Salut !
Désolée je pensais publier plus tôt mais je n'ai pas eu le temps...
Parce que je republie mais je fais quelques petits changements et bon je relis chaque chapitre tout ça tout ça...
Donc je suis sûre de publier une fois par semaine mais deux fois on verra au fil du temps.
Après c'est sûr que vos commentaires me motivent, ça fait toujours plaisir de savoir qu'on est lu ;)
MERCI à toutes!
ça réchauffe de voir qu'il reste quelques personnes par ici :)
Une inconnue : ça me fait tellement plaisir que tu suives cette histoire à nouveau et tellement plaisir de retrouver tes mots :) MERCI, vraiment!
Annabelle : J'adore ton enthousiasme :) Oui tout ça va évoluer, petit à petit... une carapace c'est dur à casser ;)
Guest : Je suis vraiment flattée par ton commentaire, j'espère que la suite te plaira autant :)
Et si on allait voir ce qui se passe dans la tête du beau gosse?
Bonne lecture !
o¤o¤o
Chapitre 4
Moonage Daydream
(David Bowie)
¤ Edward ¤
Elle est assise sur un fauteuil près de l'entrée du salon de tatouage, face à la baie vitrée. Elle prétend que le livreur risque d'apporter les sushis chez Emmett et que si c'est le cas, il ne se posera pas de question et engloutira nos menus.
Je suis resté debout contre un mur. Elle ne m'a pas proposé de m'assoir ou d'attendre avec elle. Elle n'est pas ce genre de fille. Je n'ai qu'à faire ce qui me plait et c'est ce que je fais.
Je la vois presque de dos, légèrement tournée. D'ici je peux l'observer sans qu'elle ne s'en aperçoive. Je fais semblant de consulter mon portable, au cas où elle jetterait un œil vers moi. Je suis presque certain qu'elle ne le fera pas.
Je détaille sa nuque gracile et les quelques mèches de ses cheveux relevés en chignon lâche qui y trainent. Je vois un bout de son tatouage sur une de ses épaules, une fleur assez grande mais fine en dégradé de gris. Elle a calé une de ses longues jambes sous ses fesses et l'autre se balance doucement dans le vide. Sur sa cheville il me semble reconnaitre des hirondelles qui volent vers son mollet dans une sorte de nuage léger teinté de bleu.
Elle semble dans ses pensées, mais pas perdue, elle est trop sûre d'elle pour l'être, elle réfléchit plutôt. C'est ce que je déduis de son attitude car elle est très fermée, elle ne laisse rien paraitre.
Elle est une foule de contradictions.
Elle apparait dure aux yeux de tous parce qu'elle ne veut pas montrer sa sensibilité. Elle la partage avec peu de gens et semble-t-il avec parcimonie. Je sais que ma sœur a eu ce privilège, la cliente qu'elle a reconduit tout à l'heure aussi et Emmett. Elle a l'air très proche de lui, comme s'ils étaient parents.
Elle est naturelle. Elle travaille dans un salon de tatouage pourtant elle n'est pas elle-même immensément tatouée. Dans tous les salons que j'ai visités, et j'en ai fait beaucoup, les professionnels en sont couverts. Ceux de Bella sont discrets, fins, travaillés, et en osmose avec ses formes menues. J'aime beaucoup la fleur de pissenlit sur son poignet. Elle révèle une part d'elle qui ne se voit pas franchement quand on la rencontre. Quelque chose de nostalgique, de lier à l'enfance.
Elle s'habille très simplement et pourtant elle est sexy en diable. Elle doit faire du sport pour avoir des jambes et des fesses si galbées. J'aime particulièrement son débardeur David Bowie qui laisse entrevoir une fine partie de son soutien-gorge noir et de sa poitrine. Elle ne s'aperçoit pas du charme qu'elle dégage. Ou si elle le sait, elle n'en use pas du tout.
Recroquevillée sur sa chaise, elle a l'air douce et fragile. Je suppose qu'il n'en est rien, ou alors ce n'est vraiment pas évident. Je sais de quelle façon elle a repoussé Rosalie du salon et je connais aussi très bien Rosalie. Il faut avoir une bonne dose de force et pas seulement physique pour réaliser un tel exploit.
Le livreur passe devant la porte vitrée. Elle s'élance. Elle est restée tellement immobile que la voir bouger me surprend, je manque de faire tomber mon téléphone.
J'accours derrière elle mais elle a déjà passé les portes en sens inverse, suivie du livreur.
- C'est lui qui paye, dit-elle en me désignant du doigt sans même me regarder.
J'avais peur qu'elle n'ait oublié. Il faut croire que je la connais mal.
Je tends les billets au jeune homme et lui donne un bon pourboire. Elle ne s'intéresse pas du tout à ce que je fais. J'en déduis qu'elle se moque de mon argent. Mais je peux me tromper. J'ai du mal à la cerner. Elle n'a pas les réactions « classiques » des autres filles que je côtoie. Si elle était comme elles, je ne ramerais pas pour avoir droit à un diner.
Cela peut paraitre prétentieux mais c'est juste un constat. Je plais aux femmes et après ce que j'ai vécu, j'en suis flatté et j'avoue que j'en profite aussi.
Elle ferme à clé derrière le livreur et me lance un « viens » en me devançant. Je ne me fais pas prier. Je pourrais la suivre, elle et ses petites fesses rebondies moulées dans son short n'importe où. Et puis je meurs de faim.
La cabine est minutieusement rangée au carré. Rien ne dépasse, tout est à sa place. Elle est aussi ordonnée que je suis bordélique.
Les murs sont bleu indigo, sur un pan elle a accroché plusieurs cadres de différentes dimensions avec des photos de ses tatouages et au centre l'un de ses premiers sur la peau de porc.
Sur une autre cloison est peint un paysage d'inspiration japonaise. Sur le coin en haut à droite tombent des branches de cerisier en fleur d'un rose éblouissant. A l'opposé, une montagne lointaine, enneigée sur le sommet, derrière laquelle descend un soleil orange clair. Plus bas, au premier plan, une maison de bois avec un ponton qui donne sur un lac où nagent des poissons aux écailles finement colorées. Quelques nuages épars et quelques oiseaux, peut-être encore des hirondelles, complètent le tout.
Je ne sais pas si elle a peint cette fresque fabuleuse elle-même mais ce travail lui ressemble. Elle est d'une précision dans les détails incroyable et il s'en dégage à la fois force et calme.
Elle dépose une large feuille de papier absorbant sur une planche en bois clair accroché au mur qui j'imagine doit être son bureau, et sort les menus de la poche.
Sans nous concerter, nous avons choisi la même nourriture. Je souris face à ce constat.
- Mange, ça va être chaud, intime-t-elle en saisissant un sushi avec ses baguettes.
Mon sourire s'agrandit. Chaque fois qu'elle ouvre la bouche, ses paroles me charment d'une façon ou d'une autre.
- On a choisi la même chose.
- J'en suis très heureuse.
Son ironie et ses sarcasmes m'amusent. J'aime beaucoup sa répartie et son attitude un rien cynique.
- Est-ce que tu veux voir des tatouages de dos que j'ai déjà fait pour te donner une idée ?
- Non ça ira, je me souviens de ceux que j'ai regardés tout à l'heure.
- Bien.
Elle n'y fait pas allusion, elle ne me presse pas et j'apprécie son tact. Mais je sais que le moment est venu de me raconter.
Je mange quelques sushis de plus pour me donner du courage. Je ne suis pas sûr d'avoir très faim après ça.
Je déteste en parler. Je ne supporte pas d'avoir été frappé par une telle malchance. Je ne la méritais pas, personne ne mérite de voir changer sa vie à ce point. Même si je grandis et que petit à petit j'arrive à me résigner, je n'arrive pas à accepter le fait que ce putain d'accident a foutu en l'air les années de ma vie qui étaient censées être les plus belles.
J'ai quatorze ans. Mon existence est bien remplie et elle me comble.
Mon père est un chirurgien réputé, ma mère décoratrice d'intérieur. Nous vivons confortablement.
L'après-midi est très ensoleillée, comme souvent. J'ai beaucoup d'amis dans le quartier, de bons amis. Je suis en vacances depuis peu, je passe mon temps à jouer au basket avec les copains sur le terrain tout près de chez moi.
Les copines nous regardent en ricanant et chuchotant alors on fait un peu les caïds. J'ai déjà une amoureuse, Tanya Denali. Elle est belle, douce, populaire. Je l'ai embrassé quelques fois au cinéma ou au coin de la rue avant de la raccompagner, justes de petits bisous innocents sur la bouche mais j'ai très envie d'essayer plus.
Je suis à l'âge où tout est simple, où on ne pense pas à l'avenir parce que le présent est parfait, où on n'a peur de rien.
J'avais tout. Le talent sportif, les bonnes notes à l'école, l'amitié de mes pairs, le succès auprès des filles, une famille aimante.
Tout.
Il est dix-sept heures. Je dois rentrer parce que ma sœur Alice participe à un spectacle de danse. Alice et moi ne nous entendons pas du tout. Elle est un rat de bibliothèque, toujours fourrée dans ses livres, souvent seule. Je lui trouve peu d'intérêt. Ma personnalité est l'exacte opposée de la sienne. Ce n'est pas que je ne la supporte pas ou que nous nous disputons, juste nous n'avons pas les mêmes centres d'intérêts, nous ne sommes pas proches.
Mes parents ont beaucoup insisté pour que j'assiste à la représentation. Alice est très timide, voire même introvertie et c'est un exploit pour elle de monter sur scène. Je n'ai pas trop le choix même si je n'en ai aucune envie.
Je salue mes amis, je fais un peu le malin pour épater ma petite-amie. Tout le monde me charrie parce que je vais passer une soirée ennuyeuse. Je continue de leur parler et de faire l'imbécile pour les faire rire alors que je marche à reculons. Le quartier est paisible, familial, peu de véhicules passent par ici et tous roulent au pas. Je ne me soucie donc de rien quand mes pieds atteignent la route.
Voilà comment une vie bascule de l'absolu à l'horreur.
Une voiture qui dépassait largement la vitesse autorisée m'a fauché. Il parait que j'ai volé très haut dans les airs. J'ai même fait quelques loopings d'après ce que je sais. Puis je me suis écrasé sur le bitume.
Pour moi, ça a été le trou noir. Un long trou noir de huit jours.
Les médecins m'ont mis sous coma artificiel pour résorber la commotion de mon cerveau, opérer ma colonne vertébrale et mes jambes fracturées.
La torture a commencé à mon réveil. D'abord la douleur physique, sans commune mesure avec ce que je n'ai jamais vécu, puis la douleur morale quand on m'a appris ma paralysie.
Il est impossible d'expliquer ce que j'ai ressenti à ce moment-là. Un sentiment a éludé et surpassé tous les autres, la haine.
Lorsque les visites m'ont été autorisées, mes amis sont passés. Je n'arrivais pas à communiquer, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi eux continuaient leur vie paisiblement alors que j'avais été frappé par la pire des injustices. Au fur et à mesure, ils m'ont délaissé, poussés hors de l'hôpital par mon caractère venimeux. Je n'ai jamais voulu revoir Tanya, je n'aurais pas pu supporter son apitoiement face à mon immobilisme.
La rééducation a duré des années pendant lesquelles je suis resté enfermé. Je ne souffrais pas le regard des gens sur moi dans la rue, je ne voulais croiser personne de mes anciennes connaissances. Je me suis terré malgré les efforts de ma famille. J'ai continué mes études par correspondance et je me suis mis à la musique.
Mon père s'est spécialisé pour guérir mes blessures. Grâce à sa persévérance et ses relations, j'ai pu bénéficier de soins à la pointe des dernières technologies. Après des années sur un fauteuil roulant et le verdict cuisant que je ne pourrais plus jamais marcher, j'ai retrouvé l'usage de mes jambes.
Là encore, les progrès furent longs et chaotiques.
Depuis quatre ans, j'ai l'entière possession de mes membres. Je fais du sport, je sors, je vis normalement, du moins il me semble.
Je lève enfin les yeux sur Bella. Je ne me suis jamais épanché de la sorte avec personne. Je suis resté plutôt concis mais tout de même, elle a su me mettre en confiance.
Elle est immobile, de profil, elle ne me regarde pas, elle a dû sentir que je préférais qu'elle ne le fasse pas. Elle tient un crayon en suspens au-dessus d'une feuille à peine griffonnée. Ses yeux sont dans le vague. Elle digère mon récit certainement. Son visage n'a pas d'expression déterminable. Alors j'attends.
- Edward.
Elle tourne enfin ses grands yeux vers les miens. Je suis soulagé de n'y lire aucune pitié.
- Il va falloir plus d'une soirée pour choisir ce qui pourrait te correspondre, elle affirme avec douceur.
Je ne dis rien. En réalité, je suis fasciné. Pas seulement par ses traits ou son corps mais par sa présence, les mots qu'elle utilise, l'ambiance qu'elle génère.
Je reste plongé dans ses yeux et ce truc bizarre se reproduit. Ce même truc que lorsqu'elle a raccompagné sa cliente plus tôt, le même que lorsqu'Emmett l'a enlacé et qu'elle m'a remarqué. Je ne sais pas trop le définir. C'est comme une force qui m'aimante à elle, comme si je la reconnaissais, comme si je la retrouvais. C'est assez intense et très surprenant.
Ce dont je suis sûr, c'est que cette fille m'attire et cette impression me trouble. D'habitude, c'est moi qui attire les femmes et je n'ai pas grand-chose à faire pour qu'elles me suivent. Pas elle.
J'ai échangé mon premier vrai baiser avec une fille à l'âge de dix-neuf ans, ma kinésithérapeute. C'est aussi avec elle que j'ai eu mes premières expériences sexuelles. Elle avait quelques années de plus que moi. Elle m'a beaucoup appris sur le plaisir.
Depuis, je n'arrête plus. Je rattrape mon retard pour ainsi dire. J'aime le sexe, j'aime plaire aux femmes, j'aime prendre possession de leur corps, j'aime la jouissance, je ne m'en lasse pas. Je ne cherche rien de plus que ça.
Pendant des années je me suis senti misérable, privé de l'usage complet de mes membres, privé de toute activité en dehors de la maison, privé de liberté. Je n'ai pas honte, je suis honnête. Les femmes que je courtise savent que je ne leur apporterais rien d'autre qu'une nuit, ou quelques heures, voire quelques minutes parfois.
Bella n'est pas la première fille qui me séduit mais en ce qui la concerne c'est un peu différent. J'ai envie de la toucher, de la sentir physiquement contre moi et mentalement proche de moi, autant que j'ai très envie d'assouvir cette tension sexuelle entre nous.
Elle m'intrigue. Je sens en elle comme une faille. Elle dégage quelque chose de particulier et de fort, quelque chose qui me touche indubitablement.
On discute pendant des heures. Elle pose les questions toujours justes. Elle a toujours la juste attitude. Elle est très professionnelle même si elle est jeune. C'est assez étonnant, encore un mystère qu'il est difficile de lever sans la connaitre.
Son coup de crayon est impeccable, ses idées originales et géniales. Je suis époustouflé par tant de créativité et de finesse d'esprit. Son style de prédilection est le tatoo japonais et tous les motifs qu'elle me propose sont précis, autant dans l'image que dans la signification. Elle a su me cerner en quelques minutes c'est assez incroyable.
- Bien, déshabille-toi, m'intime-t-elle.
Nous avons établi un topo plutôt abouti. Je pensais que nous avions fini. Je suis un peu perdu.
- Juste le tee-shirt, j'ai besoin de revoir ta cicatrice.
Je me renferme aussitôt. Je n'aime pas qu'on les touche ou qu'on les regarde.
Je ne les montre jamais et personne à part les médecins et aujourd'hui Bella ne les a jamais touchés. Même quand je fais l'amour, je n'enlève pas mon vêtement et je m'arrange pour que la fille ne passe pas ses mains dans mon dos. J'ai élaboré plusieurs stratagèmes à ce sujet.
Tout à l'heure, quand Bella les a observés, je n'étais pas si tendu. J'étais assez intrigué par les frissons plutôt agréables que ses doigts laissaient sur leur passage. Il est aussi indéniable que Bella sait me mettre à l'aise, elle comprend vite et précisément mes demandes, elle a une attitude très rassurante.
Je me retourne et ôte mon haut. Je dois le faire. Je veux réellement que ces cicatrices disparaissent.
- Assied-toi et ne bouge pas, intime-t-elle doucement.
Elle se lève et va chercher son instrument.
- Ne t'inquiètes pas, je ne vais pas l'allumer.
Son avant-bras s'appuie sur mon dos tandis qu'elle trace des lignes invisibles sur ma colonne vertébrale. Je ne bouge pas d'un centimètre pour lui laisser faire ses repérages à sa guise.
Elle s'est approchée. Je sens son souffle sur ma peau et la chaleur de son corps près du mien. Je me concentre sur cette sensation.
- Je pense que ça va être possible, et je pense que ton tatouage va être magnifique, conclut-elle.
- J'espère bien ! je ricane.
- Tu peux me faire confiance.
- Je n'en doute pas une seconde, j'affirme mes yeux bien ancrés aux siens.
Son travail est celui qui me parle le plus, celui qui me ressemble le plus.
- Je dois encore te prévenir, reprend-elle en se détachant de mon regard.
Sa voix est basse. J'entends dans son ton qu'elle fatigue, ses cernes se sont un peu creusés.
- Ça va être très douloureux.
- Ça m'est égal. Je n'ai peur de rien et vraiment pas de la douleur.
Ma réponse a l'air de la satisfaire.
- On fera des pauses, il ne faudra pas que tu hésites à me dire comment tu gères.
- Compte sur moi.
Je n'ai aucun doute concernant son professionnalisme, j'ai même hâte de commencer.
- Dis-moi…
Elle hésite. C'est la première fois que je la sens un tant soit peu incertaine.
- Pourquoi fais-tu ça ? Pourquoi les faire recouvrir ?
Elle me surprend. Je ne m'attendais pas à une question personnelle de sa part.
- Cette trace est ignoble. Je ne veux pas garder ces marques hideuses dans le dos.
- Alors, c'est par esthétisme.
- Non pas vraiment, je réfléchis en frottant mes cheveux pour trouver les mots justes. Je veux magnifier ce qui m'est arrivé. Quand je vois ces cicatrices, je pense à l'horreur que j'ai vécue. Je m'en suis sorti, je suis vivant, je marche. Dorénavant, je veux penser à la beauté de ce qu'il me reste à vivre.
- C'est courageux.
- Je ne suis pas un lâche.
Ses yeux vont droits dans les miens, sa bouche s'entrouvre, sa poitrine se soulève lentement au rythme de sa respiration, une nouvelle fois, son charme me trouble plus que de raison.
Jusqu'à ce qu'elle se lève subitement.
- Merde ! Il est plus de trois heures du matin !
Elle s'affole.
- Tu avais raison, il nous a fallu plus qu'une soirée ! je ris.
Je suis vraiment heureux que nous l'ayons fait et je suis vraiment heureux d'avoir passé autant de temps avec elle.
Vu la façon dont elle m'envoie bouler, je pense que l'occasion ne se représentera pas de sitôt.
- Ça te fait rire ? Tu n'as donc pas de job ?
- Si, mais pas dans la matinée.
Elle laisse passer quelques secondes comme si elle attendait que je lui parle de mon métier. Je fais exprès de sourire sans rien dire.
- Bien Edward, je suis obligée de te mettre à la porte parce que moi je bosse demain matin.
- Je te suis bébé.
- Tu ne peux pas m'appeler bébé ! Arrête ça !
Elle lève à peine la voix, elle est trop fatiguée pour se battre. Je garde le sourire.
Je sais que je lui plais. Je plais à 90% des femmes. Ce n'est pas de la prétention, c'est un fait.
Je sens qu'on partage une attirance. Je ne comprends juste pas pourquoi elle ne se laisse pas aller avec moi. Je suis certain qu'on passerait un bon moment. Elle va me faire languir mais je saurais être patient. J'aime jouer.
Elle me précède et s'arrête au comptoir. Je paie la séance.
- On se revoit quand ?
- Le plus tôt possible bé… la.
Son regard est assassin mais pas assez pour m'impressionner.
- Vendredi à 16 heures ?
- Parfait !
Elle fait le tour pour ouvrir la porte.
- Je peux peut-être te ramener chez toi ?
- Tu pousses le bouchon Edward. Je suis une grande fille, je vais me rentrer toute seule.
- Ce n'est pas très sûr de rentrer seule à cette heure-ci.
Je ne comprends pas bien pourquoi son air est aussi moqueur.
- Je ne crains rien.
Et je ne comprends pas bien comment elle peut en être aussi sûre.
Je sors de la boutique un peu penaud. Cette femme est trop mystérieuse, trop intrigante. Je dois insister.
Ma voiture est garée sur le trottoir opposé. Je décide d'attendre qu'elle sorte pour lui proposer une nouvelle fois de la conduire chez elle.
J'allume une cigarette.
Je repense à notre soirée, notre nuit plutôt. Il est extrêmement rare que je passe une nuit avec une femme qui me plait sans la toucher. Je souris à cette idée.
Il faut croire que Bella Swan est différente.
La lumière s'éteint. J'attends cinq minutes… dix minutes… quinze… Bella n'est toujours pas sortie. Il doit y avoir une porte à l'arrière du salon qu'elle a dû emprunter. Encore une incertitude à son sujet… je ne suis pas sûr que ce soit la dernière.
Je prends le chemin de mon appartement avec le sentiment amer que j'ai perdu quelque chose.
Mais la partie entre nous ne fait que commencer.
