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Chapitre 16
Glory Box
(Portishead)
Je pénètre dans la salle à manger et je souris gentiment. J'ai beau être une « sauvage » comme dirait Emmett, je n'en reste pas moins polie.
- Bonsoir mademoiselle, commence son père. Je suis Carlisle Cullen.
- Bonsoir, Bella Swan.
- C'est vous qui avez appelé les urgences, vous étiez avec Edward quand il s'est fait agresser.
Je suis étonnée qu'il se rappelle ce détail, il doit être minutieux ou Edward lui en aura parlé.
- C'est moi et en fait, je me suis faite agresser la première.
- Oui c'est exact, vous êtes passée à l'hôpital.
- Oui j'ai attendu des heures aux urgences pour m'entendre dire que le bleu de ma tête allait se résorber. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un papa chirurgien.
Je lui donne un sourire qui sonne faux.
Ma blague sarcastique tombe à plat. Le papa a l'air embarrassé et la maman choisit ce moment pour se lever à son tour et venir se présenter.
Carlisle et Esmée Cullen. Ils ont des prénoms pour le moins originaux. Ils sont bien nés comme on dit, de familles aimantes et à l'aise financièrement certainement.
- Vous êtes la tatoueuse d'Edward ? demande Esmée.
- C'est moi.
- Votre travail est formidable. J'aime beaucoup ce que vous faites.
Alors là je suis sans voix. Elle aime les tatouages ? Ce n'est pas une mère ordinaire. De ce que je sais des mamans en tout cas.
Le seule que j'ai fréquentée est la mère d'Emmett et elle n'était vraiment pas d'accord avec son choix pour le tatouage. Il avait dû batailler des mois et même se cacher avant d'avoir son consentement.
- Merci.
- Venez vous assoir, propose Esmée.
- Tu veux boire quelque chose ? demande Edward.
- Je veux bien une bière.
Il se rend à la cuisine non loin.
- Alors Bella, dites-moi, comment en arrive-t-on à devenir tatoueuse ?
- En dessinant… Quand je me suis retrouvée dans une famille d'accueil…
Je jette un coup d'œil dans leur direction. Leur regard n'exprime aucune surprise ou émotion, ils sont tous les deux attentifs. Edward pose la bière devant moi et se rassoit comme si ce que je disais était tout à fait normal.
- … Emmett, leur fils, m'a appris le dessin et je n'ai jamais arrêté depuis. Il commençait à tatouer quand je l'ai connu et comme je le suivais à peu près partout, la passion pour le tatouage est née.
- Tu as donc été en famille d'accueil ?
Il n'y a pas une once d'apitoiement dans les yeux d'Esmée. Elle discute, juste intéressée par ce que je suis. J'apprécie son attitude. Elle me fait penser à Carmen ou à Sue, dans un autre genre bien sûr. Elle semble s'intéresser aux autres, pas pour ce qu'ils lui apportent, juste pour ce qu'ils sont.
- Oui, pendant quelques années, puis j'étais tellement insupportable que la seule solution était de me placer en foyer, de toute façon, je ne voulais plus aller en famille. J'ai vécu dans le foyer dans lequel Edward travaille.
- Quelle coïncidence !
Je souris. Esmée a le même charisme et la même joie de vivre que son fils. Elle a un enthousiasme particulier et communicatif.
- Tu as dû en faire des bêtises pour qu'ils décident de te placer.
Le ton d'Esmée ne change pas, il reste détaché et un rien joueur, comme si elle était une amie avec qui je partage une confidence marrante.
Je ne m'attendais pas à ça. Pour autant, je continue.
- Je me bagarrais beaucoup, même toute petite, j'aimais bien ça en fait. Et puis je fuguais aussi beaucoup, je répondais quand on me rappelait à l'ordre et je partais trainer avec des gamins plus âgés. J'avais à peine dans les neuf ou dix ans à l'époque mais j'étais une vraie délinquante en puissance.
J'adopte un air désinvolte, sans honte ni repenti. C'est ma vie et je me fous désormais de la cacher. J'y vais fort, mais au moins Edward saura à quoi s'attendre après ça, il sera libre de ses choix en toute connaissance de cause.
- Ça n'a pas dû être facile.
Encore une fois, pas de sensiblerie dans les propos d'Esmée, juste un intérêt non feint mais pas déplacé. Il m'est naturel de parler avec elle, je me sens à l'aise.
- Non, quand on n'a personne sur qui compter, quand on est aussi jeune et aussi désœuvrée, quand notre seul but dans la vie est de la ruiner, rien n'est facile.
- Je m'en doute.
Son regard se perd sur la table. Elle soupire. Son attitude change passablement. Un voile de nostalgie passe dans ses yeux.
- Je n'ai pas vécu exactement la même chose que toi mais j'ai perdu ma mère à l'âge de quinze ans. Je n'avais pas de famille proche, mon père ne m'avait pas reconnue, et j'ai vécu jusqu'à mes dix-huit ans dans un orphelinat.
Bon… je suis scotchée. Je voulais faire la sale gosse, leur montrer qu'une fille comme moi était désespérante et infréquentable, mais il semble que nos histoires se rejoignent d'une façon ou d'une autre. Ça explique pourquoi ils n'ont pas l'air pas choqués par mes propos.
- J'ai fait tout un tas de choses inavouables et illégales avant d'avoir un âge assez mature pour m'apercevoir que je détruisais ma vie.
- Vous aussi, je souffle pour moi-même.
Elle hoche la tête, ses yeux dans les miens. Elle compatit, elle connait ce sentiment insupportable d'isolement et elle sait ce que c'est d'être perdue au point que plus rien n'a d'importance, au point de tester toutes les limites possibles pour juste sentir son cœur battre, son corps réagir.
- Quand j'ai eu dix-huit ans je me suis retrouvée dehors dans un appartement social. J'avais un an pour trouver un emploi. Je ne savais même pas faire cuire un œuf ! elle rit sans joie. C'est à ce moment-là que je me suis réveillée, que je me suis prise en main. J'ai réalisé que personne ne le ferait pour moi.
Je suis fascinée par son discours et je ne prête aucune attention à Edward, même si je sens son regard sur moi.
- J'ai commencé par faire des ménages. Je regardais les intérieurs des maisons et je réfléchissais à la façon dont je pourrais les améliorer. J'avais trouvé ma voie. Puis j'ai rencontré Carlisle, je travaillais chez ses parents.
Carlisle et Esmée ne se regardent pas mais leur léger sourire est le même, empreint de la même nostalgie.
- Au début de notre relation, je ne voulais pas de son aide, même si c'était difficile de se plonger dans les études en travaillant. J'ai continué à faire des ménages et je prenais des cours du soir. A force de patience, il m'a convaincu d'accepter un coup de pouce.
Carlisle prend la main d'Esmée. Elle lève les yeux sur lui et l'éclat qui les anime à ce moment-là est spectaculaire. Ils s'aiment, ils sont… magnifiques, je ne trouve pas d'autre mot pour qualifier ce qu'ils dégagent.
Je ne sais pas bien pourquoi je n'ose pas regarder Edward. Peut-être parce que l'idée de partager cette complicité avec quelqu'un un jour vient de m'effleurer l'esprit et que je me sens stupide.
- Puis j'ai obtenu mon diplôme et Edward est arrivé assez rapidement. Il est né quelques mois seulement après la fin de mes études. J'étais comblée et je le suis toujours.
Ses yeux s'obscurcissent.
- Mais encore aujourd'hui… je sais d'où je viens et qui je suis. Même si je vis confortablement, même si j'ai un mari et des enfants formidables, j'ai toujours l'impression que tout ça va me filer entre les doigts.
Mince ! Moi qui voulais déballer ma vie et passer pour une moins-que-rien, je fais presque pâle figure face à elle. Elle a un courage exceptionnel et je me dis qu'elle mérite cent fois ce qu'elle a construit.
- Et toi Bella ? Quelle est ton histoire ? demande Carlisle posément.
Je les regarde tous les trois avant de me décider. Si Edward est impatient il le cache bien, Carlisle attend sans curiosité malsaine et c'est le regard bienveillant d'Esmée qui me pousse à me livrer.
Je prends une gorgée de ma bière, peut-être pour me donner une contenance et je commence.
- Je ne sais rien de mon père et je suis un accident de parcours pour ma mère. Elle était dépendante à l'alcool et à toutes sortes de drogues. Elle ne s'occupait pas de moi. Elle ne me maltraitait pas spécialement mais elle me terrifiait. Je n'ai pas connu de coups, de violences physiques mais j'ai connu la faim, le dénuement le plus total. J'ai appris seule les gestes de base comme m'habiller, me laver, manger. Par exemple, un jour un ami de ma mère m'a dit que je puais. J'ai cherché comment on se lavait. Après ça je me douchais tous les jours.
La main d'Edward en face de moi glisse sur la table vers la mienne. Je lève la tête vers lui. Mon regard doit être dur parce qu'il se ravise, sans pour autant lâcher mes yeux. Je continue en le fixant.
- J'ai connu des dealers, des paumés, des gens gentils et des moins sympas. Toutes sortes de personnes passaient chez ma mère, elle ne bougeait jamais. Elle faisait comme si je n'existais pas et j'avais appris à vivre avec. C'est quand j'ai été scolarisée que les choses ont changé. Mon enseignante s'est aperçue de ma situation. Mon comportement l'a alarmé, je parlais très peu et très mal pour une gamine de six ans, je ne me laissais approcher par personne, à la cantine je dévorais avec les doigts. Bref, à force de persuasion, j'ai fini par lui raconter mon quotidien. Pour moi tout était normal jusqu'au moment où j'ai vu ses yeux se remplir de larmes. Un an plus tard j'arrivais chez Emmett. Je faisais pleins de conneries, toutes plus débiles les unes que les autres, je me battais beaucoup, j'ai bu, j'ai touché à toutes sortes de drogues… que des choses dont je ne suis pas fière.
Le silence est pesant mais je ne baisse pas les yeux. Le visage d'Edward est doux, calme. Il ne panique pas comme je l'aurais cru, qui plus est devant ses parents. Je ne perçois pas non plus de honte, de gêne ou de confusion. Il est juste… serein et je suis juste… perplexe.
- Et maintenant tu as un travail, tu parais équilibrée, tu es une belle jeune femme, avance gentiment Carlisle. Tu as d'autant plus de mérite d'être la femme que tu es devenue.
Carlisle brise le silence et la connexion entre Edward et moi. Je baisse un peu la tête.
- Je pense que j'ai fait ce que j'ai pu au vu des circonstances.
Je reprends une gorgée de bière.
- Quand je suis arrivée chez Emmett et que je me suis rendue compte du décalage entre les enfants de mon âge et moi, j'ai compris que la seule chose dont on ne pourrait pas me priver était le savoir. Ce que j'avais en moi y resterait. Alors j'ai appris, encore et toujours, mais que des choses pratiques. Tatouer était l'une d'entre elles. L'école, c'était pas mon truc.
Esmée sourit affectueusement à son mari et leur complicité est palpable.
- Elle me rappelle toi au même âge, lâche Carlisle.
Elle ricane doucement, le revers de sa main sur sa bouche.
Si je ne l'entendais pas, je ne pourrais pas le croire. Rien ne laisse penser qu'une femme comme Esmée Cullen, douce, fine, élégante, me ressemblait.
- Et c'est quoi ton truc à part le tatouage ? demande Esmée.
Je dirais bien « baiser ton fils » mais je n'irai pas jusque-là. Ces gens sont charmants, ils ont quelque chose de rare, l'empathie. Ils m'acceptent moi et mes travers sans jugement, avec sympathie, et je ne peux pas faire ma sale gosse, tout simplement parce que j'ai l'impression que rien de ce que je pourrais dire ne leur donnera une mauvaise image de moi.
- La lecture.
- Quel style ?
Esmée s'enthousiasme, il faut croire qu'elle aime lire elle aussi.
- Je lis tout ce qui me passe par les mains mais j'avoue avoir une préférence pour la philosophie.
Esmée et Carlisle éclatent de rire. J'ai dû louper un épisode parce que je ne comprends pas leur joie soudaine.
- "L'homme a besoin de ce qu'il y a de pire en lui s'il veut parvenir à ce qu'il a de meilleur." cite Esmée.
Tout s'éclaire, nous avons les mêmes gouts.
- Nietzsche ! je réponds.
Nous rions tous parce que la coïncidence est tellement flagrante qu'elle en devient délirante.
- Cet homme m'a beaucoup aidé, confie Esmée.
- Ces textes sont vraiment puissants, j'approuve.
- Tu arrives à lire ce genre de pavé ? s'étonne Edward.
- Un pavé ? Tu rigoles ? Une œuvre d'art tu veux dire ! je réponds.
Une fois de plus nous rions. Je suis détendue, je discute avec Edward, avec ses parents, et je suis juste… bien.
Au bout d'une heure, les parents d'Edward prennent congé.
J'ai beaucoup discuté avec Esmée, mais j'ai senti le regard d'Edward et son charisme envahissant toute la soirée et… ce n'était pas désagréable.
Esmée hésite à me prendre dans ses bras mais s'apercevant que je ne vais pas vers elle, elle se contente de serrer ma main affectueusement.
- J'aimerais beaucoup qu'on se revoie, dit-elle.
- Oui pourquoi pas…
Je suis un peu surprise. En même temps, je pense que nous aurons des choses à nous dire. Des choses dont elle a évité de parler en présence d'Edward et qu'elle aimerait partager avec quelqu'un qui lui ressemble. L'idée n'est pas effrayante.
- … Edward a mon numéro, il vous le fera passer et je prendrais le vôtre.
- Pas de vous entre nous, tu peux me tutoyer.
J'acquiesce en souriant.
Carlisle me donne une poignée de main ferme et vigoureuse et un sourire aussi charmant que celui de son fils.
Edward les raccompagne et je reste seule au salon. Je me demande maintenant comment va se passer la suite des événements parce que là, tout de suite, je ne suis sûre de rien.
Je m'approche de la grande baie vitrée, certainement l'endroit que je préfère chez lui, même si je n'ai pas encore visité l'étage. Je mets les mains dans mon sweat et j'attends, à la fois impatiente et sereine.
J'entends ses pas lents m'approcher.
Je ferme les yeux. Je ne sais pas ce qui va se passer et j'espère qu'il ne va pas parler, qu'il va juste me toucher, sans mot, sans préambule inutile. J'ai envie de ça, juste envie qu'il pose ses mains sur moi.
Je perçois d'abord sa présence dans mon dos. Son corps frôle le mien, je sens sa chaleur. Puis son souffle passe sur mon cou. Instinctivement, je relève ma tête qui vient se poser sur son torse. Ses lèvres effleurent ma joue au moment où ses mains passent sur ma taille. Il est doux, tendre.
Je fais un effort pour ne pas bouger. Je fais un effort pour me laisser aller et le laisser prendre l'initiative. Je veux voir jusqu'où ça me mène, à quel point j'aime ça.
Ses bras m'enveloppent, son visage trouve refuge dans mon cou et il me serre. Il reste ainsi quelques minutes, comme s'il s'imprégnait de mon odeur, de mon contact.
A ce moment précis, j'ai la sensation que nous fusionnons, que je suis agréablement blottie, dans un étau tendre et rassurant. Je suis juste… bien. Aussi étrange que ça puisse paraitre, je suis bien.
Puis ses mains se détachent pour trouver le revers de mon sweat et le soulever. Je relève les bras pour l'aider. Mon vêtement s'envole et aussitôt ses mains reprennent leur place sur moi. Elles ne s'immobilisent pas cette fois, elles caressent, l'une mon ventre, l'autre mon sein. Je me cambre pour frotter mes fesses contre son entre-jambe. Le désir monte, subtilement, lentement, mais certainement. Sa bouche aussi s'active et mordille ma peau. Il soupire profondément.
Ma tête commence à tourner, tout disparait autour de moi, il ne reste que lui.
Je lève mes bras pour lui laisser tout l'accès libre à mon corps. Mes doigts s'accrochent à ses cheveux alors que ses caresses se font plus appuyées. Mon tee-shirt disparait et sa main passe sous mon short sans même qu'il n'en ouvre les boutons.
Je gémis quand ses doigts s'immobilisent sur mon sexe déjà humide. Sa deuxième main cajole et pince mes seins avec une force maitrisée. J'accentue la pression de mes fesses mais ça devient insuffisant, bien trop insuffisant.
Je veux plus.
Alors ma décision de le laisser diriger s'envole. Je défais les boutons de mon short et j'appuie sur sa main dans ma culotte pour qu'elle initie le mouvement qui me fera du bien.
- Attends, chuchote-t-il.
Il n'exige pas, il demande plutôt et je repense à mes résolutions.
- Je te veux Edward, je susurre.
Je me reprends quand je réalise ce que je viens de dire. Je ne veux pas qu'il croie que tout est gagné parce que je ne suis sûre de rien moi-même. C'est une expérience, je réponds à mes envies mais ce n'est pas une déclaration. Mon « je te veux » est bien trop intime selon moi.
- Je veux tes doigts en moi… je précise.
Il sourit et je ne saurais dire si c'est à cause de mon changement de discours ou parce qu'il est satisfait de me faire languir de désir pour lui.
Son doigt appuie plus fermement et j'échappe un gémissement.
- Oui… comme ça…
Il embrasse mon cou avec ferveur et bouge ses doigts d'une façon insoutenable. Je sens le plaisir monter à une allure fulgurante. Je gigote, je geins, et quand enfin son doigt entre en moi brusquement, je jouis subitement. Un second doigt accompagne le premier et pousse en moi tandis que je crie son prénom et mon plaisir en tirant sur ses cheveux.
Je perds pied, littéralement. Pendant quelques secondes, mes yeux voient des étoiles et mon corps expulse son désir pour lui.
Putain ! C'est trop bon !
C'est… Edward… Il n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour être sexy au possible.
J'ouvre les paupières et je suis ses doigts qu'il vient de sortir de mon antre pour les amener à sa bouche. Je suis persuadée qu'il n'y a rien de plus érotique que ça.
Je m'aperçois que les yeux d'Edward sont sur ma bouche entrouverte. J'ai dû lécher mes lèvres de gourmandise. Son regard est sérieux et je comprends qu'il veut m'embrasser.
Je botte en touche. Je ne suis pas prête à le lui donner, pas pour l'instant.
Il semble le comprendre puisqu'il lâche un « encore ».
Ce n'est pas une question, c'est une affirmation et je suis plus que d'accord avec lui. Alors je hoche la tête et je souris.
Son éclat légendaire revient et il prend ma main pour me conduire à l'étage.
Je suis torse nu, mon short ouvert mais je ne m'en inquiète pas. Nous avançons à pas vifs, nous sommes affamés et pas encore repus.
Nous pénétrons dans sa chambre que je ne prends pas le temps d'observer, je ne vois que lui.
- Je ne vais pas pouvoir trop bouger, j'espère que ce n'est pas un problème.
Il sourit, il sait déjà que ce n'en est pas un, il sait que j'aime mener le jeu.
- Allonge-toi, je m'occupe de tout, souris-je à mon tour.
Il fait voler ses chaussures et prend place sur le lit king size.
J'enlève définitivement mon short et ma culotte, je n'ai pas de raison de les garder. Je grimpe sur le lit à quatre pattes et je remonte lentement vers lui, mes yeux dans les siens.
- Ce que t'es belle, murmure-t-il presque pour lui-même.
J'aime ça, j'aime voir cette étincelle de désir dans son regard. Je me sens séduisante et… puissante.
Je fais glisser son tee-shirt par-dessus sa tête et je me délecte un instant de son corps. Qu'est-ce qu'il est beau lui aussi, le genre d'homme dont on ne se lasse pas.
J'embrasse son torse. C'est un peu nouveau, je ne fais jamais ça, d'habitude je vais droit au but. Ce soir, avec lui, je veux essayer.
Je caresse ses abdos avec mes lèvres tandis que je déboutonne son jean. Il ne bouge pas. Son sexe est tendu et même si j'ai décidé de prendre mon temps eh bien… je ne peux pas. Je veux le gouter, et tout de suite. Alors je le défais rapidement de ses vêtements et je gobe son membre. Un soupir lourd se fait entendre. Je jette un regard dans sa direction. Ses yeux sont fermés, sa tête enfoncée dans les oreillers, ses poings fermés sur les draps. Il a l'air de faire un effort, sans doute pour ne pas jouir trop vite. Mais je ne suis pas les mêmes plans.
Je lèche, j'aspire avec langueur. Je veux qu'il prenne autant de plaisir qu'il m'en a donné et je peux affirmer sans me tromper que c'est le cas. Ses grognements sont de plus en plus rauques, de plus en plus rapprochés.
- Attends ! s'insurge-t-il.
Alors j'accélère, je le prends plus profondément en bouche, je geins un peu pour le faire vibrer. Il râle, plisse ses yeux, renverse sa tête sur les coussins, tord les draps, se tend et enfin, il jouit dans un soupir de plaisir extrêmement sexy.
Quand son extase est apaisée, je relève la tête vers lui.
Il est serein, un léger sourire flotte sur son visage, il reprend sa respiration doucement. Il ouvre les yeux et s'aperçoit que je l'observe. Aussitôt j'esquisse un mouvement pour sortir du lit mais sa main est plus rapide.
- Viens.
Ce disant il me ramène avec délicatesse contre lui. Je m'allonge à califourchon, son sexe sur mon ventre et ma tête sur son torse.
Ses doigts passent dans mes cheveux, son cœur se calme doucement, sa main ne lâche pas mon bras. Je suis tendue, un peu. Je ne sais pas pourquoi ces moments si paisibles m'agitent. Je me force à rester, et non seulement à accepter sa proximité mais aussi à l'apprécier. Alors je me focalise sur ce qui me plait, sa peau, son odeur, ses caresses.
Nous restons ainsi quelques minutes, sans mouvement, sans mot.
- Je…
- Chut, je souffle.
Je ne veux pas qu'il brise le moment. Je me délecte de lui dans son entièreté, et si au départ je me forçais, là maintenant, je profite et le désir reprend le dessus.
Je gigote doucement sur son sexe pour amorcer son excitation.
- Bella… grogne-t-il.
Chaque parcelle de ma peau répond au son de sa voix si sensuelle.
J'embrasse ses abdos qui se tendent sous mes lèvres. Doucement, presque minutieusement, je m'attarde sur son torse divin. Ses mains empoignent tendrement mes cheveux pour presser ma remontée. Je prends tout de même mon temps parce que j'aime assez qu'il tire sur mes cheveux et aussi un peu le contrarier, rester maitre de la danse.
Enfin nos sexes se trouvent. Il frotte son érection sur mon pubis et je cache mon visage dans son épaule pour maitriser mes soupirs de plaisirs. Mes seins trainent sur son torse, ses mains pétrissent mon dos avec sensualité, tous ses mouvements sont à la fois langoureux et vigoureux. Je commence à perdre pied au moment où sa longueur se présente à mon entrée.
Je relève subitement la tête.
- Préservatif ?!
Ses yeux sont vitreux, lui aussi est déjà ailleurs. Je ne sais pas d'où me vient ce sentiment mais je suis fière de lui faire ressentir ça. Le fait que ce soit moi qui provoque ce désir me remplit d'orgueil et d'une certaine puissance.
- Tu prends la pilule ? susurre-t-il sans aucune inquiétude dans la voix.
Il entre en moi lentement.
- Oui, je geins.
Tout mon corps pétille alors que je le sens progresser en moins avec une lenteur ridicule.
- Et tu es clean ?
- Je te jure ! crie-je au moment où il me pénètre avec force.
Ses mains prennent mon visage en coupe pour que je le regarde bien en face. J'obéis sans hésiter et ce que je vois est foutrement magnifique. Son regard exprime une dévotion quasi insoutenable, sa bouche se tord un peu sous l'emprise du plaisir et laisse échapper ses râles de plaisir.
- Je peux te faire confiance ? murmure-t-il.
Je n'arrive pas à parler. Un sentiment au-delà de tout ce que je connais m'éprend. Une boule se forme dans ma gorge. Je suis désemparée. Je relève un peu le bassin et m'empale de nouveau sur son membre.
Son soupir est irrésistible et les parois de mon entre se resserrent déjà.
Est-ce que c'est possible ?
- Dis-moi ! exige-t-il plus fermement.
Sa voix déclenche un frisson électrique qui se répand jusqu'à mon entre jambe.
Ses mains se soudent à mes joues, il exige une réponse et comme une idiote je suis incapable de parler. Alors je glisse de nouveau sur son sexe et je m'assois sur lui, me dégageant de son emprise.
J'ondule sur lui de façon soutenue. Il malaxe mes seins, les pince fermement, descend sur mon ventre, mes hanches qu'il pétrit. Je vais jouir et je vais venir aussi vite que la première fois.
Mais Edward n'est pas de cet avis, il amène mon visage près du sien et joint nos fronts. Il prend ma fesse en coupe pour écarter plus encore mes jambes.
Il prend un rythme plus lent et je le suis sans même y réfléchir. Nos souffles se mélangent et quelques fois nos lèvres s'effleurent. Je suis perdue dans un plaisir intense. Je m'accroche à ses cheveux et surtout, à ses yeux. Il se passe quelque chose, un lien invisible se tisse entre nous. Je le sens se construire sur son visage, sur sa peau, sur ses mains, sur l'atmosphère que nous dégageons.
- Encore ! je crie.
Je ne maitrise plus rien mais je cache mon visage dans son cou. Trop déstabilisée pour continuer à le regarder.
Il embrasse mon épaule en râlant. Il me maintient collée contre lui et seules nos hanches bougent dans un va-et-vient tantôt doux, tantôt lent.
- Bella… je vais venir…
Ses coups s'accélèrent, se font plus rudes. Je suis sa cadence avec joie et m'enfonce doucement dans un bien-être total.
- Je… je… crie-je.
Il tire sur mes cheveux pour redresser mon visage vers lui. Trop empêtrée dans un plaisir insoutenable tellement il est grandiose, je ne réagis même pas.
Nos cris se perdent ensemble dans l'espace de la chambre. Il pousse en moi jusqu'à ce que nos tremblements s'arrêtent.
Alors j'ouvre les yeux. Ils tombent dans les siens. Je ne peux pas expliquer ce qui se passe réellement à ce moment-là. Je ne peux pas expliquer pourquoi des étoiles scintillent autour de lui, pourquoi tout disparait soudain et qu'il me semble l'être le plus beau sur Terre, ni pourquoi je ris avec lui.
Je ne peux pas l'expliquer mais je sais que je me suis endormie, dans cette position, dans son lit, son membre en moi et mon corps dans ses bras qui me serraient si fort que j'ai cru m'étouffer.
J'étais bien, détendue au possible, empêtrée dans ce confort attachant.
Je me réveille en sentant le sexe d'Edward bouger en moi. Ses doigts s'accrochent à mon corps comme s'il avait peur que je lui échappe. Il murmure de jolis mots : « tu me plais tellement », « tu es si belle », « ma Bella ».
Je panique un peu, je ne suis la Bella de personne, cette idée n'a même jamais effleuré mon esprit. Mais le plaisir prend toute la place, comme les sons qui sortent de sa gorge, comme ses mains sur moi, sa peau contre la mienne. J'oublie mon trouble au moment où il me donne un nouvel orgasme, plus encore intense que les précédents, encore plus empreint de ce quelque chose d'inconnu et de foutrement attirant.
Quand l'ardeur se calme et que mon corps s'effondre sur le sien, Edward siffle de douleur. J'entame un mouvement pour le libérer de mon poids mais il me retient.
- Reste… s'il te plait…
- Tu as mal, je chuchote.
- Je m'en fous…
Sa voix traine et sa respiration m'indique qu'il s'endort. Je le rejoins dans la seconde, incapable de lutter.
Il est très tôt quand j'ouvre les yeux. Il fait encore très sombre. Nos corps moites collent l'un à l'autre quand je me relève. Edward contrarié marmonne quelque chose que je ne comprends pas.
Je suis un peu perdue, les lieux me sont inconnus mais mes yeux s'habituent à la lumière. Je ramasse mes affaires à tâtons, en faisant le moins de bruit possible. En même temps, il dort si profondément que le réveiller semble impossible.
A pas de loup je quitte la chambre et revêts le reste de mes habits près de la baie vitrée du salon. Je reste bloquée sur le paysage. Les rayons du soleil pointent à l'horizon, déversant sur l'océan et la baie des couleurs chaudes mêlées au fin brouillard.
Je colle mes mains sur la vitre. Pendant une seconde, je me dis que je pourrais facilement me lever chaque matin sur cette vue et descendre courir sur le sentier en contre-bas, dans la brume qui se dissipe doucement.
Puis je reviens sur Terre. Je ne suis pas de celles qui ont cette vie, le destin a certainement d'autres plans pour moi, moins doux et moins agréables.
Il est à peine plus de six heures du matin quand j'arrive chez moi. Je prends directement la direction de la salle de bains. Quand je me déshabille, je sens l'odeur d'Edward sur moi. Un frisson me parcourt. Je ferme les yeux et des images de cette nuit envahissent mes pensées.
C'était… Il était… Je n'ai pas de mot, je crois qu'il n'en existe pas pour exprimer ce que je ressens, je ne sais même pas exactement ce que je ressens.
Je me douche longtemps, je prends mon temps. Je n'ai pas envie d'aller courir. Je suis un peu fourbue d'avoir dormi à califourchon sur Edward et je pense avoir eu suffisamment d'activité physique cette nuit.
Devant mon café, mon esprit dérive encore vers lui.
Malgré tout, je n'arrive pas à me laisser aller complètement ou sereinement. Quand j'y pense, je ne sais pas pourquoi je suis partie de chez lui comme une voleuse. Par habitude peut-être, parce que je n'ai jamais pris le petit déjeuner avec un homme avec qui je viens de coucher. Qu'étais-je censée dire ou faire ? Je n'en ai aucune idée.
Faire le café ? Le réveiller avec ma bouche sur son sexe ? Lécher son torse parfait ? Prendre ma douche avec lui ?...
Je tire mes cheveux à la racine et je serre les cuisses.
Partager du sexe, même intense, je sais faire et cette nuit me le prouve, mais des mots… je ne suis pas sûre.
Lui dire que je n'ai jamais connu un tel plaisir ? Lui avouer qu'il est irrésistible quand il jouit ? Lui confier que sa voix et sa peau viennent de passer tout en haut des choses que j'aime par-dessus tout ?...
Je ne crois pas que je pourrais faire ça et je ne sais pas vraiment pourquoi.
Et puis, il va partir. Je n'ai même pas évoqué le sujet avec lui. A bien y réfléchir, nous n'avons parlé de rien. Nous avons partagé nos émotions par un biais différent de la parole. Je préfère. Je ne suis pas forte pour m'exprimer.
Il vaut peut-être mieux qu'il s'en aille, qu'il trouve ailleurs ce qu'il cherche. La déception pointe vicieusement dans mes entrailles quand j'y pense mais je peux y faire face, je peux m'en sortir avec ça. Je crois…
Nous sommes samedi et le salon est fermé exceptionnellement.
Je suis déçue de n'avoir rien de spécial à faire. Je tourne en rond. Je m'assois dans mon lit et j'essaie de me plonger dans la lecture, sans succès. Alors je m'allonge et je cherche le sommeil. Ma nuit m'a laissé peu de répit, me reposer est une bonne idée, même si mon esprit n'est pas d'accord avec ça.
Je commence à m'assoupir quand mon téléphone sonne. Surprise, je fais un bond pour m'en saisir. Je regarde l'émetteur.
Edward…
Mon cœur accélère et mes mains tremblent.
Je ne saurais dire si c'est à cause de la surprise, de la crainte ou de la joie.
