Bonsoir,

Vous me l'avez demandé. Alors voici la suite ;)

Je prévois encore deux ou trois chapitres. Je vous laisse me donner votre vis.

Bonne lecture.

Lilith


La voix du petit garçon réveilla Ruby qui était près de lui. Elle ouvrit les yeux difficilement, avant de remarquer la présence d'Emma, qui la rassura.

Elle n'aurait pas eu les mots pour répondre aux premières demandes de cet enfant.

Emma se calla près du petit Henry. Prenant ainsi le temps de rassembler ses esprits, d'essayer de trouver les mots.

« Henry. Ta maman est très malade. Elle est dans un lit d'hôpital. Comme toi. »

« Je peux la voir ? »

« Je suis désolé Champion. Mais ce n'est pas possible. »

Le petit garçon était très inquiet, ses yeux se remplirent rapidement de larmes. Ce que remarqua Emma, elle se pencha vers lui pour l'enlacer.

Elle se détestait à ce moment-là de se sentir si impuissante, si faible. Elle qui aurait voulu être l'épaule solide de la famille Mills.

« Elle va pas mourir maman, Emma, hein ? »

« Je suis désolé, Henry. » Cela était-il suffisant.

Emma releva le regard pour faire face au visage totalement décomposé de Ruby. Qui avait vécu pareil situation plus jeune. La perte de ses parents avait été le pire moment de sa vie. Elle restait une femme gai et dynamique, mais elle n'était pas prête d'oublier la tristesse qui avait pris part de son cœur depuis ce jour-là.

Emma demandait de l'aide, elle suppliait du regard son amie.

« Henry, les médecins sont avec ta maman. Et Nolan aussi. Elle n'est pas toute seule. On va la voir régulièrement. Tu dois te reposer pour guérir toi, d'accord ? »

« David est ici ? »

« Bien sûr ! Tu veux que j'aille le chercher ? »

« Oui s'il te plait. »

Ruby quitta la pièce, après avoir murmuré à Emma, qu'elle se dépêchait.

Elle toqua quelques secondes plus tard à la porte de la chambre de Regina.

« Entrez. »

« Nolan, Henry te demande. »

« Il est réveillé ? »

« Oui. »

« Petit bonhomme. Je ne sais pas quoi faire… »

« Je suis sincèrement désolé. »

« Je ne sais pas comment je fais pour ne pas m'écrouler. »

« Tu dois être fort pour les Mills. »

« Merci de rester Ruby. »

« C'est normal. Emma est mon amie. Et je dois bien ça à Regina. Je vais rester avec elle. »

David Nolan remercia chaleureusement sa coéquipière, avant de quitter la chambre le cœur lourd.

Quand il pénétra dans la chambre 212, du petit garçon qu'il avait vu grandir. Il sentit son cœur se briser en entendant les pleurs, et son corps blotti contre celui d'Emma.

Il n'était pas là pour apporter des paroles supplémentaires. Toutes les personnes dans la pièce le savaient. Mais une présence familière de plus, était un réconfort supplémentaire.

Que devait-il se passer maintenant ?

Le lendemain, David et Emma étaient autour de Regina. Attendant, s'inquiétant, pleurant, priant, espérant un changement, un miracle.

Il était dix heures du matin, quand un premier médecin vint examiner le capitaine de la police judiciaire de New-York.

« Docteur, dites-nous. » Avait commencé Emma. Ne pouvant plus attendre une seconde supplémentaire sans réponse. C'est probablement ce qui était le pire. Ne pas savoir. Devait-elle encore espérer ?

« Les constantes sont bien mieux qu'hier soir. »

« Qu'est-ce que cela signifie ? » Coupa Nolan.

« Que le corps à l'air de tenir le choc. »

« A l'air ? » Reprit Emma élevant la voix. « Vous n'êtes pas médecin ? Nous avons besoin de réponse. Pouvez-vous faire des phrases claires et compréhensibles ? »

« Mademoiselle. Calmez-vous. Votre amie est… »

« Ma compagne ! » Le coupa-t-elle.

« Votre compagne, Regina Mills. Nous n'espérions pas tant hier, au vu de la chirurgie. Nous allons surveiller ses constantes plusieurs fois par jour. Elle est monitoré cardiaque en ce moment même. Nous la surveillons de très prés. En revanche, je ne saurais vous en dire plus. Nous attendons aujourd'hui une consultation neurologique. »

« Vous voulez dire que si par miracle elle se réveille, elle aura perdu la mémoire ? »

« Nous en reparlerons après le passage du neurologue. »

David Nolan remarqua immédiatement, qu'à tout moment elle pourrait sauter à la gorge de ce jeune médecin qui ne pouvait rien changer de la situation.

Il le remercia, et le pria de quitter la chambre.

« Emma. Ecoute-moi. Je sais que c'est dur. Mais on peut encore espérer. »

« Mais c'est si dur. »

« Ce serait tout aussi dur, de devoir lâcher prise. Je t'assure. »

L'après-midi, Regina avait été envoyée faire une IRM cérébrale à la demande des médecins. Par miracle, le professeur en charge du service de neurologie, put constater qu'il n'y avait rien. Une imagerie totalement claire et lisible.

Cela le rassurait sur la suite de la prise en charge d'un point de vue neurologique. Mais cela ne satisfaisant pas davantage les proches de la famille. Les réponses, une fois encore n'étaient pas clairs.

L'attente. C'était la seule chose qu'ils voyaient.

Quelques jours s'écoulèrent difficilement à Philadelphie.

Ou chacun se relayait au chevet des Mills.

Nolan supervisé de loin les bureaux de la police de New-York. Le travail avait comme été figé là-bas à l'annonce de cette nouvelle.

Ses collègues prenaient des nouvelles des Mills auprès de lui.

Il avait pris le temps durant cette matinée de passer à l'appartement d'Emma pour y prendre une douche et se reposer quelques heures.

Mais en pénétrant dans l'appartement, il y avait trouvé Emma, recroquevillé dans un coin de la chambre.

« Emma. Il faut que tu dormes. Tu ne vas pas pouvoir tenir si tu ne fais que pleurer. »

« … Je… »

« Emma. Dors, je vais retourner à l'hôpital pour être auprès d'eux. D'accord. Je t'appelle s'il y avait du changement. »

Il s'approcha d'elle pour la soutenir, et l'accompagner à sa chambre. Il l'installa dans son lit, et fit marche arrière.

La fatigue le prenait aussi, mais avait convenu ensemble de se relayer là-bas. Si Emma arrivait à dormir, il se devait se rebrousser chemin, pour rester quelques heures supplémentaires à l'hôpital.

Henry avait repris du poil de la bête. Une infirmière avait pu lui retirer sa perfusion la veille au soir, car les médecins avaient convenu qu'il n'en avait plus besoin. Il mangeait seule, et n'avait que quelques lésions superficielles.

Ses traumatismes étaient plus psychologiques, que physique. Le chemin de la guérison était donc tout autre.

Car ce petit garçon n'avait pu reparler depuis l'annonce de cette nouvelle. Cela faisait donc quatre jours qu'aucun mot n'étaient sortis de sa bouche. Des pleurs et des gémissements se faisaient par moment dans la chambre.

Une infirmière pédiatrique avait été envoyée dans la chambre pour pouvoir lui parler, lui expliquer la suite qui avait pu être abordée au staff de l'équipe pluridisciplinaire quelques heures avant.

« Bonjour Henry. »

« … »

« Je m'appelle Belle. Tu peux m'appeler ainsi si tu le souhaites. »

Au retour de David dans la chambre d'Henry, Ruby avait rejoint Regina dans sa chambre. Les laissant tous les deux, avant d'être interrompu par cette jeune infirmière.

« Bonjour. » Avait répondu David Nolan, au sourire complaisant de cette praticienne.

« Vous êtes le père ? »

« Absolument pas. Un oncle. »

« Henry. Nous voulions parler avec toi de quelque chose d'important. »

Le jeune garçon ne comprenait pas. Il regardait avec effroi son oncle, espérant qu'il s'occuperait d'elle.

« De quoi parlez-vous ? » Reprit l'homme, à la vue de l'inquiétude de son neveu.

Elle se dirigea vers la porte, et l'ouvrit.

« Je ne suis pas venue seule, mais accompagné de l'assistante sociale. »

« Pardon ? En quel honneur ? »

« Bonjour, je me présente. Je suis Catherine Frost. L'assistante sociale de l'hôpital. J'ai été appelé à la demande du chef de service, qui s'inquiétait seulement de la suite. » Elle fit quelques pas, et s'assit pour être à la hauteur de ses interlocuteurs. Puis reprit. « Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas là pour quoi que ce soit. Seulement discuter avec vous, de ce que vous aviez envisagé. »

« Ce n'est pas le moment. »

« Mr Nolan. Vous êtes l'oncle d'Henry, c'est bien ça ? »

« Pas officiellement. Mais j'ai ce rôle depuis toujours. Ils nous est encore bien trop difficile de parler, ou d'envisager quoi que ce soit. »

« Je me doute bien. Mais savez-vous si Regina Mills, avait des directives anticipées ? »

« C'est-à-dire ? »

« Avait-elle prévu un relais quant à la garde d'Henry, si il lui arrivait malheur. »

« Il me semble oui. »

« Très bien. »

L'infirmière fit un pas en avant. Et demanda brusquement.

« Avait-elle signé ou évoqué un choix concernant le don d'organe ? »

David fut très surpris de cette demande. Le médecin n'avait pas évoqué aujourd'hui une aggravation de son état qui pousserait à une-t-elle démarche.

Henry fut lui aussi très confus.

Qu'est-ce que cela pouvait signifier aux yeux d'un enfant.

Il se mit à pleurer, et reprit la parole, à la grande surprise des adultes qui l'entouraient.

« Maman est morte alors ? Elle m'a abandonné. »

« Mais non mon grand. » Il se leva pour encercler le jeune garçon en larme, avant de mettre à la porte l'infirmière et l'assistante sociale qui l'accompagnait. Cela était bien trop à supporter pour cette famille qui vivait un drame.

Après quelques heures de pleur. Le jeune Henry s'endormit de fatigue dans les bras de son oncle, qui l'installa confortablement dans son lit, avant de descendre prendre l'air. La journée était bien trop difficile. Il avait besoin d'un café, il alla se chercher une tasse de ce nectar qu'il affectionnait tant, avant de s'installer à l'extérieur sur un banc.

Il s'assoupit devant les rayons du soleil, qui martelait son visage, au vu de la chaleur de l'été.

« Nolan ? »

Emma s'installa à côté de l'homme, et le secoua légèrement.

« Oh Emma. Désolé je me suis assoupi. »

« Des nouvelles ? »

« Seulement une assistante sociale qui est venue me demander ce qu'on envisageait par la suite pour Henry. Puis une infirmière qui a évoqué le don d'organe. »

« C'est une plaisanterie ? »

« Non. Mais ne te fâche pas. Je t'en prie. Elles ont fait leur travail.»

« Je les déteste.»

« Emma... Je suis là si tu as besoin de parler. Tu le sais.»

« Merci. Mais pas maintenant. Je ne suis pas encore prête. Rentre te reposer.»

Nolan prit le chemin de l'appartement d'Emma. Il avait besoin d'une douche et de sommeil dans un lit plus confortable que ce banc en métal.

Emma croisa Ruby dans les couloirs.

« Ruby. Je suis désolé. Je ne t'ai pas croisé depuis un moment. Merci d'être présente. Je me comporte comme une horrible personne.»

« Ne t'excuse pas. Tu vis un moment difficile. Je suis ton amie, je reste pour toi et pour la famille Mills pour qui j'ai beaucoup de respect. Je suis là, si tu as besoin.»

« Tu es une amie très chère à mes yeux. Merci pour ce que tu fais.»

« Tu devrais aller voir Henry un petit peu.»

« Je vais juste aller manger quelque chose, et je reviens.»

« A tout à l'heure.»