Salut!
Désolée je suis très en retard... et désolée encore parce que je ne vais finalement pas pouvoir vous servir deux chapitres par semaine.
Si les choses changent de mon côté j'y reviendrais mais pour l'instant, ce n'est juste pas possible.
Donc je publierai le samedi ou le dimanche.
Et si j'ai du temps je vous ferai une petite surprise le mercredi mais je ne préfère pas m'engager là-dessus pour l'instant.
Merci les Guests!
Tout semble bien aller pour Edward et Bella mais l'histoire est loin d'être finie ;p
Merci Jennifer! J'espère que cette suite te plaira encore :)
A bientôt!
¤o¤o¤
Chapitre 19
Toxic(Yael Naim)
J'avance d'un pas rapide vers le lieu de rendez-vous que j'ai indiqué à Alice. La haine insufflée par les confessions de Jasper ne faiblit pas. Mes membres tremblent, je suis comme en transe. Je me repasse le film d'un Jasper anéanti et je me force à accélérer le pas pour en finir au plus vite.
Je remarque que j'ai presque une heure de retard. Elle m'aura attendue j'en suis sûre.
Elle est au téléphone quand j'arrive ce qui m'énerve un peu plus. Il faut que je me débarrasse de ce sentiment obscur, il faut que je reprenne mes esprits. Alice est fragile, si je l'aborde trop frontalement elle va se braquer ou pleurer et je n'aurais pas de réponse à mes questions… aux questions de Jasper plutôt.
- Salut, je lance en m'asseyant.
Je ne prends pas en compte le fait qu'elle soit au téléphone. Je suis là maintenant, elle doit raccrocher.
- Je te laisse, mon amie vient d'arriver. Oui… je ne sais pas… bon… on verra…
Son air m'agace aussi. J'ai envie de la secouer pour son attitude si indécise, pour ce qu'elle fait à Jasper.
- Ça va Alice ?
Elle perçoit immédiatement que ma question n'est pas anodine et qu'un simple « je vais bien » en réponse ne sera pas suffisant.
Elle baisse la tête, son attitude habituelle.
- As-tu vu Jasper ?
Elle est perspicace et je suis soulagée. Je ne suis pas d'humeur à lui tirer les vers du nez.
Je hoche la tête en appuyant mon regard sur elle. Même si elle ne le voit pas je sais qu'elle le sent.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? demande-t-elle d'une petite voix.
Je soupire lourdement. Je ne suis pas une habituée de ce genre de conversation. Je le fais pour Jasper, parce qu'il est mon ami et parce qu'il n'y a rien que je ne ferais pas pour lui, pour le voir heureux.
Mais là tout de suite mes nerfs sont mis à rude épreuve et je ne suis pas sûre d'arriver à me contenir.
- Il m'a dit que tu revoyais ton ex, je lance sèchement
Je mens un peu mais c'est la conclusion à laquelle je suis parvenue après ma conversation avec Jasper.
Elle se ratatine sur son siège. J'ai vu juste apparemment.
- Ecoute Alice, je ne connais pas ton histoire dans les détails, mais franchement, qu'est-ce qu'il a de plus que Jasper ?
Elle tripote ses mains nerveusement.
- Rien, il n'a rien de plus.
- Après tout ce que t'a fait ce type, comment peux-tu juste penser le revoir ?
- J'ai peur Bella.
Elle plonge ses yeux humides dans les miens et je suis décontenancée. Encore une fois, elle me donne envie de la consoler autant que de la gifler.
- Jasper est génial mais on ne se ressemble pas. On n'a pas les mêmes centres d'intérêt, pas la même vie, pas de projets…
- Pourtant ça marche entre vous, je la coupe.
Le silence s'étend alors je continue.
- Il est un peu tôt pour les projets et on n'a pas besoin de se ressembler pour qu'une relation marche.
En réalité je n'en sais rien du tout. Je me base sur Jasper et son comportement de ces derniers temps. J'ai vu qu'il était heureux avec elle, pas seulement content mais heureux, même si je n'en comprenais pas vraiment la raison.
- Jasper a changé. Il est vraiment attaché à toi. C'est vrai... je soupire bruyamment pour me reprendre et chercher mes mots. Je ne sais pas trop pourquoi toi… Tu n'es pas la fille avec qui je pensais qu'il se poserait. Jasper n'était même pas censé se poser. Je crois qu'avec toi, il trouve l'équilibre, la simplicité dont il a besoin dans sa vie.
Je m'étonne moi-même de mon discours, d'autant plus que je sais que j'ai raison et je comprends maintenant, juste à l'instant, l'attrait d'Alice pour Jasper.
Elle ne répond rien et je me fais violence pour ne pas exploser.
- Tu n'es pas bien avec lui ?
- Si !
Elle lève la tête brusquement, sa réponse est des plus spontanées.
- Mais j'ai l'impression qu'il ne fait pas le bon choix avec moi.
De nouveau elle se recourbe.
- Il est assez grand pour savoir ce qu'il fait. Il a été attiré par toi dès les premières secondes. Je l'ai vu, je l'ai même ressenti. Il n'y avait rien qu'il puisse faire contre ça. C'est toi, il n'y a que toi qui compte pour lui et je vois bien que tu comptes même beaucoup Alice.
Tout ceci est d'une stupidité sans nom. Tenaillée entre le stress et l'exaspération quant aux propos d'Alice, je me sens épuisée. Je passe la main dans mes cheveux et je souffle de dépit.
Je pense à Edward. Même si la situation est très différente, je me demande si elle n'a pas des similitudes avec la mienne. Je crois que je ne pourrais plus résister à Edward. Je crois qu'il existe une sorte de déterminisme qui fait que lui et moi sommes destinés, peu importe ce que j'entreprends pour nous séparer.
Je chasse ces idées, elles n'ont pas lieu d'être ici et maintenant.
Je prends les mains d'Alice dans les miennes et je cherche son regard.
- Il t'a choisie toi et tu devrais être fière de ça parce que Jasper est un gars exceptionnel, je conclus.
Mes pensées dérivent vers le moment que je viens de passer avec lui. Et je ressens une bouffée d'amour pour lui, quelque chose qui m'arrive rarement. J'ai un élan protecteur envers lui et je crois que je pourrais soulever des montagnes pour qu'il retrouve sa légèreté.
« Exceptionnel » est un mot faible pour exprimer ce qu'est Jasper. Je suis fière de faire partie de sa vie, d'être juste son amie.
- Je sais, murmure-t-elle.
- Il a besoin de toi Alice, que tu ne le comprennes pas n'est pas la question. Si toi aussi tu ressens ça, tu dois foncer et mettre tes doutes de côté.
Une larme dévale sa joue.
- Qu'est-ce qui se passe avec ton ex ?
Je ne prends pas de gants, je la secoue un peu pour qu'elle accepte la réalité et je passe directement à l'autre sujet de ma présence ici. Je ne réfléchis plus à la façon dont j'approfondis les choses, je le fais, c'est tout.
Elle passe ses mains sur son visage et son regard se voile.
- Il, elle insiste sur ce mot, me rappelle. Il veut me revoir, il m'assure qu'il a fait une erreur, qu'il s'en veut, qu'il m'aime, que je dois lui donner une autre chance…
Ok, c'est classique. Même moi je connais ce refrain en partie. Mais franchement, c'est plutôt facile de se débarrasser de ce genre de pou.
- Tu l'envoies balader et c'est bon. A moins que tu ne sois intéressée ?...
- Bella, elle approche au-dessus de la table comme si elle avait peur qu'on l'entende. Ce n'est pas aussi simple. Il est très difficile de dire non à Alec. Il ne baissera pas les bras tant qu'il n'aura pas eu ce qu'il veut.
- Il n'est qu'un être humain, un homme comme les autres. Au pire laisse Jasper lui casser la gueule.
- Surtout pas !
Elle a réellement l'air effrayé. Son regard est inquiet, elle serre ses doigts pour les empêcher de trembler.
- Alec est avocat, un très bon avocat. Son ambition est de devenir juge et il a le bras long. Il attaquerait Jasper en justice et il gagnerait.
- Alice, tu as peur de ce type ?
Elle hoche la tête.
- Il est devant le café, avoue-t-elle.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Il suit le moindre de mes déplacements Bella. J'ai refusé de passer la soirée avec lui alors il m'a suivie. J'étais au téléphone avec lui quand tu es arrivée. Il veut que je le rejoigne après.
- Putain de psychopathe, je vais lui faire bouffer ses…
- Non ! elle attrape mon bras. Tu n'as pas compris ce que j'ai dit à propos de le malmener ?
« Malmener », le vocabulaire d'Alice m'étonnera toujours, même dans ce genre de situation.
Je réfléchis mais pas longtemps.
Je dois la jouer fine et j'ai une idée. Je ne suis pas sûre que ça marche mais d'après les informations que j'ai, je tente le coup. Je suis obligée de le tenter, je ne peux pas laisser s'éterniser cette situation, quelqu'un doit se charger d'y mettre fin.
- Dis-lui de nous rejoindre, dis-je d'un ton ferme.
- Tu es sûre ? s'étonne-t-elle.
- Non, mais je peux essayer.
- Que vas-tu faire ?
- Je ne peux rien te dire mais fais-moi confiance.
Elle voit clairement ma détermination et avec l'hésitation qui la caractérise elle sort le téléphone de son sac à main. Elle tremble en composant le numéro. Sa voix est faible et son ton peu assuré.
Quelques secondes plus tard, un homme se dirige vers nous.
Il n'est pas mal, un grand brun aux yeux bleus. Il est habillé très élégamment, un costard surement griffé, des chaussures en cuir impeccables et même une cravate.
Il avance avec assurance. Son regard est focalisé sur Alice et son attitude très sérieuse.
Il prend le visage d'Alice en coupe et essaie d'embrasser ses lèvres. Elle tourne la tête et il tombe sur sa joue.
C'est à ce moment-là que j'ai compris à quel point cet homme était vicieux.
Quand ses doigts se sont resserrés sur ses joues, quand son regard a promis l'enfer à celui d'Alice, quand les traits d'Alice se sont décomposés et qu'il s'est retourné vers moi, toute trace de colère disparue, qu'il m'a souri amicalement et m'a tendu sa main comme si de rien n'était.
Je cache ma méfiance, au contraire, je la joue très souriante et même affectueuse.
- Je suis Alec, sourit-il.
- Je suis enchantée, je minaude en retour. Je suis Bella.
Je fais pétiller mes yeux et lui donne un sourire espiègle.
Je prétends que je viens de rencontrer Alice et n'avoir jamais entendu parler de lui jusqu'à ce soir. J'amène finement mon stratagème.
Nous parlons tous les trois, enfin, tous les deux. Alice ne participe pas à notre échange parce que je fais en sorte d'accaparer toute l'attention de Alec.
J'ai détaché mes cheveux, j'enroule une mèche autour de mon doigt de temps en temps pour me donner un air mielleux, je parle avec douceur et ris à la moindre de ses blagues. Je me tiens bien droite, je mets en avant mon décolleté, je le touche le plus souvent possible, pas longtemps et juste le bras ou la main.
Il est conquis.
Il tourne presque le dos à Alice, ses pupilles brillent de plaisir, il fait le beau tant qu'il peut, l'homme viril, avec une bonne profession, beaucoup d'argent. Il donne des précisions sur le quartier huppé dans lequel il vit, sur les voyages qu'il fait régulièrement, il me donne même la marque de sa voiture. Je n'y connais rien mais je peux dire que cette marque est très coûteuse. Je m'extasie sur la moindre de ses paroles.
Il ne s'intéresse pas une seconde à ce que je dis et ne parle que de lui. Il est si fier que je sois ainsi fascinée par ses propos que c'en est risible.
C'est presque trop facile.
Je me lève en prenant soin de passer mes mains sur mon corps, lentement, sensuellement, de haut en bas, prétextant remettre en place mes habits.
Ses yeux noircissent, je l'ai ferré.
- Je dois aller au petit coin, dis-je d'une voix qui pourrait exciter le plus farouche des hommes. Sais-tu où elles sont ?
Il ouvre la bouche et la referme plusieurs fois.
Ce n'est pas presque facile, c'est trop facile.
Comment Alice a-t-elle pu rester si longtemps avec un homme si répugnant ?
Il bave devant elle sur une autre femme. Il a tellement confiance dans le fait qu'elle est sienne qu'il ne se pose même pas de question. Il pense qu'elle est son jouet, qu'elle lui reviendra quoi qu'il arrive. J'espère lui prouver ce soir qu'il a tort.
Alice reste dans son coin. Elle a la tête baissée et les mains jointes. Elle ne bouge pas d'un pouce, comme elle s'enfermait dans une carapace invisible. Il semble qu'Alec l'ait complètement oubliée et même qu'il s'en contre fiche.
Ça m'exaspère un peu plus mais ça m'arrange aussi. Il va aller droit où je veux l'emmener.
- Je… j'ai besoin d'y aller moi aussi. Je t'accompagne, bégaye-t-il.
Je fais ma « coquine » ou ma « pute » en lui lançant un clin d'œil aguicheur. Je lui fais comprendre que je suis tout à fait d'accord avec lui, que je n'attends que ça.
J'ai bien joué mon rôle, il me suit comme un petit chien et je me déhanche exagérément pour lui prouver qu'il va m'avoir.
Mon sang pulse dans mes veines, je l'entends dans mes temps. Je ne sais pas si c'est à cause de l'adrénaline ou du dégout profond que ce type attise en moi.
J'espère qu'Alice n'en perd pas une miette et que ça lui servira de leçon par la même occasion.
Sur le trajet, j'enclenche discrètement mon portable sur enregistreur. Je ne suis pas sûre que ça fonctionne mais Alice m'a prévenue qu'il était procédurier alors je me dis que ça pourra peut-être faire office de preuve, au cas où.
Devant les portes des toilettes je me retourne. Je lui lance un regard interrogateur pour savoir s'il préfère les toilettes des dames ou des hommes.
Je n'aime pas mon attitude, je me sens sale mais ça passera. Je fais ça pour la bonne cause, pour Jasper, et je m'en persuade autant que je peux.
Il ouvre la porte des toilettes des femmes, attrape ma main et me pousse sèchement dans une des cabines. Il me colle brusquement contre le mur et se jette sur mon cou.
Il me traite comme un objet, comme s'il avait toute la maitrise des choses et je fais tout pour l'en persuader.
J'ai la nausée, je vais vomir, je dois reprendre le contrôle.
Je saisis ses épaules et l'éloigne contre le mur opposé. Mes yeux sont dans les siens quand je pose ma main sur son membre déjà raide.
- Tu veux me sucer hein salope, dit-il en tirant fort sur mes cheveux.
J'ai une pensée pour Edward, pour la façon dont il tire mes cheveux et comme j'aime ça, contrairement à ce que me fait ce connard.
Je dois l'oublier, me défaire de ces réflexions, c'est stupide. Flancher maintenant n'est pas une option. J'irai jusqu'au bout.
- Non je ne veux pas…
Mon ton est très sérieux et il est décontenancé une seconde. Je lui fais un clin d'œil et une lueur maligne passe dans son regard. J'ai vu juste, il aime diriger, il aime ce genre de fantasme où l'homme a une totale domination sur la femme. Il est très excité.
- A genoux !
- Non s'il vous plait, dis-je d'une voix un peu brisée.
Il empoigne mon épaule et je le laisse me forcer à me mettre à terre devant lui. Ce type me dégoute comme jamais aucun type ne m'a dégoutée.
De nouveau je pense à Edward, mais pas longtemps. Je ne peux pas m'attarder sur lui.
Je défais sa ceinture et sa braguette lentement en maitrisant du mieux que je peux la nausée qui m'assaille. J'élabore mon plan, je réfléchis au meilleur moyen de couper court à la mascarade.
- Tu vas pomper ma bite bien fort hein petite salope ?
- Non, s'il vous plait, ne m'obligez pas.
J'exagère le trait et ça lui plait foutrement. J'ai l'impression qu'il va jouir dans son slip.
Je retiens un nouveau haut-le-cœur.
Il saisit mes cheveux et s'occupe lui-même de baisser son pantalon.
C'est là qu'on rigole… ou pas.
Au lieu de poser ma bouche sur sa queue comme il l'exige en poussant sur ma tête, je l'empoigne et je serre.
- Putain qu'est-ce que tu fais connasse ?
Il tire sur mes cheveux pour me redresser mais je ne bouge pas.
- Lâche putain !
Sa main cogne ma joue. Je dirais bien qu'il frappe comme une fillette mais même une fillette a plus de force que lui. Je resserre un peu mes doigts et il lève les mains devant lui.
- Bouge pas connard. Si tu fais un seul geste je réduis ton…
Je ne sais même pas comment nommer son sexe tant il me dégoute.
- … truc en bouilli. J'avais bien dit « non » !
J'accentue encore la pression de mes doigts sur son membre pour lui prouver que je ne plaisante pas et que si j'appuie un tout petit peu plus, la douleur sera fulgurante.
- Mais tu simulais, c'était sexuel… se plaint-il.
Il ne comprend plus rien. Il est si pathétique.
- Sexuel mon cul ! Quand une femme dit non, c'est non !
Et je pense à Alice qu'il force à accepter des rendez-vous dont elle n'a pas envie. Je crois voir une étincelle de compréhension dans son regard.
- Je te donnerai ce que tu veux, je ferai ce que tu veux, s'apitoie-t-il.
- C'est bien ce que tu vas faire et tout de suite.
Il n'ose pas bouger, il n'ose même pas me frapper. Je le tiens dans la paume de ma main, au sens propre comme au figuré.
- Maintenant, je grince, tu vas me suivre gentiment. On va aller dire à Alice comme tu peux être un petit-ami fidèle.
- Ne fais pas ça putain !
- C'est bien peu par rapport à ce que je voudrais te faire là maintenant, je crache.
Et je serre ma prise pour lui montrer que je me contiens.
Il gémit. J'adore ce son, j'adore le fait que ce vicelard soit ma proie et que je sois une putain de prédatrice.
- Remets ton pantalon, j'exige.
De mauvaise grâce il s'exécute.
Quand je saisis son bras, il essaie de se débattre et je prends un coup de coude sur la pommette.
Le con ! Ça pique !
Là je ne joue plus.
Je mets un coup de genou dans ses parties intimes. Je me retiens, je ne veux pas le mettre à terre ni lui laisser de trace. Il se plie quand même en deux sous le choc.
Alors, j'empoigne ses cheveux pour le relever et le caler contre le mur. Je saisis ses bras pour les maintenir dans son dos.
Je sais comment bloquer un homme ou une femme, j'ai des années de pratique. Pas besoin de beaucoup de force mais d'une bonne technique. Un jour j'ai même réussi à bloquer la montagne de muscle qu'est Emmett alors qu'on jouait. Son égo en a pris un coup et il n'a plus jamais voulu jouer de cette façon avec moi.
- Avance !
Je le pousse sans ménagement.
- Je te ferai payer ça salope ! Tu vas pas t'en tirer comme ça !
Il me menace ardemment mais franchement je m'en fous, il ne me fait pas peur. Je connais mille et un moyens pour l'intimider sans laisser de trace.
- Tu m'as presque violée et c'est moi qui dois payer ? Je ne ferais pas trop le malin si j'étais toi.
Il sent dans mon ton que je ne plaisante pas et que j'avais préparé mon coup, même s'il ne sait pas exactement de quelle façon.
Nous arrivons dans la salle. Il est au vu de tous les clients. Je jubile.
J'ai l'impression d'être au lycée et de forcer un connard à faire ses excuses à un pauvre gars qu'il avait frappé. Ça m'est arrivé quelques fois. Je n'aime pas l'injustice.
- Alice !
Elle se lève sous la surprise de ma voix et sa bouche s'ouvre sous la surprise de ce qu'elle voit.
C'est à elle d'entrer en scène, j'espère qu'elle ne va pas se débiner.
Elle se tient immobile, stupéfaite, alors que j'avance vers elle avec ce lourdaud.
- Voilà ton ex. Ce petit con voulait me forcer à avoir du sexe avec lui. Qu'est-ce que tu penses de ça ?
Elle doit faire ou dire quelque chose « maintenant » !
Mes espoirs sont comblés quand je vois ses yeux s'emplir de fureur.
Sa main part avec violence et s'écrase sur la joue d'Alec.
- Tu n'es qu'une pourriture ! hurle-t-elle. Une ordure de la pire espèce !
Je jubile encore et je serre ma prise sur son poignet pour lui faire mal mais sans laisser de trace.
Le silence autour de nous est lourd. Les clients médusés ont interrompu leurs discussions et regardent le spectacle.
- Qu'est-ce qui se passe ? nous interpelle la serveuse.
Alors je me retourne vers le comptoir, je fais exprès pour qu'elle nous voit, elle pourrait être un témoin.
- Ce type a voulu m'agresser.
Elle semble interloquée, elle n'a pas l'air de bien comprendre.
Rapidement je fais face à Alice.
Elle est tendue au possible et ses poings serrés le long de son corps tremblent. La rage la submerge.
Je la regarde bien en face, c'est maintenant où jamais.
- Je regrette le jour où je t'ai croisé, je regrette d'avoir été si faible avec toi. Tu ne reposeras plus jamais les mains sur moi. Je ne veux plus que tu m'appelles ou même juste que tu penses à moi ! Sale… sale… connard !
Entendre Alice jurer est si bizarre mais si jouissif en même temps.
Je le repousse violemment. Il est déséquilibré et trébuche sur ses pieds avant de s'enfuir sans perdre de temps, surement soulagé que je ne lui fasse pas plus mal.
Je me précipite au comptoir du bar. La serveuse ne percute toujours pas et me regarde avec de grands yeux.
- S'il vous plait, ce type m'a agressée, regardez.
Elle jauge ma joue et comprend, aidée par la scène à laquelle elle vient d'assister. Elle se réveille enfin.
- J'appelle les flics, lance-t-elle.
- Non ! Ce n'est pas nécessaire, il a eu ce qu'il mérite. Je pense qu'il y réfléchira à deux fois avant d'agresser à nouveau quelqu'un.
- Tu es sûre ?
Je ne sais pas. Est-ce que je devrais porter plainte ? Non, je ne veux pas m'embarrasser de ce foutoir, pas mon genre. Par contre je garderai l'enregistrement on ne sait jamais.
- J'ai eu très peur, j'exagère. Mais oui certaine.
- Tu t'en es bien sortie ma grande ! Je te laisse mon numéro de téléphone, si tu te décides un jour à porter plainte, tu pourras compter sur moi.
Je hoche la tête, un peu surprise par cet élan de solidarité mais ravie en même temps.
Elle est bien gentille mais je dois faire vite. Je n'ai qu'une envie et Alice qui trépigne près de moi à la même, sortir d'ici.
- Vous auriez de la glace s'il vous plait ?
- Bien sûr.
En deux temps trois mouvements, elle me tend un sachet de glace. Je la remercie chaleureusement, je prends Alice par le bras et nous sortons. Nous courons sur deux pâtés de maisons avant de nous arrêter.
- Putain de merde ! s'extasie-t-elle.
J'éclate de rire, poussée par la pression accumulée qui demande à sortir et par le juron d'Alice. Elle pleure et rit de la même façon, avec frénésie. Ça fait beaucoup d'émotions pour elle.
On s'assoit sur le bord du trottoir pour reprendre nos esprits. Je pose la glace sur ma joue et je siffle.
- Merci Bella.
Elle est émue mais semble plus sereine, soulagée.
- C'est toi qui as mis le coup de grâce ! Tu as une sacrée droite !
Je détends un peu l'ambiance. Nous l'avons fait, et Alec n'est pas si stupide pour tenter une nouvelle approche. A l'avenir il y pensera à deux fois avant d'appeler Alice.
Elle ricane, fière de son fait.
- J'ai un enregistrement de ce qui s'est passé dans les toilettes.
- Garde-le précieusement. Je pense qu'il ne nous posera pas de problème, il a bien trop honte, mais on ne sait jamais.
J'acquiesce. J'en ferai une copie que je lui donnerai. Elle est bien meilleure que moi pour gérer ces affaires.
- D'ailleurs, tu devrais prendre une photo de ton coup s'il laisse une marque.
J'acquiesce, elle sait mieux que moi.
- Ma voiture est restée sur le parking du bar, dit-elle.
- Je t'accompagne.
Je sens qu'elle n'est pas tranquille de retourner sur le lieu des faits mais elle n'a rien à craindre. Si Alec a un tant soit peu d'amour propre, et je ne doute pas qu'il en ait une bonne dose, il aura déguerpi le plus vite possible.
- J'ai très envie de voir Jasper. Je vais passer chez lui, avoue-t-elle.
- Jasper dort profondément. Il n'était vraiment pas bien quand je l'ai quitté.
J'hésite à lui en dire plus et notamment à lui parler de sa mère mais je pense que Jasper lui parlera de ce qu'il voudra, ce n'est pas à moi de le faire.
- Je suis sûre que c'est une bonne idée mais attends demain. Il n'entendra pas la sonnette.
- J'ai le double de ses clés.
- Vous n'avez pas couché ensemble mais tu as le double de chez lui ?!
Ma réflexion est partie sans que je ne puisse la retenir. Jasper doit avoir une grande confiance en elle pour lui confier ses clés.
Dans l'obscurité de la nuit je devine qu'elle rougit, perturbée que je connaisse l'étendue de leur vie sexuelle.
- Je ne me sens pas à la hauteur pour coucher avec Jasper, avoue-t-elle.
Je ris, un rire franc et spontané, un rien moqueur. Ça tire un peu sur ma pommette mais je ne peux pas m'en empêcher.
- Alice, Jasper le sera pour vous deux !
Elle se renfrogne, piquée.
- Je veux dire… Laisse-toi guider si tu n'es pas sûre. Jasper en a très envie parce qu'il t'apprécie beaucoup. Pour lui aussi c'est nouveau. Ce sera un peu comme une première fois.
Nous arrivons à la voiture quand je prononce ces derniers mots. Elle me sourit, amusée par ma réflexion et certainement par le mal que je me donne pour la rassurer.
Sans que je ne m'y attende, elle serre ses bras autour de moi. La surprise passée, j'accepte son étreinte en posant ma main dans son dos.
- Merci Bella, elle murmure émue. Merci pour tout. Tu ne sais pas à quel point…
- C'est bon Alice, laisse tomber, je souris.
J'accepte ainsi sa reconnaissance.
Au fond, j'ai de l'affection pour Alice, elle est une fille bien. Elle est sensible c'est certain, peut-être plus que la moyenne, mais aussi et surtout pas mal perdue et un peu barrée, comme nous tous en fin de compte.
- Tu veux que je te ramène chez toi ?
- Non ça va, je vais marcher.
¤o¤
Il est tard quand j'arrive devant chez Edward.
J'ai marché longtemps avant de me décider. Je n'étais pas tranquille, j'avais besoin de lui. Cette idée m'effraie en un sens, mais c'est la conclusion à laquelle je suis arrivée après maintes tergiversations de mon esprit tordu.
Je sonne. J'entends sa voix éraillée par le sommeil s'étonner quand je dis mon nom.
Je passe le portail et l'aperçois sur le pas de la porte.
Ses cheveux sont dans un désordre plus prononcé que d'habitude, ses yeux sont vitreux. Il ne porte qu'un boxer qu'il a dû enfiler à la va-vite quand il a entendu sonner. Son corps est stupéfiant.
Avant même de passer le seuil de sa porte je suis dans ses bras. J'ai besoin de sa peau, de son odeur, de lui.
Il frotte son nez contre mes cheveux et leur donne un baiser.
- Tout va bien bébé ?
Forcément, il se demande ce que je fais là alors que je ne devais passer que le lendemain.
Je le serre un peu plus pour toute réponse. Il n'insiste pas. J'ai l'impression qu'il me comprend, qu'il accepte mes comportements sans avoir besoin de détails. Une grande part de notre relation passe par le silence entre nous. J'aime ça.
Nous pénétrons enfin à l'intérieur.
- Couche toi, dis-je. Je vais prendre une douche et je te rejoins.
- Je t'accompagne.
Je souris. Il est si exténué que je ne suis pas sûre qu'il arrive à tenir debout deux secondes de plus. Quant à moi, je suis encore trop secouée et sans force.
- Dors, j'arrive tout de suite.
Il ne se fait pas prier. Il enlève son boxer et je m'aperçois qu'il commence à bander.
Cet homme est une vraie machine ! Pas que je m'en plaigne mais ce soir, je n'ai plus d'énergie.
Il se recouche en marmonnant un « fais vite ».
Je me douche rapidement. J'essaie de ne pas repenser à ma soirée chargée, Jasper, Alice. Je me rassure, tout ira bien pour eux maintenant.
Dans le miroir je m'aperçois que le coup sur ma joue n'a pas gonflé mais il est tout de même bleu. J'imagine que l'obscurité et le manque de sommeil d'Edward ont fait qu'il ne l'a pas vu, mes cheveux détachés et habilement placés sur le côté y sont sans doute aussi pour beaucoup.
Tant mieux, les explications, parce que je sais que je devrais m'en expliquer, attendront demain. En même temps, je ne tiens pas à lui cacher ce que j'ai fait ce soir.
Je prends un selfie comme me l'a conseillé Alice avant de passer un peu de pommade sur ma joue.
J'entre dans le lit, nue. D'habitude nous dormons nus parce que nous baisons toute la nuit et que les pyjamas sont de trop. Ce soir, je veux juste sentir sa peau contre la mienne, son odeur sur moi, ses bras autour de moi.
- Ma Bella, bafouille-t-il en me pressant contre lui.
Ce soir je me blottis contre lui, pas pour du sexe, pas parce que je me force, mais parce que j'en ai envie, parce qu'il est « mon » mec et que je ne pourrais pas être aussi bien ailleurs qu'avec lui.
