Il ouvrit la porte.
« Qu'est-ce que tu fais là Mac ? »
« J'ai appris la nouvelle. Tu as tout fait pour que je n'en sache rien ? Pourquoi suis-je la dernière à être au courant ? »
« Peut-être parce que ça ne te regarde pas. Je te prie de sortir. Je ne plaisante pas. Ce n'est pas le moment. Je vais appeler la sécurité. »
« N'en fais pas une affaire personnelle. » Elle s'approcha de Regina. Et se pencha pour l'embrasser, alors qu'en une fraction de seconde, David traversa la pièce pour l'en empêcher.
Il lui empoigna le bras violemment et la traîna hors de la chambre. Il fit appeler la sécurité, et leur signala qu'il devait l'empêcher de revenir à l'hôpital.
Elle n'eut d'autre choix, que de repartir à New-York. Une substitut avec une mesure d'éloignement contre un capitaine de la police... Elle n'aurait pas fait long feu à son nouveau poste.
Nolan s'assura que Regina allait bien. Avant de s'installer à ses côtés pour lui parler. La rassurer.
Il avait pu constater qu'Emma lui parler à chacune de ses visites. Il ne savait pas si Regina pouvait l'entendre. Mais cela le rassuré aussi de pouvoir lui parler.
« Henry est auprès d'Emma. Je pense qu'elle se surpasse pour que tu sois fière d'elle. Je suis heureuse que tu l'aies choisi. C'est une femme qui te va bien. Elle est bien plus stable que Mac. Je ne sais pas ce que tu as pu lui trouver. » Il laissa quelques secondes s'écoulaient pour réfléchir à ce qu'il voulait dire. « Non, vraiment. Je sais que ce n'est pas le moment de te sermonner. Mais pourquoi elle ? C'est une psychopathe. On en a enfermé des moins furieux qu'elle. Quand tu te réveilleras, rappelle-moi de l'enfermer quelque part. C'est important. »
Pour combler les blancs qui pouvaient être par moment difficiles à vivre pour les visiteurs. David avait apporté quelques magazines d'actualités qu'il avait déposées sur la table de chevet.
Il en attrapa un, et lui fit la lecture des dernières nouvelles du pays. Rien de bien passionnant. Mais David n'arrivait pas à lire et a angoisser en même temps. Lire à voix haute, permettait de canaliser ses mauvaises pensées.
À la fin de cette journée, il retrouva Emma à la cafétéria.
« Comment va Henry ? »
« Il a dormi une grosse partie de la journée dans mes bras. Il est tellement adorable. »
« C'est un enfant merveilleux. »
« Ça ne pouvait être autrement. C'est le fils de Regina. Des nouvelles ? »
« Aucune. Aucun changement. » Il évita délibérément le sujet de McNally. Il ne pouvait l'aborder pour le moment. Emma était assez chamboulée, pour rajouter un conflit supplémentaire.
« Dis-moi David. Une question me traîne en tête. »
« Je t'écoute. »
« Lors d'une conversation avec Regina, nous avons évoqué mon transfert. Ma demande avait été refusée, il y a cela quelques semaines. Je pensais qu'elle en était la raison. Je pensais à mal, qu'elle avait refusé la demande de transfert. Mais ce n'est pas le cas. Tu pourrais me dire d'où vient le refus ? »
« Je ne le sais pas. Je me renseignerai. »
« Merci. »
Après un café avalait. Emma laissa David, et monta rejoindre Regina pour la nuit. Elle voulait s'endormir auprès d'elle.
Les visites n'étaient pas autorisées à cette heure-ci tardive, mais la police de New-York avait visiblement un pass droit important.
Et c'est cette routine, qui perdura pendant de longues semaines. Dès qu'Emma le pouvait, après avoir endormi le petit Henry, elle se précipitait à l'hôpital pour s'endormir près de sa bien-aimée.
Les journées étaient si difficiles pour elle. Emma passait ses journées auprès d'Henry, essayant de le divertir toute la journée. Tentant de répondre à ses multiples questions, aussi difficiles soient-elles. Elle se mordait la joue, évitant de craquer devant cet enfant, qui faisait beaucoup d'effort pour ne pas lui aussi pleurer.
Il avait repris la parole seulement quelques jours auparavant, pour le plus grand plaisir de son entourage, qui ne savait comment se comporter face à son mutisme.
Les séances chez le pédopsychiatre l'aidaient beaucoup.
Cela faisait plus d'un mois qu'avait eu lieu l'accident. La rentrée scolaire, était-elle aussi passée. Et l'assistante sociale, Madame Frost, s'inquiétait de l'absence d'Henry à son école. Mais ni David, ni Emma, ne prévoyait un retour immédiat à New-York. Ils avaient ensemble convenu d'attendre encore un peu.
Et une fois de plus, après avoir endormi Henry dans ses bras. Emma se blottit contre sa dulcinée, pour y trouver le repos.
Elle s'était blottie contre son flanc gauche, posant sa tête contre son épaule. Main dans la main, elle s'était endormie.
Les bruits des machines de suivis hospitaliers ne l'ennuyaient plus. Les premiers jours, elle avait eu du mal à ne pas ressentir un mal de crâne naître dans sa boite crânienne avec toute cette résonnance. Elle s'était demandée comment les infirmières pouvaient travailler dans de telles conditions. Ne devenaient-elles pas folles d'entendre les monitoring, les bip des pompes à morphine, les sonnettes, ...
Les infirmières étaient vraiment des super-héroïnes en sabots de plastiques.
Cela n'était plus un problème. Elle s'était habituée. Emma se concentrait sur la respiration de Regina, cela l'aidait à se concentrer sur son sommeil.
Mais cette nuit-là, elle fut réveillée. Non pas par le passage du personnel soignant, ni le bruit d'une machine, mais par la pression qu'elle ressentit dans sa main gauche. Elle se redressa immédiatement, et dépose le regard sur la main jointe qu'elle avait avec Regina.
« Regina ? »
Aucune réponse ne se fit. Elle observa son visage de longues minutes, espérant voir ses paupières se soulevaient.
Rien.
Elle se précipita dans le couloir, pour y alerter les infirmières, qui se précipitèrent. L'infirmière major, présente cette nuit-là, en avisa le médecin de garde, qui ne tarda pas lui non plus à arriver en chambre pour une osculation.
Elle dut raconter à plusieurs reprises ce qu'il s'était passé, ce qu'elle avait ressenti. Mais là, rien ne se passait.
« Vous l'avez peut-être imaginé, mademoiselle. »
« Absolument. Je vous assure que non. »
« Vous le désirez tellement, que c'est probable. »
« Je ne suis pas folle. Je suis aussi médecin ! Alors sur un autre ton avec moi. » Elle n'aimait pas être prise pour plus bête, qu'elle ne l'est. Il était hors de question pour elle, que les médecins passent à côté de quelque chose dont elle était persuadée. Elle exigea alors la présence d'un neurologue.
Et si cela n'était pas fait rapidement, elle savait auprès de qui en référer à sa brigade. Il ne fallait pas oublier qu'elle travaillait toujours pour la police de Philadelphie. Elle connaissait quelques personnes haut placés dans le milieu médical, grâce à quelques enquêtes fructueuses. Des services pourraient lui être rendus.
Mais heureusement, il n'en fallut pas, en arriver là. Des examens furent déclenchés en pleine nuit, plusieurs spécialistes à son chevet.
Durant tout ce temps, Emma fut mise de côté. Malgré sa casquette médicale, elle ne pouvait pas être présente. Elle n'était pas clinicienne. Elle le savait. Son rayon était les macchabées. Et plus encore, elle ne pouvait pas être objective avec un membre si important de sa famille.
Elle avait donc été priée de rester en salle d'attente, dans ce long couloir.
Après un long moment, elle pensa à appeler David, qui laissait le son de téléphone toujours allumé. Il ne prit pas plus trente minutes à arriver.
« Qu'est-ce qui s'est passée ? »
Elle raconta une nouvelle fois, ce qui venait de se passer. Toujours les larmes aux yeux.
« Et qu'est-ce que cela veut dire ? »
« Qu'elle va se réveiller. »
« Vraiment ! » Demanda le sergent, plus enjouait que jamais.
« J'essaie de ne pas me réjouir si précipitamment. »
« Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Et bien. Elle pourrait se réveiller. Mais dans quelle condition ? Sera-t-elle encore là ? »
« Emma. Gardons espoir. On nous avait qu'il ne lui restait seulement quelques heures. Et regarde maintenant. On nous a aussi dits, qu'elle avait sans doute une hémorragie cérébrale. Mais sur l'IRM, il n'y avait rien ! »
« Tu as raison. Je suis désolé. Je n'arrive plus à penser correctement. Objectivement. »
Le temps paraissait une nouvelle fois-ci long. Attendre. Seulement attendre.
La vie n'offrait aucun cadeau à Regina, comme à Emma.
La jeune femme était persuadée par moment d'avoir perdu le grand amour de sa vie. À peine goûtée, à peine vécu, que cet amour leur était volé.
La fatigue, la peur, le manque de nourriture et de sommeil. Elle divaguait. Baissant les bras par moment.
Mais Henry, n'était pas loin. Il attendait lui aussi des nouvelles de sa maman.
Alors qu'Emma et Nolan étaient assoupis dans la salle d'attente, allongés sur les banquettes bleues de l'hôpital. Le professeur en médecine arriva, et les réveilla.
« Bonsoir. Vous êtes la famille de Regina Mills ? »
« Oui. C'est nous. »
« Je suis le chef de service. Nous avons fait intervenir un confrère d'un autre hôpital. Le cas de madame Mills est exceptionnel. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Qu'après l'avis de notre neurologue, nous avons demandé un second avis. »
« Allez droit au but ! » Le coupa Nolan, qui ne voulait pas entendre les détails médicaux, qu'il n'était pas en mesure de comprendre.
« Elle vous demande. »
Emma resta figé ainsi quelques instants. Ne comprenant pas ce qui était en train de se produire.
« Vous voulez dire que Regina Mills est réveillée ? » Reformula David.
« C'est exact. »
Les deux amis se regardèrent avant de se lever et de marcher le plus rapidement possible vers la chambre indiquée par le médecin, qui se retrouva désormais seul dans ce vaste couloir.
Cela n'était plus de son ressort. Il avait fait son travail de transmission auprès de la famille. Il s'éclipsa alors. Les détails seraient donnés une prochaine fois.
Emma fut la première à pénétrer dans la chambre. Elle remarqua immédiatement que Regina avait les yeux ouverts. Deux infirmières étaient postées à ses côtés, lui retirant la sonde nasal d'alimentation, qu'elle avait maintenant depuis des semaines.
« Comment va-t-elle ? »
« Elle reprend conscience petit à petit. » Répondit l'une des infirmières. « Elle a besoin de repos. Ne tardait pas. Il faut qu'elle soit reposée. Demain madame Mills à des examens. »
Les infirmières quittèrent la chambre quelques minutes après avoir surveillé les branchements, ainsi que les constantes qui paraissaient totalement convenables aux yeux d'Emma Swan.
Emma attendit l'approbation de David, pour s'en approcher la première. Il lui fit un signe de tête, et elle se rua alors, près du lit de Regina.
« Comment tu vas mon amour ? » Lui demanda-t-elle, tout en lui attrapant une main.
« Mon amour ? Miss Swan, je ne vous ai pas donné la permission de me parler ainsi. »
Emma fut béate de cette réponse. Elle regarda tristement David, qui se tenait toujours près de la porte.
Qu'est-ce que cela voulait-il dire ?
Avait-elle une amnésie passagère ? Avait-elle d'autres troubles cognitifs ? Des séquelles irréversibles ?
Personne ne prit la parole.
« Je plaisante Emma. »
« Pardon ? » Demande-t-elle toujours surprise. La bouche entrouverte.
« Il ne me semblait seulement pas avoir encore autorisé les surnoms mielleux. »
Emma prise d'une euphorie, se mit à rire. Comblé par la nervosité probablement. Un fou rire lui rongea le corps. Elle se tourna vers David, qui lui aussi se sentait désarmée face à la situation.
Regina qui n'était pas connue pour son sens de l'humour, avait opté pour cette idée, le jour de son grand retour parmi les mortels. Un goût amer lui traversa la gorge.
Il observa Emma perdre pied. Elle se retourna vers lui. « Elle plaisante ! Elle fait des blagues ! »
Nolan, s'avança finalement pour se poster lui aussi auprès de son amie et collègue de longue date.
« L'humour te va si mal. Un 'Je vais bien' aurait suffi. »
« Mais cela aurait été beaucoup moins drôle. »
« Tu as rendu folle Emma. Félicitations. »
« Je l'aime assez ainsi. Pas toi ? » Dit-elle d'un ton ironique.
« Comment tu vas ? »
« Faible et fatiguée. Comment va Henry ? »
« Il va bien. Il va être tellement heureux, quand il apprendra que tu es réveillé. »
Emma se calma, elle reprit pied petit à petit. Ses dernières semaines avaient été si difficiles, qu'elle avait fini par croire que ce moment n'arriverait jamais. Pourtant, elle en avait tant rêvé. Chaque jour, chaque instant, chaque seconde.
Ruby l'avait même surprise à prier. Chose qu'elle n'avait jamais faite.
Regina croisa le regard lourd de sen d'Emma.
« David, pourrais-tu aller me chercher mon enfant s'il te plaît. » Demanda-t-elle.
« Avec plaisir. » David embrassa sur le front son amie, avant de quitter la pièce. Il avait compris bien vite, qu'elles avaient besoin de se retrouver.
Une fois seules. Emma se précipita vers Regina. Posant ses fesses sur le bord du lit, lui attrapant une main.
« Tu m'as fait si peur. Je t'en veux tellement. » Avait-elle débuté.
« Je suis désolé, Emma. Je n'ai jamais voulu ça. »
« Ne t'excuse pas. Je suis une parfaite idiote. Tu te réveilles. Je croyais t'avoir perdu. Et je te fais culpabiliser de quelque chose, dont tu n'y es pour rien. »
« Combien de temps ? »
« Six longues semaines ! »
« Et tu es resté ? »
« Évidemment. » Avait-elle répondu incrédule. « Tu croyais que je serais partie ? »
« Non. C'est étrange, mais je t'ai senti à chaque instant auprès de moi. J'ai senti tes lèvres. » Regina apporte une main sur ses lèvres, pour les toucher.
Emma baissa le regard, et le rouge lui monta aux joues. « Je... Tu sais... J'ai cru que tu allais nous quitter. »
« Je suis là. Et je sais que tu as pris soin d'Henry, et moi. Une fois encore. Merci.»
« C'est mon rôle désormais. »
« Nous n'en avons pas réellement encore parlé. »
« Peut-être pour toi. Mais pendant que tu as dormi de longues semaines. De notre côté, tout a bien changé. »
« Que veux-tu dire ? »
« Regina... » Le regard plein d'amour. Les larmes lui montèrent, se trop plein d'émotion l'empêchaient de les retenir davantage. « Je veux te dire que je t'aime. Je sais que c'est trop tôt. Beaucoup trop tôt pour toi. Mais je veux que tu l'entendes. J'ai cru mourir de ne pas te l'avoir dit avant. Que tu ne l'es pas entendu de ma bouche. Je n'attends pas que tu me répondes immédiatement. J'en ai conscience... » Regina ne bougeait pas. Elle se sentait bercée par les paroles d'Emma. Des paroles tant rêvées.
« Embrasse-moi encore. Je veux sentir tes lèvres contre les miennes. Je veux pouvoir y répondre. »
Et c'est dans un silence lourd de sens. Que les lèvres d'Emma se posèrent sur celles de Regina. De l'eau salée s'écoulait entre les deux peaux. L'ascenseur émotionnel avait été tiraillé pour les deux femmes.
Emma profitait, se délectait de se baiser. Elle n'arrivait à mettre les mots sur les tourbillons qu'elle ressentait au plus profond d'elle. Mais cela pouvait attendre. Elle avait presque perdu espoir de ressentir une nouvelle fois cette peau si douce se presser contre ses lèvres.
