Notes de l'auteur : Chers amis lecteurs, mes excuses pour l'attente de ce chapitre 7, j'ai été exigeante avec moi-même sur l'écriture et plusieurs fois je reprenais des pages et les réécrivais avant de les réeffacer. L'Holocron a des influences et faire resurgir des peurs profondes et cela influençait les réactions de certains personnages. Quant à Anakin, il n'a pas encore subit plusieurs nuits de cauchemars donc la peur de perdre sa femme, c'est présent dans sa tête, mais cela n'a pas encore d'emprise malsaine sur lui. En plus, je comptais au départ mettre la troisième vision dans ce chapitre, mais ce sera le chapitre 8 vO o Ov !

Aussi, j'ai un nouveau travail en administration qui me demande plus de responsabilités et donc empiète sur mon emploi du temps. Et aussi, des raisons personnelles m'ont ralentit dans mon écriture. Mais je continue parce que j'aime mon histoire et j'espère que je vous apporte la joie de la lecture à travers mes écrits. N'oubliez pas de laisser de commentaires, ça m'encourage beaucoup.

Et sur ce, bonne lecture !


Notes commentaires : (Nina) Coucou ! Je vais bien ! J'espère que toi aussi ! C'est trop cool si j'ai pu rendre justice à la relation Anidala, c'est vrai que l'épisode II était étrange à certains moments, surtout la scène du coin de la cheminée, je me suis dit une fois : « Mais où est-ce qu'il les apprit ses cours de drague ? Dans un shojo manga ? ». Mais c'est la magie de Star Wars, des moments bizarres quand on les regarde en détails parviennent quand même à nous faire rêver. Et oui, les gens qui ont un minimum de cervelle ont compris qu'il se passait quelque chose entre Anakin et Padmé, mais personne ne se doutait que ça ira jusqu'à un mariage et de surcroît à un enfant (à part celui dont on n'a pas envie qu'il s'en doute).

Ah ! Pas de spoils pour les démons d'Anakin, parce qu'il n'est pas du tout tiré d'affaire. J'espère que tu aimeras ce chapitre. Merci de nouveau pour ta fidélité ! Que la Force soit avec toi !

(Karozthor the Necromagus) : Salut ! Merci pour tes commentaires ! Je suis honoré que tu es littéralement avalé mes chapitres ^^ Et BRAVO ! Quelqu'un qui a repéré une première référence d'un autre univers ! Ce sont de petits détails, mais tu as l'œil ! Full félicitations ! Merci pour ta patience et voici la suite sans plus attendre ! J'espère qu'à toi aussi, elle te plaira ^^ Que la Force soit avec toi !


Résumé du chapitre précédent : Après avoir découvert la deuxième vision de l'Holocron, Skywalker, Kenobi, Amidala, Maître Yoda et Maître Cordova décident de mettre en place un plan pour réunir des alliés pour contrer le plan des Sith. Ils contactent la Reine Jamillia, qui étonnamment, accueille la relation de Skywalker et Amidala avec plus d'indulgence que prévu. Mais la quête d'alliés n'est pas finie et le petit groupe doit convaincre le Conseil Jedi. Et l'angoisse de Skywalker ne décroît pas avec la certitude de la mort éminente de sa femme. Pour comprendre ce qu'ils ont vu de la vision, les Jedi ont besoin d'en apprendre plus sur la Prophétie et sur l'indice du Septième Sage. Alors que Maître Kenobi et Maître Cordova sont partis chercher des indices aux Archives du Temple, Anakin révèle à Padmé ce qui s'est passé sur le pont de la Main Invisible. Les jeunes époux planifient leur défense face au Conseil et les voici devant l'audience du Conseil Jedi.


La nervosité qu'ils avaient ressentie avec la Reine n'était rien comparée à celle qu'ils éprouvaient maintenant. Le bras de Padmé toujours enveloppé autour du sien, Skywalker s'avança au centre de la salle, entouré de ses juges. Obi-Wan et Cordova se tenaient déjà debout au centre, pendant que Yoda était assis à sa place habituelle dans le cercle des Douze. Alors qu'ils rejoignaient leurs amis, les jeunes époux sentirent les regards sur eux et notamment sur le ventre de la jeune femme, qui n'avait pas pris la peine de masquer sa grossesse autre qu'avec sa cape sombre. Le visage ferme, les yeux passant de Skywalker à Amidala, Windu prit tout de même l'initiative de les saluer :

- Bienvenue à vous, Sénatrice Amidala, prononça-t-il d'une voix mesurée.

- Merci de m'accueillir, salua poliment la jeune femme, pas du tout dupe.

Les Jedi se jaugèrent les uns avec les autres. Yoda regarda Amidala, son visage dégageant une aura rassurante. Anakin et Obi-Wan échangèrent un regard futile. Windu reprit.

- Maître Yoda nous a parlé de votre rencontre de ce matin. Il nous a laissé entendre que vous seriez la mère du deuxième Élu de la Prophétie.

- C'est ce que semble dire l'Holocron Blanc, répondit la jeune femme.

Windu se contenta d'un mouvement de tête en signe d'acquiescement. Maintenant qu'il y songeait, la ressemblance entre la jeune fille de la vision et la Sénatrice était incontestable. Ses pupilles pointues revinrent sur le bras enroulé de la jeune femme autour de celui de Skywalker. Le pourquoi que la fille d'Amidala serait sur la planète du Premier Élu commençait à devenir de plus en plus évident…

Maître Barr observa Kenobi , toujours debout à côté de Skywalker.

- Je pense que vous pouvez retourner à votre place, Maître Kenobi, dit-il avec une pointe non-négociable dans la voix.

- Je suis à ma bonne place, Maître. Je vous remercie de vous soucier de moi, répondit en cordiale punchline le Négociateur.

Personne n'osa le reprendre. Shaak Ti décida d'amortir le coup en s'adressa à Amidala.

- Au nom de ce Conseil, je vous présente toutes mes félicitations, Sénatrice.

Mais Padmé ne put rendre des remerciements, parce qu'elle savait d'avance ce qu'il allait se passer. À quoi servait-il de remercier ceux qui allaient vous enlever votre enfant ? Elle se contenta tout de même d'un hochement de la tête pour garder la politesse.

- Sénatrice, je n'irais pas par quatre chemins, dit brusquement Windu.

Il s'avança sur le rebord de son siège, penché en avant sur ses coudes pour plonger son regard dans celui de la jeune femme.

- Qui est le père ?

- Moi.

Tous les regards allèrent vers Skywalker qui avait répondu du tac au tac. Sur son bras, il senti sa femme tremblée imperceptiblement. Mais lui, jamais il s'était sentit aussi bien, aussi libéré.

Enfin ! hurla tout son être. Enfin, ils savaient ! Enfin, ils pouvaient le voir ! Oui, il était Anakin Skywalker, Chevalier Jedi, Général de la Grande Armée de la République et il était le mari de Padmé Amidala et le père d'Angie Skywalker ! Et il en était fier !

Il voulait sortir par la fenêtre, monter sur le toit de la plus haute flèche et le clamer à pleins poumons au monde entier pour que tous le sachent. Maintenant, plus jamais ils n'auraient à se cacher comme si leur amour était immoral ! Non, ils étaient comme tout le monde, ils étaient une famille comme il en existe des billiards d'autres à travers la Galaxie et plus que tout ils s'aimaient !

Partout, autour de lui, la Force tournoya, se pliant avant d'exploser et criant « changement ». Oui, plus rien ne serait comme avant désormais. La liberté était enfin à portée de main.

Et dans cette transformation cosmique, les membres du Conseil s'agitaient, s'indignant bruyamment, exactement comme il s'y attendait de la part de ce petit comité pathétique qui se prenait pour des êtres supérieurs. D'un claquement de canne, Yoda rappela l'ordre et le calme.

- Maintenant, du silence, je vous prie ! ordonna le petit Jedi vert.

Windu se tourna vers le Grand Maître.

- Vous saviez ceci depuis le début.

- Et maintenant, des explications, nous vous apportons.

Le Maître manieur de Vaapad se retourna de nouveau vers le couple au centre de la pièce :

- Anakin Skywalker, tu déclares bien être le père de l'enfant d'Amidala ?

- Oui, je suis le père de l'enfant de ma femme.

- Nous sommes mariés depuis de début de la guerre, révéla la jeune Sénatrice.

Les Jedi s'indignèrent d'autant plus. Comment cela a-t-il pu ? Durant tout ce temps, juste sous leur nez ?! Agen Kolar regarda Padmé depuis sa position dans le cercle : « Sénatrice Amidala, aviez-vous été informé que les attachements, notamment les attachements romantiques, étaient interdits pour les Jedi ? »

« Oui, Anakin m'en a informé avant notre mariage. J'ai toujours été pleinement conscience des conséquences de notre décision », répondit froidement Padmé.

Windu secoua la tête, son regard dur comme la pierre. Ni Anakin ni Padmé ne flanchèrent sous ce regard accusateur, mais à côté d'eux Obi-Wan se dit que le Maître à la lame améthyste faisait vraiment peur.

- Mais vous avez choisi de poursuivre cette relation malgré tout ? questionna Windu.

- Oui.

- Avez-vous subi des pressions ?

Padmé vit rouge et le masque froid de politicienne qu'elle s'était appliquée à maintenir sur son visage tomba.

- Comment osez-vous même poser cette question ?! Vous insinuez qu'Anakin m'a forcé ?! Notre relation est totalement mutuelle et cela a été ainsi depuis le début ! Je suis scandalisée que vous pensez cela de lui après tout ce qu'il a fait pour nous tous ! Anakin a peut-être brisé votre Code, mais ses intentions ont toujours été sincères ! Il m'aime et je l'aime et j'emmerde toute personne qui voudrait faire croire le contraire !

Dans une symbiose parfaite, Anakin, Obi-Wan et Eno tournèrent la tête vers la petite Sénatrice qui s'était littéralement transformée en furie, n'en revenant pas de ce qu'ils avaient entendu. Avaient-ils seulement bien entendu ? Padmé Amidala ? La voix de la raison au Sénat ? Jurer devant tout le Conseil Jedi ?

Anakin se dit qu'il a dû s'endormir et imaginer tout cela. Naaaan. Jamais, sa femme ferait ça… C'est trop beau pour être vrai. La seule chose qui pourrait lui faire dire tout ça, c'étaient les hormones… Les hormones ? Elle est enceinte. Oh Kriff de Force ! Tout cela était vrai !

Autour d'eux, le Conseil Jedi fut ébranlé par cette réaction pure et plus qu'inattendue de la Sénatrice. Dans son siège, Yoda se tassa, cachant la moitié de son visage, réprimant une hilarité mal contenue derrière sa manche. Décidément, cette journée était pleine de surprises alléchantes !

Maître Windu se ressaisit de sa surprise : « Je… m'excuse… si je vous ai offensé de quelque manière que ce soit, Sénatrice Amidala. La question a été posée pour que ce Conseil ait une vue d'ensemble sur la situation. »

- Oh, certainement, intervint Obi-Wan avec légèreté, mais dont le visage était dur comme l'acier. Nous avons également une belle vue d'ensemble d'ici.

… Sur le fait qu'ils passaient pour de gros abrutis.

Les Jedi choisirent d'ignorer ses propos. Padmé se contenta de regarder de haut et avec mépris Mace. Ce dernier inspira, avant de secouer la tête :

- Au vu des éléments… C'est vraiment décevant, dit Mace. Peut-être pas étonnant de la part de Skywalker, mais j'aurai cru plus de responsabilités venant de votre part, Sénatrice.

- Navrée que cela vous chagrine, Maître Windu. Mais Anakin et moi avions choisis d'unir nos vies. Et nous ne regrettons rien. Si c'était à refaire, nous recommencerions.

Oppo Ramsis se leva, pointant du doigt le couple :

- C'est une honte ! Vous transgressez puérilement notre Code. Vous bafouez nos lois et vos oser vous tenir devant nous avec dédain ?!

- C'est exact, Maître Ramsis, fit Anakin, souriant avec arrogance.

- Nous ne pouvons tolérer un tel comportement. Skywalker n'est pas digne d'être des nôtres ! Il ne l'a jamais été ! ragea Agen Kolar, son sang de zabrak lui échauffant les sens.

Le choc traversa Padmé lorsqu'elle entendait ses mots. Elle savait que leur mariage ne serait pas bien accueillit. Mais ce n'était pas ce qu'elle attendait. Jamais elle n'avait vu les Maîtres suprêmes de l'Ordre Jedi réagirent avec autant de rage et de colère. Toujours, elle les avait vu sereins, calmes, même dans les temps de crise. Comment avait-elle pu être naïve à ce point de croire que son mari exagérait ses propos lorsqu'il disait qu'il ne se sentait pas comme l'un des leurs. Ils venaient tout juste de le leur crier à la figure !

À côté d'elle, le visage de Skywalker était ferme comme le duracier. Rien ne l'étonnait. Tout cela, il le savait depuis si longtemps. Et maintenant, tout surgissait comme le fracas d'un volcan.

Eno Cordova s'avança par-devant de Skywalker et Amidala et fit face à ses frères.

- Si vous ne considérez plus Skywalker comme l'un des nôtres à cause de son mariage avec Amidala, et bien, vous pouvez aussi bien me décompter de vos rangs, Maîtres Jedi.

Cette réplique laissa cois les membres du Conseil. Et forcément, vinrent les questions :

- Que voulez-vous dire ?

- Pourquoi vous rejetterons-nous de nos rangs, Maître Cordova ?

- Parce que voilà plus de trente-huit ans que notre Ordre héberge mon enfant, avoua Eno, gardant le secret de sa fille.

Une nouvelle vague de cris et d'appels à la démission s'éleva, mêlée à des demandes de calme. Certains se levèrent. La moitié de la salle réclamait la destitution du Maître Exploreur avec le Héro sans Peur tandis que l'autre moitié s'indignait d'un tel élan précipité de la part de leurs pairs.

- De l'ordre, je réclame ! s'écria Yoda.

- Vous étiez au courant ! grinça Coleman à l'adresse du petit maître vert. Vous nous aviez dupés !

- Si préjudice, cela était pour l'Ordre, alors oui ! Trahis, j'ai ! Me dire en quoi Maître Cordova nous a porté préjudice, pouvez-vous ? Quand est-ce que les archéologies et les textes qu'il nous a récupéré nous ont-elles appauvris ? Quand nous a-t-il fait préjudice, je vous le demande ?

Le Jedi ne sut quoi répondre. Maître Seasee Tiin pencha son menton entre ses mains jointes, ne quittant pas des yeux Cordova et Skywalker.

- Maître Cordova a toujours été un Jedi exemplaire. Mais nous ne pouvons pas en dire autant de Skywalker.

Obi-Wan ne pouvait en entendre davantage.

- C'est à mon tour de parler ! imposa le Négociateur.

Sa voix avait résonné comme le grondement du tonnerre et tous se turent. Anakin regarda son Maître. Il ne se souvenait pas de l'avoir vu aussi furieux, même après lui. S'il ne le voyait pas de ses propres yeux, jamais il n'aurait pu croire que son Maître avait comme l'intention d'arracher la tête à Maître Tiin.

Les Jedi furent eux-mêmes impressionnés par cette aura de fureur de la part de Kenobi dont jamais ils ne l'auraient cru capable.

- Jamais j'aurais pensé voir un jour de mes yeux ce Conseil sombré ainsi dans l'hypocrisie !

- Surveillez vos propos, Kenobi, siffla Windu, menaçant.

- Je n'ai pas terminé ! grinça des dents le Négociateur, dont il ne portait plus que le titre.

Il regarda les membres qui les entouraient lui, son frère, sa sœur et Cordova, marquant bien son regard sombre sur chacun d'entre eux.

- Oui, Anakin a brisé le Code. Oui, il est marié et oui, il s'apprête à devenir père. Et oui, il n'est pas le seul. Je crois même que vous seriez surpris par le nombre de Jedi qui ont mené une vie romantique.

- Éprouver des sentiments et passer à l'acte n'est absolument pas la même chose, Maître Kenobi, rappela avec une point hautaine Maître Barr.

- Non, en effet. Mais qu'est-ce que cela change dans le fond ?

- Cela change que l'attachement nous mène au Côté Obscur et ne nous permet pas d'être pleinement au service d'autrui, dit Windu, comme s'il faisait la leçon à un Padawan.

Obi-Wan secoua la tête.

- S'il vous plaît, Maître. Soyons un tant soit peu honnête avec nous-mêmes. Anakin est le meilleur d'entre nous tous. C'est lui qui nous sauve à chaque fois. C'est lui qui a capturé plus de prisonniers de guerre que la plupart de tout notre Ordre réuni. C'est lui la meilleure lame de tous les Chevaliers… Je dirais même de tous les Maîtres. Je défis tous ceux qui ose dire qu'il n'est pas dévoué à autrui ! Parce qu'il connaît mieux la compassion que n'importe lequel d'entre nous !

Les sourcils légèrement haussés pour que les membres du Conseil ne l'y reprennent pas, Anakin ouvrit le lien avec sa femme et lui fit passer dans un doux murmure.

Eh bah… C'est bien la première fois que je vois Obi-Wan sortir autant de ses gongs pour moi face au Conseil… Je dirais même, c'est la première fois que je le vois à ce point énervé.

La jeune femme ne dit rien, mais Skywalker pouvait sentir le petit pouffement qu'elle retenait avec un professionnalisme hors pair.

Pendant ce temps, Obi-Wan continuait : « Que quelqu'un ici ose me dire qu'il n'a pas au moins une fois été amoureux. Que quelqu'un ose me dire que vous n'avez pas éprouvé des sentiments d'amour pour vos Maîtres, vos Padawans, vos frères et sœurs, vos amis… Une personne qui vous est chère… »

- Sans doute faites-vous référence à quelqu'un de votre entourage, Maître Kenobi, dit méchamment Barr. Peut-être une certaine Duchesse ?

Padmé fut bouche bée. Comment cet abruti pouvait-il parler à Obi-Wan avec tant de mesquinerie et de cruauté ? Il savait très bien que la Duchesse Satine était décédée ! Elle aurait dû être habituée à une telle habitude de la part des Sénateurs. L'arène du Sénat était un lieu où n'importe quel coup bas était permis, mais venant de la part des Jedi, c'était aller d'étonnement en étonnement. Pour la première fois de sa vie, Padmé se rendit compte à quel point elle connaissait si peu le fonctionnement de l'Ordre. Mais face à cela, pas besoin d'être sensible à la Force pour sentir qu'Obi-Wan reprouvait la colère et l'écrasement du chagrin. Mais superbement, le Maître Jedi Négociateur se maîtrisa et ne donna pas satisfaction.

- Dois-je comprendre que ce n'est pas votre cas, Maître Barr ?

- Non.

- Eh bien, je vous plains sincèrement. Cela doit être éprouvant pour vous de devoir lutter pour comprendre ceux que vous avez juré de protéger sans connaître une once d'amour.

- Je suis Jedi et je n'ai pas brisé notre Code Sacré. Skywalker et Cordova doivent être jugés.

Alors, il se produisit un miracle.

Kit Fisto, jusqu'alors terré dans son silence, se leva de son siège :

- Dans ce cas, vous me jugerez aussi. Pour l'amour que je partage avec ma partenaire.

- Quoi ?! beuglèrent plusieurs voix de Maîtres pendant que Skywalker et sa femme faillirent tomber à la renverse.

Shaak Ti se leva à son tour, à la consternation des membres qui ne s'y attendaient absolument pas. Anakin aurait pu éclater de rire si la situation n'avait pas été aussi critique tant la face en décomposition totale des Maîtres pédants de l'Ordre était à mourir de rire. Les yeux de Windu étaient ronds comme des billes tellement ils semblaient sortir de leurs globes. Il parla doucement comme lorsqu'on approche un animal dangereux.

- Maître Ti, je vous en prie, ne me dites pas…

- J'ai aimé ma Padawan comme s'il s'agissait de ma propre fille. Elle était l'enfant d'une chère amie et j'ai juré de toujours veiller sur elle. Et j'ai eu des sentiments pour un de nos frères. Nous avons partagé une relation dans notre jeunesse avant sa mort.

Anakin avait toujours eu une admiration pour Shaak Ti. Elle était une Jedi toujours douce et prévenante avec son prochain et en même temps une féroce guerrière qui avait tenu seule contre une quinzaine de droïdes assassins de la garde rapprochée de Grevious. Mais aujourd'hui, il se sentit plus proche d'elle comme jamais.

Windu se pinça les yeux entre les doigts, priant silencieusement la Force de le réveiller. Maître Mundi prit la parole :

- Me considérez-vous comme en proie au Côté Obscur, Maîtres de cette assemblée ?

La question prit de court plus d'une personne et tous le regardèrent avec un air interloqué. Windu perdait de plus en plus patience.

- Expliquez-vous, Maître Mundi.

- Vous m'aviez, de par la rareté de mon espèce, donné l'autorisation d'avoir une femme et des enfants. Ils ont été tués dans la Bataille de Christophis et pourtant, vous ne vous êtes pas inquiété de ma chute dans le Côté Obscur.

- Parce que c'était une exception pour vous. Votre famille était votre devoir envers la prospérité de votre espèce. Pas le luxe de vous accorder des attachements.

- Mais je les aimais.

Les mots serrèrent les cœurs de Skywalker et d'Amidala. Il avait eu une famille et maintenant, ils n'étaient plus là. Comment Anakin avait-il pu oublier cela ? Durant la Bataille Jaabim, Obi-Wan avait disparu et c'était Ki-Adi Mundi qui l'avait pris sous son aile. Et alors qu'Anakin ne parvenait pas à trouver la paix, Mundi lui avait avouer la disparition de ses proches.

Comment avait-il pu bâcler à ce point les sentiments de Mundi ?

Il était tellement idiot et tellement centré sur sa petite personne…

Obi-Wan choisit cet instant pour reprendre la parole :

- Maîtres, nous sommes des Jedi. Nous sommes altruistes. Nous nous tournons vers les autres. Nous apprenons à aimer les autres par notre compassion. Que vaut notre cause si nous ne connaissons pas l'amour ? Quel espoir avons-nous sans l'amour ?

- Bien, répondit sarcastiquement Windu levant les bras au ciel. Allons reprendre les slogans des manifestants civils : « Faites l'amour et pas la guerre ! »

- Sérieusement, Maître Windu. Nous croyons que notre Code est quelque chose auquel nous ne devons pas déroger, mais beaucoup à qui l'on se référent comme de grands Jedi ont eu des relations amoureuses.

- Parce que vous en connaissez d'autres ?

- Mon Maître Qui-Gon Jinn…

- Oui, mais lui, pour ce qui été de faire contre le Code, c'était un champion.

- …avec Maître Fay

- Vous vous moquez de moi, là.

- Et Maître Quinla Vos…

- Non mais lui, il saute sur tout ce qui bouge !

- Et moi-même.

Windu était sur le point de péter un câble. Voir baffer quelqu'un. Pour un type dans son genre qui savait relativement comment garder son calme, c'était bien la première fois qu'il était à ce point mis à dure épreuve. Yoda se racla la gorge, s'apprêtant à prendre la parole quand le Maître à la lame améthyste le coupa à pleine volée.

- Non, Maître Yoda. Avec tout le respect que je vous dois, je ne suis pas d'humeur pour entendre une confession de jeunesse.

- De mes amours de jeunesse, nous nous passerons bien, Maître Windu, je vous remercie, répondit le petit Jedi en reniflant. Maintenant, vers un point essentiel, je veux vous ramener : la Prophétie… et notre futur.

Le calme revint et le petit être vert ferma les yeux.

- Maîtres Jedi, la vision, nous ne pouvons oublier. Bientôt mourir, notre Ordre va…

Silence de plomb total. Mines grises. Mines sombres. Yoda avait pointé la racine de leur désarroi : les Jedi et la République allaient être vaincus.

Après tous ces efforts, après tous ces sacrifices. Après tous ces massacres, après toutes ces pertes, tout cela pour rien ?!

Yoda considéra chacun les uns après les autres.

- Changés, les Sith ont. Mille ans, pour évoluer, pour s'adapter, pour analyser, pour se préparer, ils ont eu. Nous, en rien du tout, nous n'avons évolué. Les philosophies et la splendeur des Jedi de la Haute République, je tenais que l'on soit. Car, ce que m'a laissé mon propre Maître, la volonté ceci est. D'une grande Jedi, Maître Atris, il avait la recommandation. Mais plus là, ils ne sont. La Galaxie trop changée, a. Nous réinventer, nous devons. Ou notre perte, cela sera.

Tous méditèrent sur ces paroles. Yoda en profita :

- Lors de mon voyage, des découvertes, j'ai fait. Que la République en proie aux Sith, plus gravement que le croyons, j'ai vu. Et au bout de ce voyage, un nouveau Skywalker, j'ai appris que viendrait. Un Skywalker qui jouerait un rôle clé.

Il tourna son regard vers Anakin et Padmé.

- La volonté de la Force, leur union est. De cela, je suis certain, désormais.

Mace inspira profondément, faisant le vide en lui, se reconnectant à la Force. Il n'osait pas l'avouer, mais il avait de plus en plus de mal à faire cette tâche, ces derniers temps, comme si la Force avait été empoisonnée d'une brume étouffante. Le Côté Obscur s'emparait de tout, et même des plus grands tels que Yoda… Et il se sentait de plus en plus seul pour mener ce combat pour vaincre les Sith.

Quand il se sentit de nouveau plus détendu, il prit la parole : « Nous savons que l'Empire des Sith nous reversera prochainement. Mais outre Maître Kenobi, nous ignorons qui a pu survivre. C'est quelque chose que nous nous devons d'espérer. Pour la survie de l'Ordre Jedi. »

Il se leva, s'adressant à toute l'assemblée : « La chose est simple. La Prophétie stipule bien qu'un Élu viendra et détruira les Sith. Maintenant, outre que Skywalker remplisse tous les critères pour incarner ce rôle, cela n'excuse en rien le fait qu'il est brisé son serment envers nous. Et pour cela, il doit être jugé. »

« Comme tous les Jedi et moi-même ayant avoué leurs fautes répondront devant cette assemblée, je suppose, Maître Windu », claqua Cordova avec défi.

« Tout à fait, Maître Cordova. »

« Vous devez savoir Maîtres que si vous rejeter Skywalker, vous perdrez votre chance de battre les Sith. Et n'allez pas croire que vous pourrez miser tous vos espoirs sur sa fille, parce qu'Anakin aura lui-même besoin d'elle et du jeune garçon pour les vaincre ! »

« Encore une fois, Maître Cordova, c'est une question qui reste à déterminer. »

« Oh. Donc les prédictions d'un Holocron Blanc restent à déterminer ? Qu'est-ce que vous allez vous imaginer ? Que nous avons du temps pour pouvoir bannir Skywalker et continuer nos traditions Jedi là où elles ne marchent plus depuis plus d'une décennie ? »

Padmé décida de prendre la parole : « Maîtres, s'il vous plaît. Je conçois que ma fille est destinée aux voies des Jedi, mais ne serait-il pas possible qu'elle puisse au moins nous connaître nous, ses parents ? »

- Ce n'est pas une question négociable, Sénatrice. Son attachement à vous la détournerai de la voie du Jedi.

- La demande de la Sénatrice est légitime. Des milliers de gens l'ont fait avant elle et la guerre a prouvé que l'attachement n'est pas la principale raison qui détourne les Jedi de leurs chemins, répliqua Shaak Ti.

- Le destin de chaque enfant sensible appartient de plein droit aux Jedi.

Anakin aura vraiment pu tuer quelqu'un là, maintenant. Et très honnêtement, cette fois, Padmé ne l'en aurait pas empêché. Comment cette espèce de mule pensait qu'il allait les laisser lui emmener sa fille ?! Il s'était fourré le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Mais encore, c'est Obi-Wan qui l'empêcha de faire quelque chose qu'il regretterait.

- Si vous rejetez Anakin, alors je quitterai l'Ordre Jedi également, dit le frère du jeune Jedi.

Plusieurs Jedi furent mal à l'aise, parce que déjà, s'ils perdaient Skywalker, ce serait leur image qui allait en pâtir mais si en plus Kenobi partait, c'était leur moteur qu'ils perdaient. Et aucun n'était sûr que l'Ordre puisse jamais s'en remettre.

Anakin le sentit dans la Force. Les mots d'Obi-Wan les avaient fait réfléchir à deux fois. Il inspira intérieurement, laissant le courant de la Force le guider.

Padmé avait raison. Il avait besoin d'eux pour vaincre Sidious. Tout comme eux avaient besoin de lui. Alors il était temps pour des négociations… Un peu musclées, certes mais toujours des négociations.

Se détachant du bras de sa femme, Skywalker s'avança vers les Maîtres Permanents. Inspire. Expire.

« Maîtres… Je connais mes responsabilités. Je savais ce que je faisais en demandant la main de Padmé. Je sais que je vous ai trahis. »

Il sentit l'amour de sa femme, la fierté de son frère, l'étonnement de beaucoup et la satisfaction mal placée de certains. Mais il continua.

« Mais si j'ai voulu devenir un Jedi, c'est parce que je savais que j'avais les capacités pour aider les autres. Et que vous étiez ceux qui pouvaient m'apprendre à manier ses capacités. Je voulais vraiment au plus profond de moi aider ceux qui étaient dans le besoin… »

Windu releva un sourcil d'étonnement. Qu'est-ce que c'était ? C'était bien la première fois qu'il voyait Skywalker ainsi.

« Je veux aider les autres, c'est mon devoir. Mais, comme les autres, j'ai le droit d'aimer et d'être aimé en retour. C'est le droit de naissance de tout être vivant. Et je veux construire ma vie avec la personne que j'aime sur les bases de l'amour, non des bases désintéressées. C'est quelque chose que je veux enseigner à ma fille et à tous les élèves que j'aurais la chance d'avoir sous mon aile. »

Il inspira. Sans doute, les Jedi veilleraient à ce qu'il ne devienne jamais Maître, mais pour lui, ce n'était pas le point. Peu importe ce qu'il enseignerait et à qui il l'enseignerait, il veillerait à leur apprendre la compassion et l'empathie.

« Nous avons un ennemi commun, c'est Sidious. Il est persuadé que je suis celui qui le vaincra, tout comme il doit le croire pour Angie et le jeune garçon qui doit encore naître. Si vous voulez me bannir de l'Ordre, faites-le, je continuerai de vous aider d'une autre manière. »

Puis soudain, son regard devint sombre comme des nuages orageux, laissant aucun doutes sur la menace de ses mots.

« Mais si vous vous avisez de nous enlever notre fille, ne comptez pas sur moi pour vous soutenir dans la bataille contre les Sith. Vous n'aurez que vos yeux pour pleurer la destruction de votre précieux Ordre. »

Alors qu'une nouvelle indignation se souleva dans la pièce, Yoda leva la main, envoyant une vague d'apaisement à tous. Il aurait dû s'attendre à la réaction de Skywalker et en être outré, mais le temps n'est pas à la confrontation.

- Très clairement, tes conditions, j'ai entendu, Skywalker. Et inchangé, demeure mon soutien.

Il se tourna vers Kit Fisto, Shaak Ti et Ki-Adi Mundi.

- De notre Ordre, beaucoup de choses, nous ignorons. Très seuls, certains ont dû se sentir.

- Avoir un enfant est contraire à notre éthique et profane notre rapport à la Force, dit Saaese Tinn.

- Résolus à débattre du sort de Skywalker, vous êtes, claqua le petit être vert. Très bien. Son jugement, vous aurez. Et quand décidés, nous nous serons, passez à des choses plus importantes, nous pourrons.

Certains Jedi regardèrent au sol, mal à l'aise. Yoda regarda Anakin, s'accordant avec lui : « D'accord, tu es, Skywalker ? »

- Finissons-en, Maître, conclut le jeune homme, fatigué.

Enroulant doucement le bras de sa femme autour du sien, il la guida vers la sortie de la pièce, accompagné de Cordova, qui tenait toujours la précieuse sacoche dans sa manche.

oO0Oo

Obi-Wan, faisant partie du Conseil, était resté pour la défense d'Anakin. Pendant ce temps, le jeune Jedi se dirigea avec sa femme vers l'antichambre de la salle du Conseil, accompagné de leur nouvel ami. Ce dernier s'employa à rassurer le jeune couple.

- Eh bien, c'est un retournement de situation auquel je ne m'attendais pas, dit-il avec une pointe joviale.

- C'est le moins que l'on puisse dire, acquiesça Anakin, esquissant un pâle sourire.

Puis il baissa la tête vers sa femme, une lueur malicieuse éclairant son visage.

- Et toi, mon amour, tu es celle qui m'a plus surpris aujourd'hui. Alors comme ça, tu jures maintenant ? Où est donc passé la sereine et diplomate Sénatrice que j'ai toujours connu ?

Padmé fit une grimace renfrognée. En temps normal, elle aurait eu honte de son attitude. Mais depuis qu'elle était enceinte, ses hormones lui avaient mis les nerfs sur une sensibilité qui la faisaient réagir à des proportions qu'elle ne se connaissait pas. Elle s'était entraînée chaque jour pour garder un masque de sérénité dans l'arène politique du Sénat, veillant à chaque moment que personne ne soupçonne son état, ce qui la laissait fatiguée et épuisée lorsqu'elle rentrait en fin de journée. Et encore, même lorsqu'elle était avec ses servantes, elle ne baissait pas sa garde. Elle avait prétexté vouloir de la tranquillité et depuis, personne outre que Threepio ne savait pas qu'elle attendait un enfant.

Pourtant, à cet instant, la jeune femme ne regrettait rien de son emportement. Personne ne ferait passer son mari pour ce qu'il n'était pas devant elle. Ça, jamais !

- On ne te traitera jamais de la sorte devant moi, répondit la jeune femme à son époux. Tu es mon mari et je n'accepte pas qu'on dise de telles bêtises ainsi publiquement. Comment ont-ils même pu envisager cela ?! C'est honteux !

La bouche d'Anakin se tordit en une moue cynique. Honnêtement, il n'avait pas été étonné. Le Conseil ne l'a jamais apprécié et c'était une aubaine que de le faire passer pour un pervers. Tous les coups sont permis.

Mais alors, jamais il ne se serait attendu à ce que Kit, Shaak et Mundi lèvent leurs voix pour lui. Doucement, Anakin demanda à la Force de faire en sorte que tout ce qu'il vivait ne soit pas un rêve.

Cordova soupira aux éclats de la Sénatrice :

- Nous ne sommes pas tout de blanc, hélas. Je crois que nous vous avons donné une bien décevante désillusion de notre image…

La jeune femme s'arrêta pour se tourner vers, obligeant Skywalker à s'arrêter avec elle.

- Maître Cordova, je n'ai pas voulu dire ça… Vous êtes un ami très cher et je crois toujours en la cause que portent les Jedi. Je crois en vous et en votre intégrité. Je suis surtout furieuse contre Maître Windu.

Le Maître Explorateur sourit, apaisant.

- Ne vous en faites pas, Sénatrice. Pour être tout à fait honnête, j'ai moi-même été déçu. Déçu, que nous ne sommes plus les braves gardiens défenseur de la paix, mais de pauvres pantins avares du peu de contrôle qui nous glisse des doigts.

Le jeune couple le regarda interloqué.

- Vous faites référence à la prise de contrôle des Sith ?

- Cela ne fait aucun doute… Sidious est là, tapis dans l'ombre et n'a qu'à attendre que nous nous soyons entre-déchirés avec nos chicaneries et petitesses pour qu'il n'ait plus qu'à nous porter le coup fatal. La Chute de l'Ordre Jedi se déroule de l'intérieur…

Anakin sentit une boule dans son estomac. Sidious… Une fois, Ventress l'avait affronté sur Yavin-4. C'était la première fois qu'ils se croisaient. Elle lui avait dit que sa chute serait son ascension dans l'Ordre des Sith. Serait-ce Sidious qui l'avait envoyé pour lui ce jour-là ? Mais dans ce cas, pourquoi avoir dit à Yoda que s'il mourrait tout ce qu'il avait planifié serait réduit à néant ? Pourquoi chercher à le tuer pour ensuite le titiller et après faire des projets pour lui ? Mais en quoi consistaient ces projets ? Pourquoi ? Cela avait-il un lien avec la Prophétie ?

- Est-ce que vous avez pu trouver plus de choses concernant la Prophétie ? demanda le jeune homme.

Cordova hocha la tête, souriant.

- La première chose que nous avons faite avec Maître Kenobi et Maître Yoda, c'est retrouver l'enregistrement de Maître Coven. Mais bon, c'est toujours la même chose… On l'entend à peine et ce sont toujours les mêmes mots. Alors nous avons rassemblé tous les documents en lien avec la Prophétie. Mais en ce qui concerne ce Septième Sage… Venez.

Anakin et Padmé sentirent que le Maître explorateur aurait beaucoup de choses à leur dire, alors le trio se dirigea vers un banc à proximité pour que Padmé puisse s'y asseoir afin de ne pas trop se fatiguer. Cordova se racla la gorge :

- Alors, où en étais-je ? Oui ! Comme je le disais, le principe des Sages se rattache aux vertus que de nombreuses planètes ont inculquées dans leurs cultures. Mais je ne pense pas avoir déjà entendu parler de personne physique.

Mais un sourire étirant son visage ridé laissa penser que ses recherches ne l'avaient pas amené à faire chou blanc.

- Cependant, je crois bien détenir une piste. Ce matin, je parlais justement de la légende de la Trinité. Les Zeffos parlent d'un Père, un Fils et une Fille. Mais pourquoi n'y a-t-il pas de Mère ?

La remarque piqua les deux jeunes gens. C'est vrai… Ils ne s'étaient même pas demandés pourquoi la Mère était absente dans cette histoire. Cordova avait-il trouvé un lien avec les Sages et cette Mère fantôme ?

Sentant la curiosité montante de ses amis, Cordova s'expliqua :

« Nous avons consulté chaque mythologie de toutes les planètes ayant les traces du passage des Zeffos. Et pour chacune, le schéma était le même. Au commencement, il y avait le Chaos… »

Oui. Jusqu'ici, c'était le principe de toutes les mythologies.

« Et puis, surgissant des eaux sombres, poussa une fleur de lotus de laquelle émergea la Déesse Ailée. » , continua Cordova avant qu'il ne se tourna vers Padmé. « Savez-vous que votre prénom signifie lotus ? »

Padmé cligna plusieurs fois des yeux, sa surprise se faisant ressentir dans la Force. En vérité, elle ne s'était jamais intéressée par les significations des prénoms, alors le sien, n'y pensons même pas.

- Et donc ? demanda Skywalker, un peu impatient.

- Il y a plusieurs versions, mais globalement, la lumière de la fleur donna naissance à l'univers et la Déesse apporta l'ordre et la connaissance aux mondes. Après la création de l'univers, la fleur se changea en un cœur de cristal et brillait comme une étoile. Certains auteurs et philosophes l'appelleront l'Ishtari ou encore plus simplement le Cœur.

Anakin et Padmé sentirent que ce cœur allait avoir un rôle important dans cette histoire. Cordova inspira, son regard pénétrant s'intensifiant.

- Alors que l'univers était encore jeune, la Déesse rassemblait six représentants des peuples qui étaient les piliers de la paix dans la Galaxie. Elle en fit ses Sages et elle en était le Septième et leur chef.

- Hein ?!

- Quoi ?!

Les réactions des époux étaient compréhensibles. Le Maître Explorateur se racla la gorge de nouveau.

- Je sais bien, je sais bien.

- Mais… Ce sont ne sont que des mythes, argumenta Padmé.

- Mais nous avons vu que de nombreux mythes possèdent leur part de vérité, dit Eno. Ce qui m'interroge, c'est : pourquoi avons-nous senti dans la vision votre puissance dans la Force, alors que clairement, ici, lorsque vous êtes avec nous… Il n'y a rien.

Les jeunes gens n'en revenaient pas. Cordova venait-il juste de dire que Padmé serait une sorte d'esprit lié à la Déesse ? C'était trop incroyable pour l'imaginer. Mais quelque chose chiffonna Skywalker :

- Alors vous dites qu'il y aurait eu une Déesse qui aurait formé un groupe de Sages pour protéger la Galaxie, mais quel est son lien avec la Trinité ?

- Eh bien… Ce que je vais avancer n'est qu'une supposition, mais nous avons trouvez des recoupements avec les légendes d'Ashla et Bogan.

Padmé fronça les sourcils, confuse.

- Qui sont Ashla et Bogan ?

Anakin entreprit de lui répondre :

- Ce sont respectivement les incarnations du Côté Lumineux et du Côté Obscur de la Force. À l'origine, Tython avait deux lunes qui influençait sur le champ gravitationnel de la planète. Elles avaient pour noms Ashla et Bogan.

- Je ne comprends pas. Ce sont des lunes, pourquoi il y aurait un lien avec la Genèse ?

- Et bien parce que les légendes sur lesquelles je suis tombé ne font pas mention de lunes, mais de personnes. Et devinez quoi ? Dans le dialecte ancien des Zeffo, Ashla signifie « Déesse Ailée ».

Alors là…

- Donc… Bogan serait aussi une personne ? demanda Padmé.

- Je dirais même un Dieu. Bogan a des appellations mandaloriennes signifiant « le lien » mais si on regarde dans le dialecte Zeffo, cela veut dire « Dieu Féroce ».

Il sortit son comlik de sa manche, l'activant pour leur montrer des images qu'il avait enregistré.

- Regardez. Ceci est le portrait de la Trinité que j'ai scanné dans le sanctuaire sur Bogano.

- Minute ! le coupa le jeune Jedi, se rendant compte de quelque chose. Bogano a la même racine que Bogan ! Tout comme Ashla avec Ashlanna !

- C'est exact, affirma Cordova. Et bien que ce ne soient pas des preuves irréfutables, je crois que ce sont des pistes que nous nous devons de creuser. Mon instinct ne m'a jusqu'ici jamais trompé et avec l'appui de l'Holocron Blanc, nous pouvons avoir des indices solides. Mais je reviens à Bogan. J'ai un peu cherché dans différentes cultures et je suis tombé non pas sur des écrits du Dieu Bogan mais sur celui qu'on nomme Dieu Féroce et, regardez un peu ça.

Il appuya sur un bouton de son comlik et deux images furent comparés côte à côte. Quelle ne fut pas la stupéfaction des deux époux face à la comparaison.

- Mais… ! souffla Anakin.

- C'est… ! halta Padmé, se couvrant la bouche.

- Le Père, oui, acheva Cordova, rayonnant de par sa découverte. Ils portent le même masque de saurien-insecte. Ce type de masque serait d'ailleurs considérer chez les Zeffos comme la marque que l'on était un Seigneur. Et pas n'importe lequel.

Anakin eut un frisson incompréhensible. Encore une fois, la vue de ce masque le dérangeait. Même, il le mettait mal à l'aise. Il avait une étrange sensation de l'avoir déjà vu quelque part. Mais impossible de s'en souvenir.

- Alors la Déesse Ailée serait Ashla et le Dieu Féroce, Bogan ? Mais s'il représentait le Côté Obscur, alors il était un Sith ? interrogea Padmé.

- Non. Enfin, pas vraiment. C'était une époque bien avant les guerres entre les Jedi et les Sith. Une époque lointaine où les deux Ordre ne formaient qu'un et où nous étions frères.

- Pourquoi êtes-vous devenus ennemis ? demanda la jeune femme.

- Il existe plusieurs histoires à ce sujet. C'était, il y a si longtemps que nous sommes incapables de donner une date ou une période avec précision. Et à cause de cela, nous ne nous souvenons plus pourquoi nous sommes devenus ennemis. Ou du moins qu'est-ce qui a déclenché cette guerre éternelle entre nous…

Anakin repensa à ce qu'avait dit Cordova concernant le Cataclysum de Tython.

- Vous aviez dit ce matin que selon les écrits des Zeffos, l'Amour était à l'origine de la disparition de Tython. Que… C'était peut-être la raison de la fracture entre les Jedi et les Sith…

Cordova hocha la tête, un grondement d'approbation lui montant de la poitrine.

- C'est juste. Mais cette partie semble concerner les enfants d'Ashla et Bogan : le Fils et la Fille.

- Alors… Ashla et Bogan auraient été amants ?

- Bien plus. Ils étaient mariés. Les légendes parlent d'une rencontre comme dans les contes de fée, dans une gigantesque forêt, aux pieds d'un arbre qui parle. Ils en avaient fait leur domicile, avant d'aller explorer les mondes et de défendre les peuples. Mais un jour, les démons apparurent et effacèrent tout sourire sur le visage des gens. Alors ils combattirent les démons et grâce à leur ingéniosité et leur stratagème, les Dieux parvient à les vaincre et à sceller le mal, mais non sans prix. Bogan avait sacrifié sa vie. Alors, Ashla appela la puissance de l'Ishtari et donna sa vie pour ramener celle de son amour. Quant à Ashla, elle disparut.

Les paroles de Cordova n'avaient laissé que peu de doutes quant au destin de la Déesse Ailée.

- Et alors… C'est là qu'est arrivé la Trinité ? dit Anakin.

- Tout à fait, confirma Cordova.

Le Chevalier Jedi regarda sa compagne, échangeant une même pensée. Puis ils se retournèrent vers le Maître Explorateur.

- Qu'est-il advenu des Sages ?

Cordova soupira, embarrassé.

- Je ne sais pas… Il y a très peu d'écrits à ce sujet. Maintenant, ce qu'il nous faut découvrir, c'est quel est le lien entre cette Déesse et vous, Sénatrice.

La jeune femme hocha la tête, peu convaincue. Anakin lui envoya une rapide pensée de leur plan.

- Padmé m'a dit qu'elle faisait d'étranges rêves inquiétants elle aussi depuis qu'elle est enceinte d'Angie. Et qu'elle aurait des réflexes de Jedi comme sentir en avance l'arrivée de personnes ou rattraper des objets juste à temps.

Les yeux de Cordova s'agrandirent de stupeur, son regard passant de Skywalker à Amidala.

- Mais… C'est impossible ! On nous a jamais fait mention de mères qui acquièrent des pouvoirs Jedi lorsqu'elles portent un enfant sensible à la Force !

- Je suis désolée…, murmura Padmé, baissant le regard. Je voudrais comprendre ce qui m'arrive.

- Non, ne soyez pas désolée ! Peut-être… Peut-être cela a-t-il un lien avec votre forme future ?

- J'ai proposé à Padmé qu'on lui fasse une séance une lecture d'esprit. Peut-être ainsi, nous trouverons quelque chose.

Cordova hocha la tête, pensif.

- Maître Shaak Ti est la meilleure dans ce domaine. Elle saura nous aider. Et je ne doute pas de son soutien.

- Mais le pourra-t-elle si le Conseil expulse Anakin ? s'inquiéta Padmé.

Cordova sourit.

- Ne vous en faites pas pour cela, Sénatrice.

Il tourna la tête vers la porte de la Salle du Conseil.

- Je crois que nous avons plus d'avantages qu'il n'y paraît.

oO0Oo

- Jamais, de toute ma vie, je n'ai été confronté à pareil scandale ! dit Oppo Ramsis.

- Nous avons compris, Maître Ramsis, dit doucement Obi-Wan mais avec une fine, très fine pointe d'acide.

Yoda frappa le sol de sa canne, ramenant le silence.

- Maintenant, le silence, je demande ! Débattre du sort de Skywalker, nous allons !

Agen Kolar décida de prendre les devants :

- Je le dis d'emblée. Élu ou pas, nous ne pouvons pas nous permettre de le garder dans nos rangs. Si nous faisons cela, notre Code en pâtira énormément. Nos principes ne seront plus appliqués. De plus en plus de Jedi le prendront pour exemple et abandonneront les vertus du Code et la Voie du Jedi.

- Au risque de vous contredire, Maître Kolar, dit Kenobi. Personne n'a eu besoin d'Anakin pour se détourner du Code Jedi. Nombre d'entre nous ici l'ont avoué d'eux-mêmes. Et ces violations du Code, nous les avons commises bien avant l'arrivée d'Anakin dans notre Ordre.

Le zabrak tenta de cacher une mine renfrognée devant les propos incontestables de Kenobi. Windu intervient :

- Bien sûr. C'est certain que vous, Maître Kenobi, le grand Négociateur, vous prenez la défense de votre apprenti.

- Si la relation d'Anakin avait été révélée au début de la guerre, je doute que je l'aurais soutenu.

Ces paroles interpellèrent les Jedi. Tous se regardèrent, interloqués. Pourquoi disait-il cela ?

Obi-Wan inspira, s'apprêtant à donner ses explications.

- Anakin… Quand je l'ai pris sous mon aile, c'était parce que j'avais fait une promesse à mon Maître Qui-Gon Jinn. Mais trop souvent, je l'ai trouvé belliqueux et arrogant. Je pensais que cela le détournerait de son destin d'Élu.

Il fit une pause, un petit sourire étirant ses lèvres.

- Mais après… La guerre m'a révélé sa vraie force. Un jeune Jedi usant de ses talents pour les mettre à contribution des autres. Je l'ai vu devenir un modèle pour tous. Je l'ai vu déterminé mais capable de reconnaître quand une bataille était perdue. J'ai vu être inflexible dans ses combats et être empathique avec les autres. J'ai vu comment le fait d'avoir été le Maître d'Ahsoka lui a beaucoup apporté en maturité. Anakin m'a prouvé qu'il est un grand Jedi. Et ce, alors qu'il était marié. Je dirais même grâce au fait qu'il soit marié. Padmé lui donnait de la force durant tout ce temps. Je crois même que son tempérament calme et réfléchi a pu contrebalancer avec celui explosif d'Anakin. Je crois que c'est une bonne chose. Ils ne nous ont jamais laissés tomber.

Il les regarda tous, voulant marquer ses mots :

- Alors maintenant, c'est à nous de ne pas les laisser tomber.

Plusieurs Jedi échangèrent des murmures entre eux. Windu, le menton dans ses mains jointes, les coudes posés sur ses genoux, secoua la tête.

- Je ne lui fais pas confiance, dit-il.

Obi-Wan maîtrisa sa frustration, prête à devenir colère.

- Pourquoi, je vous prie ? Que doit-il faire pour gagner votre confiance ?

- Vous l'avez tous vu : il nous fait du chantage. Il nous aidera à condition qu'on ne lui retire pas la garde de sa fille. Son destin est obscur. Qui ne nous dit pas qu'il sera la cause de la Chute de notre Ordre et de la République ?

- En quoi il en serait la cause si vous ne faites pas de contrepartie pour lui ? intervint Maître Mundi.

Le Céréen se redressa, continuant :

- J'ai été père. J'ai perdu ma famille. Et pourtant, je n'ai pas chuté dans le Côté Obscur. Je ne vois pas en quoi mes frères et sœurs seraient différents de moi.

- Et puis nous devons reconnaître quelque chose : si Anakin avait suivi les règles de notre Code, alors peut-être la Deuxième Élue ne serait jamais apparue, argumenta avec douceur Shaak Ti.

- Notre Ordre perd de sa puissance, répondit Windu. Nous ne sommes plus capables de percevoir les mouvements de la Force comme autrefois. Et si cet affaiblissement provenait justement de par les détournements de plusieurs d'entre nous ?

Certains Jedi approuvèrent. Saesee Tiin prit la parole :

- Peut-être que tous les torts de notre Ordre ne proviennent pas uniquement de Skywalker, mais il a apporté trop de changements. Et justement, parce que nous ne sommes pas en mesure de percevoir son futur, nous devrions le renvoyer afin d'y percevoir plus clair.

Plo Koon le coupa directe :

- Mais dans ce cas, comment ferons-nous pour ouvrir l'Holocron Blanc ?

Aïe. Il avait trouvé le point sensible.

- Comment ferons-nous pour détecter les mouvements de Sidious si sans l'Holocron, nous ne sommes pas capables de percevoir la Force. Et sans Anakin, l'Holocron nous ait totalement inutile, continua le Maître Jedi.

Ça faisait mal. Ça faisait mal.

- De plus, si nous renvoyons Anakin, la Sénatrice Amidala risque sa propre carrière au Sénat. Or, outre le fait qu'elle soit la mère de la Deuxième Élue, elle pourrait nous être un allié dans l'arène politique, souligna Kit Fisto.

Ces mots faisaient sens et en firent réfléchir plus d'un.

- Mais nous risquons sa sécurité, s'opposa Shaak Ti. Nous devons la protéger, Sidious pourrait tout découvrir et la menacer.

- Padmé fait partie des esprits les plus forts que je connaisse, dit Obi-Wan. Même un Seigneur Sith serait mis en déroute par elle dans une bataille mentale. Et Anakin a décidé de ne plus la quitter, donc elle sera en sécurité avec lui.

Cette remarque piqua Windu :

- Peut-on savoir pourquoi il s'est auto-approprié cette mission ?

Obi-Wan fit la moue :

- Il faut vraiment que je vous fasse un dessin, Maître ? Il est son mari. Anakin ne perdra pas Padmé comme il a perdu sa mère.

- Même si le sort de la mère de Skywalker est déplorable, cela n'était pas la préoccupation des Jedi.

- C'est là votre erreur, Maître Windu. C'est notre préoccupation : parce que Shmi Skywalker comptait pour Anakin et Anakin est la clé pour nous sauver.

Le regard de cristal d'Obi-Wan devint aussi dur que les diamants.

- Alors si vous voulez nous sauver, si vous voulez sauver la République et la Galaxie, vous devez aider Anakin.

Un nouveau murmure parcourra l'assemblée. Yoda, qui avait été silencieux jusqu'ici, prit la parole.

- Aucun doute, il ne fait, quant à ma position pour Skywalker. Oui, incertain est l'avenir du jeune Anakin. Mais de l'abandonner aux griffes des Sith, je ne peux me résoudre. Une chance, la Force nous offre. De voir l'avenir, nous pouvons. Anticiper les mouvements de Sidious, nous pouvons.

Il inspira.

- Et, raison, Obi-Wan a. Notre perception de la Force, affaiblit, s'est. Mais pas Skywalker. Pas Amidala. Que Dooku était derrière les complots de guerre, la Sénatrice, avant nous tous, avait perçu. Et toujours confiance en sa Padawan, Skywalker avait, quand abandonné, nous l'avions tous.

Les Jedi baissèrent la tête, honteux en se remémorant cet épisode. C'était vrai. Tout le monde avait abandonné Ahsoka Tano lorsqu'elle avait été accusé à tort de l'attentat sur le Temple Jedi. Les seuls avoir cru en elle, à s'être battu pour elle jusqu'au bout étaient Anakin et Padmé. Mais la confiance d'Ahsoka avait été brisée. Et cela faisait un an qu'elle était partie. Et personne n'avait eu aucune nouvelle d'elle. Même dans la Force, elle semblait comme s'être mise en veille. Toujours vivante, mais silencieuse. Impossible de savoir où elle était et ce qu'elle faisait.

Yoda reprit son discours.

- Changer, la Force est entrain. Un nouveau chemin s'ouvre à nous. Alors changer, nous devons, si survivre, nous voulons.

Après un moment de silence, Windu hocha la tête, résigné. Puis il regarda chaque Jedi.

- Alors, nous allons voter.

La Force tourbillonna autour d'eux. Peut-être était-ce un signe ? Un signe que l'instant était important et dont la fragilité ne tenait qu'à un fil.

- Que ceux qui sont contre l'expulsion de Skywalker s'avancent.

Le premier fut bien entendu Obi-Wan. Personne ne s'en étonna. Suivi juste après de Maître Yoda. Quelques Jedi grincèrent des dents. Entant que Grand Maître, Yoda possède une voie qui comptait pour deux. Mais tout n'était pas jouer.

Agen Kolar resta assis, poings fermés. Non, Skywalker ne resterait pas des leurs. Coleman Kcaj ne bougea pas non plus. Shaak Ti s'avança, serène et tranquille. Kit Fisto se leva à son tour.

Maître Barr ne bougea pas. Pas plus que Saesee Tiin. Ni Oppo Ramsis.

Des perles de sueurs froides roulèrent silencieusement sur le front d'Obi-Wan. Cinq voies contre cinq autres. Il fallait que les voies soient supérieures, sinon Anakin serait expulsé.

Windu ne bougea pas, ses yeux se déplaçant nonchalamment vers Ki-Adi Mundi. Et celui-ci, soutenant le regard de Mace Windu, se leva.

Le cœur d'Obi-Wan s'emballa. Six voies contre six voies. Alors, il ne restait plus que…

Tous les regards se tournèrent vers Maître Plo Koon.

Et après un insoutenable instant, le dernier membre du Conseil rendit sa décision.

oO0Oo

Le cœur de Padmé s'emballa. Elle sentait quelque chose était arrivée. Les membres du Conseil avaient pris leur décision. Mais quelle était-elle ?

À côté d'elle, Anakin n'avait pas prononcé un seul mot. Elle vit que son visage était comme de la pierre et ne laissait transparaître aucune pensée. Cela lui fit un drôle d'effet, elle qui était si habituée de voir ses émotions déferler de lui quand il était contrarié, car elle savait qu'il était. Mais c'était peut-être la première fois qu'elle le voyait adopter ses « masques froids » comme il disait lorsqu'elle était dans l'arène du Sénat.

Le cœur serré, elle lui prit la main, attirant son attention sur elle. Lorsque leurs yeux se rencontrèrent, elle lui envoya un message télépathique. Ils avaient découvert cette capacité au fils des ans et ce fut bien pratique pour donner à l'autre leur ressentit à l'état pur.

Je suis avec toi, mon amour…

Anakin sourit. Ce sourire que seule Padmé connaissait et qu'il ne montrait qu'à elle.

Je sais…

Corodova, qui était rerentré dans la Chambre du Conseil, en sortit et vient les chercher. Il leur fit signe qu'ils pouvaient revenir.

Les jeunes époux échangèrent un dernier regard, lourd d'anticipation. Inspirant, ils se levèrent et pénétrèrent de nouveau dans la salle pour s'avancer vers le centre. Il y régnait une atmosphère étrangement lourde et lumineuse. Puis Yoda s'adressa au jeune homme :

- Chevalier Anakin Skywalker. En vertu de l'autorité du Conseil, de 7 voies contre 6 six en ta faveur, il a été décidé que tu garderais ton statut de Chevalier Jedi au sein de notre Ordre.

La pression qu'il avait tant ignorée jusqu'ici sur sa poitrine vola en éclats et le libéra. Ce fut comme si lui et Padmé s'étaient tout à coup mis à luire d'une lumière étincelante. Mais c'était tellement irréaliste qu'il n'arrivait même pas à émettre un seul son. Autour sa main prothétique, Padmé resserra sa prise, sa joie déferlant à travers leur lien.

Ki-Adi Mundi prit la parole :

- Nous avons considéré que ton rôle était bien trop important et au-delà de tout ceux qu'ici peuvent avoir comme opinion sur toi, toi seul peut nous aider à empêcher la réalisation du plan des Sith.

Windu enchaîna :

- C'est pourquoi tu seras en étroite collaboration avec le Conseil Jedi. Nous confions à Maître Cordova et à toi l'Holocron Blanc, mais dés que le Conseil l'exigera, tu devras l'ouvrir.

Cordova intervint, donnant quelques explications :

- Étant le seul qui puisse non seulement l'ouvrir, il n'est pas anodin que l'Holocron semble répondre à tes demandes en fonction de ce que tu désires voir. L'Holocron perçoit tes sentiments et il y répond.

Windu reprit la parole, moins solennel :

- Maître Yoda et Maître Kenobi nous ont fait part du danger que courrait la Sénatrice Amidala. En tant que membre du Sénat Galactique et en tant que mère de la Deuxième Élue, les Jedi s'engagent à assurer sa sûreté.

- Cependant, nous demandons une collaboration avec la Sénatrice pour nous rapporter tout ce qui se passe au Sénat. Le moindre détail pour faire toute la différence pour découvrir Dark Sidious, précisa Maître Barr.

Anakin broncha silencieusement, mais Padmé acquiesça immédiatement.

- Aussi, dit Shaak Ti. Nous comprenons, Skywalker, que tu as choisi de veiller sur la Sénatrice. Pour cela, le Conseil a jugé utile de vous permettre d'officialiser votre relation. Dés demain, vous devrez, avec certains représentants du Conseil, l'annoncer dans le communiquer sénatorial.

Immédiatement, Padmé monta un plan pour empêcher ses parents de découvrir l'annonce avant qu'elle ne leur parle en tête-à-tête. Elle leur mettrait un mot ce soir pour les envoyer à Varykino, la retraite dans la Contrée des Lacs était coupée de tout, alors ils ne recevraient pas le communiqué.

Windu continua, mesurant ses propos :

- Notre but est de sauver la République et la liberté qu'elle apporte. Et pour cela, nous devons arrêter Sidious. Alors… Il a été décidé que nous ferions des compromis.

Le cœur d'Anakin se mit à chanter d'allégresse. Il restait Jedi ! Il gardait Padmé ! Il sera près d'elle ! Tous sauront pour eux ! Ils n'avaient plus besoin de se cacher ! Et maintenant, avec le soutien des Jedi, il allait pouvoir trouver un moyen de sauver sa femme !

Lentement, avec un respect qu'il n'avait jamais témoigné au Conseil auparavant, le jeune Jedi s'inclina :

- Membres du Conseil… Merci. Merci infiniment.

À ses côtés, Padmé fit de même, moins profondément que son époux en raison de son ventre protubérant, mais toujours avec déférence.

- Merci pour votre confiance, Maître Jedi, dit la jeune femme. Nous saurons vous en être redevables.

Un murmure d'approbation fit le tour de la salle avec un soupçon de stupeur. Jamais Skywalker ne s'était comporté de la sorte. Anakin vit Obi-Wan qui ne cachait plus son sourire cette fois. À travers leur lien, le jeune homme envoya son éternelle gratitude à son ami, son frère, celui qui avait toujours veillé sur lui. Il vit les Jedi et ne tarda pas à reconnaître qui l'avait soutenu.

Il éprouva un immense sentiment d'amour et de bienveillance.

Ce n'était plus Padmé ou les Jedi. C'était Padmé et les Jedi. Sa famille dans son intégralité.

Et pour la première fois de sa vie, Anakin sentit qu'il appartenait aux Jedi.

oO0Oo

Dans son bureau du Sénat Galactique, le Chancelier Palpatine contemplait depuis son siège les incendies mêlés aux lumières urbaines du monde-capitale de Coruscant. Au travers de la baie vitrée, il le sentait, la détresse, le désarroi des billiards d'êtres vivants. Oui, c'était un cauchemar, une réalité irréalisable et lui allait être leur sauveur, leur protecteur.

Tout ce passait comme il l'avait prévu.

Mais soudain, il sentit une vergence dans la Force. Qu'est-ce que c'était ?

Le Seigneur Noir des Sith ferma les yeux, se focalisant sur cet élément nouveau. Et alors qu'il sentit qu'il mettait le doigt dessus, ce fut comme si un éclair de lumière le fouetta en plein dans les yeux. S'il n'avait pas été assis, il aurait chancelé sous la force du coup.

Cela perturbait le Seigneur Sith. Quelqu'un l'empêchait de voir ?

Son visage s'assombrit en une sinistre grimace. D'un geste, il convoqua Mas Amedda, qui arriva immédiatement.

- Vous m'avez appelé, Chancelier ? s'inclina l'alien bleu.

- Mettez-moi en lien avec le Général Grevious, il ne doit plus être loin d'Utapau.

- Bien, Excellence.

- Et… Après… Amenez-moi le Palantir.

Il eut une lourde pause, mais le Vice-Chancelier s'inclina avant de sortir.

Quelque chose était définitivement arrivé. Et ce n'était pas quelque chose qu'il avait prévu.

Tournant les yeux vers le Temple Jedi, Dark Sidious étendit ses sens vers ses ennemis de toujours.

Et de nouveau, il reçut un claquement de lumière.

Portant sa paume contre son front, il tenta d'apaiser le bourdonnement qu'il lui fracassait la tête. Avant de sourire.

Un défi ?

Cela faisait longtemps.


A suivre...


Notes : Et Palpatine entre en scène ! Il ne va pas avoir la vie facile ^^ On termine quand même avec une petite touche positive, parce que c'est important contenu de ce qui arrive (hé hé hé). J'espère sincèrement que ce chapitre aura été à la hauteur tellement je l'ai réécris.

Le chapitre 8 sera sur la Troisième Vision et une qui va bien traumatiser nos héros.

Je reviens vers vous le plus vite possible ! Laissez des commentaires pour me dire ce que vous en avez pensé et que la Force soit avec vous !