Résumé : Yoda et Cordova approchent Obi-Wan et Anakin. Le secret du jeune Jedi est révélé mais celui, inattendu, de Cordova avec. Après plusieurs échanges, les quatre Jedi décident qu'afin de protéger l'enfant de Skywalker, la mère doit être mise au courant. Alors qu'ils se rendent à l'appartement de la Sénatrice Amidala, Anakin et Cordova échangent sur la vision de l'Holocron ce qui les amène aux circonstances de la mort de Shmi Skywalker, la mère d'Anakin. Avec les éléments fournis par Anakin, Eno Cordova trouve la capture de la mère de l'Elu suspicieuse. Mais ils n'ont pas le temps de s'attarder sur la question qu'ils arrivent aux appartements sénatoriaux de Padmé mais la conversation laisse Anakin très perturbé.
Avis aux commentaires : (Nina) Je suis rassurée que le chapitre t'est plu. J'avoue que j'étais très nerveuse à l'idée que les personnages soient étranges mais visiblement ce n'est pas le cas. Corodova était selon moi un super candidat pour être un Jedi pas comme les autres parce qu'il passe son temps à sillonner la Galaxie et à voir des choses que d'autres n'ont pas l'habitude de voir. Merci Fallen Jedi Order ! L'univers étendue regorge de plein de pépites 0 . 0 Et selon moi, c'est qu'il faisait qu'il pouvait comprendre Anakin. Après, je me suis amusée à lui donner une petite histoire. Après pourquoi l'Holocron vient à lui, déjà parce qu'il est allé dans un lieu où la Force est très présente et puissante et ensuite c'est grâce à une petite phrase dans le jeu où il dit :"Je sens que la chute de l'Ordre Jedi est pour bientôt". Le grand est dans le petit détail ^^
Et oui, notre Anakin est plus calme mais ça c'est grâce à Obi-Wan. Il faut se dire aussi que ça fait trois ans qu'Anakin porte le secret de ce massacre et le secret de sont mariage. Et ça l'a écrasé pendant tout ce temps. Il n'avait pas le temps d'y penser parce qu'il était toujours dans les combats et la guerre. Il ne s'arrêtait jamais. Et la guerre et ses aventures avec Obi-Wan ont renforcé leurs liens de façons considérables. C'était son exutoire. Que ça soient les comics, les films, les séries, on les voit tout le temps rire, se taquiner, déconner. J'ai vu une fiction un fois où Obi-Wan ne soutenait pas Anakin quand son secret a été découvert, mais dans la timeline ça se passait au début de la guerre. Obi-Wan est encore dans le mood de l'épisode 2 où il voit Anakin super arrogant. Dans l'épisode 3, Obi-Wan défend Anakin lorsqu'il est avec le Conseil, il leur dit "Anakin ne m'a jamais laissé tombé", "Il ne pourrait jamais trahir un ami", "Il aura raison d'être déçu lorsqu'il découvrira qu'on s'est servit de lui". Il sait pour sa relation avec Padmé et il dit à celle-ci "Je ne dirai rien de tout ceci au Conseil". Parfois, les choses se tiennent à très peu et dans un las de temps infime. C'est exactement ce qui se passe dans Holocron. Et maintenant que tout à été dit entre eux (ou presque), ils sont plus unis que jamais. Maintenant Obi-Wan est le pilier d'Anakin et ce dernier sait qu'il peut se reposer sur lui et ça lui apporte un paix extraordinaire !
Mais la bataille n'est pas gagné pour autant.
Quand à Yoda, j'ai beaucoup aimé son entraînement par Qui-Gon et les Prêtresses et je me suis demandée pourquoi Yoda, sachant qu'il a traversé tout cela, sachant que les Sith convoitaient Anakin, ne l'a pas défendu plus que cela ? En plus, il l'a appelé Anakin un ami avant de partir pour ce voyage. J'ai voulu y remédier dans Holocron.
Padmé arrive ! Elle va rejoindre notre petit groupe d'enquêteurs ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant ^^
Notes pour les lecteurs : Chers amis lecteurs, pardon pour le temps que cela prend pour poster un chapitre. Je relis avec plus d'attention mes chapitres en français pour éviter le maximum de fautes d'orthographe, de grammaire et de conjugaison. Et aussi pour éviter des tournures de phrases bizarres. Et entre mon travail, gérer ma petite maison, et mon chéri, mes amis, sans oublier le sport, la peinture et la musique... Ouais j'ai un emploi du temps bien rempli. Mais je m'impose un rythme de vie strict et au final je fais plein de choses et c'est galvanisant ^^
J'espère que vous aimerez ce chapitre, j'y ai mis tout mon cœur.
Bonne lecture !
Après avoir longuement débattu avec lui-même pour laisser de côté sa conversation avec Maître Cordova, un autre stress vint ronger le jeune Jedi. Jamais Anakin n'aurait cru qu'il serait une fois de plus nerveux dans l'ascenseur montant vers l'appartement de Padmé. Mais cette fois, c'était pour une raison bien différente… Eh bien, la dernière fois, il n'était même pas marié à la belle Sénatrice et s'apprêtait seulement à la revoir après dix ans de séparation. Maintenant, certes, son Maître l'accompagnait de nouveau, mais ils avaient embarqué le Grand Maître de tout l'Ordre Jedi en personne avec le Maître Explorateur.
Et bien qu'ils aient échangé sur les conditions d'Anakin, le jeune homme ne pouvait empêcher ce stress permanent qui lui faisait des nœuds au cerveau. Et comme si cela ne suffisait pas, il avait fallu que la conversation avec Eno Cordova au sujet de la capture de sa mère lui fasse encore plus de nœuds dans les entrailles. Non, il ne devait pas penser à ça. Il devait se concentrer.
Obi-Wan remarqua que quelque chose perturbait son vieil apprenti mais pour une fois, il choisit de ne pas intervenir. Il semblait logique qu'Anakin ne soit pas serein, même avec la garantie qu'aucun des trois Maîtres ne feraient rien pour renvoyer le jeune Jedi de l'Ordre.
Enfin, ils atteignirent le sommet du bâtiment et la porte s'ouvrir sur l'entrée principale de l'appartement de Padmé.
La jeune femme les attendait là. Droite et neutre, vêtue de façon sobre mais élégante par une longue robe bleue marine. Les tissus amples cachaient leur doux trésor mais si on regardait attentivement, on pouvait deviner le contour rond de son ventre. Elle avait tressé ses cheveux en une délicate et longue tresse parsemée de petites perles blanches qui semblaient luirent dans la lumière et ne portait que pour seul bijou l'éclat de jappor que son mari lui avait offert lorsqu'ils n'étaient encore que des enfants.
Elle avait dû faire vite pour se préparer au vu de la matinée encore jeune, mais encore une fois, elle l'avait fait avec un professionnalisme hors pair. Et encore une fois, elle était magnifique dans les yeux d'Anakin.
Dès qu'elle aperçut son mari, le regard de la jeune femme s'embua doucement et le jeune Jedi vient à sa rencontre, prenant ses mains dans les siennes.
- Padmé, souffla-t-il.
- Anakin…, lui rendit-elle, cherchant à masquer son émotion, mais ô combien avec difficulté.
Il voulut l'embrasser, mais il n'était pas encore suffisamment courageux de le faire en public même avec leur secret révélé. Ses yeux le firent pour lui et Amidala reçu son amour avec tendresse.
Puis se reprenant l'un comme l'autre, le jeune homme s'écarta sur le côté de sa femme, ne lâcha pas sa main qui tremblait légèrement dans la sienne. Amidala accueillit les trois Jedi avec courtoisie :
- Maîtres Jedi.
Les trois s'inclinèrent devant elle.
- Bonjour, Padmé, salua Obi-Wan plus familièrement au vu de leur années d'amitié.
- Bonjour, Obi-Wan. Je suis heureuse de vous voir.
Puis elle se tourna vers Yoda qui s'avança doucement en s'appuyant sur sa canne :
- Maître Yoda.
- Sénatrice Amidala. De vous voir bien portante, cela me réchauffe le cœur.
- Merci, Maître.
Enfin, elle se tourna vers le dernier invité.
- Sénatrice, la salua Cordova.
- Mes excuses, Maître Jedi, bien qu'Anakin m'ait parlé de vous plutôt, je crains de ne pas avoir retenu votre nom.
- Il n'y a aucune offense, Sénatrice. Je suis Maître Eno Cordova, le Maître Explorateur de l'Ordre Jedi. Je suis plus archéologue que guerrier, je pratique mes recherches sur tout ce qui est rattaché à la Force pour le compte des Jedi. Je crains d'ailleurs que je ne sois à l'origine de la révélation de votre mariage…
Si Padmé avait été ébranlée par cette déclaration, elle n'en laissa rien paraître. Sans cligner des paupières, elle se contenta de dire :
- Je vois.
Puis elle inspira doucement pour se détendre :
- J'ai compris que nous avions beaucoup à nous dire, Maîtres. S'il vous plaît, permettez que je vous emmène au salon. Nous aurons tout notre temps de converser à notre aise. »
- Nous vous suivons, acquiesça Maître Yoda.
Padmé, s'appuyant sur le bras de son époux, les conduisit vers la pièce centrale où elle les invita à s'asseoir dans le canapé autour de la table basse. Anakin prit place à ses côtés et elle ne contesta pas, secrètement soulagée de l'avoir près d'elle. Au moins quel que soit ce à quoi ils avaient à faire face, ils le feront ensemble, côte à côte. Les trois Jedi s'installèrent donc dans le canapé leur faisant face. Les voyant ainsi, Threepio le vit comme un signal et s'avança avec un plateau d'argent sur lequel se trouvait cinq tasses de thé vert bien fumantes et d'où s'y dégageait un doux parfum relaxant. Les Jedi remercièrent le droïde de protocole, prenant chacun une tasse avant que celui-ci ne se tourna vers son Maître et sa Maîtresse et ne les serve. Padmé remercia chaleureusement son droïde et ami tandis qu'Anakin fit de même mais plus contenu avant qu'il ne l'autorise à se retirer. Après avoir pris sa première gorgée, Obi-Wan se décida à parler :
- Tout à bord, Padmé, il semble que des félicitations soient de mise.
- En effet, ajouta quelque peu joyeux Maître Cordova. Félicitations, Sénatrice ! À vous et votre époux !
Ne s'y attendant pas du tout, Padmé cligna trois fois des yeux, rougissant. Un rapide coup d'œil vers Anakin la détendit lorsqu'elle perçue dans leur lien que tout allait bien et qu'elle n'allait pas tarder à comprendre.
- M… Merci à vous. Je suis désolée. Ma réaction vous paraîtrait peut-être excessive, mais… c'est la première fois que l'on me félicite pour mon bébé… Et c'est d'autant plus fort quand ces compliments viennent des Jedi…, termina-t-elle, détournant doucement le regard, quelque peu intimidée.
- Compréhensible, cela est, dit gentiment Yoda. Au travers de la Galaxie, connus pour notre Code et nos interdictions pour l'attachement, nous sommes. Mais à titre personnel, plusieurs éléments m'ont amené à revoir votre situation et celle du jeune Skywalker. De nombreuses choses se sont passées depuis ce matin, Sénatrice. Beaucoup à dire, nous avons. Être forte, il va vous falloir. Mais une chose, je veux vous assurer : vos alliés, nous sommes. Mon soutien, vous et Skywalker, avez. De vous dénoncer ou vous laisser pour compte, je ne ferais pas. J'ai pris la décision de garder le jeune Skywalker dans nos rangs Jedi et pour vous, auprès de la Reine Jamilla, je plaiderai votre cause. Au cours du récit que nous allons vous faire, peut-être comprendre, vous parviendrez, mais une volonté de la Force, je commence à me persuader, que votre mariage et votre enfant à naître, sont.
La poitrine de la jeune femme se souleva en plusieurs inspirations alors qu'elle tenta de se maîtriser. Furtivement, elle porta son poignet à sa bouche, tenant de bloquer les larmes qui lui montaient aux yeux.
- Excusez-moi…, murmura-t-elle.
Près d'elle, Anakin lui serra la main, traçant des cercles sur sa peau avec ses pouces dans l'espoir de la calmer. À travers leur lien, elle le remercia doucement, lui envoyant tout son amour. Puis après quelques inspirations, elle regarda de nouveau le Grand Maître Jedi.
- Maître Yoda… Les mots ne seront pas à la hauteur de la gratitude que j'éprouve pour votre compréhension… Je n'aurais jamais cru… Merci… Merci infiniment… Je ne sais pas si vous réaliser ce que cela signifie pour nous…
Le vieux Maître sourit chaleureusement alors que la jeune Sénatrice se leva pour lui enserrer ses mains dans les siennes, voulant y transmettre toute sa reconnaissance. De chaque côté du petit être vert, les Jedi sourirent aussi, tandis que derrière elle, Anakin réprima la boule d'émotion au fond de sa gorge, envoyant sa bénédiction à la Force pour lui avoir envoyé de tels alliés au moment où il n'y croyait plus.
- Vous pouvez compter également sur mon soutien, Padmé, affirma Obi-Wan. J'ai déjà tout dit à Anakin plutôt ce matin, mais je vous le certifie de nouveau ici et maintenant, je ne vous laisserai pas vous défendre seuls lorsque le temps viendra. S'il le faut, en tant que Négociateur, je serai votre défenseur au Sénat comme au Temple Jedi.
- Et vous avez le mien, assura Cordova en hochant la tête en direction de la jeune femme. Je suis bien conscient que nous ne nous connaissons à peine, Sénatrice, mais vous verrez lorsque nous vous aurons fait état de notre récit que j'ai plus de points communs avec vous qu'il n'y paraît.
Cela eut pour effet d'attirer la curiosité d'Amidala, qui reprit place aux côtés de son mari pendant que celui-ci lui prit ses mains dans les siennes de nouveau.
- Je ne sais vraiment pas comment vous remercier tous. Vous êtes de vrais amis. Mais alors, je vous prie, racontez-moi : qu'est-ce qui s'est passé depuis ce matin ?
Maître Cordova décida de prendre en charge la première partie de l'histoire. Comme il l'avait bien dit, tout avait commencé avec sa découverte de l'Holocron, son retour hier soir à Coruscant de Bogano, son empressement auprès de Maître Yoda pour convoquer de toute urgence le Conseil et Anakin, puisque c'était lui que l'Holocron appelait. Le jeune mari de la belle Sénatrice intervint doucement pour lui expliquer l'importance d'un Holocron Blanc et ce qui le rendait si spécial par rapport aux Holocrons Jedi et Sith. La jeune femme hochait silencieusement la tête, ne perdant pas une miette du récit.
Puis Obi-Wan prit le relais en détaillant la réunion du Conseil Jedi et comment Maître Cordova pensait que la Prophétie datant de mille ans ne se contenterait non pas d'un Elu, mais bien de trois. Padmé resta silencieuse, mais son regard trahissait son intérêt et un soupçon d'inquiétude. Anakin dit comment il avait ouvert l'Holocron et comment tous les membres présents dans la salle s'étaient retrouvés à découvrir la première vision de l'Holocron. Ils lui parlèrent des sensations de réel, mais tout en étant fantômes à ce monde virtuel, ils lui parlèrent de Tatooine et de Dark Maul.
- Dark Maul ? s'étonna Padmé. Est-ce bien ce Seigneur Sith qui m'a pourchassé lorsque nous fuyons la Fédération du Commerce ?
Elle n'a pas voulu dire celui qui avait tué Qui-Gon Jinn, par respect pour Obi-Wan. Elle ne voulait pas faire remonter de pénibles souvenirs, mais elle avait à peine pu comprendre qui était leur adversaire à l'époque. Tout ce qu'on lui avait dit, c'était qu'il était un Seigneur Sith qu'Obi-Wan était parvenu à vaincre, mais ils n'en savaient pas plus. Puis deux ans après le début de la guerre, il avait refait surface, cauchemar vivant revenant hanter Obi-Wan et terroriser la Galaxie. Anakin lui en avait touché mot durant une courte retrouvaille, lui apprenant son nom « Dark Maul » et qu'il avait survécu à une blessure plus que mortelle. Padmé avait été ébranlée : l'assassin de Qui-Gon et son poursuivant était donc de retour. Elle doutait qu'elle fût sa cible aujourd'hui, mais elle se souvenait de son estomac se nouant lorsqu'elle avait croisé le regard jaune ensanglanté de ce Zabrak encapuchonné de noir dans le hangar royal de Theed. Malgré cela, elle s'était tenue droite, prête à se battre jusqu'à la mort s'il le fallait. Et Qui-Gon l'avait déchargé de ce combat, lui permettant d'avancer vers la clé de la victoire.
Elle avait pleuré le Maître Jedi lors de ses funérailles, mais elle ne s'était pas permis de verser une larme en public quand ni Obi-Wan ni Anakin ne le faisant. Qui-Gon et elle n'avaient peut-être pas de liens proches, mais d'une certaine façon, il était venu à acquérir une place d'importance dans sa vie. Il avait tout mis en œuvre pour lui prêter main forte et la protéger.
C'était lui avec Obi-Wan qui avait senti le complot de Nute Gunray et l'avait poussé à aller chercher de l'aide à Coruscant. C'était lui qui s'était chargé de récupérer des pièces manquantes pour leur vaisseau à Tatooine. Et bien que c'était la décision la plus insensée qu'elle n'ait jamais vue, de remettre leur destin dans les mains d'un petit garçon, aussi gentil et serviable qu'était Anakin, Qui-Gon avait vu juste lorsqu'il avait misé sur le potentiel d'Anakin et à travers lui leur unique chance de sortir. C'était un homme qui avait compris le monde d'une façon unique, qu'autrefois elle ne comprenait pas, au point d'avoir des moments de mépris, mais qu'aujourd'hui elle respectait du plus profond de son être.
Quand elle y songeait, ironiquement, c'était Qui-Gon qui l'avait mené, inconsciemment certes, vers celui qui aujourd'hui était son mari. Oui, c'était bien Qui-Gon qui avait été pour elle, comme il l'avait été pour Obi-Wan et Anakin, la figure rassurante, leur guide. Et Maul le leur avait arraché.
Obi-Wan baissa les yeux :
- Oui. Cependant, nous avons vite découvert qu'il était plus âgé et vieilli.
- Il était à la recherche d'Obi-Wan, dit Anakin. Son obsession semblait avoir survécu aux années.
- Combien d'années ? demanda Padmé.
- Impossible de dire précisément, mais nous pensons qu'une douzaine d'années se sont écoulées depuis aujourd'hui.
- Comment ?
- Ça, c'est la suite de la vision qui nous l'a révélé.
Et ils continuèrent leur récit, comment Maul grâce à un Holocron Sith connecté à un Holocron Jedi avait utilisé un jeune dénommé Ezra, apparemment apprenti Jedi, pour le forcer à venir au secours d'Obi-Wan. Anakin lui raconta qu'il avait entendu Rex qui visiblement était ami ou tout du moins allié avec le jeune Ezra. Apparemment, Bail Organa, le collègue et ami de Padmé, aurait dit qu'Obi-Wan serait mort. Soit le Sénateur d'Aldeeran le croyait vraiment, soit il couvrait Obi-Wan dans son exil.
Cela surprit d'autant plus Padmé. Qu'est-ce qui dans toute la Galaxie ferait qu'Obi-Wan ait à se cacher ? Mais étrangement elle avait la sensation que cela avait à avoir avec Anakin et la révélation de leur secret.
Puis ils lui décrire comment la vision leur avait montré le péril du jeune Ezra dans le désert, comment Maul l'avait tourmenté par ses attaques de l'esprit, comment il avait pu être sauvé in extremis par le vieux Obi-Wan.
- Je crains, Sénatrice, que nous approchons la partie sombre des révélations de l'Holocron Blanc, marmonna Cordova, le regard obscurci, les mains croisées sur la sacoche.
Les yeux de Padmé s'agrandirent de quelque peu, elle tourna la tête vers Anakin qui inspira avant de se lancer. Ça n'allait pas être facile, mais il fallait que Padmé le sache. Elle était au Sénat, peut-être apporterait-elle des éléments qui jusqu'alors étaient bénins, mais peut-être maintenant qui feraient écho avec ceux de l'Holocron Blanc. Et il faudrait bien aussi lui dire pour Angie.
Il lui dit donc que par les conversations d'Ezra et du vieux Kenobi, ils avaient appris que la République et l'Ordre Jedi étaient tombés, remplacés par un Empire visiblement dirigé par les Sith. Qu'avant cela, ils avaient entendu comme un enregistrement rayé, l'avertissement d'Obi-Wan à l'adresse de tous les Jedi survivants. Puis une rébellion s'était mise en place face à l'Empire et Ezra avec Rex et d'autres compagnons étaient à la recherche de Jedi pour rejoindre leur cause.
Padmé semblait se changer en pierre. Elle encaissait le coup. La République… L'Ordre Jedi… Partis ? Tout ce pourquoi elle avait contribué… Parti ? Battant des paupières, elle essayait de se recentrer. Ils attendirent poliment qu'elle se ressaisisse. Puis quelque chose interpella Padmé dans ses ruminations.
- Il y a quelque chose que je ne comprends pas… Comment ses éléments vous ont-ils indiqué ma relation avec Anakin ? dit-elle à l'adresse des Maîtres Jedi.
Ça y est. De nouveau, Anakin prit les devants. Il dit comment depuis qu'ils étaient arrivés sur Tatooine (enfin "arrivés", c'est une façon de parler quand on se tient littéralement dans une vision), ils avaient senti une puissance identique à l'énergie d'un soleil. Ils l'avaient senti lorsqu'Ezra s'était évanoui dans le désert. Et il décrit le combat entre Obi-Wan et Maul et comment ils ont découvert par le biais du Sith qu'Obi-Wan protégeait quelqu'un. Comment, mourant dans les bras de son ennemi, Maul avait eu besoin de savoir si cette fille que protégeait Obi-Wan était bien une Élue. Comment ils avaient fini par réaliser que l'énergie solaire et cette fille était les mêmes. Plus il parlait, plus une lueur de compréhension semblait prendre vie dans le fond des yeux de la jeune Sénatrice.
Un petit sourire se forma sur les lèvres d'Anakin :
- Padmé… Je l'ai vue…
Il n'en fallait pas plus pour que la jeune femme saisisse le sens de ses mots. Son souffle se coupa alors qu'elle regarda intensément son mari tandis que sa main alla à son ventre.
- Angie… ?
Sa voix était petite, fragile, débordante d'émotions. Le jeune Jedi hocha la tête doucement, ses yeux reflétant le torrent d'émotions dans lequel elle était prise.
- Elle est magnifique, lui dit-il. Elle te ressemble beaucoup. J'ai même cru que c'était toi au début.
Padmé porta ses mains à sa bouche, enlaçant son nez avec, essayant de toutes ses forces de retenir ses larmes. Sa fille irait bien ! Quel soulagement ! Quand Anakin lui avait dit qu'il ne savait pas si Angie allait bien dans son rêve, elle avait paniqué. Mais maintenant, elle savait qu'au moins son bébé sera sauve. Mais bon sang ! Elle devait se ressaisir ! Il y avait des Jedi ici, elle n'allait quand même pas pleurer devant eux.
- Bien qu'on puisse sans le moindre doute affirmer qu'elle est héritée des yeux bleus de son père, commenta Obi-Wan, les bras croisés sur sa poitrine, un sourire penaud.
La belle Sénatrice se tourna vers lui, comprenant ce que cela signifiait :
- Donc… vous l'avez tous vue ?
- Oui. Je dois dire qu'en la voyant, il n'a pas été difficile de faire le rapprochement.
Padmé se tourna vers Maître Yoda.
- Vous aussi vous avez compris qui elle était, Maître Yoda ?
- Plus complexe, en ce qui me concerne, c'est. Il y a plusieurs mois, un voyage, j'ai entrepris. Une vision, j'ai eu. Qu'il y aurait un autre Skywalker, j'ai su.
Les yeux de la jeune femme se voilèrent.
- Alors le Conseil aussi sait pour elle.
Cordova secoua la tête, se voulant rassurant.
- Non. Du moins, personne ne s'est manifesté. Je ne savais pas qu'elle était votre fille et celle de Skywalker jusqu'à ce que Maître Yoda le révèle.
- Je ne comprends pas bien. Je veux dire, vous m'avez l'air tout à fait digne de confiance, Maître Cordova, mais pourquoi vous impliquer dans notre secret ?
- Eh bien, c'est la raison pour laquelle je vous disais que vous constaterez que j'ai plus de points de communs avec vous que vous ne le pensez : je suis moi-même père.
La réaction de Padmé était exactement la même que celle d'Anakin et Obi-Wan plus tôt ce matin. Yoda se retint de lâcher un petit ricanement. Il ne s'en lasserait jamais. C'était si rare de voir des gens d'habitude si sérieux soudainement avec des expressions déconcertées. Pour son petit plaisir secret.
De nouveau, Cordova raconta son histoire à la Sénatrice de Naboo. Celle-ci comme son mari, n'en revenant pas qu'un autre Jedi ait brisé le tabou du Code et ceux sous la protection de Maître Yoda.
- Mais votre fille ? demanda Padmé à Eno. Sait-elle que vous êtes son père ?
- Oh… Intelligente comme elle, elle a dû se douter de quelque chose. Mais de par nos attachements au Code, nous ne parlons jamais.
- Mais… vous ne souhaitez pas que cela change ?
- Je comprends votre question. Cependant, je ne me suis jamais interrogé à ce sujet. Je pensais être le seul à avoir franchi le pas si on ne compte pas Maître Mundi, de par la rareté de son espèce, mais vraisemblablement, je me suis trompé.
Il gonfla sa poitrine, s'accordant un temps de réflexion.
- Maintenant, quant à savoir si je veux changer cette situation… Ma réponse ne peut qu'être oui. La guerre nous a prouvé qu'il ne suffit pas d'être exempté de tout attachement et plongé dans de profondes méditations en se répétant des traditions que nous n'arrivons plus à aligner avec notre présent pour être préservé du Côté Obscur. Toute ma vie est vouée à l'Ordre. Ou du moins, je sais que la mission qui m'a été donnée en entrant dans cette vie est de servir les autres. Par mes compétences d'archéologue, mais je sais que je suis au plus profond de moi un Jedi. Je sers la Force. Et la Force est en chacun de nous.
Anakin, une fois de plus, admira le Maître Explorateur. Jamais il n'aura su qu'il admira à ce point et en si peu de temps quelqu'un d'autre dans l'Ordre Jedi. Il avait une façon de présenter les choses pour les comprendre plus facilement. Sa philosophie résonnait parfaitement avec sa vision des choses. Peut-être que cela venait du fait qu'ils étaient tous les deux pères. Enfin, presque père en ce qui le concernait.
Cordova évolua dans sa réponse :
- Je crois que pour être réellement un Jedi, il faut prouver qu'on puisse l'être dans toute situation : dans la guerre comme dans la paix, au sein d'une civilisation comme dans l'exil, qu'on soit célibataire ou lié par une relation, dans l'adversité comme dans la sérénité.
- Mais dans ce cas, qu'est-ce un Jedi ? médita Yoda, relevant la tête.
- Je dirais qu'un Jedi, c'est un gardien de la paix. On m'a dit récemment qu'un Jedi, c'est quelqu'un qui défend ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes. Quelqu'un qui aide à résoudre les conflits. Quelqu'un qui préserve la vie.
- Hum, sage est celui qui voit ainsi, ricana le petit Maître Jedi en jetant un œil à Skywalker.
Ce dernier se retint de rougir alors que sa femme et son frère le regardèrent avec fierté. Cordova sourit :
- Je conclurai ainsi : être un Jedi, c'est sereinement, chercher la connaissance. Par cette connaissance, c'est comprendre. Par cette compréhension, c'est résister à la tentation d'en faire un usage pour un intérêt personnel et plutôt faire preuve d'une grande compassion. La compassion, c'est le partage. C'est apporter de l'aide. La compassion, c'est au final, une forme d'amour. Un Jedi, c'est aimer inconditionnellement son prochain, ses amis, sa famille, son amour, son travail, les créatures, l'univers dans sa conception. Un Jedi aime la vie. Et parfois, je dirais qu'être un Jedi, c'est être capable d'aimer son ennemi.
D'un millimètre, les sourcils de Skywalker se froncèrent. Qu'est-ce qu'il racontait ? Autant, il était complètement d'accord avec tout ce qu'avait évoqué Maître Cordova précédemment, autant cette dernière phrase lui paraissait être d'une absurdité des plus aberrantes. Force ! En treize ans d'entraînement et d'apprentissage de la formation Jedi, le Maître Explorateur avait réussi à lui faire mieux comprendre le Code Jedi comme jamais… Mais « aimer son ennemi » ? L'idée même ne parvenait pas à s'aligner correctement dans son esprit. Comment Cordova pouvait-il même imaginer une telle chose ? Jamais il ne pourrait pardonner ce que les Tsuken avaient fait à sa mère. Pas plus qu'il ne pourrait pardonner les pirates qui ont fait sa mère prisonnière. Ni les marchands d'esclaves de l'empire de Zygerria. Ni Dooku. Ni les Séparatistes. Ni tous ceux qui avaient massacré de sang-froid, gratuitement ses soldats, ses frères d'armes, tous les Jedi qu'il avait connus, ses frères et sœurs. Non, il ne pouvait pas pardonner. Comment pouvait-on pardonner après avoir subi une si grande souffrance, après avoir vu tant de morts ? Anakin ne voyait pas comment…
- Je suis entièrement d'accord avec vous, Maître, dit Padmé, une aura de douceur et de paix rayonnant d'elle.
Bien sûr. Forcément. Padmé, sa femme si gentille, si compréhensive avec son cœur infiniment bon, ne pouvait qu'être d'accord avec la vision de Cordova. Anakin l'aimait pour ça. Mais parfois, il ne la comprenait tout simplement pas. De la même façon que certains jours, il ne parvenait toujours pas à saisir comment une femme si bonne, si droite dans ses principes de justice et d'équité avait pu aimer et accepter d'épouser un homme comme lui : un homme dont elle savait qu'il avait massacré des enfants. Et pourtant, égoïstement, il voulait toujours la garder pour lui. Parce qu'il ne savait pas ce qu'il deviendrait sans elle.
Anakin soupira intérieurement. Il le sentait au plus profond de lui, il savait que c'était égoïste, mais c'était vrai. Certes, il était vrai qu'il voulait sauver Padmé pour des raisons plus altruistes : une personne si bonne comme elle méritait de vivre. Si elle venait à disparaître, la Galaxie perdrait un des êtres les plus merveilleux qu'elle est jamais porté.
Mais dans les tréfonds noirs de son cœur, Anakin voulait tout d'abord la sauver pour lui.
Sans Padmé, il aurait complètement sombré ce jour-là, dans la remise chez les Lars, alors que le cadavre de sa mère était à deux pièces de lui. Maintenant, il avait Padmé et il n'imaginait pas sa vie seul sans elle.
Mais il n'était pas seul.
Tout à coup, un petit coup se fit sentir sous sa paume et il constata que pendant qu'ils se serraient l'un contre l'autre, sa main de chair avait trouvé naturellement son chemin vers le ventre de sa femme. Il sourit. Non, il n'était pas seul. Il y avait Angie, maintenant, l'autre lumière de sa vie. Il avait Obi-Wan. Il avait Yoda. Il avait Cordova. Oui, il y avait encore plein de gens qui se souciaient de lui.
Et il allait faire en sorte d'être quelqu'un de meilleur.
Et il ne laisserait pas Padmé mourir et Angie devenir orpheline de mère.
Obi-Wan se racla la gorge, attirant ainsi l'attention de tous :
- Tout cela pour dire, Padmé, que le pouvoir que nous avons senti émanant d'Angie est extrêmement puissant et qu'il ne faisait aucun doute quant à son rôle d'Elue.
- Et pour cela, la convoiter, les Sith voudront, dit lourdement Yoda.
Instinctivement, les mains de Padmé se posèrent avec protection sur son ventre, comme dans l'espoir de la préserver de tous potentiels dangers.
- Mais que signifie ce rôle d'Élue ? Est-ce la même chose pour Anakin ? demanda la Sénatrice.
- Eh bien… Jusqu'ici, nous étions persuadés qu'il n'y avait qu'un seul Elu, expliqua Cordova. Nous conservons dans nos Archives un Holocron Jedi de Maître Coven, un Jedi qui a vécu il y a mille ans, qui détient de son propre Maître un témoignage de la Prophétie.
- Cette Prophétie a été prononcée il y a mille ans par le dernier Holocron Blanc, ajouta Obi-Wan.
- Cet Holocron Blanc a été perdu, mais Maître Coven a pu enregistrer à temps le témoignage de son Maître avant qu'il ne rende l'âme. Et cela dit ceci : « Celui qui apportera l'équilibre dans la Force viendra… Plus puissant que tous les autres, il aura le pouvoir de détruire les Sith et sera le fondateur d'une nouvelle ère… ».
- Mais si ce Maître était agonisant au moment de rendre l'âme, cela pourrait vouloir dire que vous ne possédiez pas la Prophétie complète, en déduit Padmé.
- En effet. Longtemps, nous avons cherché tout signe de cet Élu qui sera plus puissant que tous les Jedi que nous avons vus au cours des siècles, en vain. Puis Maître Qui-Gon Jinn, en votre compagnie, a trouvé le jeune Skywalker.
- Plus puissant que tout enfant croisé auparavant, tu étais, jeune Skywalker, dit le petit être vert au jeune concerné. Des épreuves mentales pour un niveau de Chevalier, nous t'avions fait passer à l'époque de notre rencontre.
- Pourtant, vous ne vouliez pas me former, mordit doucement Anakin.
- Non… Car caché, ton futur nous était. Et c'était une première depuis des milliers d'années. Le voile du Côté Obscur autour de toi semblait. Rendu méfiant, cela nous a. Mais bien de retour, sans que nous n'ayons rien senti, les Sith étaient. Une coïncidence, cela ne pouvait être. Cependant, toujours prudent, nous avons voulu être au sujet de cette Prophétie.
- Jusqu'à aujourd'hui, dit Obi-Wan.
Le Négociateur fit un signe vers le Maître Explorateur pour qu'il lui donne la sacoche, ce que ce dernier lui accorda. Kenobi retira le précieux artefact de son enveloppe, laissant chacun le voir de nouveau. Padmé se pencha, curieuse de l'objet brillant qu'elle voyait pour la première fois.
- Tu as été le seul à pouvoir l'ouvrir là où tous ont vu leurs efforts réduits à néant, dit Obi-Wan à l'adresse de son ancien Padawan. Et comme l'a dit Maître Cordova, c'est très certainement une preuve que tu es un Élu.
- Alors le fait qu'Anakin soit un Élu fait d'Angie une Élue ? demanda Padmé, inquiète.
- Ce n'est peut-être pas une règle absolue, dit Maître Cordova. Comme je vous le disais, j'ai trouvé cet Holocron Blanc dans un vieux sanctuaire sur la planète Bogano qui l'un des deux fragments de feu la planète Tython. Les Zeffos, une ancienne civilisation maîtrisant la Force parlait non pas d'un Élu mais, de trois Élus.
- Alors qui sera le potentiel troisième ?
- Je ne sais pas, mais j'ai le sentiment que ce sera un garçon.
- Comment en êtes-vous aussi sûr ?
- C'est que les textes Zeffos parlent de réincarnation d'un Père, d'un Fils et d'une Fille qui étaient les Protecteurs de la Force et veillaient sur l'harmonie de la Galaxie.
- Anakin et Angie sont père et fille…, souffla Padmé.
Obi-Wan se caressa la barbe, un petit sourire en coin :
- Vous êtes sûr que vous n'attendez pas des jumeaux ? Ça serait arrangeant.
Anakin le regarda avec des yeux à demi fermés, pas vraiment amusé par la blague. Ce n'était déjà pas drôle de se dire que votre fille est destinée à combattre le Mal avant même qu'elle est pu choisir ce qu'elle voulait, alors si en plus il y avait un deuxième enfant jeté dans le lot, c'était une double peine. Mais une chose à la fois : d'abord sauver Padmé, ensuite protéger Angie et on verrait plus tard pour d'autres enfants.
Padmé en revanche eut un petit rire.
- J'ai bien peur que non, Maître Kenobi. Il n'y a que cette petite dans mon ventre et je peux vous dire qu'à elle toute seule, elle me donne bien des coups. Alors deux, non merci.
- Peut-être que ce serait le futur petit frère de cette enfant, si vous prévoyez d'avoir d'autres enfants, proposa Cordova. Après tout, elle n'est pas encore née, il sera logique que le troisième Élu ne le soit pas non plus. D'après mes recherches, les premiers Élus formaient une trinité quasi-divine, choisis par la Force elle-même. Ils ont combattu ce que les Zeffos appelaient « Grimm » qui signifie « Démons » dans l'ancienne langue célestine. Mais il n'y a aucune trace de ces soi-disant Grimm, c'est presque un conte de fée pour expliquer l'origine les Jedi, cependant l'apparition de l'Holocron Blanc a tout remis en question.
Tout à coup, Padmé se figea, attirant immédiatement l'attention d'Anakin.
- Vous avez dit « Grimm » ? demanda-t-elle.
Sa voix était comme étranglée. Comme si on avait réveillé un cauchemar lointain enfoui au plus profond de son subconscient. Cordova parut décontenancé pendant que Yoda et Obi-Wan échangèrent un regard intrigué.
- Euh oui… C'est ce que j'ai dit. Pourquoi, Sénatrice ? Vous connaissez les Grimm ? demanda le Maître Explorateur.
- Ce n'est pas ça… C'est…
Elle regarda un instant son mari, lui disant silencieusement qu'elle se levait. Le jeune Jedi s'écarta et la jeune femme se dirigea vers une petite statue sur un socle dans le coin de la pièce. Anakin reconnu la représentation de la déesse Shiraya. La jeune femme la prit et la rapporta à ses hôtes afin qu'ils puissent la voir de plus près.
- Je crois que ce n'est pas une méconnaissance pour aucun de vous que Shiraya est la déesse protectrice de mon monde natal, Naboo.
- Figurez-vous que c'est drôle, car j'en parlais ce matin lors de la réunion, dit Cordova.
- Vraiment ?
- Je vais vous laissez terminer, Sénatrice.
- Très bien. Je ne sais pas si ce que j'avancerai est congru puisque les croyances ne sont pas des faits, mais bon nombre de nubians prétendent que Shiraya aurait existé. Selon la légende, elle était capable de miracles : guérir des blessures mortelles, bâtir des architectures d'un simple claquement de doigts, faire fleurir la nature dans une splendeur à nul pareil, mais on l'a dit aussi être une chasseresse hors pair et que de son arc d'argent pareil à un croissant de lune, elle chassait le Grimm.
Chacun se regardèrent, n'en revenant pas. Cela ne pouvait définitivement pas être une coïncidence. Posant la statut sur la table basse, Padmé se rassit aux côtés de son mari, lui prenant les mains.
- Les éléments s'accumulent…, murmura Obi-Wan.
- Très troublant, cela est…, acquiesça Yoda.
Anakin décida d'expliquer à sa femme qui faisait preuve de patience :
- Maître Cordova nous disait justement ce matin qu'il pense qu'il y a déjà eu plusieurs réincarnations de la Trinité. Que Shiraya aura très bien pu être une réincarnation de la Fille.
- Et donc… Angie serait la prochaine réincarnation de la Fille ?
- Je ne sais pas…
J'aimerais que ce ne soit pas le cas… murmura-t-il à travers leur lien.
Padmé baissa les yeux vers son ventre. Sa fille n'était pas même née qu'elle devait déjà affronter un destin de batailles et de luttes ? Quand elle avait épousé Anakin, elle savait que ce ne serait pas un mariage traditionnel, et que ce seraient d'abord leurs responsabilités avant leur mariage. Et quand elle est tombée enceinte, elle savait que cet enfant serait un être exceptionnel, qu'il serait fort à parier qu'il héritera de la puissance de son père et qu'un jour, il sera appelé à lutter pour la préservation de la Galaxie, mais Padmé n'imaginait alors pas l'ampleur de cette responsabilité.
En fait, elle avait secrètement prié pour que la guerre se termine avant la naissance de son bébé ou du moins peu après sa naissance. Beaucoup lui auraient dit que ce n'était pas raisonnable d'avoir un enfant en pleine guerre. Mais Padmé ne pouvait tout simplement pas avorter cette vie qui lui venait de l'homme qu'elle aimait plus que tout.
Alors elle l'avait gardé, et malgré la peur, chaque jour qui passait, elle aimait et chérissait cette petite fille qui grandissait en elle.
Padmé repensa aux paroles d'Obi-Wan lorsqu'il avait dit qu'elle avait les yeux d'Anakin. Doucement, elle sourit. Son vœu avait été exaucé, son enfant héritait des beaux yeux saphir de son père. Ces beaux yeux où l'on pouvait confondre le bleu des océans les plus profonds ou le bleu des cieux les plus purs. Mais une autre pensée lui vient.
- Attendez. Vous aviez dit que vous avez vu notre fille, mais comment était-elle ? Est-ce qu'elle allait bien ? Et où était-elle ?
Les Maîtres Jedi échangèrent un regard avec son mari qui serra la mâchoire. La tête de Padmé fit quelques allers-retours entre eux, cherchant à comprendre ce qu'ils semblaient se dirent entre eux.
- Padmé, commença son mari. Angie était sur Tatooine.
Le cœur de la jeune femme rata un battement :
- Avec les Lars ? demanda-t-elle, refrénant de son mieux son espoir.
- Oui… Et elle avait l'air en bonne santé… C'est juste… Tu sais pourquoi je ne voudrais pas l'emmener là-bas…
Et comment qu'elle savait.
- Mais… peut-être…, chercha-t-elle ses mots, voulant trouver une explication.
- Je m'excuse d'interrompre avec si peu de délicatesse, dit Obi-Wan. Il y a autre chose : Anakin nous a expliqué sa vision d'hier soir…que vous mourrez en mettant Angie au monde. Et sachant pourquoi Anakin ne voudrait pas y élever sa fille, nous avons des raisons de penser que… ni l'un ni l'autre n'étaient auprès d'Angie sur Tatooine…
Padmé pâlit de dix tons. Ni elle ni Anakin n'étaient là pour veiller sur Angie ? Elle avait dit à Anakin qu'il ne devait pas s'inquiéter, mais maintenant, sachant le poids de la vision d'un Holocron Blanc, elle n'en était plus du tout sûre.
- Mais… Je veux dire… Nous sommes sur Coruscant… Aucune femme ne meurt en mettant son enfant au monde !
- On ne sait pas si tu seras toujours sur Coruscant au moment où tu mettras Angie au monde, mordit Anakin.
- Mais même avec un droïde médical, tout accouchement peut se dérouler dans les meilleures conditions dans n'importe quel lieu !
- Qui nous dit que tu auras un droïde ?!
- Pourquoi es-tu aussi pessimiste ?!
Voyant la situation s'envenimer, Corodova décida d'intervenir levant les mains en signe de paix :
- Allons, allons, il est inutile de s'échauffer.
- Vrai, la Sénatrice Amidala dit. Difficile, cela semble de mourir pour des raisons médicales, intervint Yoda, l'air sombre.
Obi-Wan prit la défense de son ami :
- Mais je peux comprendre le point de vue d'Anakin : imaginons que Padmé venait à se retrouver sur Tatooine, bien que les villes de la planète possèdent des centres médicaux, ceux-ci ne sont pas les plus performants et hélas pas toujours disponibles pour accueillir tous les patients. Le taux de mortalité y est beaucoup plus élevé.
Il se pencha en s'accoudant sur ses genoux.
- Et je crains qu'avec ce que l'on sait, on peut supposer que ce ne sont pas des raisons médicales dont il faut vous soucier, Padmé, mais plutôt des raisons d'attaques contre votre vie de la part des Sith…
- Mais ne veulent-ils pas Angie vivante ?
- Oui, mais j'imagine que vous ne les laisserez jamais faire. On peut supposer que cette vision est le résultat d'un combat entre vous et les Sith… Et il y est possible, dans la vision d'Anakin, que vous vous êtes retrouvée mortellement blessée en voulant protéger Angie.
Padmé retint son souffle. Elle n'avait pas envisagé cette possibilité. Depuis qu'elle a découvert qu'elle était enceinte, elle s'était retirée de toute mission à risque, décidant de ne plus quitter la capitale, envoyant ses servantes en émissaires à sa place si cela était nécessaire. C'est aussi pour cette raison qu'elle n'avait pas revu Anakin durant tout ce temps. Certaines missions diplomatiques auraient pu leur permettre de se croiser ou de se revoir, mais la sécurité de leur enfant était bien plus importante à ses yeux. Autant, elle avait toujours refusé de se laisser impressionner lorsqu'elle était en danger, autant cette fois, elle n'était plus seule. La sécurité de son bébé dépendant de la sienne, elle ne pouvait se permettre aucune erreur.
À côté d'elle, Anakin broyait du noir. Pourquoi fallait-il que le sort s'acharne sur lui ? Est-ce que la Force le punissait pour ce qu'il avait fait ? Mais alors qu'elle le punit lui et non sa femme ! S'il y avait bien une justice dans ce bas monde alors cette justice verrait qu'on ne prend pas pour prix la vie d'autrui pour quelle que soit la faute qu'on aurait commise !
Il devait se calmer. Maître Yoda avait raison. Son intempérance ne le mènerait à rien. Au moins, Obi-Wan avait fait valoir son point de vue à sa femme, il espérait qu'elle comprendrait. Choisissant de son mieux ses mots, chose dont il n'était pas compétent en comparaison à Obi-Wan, Padmé ou Cordova, il reprit la parole, avec plus de douceur :
- Padmé… Je sais que tu es une vraie guerrière. Tu as prouvé depuis que je te connais que tu ne te laisserais jamais faire, même quand la vie des tiens est menacée. Et je sais que tu fais confiance à ton corps de sécurité, mais juste… regarde dehors. Coruscant n'a pas été attaquée depuis mille ans ! Le Chancelier Palpatine, la personne la mieux protégée dans cette galaxie, a été kidnappé ! S'ils ont réussi à le capturer lui, quand est-il de toi ? Plusieurs fois, ta vie a été menacée, tu es une figure importante de la politique.
Padmé baissa les yeux, la boule dans la gorge.
- Et je reconnais une prémonition quand elle vient à moi. Depuis tout petit, j'ai fini par comprendre. Je sais que ta mort n'est pas une métaphore. Quelqu'un projette de te tuer. Quelqu'un qui sait que tu attends Angie. Et avec l'Holocron qui a montré l'ascension des Sith sur la Galaxie, la chute de l'Ordre… Angie sur Tatooine… Je crains vraiment le pire, Padmé…
Un silence plomba l'ambiance.
- Indubitables, les arguments de Skywalker sont, Sénatrice, dit doucement Yoda, ses mains autour de la poigne de sa canne tortueuse.
Ne faisant pas confiance à sa voix, la jeune femme hocha la tête. Anakin lui serra la main, lui transmettant tout son amour. Elle lui serra la main en retour, voulait qu'il sache qu'elle n'était fâchée ou bouleversée contre lui. Compatissant, Obi-Wan s'avança :
- Nous vous aiderons. Vous n'êtes pas seuls. Nous mettrons tout œuvre pour que vous soyez protégée au mieux.
- Oui, vrai, Obi-Wan dit, ajouta Yoda. Réfléchis, j'ai. Si nécessaire, au Temple, nous emmènerons la Sénatrice. Les meilleurs soins, nous disposons. L'un des lieux les mieux protégés de la planète, cela est.
- Vous êtes sérieux ?! balbutia Anakin, n'en croyant pas ses oreilles.
- Toujours le basic, il me semble que je parle, jeune Skywalker, pouffa le petit être vert, malicieux.
- Ce n'est pas… Je veux dire… Merci, Maître, s'inclina profondément Anakin sous le regard ébahi d'Obi-Wan et amusé de Cordova.
Soudain, Padmé l'interrompit :
- L'Holocron…
Les quatre Jedi se tournèrent vers elle, intrigués. La jeune Sénatrice releva la tête pour désigner le bien précieux resté sur les genoux d'Obi-Wan :
- L'Holocron peut-il encore montrer des visions ?
Jamais Anakin ne se serait attendu à ce genre de demande de la part de sa femme. Se tournant vers les Maîtres, il leur fit une demande silencieuse qu'ils comprirent tout de suite. Cordova se racla la gorge :
- Eh bien, oui… Logiquement, un Holocron Blanc peut nous montrer autant de visions qu'on lui demande, mais c'est lui qui choisit ce qu'il souhaite nous faire voir. Il a sa volonté propre. C'est comme si la Force Vivante avait concentré dans un cristal les pans du cosmos. Nous avions normalement prévu de refaire une nouvelle ouverture ce soir avec le Conseil Jedi, mais je ne vois pas d'objection à ce qu'on fasse une nouvelle ouverture maintenant, d'autant plus que vous êtes la femme de celui qui a le pouvoir de l'ouvrir sans compter que vous êtes la mère de la Fille Élue.
- D'accord avec Maître Cordova, je suis, affirma Yoda en hochant la tête.
- Moi aussi, dit Obi-Wan.
Après que Cordova recommande quelques instructions, d'un commun accord, ils se levèrent tous et allèrent former un cercle vers la zone espacée du salon. Obi-Wan donna l'Holocron à Anakin. Celui-ci tenta avec peine de maîtriser les battements de son cœur. Qu'est-ce que l'Holocron allait leur réserver cette fois ? Allaient-ils voir Angie de nouveau ? Il le souhaitait vraiment…
Se plongeant dans la Force, il fit appel à ses sens et toucha la conscience de l'Holocron.
S'il te plaît, montre-moi ma fille…
Et l'Holocron s'ouvrit.
oO0Oo
Comme la première fois, tout autour d'eux disparut, les laissant dans un blanc immaculé. Padmé inspira d'admiration, vivant cette expérience pour la première fois. Il pouvait sentir dans leur lien son ébahissement, chose qu'elle ne laisse que peu apparaître en tant que Sénatrice et ancienne Reine. Mais même pour un Jedi entraîné et habitué à plusieurs expériences de la Force, c'était toute une chose.
Doucement, lentement, une mélodie s'éleva à leurs oreilles. C'était tendre. C'était clair et pur. C'était une voix qui chantait.
Une petite fille chantait.
Et le jeune Jedi reconnu la mélodie.
Ferme les yeux, dors à présent
Rêve aux jours heureux
Il n'y avait pas de doutes possibles. Les yeux du futur père croisèrent ceux sépias chauds de sa femme qui avait reconnu elle aussi la mélodie.
Et quand tu te réveilleras, tu verras une lumière
Brillant fort comme les tendres rayons du soleil
Une fulgurante émotion lui monta à la gorge et il dut se retenir de fredonner la berceuse lui-même.
- Quelle est donc cette chanson ? demanda Obi-Wan, très apaisé par les notes harmonieuses.
Anakin lui répondit dans un murmure :
- C'est la berceuse de ma mère…
La berceuse qu'elle lui chantait dans les nuits où il ne parvenait pas à dormir. Quand les journées avaient été trop rudes, quand ses blessures le brûlaient encore, quand ses muscles étaient trop amochés pour pouvoir se détendre. Shmi avait toujours pour lui cette merveilleuse chanson. Cette même chanson qu'il avait chanté la veille au ventre de sa femme.
Ferme les yeux, garde-les fermés
Repose tes pensées
- C'est beau, souffla Eno.
Yoda ne dit rien, mais appuyé sur sa canne de bois, il ferma les yeux, comme le recommandaient les paroles et il laissa le flux de la Force que créait magnifiquement cette musique le guider vers là où il souhaitait l'emporter.
Je te serrerai fort tout contre moi
Et j'espère que tu rêveras aux jours sans effroi.
Oh, mon cher enfant, je t'aime et je te protégerai.
Doucement, Padmé se rapprocha de son mari, lui prit la main. Ils marchèrent avec lenteur, vers là où la mélodie semblait les amener. Un à un, les trois Jedi les suivirent tranquillement.
Je te serrerai contre moi pour que tu oublies toute ta peine.
Parce que mon enfant, le monde peut être froid et si cruel
Mais une fleur peut fleurir entre les épines.
Comme de la brume de matin s'évaporant, le blanc immaculé se retira, laissant de nouveau place à Tatooine, à la maison des Lars, trop éclairée dans un après-midi aveuglant. Les cinq spectateurs durent presque se couvrir les yeux tant le changement faisait brûler la rétine, même amenée avec douceur.
Alors serre-moi fort encore une fois, mais le baiser d'adieu ne me le donne pas
Car je sais que je te reverrai par-delà.
Là, à l'entrée de la maison, assise sur le dôme arrondi, se tenait une adorable petite fille coiffée d'un petit chapeau blanc entrain de dessiner quelque chose. C'était elle qui chantait. Le cœur d'Anakin fondit tandis que Padmé haletait de bonheur :
- Oh Anakin…
Le jeune homme la serra contre lui, hochant la tête. C'était elle. Leur trésor.
Je penserai à notre chanson quand les nuits seront trop longues.
Je rêverai de toi car c'est là qu'est ma place.
Là, se tenait leur tendre enfant, si petite, si jolie. Padmé pleurait maintenant. Son mari avait raison, leur fille était parfaite. Mais ici, elle semblait ne pas avoir plus de trois ans. Elle avait la même couleur de cheveux que sa mère, mais lorsqu'elle se rapprochait, Padmé pouvait admirer les mêmes grand yeux bleus de son père. Et ses petites joues si mignonnes qui ne demandaient qu'à être croquées ! À côté d'eux, les Jedi s'avancèrent, leurs visages attendris par la scène.
- Quelle jolie voix elle a, commenta Obi-Wan, émerveillé de la ressemblance de l'enfant avec ses parents.
Anakin l'entendit à peine, complètement hypnotisé.
Oh, mon chère enfant, je t'aime toujours et j'espère qu'aujourd'hui, tu es heureux.
Je prie qu'un beau jour, nous nous rencontrions de nouveau…
Doucement, la mélodie prit fin sur les lèvres de l'enfant, mais la petite fille continua son dessin, inconsciente de son audience. Padmé s'approcha pour la toucher, avant que Cordova ne lui dise qu'elle serait comme un fantôme, car il ne s'agissait que d'une illusion. Déçue, la jeune Sénatrice se contenta d'observer son bébé. Angie semblait avoir fini son dessin et elle leva le cahier, satisfaite de son travail quand une voix s'éleva de l'entrée :
- Angie !
Aussitôt, l'enfant répondit :
- Je suis là, Tante Beru !
Et alors ils virent Beru Whitesun Lars. La jeune femme n'avait pas beaucoup vieilli par rapport à la dernière fois où Anakin et Padmé l'avaient vu lorsqu'ils recherchaient Shmi. Angie sauta du dôme et se précipita dans les bras de sa tante. Celle-ci la ramassa, la portant sur sa hanche.
- Regarde ! Regarde ! J'ai fait un dessin !
- C'est vrai ? Alors que nous as- tu dessiné de beau ?
Derrière elles, les parents purent admirer le travail de leur enfant. C'était un dessin comme beaucoup d'enfants dessinaient pour exprimer leurs sentiments, mais ce qu'ils y virent soulevèrent une multitude d'émotions titanesques.
Parmi les vaisseaux de l'espace et les étoiles filantes, Angie s'était représentée entourée de sa famille, d'un côté son oncle et sa tante et de l'autre côté, c'était …
- Là c'est toi qui me tient la main et c'est Oncle Owen qui tient la tienne et là c'est Papa qui me tient la main et là, c'est Maman.
- Oh. Tu as fait des ailes à Maman, je vois.
- Oui, comme les anges !
- Pourquoi elle a des ailes, Maman et pas les autres ?
- Bah parce que… je l'ai vu avec des ailes.
Il y eu un silence étrange.
- Tu as vu Maman, Angie ?
La voix de Beru semblait presque contenir de l'anxiété. Anakin ne sut pas comment l'expliquer, mais il avait un mauvais pressentiment. En fait… Il avait un terrible pressentiment. La petite Angie baissa les yeux.
- Bah…oui…
- Où Angie ?
- …Dans les montagnes…
Beru ne dit rien et l'audience sut qu'Angie avait désobéi à un avertissement. Eh bien, la pomme ne tombait jamais loin de l'arbre comme on avait coutume de dire, pensa Obi-Wan. Mais quelque chose le turlupinait, qu'est-ce que Padmé irait faire dans les montagnes ?
Beru soupira :
- Angie… Heureusement qu'Oncle Owen n'entend pas ça. On t'a dit plusieurs fois que tu ne dois pas te diriger vers les montagnes.
- Mais c'est le plus proche de la Mer des Dunes. Le sable et le vent, ils me parlent, Tata.
- Angie. Tu ne dois pas dire ces choses, mon cœur. S'il te plaît, promets-moi que tu n'en parleras pas.
Tout à coup, la scène changea et ils se retrouvèrent dans la cuisine des Lars. Angie était dans le salon en train de bricoler quelque chose avec des outils mécaniques, fredonnant une autre mélodie. Mais la vision les centrait sur Owen et Beru. Le beau-frère d'Anakin regardait le dessin d'Angie dans ses mains, une expression sombre sur le visage. Beru soupira.
- Owen… Angie a dû s'en douter… Elle est plus vive d'esprit que les enfants de son âge…
- Ne dis pas ça, la coupa sèchement son mari à la stupéfaction du public.
Le public fantôme fronça les sourcils. Qu'est-ce qui faisait donc que la moindre parole en lien avec la Force était un tabou suprême ? Beru soupira de nouveau.
- Owen… Nous le savions depuis le début. Elle est spéciale. Comme Anakin. Tu l'as vu comme moi. Plusieurs fois, elle a fait voler ses peluches dans son berceau. Elle pouvait sentir les tempêtes s'approcher des heures à l'avance. Sans doute, elle a su pour Padmé. Elle n'arrêtait pas de faire des cauchemars. Peut-être, grâce à la Force, elle a gardé un ressenti.
- Je sais…, grogna le beau-frère du Jedi, l'air extrêmement fatigué. Obi-Wan a même dû intervenir pour faire cesser les rêves…
Le sang d'Anakin ne fit qu'un tour dans ses veines. Bon sang, qu'est-ce que c'était cette histoire ?! Qu'était-il arrivé à Padmé ?! Où était-il, lui ?! Et par la Force, ne lui dites pas qu'Angie avait hérité de cette malédiction de voir les prémonitions ! Qu'est-ce qu'Obi-Wan avait dû faire ?!
Owen renifla, pliant le dessin pour le rendre à Beru :
- Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi elle n'a pas dessiné Anakin comme Padmé… Nous lui avons pourtant dit…
Que voulait-il dire ? Cette vision ne donne que plus de questions !
- Owen… Ça nous dépasse. Nous devions la confier à Obi-Wan…
- Jamais !
Il l'avait dit avec tellement de venin qu'on aurait cru qu'il voulait brûler l'idée rien avec ses mots.
- Owen…, tenta Beru.
- Je refuse que ma nièce devienne comme son père !
Anakin avait l'impression de tomber sur le cul. Il savait bien que ni lui ni son beau-frère ne partageaient grand-chose en commun, mais même durant leur courte rencontre, il n'avait pas senti d'animosité venant de sa part. Certes, il y avait de la tristesse à cause de la disparition de sa mère, qui avait été celle d'Owen durant son adolescence perturbée. Shmi avait réussi à combler le manque d'amour de l'adolescent orphelin de mère, d'où l'amour filial du jeune fermier pour l'ancienne esclave. Mais justement ! Owen avait été impatient de pouvoir rencontrer un jour son beau-frère dont sa mère adoptive ne cessait de lui parler. Owen les avait accueillis lui et Padmé, il avait offert le gîte à sa future femme le temps qu'il recherche sa mère. Et lors de leur séparation, le fermier lui avait gracieusement offert Threepio, alors qu'ils en avaient bien plus besoin qu'eux, mais son beau-frère lui avait assuré que Shmi aurait été ravi qu'il le récupère. Alors il avait accepté cet acte généreux. Mais dans ce cas, qu'est-ce qui avait fait qu'Owen le déteste au point de tout faire pour raturer l'héritage de sa fille ?
Beru secoua la tête.
- Tu ne pourras pas contenir éternellement les pouvoirs d'Angie, Owen. Un jour, il faudra qu'elle apprenne à les maîtriser.
- Tu sais ce qu'ils ont montré sur l'Holonet cet après-midi ?
Les Jedi retinrent leur souffle, ne pressentant rien de bon.
- Ils ont montré la décapitation d'un Jedi. Sur Central Plaza de Coruscant. Et tout le monde applaudissait. C'est ça que tu veux pour notre nièce ?
- Owen…
- Parce que c'est tout ce qu'il l'attend si elle suit cette voie.
Le fermier souffla, se pinçant l'arrêt du nez entre le pouce et l'index.
- Qu'est-ce qu'elle faisait là-haut ?
- Quoi ?
- Angie. Pourquoi était-elle en haut ? Elle se trouve toujours là.
Beru demeura silencieuse un moment. Owen se tourna vers elle, attendant sa réponse.
- Elle l'attend.
Le cœur d'Anakin battit à la chamade, la main de Padmé se resserrant autour de ses doigts de chair.
- Qui ?
- Tu sais bien… Elle attend son père. Elle attend qu'il vienne…
Angie l'attendait. Ce pouvait-il qu'il avait survécu ? Puis de nouveau, le décor changea, laissant les spectateurs ahuris. Le futur père voulait croire encore. S'accrocher à cet espoir. Il devait s'y accrocher. Mais de plus en plus, la peur s'immisçait en lui.
- Comment cela se peut ? chuchota Padmé ne croyant pas ce qu'elle venait d'entendre.
- Plus à voir, il y a, lui dit Yoda, le visage renfrogné.
- Jamais je n'aurais cru ça de lui, murmura Anakin se référençant à Owen.
Obi-Wan passa la paume de sa main sur sa bouche avant de s'adresser à son ami :
- Ton beau-frère n'a pas l'air de te détester, Anakin. Je dirais juste qu'il est très inquiet pour ta fille. Mais sûrement, il s'y prend maladroitement…
Méditant les paroles de son frère, le jeune Jedi hocha de la tête. C'était vrai. Dans ce futur, la République a été renversée et l'Empire traquait les Jedi. Forcément qu'il ne devait pas faire bon de se retrouver sensible à la Force dans de telles conditions, mais justement, à quel point la situation était grave ? Être Jedi devait faire de vous une cible, mais qu'en était-il des gens ayant seulement une sensibilité à la Force ? Tout de même, ils ne pouvaient pas traquer chaque être sensible dans l'univers pour les exterminer ! N'est-ce pas ?
Puis de nouveau, une vision se forma et de nouveau, il vit sa fille, toujours en bas âge, mais à sa grande horreur, elle marchait seule dans le désert. Par la Force ! Que fichait Owen ?! Il n'était pas capable de surveiller une petite fille ?!
- J'ai soif…, se lamenta l'enfant.
Padmé étouffa un gémissement, le cœur fendu de voir son enfant en proie au désert. Les Jedi retinrent le souffle. Si elle mourrait… Ils n'osèrent terminer leurs pensées…
Puis ils virent l'enfant apercevoir quelque chose. Ils tournèrent leur regard en direction de l'objet qu'elle regardait. C'était un arbuste. Avec des fruits rouges, semblables à des shurras. Le sang d'Anakin se glaça. Ce n'était pas des shurras. C'était des lynchriums. L'un des poisons les plus mortels que la Galaxie n'est jamais porté. Force… Faites qu'elle n'y touche pas…
Mais comme si le mauvais sort prenait un malin plaisir à le martyriser, la petite fille à demi consciente s'y dirigea. Le fruit empoisonné semblait l'appeler. Mais en fait, ce n'était pas du tout une impression ! Des chuchotements inquiétants entouraient ce fruit. C'était le Côté Obscur !
Tout se déroula trop vite devant les yeux d'Anakin. Le fruit vola dans la main de son enfant et d'une pleine bouchée, elle croqua le fruit.
Il crut entendre le cri de Padmé, mais cela lui semblait trop loin. Comme si à l'instant où Angie avait mordu la chair du fruit, le monde s'était arrêté. Il ne pouvait que regarder impuissant le jus de couleur sang couler le long de son petit menton arrondi. Regarder ses yeux s'ouvrirent et dans lesquels il voyait sa compréhension que ce n'était du shurra. Et regarder qu'à sa grimace, c'était un goût immonde et âcre. Il la vit tituber, lâché le fruit qui roula loin d'elle pour se décomposer à une vitesse alarmante, rejetant du pus et un jus tournant de plus en plus vers un rouge noir. Il crut un instant entendre le doux rire d'une femme à faire froid dans le dos. Angie tomba et le monde autour d'eux fut plongé dans l'obscurité, ne restait qu'Angie dont le petit corps convulsait avec douleur sur le sol brûlant.
Puis tout à coup, une lumière bleue tendre et brillante perça les ténèbres.
Angie…
Le jeune Jedi regarda sa femme, mais elle semblait tout aussi interloquée que lui.
- Tu as parlé ? demanda-t-il tout de même.
- Non, secoua de la tête son épouse.
Obi-Wan ne détacha pas du regard la lumière bleue. Padmé était bien là à leurs côtés, mais pourtant sa présence venait de cet endroit également.
Puis soudain la lumière prit forme et dévoila la belle Sénatrice.
Anakin savait que Padmé était belle. Et ce n'était pas seulement son avis. Des milliers d'êtres dans la Galaxie s'accordaient pour dire qu'elle faisait partie des personnes les plus somptueuses qui étaient données de voir dans cet univers. Une femme d'une grande beauté, d'une intelligence hors du commun et d'une compassion qui ferait fondre le cœur des plus rudes.
Mais la Padmé qui apparût devant eux avait quelque chose de céleste. Comme si elle avait été élevée au rang de déesse. Vêtue d'une immense robe bleue brillante, ses longues boucles volumineuses, encadrant son visage d'ange, étaient parsemées de fleurs de néroli blanches. Elle ressemblait à une nymphe des eaux et des étoiles.
Puis Anakin s'aperçut qu'il y avait quelque chose de différent chez cette version du futur de sa femme. Oui, elle était vraiment très belle, douce… Mais… triste…
Incroyablement triste…
La Sénatrice regarda cette vision d'elle-même féerique et l'espace d'un instant, elle crut que leurs regards s'étaient croisés, car elle lui avait doucement souri. Puis l'apparition divine se dirigea vers la pauvre petite au sol. Doucement, avec une infinie tendresse, elle la souleva pour la porter sur ses genoux, l'allongeant sur le ventre. Posant sa main sur son petit dos, elle la massa, faisant en sorte qu'elle recrache chaque morceau. Quelques toux plus tard, les morceaux furent rejetés au grand soulagement de l'audience fantôme. Lentement, la fillette se remit à bouger.
- Doucement, ma chérie, lui dit la divine Padmé. Tu as avalé du poison. Restes tranquille, de l'aide va bientôt arriver.
L'enfant se tourna vers elle et en la voyant, ses immenses yeux bleus s'écarquillèrent avec transport.
- Est-ce que tu es un ange ? demanda Angie.
Les larmes montèrent aux yeux d'Anakin, souriant à ces mêmes mots, les premiers qu'il avait adressé à sa femme, dans ce lointain passé, alors qu'il était aussi candide que son enfant, tandis que les deux Padmé lâchèrent un rire cristallin.
- Non, mon trésor. Mais je suis quelqu'un qui veille sur toi depuis toujours, répondit l'angélique Padmé.
Les paroles qui auraient dû être un réconfort ne firent qu'angoisser les jeunes époux et alarmer les Jedi. Ces paroles laissaient tout à croire que Padmé n'était plus de ce monde… Mais comment ? Les fantômes n'existaient pas.
Angie porta sa petite main vers le visage de l'apparition, réalisant quelque chose.
- Je te connais ! Tu es ma maman !
La belle femme hocha de la tête que l'enfant se jeta à son cou sous le regard ému et attendri de l'auditoire. Anakin serra sa femme contre lui, un amas d'émotion contradictoires le déchirant devant cette vision qui le transportait et le terrorisait tout à la fois.
- Maman ! pleura de joie la petite fille. Je savais ! Je savais que tu reviendrais ! Je l'ai dit tous les jours à Oncle Owen et Tante Beru, mais ils avaient un peu de mal à le croire, mais je le savais que tu reviendrais !
Le sourire de la jeune mère restait rempli d'amour, mais son regard se troubla.
- Oh ma chérie… Je ne suis jamais partie…
…
Qu'est-ce que cela veut dire ?
Soudain, les alentours s'obscurcirent encore plus et une aura maléfique envahit tout. La même aura qu'ils avaient ressenti tantôt du fruit de lynchrium. Terrifiée, la petite Angie se serra contre sa mère, s'agrippant à sa jupe. La divine Padmé la rapprocha d'elle, son regard sépia tourné vers un point bien précis face à elle, son visage froid comme la glace. Dans l'obscurité, elle semblait luire. L'enfant releva la tête vers elle, en quête de réponse vers sa seule source de réconfort.
- Maman ? Que se passe-t-il ? J'ai tout froid… Je… J'ai peur…
La Sénatrice serra son ventre, le berçant entre ses mains tandis que son double resserra son étreinte sur son trésor.
- N'aie pas peur. Je te protégerai, dit-elle.
L'obscurité bordeaux se rapprochait et l'air devint irrespirable. Des flammes huileuses les léchaient, les réclamant comme repas. Angie tremblait de plus en plus fort.
- Va-t-en, grinça des dents la déesse Padmé.
Les flammes reculèrent un instant.
- Ne t'approche pas de ma fille.
Anakin la contemplait, essayait de se souvenir s'il avait déjà vu la Reine Guerrière de Naboo aussi féroce et terrifiante tout en était plus belle que jamais. Il n'avait rien vu de comparable.
Puis tout à coup, des tentacules mauves et visqueuses surgirent, écartant tout sur leur passage et se dirigèrent droit sur Padmé et Angie. La petite fille cria, mais Padmé ne bougea pas d'un poil.
Et au moment où les menaçantes ventouses s'apprêtaient à les saisirent, la déesse bleue tendit le bras et une lumière aveuglante les brûla. Il y eut un cri strident, comme celui d'une harpie qu'on égorgeait. Les Jedi restèrent bouche bée comme des carpes. Cette puissance… Comment était-ce possible ? Amidala n'était pas sensible à la Force !
- Va-t-en ! ordonna Padmé, puissante et calme tel la reine qu'elle était. Laisse ma fille tranquille !
Des ailes immenses et blanches s'élevèrent de son dos et un vent violent déchira les ténèbres. Dans leur agonie, celles-ci se mirent à parler avec une douceur glaçante.
Tu ne pourras pas toujours être là pour elle, Septième Sage.
Ton pouvoir s'épuise, lui aussi.
Un jour, nous l'aurons.
Un jour, elle sera à nous et plus rien ne pourra nous arrêter !
Et les ténèbres se dissipèrent, laissant place à la nuit sereine.
Tant d'informations se bousculaient dans la tête d'Anakin qu'il en avait des migraines. Bon sang ! Cet Holocron allait-il finir par lui dire ce qu'il se passait ?!
La petite Angie qui s'était cachée dans les jupes de sa mère, risqua un coup d'œil, guettant toutes formes de dangers avant de doucement sortir sa frimousse. Tendrement, avec amour, Padmé lui caressa les cheveux, mais son regard resta fixé droit devant elle.
- Maman ? Qu'est-ce que c'était ?
C'était une bonne question que le public fantôme aimerait bien savoir lui aussi.
Les iris de la féerique Padmé se voilèrent de nouveau de tristesse. Au loin, une voix profonde, presque métallique, mais dont la portée fût plus faible qu'un écho, résonna.
Tu ne connais pas le pouvoir du Côté Obscur…
À ses mots, la tristesse de la belle reine s'amplifia considérablement et une larme coula le long de sa joue.
- Tu es si petite, chuchota-t-elle. Ce n'est pas à toi d'affronter tout ça…
La jeune mère se pencha vers son enfant et la serra dans ses bras.
- Oh, Angie… Pardonne-moi… Je t'ai laissé dans un monde tellement abîmé. Je t'ai laissé un tel fardeau… Je devrais être celle qui devrait combattre tout ceci, pas toi… Je voulais tellement t'offrir un monde de paix et de bonheur… Je voulais que tu grandisses à l'abri des combats et de la guerre…
Une nouvelle fois, le décor change, laissant entrevoir des paysages infernaux, digne de la planète de Mustafar. Quelqu'un beugla de douleur pendant qu'une explosion du Côté Obscur fit trembler la terre et les cieux. Anakin et Obi-Wan blêmirent, sentant dans leur lien une douleur cinglante qu'ils ne comprirent pas. À côté d'eux, Cordova bleuit et Yoda se saisit la poitrine, vacillant tandis que la Sénatrice frissonna, ressentant elle aussi, cette puissance dévastatrice. Les yeux de la petite Angie s'écarquillèrent de terreur. Le visage de l'autre Padmé se vidait de toutes traces de positivité. Elle serra sa fille dans ses bras comme si elle voulait la protéger de cette vision cauchemardesque.
- Maman ? Qu'est-ce que c'est ?
- Chut… N'écoute pas, mon cœur. Ce sont des choses qu'une petite fille n'a pas à subir.
Soudain, une énergie pareille à une super nova entra dans l'espace. Les Jedi en eurent le souffle coupé. C'était une puissance pareille à celle d'Angelina mais là où celle de la fille de Skywalker était pareille à la brillance d'un soleil, avec la chaleur de ses rayons, celle-ci était électrique, pétillante et agitée, comme un neutron surblindé, prêt à exploser. Une silhouette se dressa en haut de la colline de feu. Les spectateurs fantômes se tournèrent vers elle. C'était un autre enfant, mais avec des oreilles de chat. Angie le remarqua et le pointa du doigt.
- Qui c'est ? Je… J'ai l'impression de le connaître !
La divine Padmé releva la tête pour voir la silhouette lointaine de l'enfant. Elle sourit, une forme d'espoir revenant sur son visage.
- Quelqu'un sur qui tu pourras toujours compter, mon trésor.
L'enfant était à contre-jour et il était impossible de bien le distinguer. La féerique Padmé continua :
- Vos destins sont liés. Quand tu le rencontreras, ce sera le début d'un long chemin pour vous deux. Vous aurez bien des défis à relever ensemble. Mais n'oublie pas, votre puissance est votre union. C'est ensemble que vous vaincrez. Et ensemble que vous pourrez le ramener…
- Maman ?
Mais sa mère la coupa en la serrant de nouveau contre elle. La vision de l'enfant s'évanouit et la nuit tranquille revint de nouveau.
- Ne pose plus de questions, mon cœur, lui dit-elle et lui prenant les mains pour plonger son regard dans le sien. Viendra le temps des réponses, mais je t'en prie, pour l'instant, repose-toi. Chante, danses, vis comme chaque petite fille ont à vivre, avec la poitrine pleine de rires et les yeux plein de rêves. Consacre-toi à tout ce qui te rendras heureuse. Et oui, un jour, le destin t'appellera à ton tour.
Tout à coup, un rayon doré se posa sur l'enfant et une voix l'appela. La mère et la fille tournèrent la tête en direction de la source lumineuse.
- Les voilà, dit-elle doucement, rassurante. Va. Retourne les rejoindre.
- Tu ne viens pas avec moi ?! paniqua la petite, terrorisée à l'idée d'être à nouveau séparée de sa mère.
Padmé sourit doucement.
- Je serais toujours avec toi. Même si tu ne me vois pas… Je serais là.
Tout en prononçant ces paroles, elle pointa le cœur battant dans la poitrine de l'enfant. Les larmes coulaient librement des yeux d'Anakin.
- Mais quand je me réveillerai, tu ne serras plus là, pleura l'enfant.
Padmé lui caressa les cheveux.
- Mais quand tu te rendormiras, je serais là. Il suffira que tu chantes en pensant à moi pour que je vienne à toi. Je te le promets, je serais toujours près de toi, à tout jamais.
Cela parut tranquilliser la petite fille, sans que la tristesse ne s'en aille vraiment. Padmé lui serra les mains dans les siennes pour lui donner tout son courage.
- Maintenant, va ma chérie. Et ne te retourne pas.
Les mots étaient doux-amers, si cruels. Ils déchiraient Anakin de parts et d'autres. Force, pourquoi m'infliges-tu cela ?
Le rayon doré prit de l'ampleur et la vision ne fût plus que lumière.
Elle revint à elle ! cria quelqu'un.
Angie se sentit portée, son petit corps balancé dans les bras d'une personne à l'autre, son visage aspergé d'eau.
Mes Étoiles ! Angie ! Ma pauvre petite !
C'était Tante Beru. Le monde autour d'elle était si flou, si bruyant, si brillant, si froid. Elle avait l'impression de naître une seconde fois. Il lui semblait percevoir plusieurs personnes. Une quinzaine. Elle ne comprenait pas bien. Mais au milieu de tout ce chaos, elle crut distinguer des brides de conversation.
- …comment est-ce possible… -Wan ? Le lynchrium…poison le plus virulent…jamais existé. Un adulte…meure s'il y touche… !... et elle l'a avalé ! Une enfant de cinq ans !
Elle crut sentir quelqu'un… Quelqu'un qu'elle connaissait… Il y a longtemps… à la même époque où Maman était partie… Emportée par cette chose mauvaise… Quelqu'un qui l'avait emporté à travers les dunes de sable…
- Elle est très puissante… Comme lui…
Angie tenta de parler, mais sa gorge était en feu : « Maman… ».
Ne parle pas, Angie. Tout va bien, maintenant.
C'était Oncle Owen.
La petite fille persista : « C'était Maman. Elle m'a sauvé… »
Il y eut un silence. Quand quelqu'un parla :
- Padmé…
Et elle plongea de nouveau dans le monde du sommeil. Un chant l'accompagna dans son repos, apaisant ses craintes. Une berceuse qu'elle avait entendue il y a bien longtemps, bien avant sa naissance. Cette berceuse que ses parents lui chantaient alors qu'elle était encore dans le ventre de sa mère. Cette berceuse que sa grand-mère chantait à son père. Mais ça, elle ne le savait pas encore.
Cette chanson qui maintenant était fredonnée par sa mère.
Ferme les yeux, dors à présent
Rêve aux jours heureux
Et quand tu te réveilleras, tu verras une lumière
Brillant fort comme les tendres rayons du soleil,
Alors serre-moi fort encore une fois mais le baiser d'adieu ne me le donne pas
Car je sais que je te reverrai dans l'au-delà…
Doucement, la vision se dissipa, les ramenant tous dans les appartements de la Sénatrice, les dernières notes les accompagnant avant de s'envoler dans les airs et de se faner.
Sa main gantée toujours dans celle de sa femme, les yeux mouillés et rougis par les larmes, Skywalker se tourna vers sa bien-aimée. Ses yeux étaient dans le même état que les siens, creusés par le chagrin. Et dans le fond de chacun de leurs yeux, ils y trouvaient la même pensée. Une pensée qui n'était plus entravée par aucun doutes. Le destin de Padmé était scellé.
Les rêves d'Anakin devenaient réalité…
Maintenant, ils le savaient.
A suivre...
Notes : Chers amis lecteurs, j'espère que cela vous a plu. Voilà la Deuxième Vision. Dites moi dans les commentaires si vous avez repéré des détails. Je vais seulement vous donner quelque chose, la berceuse de Shmi est inspirée de la berceuse d'Isabelle de The Promised Neverland.
Avez-vous constaté qu'une vision est dédié à un personnage en particulier ^^?
Encore une fois, je sais que c'est beaucoup de blabla mais promis vers le chapitre 9 l'action va "probablement arrivée".
Merci d'avoir lu et j'attends vos commentaires ! Le chapitre 6 pour bientôt !
Que la Force soit avec vous !
