M comme...
Kageyama Tobio entra dans le vestiaire avec un air fermé sur le visage. Ses collègues le saluèrent avec entrain mais le brun se borna à leur répondre par de vagues grognements indiquant à tous qu'il n'avait pas envie de parler aujourd'hui. Le passeur se prépara en silence, avant de se laisser tomber en soupirant sur le banc.
— Mauvais jour ? lui demanda son coéquipier, Ushijima.
— Hum.
— Mais encore ?
Sans répondre, Kageyama lui tendit son téléphone pour que l'attaquant voit de lui-même : Hinata et Oikawa sur une plage, prenant la pose en tirant la langue, pour la photographie.
— Sérieux ?
— Sérieux. répondit Tobio, en rangeant son téléphone.
— Entre tous les gens existant sur terre, il a fallu qu'ils se tombent dessus au Brésil ?
— Faut croire. dit Kag en soupirant encore.
— Je vois pas pourquoi tu te prends la tête. T'as aucune raison d'être jaloux, c'est juste une coïncidence. Oikawa aurait fait pareil, si on s'était croisés.
— Ouais, je sais. Hinata m'a appelé hier soir.
— Alors pourquoi tu fais la gueule ? demanda encore Wakatoshi, qui ne comprenait pas où était le problème.
Le Roi du terrain lui fit signe de la main pour qu'il abandonne le sujet, ce qui arrangeait l'autre car discuter de ça n'était pas sa tasse de thé. Il regarda sans le voir, l'intérieur de son casier.
Un mois.
Encore un mois et il serait de retour.
Encore un tout petit mois à souffrir, ensuite ils seraient de nouveau ensemble.
Sur le même continent, dans le même pays, le même fuseau horaire, la même ville et, d'après ce que lui avait laissé entendre le rouquin la veille au soir, dans le même appartement.
Se répétant ses phrases comme un mantra, le passeur de génie se souvint d'une chanson qu'il avait entendu il y a longtemps. Une chanson qu'ils avait dû traduire pendant un cours d'anglais et qui l'avait fait ricaner à ce moment-là.
I talk to you but It's not the same as touchin' you
And every time you whisper my name, I wanna run to you
We'll be together, it won't be long…
Encore un mois.
Le brun saisit à nouveau son téléphone pour s'envoyer une note pour plus tard, puis il le remit à sa place avant de fermer son casier.
M comme Manque.
