Résumé : Suite à la réaction d'Anakin, le Conseil Jedi réagit de manière virulente contre le jeune homme. Outré par le comportement de ses pairs, Obi-Wan rejoint son ancien élève. Le Maître Jedi a compris la vision et pour la première fois, les frères parlent sans secrets. Alors qu'Anakin s'inquiète pour le sort de sa femme et de sa fille, Maître Yoda et Maître Cordova font leur apparition.

Avis aux commentaires :(Nina) : Merci pour ce merveilleux commentaire ! c'est vrai que j'aurai bien voulu voir Leïa en Jedi moi aussi. La postlogie avait beaucoup a promettre et je considère qu'ils avaient tout pour faire un carton (acteurs compris dedans) mais selon moi, ils ont cuisiné n'importe comment avec le scénario alors qu'ils avaient pleins de bonnes idées. J'ai des idées de réécritures dans mon calpin pour la postologie.

Oui ! La discussion ! Mais comme ça aurait pu tout changer ! Moi chaque fois que je regarde la Revanche des Sith, Anakin et Obi-Wan qui se disent au revoir me fend le cœur et à chaque fois je veux gueuler à Anakin : "DIS-LUI!" Mais jamais Anakin ne l'aurait avoué. A moins d'avoir un petit coup de pouce ^^

Pour moi, Anakin et Obi-Wan sont comme un Yin et Yang. Mon duo de l'espace 3

J'espère que ce chapitre te plaira !

Notes : Chers lecteurs, ce chapitre a été particulièrement difficile à écrire et j'espère que les personnages ne sortiront pas trop de leurs caractères et paraîtront bizarres. J'ai quelqu'un qui me relit et me fait des remarques donc voilà, j'espère que vous apprécierez mais n'hésitez pas dans les commentaires à mes dire.

Sur ce, bonne lecture !


Les carillons se balancèrent en tintant leur mélodie sous la caresse du vent. Les quatre Jedi s'observèrent avec tension. Obi-Wan n'osait bouger. Maître Cordova semblait toujours aussi nerveux pour une raison encore insaisissable. Combien lui et Yoda avaient-ils entendu ? Anakin se força à ne pas fermer les yeux, contrôlant au mieux sa respiration. C'en était fait, il devait s'y résigner, le Conseil Jedi avait découvert son secret. Il allait être expulsé. Il n'osa penser à tout ce que cela allait entraîner de peur de perdre à nouveau le contrôle. Voyant que les deux plus jeunes Jedi ne feraient pas le premier pas, le Grand Maître prit les devants.

- Des choses à discuter, à vous confier, nous avons, dit-il.

Le Négociateur et le Héros sans Peur échangèrent un bref regard. Puis Anakin hocha la tête. Il ignorait combien les deux Maîtres en avaient entendu, mais il décida que cela n'avait plus d'importance. Obi-Wan avait découvert pour sa fille, certainement que d'autres Jedi l'avaient déjà fait, surtout si nous parlions de Yoda. Le petit être vert s'avança vers le jeune homme, s'appuyant sur sa canne tordue. Lorsqu'il se retrouva en face de lui, il releva la tête pour rencontrer le regard saphir du meilleur d'entre tous. Les oreilles pointues s'affaissèrent alors que Yoda lâcha un lourd soupir.

- Une grande souffrance, je perçois en toi, jeune Skywalker.

Anakin ne répondit pas, détournant le regard. La souffrance était considérée comme la dernière phase menant au Côté Obscur. La reconnaître serait mettre en échec tout son entraînement Jedi. Mais la nier le ferait passer pour un menteur odieux, chose qu'il ne se permettrait pas ici et maintenant. Doucement, il sentit la main à trois doigts du petit être vert se poser sur sa main de chair. La surprise le ramena face au Grand Maître dont le visage était un mélange d'apaisement et de tristesse.

- L'ignorer, tu ne dois surtout pas.

- Maître… je…

Cordova l'interrompit, voyant que les séances d'entraînement des jeunes élèves étaient terminées et que les novices commençaient à venir dans les jardins :

- Peut-être pas ici, Maîtres. Cet endroit ne sera bientôt plus tranquille.

- Raison, vous avez. Jeune Skywalker, Maître Kenobi, Maître Cordova, dans mes quartiers, allons.

- Très bien, Maître, acquiesça Kenobi. Nous vous suivons.

oO0Oo

Quelques minutes plus tard, ils avaient atteint les appartements du Grand Maître. Ce n'étaient pas les plus grands du Temple, les Jedi faisaient en sorte de garder au maximum les chambres de dimensions égales (surtout pour une question pratique lorsqu'on abrite un peu plus de six mille habitants dans un Temple), mais en tant que Grand Maître, il y avait une antichambre de méditation où Yoda recevait bon nombre de Jedi qui lui demandaient audience et conseil. C'était aussi dans cette pièce que le Grand Maître entrait en communication avec la Force Cosmique. Les stores baissés, la lumière du matin s'y infiltrait, jouant avec cette vision de clair-obscur.

Le maître des lieux invita ses convives à s'assoir sur les trois coussins disponibles. Tous les quatre prirent place, se faisant face dans un carré parfait.

- Bien… de quoi s'agit-il, Maîtres ? commença Obi-Wan, en bon négociateur qu'il était. S'agit-il de ce qu'il s'est passé lors de la réunion ?

Anakin reconnaissait bien ici la manœuvre d'Obi-Wan d'aller droit au but subtilement. Lorsque c'était Obi-Wan qui commençait, ça ne pouvait que signifier qu'il était nerveux. Eh bien, il n'était pas le seul : en face de lui, Cordova semblait encore dans tous ses états. Yoda ferma les yeux, flairant comme un courant dans la Force.

- Pas seulement des visions, l'Holocron Blanc ne révèle.

Il rouvrit les yeux, le regard perdu dans le vague.

- Ce qu'il y a au fond de nos cœurs, il révèle également.

Maître Cordova s'agita.

- Oui, comme je le disais plus tôt dans la Chambre du Conseil, il semble que l'Holocron Blanc ait la capacité de faire rejaillir les émotions fortes que nous enfouissons au plus profond de nous.

Anakin fronça les sourcils, attendant de comprendre où ils voulaient en venir. De tous dans la salle du Conseil, c'était lui qui avait failli provoquer une tempête de Force causée par ses émotions. Pourquoi Maître Yoda et Maître Cordova voulaient-ils leur parler quand il avait causé un tremblement extraordinaire ?

- Je ne comprends pas, Maîtres, dit-il alors. Qu'est-ce qui nous rend, Maître Kenobi et moi-même, plus dignes de recevoir vos confidences que les autres membres du Conseil ?

Le visage du Maître Explorateur se tordit encore plus et les deux partenaires de toujours surent que c'était certainement cela qui le rongeait d'anxiété.

- D'abord, et c'est ce que j'expliquais hier soir à Maître Yoda, c'est parce que cet Holocron ne révèlera rien de ses secrets à nul autre que toi, Anakin. Lorsqu'un Jedi autre que toi tente de l'ouvrir comme nous avons pu le constater tout à l'heure, l'Holocron appelle ton nom. Donc rien ne peut être fait sans toi. Garder des éléments hors de ta portée nous ralentirait plus que cela ne nous avancerait. Et quant à la présence de Kenobi, elle est requise pour plusieurs raisons : d'abord parce qu'il s'agit de ton ami et mentor et ensuite parce qu'au vu de ce que nous avons vu dans la première vision, Kenobi joue un rôle capital dans l'avenir qui nous attend.

- Mais également parce que de nous tous le plus ébranlé par la vision, Kenobi aurait dû être. Qu'il ne l'ait pas été, a prouvé que de tout le Conseil, le plus apte à remplir la future mission qui l'attend, Kenobi est, expliqua Yoda.

- Pendant que vous étiez partis, une nouvelle contestation a échauffé nos rangs. Plusieurs Maîtres ont revendiqué le droit d'ouvrir une nouvelle fois l'Holocron. Je n'ai jamais vu le Conseil dans un tel état. Pour calmer la situation, j'ai bien donné l'Holocron à plusieurs mais tous ont échoué, ce qui prouve comme je l'avais dit que seul Skywalker peut l'ouvrir. C'est à ce moment que Maître Yoda m'a suggéré d'aller vous retrouver. Nous ne pouvions pas en tirer quelque chose alors que nous sommes tous sous l'emprise mystique de l'Holocron.

- Vous dites que des membres du Conseil ont réclamé ce droit. Je ne veux pas faire polémique, Maîtres, mais on ne peut se voiler la face : beaucoup de nos membres étaient en colère tout à l'heure, déclara Obi-Wan.

Yoda soupira, ses oreilles pointues tremblant légèrement lorsqu'elles s'affaissèrent.

- La peur mène à la colère, la colère mène à la haine et la haine à la souffrance…, marmonna le petit être vert. Le chemin vers le Côté Obscur…

- Mais vous ne semblez pas atteints par cet état de colère, Maîtres, ajouta Obi-Wan, perplexe.

- Détrompez-vous. Pour ma part en tout cas, je ressens la peur m'envahir. Elle n'a jamais été aussi forte et j'essaye de la maîtriser de mon mieux.

- De quoi avez-vous peur, Maître Cordova ?

- De la Chute de l'Ordre. De la perte de la République. J'ai peur que plus de morts et de souffrances n'arrivent. Toute ma vie a été dédiée à la République, la liberté et la paix. J'ai peur pour ma Padawan, Cere Junda. Et pour sa propre Padawan, la jeune Trilla. J'ai peur qu'il ne leur arrive des malheurs.

Obi-Wan se caressa la barbe, méditant sur ces mots tandis qu'Anakin observait le Maître Explorateur, un peu touché par ses propos.

- Je pense vous comprendre. J'ai éprouvé une immense peine en regardant la vision de l'Holocron, commença Kenobi. Quand Maul m'a dit…enfin, c'est une façon de parler… mais lorsqu'il a répliqué en demandant ce qu'il me restait, je… je me suis senti vide. Comme si tout ce que je connaissais m'avait été arraché. Que je ne possédais plus rien… plus d'amis… plus de famille.

Il regarda Anakin, lui demandant une permission silencieuse. Son ancien élève fit un signe subtil, donnant son accord.

- Jusqu'à ce que je voie la fille, termina-t-il.

Yoda hocha doucement la tête, marmonnant d'approbation. Cordova fit de même.

- Quand vous êtes partis, nous avons échangé entre nous. Enfin… nous avons tenté d'échanger. L'Holocron avait comme réveillé des tempêtes de frustrations qui ont presque appelé Côté Obscur. Il nous a fallu un bon moment avec l'aide de Maître Yoda pour rétablir le calme.

- Toujours à apprendre, il nous faut. Toujours remettre en question ce que nous croyons acquis, il faut. Même pour les plus forts. Surtout pour les plus forts.

- Maître ?

- De cela ensuite, je vous expliquerai.

Cordova se racla la gorge :

- Nous avons donc médité et échangé pour le mieux. Il était clair pour chacun de nous que cette jeune fille avait une aura très puissante et qui allait de pair avec l'énergie solaire que nous avions tous sentie. Et il est indéniable que cette enfant est un des Élus. La fameuse Élue dont parlait Maul et votre double du futur, Maître Kenobi.

Anakin se tendit à ces mots. Il savait que son enfant allait revenir dans la conversation, mais il n'était pas prêt. Il ne pouvait pas les laisser faire. Ils n'avaient pas le droit de la lui prendre !

Yoda regarda Anakin, ferma les yeux, faisant remonter les mots qu'il avait entendus il y a quelques mois :

- Il y a un autre Skywalker.

Maître Cordova regarda Yoda, se demandant s'il avait bien entendu, Obi-Wan transpirait à grosses gouttes et Anakin était figé comme une statue de glace.

- De ta fille, il s'agit, jeune Anakin.

La pièce perdit dix degrés d'un coup ? Obi-Wan chercha n'importe quoi dans ses compétences de Négociateur pendant qu'Anakin regardait de toute sa hauteur, tel un roi avec un regard impénétrable, le Grand Maître. Mais encore une fois, ce fut Maître Cordova qui interrompit :

- Je… PARDON ?!

Obi-Wan faillit tomber de son coussin tant l'explosion de Eno Cordova était inattendue. Skywalker ne bougea pas, sa mâchoire contractée à un point tel qu'il en broyait ses dents.

- Alors qu'est-ce que c'est, Maître Yoda ? siffla Skywalker.

La tension monta en Obi-Wan, sentant la colère gronder en son frère. Discrètement, il avala sa pomme d'Adam, s'apprêtant à intervenir, mais Anakin ne lui en laissa pas l'occasion.

- Ça y est ? Vous savez ? Vous savez que je vais être père ?

À mesure qu'il parlait, la mâchoire de Cordova semblait se rapprocher de plus en plus du sol. Yoda continuait à regarder Skywalker tranquillement, sereinement, sans que rien ne puisse le perturber. Mais Anakin ne s'arrêta pas, sa colère prenant des proportions de fureur.

- Vous savez que la fille que nous avons vue est mon futur enfant. Et quoi ? Vous allez me l'enlever ?! Vous prévoyez de faire comme les Sith ?! Le premier arrivé gagne, c'est ça ?! Elle n'est même pas née que vous voulez déjà décider de son destin !

La pièce trembla. Cordova s'agrippa à son coussin.

- Vous ne valez pas mieux que les Sith !

- Anakin ! hurla Obi-Wan.

C'était comme briser un charme. La pièce cessa de trembler. On n'entendait plus que la respiration saccadée de Skywalker. Le premier réflexe du jeune homme fut de s'excuser, mais il se rendit aussitôt compte qu'il n'était pas désolé. Alors non, il n'allait pas s'excuser pour quelque chose qu'il pensait.

- Apprendre à abandonner tout ce que tu crains de perdre, tu dois, commença lentement Yoda.

Obi-Wan savait que maintenant il allait y avoir un meurtre.

- L'attachement conduit à la jalousie, continua le petit être vert. Un chemin vers le Côté Obscur, il est.

Il allait y avoir un meurtre. Il allait y avoir un put*** de meurtre !

- C'est ce que je t'aurais dit dans d'autres circonstances, termina-t-il.

Cette fois, Anakin regarda la petite créature, interloqué, sa main se figeant à sa ceinture. Que voulait-il dire ? Le vieux Maître Jedi soupira.

- Nous autres Jedi, renonçons à toutes formes d'attachements pour les autres. À la Galaxie, nous nous dédions. Pour ne pas se laisser corrompre par le Côté Obscur.

Il accorda un regard à Eno Cordova, hochant la tête, et le Maître Explorateur se détendit, sous l'œil intrigué d'Obi-Wan et Anakin. Ces deux-là avaient dû échanger quelque chose entre eux mais quoi ? Un voile de tristesse recouvrit le visage de Cordova.

- Je ne… je ne m'y attendais pas… je…

Le vieux Maître passa une main sur son visage. On aurait dit qu'il était sur le point de pleurer.

- Maître Cordova ? s'inquiéta Obi-Wan.

- Confiance en Maître Cordova, j'ai, affirma Yoda. De ce secret que tu portes, Skywalker, l'un des rares à pouvoir te prêter main-forte, Maître Cordova est.

Le Maître Explorateur se couvra la bouche de sa paume, se tournant lentement vers Anakin, réalisant.

- Par la Force… Par la Lumière, mais alors… c'est pour ça… la fille… tout à l'heure… quand tu l'as vue, Anakin… ?

- Oui, hocha la tête le jeune Jedi, comprenant ce que tentait de dire Cordova.

Le Maître Explorateur laissa sa tête basculer dans ses mains, comme si le poids du monde venait de s'abattre sur lui. Cette réaction déconcerta le jeune Jedi. Qu'est-ce qui pouvait bien le mettre dans un état pareil ? Était-il déçu que l'Élu qu'on ne cessait d'élogier ait pu à ce point se détourner des règles des Jedi ? Il entendit Cordova inspirer profondément. Le genre d'inspiration qui ravalait le début d'un sanglot. Puis il releva la tête, mais n'osa croiser leurs regards. Tremblant, le Maître Explorateur ouvrit la bouche :

- Cere Junda… est… ma fille.

Cette fois, ce fut au tour d'Obi-Wan et d'Anakin de tomber à la renverse.

- Maître Junda est…

- … votre fille ? termina Anakin, les yeux grands comme des soucoupes.

Maître Cordova lâcha un soupir, se passant la main dans les cheveux.

- C'est toute une histoire. Durant ma jeunesse, j'avais entamé bon nombre de voyages. Lors d'une enquête dans le système d'Endor, je me suis retrouvé bloqué sur la lune océanique de Kef Bir. Là-bas, j'ai rencontré une colonie locale d'humains.

Obi-Wan reconnut ce regard dans les yeux de Maître Cordova. C'était le même qu'il avait eu il y a des années auparavant pour Satine.

- J'imagine que c'est là-bas que vous avez rencontré la mère de Maître Junda.

- Kiara Junda…, avoua-t-il à demi-mot. Mais mon engagement avec les Jedi n'était pas quelque chose que je pouvais abandonner aussi facilement. Il m'a fallu presque un an pour réparer mon vaisseau et le communicateur. Kiara est tombée enceinte.

Il fit une pause, son regard se perdant dans le vague, se remémorant des jours révolus.

- D'une façon inattendue, j'étais heureux. Kiara voulait que je reste, mais j'avais mes engagements envers l'Ordre Jedi. Quand Cere est née, j'ai proposé à Kiara de venir. Mais elle aussi avait ses engagements envers sa tribu. Elle m'a donné Cere, pensant qu'elle pourrait apporter une meilleure contribution à la Galaxie en venant avec moi.

Anakin secoua la tête, déconcerté. Il ne pouvait y croire. D'autres Jedi avaient comme lui enfreint les règles du Code ? Jamais dans toute une vie il n'aurait pu l'imaginer.

- Je ne comprends pas, souffla-t-il avant de se tourner vers Yoda. Maître ? C'est… Comment se fait-il que vous sachiez ?

- Lorsqu'au Temple, il est revenu, Maître Cordova m'a tout expliqué, répondit Yoda. Pas le premier Jedi dans cette situation, il n'est.

- Comment ?

- Des Jedi nous sommes, mais toujours de chair et de sang. Qui-Gon Jinn aussi avait des sentiments pour un de nos membres, Maître Fay.

Le cœur d'Obi-Wan eut un pincement à la mention de son vieux Maître et de la merveilleuse Jedi qui n'avait jamais levé son sabre laser lors d'un combat tant sa maîtrise de l'esprit était puissante. Maître Fay, lâchement assassinée par Ventress, mais qui jusqu'à son dernier souffle donna son énergie vitale pour permettre à Obi-Wan de s'enfuir et d'apporter le remède du virus de la Lune de Naboo à l'Ordre. Jamais Obi-Wan ne l'oublierait.

- Maître Jinn et Maître Fay partageaient une relation ?! s'exclama Anakin.

- Platonique cela dit. Mais des sentiments ils avaient, oui.

Maître Cordova secoua la tête avec un petit sourire.

- Maître Yoda m'a tenu à mes engagements de Jedi. Cere serait accueillie parmi nous, étant donné que son taux de midi-chloriens présentait une capacité tout à fait juste pour l'entraînement d'un Jedi. Je ne devais pas la traiter avec favoritisme mais j'ai demandé à ce que Maître Yoda la laisse devenir ma Padawan.

- Maître, intervint alors Obi-Wan. Permettez-moi de poser une question qui semble évidente : pourquoi garder Maître Cordova lorsqu'il a commis l'un des délits les plus graves de notre Code ?

Le petit être vert lâcha un soupir.

- Plusieurs raisons, il y a. Premièrement, à l'époque, trois des plus remarquables de nos Jedi, le Code avaient quitté. Deux bannis. L'autre le quittant de son propre chef. Leurs sabres ont été retirés. Le déshonneur. Rejoint les Perdus, ils ont. Et puis à cause de cela, plusieurs désaccords comme celui que nous vivons aujourd'hui, se créèrent entre nos frères et sœurs. Dooku commençait à exprimer son opinion à l'encontre du Conseil. Concernant Maître Cordova, d'un point de vue pratique, nous avions besoin de lui pour nos recherches archéologiques qui nous sont une ressource capitale pour comprendre la Force et lutter contre le Côté Obscur. Si j'avais révélé la faute de Maître Cordova, c'est tout l'Ordre Jedi qui en aurait pâti.

Son visage s'affaissa, la mine sombre.

- Mais aussi… pourquoi rejeter un ami dans le besoin ?

Le silence prit place. Anakin dévisagea Cordova. Il n'en revenait toujours pas. Maître Cordova, un des Jedi les plus respectés… Père ? Qui-Gon Jinn, son premier Maître… partageant des sentiments ? Il avait l'impression de nager dans une sorte de rêve loufoque et qu'il allait se réveiller d'une minute à l'autre. Cordova s'aperçut de son regard scrutateur et lui adressa un petit sourire.

- Ça doit sûrement t'en boucher un coin, mon ami, lui dit-il doucement.

- Je crois que l'expression est faible, répondit machinalement Anakin, trop hébété.

- Sache que… je comprends ce que tu dois ressentir. Un enfant, c'est… la meilleure bénédiction que l'on puisse recevoir. Je le sais maintenant. C'est un cadeau de la Force qu'il nous faut apprendre à chérir. Une responsabilité des plus grandes parce que… c'est nous, les pères et les mères, qui amenons cette vie au monde. Et je peux te dire qu'avec Cere, j'ai appris des choses que je ne soupçonnais pas. Et pour rien dans tout l'univers je ne l'échangerais.

Le cœur d'Anakin semblait s'ouvrir. Oui, c'était ça. Il l'avait ressenti ça aussi. Dès l'instant où Padmé lui avait dit qu'elle était enceinte. Dès l'instant où il avait senti le petit coup sous sa paume de chair, il l'avait su. C'était le plus beau moment que la vie lui offrait. Dès qu'il avait appris son existence, il avait aimé Angie d'un amour inconditionnel. Et il comprenait désormais cet amour que lui avait offert sa mère. Elle avait tout fait pour lui. Envers et contre tout. Dans les bonnes comme les pires situations. Elle lui avait tout donné. Le maximum et au-delà qu'une mère esclave puisse offrir à son fils sur une boule de poussière qu'était Tatooine. Maintenant, il savait qu'il déposerait la Galaxie aux pieds de sa fille. Yoda interrompit le cours de ses pensées.

- Qu'il ne suffisait pas d'être exemptés d'attachements pour sombrer, cette guerre nous a prouvé. Pong Krell… Bariss Offee… Quinlan Vos… Comte Dooku. Pourtant… Aucun attachement, ils n'avaient. De grands Jedi, ils étaient… Depuis mille ans, les traditions des Jedi de la Haute République, nous préservons. Mais évolué, nous n'avons pas. Une grande longueur d'avance, les Sith ont sur nous. Evolué, ils ont. Adaptés, ils se sont. Patienté, ils ont. Notre perception dans la Force a fortement diminué.

Anakin et Obi-Wan échangèrent un rapide coup d'œil. Maître Yoda, le Maître de tous les Jedi, l'Avatar de la Lumière, avouant que la perception des Jedi s'était éreintée… L'heure était vraiment grave. Obi-Wan choisit de prendre les devants.

- Maître, sans vouloir faire acte de mauvaise foi, qu'est-ce qui vous a laissé supposer que la jeune Angie de la vision est la fille d'Anakin ?

Le Grand Maître Jedi reporta son attention sur Skywalker.

- Bien avant cet Holocron, je savais.

- Que voulez-vous dire, Maître Yoda ? demanda Obi-Wan.

- Pour comprendre, il me faut revenir à ce jour, où de la voix de l'Au-delà, je vous avais parlé. Certaines choses, de ne pas révéler, je suis tenu, mais au cours de l'achèvement de mon voyage, découvert qu'il y avait un autre Skywalker, j'ai. Un autre qui, un très grand rôle, un rôle clé, jouerait.

- Vous voulez dire que depuis tous ces mois vous saviez pour Angie ?

- Uniquement qu'un autre Skywalker viendrait. L'enfant d'Anakin.

Le petit être regarda le jeune Jedi, un petit sourire subtile.

- Peut-être que ton destin avec la Sénatrice Amidala, voulu par la Force, était.

Anakin eut un sourire penaud, se grattant la nuque.

- Ah… vous savez ça aussi…

Obi-Wan haussa les sourcils, feignant l'étonnement.

- Il faut dire que tu n'étais pas toujours subtil non plus.

- Hey ! Modérez-vous un peu, parce qu'il semblerait que je ne sois pas le seul Jedi à forniquer par ici.

Cela eut pour effet de déclencher un petit rire collectif au sein des convives. Petit mais tellement libérateur. Se reprenant, Anakin se tourna de nouveau vers le petit Maître Jedi dont les ricanements s'apaisèrent.

- Maître Yoda… Puis-je vous demander… Qu'est-ce que cela signifie pour moi ?

Le visage du Maître était toujours souriant mais la lueur dans ses yeux était on ne peut plus sérieuse.

- Te dénoncer, je ne puis. Cela est ta responsabilité, jeune Skywalker. Un grand Jedi, tu es. Très puissant. Mais encore très instable.

Anakin inspira, son orgueil piqué au vif. À la fois, il était flatté que le Grand Maître Yoda en personne lui dise qu'il était un puissant Jedi et à la fois ce gonflement d'orgueil était bafoué par cette remarque d'instabilité. Comme s'il pouvait se tourner vers le Côté Obscur à n'importe quelle minute. Obi-Wan se redressa.

- Maître ! Vous ne pouvez pas juger Anakin sur ses émotions ! Vous l'avez dit vous-même ! Les membres du Conseil deviennent de plus en plus assombris par leur arrogance !

- Vrai, cela est. Pas pour réprimer le jeune Skywalker, je ne le fais, mais pour le mettre en garde. Pour évoluer, regarder en face nos faiblesses et notre partie sombre, nous devons. Cela, moi-même j'y suis passé lors de mon test durant mon voyage. Toujours à apprendre il y a. Recommencer quand on croit avoir achevé. Réinventer. C'est ce que mon voyage m'a appris. Et pendant mille ans, les Sith nous ont devancé.

Les trois autres Jedi firent une mine sombre. Anakin inspira longuement.

- Donc vous ne direz rien au reste du Conseil ?

- Non. Mais… te préparer à ce que cet Holocron le révèle à ta place, tu dois. Et alors, il te faudra faire face à tes responsabilités avec plus d'esprit que si tu avais avoué par toi-même.

Tapie au fond de son cœur, la rage remuait sous le sifflement du dragon. Le visage d'Anakin était de pierre.

- Maître… À votre avis, que se passera-t-il lorsque j'aurai avoué mon mariage ? Quand j'aurai avoué l'existence d'Angie ?

Kenobi croisa les bras, le menton rentré. Il répugnait à le reconnaître mais il savait parfaitement ce que le Conseil déciderait dans sa majorité, même avec Yoda comme allié. Cordova baissa tristement la tête tandis que Yoda soutenait le regard de Skywalker, avec cet éternel air imperturbable.

- Ils voteront mon expulsion. Ils viendront chercher Angie. Ils la couperont de tout contact avec sa mère. Avec moi !

- Comme cela a toujours été…

Cette fois, Anakin explosa :

- Je ne vous laisserai pas faire ! Personne ne me prendra ma fille !

Obi-Wan leva les mains en signe d'apaisement :

- Maintenant ne nous emballons pas !

Cordova prit la parole, tentant de poser sa voix du mieux qu'il put pour tranquilliser le jeune homme en face de lui :

- Je ne ferai pas partie de ceux qui te couperont de ta fille, Anakin. Si ton secret devait être révélé, je te soutiendrais. Cere est grande et chemine sa propre route, donc je ne risque rien à te défendre. Je ne te laisserai pas seul.

- Paix ! réclama Yoda. Jeune Skywalker, cette instabilité, je veux dénoncer. Crois-tu qu'elle te sera d'un grand secours lorsque face au Conseil tu devras répondre ?

Anakin baissa les yeux, sentant la honte ramper en lui. Mais la rage ne s'était pas éteinte, non. Elle s'était retirée mais elle était toujours là, tapie dans l'ombre de son cœur, prête à déchirer quiconque s'approcherait de sa fille.

- Oublier ce que cet Holocron nous a révélé, nous ne devons pas, dit Yoda. Depuis le retour des Sith il y a treize ans, le Côté Obscur resserre sa prise sur nous. Et si nous ne comprenons pas les avertissements de l'Holocron, la République et l'Ordre tomberont. A mon sens, de meilleurs choses à faire que te de renvoyer nous avons, Skywalker.

- Et pour ma fille ? grogna Anakin.

- De la protéger, nous ferons en sorte. Avec toi. Avec sa mère.

Ces mots détendirent partiellement Anakin. Partiellement. Rien ne disait qu'il ne changerait pas d'avis. Et la réaction du Conseil était encore un facteur beaucoup trop variable pour qu'il relâche l'attention.

- Très bien, dit-t-il en hochant la tête.

Yoda acquiesça. Obi-Wan en profita pour lancer un code gestuel à son ancien apprenti.

Dis-lui…

Anakin reçu le message et pesa le pour et le contre. Puis finalement, il choisit qu'au vu de tout ce que savaient déjà Yoda et Cordova, il valait mieux avoir plus d'une corde à son arc.

- Maître… Concernant la vision de l'Holocron. Il y a autre chose que je souhaite vous dire.

Le petit être vert l'encouragea à continuer. Anakin s'exécuta.

- C'est hier à notre retour au Sénat que j'ai appris que j'allais devenir père. Et hier soir, j'ai eu une prémonition…

Et il lui raconta tout ce qu'il avait raconté à Obi-Wan de sa vision, de la souffrance de Padmé, de ses soupçons sur l'implication des Sith et le parallèle entre la vision de l'accouchement de Padmé et la vision de l'Holocron Blanc. Obi-Wan intervint à certains moments pour compléter ou appuyer des détails dans le récit d'Anakin. Pendant tout ce temps, Maître Yoda et Maître Cordova écoutaient attentivement. Si Anakin avait fait attention, il aurait pu dire qu'à aucun moment les deux Maîtres n'avaient cligné des yeux tant ils étaient concentrés. Quand il eut fini, Yoda rumina, hochant lentement la tête.

- Hum… étrange, cela est. Oui… Très étrange.

Cordova se caressa la barbe, songeur :

- Et tu dis que ce n'est pas la première fois que tu as des visions ?

- Depuis tout jeune… durant la guerre aussi…

- Je dois dire qu'à plusieurs reprises j'ai recommandé à Anakin de ne pas se laisser perturber par ces visions. De rester concentré dans l'instant présent. Mais il se trouve qu'à chaque fois les visions ont permis à Anakin d'anticiper la situation. Je ne crois pas que nous devons écarter celle qu'il vient de recevoir avec Padmé, affirma Obi-Wan. Je ne veux pas qu'une nouvelle tragédie se reproduise comme avec la mort de Shmi Skywalker.

Anakin se retourna vers son Maître. C'était la première fois que la mort de sa mère était reconnue aussi ouvertement. Quand il était revenu après la bataille de Geonosis, le Conseil avait exigé savoir ce qu'il faisait sur Tatooine et il avait révélé l'assassinat de sa mère. Il avait été réprimandé pour avoir désobéi aux ordres, la mort de sa mère balayée comme si de rien n'était et Anakin en avait gardé une rancœur noire contre l'Ordre, celle-ci nourrissant sa colère qui frôlait les limites de la haine. Qu'Obi-Wan le soutienne ainsi devant Maître Yoda dépassait tout ce qu'il imaginait. Il avait vraiment douté de lui. Et il se jura que plus jamais cela n'arriverait. Il regarda Maître Yoda dont les oreilles s'étaient à nouveau baissées tandis que le visage de Cordova s'étira avec peine. Il lança un regard désolé à Anakin et celui-ci lui fit un signe reconnaissant, le remerciant silencieusement de son soutien.

Cordova était vraiment un allié des plus surprenants. C'était la dernière personne dont il s'attendait à recevoir de l'aide. Durant son explosion, il n'avait pas fait preuve de tact envers le Maître Explorateur et il en avait honte. Rien ne l'obligeait à l'aider et pourtant il lui offrait son soutien. De plus, il fallait qu'il s'en souvienne, c'était Maître Yoda qui les avait incités à avoir la conversation qu'ils avaient. Peut-être n'avait-il pas donné autant de crédit au vieux Maître Jedi… Il devait faire preuve de plus de tolérance, ce n'était pas tous les jours qu'on remettait mille ans de traditions Jedi en cause…

- L'enfant, dans ta vision… En danger, est-elle ? demanda Yoda.

- C'est un élément que je ne vois pas… Mais j'entends ses cris de nourrisson. Je suppose qu'elle est déjà née…

- Et en effet, si on s'en tient à l'Holocron, elle ira bien, dit Cordova.

- Mais cela ne signifie pas qu'elle est pour autant hors de danger, avertit Obi-Wan.

- D'une grande prudence face au futur, nous devons faire preuve, mit en garde le Grand Maître Jedi.

- Maître, dit Anakin, se contrôlant. Si les Sith savent pour la Prophétie et pour les trois Élus, alors ma femme et ma fille sont leurs cibles.

Yoda ne releva pas le terme de « femme ». Au lieu de cela, il hocha de nouveau la tête. Il n'avait pas de temps pour reprendre le jeune Skywalker sur la violation de son vœu au Code Jedi. La situation était grave, critique. Les Sith étaient en avance sur eux, la République et l'Ordre Jedi sur le point de sombrer. Le vieux Maître commençait à le sentir dans son vieux cœur, quelque chose auquel il évitait de faire face depuis des mois, depuis son test avec les Prêtresses de la Force. Depuis son duel avec les Sith.

Tue-le… Laisse-le mourir et tu réduiras en cendres tout ce que je prévois d'accomplir…

Lui avait murmuré la sournoise voix de velours de Dark Sidious. Oui… Il aurait été tellement facile d'écouter. De faire ce qu'il disait. Depuis le jour où il avait rencontré Anakin, il avait vu un avenir, certes caché, mais un avenir sombre malgré tout. Mais il ne pouvait décrire comment était cette obscurité. Le Conseil l'avait senti aussi. Anakin Skywalker était trop vieux pour être formé. Trop attaché à sa mère. Trop peur. Puis Qui-Gon avait fait jurer à Obi-Wan de l'entraîner. Et un courant dans la Force l'avait encouragé à accepter le serment d'Obi-Wan.

Les années passaient et il fallait le reconnaître, Skywalker était le plus talentueux des élèves de la Force. Incertain et instable mais fort et intelligent. Puis la guerre est arrivée et Skywalker a contribué à la majorité des victoires de la République. Son ingéniosité et ses réflexes hors pair les avaient tirés de situations critiques et jugées par des experts comme irréalisables. Il avait capturé plus de la moitié des prisonniers de guerre enfermés dans la prison du Prisme, base secrète des Jedi pour les prisonniers jugés trop dangereux. Et pourtant jamais le Conseil n'a répondu aux questions de Skywalker quant au sort de ces prisonniers. Un acte de non-confiance.

Une non-confiance quand il sauvait la plupart des Jedi, des politiciens, des padawans, des pilotes, des soldats, des clones, des citoyens, des amis, des familles, des enfants… Anakin protégeait tout le monde… toute la Galaxie. Comme un véritable Jedi devait le faire. Mais cependant avec cette ferveur, comme s'il voulait expier quelque chose. Un péché inconnu.

Et c'étaient ces zones d'ombre qui empêchaient Yoda de relâcher sa vigilance sur Skywalker. Mais… n'était-il pas son ami ? C'est Skywalker qui l'avait aidé à accomplir sa quête lorsque le Conseil Jedi l'avait jugé sénile.

Non. Sidious avait voulu l'attirer dans un piège. Peu importait le destin de Skywalker, Yoda était un Jedi, le Maître de tous les Jedi, et un Jedi ne laisse jamais un être sans défense mourir, quel qu'il soit. Et il savait qu'en le sauvant, il avait non seulement sauvé son âme, mais il avait aussi obtenu une victoire pour la Galaxie qui durerait pour l'éternité…

Guide-moi, mon ami…

Implora-t-il doucement Qui-Gon.

Regarde dans ton cœur, mon ami… Tu sais ce que tu as à faire…

Lui répondit la voix chaleureuse de son ami disparu.

Yoda inspira, regardant de nouveau Skywalker :

- Mettre ta femme dans la confidence, nous devons, dit-il alors que le regard de Skywalker s'illumina. Concernée, elle est. Discuter tous ensemble de l'Holocron, de votre relation et de sa sécurité nous devrions.

- Très bien, Maître. Quand vous dites ensemble… ?

- Nous quatre et elle-même.

- Et… quand ça ?

- Maintenant. Si bien sûr, disponible, elle est.

- Euh bien sûr… Hum… permettez que je la prévienne d'abord, Maître.

- Fais donc, jeune Skywalker.

Alors qu'il se levait pour se rendre près des stores de la chambre afin d'avoir un peu d'intimité, Obi-Wan se tourna vers le petit Maître, ne prenant pas la peine de baisser la voix pour qu'Anakin puisse l'entendre :

- Et le Conseil, Maître ? Si nous avons déjà planifié une réunion pour une prochaine vision de l'Holocron ce soir, ils auront sûrement des questions.

- Maître Kenobi a raison, Maître. Comme vous l'avez si justement soulevé plus tôt, l'Holocron pourrait révéler les origines de la jeune Angie. Anakin sera dans une position encore plus délicate.

- Raison vous avez. Je crains que des révélations soient hélas de mise, mais contre l'expulsion de Skywalker, je suis. Un grand Jedi, il est. Et le garder comme allié nous devons. Quand l'heure viendra, de le défendre, je me chargerai.

Ces paroles laissèrent un déferlement de soulagement couler dans les veines d'Anakin. Yoda était de son côté. Yoda le défendait. Les choses n'allaient pas si mal finalement. Saisissant son comlink, il composa les cryptocodes de sa femme. Elle ne tarda pas à décrocher.

- Ani ?

- Padmé ? Hum… Est-ce que je te dérange ?

- Non. Je suis à la maison.

- Tu as une réunion prévue aujourd'hui ?

- Elle a été reportée à demain. Le Sénat a jugé préférable que nous nous remettions de la bataille d'hier et de laisser le temps au Chancelier de reprendre ses esprits. Pourquoi ? Est-ce que tout va bien ?

- Est-ce que tu es libre ? Est-ce qu'on peut venir te voir ?

- On ?

- Ah mon amour, accroche-toi, sourit-il doucement. Je crois que tu risques d'avoir la surprise de ta vie…

oO0Oo

Surprise était un euphémisme. Il avait fallu plusieurs minutes à Anakin pour calmer l'hyperventilation de Padmé. Il avait constaté depuis hier que la grossesse avait un très fort impact sur ses nerfs. D'un coup elle était rayonnante et la seconde d'après, elle pleurait.

Quand il avait confondu leurs brosses à dents, elle avait piqué une crise de colère qui mettrait tous les volcans galactiques dans une honte monumentale, avant de se mettre à pleurer comme s'il n'y avait pas de lendemain. Puis elle s'était excusée, implorant toutes les formes possibles de pardon, le tout sous son regard incrédule tandis qu'il avait reposé très lentement la brosse à dents à sa place. Tout ça en une minute record. Une fois remise de ses états, elle lui avait expliqué que c'étaient les hormones de la grossesse. Il s'était demandé comment elle avait fait au Sénat pour les garder sous contrôle. Mais justement lui avait-elle dit, c'était à la maison qu'elle relâchait toute la pression. Il avait remarqué aussi qu'elle était beaucoup plus maladroite avec son beau ventre bedonnant.

La pauvre, il s'était moqué d'elle, demandant par quel miracle elle n'avait pas encore créé de catastrophes autour d'elle. Il avait amèrement regretté ses paroles quand elle l'avait attaqué à coup de polochons. Riant, il s'était enfui à travers l'appartement tandis qu'elle le poursuivait arguant qu'il allait voir ce qu'il en coûtait de se moquer de sa femme enceinte. La poursuite s'était terminée dans le lit où elle lui avait sauté dessus, le faisant prisonnier et où il avait été surpris, épaté, voire légèrement alarmé de découvrir les envies d'une femme provoquées par la grossesse. Mais en ce qui le concernait, cinq mois sans voir sa femme avaient balayé toutes ses appréhensions pour finalement le laisser s'abandonner à cœur joie à ses appétences.

Skywalker plaignait vraiment sa femme. Parfois il voulait juste lui prendre son fardeau pour la soulager mais il ne pouvait évidemment pas pour des raisons d'anatomie. Alors il lui apportait à manger, et qu'est-ce qu'elle avait drôlement faim depuis qu'elle était enceinte ! Elle mangeait presque autant que lui ! Il lui massait les pieds, la portait au lit, la berçant elle et leur précieux trésor dans ses bras chauds et protecteurs. Elle était tellement belle, la grossesse lui allait vraiment bien. Oh comme il regrettait qu'elle ne puisse pas montrer ce ventre si beau, que tout le monde puisse le voir et qu'il puisse clamer que l'enfant dans son ventre était le sien, le fruit de leur amour et qu'il en était fier.

Maintenant, il semblait que cela allait changer. Après avoir dit qu'Obi-Wan, Maître Yoda et Maître Cordova savaient, elle n'avait pas attendu la fin de l'explication que les hormones avaient repris le dessus. Elle avait complètement paniqué, s'agitant dans tous les sens en poussant des cris et des exclamations du genre : « Oh Mère des Lunes ! Mais qu'est-ce qu'on va faire ?! Et toi ?! Ils vont t'expulser ?! Et Angie ?! Et je vais me faire renvoyer ! Et ils vont nous prendre Angie !? Et tu ne me le pardonneras jamais ! Et tu vas me trouver horrible ! Et tu trouveras que je ressemble à une baleine spatiale ! Et tu ne m'aimeras plus ! Et je vais finir mes jours en mangeant de la glace et devenir une vieille femme à chats ! ». Cette fois, c'étaient aux trois Maîtres au fond de la pièce d'avoir un regard incrédule, les yeux ronds comme des soucoupes, chacun se demandant si tout compte fait c'était une bonne idée de mettre cette future mère dans la confidence…

Le pauvre Anakin avait usé de patience et de longues paroles rassurantes pour calmer les hormones de sa femme. Il avait finalement réussi à terminer son explication et il s'était ensuivi une montagne d'excuses de la part de Padmé pour son comportement, auxquelles Anakin avait coupé court le plus extrêmement doucement qu'il put. Enfin, ils se mirent d'accord pour un rendez-vous immédiat à son appartement. Une fois la communication coupée, le jeune Jedi se tourna vers les Maîtres, ces derniers le regardant l' air de dire : « Bah, mon gars… Tu as du pain sur la planche ». Enfin ils se dirigèrent alors vers le hangar du Temple, Obi-Wan donnant une bonne tape fraternelle à son jeune apprenti, se voulant encourageant, Anakin lui renvoyant un petit sourire.

Une fois le petit groupe installé dans une canonnière, ils s'envolèrent vers le Penthouse 500 Republica. Durant le trajet, les Jedi contemplèrent les ravages de la bataille de Coruscant. Les incendies titanesques causés par la bataille de la veille rougissaient l'atmosphère de la planète, apportant cette ambiance de crépuscule alors qu'il n'était même pas encore les 9h standards. C'était à la fois apocalyptique et presque magnifique. Le cœur d'Anakin se déchira. Maudits Séparatistes. Maudit Grievous. Tant de vies perdues.

Ce n'est pas comme si tu n'en avais jamais pris, lui chuchota le dragon.

Il le fit taire, l'écrasant sous son talon, mais toujours le dragon revenait, parce qu'il faisait partie de lui. Il entendit vaguement Yoda et Obi-Wan échanger sur les dégâts de la planète. Puis il s'aperçut que Cordova l'observait avant de lui sourire, quelque peu fatigué. Anakin le lui rendit, puis il ouvrit la bouche :

- Maître, je ne vous ai pas remercié pour tout à l'heure. Je sais que j'ai réagi brusquement alors que vous m'offriez votre aide. Je veux que vous sachiez que j'apprécie énormément.

- Ne t'en fais pas, Anakin. Tu sais, je n'en ai peut-être pas l'air, mais j'ai connu ce par quoi tu es passé. Peut-être pas exactement comme toi, mais j'ai toujours ce désir immense de protéger Cere. Trilla est pour moi comme ma petite-fille. J'ai peur pour elles. Je veux que rien de mal ne leur arrive.

Il fit une pause, son regard attiré par une école en flamme.

- Mais… j'ai peur que l'Holocron ne révèle quelques présages plus sombres… Que la Force m'entende, je prie pour leur sauvegarde…

Anakin baissa les yeux, reconnaissant cette peur similaire :

- Je vous comprends… Vous savez… Cette petite hutte sur Tatooine que nous avons vue… C'est là où ma mère a passé les dernières années de sa vie…

- Si j'ai bien compris… ta mère et toi étiez aux mains des Hutts quand Maître Jinn t'a trouvé…

- Oui… Nous étions à Mos Espa… Mais elle a été affranchie par un homme du nom de Cliegg Lars après mon départ. Un cultivateur d'humidité du côté de Mos Eisley. Il l'a épousée et je sais qu'elle a été heureuse avec lui et sa famille. Owen, le fils de Cliegg, mon demi-frère, disait qu'elle était pour lui la mère qu'il n'avait pas eu la chance de connaître. Il disait qu'elle parlait toujours de moi et ils avaient hâte de me rencontrer… Il a épousé une jeune femme du nom de Beru Sunwhite. C'est la femme que nous avons entendue dans la vision.

- Cela explique pourquoi ta fille se trouve parmi eux sur Tatooine… Au moins, elle est avec ta famille…

- Ce n'est pas que j'ai des reproches à faire aux Lars… Ce sont de bonnes personnes… Je leur suis tellement reconnaissant. Ils ont pris soin de ma mère et l'ont aimée quand je n'étais pas là. Ils lui ont donné tout ce que je n'ai pas pu lui donner. Mais Tatooine est impitoyable. Ma mère a été capturée par les Tsukens, les Hommes des Sables…

Anakin inspira profondément. Il s'approchait d'un sujet dangereux. Et si maintenant Obi-Wan était au courant pour son meurtre sur Tatooine, il n'était pas prêt à en parler à quelqu'un d'autre. Même quelqu'un d'aussi compréhensif que paraissait l'être Eno Cordova.

- Ce sont eux qui l'ont tuée, n'est-ce pas ? dit doucement le Maître Explorateur.

Anakin se vautra dans le silence, ne faisant que confirmer que Maître Cordova avait vu juste. Puis il prit son courage à deux mains.

- Pendant… un mois… un mois entier… j'ai eu ces visions d'elle… souffrant… mourant à petit feu… Plusieurs fois, j'ai imploré d'aller la retrouver… Ne serait-ce que pour vérifier qu'elle allait bien… Et à chaque fois, je me suis vu refuser ma demande… les missions de l'Ordre Jedi étant la priorité… même quand c'est votre mère qui vous a élevé avec tout son amour sous le poids du travail, les coups de fouet, les insultes, sans jamais laisser les retombées avoir une quelconque emprise sur moi. Je le voyais, les autres familles… les parents battant leurs enfants… les insultant…

C'était comme ouvrir les vannes. Et maintenant il ne pouvait plus rien arrêter.

- Jamais. Jamais ma mère ne m'a insulté. Jamais elle ne m'a frappé. Nos maîtres faisaient déjà bien le travail de ce côté-là. Jamais elle ne m'a privé de nourriture. Elle me donnait même sa part de nombreuses fois. Elle me berçait quand j'avais fait un cauchemar. Elle me chantait des berceuses la nuit pour que je m'endorme. Elle m'a appris tout ce qu'elle savait : la lecture, l'écriture, les langues, la mécanique, la technique. Elle pansait mes blessures quand je revenais de mes corvées ou d'une course de modules. Elle m'a tout donné.

Le jeune homme plongea son regard dans celui, dévasté, de Cordova, voulant qu'il voit la misère qu'il avait enduré, ce à quoi il avait survécu, ce qui l'avait élevé à ce qu'il était. Et l'injustice qui lui avait été renvoyée.

- Ma mère était une femme forte. Extraordinaire. Toujours fidèle à elle-même. Même dans les instants où tout lui pardonnait d'abandonner, d'être désespérée, mais jamais elle n'a cédé.

Eno Cordova déglutit.

- Pendant un mois, avec cette même force, elle n'a pas cédé. Elle a tenu bon sous les coups de fouet. Sous la déshydratation. La faim. Elle a tout enduré juste pour me revoir.

Le vieux Maître ne détourna pas le regard et pourtant qu'est-ce qu'il le voulait.

- Vous savez comment elle était quand je l'ai trouvée ? Son dos était tellement déchiré qu'on ne voyait même plus un bout de peau. Que de la chair. Des bouts d'os par endroit. Le tout mêlé à des lambeaux de tissus sales, du sable, de la poussière et du pus. Comme ça, pendant un mois. Attachée comme un sac de viande dans une tente, gardée jour et nuit.

Cette fois, Cordova secoua la tête. Qui pouvait traiter la vie de cette sorte ? Surtout quelqu'un comme Shmi Skywalker. Les larmes embuaient les yeux d'Anakin, mais il ne les relâcha pas.

- Son dernier souffle était pour moi. Elle m'a dit qu'elle était fière de moi. Qu'elle… m'aimait.

Il s'arrêta, détournant la tête et chassant d'un battement de paupières la vitre embuée dans ses yeux bleu saphir.

- Je reviens à Coruscant et le Conseil me dit que je n'avais rien à faire là-bas.

Cordova continua de le regarder.

- Ma mère était mon héros. Elle ne méritait pas ça. Elle n'a pas mérité cette vie d'esclave. Elle n'a pas mérité cette fin. Elle mérite qu'on se souvienne d'elle.

Un silence plana.

- Je suis sincèrement désolé, Anakin, murmura Eno Cordova. Elle devait vraiment être une femme exceptionnelle.

- Je sais bien que tous les Jedi ne pensent pas de la même manière. Mais comment voulez-vous que je me reconnaisse dans les principes Jedi quand le Conseil ne reconnaît pas les problèmes de la Bordure Extérieure, l'esclavage et tout ce qui ne concerne pas la République et l'intérêt de l'Ordre. Toute ma vie, je voulais être un Jedi pour aider ceux qui ne pouvaient se défendre parce que c'est ainsi qu'on nous décrit les Jedi : des Chevaliers défendant la liberté et la paix. Qui défendent tous ceux qui ne le peuvent pas. Qui pacifient les tensions et aident à la réconciliation. Ma mère disait que s'il y avait plus d'entraide entre les gens, la Galaxie serait un monde meilleur.

- Une femme d'une grande sagesse…

- Et j'ai rencontré beaucoup de désillusions depuis mon arrivée à Coruscant…

Cordova inspira profondément, cherchant ses mots avec soin :

- Je ne vais pas destituer l'Ordre de ses responsabilités avec ce que je vais dire, mais au fil des ans, bien avant ta naissance, l'Ordre Jedi s'est renfermé dans ses traditions vieilles de plus de mille ans et s'est vu de plus en plus pris sous la coupe de la bureaucratie et du Sénat. À l'origine, selon les écrits des Zeffos, l'Ordre Jedi était indépendant de la République, mais il s'est retrouvé à devoir coopérer avec elle lors des Guerres opposant les Jedi et les Sith. En fait, si mes calculs sont justes, il n'y a pas eu d'évolutions de la part des Jedi depuis la disparition des incantations des Trois. Et cela remonte à mille ans.

- Avec la création de la République…

- En effet… Mais tu as parfaitement raison… cela ne nous destitue pas de nos responsabilités… Nous avons perdu trop de nos frères et sœurs dans cette guerre pour les mêmes raisons que tu soulèves très justement…

- Tout cela pour dire, Maître, que pas un jour ne passe sans que je ne me reproche le fait que si j'étais arrivé plus tôt, j'aurais pu la sauver, j'aurais pu faire quelque chose…

- Tu as fait tout ce que tu as pu, Anakin. Nous aurions dû t'écouter et te permettre d'aller voir ta mère. Peut-être alors les choses se seraient passées différemment, mais tu as employé tous tes moyens pour la retrouver. Tu ne dois pas te reprocher sa mort. Tu dis qu'elle a donné son dernier souffle pour toi. Tu as au moins accompli son souhait le plus cher : te revoir une dernière fois. Pour tout ce que ça vaut, et aussi injuste que cela puisse paraître, tu lui as permis de partir heureuse et de rejoindre la Force avec le sentiment d'accomplissement. Et cela vaut toutes les batailles.

Jamais Anakin ne s'était senti aussi reconnaissant. Enfin. Enfin, quelqu'un qui reconnaissait les torts de l'Ordre. Les torts qui ont été causés à sa mère.

- Cliegg Lars est parti à sa recherche avec trente autres de leur famille et de leurs amis. Seulement quatre sont revenus et Cliegg a perdu sa jambe lors d'un raid contre les Hommes des Sables. Il a pu s'en tirer de justesse grâce à Owen et un certain Darklighter. Il disait que de toute mémoire d'homme, ils n'avaient jamais vu une organisation aussi précise des Hommes des Sables.

Il regarda de nouveau Cordova.

- Vous voyez où je veux en venir ? Même trente hommes n'ont pas pu la ramener. Le plus gros rassemblement de renforts de tout Tatooine pour une opération de secours. Les Lars, avec toutes les ressources qu'ils avaient, ont presque tout perdu pour sauver ma mère et ont échoué.

Une lueur s'alluma dans les yeux de Cordova alors qu'il réalisa.

- Je crois que vous pouvez comprendre pourquoi je ne suis pas rassuré de savoir ma fille adolescente sur cette planète qui n'a pas épargné ma mère. Si j'avais eu quelque chose à dire dans cette histoire, jamais Angelina ne se serait retrouvée sur Tatooine, même avec des gens aussi généreux que les Lars. C'est cette peur-là qui me ronge.

Le Maître Jedi hocha la tête.

- L'Holocron a encore des choses à nous révéler… S'il est venu à nous c'est parce que la Force à voulu que nous sachions. Il y a une puissance supérieure qui est de notre côté. Et ça, c'est une bonne chose. Maintenant, nous allons pouvoir discuter avec ton épouse, planifier nos prochains mouvements, peut-être même que l'Holocron sera disposé à nous fournir plus d'explications sur la raison pour laquelle ta fille s'est retrouvée avec ta famille. Nous finirons bien par trouver.

- Je l'espère, Maître. Je l'espère de tout cœur…

Un silence de complaisance s'installa entre eux. À côté, Maître Yoda et Maître Kenobi continuaient à discuter doucement. La canonnière arriva dans les quartiers chics de Coruscant maintenant, ils n'étaient plus loin de leur destination. Puis soudain, Cordova se tourna vers lui, une pensée semblant le traverser :

- Anakin… ça va peut-être sembler sans intérêt mais… j'ai beaucoup étudié les civilisations et les ethnies minoritaires… Et il me semble que lorsque les Tsukens kidnappent quelqu'un, c'est pour faire louange aux dieux durant la moisson de Tatooine ou parce que la famille a causé préjudice aux Hommes des Sables. Et dans ce cas, une rançon est exigée dans un délai de neuf jours.

Anakin fronça les sourcils, ne voyant pas où il voulait en venir.

- Or, si je me souviens bien, c'était juste avant la bataille de Geonosis, soit durant le septième mois de l'année standard et la moisson de Tatooine était terminée depuis deux mois déjà. Donc les Tsukens n'avaient pas de sacrifices à faire pour les dieux. D'autant plus que lorsqu'ils procèdent ainsi, ils exposent leur prisonnier au sommet des montagnes des Dragons Krayt. Était-ce là que tu l'as trouvée ?

- Non. C'était par-delà la Mer des Dunes en passant les Gorges Rouges, vers le plateau craquelé.

- Ce qui élimine le sacrifice. Sans compter que cela dure cinq jours et non un mois. Et si j'ai bien compris, ta famille n'a jamais reçu de demande de rançon ?

- Non… Ils n'en ont pas parlé…

Maître Cordova se passa une main sur la barbe, semblant réfléchir à quelque chose. Anakin n'y tenait plus.

- Vous pensez à quelque chose, Maître. Où voulez-vous en venir ?

- Je ne suis sûr de rien, Anakin.

- Qu'est-ce que vous voulez dire ?

- Tu as dit que ta mère était enfermée dans une tente. Toujours gardée. Attachée comme de la viande. Pendant un mois. Mais… aussi barbare que cela soit… ce ne sont pas les coutumes des Hommes des Sables…

Devant l'expression perdue du jeune Jedi, le Maître Explorateur s'expliqua :

- Les Hommes des Sables ont trois façons de traiter leurs victimes si on met de côté le sacrifice de la moisson : d'abord, si une famille ou un groupe fait du mal aux Tsukens, mettons si quelqu'un ampute le bras d'un guerrier… Eh bien, l'acte sera rendu à un homme du groupe de la personne ayant causé l'amputation si ce n'est lui-même. Œil pour œil, dent pour dent. Un acte de revanche plus ou moins qui laisse quitte d'un certain point de vue, tout à fait discutable. Nous pouvons bannir ce fait puisque ta famille n'a pas cherché d'ennuis aux Tsukens. Ensuite, si on est toujours dans cette optique de revanche, mais dans le cas où les Tsukens auraient été insultés lors d'un commerce ayant mal tourné, leur deuxième méthode est de pendre leur victime par les pieds, exposées aux soleils trois fois par jour pendant une heure. Mais ta mère est restée durant tout ce temps dans la tente, sans compter que ta famille n'a pas pu insulter les Tsukens puisqu'il n'y a pas eu demande de compensation, en plus du fait que les cultivateurs sont connus pour ne marchander qu'avec les Jawas, les Hutts et les contrebandiers. Et enfin la troisième méthode, c'est quand la tribu n'a rien à manger et va kidnapper quelqu'un pour le dévorer. Mais encore une fois, ce n'était pas le cas, je suppose.

- Non. Quand je me suis faufilé dans le camp j'ai aperçu un troupeau d'une vingtaine de banthas pour au moins…

Il déglutit, pâlissant légèrement.

- … Quarante-cinq personnes.

- Ce qui est amplement suffisant pour nourrir une tribu…, dit Cordova, ne remarquant pas son malaise.

- Maître, pour l'amour de la Force, qu'est-ce que vous voulez dire ? s'impatienta Anakin.

Le vieux Maître Jedi le regarda, cherchant quelque chose, mais Anakin ne sut dire quoi.

- Ce que je veux dire, Anakin, c'est que c'est… étrange… Je trouve cela juste… étrange.

Le jeune homme le regarda, indécis. Il s'apprêta à interroger de nouveau le Maître quand la canonnière ralentit.

- Nous y voici, annonça Obi-Wan se tournant vers eux, alors que la plateforme d'atterrissage du Penthouse 500 Republica apparaissait.

- Oublie. Ce n'est pas notre préoccupation actuelle, l'en dissuada Eno, battant l'air de la main.

Ils se levèrent, descendirent de la canonnière, Cordova tenant toujours entre ses mains la sacoche renfermant l'Holocron, avant de se diriger vers l'ascenseur menant aux appartements de la Sénatrice Amidala, mais Anakin ne parvenait pas à oublier les paroles de Maître Cordova. Elles l'avaient plongé vicieusement dans un profond malaise et maintenant cela le prenait aux tripes.

Est-ce que Maître Cordova avait suggéré que la capture de sa mère avait été préméditée ?

Mais si oui… par qui ?


A suivre...


Notes : Et on termine avec un ton bien thriller ! Voilà, chers lecteurs, vraiment pour ce chapitre dites-moi ce que vous en avez pensé, c'est très important pour moi, pour que je puisses m'améliorer dans mon style d'écriture. Vous avez le droit de me dire ce que vous avez pensé des personnages, du scénario tant que cela reste poli et uniquement dans une optique de réflexion. Aucune insulte n'est tolérable.

Je sais que pour l'instant mes chapitres sont beaucoup de blablabla mais j'essaye d'instaurer un climat de réflexions où le scénario pose des éléments et des indices qui resurgissent dans les chapitres suivants. Mais ne vous inquiétez pas, l'action va arrivé et je vous promets que la fin de ce tome (oui j'ai pensé à plusieurs tomes) sera palpitante de combats épics. Ce tome d'Holocron Blanc est un peu une piste d'enquête où nos héros vont chercher des réponses et découvrir des choses inimaginables. Je vais y mêler beaucoup d'éléments d'autres univers dont un plus important que les autres qui fera presque de cette fiction un crossover. On sera aussi beaucoup sur un scénario parallèle : il y aura Anakin dans sa chronologie et Angie avec les visions de l'Holocron.

Je ne sais pas encore combien de chapitres cette fiction fera mais il y en aura beaucoup. Je vous attends dans les commentaires !