Salut!
Vraiment je suis désolée! Comme je vous le disais je suis sous l'eau en ce moment! Et ce encore pendant 2 semaines...
MERCI de vous arrêter sur cette histoire et de laisser un petit mot!
Vous ne savez pas à quel point je suis flattée!
Je vous adore!
Bonne lecture à bientôt!
¤o¤o¤
Chapitre 27
True love waits
(Radiohead)
¤ Edward ¤
Mon monde s'écroule.
Je commence à courir vers le salon de tatouage, vers l'origine du feu, comme si je pouvais y faire quoi que ce soit. Je suis coupé dans mon élan, retenu fermement.
« Monsieur ! Du calme ! » m'ordonne une voix très autoritaire. Je l'entends à moitié, trop brouillé par une foule d'émotions que je ne maitrise pas.
Je me débats, j'essaie d'échapper à l'emprise de l'homme que je ne réalise pas être l'agent de police. Incapable de maitriser mes réactions, je crie, je pousse, j'essaie d'avancer, mais rien n'y fait et en quelques secondes je me retrouve à terre, la tête contre le bitume et un poids lourd sur le dos.
Je ne bouge plus, plus exactement je ne peux plus bouger.
- Est-ce que je vais devoir vous menotter monsieur ?
C'est une fausse question. L'agent que j'ai clairement identifié désormais veut savoir si je suis calme et certainement si je vais finir par bien sagement aller garer ma voiture ailleurs.
Je ne sais pas trop si je suis calme mais je sais sans l'ombre d'un doute qu'il n'y a rien que je puisse faire et me sentir menotter est la dernière chose dont j'ai envie.
- C'est bon…je grince entre mes dents.
Être ainsi maintenu est douloureux, son genou sur mon dos me broie les os.
- Ok alors je vais vous relever doucement et nous allons parler.
Parler…oui… savoir s'il y a des blessés, où sont Bella et Emmett ? Et surtout, est-ce qu'ils vont bien ?
Je suis incapable de dire ce que je ressens, comme si j'étais dans un putain de cauchemar et simple spectateur. Et dans un sens c'est ce que je suis, complètement désœuvré et impuissant.
Je vais me réveiller c'est pas possible !
Le policier m'aide à me redresser sans desserrer ses doigts de mon bras. Il échange quelques mots avec je ne sais qui dans le talkie-walkie. Je suis plus que perdu là tout de suite. Je regarde autour de moi à la recherche d'un indice, d'une silhouette familière mais en réalité je ne saisis rien de ce qui se passe, trop ahuri par l'énormité de la situation et désorienté au possible.
- Vous connaissez des gens qui habitent le quartier ?
- Oui…ma voix tremble. Je connais Emmett, il est le propriétaire du salon de tatouage et il habite juste à côté.
Non seulement ma voix tremble mais aussi tout mon corps.
Comment faire pour réaliser ce que je suis en train de vivre ?
Et cette petite voix tapie au fond de ma conscience qui répète sans cesse « si tu n'étais pas parti tout ça ne serait pas arrivé ».
- Tout l'immeuble a été évacué et même les établissements adjacents. Les pompiers sont en train de maitriser le feu. Si ce Emmett est ici nous allons le trouver. Et ensuite vous viendrez sagement garer votre voiture ailleurs.
Il ne perd pas le nord et si la situation avait été normale j'aurais pu en rire. Pour l'heure je me contente de le suivre sans broncher, sans bien comprendre, avec une seule idée en tête, retrouver Bella et Emmett.
Nous avançons vers les ambulances. Je titube un peu, l'agent et sa solide poigne m'aident à me maintenir sur mes jambes. Je regarde de tous côtés sans rien voir en particulier, juste des ombres formées par les différents gyrophares qui déambulent plus ou moins vite, des cris, des gémissements, comme une rengaine persistante.
C'est à ce moment-là que j'entends cette voix si intime, reconnaissable entre mille même en état de choc, même au milieu de ce brouhaha infernal. Et elle appelle mon prénom.
¤ Bella ¤
Couchée dans le lit d'Emmett, je pleure, ou plutôt je gémis, je suffoque.
Toutes les émotions que j'ai su contenir ces derniers jours me débordent et enfin seule, je ne fais rien pour les retenir.
Ça ne m'apaise pas, la nervosité est toujours là, elle ne me lâche pas.
Au bout d'un certain temps à regarder le plafond, à chercher sans la trouver une position confortable, je me lève, soulée et groggy d'avoir tant pleuré.
Je vérifie mon téléphone et j'y vois enfin un message.
Je ne l'ai pas entendu sonner pourtant j'avais pris soin de ne pas l'éteindre, trop impatiente de recevoir un message des parents d'Emmett.
Malgré tout j'ai dû m'assoupir sans m'en apercevoir.
« Emmett est sorti du bloc, il est en salle de réanimation, nous attendons les médecins. »
Sa mère n'est pas la reine du détail mais je me promets d'aller le voir demain après le travail pour savoir exactement ce qu'il en est.
J'erre un peu dans le salon. Je n'ai pas vraiment soif mais je me sers un verre de lait.
C'est à ce moment-là que je la sens.
Une chaleur étrange semble venir du dessous et chauffe mes pieds. Mon esprit se met aux aguets, perturbé par la sensation, et je sens distinctement une odeur de cramé.
Je comprends vite que quelque chose cloche et malgré moi, je commence à paniquer. Je cours à la fenêtre du salon qui donne côté rue et j'aperçois de grandes flammes qui viennent lécher les vitres.
Bordel de merde !
Mon cerveau se met en marche pour de bon. Je prends mon téléphone pour appeler les secours.
Je suis coincée !
Je ne peux pas passer par la fenêtre et si la chaleur vient d'en bas c'est que le feu s'est déjà bien installé dans le salon de tatouage et surement même dans l'escalier.
Mon cœur se serre à cette idée mais je dois me ressaisir.
Au bout d'un temps qui me semble une éternité, enfin quelqu'un répond. Cette personne m'annonce après que j'ai répondu à une tonne de questions que les secours sont déjà sur les lieux.
Bon sang !
- Je suis dans l'appartement, les flammes montent jusqu'à la fenêtre je ne sais pas quoi faire !
Ma voix trahit largement la panique qui fait rage dans tout mon être.
- Du calme ! répond-elle fermement.
Facile à dire !
- N'y a-t-il pas une autre issue ? Une autre fenêtre ?
Bien sûr il y en a une, celle de la chambre d'Emmett a bien une fenêtre et elle donne dans la rue de derrière. Je m'y précipite et je m'aperçois bien heureuse qu'il n'y a pas de flammes de ce côté.
La personne au bout du fil qui a suivi mon raisonnement certes un peu long, m'indique qu'elle va joindre les pompiers pour qu'ils me récupèrent.
Je réfléchis à toute vitesse cette fois. Je sais que faire le tour de la rue demande un certain temps.
J'ai peur, je suis terrifiée. La dame du 911 ne cesse de me parler pour me rassurer mais elle n'y arrive pas. La chaleur est de plus en plus insupportable et la fumée de plus en plus étouffante.
Je m'affole, incapable de me maitriser.
- Ils n'auront pas le temps d'arriver je vais cramer si je ne saute pas tout de suite !
Je suis sur le montant de la fenêtre et j'essaie de respirer le plus d'air possible mais ce n'est pas facile, l'épais nuage de fumée à lui aussi choisi de passer par là.
Ce n'est qu'un étage, un tout petit étage, je ne risque pas ma vie à sauter, mais je la risque à rester ici.
- Attendez encore ! ordonne-t-elle. Si vous ne pouvez plus bouger arrivée en bas, votre problème sera le même. Ils ne vont pas tarder gardez votre calme !
Je regarde le bitume en dessous et pendant quelques secondes, ou peut-être quelques minutes, je me demande si ça ne vaut pas la peine de tout laisser tomber. Je me demande si ma vie si insignifiante et accablante ne doit pas en rester là. Si je sautais la tête la première, j'aurais une chance de ne pas en réchapper. Si je restais au milieu du salon en attendant que ça passe, toute la douleur, l'amertume, toute cette énergie que j'ai mis à tenter de m'en sortir, tout s'évanouirait.
Je m'assois sur le chambranle, mes pieds dans le vide, toute urgence à présent disparue.
Je pense à une foule de choses.
Très bizarrement à ma mère, puis mon père dont je ne me rappelle rien, enfin mes amis chers, Sue, Carmen, Jasper, Emmett… Je les vois éclater de rire, sérieux, préoccupés, amoureux, tristes. Je repasse dans ma tête les différents états dans lesquels je les ai côtoyés, toutes ces heures passées à parler, à rire, à se prendre la tête, à rêvasser ensemble…
Je ne peux pas mourir, je ne peux pas leur faire ça !
Ils se sont donnés trop de mal pour que j'arrive à vivre, à mener une vie décente même si elle est bancale.
Je me ressaisis, je dois vivre ! Et comme poussée par un instinct de survie, la terreur reprend le dessus.
Je m'accroche aux bords de la fenêtre et me penche le plus possible pour éviter le nuage.
Et bien évidemment je pense à Edward.
Alors que la panique s'inscrit au plus profond de moi et que je ne sais pas de quelle façon je vais pouvoir m'en sortir, c'est à son souvenir que je m'accroche.
Mon comportement à son égard m'accable. Je m'en veux d'avoir été si injuste avec lui et si je devais le revoir un jour je me trainerai à ses pieds pour qu'il me pardonne. Évidemment le fait d'être à ce point désespérée n'y est pas pour rien. Mais j'ai l'impression d'ouvrir enfin les yeux, de ne pas me voiler la face avec de lâches et fausses excuses.
Je suis déterminée à retrouver Edward où qu'il se cache et à lui montrer à quel point je suis débile de ne pas avoir su lui dire comme je l'aime, à lui expliquer jusqu'où va ma folie et à lui offrir tout ce que je possède pour être auprès de lui.
Si toutefois je sors d'ici sur mes deux jambes ce qui est loin d'être une certitude à l'heure actuelle.
Je n'en peux plus d'attendre, j'ai l'impression d'être là depuis des heures, mais au moment où je ne vois plus aucune issue à ma situation, où j'ai l'impression que mes poumons vont imploser, où mes bras n'ont plus de force, j'aperçois au loin un groupe de pompiers qui court dans ma direction.
Je ne suis soulagée qu'une seconde. La chaleur est tellement intense, la fumée tellement étouffante que je tourne de l'œil et je dois faire appel à toutes mes forces pour tenir le rebord de la fenêtre et ne pas m'évanouir et m'écraser du même coup sur le sol.
Grâce à je ne sais quel miracle et avec une rapidité que je ne parviens pas à suivre tant je suis dans les vapes, un pompier est déjà près de moi.
Je ne connais pas la suite parce que dès que je me sens hors de danger, c'est le trou noir.
J'ouvre les yeux difficilement et les referme immédiatement, aveuglée par une lumière de néon qui semble irradier la pièce.
Mais même dans le coaltar, il n'y a pas d'autre solution, il faut que je me lève, que je réalise où je suis et pourquoi. Mon esprit s'entête même si mon corps n'a pas l'air de vouloir suivre.
Je retrouve peu à peu mes esprits et je m'aperçois que quelque chose de caoutchouteux est accroché autour de ma bouche. Par réflexe j'essaie de le déloger mais il semble bien maintenu et je n'ai pas la force de lutter.
Je relève la tête, ça tourne un peu mais il en faut plus pour m'arrêter. Je parviens tant bien que mal à m'accouder et soulever mes paupières. Je réalise alors que je suis dans une ambulance, à l'arrêt.
La chose caoutchouteuse semble être un masque à oxygène.
Je tousse comme je me relève. Mes poumons brulent et les souvenirs de la fenêtre, des flammes, de l'appartement d'Emmett me reviennent.
Bordel de merde !
Je passe ma main sur mon visage mais je suis à demi consciente et j'ai l'impression de ne capter que la moitié de ce qui m'entoure.
- Mademoiselle, vous ne devriez pas vous lever, dit une voix féminine avec conviction.
J'ai besoin d'air.
- Vous êtes dans une ambulance, je m'occupe de vous, vous pouvez vous rendormir.
Son ton s'est fait plus doux, sans nul doute pour essayer de m'amadouer. Mais je ne suis pas d'accord. Je dois voir de mes propres yeux et je ne sais pas exactement pourquoi mais j'en ai besoin.
Je fais un gros effort pour me redresser tout à fait alors que la personne à mes côtés me demande avec douceur de rester tranquille.
- Est-ce que tout va bien ?
Je hoche la tête pour toute réponse.
- Maintenant essayez de vous rendormir, dit-elle en appuyant sur mes épaules pour que je m'allonge.
Je résiste, il est hors de question que je dorme. Même si je suis embrumée il faut que je m'aperçoive de l'entendu des dégâts, que je réalise d'où je reviens, ce à quoi j'ai échappé.
- S'il vous plait, je parviens à prononcer.
Elle compatit à mon air très certainement pitoyable.
- Je dois voir, je supplie.
- Très bien, alors juste une seconde et vous gardez le masque.
Elle pose une couverture de survie sur mon dos et m'aide à m'installer sur le bord du véhicule. De toute façon, je suis incapable d'aligner deux pas de plus et je suis retenue par le masque.
Elle reste à l'intérieur à ranger je-ne-sais-quoi.
Je regarde sans voir vraiment le ballet des pompiers, policiers et autres personnes que je n'identifie pas autour de moi.
Puis mes yeux se posent sur le feu.
Il n'y a plus de flammes, juste une épaisse fumée noire mais les dégâts ont l'air énormes. Je n'en vois qu'une petite partie mais je peux déjà dire que le salon est en cendre. Le salon est en cendre... je répète cette pensée plusieurs fois dans ma tête pour réaliser.
C'est lorsque je renifle que je m'aperçois que je pleure, ou du moins que des larmes coulent sur mes joues.
Comme si ma vie n'était pas assez merdique !
Mon regard se pose sur une silhouette parmi d'autres et mon cœur rate un battement. Je cligne plusieurs fois des yeux mais il n'y a pas de doute possible.
« Edward ! »
Mon cri est étouffé il ne peut pas m'entendre.
Sans réfléchir, j'arrache le masque et me lève. Même si je vacille, rien ne pourra m'arrêter, je dois en avoir le cœur net.
« Edward ! »
Cette fois son visage se tourne dans ma direction.
¤ Edward ¤
Elle avance vers moi et je fais de même mais au moment où nous allons nous toucher, le doute s'installe et elle ralentit. Moi-même incertain de savoir comment me comporter, comment elle va prendre le fait que je sois là de nouveau, je m'arrête.
Nous restons à une distance plus que ridicule mais nécessaire j'imagine.
Bella semble…intimidée ? L'idée même qu'elle le soit est grotesque pourtant, elle regarde ses pieds, triture ses mains et dans la pénombre je ne parviens pas à distinguer ses traits pour avoir plus de détails quant à son état d'esprit.
- Salut, dit-elle d'une toute petite voix, une voix que je ne lui connais pas, émue, timide.
- Salut ma Bella.
Je crois la voir sourire à ma réplique mais ses doigts se crispent pourtant.
- Tu es parti…
Putain que son attitude est foutrement bizarre !
- Je sais… Je suis là maintenant.
Elle continue de regarder ses pieds et se balance de gauche à droite.
- Tu sais… commence-t-elle hésitante. Emmett est parti lui aussi…
Je ne comprends rien, je fais un pas vers elle.
- Il est à l'hôpital...
Je suis à la fois soulagé et inquiet. Il n'était pas dans l'appartement en flamme mais que fout-il donc à l'hôpital ?
- Et tu… es parti…
Sa voix se brise et je ne peux pas résister.
Au diable les doutes et les appréhensions, je la prends dans mes bras, mais doucement avec précaution. Elle se laisse faire sans opposer de résistance ni m'engager à continuer.
Je réalise qu'elle est en état de choc. Si Emmett n'était pas dans l'appartement, elle devait y être.
Je ne connais pas encore l'étendue de ce qu'elle a vécu mais ses joues noircies et l'odeur de fumée qu'elle dégage m'indiquent clairement qu'elle n'était pas loin des flammes.
Son corps est pris de spasmes tout contre moi.
Tout comme les derniers jours que nous avons passés ensemble elle est fragile et surement bien ébranlée par les récents événements.
Mes bras l'enlacent le plus étroitement possible. Elle empeste mais peu m'importe, je fourre mon nez dans ses cheveux emmêlés et la cajole avec douceur.
« Chut bébé, ça va aller, je suis là je ne vais plus te laisser. »
Alors elle s'accroche à moi. Ses doigts agrippent mon tee-shirt et je sens toute sa détresse. Il n'y a plus que nous, je ne perçois plus aucune agitation que la sienne et je vais par n'importe quel moyen la soulager.
Mais un homme passablement bedonnant et vêtu d'un costume de policier va venir briser notre bulle.
- Monsieur… Votre voiture !
Je retiens le soupir énervé qui menace de sortir de mes lèvres. Après tout il m'a conduit à Bella et maintenant je n'ai plus qu'à la ramener à la maison.
Mais là encore mes plans vont être perturbés.
- Mademoiselle ! crie une voix suraiguë.
¤ Bella ¤
Bon sang que c'est bon… que c'est tendre et entêtant d'être tout contre lui, de s'abandonner à ses bras, à son odeur.
J'avais besoin de ça et même un grave besoin de lui.
Et il est là, aussi doux et chaud que dans mon souvenir, aussi rassurant.
Notre étreinte se brise par la force des choses.
- Mademoiselle, retournez vite dans l'ambulance et remettez ce masque !
L'infirmière n'a pas l'air commode et je suis trop éreintée pour me battre.
Ce n'est pas le cas d'Edward.
- S'il vous plait madame, n'est-il pas possible que Bella rentre chez elle simplement ? Je peux veiller sur elle.
- Monsieur, cette jeune fille a un taux d'oxygène très bas, il va falloir qu'elle garde le masque toute la nuit et qu'elle soit surveillée. Je vous ai largement laissé le temps de vous retrouver, vous devez être raisonnable. Mais il y aura certainement un fauteuil dans la chambre si vous tenez tellement à veiller sur elle.
Elle n'est pas la plus charmante des infirmières que je connaisse et Edward semble dans ses petits souliers. Je sens sa main se crisper.
- Très bien. Si c'est ce dont elle a besoin je vous accompagne.
Il nous dirige vers l'ambulance, non il ne m'a pas lâchée et j'avoue que je n'en ai pas du tout envie.
- Monsieur ! tonne la voix d'un agent. Votre voiture !
Lui non plus ne semble pas charmant et même à bout de patience.
Edward frotte vigoureusement ses cheveux. Il cherche une solution visiblement.
J'ai envie de rire.
Même si j'ai du mal à le réaliser, je suis tellement heureuse qu'il soit là.
Retrouver ses mimiques d'agacement me fait penser à nos premiers échanges, quand il m'attirait et que je m'interdisais de succomber.
Mon cœur déborde de joie.
Je sais que je ne suis pas bien, que je ne capte pas l'entièreté de ce qu'il se passe et que tout ça n'a pas sa place ici et maintenant mais c'est plus fort que moi. Après tout ce que nous avons vécu, il est toujours là et je suis près de lui. Tout ira bien pour nous à présent, il ne peut pas en être autrement.
Il me serre plus fort dans ses bras et murmure dans mon oreille.
- Je te suis bébé. Je serai à l'hôpital en même temps que toi et je ne te lâcherai plus.
Je souris, parcourue d'un frisson agréable alors que son souffle chatouille mon oreille.
Nous nous séparons, escortés par le médecin et lui par le policier.
Je m'installe dans l'ambulance sans sourciller et je m'endors, rassurée.
¤ Edward ¤
Je remercie chaleureusement le policier parce que même s'il me prend la tête pour la voiture, il ne fait que son boulot et surtout, il m'a aidé alors que je ne comprenais plus rien à rien.
J'arrive à l'hôpital sans être parvenu à retrouver l'ambulance.
La personne à l'accueil des urgences fait des complications, elle ne veut pas me laisser entrer parce que je ne suis pas de la famille. Au bout d'une heure et demi elle a enfin trouvé l'infirmière qui a pris en charge Bella et m'autorise à rejoindre sa chambre.
J'entre précautionneusement, à la fois ému de la retrouver et passablement inquiet de son état.
Elle dort sous la veilleuse de la tête de lit, son masque à oxygène bien calé sur son nez.
Elle semble si innocente et fragile que je marque un temps d'arrêt pour la regarder. Je m'y applique religieusement, avec toute la dévotion que cette femme m'inspire.
Ma précieuse Bella.
Je m'en veux de l'avoir laissé. Une partie de moi en est plus que désolée. Mais je sais que certaines choses sont nécessaires et partir l'a été pour moi.
Aujourd'hui, ce soir, j'ai compris grâce au temps que j'ai pris seul pour réfléchir, que Bella m'est indispensable. Quelles que soient ses frasques à mon égard, je serai toujours près d'elle parce que je ne peux tout simplement pas faire autrement. C'est ainsi.
Le fauteuil ressemble plus à une chaise avec des accoudoirs mais je m'en contrefous.
Je l'approche du lit sans faire de bruit.
Je suis toujours dans la contemplation, incapable de troubler le sommeil profond dans lequel elle se trouve.
« Edward… »
Elle grimace en disant mon nom.
« S'il te plait… »
Elle gémit doucement et je prends sa main.
« Je suis là bébé, tout va bien. » je réponds.
Et je suis foutrement heureux d'être près d'elle de pouvoir la toucher, la rassurer, prendre soin d'elle.
« Reviens. »
Elle râle de nouveau et serre ma main. Elle commence à s'agiter.
Sans vraiment y réfléchir, parce qu'elle semble avoir besoin de ça et parce que moi-même j'ai foutrement besoin de ça, j'enlève mes chaussures et je me fais une place tout contre elle. Naturellement, elle vient lover son dos contre mon torse.
Je l'enlace, l'enveloppe plutôt, et comme ça, parce que nous sommes le mieux du monde, nous nous endormons, des images terribles sous nos paupières, cette odeur de cramé persistante mais apaisés et heureux.
