les aider. Elles ne vous repoussent pas, cela devrait être pareil avec vous. Ce qui est valable pour les autres, les aussi pour vous.»

Le capitaine de la criminelle de Manhattan était touché par ce que disait son psychiatre.

Ils se connaissaient maintenant depuis des années. Elle avait été obliger durant chaque épreuves ou enquêtes difficile de se tourner vers lui.

«Je comprends. Mais mettre tout cela en application est plutôt difficile, pour moi. Vous le savez, c'est toujours plus facile à dire, qu'à faire.»

«Je le sais, mais rien n'est impossible pour vous Regina. Vous nous l'avez prouvé tant de fois. J'en suis convaincu, il ne faut pas arrêter d'y croire. Il ne faut pas arrêter de se battre.»

«J'essaierai.»

«Vous y arriverais. Ne baissez pas les bras.»

«Nous verrons avec le temps»

«Parlez-moi de votre travail. Comment cela se passe-t-il ?»

«Et bien, je ne m'ennuie pas. C'est très prenant, j'essaie de partager mon temps entre Henry et le travail.»

«Et vous ?»

«Moi ?»

«Prenez-vous du temps pour vous ? Arrivez-vous à trouver des occupations qui vous apaise ?»

«Et bien excepté la cuisine, je n'ai pas énormément de passe-temps.»

«Vous devriez en prendre. Profitez de l'absence d'Henry, comme je vous le disais tout à l'heure. Vous ne jouez plus de piano je suppose ?»

«Non. Nous étions sur une affaire importante ses derniers temps. Peut-être que je prendrais le temps cette semaine.»

«Vous voulez en parler, de cette affaire ?»

«Je suppose qu'à travers les médias vous avez pu suivre notre enquête, qui portait sur un tueur en série, qui démembré les femmes.»

«Tamaris ? Effectivement j'ai pu suivre l'actualité.»

«Oui. Nous avons travaillé en collaboration avec l'état voisin. Cela a été une grosse affaire pour nos deux juridictions.»

«Comment s'est passer votre collaboration ?»

«Bien mieux que ce que j'ai connu. Les inspecteurs repartent demain chez eux. Excepté le médecin légiste, Emma. Qui va rester quelques jours encore parmi nous.» Regina se surpris de donner cette information. Qui n'avait finalement pas grande importance au sein de la conversation, avec son thérapeute de longue date.

«Emma ?»

«Oui ?»

«Regina, excusez-moi. Mais vous ne me préciser jamais les prénoms des personnes de votre entourage, excepter Henry. Et le sergent Nolan que je connais fort bien aussi. Donc puis-je supposer que vous apprécier cette fameuse Emma ?»

«Non...» Dit-elle désespérer. Elle se leva et fit quelques pas dans le bureau.

«Quelques choses vous tourmente ?»

«Non. Enfin si.»

«Expliquez-vous»

«Emma est une jeune médecin adorable, mais qui ne comprend pas grand-chose de la situation.»

«Quelle situation ? La vôtre ? Vous lui avez expliquer ?»

«Non, évidemment que non.» Répondu le capitaine en baissant le regard.

«S'intéresse-t-elle à vous ?»

«Je ne sais pas. Je pense qu'elle idolâtre beaucoup ce qu'elle pense savoir de moi.»

«Vous dites qu'elle ne comprend pas, cela veut dire qu'elle s'interroge, et que par conséquent elle s'intéresse à vous. Mais vous connaissant, vous ne la laisser pas vous approcher, ni comprendre quoi que ce soit. Me tromperai-je ?»

«Mais pourquoi le ferais-je ? Pourquoi devrais-je lui raconter ce qu'elle n'a pas à savoir ?»

«Elle pourrait devenir votre amie, votre confidente, quelqu'un qui pourrait faire un morceau de chemin à vos côtés. Nous avons parlé tout à l'heure du fais de s'ouvrir aux autres.»

«Elle me questionne beaucoup. C'est une personne agréable, par moment. Mais je la trouve indélicate, je vous avouerai.»

«Donnez-moi des exemples.»

«Je suis sujette à de nombreuses questions de sa part touchant à mon passée, qui je suis. Des reproches aussi. Elle possède un sans-gêne incomparable. Elle a eu le culot, un soir de débarquer chez moi. Sous prétexte que je n'avais pas répondu à un message. Mais elle était ivre, et a fini par dormir dans ma chambre d'ami.»

«Regina, vous êtes aveugle. Si ça, ce n'est pas de l'attention.»

«Pardon ?»

«Sans la connaitre et à travers ce que vous me racontez, elle a l'air de beaucoup vous appréciez. De beaucoup s'intéresser à vous.»

«Je le sais. Nous nous sommes embrassées.»

«Vraiment ! Vous auriez dû commencer par ça. Qu'avez-vous ressenti ?» Le médecin fut agréablement surpris des aveux de sa patiente, même s'il ne l'exprimait pas.

Il prit quelques notes.

En des années de rendez-vous et de thérapies, il ne lui avait connu que très peu, voir quasi aucun amant. Savoir que le capitaine avait en l'espace de quelques mois connu différents amants, était pour lui une avancée dont elle ne se rendait pas encore compte.

La belle brune, se ravisa et se réinstalla sur le canapé en face du docteur.

«C'était un baiser tendre. J'ai ressenti une telle plénitude. Un ressenti que je n'avais pas eu depuis un bon bout de temps.»

Elle apporta une main sur ses lèvres, sentant encore la douceur de se baiser. Elle était comme ailleurs, elle ne faisait plus attention à l'homme en face d'elle. Seulement elle et son souvenir.

«Qu'allez-vous faire ?» Dit-il, la sortant ainsi de ses pensées.

«Rien. Absolument rien. Je lui ai dit qu'elle devait se raviser et trouver quelqu'un qui serait en mesure de lui apporter le bonheur qu'elle mérite.»

«Pourquoi cela ?»

«C'est ce que je pense. Nous ne sommes pas faites pour être ensemble, voyons.»

«Quand savez-vous ?»

«Nous sommes différentes. Elle est encore jeune, elle a une vie à mener. Et je n'ai pas envie de retomber dans un nouvel amour qui pourrait me détruire.»

«Pourtant vous avez envie de relancer un amour que vous savez désuète, parce qu'appartenant au passée. Mais tous les amours ne sont pas faits pour échouer, vous savez. Si vous persistez vous y arriverez, regardez Henry, votre travail. Vous y arriverez comme toujours Regina. Vous êtes une battante, et bien plus forte que vous ne pensez.»

«Que devrais-je faire ?»

«Que voulez-vous ?»

«Quelqu'un qui puisse m'aimer, me respecter. Et surtout accepter Henry.»

«Et pourquoi ne pas délaisser la femme de votre passer, pour faire entrer Emma à la place ? Que ressentais vous pour elle ?»

«J'essaie justement de ne pas y penser. De rationaliser.»

«Qu'est-ce qui vous fait peur avec cette femme ? C'est la différence d'âge qui vous embête ?»

«Oui. Entre autres.»

«Mais l'amour n'a pas d'âge, elle n'a pas de sexe, pas de couleur.»

«Je suis d'accord avec ça. Là n'est pas le problème. Mais je ne voudrais pas qu'elle passe à côté de sa vie par amour pour moi. Sans doute voudra-t-elle se marier, avoir des enfants, faire des voyages, je ne sais pas... Des choses que je ne pourrais pas lui offrir.»

«Y-a-t-il autre chose ?»

«Evidemment. Et vous le savez. Le problème est beaucoup trop souvent le même. C'est une femme magnifique. Je me sentirais laide à ses côtés, et je serais dans la peur de me découvrir devant elle. Ce n'est pas une vie. Autant pour elle que pour moi.»

«Mais il ne faudrait pas passer à côté du bonheur que vous pourriez vous offrir mutuellement. J'ai compris que cette fameuse Emma devait s'en allait, c'est bien ça ?»

«C'est exact. D'ici quelques jours.»

«Pourquoi ne pas lui parler de ce que vous ressentez avant son départ ?»

«Je n'oserai pas. Et je ne serais quoi dire.»

«Que ressentez-vous pour elle ?»

«Je vous l'ai dit. Je n'y réfléchi pas.» Répondit-elle sèchement. Sentant le sujet sensible.

«C'est étrange de votre part. Vous qui avez l'habitude de tout analyser, tout programmer. Essayer maintenant de penser à voix haute. Essayez.»

«Je vous mentirais, si je vous disais que je suis indifférente à ses charmes. Elle est pétillante, et magnifique. Son regard est doux vis-à-vis de moi, il est toujours profond et confiant.»

«Vous vous sentez comment en sa compagnie ?»

«C'est une question difficile. Cela dépend des moments.»

«Citez-m'en quelqu'un. Racontez-moi, le meilleur et le pire moment par exemple.»

«Je vais commencer par le pire. C'était durant la nuit de son ivresse. Quand en pleine nuit, elle a débarqué soudainement dans ma chambre. Elle a voulu dans un premier temps s'excuser de cette gêne, de son comportement. Et a voulu revenir sur un malaise qu'il y avait eu plus tôt dans la journée entre nous. Elle a alors tenté de me rassurer, j'ai souvenir des mots gentils qu'elle m'ait dit. A certain moment, je les trouvais même sincère.»

«C'est sans doute, qu'elle était sincère.»

«Je n'en sais rien.»

«Pourquoi est-ce le pire moment ?»

«Parce que je me sentais vulnérable. J'étais dans ma chambre, dans ma maison, en pyjama. Face à une femme que j'avais du mal à cerner. C'est d'ailleurs toujours le cas.»

«Je comprends. Et qu'elle est le meilleur moment ?»

«Quand ses lèvres ont touché les miennes, sans aucun doute.»

«Comment pouvez-vous lui faire croire, qu'elle ne vous attire pas. Et de l'éloigner de vous, si ce n'est pas ce que vous voulez.»

«C'est pour son bien. Elle mérite mieux.»

«Elle mérite ce dont elle a envie. Et visiblement c'est de vous dont elle a besoin.»

«Je n'ai pas envie qu'elle regrette d'être avec moi, dans quelques mois. J'essaierai de lui parler, elle mérite au moins ça. Mais je ne vous promets pas plus, pour le moment.»

«Cela me convient.»

Le docteur Garnier, avait toujours eu pour objectif avec Regina Mills, de terminer ses séances de thérapie sur une note plus légère. Lui laissant ainsi l'envie de revenir discuter.

Le psychiatre la fit parler de ses anciennes passions. Essayant ainsi de lui rappeler le bien que pouvait lui procurer la musique, les arts, et tout autre chose qu'elle se permettait de faire dans le passé.

Henry, de son côté venait de rentrer au camps après une grosse journée en forêt.

Il n'avait qu'une hâte, racontait toutes ses histoires à sa mère.

Après le barbecue, ils s'étaient tous retrouvés autour d'un feu de camp, ou les animateurs les attendaient avec de gros sachets de chamallows.

«Waouh. Max on va manger tout ça ?»

«T'es un gros gourmand Henry.» Lui répondit son ami en rigolant.

Durant la soirée, des petits groupes d'amis se formaient autour du feu. Les deux jeunes amis, avaient rejoint d'autres enfants de leurs âges.

«Moi c'est Max, et toi ?»

«Hanna, et toi ?» Elle pointa du doigt le jeune garçon, au côté de Max.

«Moi c'est Henry, je suis un copain de Max.»

Ils parlèrent tous les trois de ce qu'ils auraient voulu faire une fois adultes.

Max commença. Il n'avait qu'un rêve, être grand pour faire tout ce dont il avait envie.

«Moi je veux m'occuper des animaux, je veux avoir un cheval aussi. Mon papa ne veut pas pour l'instant. Et toi Hanna ?»

«Moi je veux créer des vêtements. Ma maman travail dans un magasin et elle vend plein de vêtements. Et je trouve que c'est super joli.»

«C'est trop chouette ! Et toi Henry ?»

«Moi je veux attraper les méchants comme ma maman.»

«Ta maman est policier ?» Demanda Hanna.

«Oui, c'est le chef.»

«Who, c'est trop génial.»