Cet OS a été écrit pendant la 138ème nuit d'écriture du FoF. Il fallait le rédiger sur le thème "tour" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un MP.
Il y a un sommaire en tête du recueil pour vous guider à travers les textes. Comme ça, vous pourrez découvrir uniquement ceux qui vous intéressent.
Un OS un peu plus émotif que d'habitude, mais j'avais envie d'écrire sur Rogue et Dumbledore pendant le tome 6... J'espère que ça vous plaira :)
Bonne lecture !
En haut de la tour :
« Bonsoir monsieur le Directeur » murmura le maître des potions.
Pour la première fois depuis longtemps, Severus Rogue ne parvint plus à ajouter sa dose habituelle de sarcasme dans ses salutations.
« Bonsoir Severus, répondit Dumbledore avec bienveillance. Rien d'inhabituel ce soir ? ajouta le directeur en voyant son protégé qui battait déjà en retraite.
— Rien, je pensais trouver des élèves, mais ce n'est que vous.
— Que viendraient donc faire des étudiants en haut de la tour d'astronomie par une nuit sans étoiles, s'amusa le directeur.
— J'évite généralement de perdre mon temps à cerner les médiocres comportements de nos délicieux étudiants.
— Severus » le rabroua gentiment Dumbledore.
Le vieil enchanteur reporta son attention vers la forêt interdite.
« Pourriez-vous rester quelques instants ?
— Le maléfice s'étend plus vite que prévu ? réagit aussitôt Rogue.
— Oui et non. Sa progression est variable, mais je tiendrai bien quelques mois, le temps que notre plan parvienne à sa conclusion. »
Rogue tira une grimace désemparée. Il n'acceptait toujours pas l'idée.
« Est-ce que vous êtes préparé à mourir ?
— Que voulez-vous vraiment me demander Severus ? »
Le maître des potions se tut, ne sachant comment exprimer ses craintes.
« Je chéris la vie, justement parce qu'elle est bornée par la naissance et la mort. Je rejoindrai la magie comme chacun d'entre nous le temps venu. »
Dumbledore pivota sur ses talons pour observer Rogue.
« Mais ce n'est pas vouliez entendre, comprit le vieil enchanteur.
— Vous êtes certainement prêt à partir, répondit Rogue d'un ton mesuré. Mais nous, nous ne sommes pas prêts à survivre sans vous.
— Voilà une très élégante manière de me témoigner votre affection, s'amusa Dumbledore.
— Albus, répondit Rogue d'une voix douloureuse.
— Severus ?
— Je m'apprête à assassiner la seule personne qui a jamais cru en moi. Qui m'a aidé à surmonter la mort de ma seule amie. La seule personne qui m'a réellement fait confiance, qui m'a ramené vers la lumière, qui m'a reconstruit et respecté.
— Je suis conscient que je vous demande un acte de grand courage.
— Non vous n'en êtes pas conscient, accusa Rogue avec hargne. Je ne suis qu'une pièce d'échec parmi tant d'autres. Une pièce qui sera sacrifiée le moment venu. Mais quelle importance vous serez déjà mort.
— A vrai dire, j'espère que vous survivrez à ce conflit. »
Rogue eut un rire jaune et fusilla Dumbledore du regard.
« Après vous avoir assassiné ?
— Aidé à mourir, rectifia Dumbledore.
— Pas aux yeux de l'Ordre, ni de ce qu'il restera du ministère. Quand je vous aurai tué et que j'aurai livré Poudlard aux ténèbres, il n'y aura plus d'issue, je serai assassiné soit par un camp ou soit par l'autre. Et contrairement à vous, je ne suis pas encore prêt à mourir.
— Je vous présente mes excuses Severus. Je sais que je vais vous placer dans une situation très… délicate.
— Délicate ! s'emporta Rogue.
— Croyez bien que je me serais déjà sacrifié depuis longtemps, si cela pouvait vous épargner ce rôle ou celui de Harry. Vous parliez d'une partie d'échecs. Je vous charge de reprendre la partie. Alastor reprendra l'Ordre, certes, mais c'est vous qui contrôlerez réellement la partie. C'est une charge terrible. Je le sais. C'est la troisième fois que je porte cette charge et je suis désolé de la transmettre, surtout à vous Severus. Je vous ai déjà tant demandé. Severus je crains de ne jamais avoir été à la hauteur pour vous. »
Rogue détourna le regard. Il était déstabilisé. Jamais il n'arriverait à formuler les émotions contradictoires qui fragilisaient son occlumencie. Il se concentra sur le village de Pré-au-Lard dont on distinguait difficilement les ombres.
Dumbledore se rapprocha également des remparts et observa le lac noir. Il restait stoïque. Effectivement il n'avait pas peur de la mort, mais il avait peur d'abandonner les vivants. L'obscurité masquait l'humidité de ses yeux.
Le directeur posa maladroitement une main sur l'épaule de l'espion. Celui-ci se raidit et résista à l'envie de soustraire au contact. Les deux hommes continuèrent à contempler le spectacle nocturne. Tout en haut de la tour, ils le sentaient tous les deux : la séparation s'approchait à grands pas.
Un OS triste... sorry... mais j'avais vraiment envie d'écrire sur ces personnages.
Le texte suivant est nettement plus drôle. Promis ! (Gred et Forges se déchainent)
