Salut Salut!

Comme je pars pour un weekend de folie furieuse et que je ne pense pas être très fraiche avant quelques jours
et que je ne voulais pas vous abandonner trop longtemps sur la fin du dernier chapitre,
je vous mets le chapitre 6 ce soir.

Ce chapitre contient des scènes de violence et des scènes explicites (si vous voyez ce que je veux dire).
Vous êtes prévenues!

Merci Guest! Je savais que c'était toi depuis le début ;) Bella est un peu une folle furieuse elle est capable de tout hahaha!
C'est adorable de laisser un commentaire sur chaque chapitre, ça me motive énormément.

Merci Annabelle! Ah oui harcèlement à ce point? Je l'avais pas vu comme ça haha! Moi aussi j'aime beaucoup la relation Emmett Bella, ils sont mignons.
Alors ben je sais pas trop comment faire pour teaser la suite... à la limite je pourrais le faire en MP mais tu n'as pas de compte...
mais tu as vu je fais un effort pour publier vite ;)
Merci de laisser un mot sur chaque chapitre. ça me touche beaucoup :)

Bonne lecture!

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Chapter 6

Eye of the tiger Eye of the tiger
(Jenn Grant)

Je passe le seuil et Jasper m'étreint ardemment. Un peu trop d'ailleurs parce que son torse frappe ma poitrine. Aïe !

Je recule. Je me presse moins. Je prends le temps de poser mon sac.
Il approche avec un regard de félin. Il dézippe doucement mon sweat. Ses mains passent avec douceur sur mes épaules pour les dénuder, les miennes sur ses pectoraux.
La fièvre ne monte pas comme d'habitude pourtant j'étais déjà chaude dans l'ascenseur. La plupart du temps, nous sommes si excités qu'un simple touché nous enflamme. Pas ce soir.

Je me concentre.

Ses doigts trainent sur mes côtes et ses pouces glissent sur le galbe de mes seins. Je soupire en repoussant ma tête en arrière, mais je me force un peu. Je caresse son sexe par-dessus son jean. Il ne bande pas, enfin, pas vraiment. Je vais pour embrasser son cou, il a la même idée et nous nous cognons la tête. Je ne comprends pas. C'est pas comme si c'était la première fois.
Il tire sur mon tee shirt avec un regard aguicheur et me conduit dans la chambre. Il me pousse doucement et je tombe allongée sur le lit. Je ne suis pas « dedans » pas excitée, ni par son air enjôleur, ni par ses caresses.
Il se place sur moi et frotte son érection naissante contre mon sexe.
Rien. Pire que rien, je n'ai pas envie de lui.
C'est quoi mon foutu problème ?
J'insiste quand même. Il prend mon sein en coupe et lèche mon cou. Je me cambre pour donner le change. Son grognement sonne faux. Ni son odeur ni sa voix ni ses mains n'arrivent à me faire décoller.
Je me résigne.

- Jasper…

Il se retourne brusquement et tombe sur le dos près de moi.

On reste quelques instants à contempler le plafond. Pas forcément mal à l'aise mais un peu inquiet, pour ma part en tout cas.
Il prend ma main et la caresse gentiment, comme pour s'excuser. Il n'a pas à le faire, je ne vaux pas mieux que lui pour le coup, mais je le laisse.

- Tu penses à elle ?

- Ouais.

Silence. Je comprends son trouble. Il est obsédé par une fille qu'il ne connait pas. C'est un peu comme être obsédé par un mannequin sur papier glacé, déstabilisant et inexplicable.

- Et toi à qui tu penses ?

- A personne.

Ma réponse fuse. Peut-être un peu trop.

Il tourne son visage vers moi et m'observe attentivement.

- Vraiment ? demande-t-il suspicieux.

Je le regarde.

- Vraiment.

Il sourit.

- Tu mens, et tu mens mal en plus.

- Lâche-moi !

Je me lève d'un bond et fonce vers l'entrée pour récupérer mon sweat resté à terre.

- Pourquoi tu ne me dis pas ? Qu'est-ce qui se passe ? Rit-il.

- Parce que j'ai rien à dire. Je ne pense à personne, je réponds revêche, peut-être un peu trop.

J'enfile ma veste d'un seul mouvement.

- Reste dormir, dit-il tout à fait sérieux.

Il attrape mon poignet pour me retenir.

- Non, je rentre.

J'ai besoin de manger des légumes, d'une douche dans ma salle de bains et de changer d'habits. En plus je suis vraiment trop fatiguée, trop contrariée, trop sur les nerfs, marcher me fera du bien.

- S'il te plait, il insiste comme une supplique.

Sa prise se resserre.

- Non Jasper je veux rentrer, dis-je plus sèchement que je ne l'aurais voulu.

Je retire mon poignet, là encore peut-être trop rudement.

- Qu'est-ce que t'as ? T'es pas dans ton assiette.

- C'est bon ! Tout va bien ! J'ai juste envie d'être chez moi, c'est pas difficile à comprendre !

Je vois comme une sorte de déception dans ses yeux et je m'en veux immédiatement. Je crois que c'est la première fois que je m'énerve avec Jasper. Je baisse la tête, un peu honteuse. Il n'a rien fait qui mérite que je le rejette comme ça.

- Viens-là.

Il me serre dans ses bras. Je ne suis pas bien. Une tension désagréable m'agite. Je dois bouger.

- A demain, dis-je en sortant presque en courant.

Je passe la porte d'entrée de son immeuble et je percute quelqu'un de plein fouet. Je manque de basculer tellement le choc est brutal.
Quand je lève la tête, je n'en reviens pas.

- Edward ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ?! j'explose.

Mon ton monte.

- J'ai reçu un coup de fil. Je préférais répondre ici plutôt que sur l'avenue. Tu pars déjà ? demande-t-il visiblement content de me croiser à nouveau.

Mais comment peut-il être toujours d'aussi bonne humeur ? Et surtout pourquoi ? Qu'est-ce qui le rend si joyeux ?

- Tu te fous de moi ? Tu me suis c'est ça ? T'as rien d'autre à foutre que de me suivre ?

Je suis folle de rage. Mes mots dépassent mes pensées mais je ne peux pas les retenir, je crois que je ne veux même pas. Je ne sais pas vraiment pourquoi il me met dans cet état mais il le fait.

- Ça va pas de dire de telles choses ? Je suis pas un psychopathe !

- J'en sais rien ! Je te connais pas !

- Alors connais-moi et tu sauras !

- Hé ! Mademoiselle ! Tout va bien ?

Deux types sortis de nulle part veulent venir à mon secours. Comme si j'en avais besoin. Ils choisissent bien leur moment ces deux-là, ils ne vont pas être déçus.

- De quoi je me mêle, bien sûr que tout va bien ! je réponds hargneuse sans même les regarder.

Ma colère ne faiblit pas.

- Elle va se calmer la petite !

Je me retourne tout à fait, surprise par le ton menaçant de leur voix. Un brun trapu et un blond mal fagoté avancent vers nous. Ils n'ont l'air de rien, ou plutôt si, l'air de paumés qui trainent et cherchent les ennuis.

- Je crois qu'il va falloir qu'on l'aide, ricane l'un d'eux.

Je regarde Edward, il semble inquiet mais ce n'est pas du tout mon cas.
Mon visage s'illumine. Voilà de quoi j'ai besoin, décompresser un peu. Ça fait bien longtemps que je n'ai pas eu ce genre de défouloir.

- Explique-moi comment tu vas t'y prendre minable ? je lance en leur faisant tout à fait face.

- Hou mais c'est qu'elle est coriace, se moquent-ils.

Edward se rapproche.

- Bella qu'est-ce que tu fais ? Demande-t-il entre ses dents.

- T'occupe, je gère.

- Hors de question, ils sont deux, on court.

Je le toise avec un grand sourire.

- Hors de question, je reste.

Je lis clairement l'étonnement sur son visage mais j'élude parce que j'y vois aussi son consentement, il ne va pas partir.

- Parce que vous croyez que vous me faites peur ?

- On veut pas te faire peur ma belle. Au contraire, on veut s'amuser un peu. Ton pote peut regarder, ça nous dérange pas.

Je réfléchis à toute vitesse, ils voudront s'en prendre à Edward en premier parce qu'il est un homme mais je ne vais pas les laisser faire. Ils ne savent pas à qui ils ont à faire.
Mes yeux sont partout, mes bras tendus au possible, j'ai du mal à me retenir de ne pas leur sauter dessus.

- Vous me donnez envie de gerber, je crache.

Un des gars vient dans ma direction.

- Si tu la touches je t'explose, assène Edward en faisant un pas.

Putain ! Mon ventre pétille d'entendre sa voix si tranchante. Son regard est dur, son ton si cassant, son corps si tendu que je sens le plaisir réchauffer mon bas ventre.

L'air est électrique. La bagarre va commencer. Je ne sais pas trop encore de qui partira le premier coup, mais il est imminent.

- J'aimerais bien voir ça, le nargue l'homme.

Sur ce son poing se lève en direction d'Edward. Mon tibia touche le premier sa cible. Je frappe violemment son ventre. Je suis survoltée. Son poing retombe sans force et rate Edward qui recule.

Le blond avance et je crie « Viens ! » en sautillant sur place.

Il tente d'attraper mes épaules mais je suis plus rapide, je tape dans son nez avec toute le force que je possède. Sa tête part en arrière, il trébuche et s'affale sur le trottoir. Ses mains sont sur son visage, une ou deux lignes de sang passent entre ses doigts. Je lui donne un coup de pied dans les côtes, il grogne comme il bascule sur le bitume.

Encore ! J'en veux encore ! Mais Edward s'est vraisemblablement occupé du brun qui git, lui aussi à terre, plié en deux et geignant.
Alors on se met à courir, on ne sait pas où on va mais on en a besoin. Après quelques minutes, je m'arrête contre un mur, à bout de souffle, plus par l'excitation de l'altercation que par la course. Je lance un regard à Edward et je souris. Je ne suis pas encore totalement assouvie, mais plus détendue.

- Putain ! Dit-il.

C'est la première fois que je l'entends jurer. J'éclate de rire et il me suit. La tension de mon corps s'évacue quelque peu.

- Viens avec moi.

Sans mon autorisation, il prend ma main et avance d'un pas décidé. Je la libère brusquement. Il se retourne sans surprise, il devait s'attendre à ce que je résiste.

- Suis-moi, tu ne vas pas le regretter. C'est juste à côté.

Son assurance pour une fois me convainc. J'ai l'impression qu'il me réserve une surprise qui va me plaire et je n'ai pas envie de résister. J'obéis à mon instinct, je le suis mais je garde ma main.

Nous traversons deux ou trois pâtés de maisons ainsi, au pas de course et sans parler. Nous arrivons devant un hangar. Un petit écriteau indique : « Cours de boxe, full contact… » et d'autres noms que je ne prends pas la peine de lire.

- Tu plaisantes ?

Il me lance son sourire ravageur et ouvre la porte en attendant que je passe. Il me laisse le choix, comme une invitation silencieuse. J'apprécie.
J'entre en prenant tout mon temps et sans lâcher ses yeux. Je sais que je fais un pas vers lui et pour la première fois, je me dis que ce n'est pas si grave.

J'observe, je m'imprègne de l'ambiance.
La salle sent la sueur et le cuir. Les chaussures glissent sur les deux rings centraux dans un bruit aigu. Le son des gants contre les sacs de frappe placés sur les côtés sont plus sourds et secs. Des voix ou des cris étouffés résonnent. L'ambiance est pourtant détendue, apaisée. Les lumières des néons sont si hautes qu'elles n'éblouissent pas. L'ensemble reste feutré et tamisé.

Je suis immédiatement sous le charme.

- Tu viens ?

Edward me devance et me tend sa main. Je l'observe quelques secondes. Son sourire est revenu et quelque chose que je n'avais pas remarqué jusqu'à présent, sa délicatesse. Il est surprenant.
Je le suis mais je refuse sa main, de nouveau.

- Hey Jacob !

- Edward !

Leurs mains claquent fort lorsqu'elles se frappent pour se saluer. Ils se font une accolade chaleureuse et virile. Ils ont l'air de bien se connaitre.

- Qu'est-ce que tu nous amènes là ?

Le dénommé Jacob me toise avec un regard aguicheur. Je n'aime pas ses yeux sur moi, ni sa façon de parler.

- Je ne suis pas un objet, dis-je sèchement. La vraie question est « qui est ce que tu nous amènes ? » mais on n'est pas là pour parler rhétorique je suppose ? Je suis Bella Swan.

Le visage d'Edward s'éclaire. Il aime ma répartie. Jacob à l'opposé est scié.

- Une future championne de boxe si j'en crois ce que je viens de vivre, s'amuse Edward.

- Faut voir…

Je ne suis encore sûre de rien mais ces sacs me donnent envie de taper, je ne peux pas le nier.

- Est-ce que tu as déjà boxé Bella ? Demande Jacob.

- Pas dans un club…

Ma réponse est évasive mais je ne doute pas qu'ils saisissent la nuance.

- Tu veux essayer ?

Je hoche la tête fermement.

- Tu n'as pas la tenue mais pour une première fois je peux faire une exception. J'ai des gants qui devraient t'aller. Pas de ring, juste les sacs de frappe.

- Ça me convient.

Jacob s'éclipse.

- Viens je vais te montrer un peu la position. Ça va ta main ?

Je réalise quand Edward me pose la question que la main qui a donné le coup (la main gauche évidemment, celle dont je ne me sers pas pour tatouer) est rouge et un peu douloureuse. Pas assez pour m'arrêter.

- Ça va.

Je n'avais jamais pensé venir boxer. Je trouve l'idée alléchante.

Edward se poste devant un sac et m'explique le placement des bras, des épaules, des jambes, les déplacements. Il frappe à main nue, donne des coups de pieds d'abord lents, pour que je puisse suivre son mouvement, puis plus violents.
Il est plus attirant que jamais. J'aime voir sa puissance passer au travers de ses coups, son regard noirci, son souffle court et j'aime voir qu'il n'est pas toujours si enjoué. Son côté sombre, oui, c'est exactement ça, j'aime apercevoir son côté sombre, celui qu'il montre très peu.

Jacob revient avec les gants.

- Hey ! C'est moi le prof !

Edward s'arrête et sourit.

- Je lui montrais juste deux ou trois trucs.

- Tu n'as pas ton équipement ?

- Non pas ce soir. Je n'avais pas prévu de passer.

- Tu veux des gants ?

- Non. Je suis venu pour Bella. Si tu as du monde, je peux m'occuper d'elle.

- Je suis absolument libre.

La voix de Jacob s'adoucit et ses yeux se tournent vers les miens. Je pourrais baisser la tête et rougir, mais je ne suis pas ce genre de fille. En plus, même s'il est très beau, parfaitement musclé et attirant, je n'ai aucune envie de lui.

Peut-être que je vire frigide…

Je ne suis pas assez têtue pour me voiler la face à ce point. Je sais ce qui ne va pas avec ma libido, Edward Cullen. Tant que je ne l'aurais pas eu, aucun autre homme ne me conviendra.
Ce n'est pas une volonté de ma part, juste un constat. Je l'ai compris chez Jasper, je l'ai compris quand nous nous sommes battus contre les deux crapules et quand il a commencé à taper dans les sacs.
Il me plait et il me plait vraiment, il me le faut. Je ne serais « guéri » que lorsqu'il sera passé dans mon lit.
Ceci dit, il est mon client et je serais intraitable, pas de baise avec les clients. Trop dangereux, trop contraignant, trop compliqué.

Jacob me montre les positions, les mouvements, le jeu de jambe et je frappe. Je saisis vite ses instructions. Je me défoule.
Edward s'est éloigné. Je le vois du coin de l'œil. Il consulte son téléphone et me regarde furtivement. J'apprécie qu'il ne soit pas envahissant, que sa présence reste discrète même si je suis avec un autre homme. Un homme qui ne perd pas une occasion de me toucher pour ajuster mes postures et qui me drague sans réserve qui plus est.

Après trente minutes, j'ai mon compte. Je n'ai pas beaucoup dormi et la bagarre m'a séchée. Jacob me félicite. Il m'explique que j'ai de vraies facilités et que je peux revenir quand bon me semble. Le club est ouvert tous les soirs à partir de 17 heures, il s'occupera de mon entrainement. Ça, je n'en doutais pas.
Je le remercie mais au moment de partir, il prend ma main dans la sienne pour la serrer. Je tente de l'enlever mais il la retient. Il s'approche, trop près à mon gout.

- A bientôt Bella Swan, murmure-t-il aguicheur.

- Au revoir, je lance sèchement.

Sur ce je retire ma main sans ménagement. Je n'aime pas son attitude, ni son air mielleux. Toutefois, je ne l'envoie pas paître comme je le ferai d'habitude. On ne sait jamais, il peut être un bon plan plus tard, quand j'aurais consommé le beau gosse.

Je rejoins Edward qui me tend ma veste. Pour une fois je ne pars pas sans lui. Et pour une fois ça me parait normal.

Nous sortons.

- J'ai l'impression que la boxe te plait, dit-il son sourire revenu.

- Ouais, ça me plait beaucoup.

Je baisse la tête, soudain un peu gênée. Je ne sais pas pourquoi le remercier ou avouer qu'il a raison me fait me sentir si bizarre.

- Merci Edward, dis-je tout bas.

- Pas de quoi bébé.

Je relève des yeux écarquillés vers lui. Son visage est éclairé par un immense sourire malicieux.

- Je viens de frapper pendant une demi-heure, méfie-toi. Je pourrais te prendre pour un punchingball.

Il lève les bras devant lui.

- Je ne peux pas m'en empêcher mais promis, je vais essayer.

Je me retiens de sourire. Ce type ne ressemble à personne que je connaisse.

- Je vais rentrer, je meurs de faim.

- Je meurs de faim aussi. Viens on va manger.

J'hésite. C'est un rancard déguisé et pas un rancard professionnel.
Mais je peux aussi aborder la chose différemment. Edward est sympa et on va manger un morceau ensemble parce qu'il est gentil et que son attention de ce soir m'a fait plaisir.

- D'accord mais c'est moi qui t'invite.

Il ne cache pas sa joie, comme toujours.

- Un rancard ?! Attention je ne suis pas un garçon facile.

Je ne peux pas m'empêcher de rire. Surement l'endorphine que m'a procuré la boxe me rend à l'aise et détendue.

- Je suis persuadée que tu es très facile au contraire, je me moque.

Et grand bien lui fasse. Je ne vois pas pourquoi il ne profiterait pas de son physique avantageux.

- Tout dépend.

- De quoi ?

- De la fille et du temps que j'ai à lui accorder.

- Prétentieux !

- Tout à fait !

Il blague, je viens à peine de le comprendre. Je souris parce que sa bonne humeur est contagieuse.

- Que veux-tu manger ?

- Un hamburger avec des frites.

Je me surprends moi-même mais une fois n'est pas coutume. Je mangerai des légumes demain.

- J'adore cette femme ! crie-t-il en levant les bras au ciel.

Là encore j'éclate de rire. Je n'avais pas remarqué à quel point il est drôle.

Nous allons donc dans un fast food. Je commande un gros burger avec plein de fromage fondu, des frites bien grasses et un soda bien sucré. Edward a pris la même chose mais en format maxi.
Il ne s'est pas opposé à ce que je paye et il ne s'est pas brimé quant au prix du menu. J'apprécie qu'il ne soit pas un macho et qu'il ne tente pas de se la jouer super galant. La galanterie n'a rien à voir avec le fait de payer ou non l'addition d'après moi. Mais peut-être aussi a-t-il compris qu'il est inutile de négocier quand j'ai décidé quelque chose, sûrement même.

On parle du gout du soda qui est selon Edward différent de celui qu'on achète en bouteille. Je n'ai pas vraiment d'avis sur la question, je n'en achète jamais, mais l'air sérieux qu'il prend avec dérision me fait rire. Il a vraiment beaucoup d'humour.

- Regarde ta main ! Soupire-t-il interloqué. Tu n'as pas mal ?

Je m'aperçois que ma main est rouge, limite violacée. Elle me lance un peu mais sans plus.
Sans commentaire il se lève et se dirige vers le comptoir. Il demande quelque chose à la serveuse, parlemente quelques secondes et revient avec un sac de glaçons.

- Pose ta main sur la table, intime-t-il avec douceur.

Il applique le sac avec précaution et laisse trainer le bout de ses doigts sur mon poignet.
Je suis touchée par son geste mais je ne sais pas bien pourquoi je n'arrive pas à le remercier. Au lieu de ça, je suis acide.

- Tu obtiens toujours ce que tu veux n'est-ce pas ?

Cette remarque est déplacée, il fait ça pour s'occuper de moi et si je veux être honnête avec moi-même, ce que je ne suis pas, je dois bien avouer que son attention me plait.

Ses yeux s'ancrent au mien. Ils m'absorbent. Ce sentiment de plénitude et d'apesanteur refait surface.

- Non pas toujours…

Sa voix est douce et rauque. Je retiens un frisson. Le « truc » qu'Edward provoque en moi devient moins désagréable, il devient supportable. Alors je ne bouge pas et nous restons ainsi à nous observer quelques secondes ou peut-être quelques minutes.

Devant la porte du resto, il baisse les yeux et met ses mains dans ses poches. C'est étrange comme il peut être si sûr de lui et quelques fois paraitre si vulnérable.

- On se voit vendredi, je commence.

- Bella laisse-moi te raccompagner.

Je soupire lourdement. Il ne peut pas simplement laisser tomber et se contenter de ce que je lui donne ?

- J'habite pas loin, j'en ai pour cinq minutes.

- Justement. Tu es trop fatiguée pour faire face à deux gaillards.

- Des gaillards ? je souris.

Je me retourne et avance en direction de mon appartement. Il comprend et me suit.

- Ils n'étaient pas si forts que ça. Un seul coup de poing l'a mis k-o.

- Oui mais quel coup de poing ! s'exclame-t-il exagérément.

On rigole. Partager une bagarre rapproche j'imagine.

- Tu sais, tout à l'heure je te faisais marcher. Je trouve que tu as un vrai talent pour le tatouage. C'est un peu original de voir une fille de ton âge qui tatoue si bien.

- J'avais compris. J'ai eu la chance de fréquenter un salon très jeune. Comme je dessinais déjà beaucoup, tatouer m'a paru naturel.

Oui je la fais courte, je préfère rester évasive.

- Tes parents n'ont jamais essayé de t'en dissuader ?

Cette question sonne vraiment étrangement à mes oreilles, d'autant plus que je n'ai pas de parents dignes de ce nom.

- Non, personne n'a essayé, au contraire.

Je ne veux pas totalement me dévoiler, par pudeur, ou par honte peut-être.

- Tu dois avoir des parents compréhensifs.

- Je ne connais pas mon père, mais ma mère ne s'est jamais opposée à rien de ce que j'ai entrepris.

En réalité elle n'en avait rien à foutre mais il n'a pas besoin de le savoir. Je sens qu'il a compris que je ne disais pas tout mais il a l'air de s'en contenter puisqu'il n'insiste pas. J'apprécie.

J'ai une folle envie de lui demander ce qu'il fait dans la vie, mais je me l'interdis et là encore je ne sais pas vraiment pourquoi.

Edward prend sa respiration pour parler mais nous sommes arrivés.

- A vendredi.

- Bonne nuit bébé…

Je lui claque la porte au nez. Je crois qu'il allait ajouter quelque chose mais tant pis, il ne l'a pas volé.

Je file sous la douche et me couche en suivant.
Je revois des images d'Edward face à la crapule qui a essayé de le frapper. Je le revois taper le sac très sérieusement, son regard exactement pointé sur sa cible, ses bras contractés et ses jambes tendues et souples.

Mon corps s'enflamme dans la seconde. Mes mains voyagent sur mon corps sans que je ne le décide vraiment. Je masse ma poitrine durement. J'imagine toujours Edward dans le club de boxe, ses yeux endurcis, ses poings serrés, sa bouche sévère. Il me rend tellement chaude. Mes doigts descendent entre mes jambes mais ce sont les siens que j'imagine. C'est lui que je vois et qui m'inflige ce plaisir.
Je jouis avec une ardeur et à une vitesse hallucinante. Je n'arrive même pas à maitriser mon corps qui se cambre furieusement ou les soupirs bruyants qui s'échappent de ma gorge.
Je mets un certain à reprendre mon souffle, ma poitrine se soulève comme si je venais de courir un 100 mètres. Quand ma respiration se calme enfin, je me sens bien, sereine, toute tension évacuée. J'enlace mon oreiller en souriant.

Soudain, je me relève sur mes coudes.

Putain ! C'est quoi ce bordel ?!