Notes de l'auteur : Chers amis lecteurs, voici le pu**** de chapitre 8 ! OUI ! Je l'attendais tellement celui-là ! C'est un de mes préférées jusqu'ici ! J'ai écrit en deux jours 30 pages et j'ai fini hier soir à 4h du matin et je viens à l'instant de terminer la correction. Je suis un peu partie en vacances avec des amis et ça m'a fait un bien fou. D'ailleurs, la montagne m'a beaucoup inspiré pour Aldeeran. Et il ya avait pleins de bébés Saint-Bernard trop MIGNOOOONS O.O C'était de super vacances ! Et j'ai tellement hâte que vous lisiez ce chapitre! Je vous en supplie, laissez-moi de commentaires parce que je veux absolument savoir vos pensées ! Je vous remercie encore pour votre fidélité et à très vite pour le chapitre 9 !

Avis aux commentaires : (Nina) Coucou, je suis une hypersensible, alors l'actualité à forcément un impact sur moi. Surtout que j'ai des origines, de la famille et des amis qui amènent se sujet dans mon quotidien. Beaucoup de choses ressortent avec tout ça. Mais j'ai cette chance incroyable d'être bien entourée et il faut resté fort. D'ailleurs, je ne peux m'empêcher de rapprocher cette actualité avec Star Wars. Star Wars m'a appris l'importance de rester fort peu importe la situation et d'accorder plus de compréhension à mon prochain, même si je ne suis pas d'accord avec lui ou avec elle. Comprendre quelqu'un ne veut pas dire le laisser faire ce qu'il veut : Luke comprenait son père, mais jamais il n'acceptait ses acte et s'est toujours dressé contre lui. C'est une leçon qui m'a servit dans ma vie personnelle avec mes figues paternelles. J'ai toujours dut équilibré douceur et fermeté. C'est pas simple, mais personne n'a un mode d'emploi. Mais les histoires servent bien ^^ Et pour revenir aux chapitres, je suis ravie que tu rigoles beaucoup, c'est capitale le rire pour moi. Alors un grand merci! Et c'est parti pour le trauma !

(Karozthor the Necromagus) Coucou ! Merci beaucoup ! Oui en effet, je réalise mon erreur, il va falloir que je reprenne tous les chapitres pour corriger ça! Merci pour ton aide. Tolkien, la mythologie hindoue et c'est pas fini! Un nouvel univers vient de s'ajouter ! Tu me diras dans les commentaires ! Bon Chapitre !

Résumé : Le secret d'Anakin et Padmé est enfin révélé ! Dans un débat enragé avec les membres du Conseil, leur jugement a fait révéler d'autres secrets parmi les plus insoupçonnables Jedi. Alors que le Conseil décide du sort du jeune Skywalker, Maître Eno Cordova fait part de ses découvertes à Anakin et Padmé concernant le Septième Sage et les Anciens Dieux Ashla et Bogan. Le Conseil décide de garder Skywalker, étant le gardien de l'Holocron Blanc et le père de la Deuxième Élue. Mais tapis dans l'ombre, Palpatine sent un changement dans la Force. Rien n'est moins sûr pour nos héros.


« Donc, maintenant, il ne nous reste plus qu'à trouver le Troisième Élu ? »

La question de Maître Tiin était, bien sûr, rhétorique. Anakin se força à ne pas rouler des yeux.

- Je dirais que c'est plutôt l'évidence, prononça Obi-Wan, veillant à poser sa voix pour qu'elle ne laisse aucun soupçon sarcastique.

Le Négociateur regarda son frère, lui faisant passer un rapide message dans leur lien :

« Je te l'avais dit que s'aurait été plus commode des jumeaux. »

« Obi-Wan. Ce n'est pas drôle. » répondit de but en blanc Anakin, se maîtrisant de toutes ses forces pour ne pas se retrouver plier en deux sous un fou rire.

Mace Windu se redressa en inspirant de son siège. Il semblait bien fatigué, le bonhomme. Il fallait dire aussi que lorsque vous découvrez que la moitié des gens que vous respectiez et admiriez se révélaient tout à coup à des années-lumière de ce que vous croyez d'eux, ça fait quand même un méga choque. La Force le pardonnera certainement.

- Bien, commença celui-ci, prenant l'attention de la salle. Voici les trois points que nous devons creuser pour l'instant : trouver le Troisième Élu, trouver Dark Sidious et savoir quel est son plan pour éradiquer les Jedi.

Une ombre passa sur le visage de Yoda.

- Des choses plus sombres, plus profondes, cela implique. Seul, Dark Sidious n'a pas dû tout orchestrer. Des alliés, des collaborateurs, il a sous sa botte. Un morceau émergé de l'iceberg, c'est.

Padmé frissonna. Elle fouilla dans sa mémoire, cherchant quels Sénateurs pourraient se laisser séduire par les propos d'un Sith. Il ne faisait aucun doute que Sidious avait dû rassembler beaucoup de pouvoir et promettre des faveurs à ses collaborateurs. Mais qui aurait autant de pouvoir au Sénat ?

La Sénatrice Bertoni ? Les Représentants de la Fédération du Commerce ? Les membres du Comité de Malastar ? Ou peut-être la Conseillère Moore ? En fait plus elle y pensait, plus…

- …Alors c'est décidé, dit Windu, la tirant de sa torpeur. Nous allons procéder à l'ouverture de l'Holocron. Skywalker.

Le jeune Jedi se détourna de sa femme qui avait gardé son bras autour du sien pour accueillir le précieux artefact des mains de Cordova.

Il voulait encore voir sa fille. Même si la dernière fois elle avait été sauvé in extrémiste de la mort grâce à l'esprit de sa femme, le futur père n'était pas tranquille.

À ce souvenir, la douleur de l'échec l'écrasa. Plus que tout, il voulait savoir ce qui était arrivé à sa bien-aimée. Qu'est-ce qui l'avait conduit à mourir sur cette table d'opération ? Mais autant son désir était fort, autant, c'était quelque chose d'intime qu'il ne voulait pas exhiber devant les membres du Conseil, même ceux qu'il tenait en respect. Donc oui, le but était de se concentrer sur le jeune garçon qu'il avait vu dans la dernière vision et sur les plans de Dark Sidious. Mais restait à savoir si l'Holocron ne ferait pas encore son malicieux.

Cordova avait soulevé l'hypothèse que l'objet avait sa volonté propre et répondait à ses demandes seules. En y repensant, cela faisait sens : avec la première vision, il avait été intrigué par les propos de Maul et l'Holocron avait répondu à sa demande dans la foulée. Révélant ainsi son secret. Puis avec la deuxième vision, il avait répondu à son désir de voir sa fille. Mais elle était apparue en petite fille, car c'est ainsi qu'il se la représentait actuellement.

Il devait se concentrer. Comme en méditation. Il n'a jamais été particulièrement doué pour cette discipline, mais peut-être était-il temps de changer ?

Alors il s'ouvrit à la Force. Pourtant, il sentit un courant froid à travers elle. Comme un pressentiment ? Non. Un avertissement…

L'Holocron s'ouvrit. Le blanc éclatant revint comme les deux premières fois. La Salle du Conseil disparut, les laissant tous dans l'infinité du néant.

Le mystique objet s'évanouit en poussière brillante de la paume de Skywalker, mais il le sentit toujours présent. Cela se produisait à chaque fois qu'il était ouvert, alors Skywalker ne s'alarma pas outre mesure.

Padmé se rapprocha de lui, regardant autour d'eux. Les Jedi étaient plus tranquilles que la première fois, l'expérience ayant fait son cours.

Puis tout à coup, ils se retrouvèrent dans la nuit étoilée de Tatooine. Anakin réprima un soupire. Son désir de voir sa fille avait probablement été plus fort…

- Bon, si nous avons la chance que le Troisième Élu soit lui aussi sur Tatooine, nous serons pénards, dit joyeusement Kit Fisto.

Mais Anakin ne sentit que la présence solaire de sa fille. Elle était là, tout près. Alors ils aperçurent la maisonnette des Lars. Et à au moins douze mètres de l'entrée, allongée sur le sol sablonneux et poussiéreux se trouvait sa petite fille !

Anakin combattit un haut-le-cœur. Mais par la Force ! Que fichait-elle ici ?! Cette enfant avait le don de se mettre dans des situations pas possibles ! Comment pouvait-elle être aussi inconsciente ? Tout enfant vivant sur Tatooine apprenait dès leur plus jeune âge qu'il ne fallait pas se trouver à l'extérieur de sa maison la nuit ! Owen ne faisait donc rien ?!

D'instinct, le jeune Jedi scruta les alentours, ne prêtant pas attention aux Jedi. Puis, il le sentit.

- Obi-Wan est là, souffla Anakin.

- Bien sûr que je suis là, tu m'as embarqué dans la vision, répondit légèrement le malicieux Jedi.

Padmé réprima un petit rire tant que son mari leva les yeux au ciel.

- Je parlais de ta version future, piqua Skywalker, ajoutant « idiot » dans sa tête avant de se reconcentrer. Il est ici.

- Il doit veiller sur la jeune Angie, dit Eno s'approchant de l'enfant en question.

- Eh bah, il a du boulot, soupira le jeune Obi-Wan, imaginant, à raison, que ce n'était pas une partie de repos que de s'occuper d'un Skywalker.

Padmé sourit. Certes, elle n'était pas tranquille à l'idée de savoir sa petite fille dehors aussi tard dans la nuit, mais cela la rassurait de savoir son ami dévoué en train de protéger son enfant. Angie avait décidément un oncle merveilleux, se dit la jeune Sénatrice.

Kolar soupira intérieurement. En quoi la vie d'une petite fille était pertinente pour sauver les Jedi ? Skywalker leur faisait perdre leur temps avec ses sentiments. Il digérait toujours très mal le maintien de l'impérieux Chevalier dans leurs rangs. C'était de l'hérésie !

Ignorant les pensées des Jedi, Skywalker s'avança vers Angie, inquiet. Mais elle était tranquille, regardant les étoiles au-dessus d'elle, un doux sourire ornant son visage d'enfant. Elle était un peu plus grande que la fois dernière. De cinq ans, elle était passée à ce qu'il dirait sept. Mais elle était toujours aussi petite. Il était certain que si elle se tenait debout près de lui, elle n'atteindrait même pas son tour de taille.

Ses iris, dont la couleur était celle de ses propres yeux, miroitaient la lumière des étoiles. Enveloppée dans une ample couverture de laine pour la couvrir contre le froid de la nuit du désert, elle semblait vouloir rester ici jusqu' à l'aurore.

Mais la rêverie de l'enfant ne dura pas. Un grondement de rage s'extirpa de l'entrée de la maisonnette.

« ANGIE ! »

Toute l'audience fantôme vit Owen Lars s'approcher, un fusil à la main, inconscient de ses observateurs.

Comme une petite grenouille, Angie se redressa dans un vif sursaut, l'anxiété grimpant dans sa poitrine. Oh, oh. Tonton n'était pas content…

Le fils de Cliergg Lars se précipita vers sa nièce, le visage furieux.

« Mais qu'est-ce qui te prend de rester ici ?! Ça fait deux heures que je t'ai dit de rentrer ! »

Anakin sentit ses dents se broyer sous la colère qui montait en lui à la vue de cette scène. Pour qui se prenait Owen de parler comme ça à sa fille ? Bon d'accord, lui aussi aurait été furieux, mais jamais il ne se permettrait de parler comme ça à son enfant. À ses côtés, Padmé réprima un instinct de protection, mais très vite la raison l'emporta : Owen avait raison d'être fâché. Angie n'aurait pas dû sortir, c'était beaucoup trop dangereux.

Dans le cortège des membres du Conseil, beaucoup se firent la réflexion de : « Encore un Skywalker digne de ce nom… »

La petite fille baissa la tête, n'osant pas regarder son oncle. Mais elle trouva quand même le courage de dire :

« Mais… Tonton… Il n'y a que à cette heure que je peux voir toutes les étoiles… »

La réponse innocente de l'enfant fit fondre le cœur de plus d'un. Savoir que sa fille aimait regarder les étoiles de la même façon que lui le faisait étant petit garçon, fit jaillir en Anakin une mitraille d'amour pour sa précieuse fille. Ce n'était certes pas prudent, mais il la comprenait. Cela lui fit remémorer toutes les fois où sa mère l'appelait depuis leur petite hutte, le sommant de rentrer, redoutant le danger décuplé par la nuit. Mais sa mère l'avait fait d'une manière beaucoup plus douce que ne le faisait Owen qui s'y prenait clairement comme un bourrin.

Ce dernier saisit rudement la main de la petite, à la consternation générale de l'audience. Oui, les Jedi pouvaient se montrer très souvent sévères, mais jamais, au grand jamais, ils n'avaient usé de violence envers leurs jeunes novices. Certes, l'enfant était en tort, mais ce n'était pas une raison pour faire preuve de violence !

« Combien de fois je vais devoir te le répéter ?! Je t'interdis de sortir la nuit ! » ne décoléra pas le fermier d'humidité.

Puis il prononça ce qu'il n'aurait jamais dû dire devant Anakin.

« Tu veux finir comme ta grand-mère ?! »

Le choc traversa l'audience et l'air devint condensé et irrespirable. Padmé porta sa main à sa bouche, les yeux ronds. Quelques Jedi se regardèrent entre eux, mal à l'aise. Obi-Wan réprima son envie de soutenir Anakin.

Quant à ce dernier, il s'était changé en pierre.

Et pendant un long instant, personne n'osa bouger.

Angie n'osa toujours pas regarder son oncle, son petit être chamboulé par les mots de son oncle, mais elle tint bon. Cependant, Anakin voyait clairement qu'elle tentait de ne pas pleurer.

« Je regardais les étoiles… parce… parce qu'il les regarde aussi… »

La patience d'Owen était arrivée à son comble et il explosa :

« Angie ! Il est mort ! Ton père est mort ! »

Chacun des mots avait été martelé. Chacun s'était abattu comme un marteau enfonçant le clou de l'horreur dans leurs poitrines pour les saigner à blanc.

Cette fois, ce fut l'espace-temps qui se pétrifia. Le choc s'imprégna en chacun. Ce n'était pas possible… Mais ils avaient tous entendu la même chose ! Skywalker… ? Skywalker, l'Élu… ? Celui qui devait apporter l'équilibre… ? Mort… ?

Qu'ils appréciaient ou non le jeune Chevalier, chacun des Jedi n'en revinrent pas. C'était impossible. Dans leur esprit, Anakin était fort ! C'était une force de la nature ! Il survivait toujours à tout ! Il conquérait toujours tout ! Il triomphait toujours de tout ! Comment pouvait-il mourir ?! Qu'est-ce que ça voulait dire pour la Prophétie ?

Il en fallut de peu pour que Yoda lâche sa canne.

Eno en avait perdu la voix.

Le vide creusa les os de Kenobi… Non…

Padmé crut que la vie était en train de la quitter…

Quant à Anakin… Il n'y avait plus de lumière dans ses yeux…

La jeune épouse du Jedi vacilla. Anakin et Obi-Wan la rattrapèrent alors que les Jedi les plus proches avaient fait un mouvement pour lui porter secours. On l'appela, demandant si elle allait bien. Mais non, elle n'allait pas bien. Elle doutait même qu'à nouveau, elle puisse aller bien. Doucement, Obi-Wan guida Padmé dans les bras de celui qu'elle aimait plus que tout. Anakin la prit contre lui, ne se souciant pas du regard des autres autour d'eux. D'ailleurs, étonnement, aucun Jedi ne les scruta, leur donnant de l'intimité. Padmé ne parlait pas, aucun son ne dépassait sa gorge, elle était comme étouffée, emprisonnée.

Mais dans la Force, son désespoir hurlait. Tous le sentirent.

Alors Skywalker blottit sa tête sous son menton, la berçant, lui embrassant les cheveux, lui murmura qu'il était là.

Et de toutes ses forces, Amidala se raccrocha à lui. Il était là, il était vivant. Il était avec elle. Il était son Anakin, toujours aussi fort et beau, avec ses bras si chauds autour d'elle. Ses lèvres étaient si douces contre ses cheveux. Il était tendre et aimant comme dans la Contrée des Lacs sur Naboo.

Mais plus pour longtemps…

Voilà pourquoi Angie était sur Tatooine.

Ni l'un ni l'autre n'avait survécu. Ils l'avaient laissé seule. Ils avaient laissé leur petite fille toute seule !

Avant qu'elle ne le comprenne, des sanglots lui montèrent à ses oreilles. Il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte que c'étaient les siens.

Compatissante, Shaak Ti posa une main chaude sur l'épaule de la Sénatrice, lui envoyant dans la Force son affection mêlé à un brin de courage. Doucement, un à un, les autres Jedi firent de même.

Les yeux d'Anakin, qui jusqu'ici n'avait fait que voir dans le vide, sortirent de leur monde brumeux et il vit les Jedi. Aucun n'affichait du dédain ou de la répression. Aucun Jedi ne le regardait avec jugement. Aucun ne se réjouissait de sa mort. Il ne voyait uniquement qu'un sérieux implacable qui traduisait leur dévotion. Le pourquoi ils étaient Jedi.

Quelqu'un n'allait pas bien. Et le rôle des Jedi était d'apporter la compassion.

L'amour inconditionnel.

D'un faible hochement de tête, Anakin les remercia tous. Certains le lui rendirent tandis que d'autres l'acceptèrent en silence. Les pouvoirs des Jedi ayant apaisé Amidala, ses sanglots se calmèrent.

Mais ce furent d'autres sanglots qui prient place aux siens.

Ceux de la petite Angie.

Entendre sa fille pleurer martela le cœur du père. Tenant toujours sa femme dans ses bras, il se retourna vers la scène. Angie pleurait à chaudes larmes. Un instant, il éprouva une haine féroce contre son beau-frère. Puis, elle se dissipa et il redevint vide.

« Ce n'est pas… Ce n'est pas à Papa que je parlais… », hoqueta la petite.

Non ? Cette étrange réponse les interpella. Mais alors, de quoi parlait-elle ?

« Je regardais les étoiles avec mon ami… »

Quel ami ? se dirent certains tandis que le petit groupe d'Anakin virent l'image de l'enfant aux oreilles de chat dans leurs esprits.

« Biggs a dit que si deux amis regardaient un météore ensemble, ils seraient ensemble pour toujours… », continua la petite fille, espérant que ses explications permettraient à son oncle de comprendre.

Owen inspira, gêné de s'être autant emporté. Il ne savait pas quoi faire avec cette petite. Il n'arrivait pas à la comprendre. Il l'aimait comme si elle était sa propre fille. Elle était la prunelle de ses yeux. Et comment ne pas l'aimer ? Elle était mignonne, gentille, un véritable petit rayon de soleil dans cette vie dure qui ne pardonnait pas. Il savait qu'elle était différente, mais constater qu'il était dépasser le rendait fou. Et la savoir en danger n'aidait pas. Et il avait perdu toute patience. Alors il la força à rentrer dans le moule.

« Angie. Je ne veux plus que tu utilises la… magie. Tu comprends ? C'est dangereux. Maintenant, rentre. »

Il faisait clairement référence à la Force. Mais alors la jeune Angie maîtrisait déjà ses pouvoirs ? Ils n'eurent pas le temps d'y songer que la scène continuait.

Sans un mot, le menton pendouillant sur son cou, les cheveux lui cachant le visage, la petite fille se laissa tirer à l'intérieur de la maisonnette. Comme dans un holofilm, le public fantôme fut attiré dans la résidence des Lars. Ils arrivèrent dans le salon. Owen ne s'était pas calmé. Il continuait de hurler. Sa femme, Beru, les sourcils froncés, attendit qu'il finisse. Derrière une porte entrebâillée, la petite fille se cachait, regarda avec effroi la colère de son oncle.

« Bon sang, Beru ! Sais-tu où elle était ?! »

« Parle plus doucement, Owen. », claqua la femme de ferme.

« Que je parle plus doucement ?! Elle était dehors ! Dehors ! Dans la nuit noire ! Mais qu'est-ce qui peut bien se passer dans la tête de cette enfant ? Elle pense que vivre, c'est regarder un spectacle de météores ?! Que se serait-il passé si les Hommes des Sables l'avaient trouvé ?! Ou pire ! Si des esclavagistes seraient passés par là ?! »

Il avait balancé toutes les plus terrifiantes angoissantes de Skywalker. Tout ceci lui faisait tellement peur qu'il bloqua ses pensées, effaré de devenir fou. Son visage était tout de marbre. Il était littéralement devenu une statue. Et comme une statue, il écoutait en silence.

Yoda secoua la tête devant la fureur d'Owen Lars. Même si l'angoisse de cet homme était justifiée, rien ne lui excusait son comportement.

Dans un état de transe, Padmé souhaita que l'instant se termine. Pourquoi l'Holocron leur montrait ça ? Cela devenait de la torture. Autant, elle comprenait qu'Owen avait eu peur pour sa fille, autant, il lui devenait de plus en plus insupportable de le voir crier de la sorte devant Angie.

Comme Anakin, elle comprenait sa fille. Eux-mêmes avaient passé des heures à contempler les étoiles, imaginant leur bien-aimé les regarder en même temps à l'autre bout de la Galaxie, et alors, c'était comme si malgré la distance incommensurable, ils étaient ensembles, aussi proches l'un de l'autre.

Et puis, bien que ce n'était pas prudent, Angie ne risquait pas grand-chose puisque l'Obi-Wan du futur veillait sur elle.

Comme si Beru répondait à l'agacement de l'ancienne Reine, elle frappa sur la table, coupant son mari avant de plonger ses yeux clairs dans les siens bruns.

« Owen. Veux-tu qu'Angie ait peur de toi ? »

L'explosion de stupeur d'Owen se fit trembler dans la Force. Mais le fermier ne montra rien et de nouveau, il se réfugia derrière la colère.

« Cela fait sept ans qu'elle vit sur cette planète ! Depuis les premiers jours de sa vie, elle devrait connaître la peur ! »

Mais qu'est-ce qu'il pouvait dire comme bêtises… Autant les futurs parents seraient d'accord pour dire qu'un enfant élevé dans la peur n'était absolument pas sain du tout, autant les Jedi s'accordaient tous pour dire que la peur était la première étape menée pour le Côté Obscur. Donc, pour ce qui est de la peur, non. Exclu !

Plusieurs Jedi regrettèrent que Kenobi ait amené la Deuxième Élue dans la famille de Skywalker. Pourquoi n'était-elle pas avec lui et entraînée ? Elle avait suffisamment l'âge. Si l'Ordre avait sombré, alors il était logique de former l'une des Élus aux voies des Jedi. Pourquoi Kenobi se contentait de la surveiller ?

Anakin rangea l'information dans un coin de sa tête. Alors Angie était sur Tatooine depuis les premiers jours de sa vie ? Donc elle n'était pas née sur la planète désertique. Mais alors, était-il mort avant ou après sa naissance ? Le jeune Jedi misa pour avant. Cela expliquerait pourquoi il n'avait pas pu rejoindre Padmé. Pourquoi elle était en détresse… Parce qu'il était mort. Il allait mourir.

« Puisqu'elle a autant d'énergie à dépenser, je vais lui trouver de quoi l'occuper. Surtout la nuit. Comme ça, il ne lui prendra plus l'envie de sortir. », conclut, vindicatif, Owen.

« Owen… Elle n'a que sept ans… Elle est petite… Ne sois pas dur avec elle… Ce monde l'est déjà suffisamment. », dit calmement la douce épouse du fermier endurci.

Les bras croisés, le dos tourné, Owen ne dit rien. Depuis sa cachette, la petite Angie retint un sanglot. Anakin entendait clairement ses pensées comme si c'étaient les siennes.

Oncle Owen ne m'aime pas…

Il aurait couru vers elle et l'aurait serré de toutes ses forces dans ses bras, s'il avait pu. Il l'aurait gardé contre sa poitrine, bien au chaud, il l'aurait emmené voir le ciel nocturne et lui aurait montré toutes les étoiles qu'il connaissait et qu'il avait visité. Il lui aurait raconté les histoires que Shmi lui racontait. Raconté ses aventures avec ses camarades de guerre, avec Ahsoka. Les missions rocambolesques avec Obi-Wan. Et les moments fugaces mais si chers avec sa mère. Comment il était le chevalier servant venant au secours de la belle reine et qu'ensemble, ils combattaient les monstres de fer. Et qu'elle était leur petite princesse. Il l'aurait protégé de tout danger. Et avec sa mère, il l'aurait raccompagné au lit et il lui aurait chanté des berceuses pour l'endormir et lui aurait caressé ses cheveux sous le regard attendri de sa femme jusqu'à ce qu'elle ait fermé les yeux et rejoint le pays des rêves.

Ses désirs imaginés s'estompèrent alors qu'il vit son enfant refermé lentement la porte.

Tout à coup, Owen lâcha un profond soupir. On aurait dit qu'il allait pleurer lui aussi. Sa tristesse était palpable dans la Force.

« C'est pour sa sécurité que je fais ça, Beru… »

L'Holocron les entraina tous dans la chambre de la petite Angie. Une petite lampe de chevet était allumée au-dessus du lit simple. Partout, il y avait des boîtes remplies de ferrailles et de pièces mécaniques. Des robots-jouets étaient alignés sur une étagère, tandis que certains en voie de construction attendaient au sol. Les murs étaient couverts de dessins d'étoiles, de vaisseaux stellaires volants à travers les planètes et au-dessus des forêts, des lacs et des prairies. Il y avait des fleurs aussi et des petits personnages souriants. Au plafond, étaient pendouillées des étoiles en carton peints avec du phosphore, accompagnées de maquettes de vaisseaux fabriqués avec de la récupe de carton découpé.

Il y avait du bazar partout, mais c'était une chambre qui reflétait bien la personnalité de la petite fille créative. Anakin sourit. Angie lui ressemblait. Comme lui, elle récupérait tout ce qui lui tombait sous la main pour en faire une création. Mais de son point de vue, elle donnait sens et beauté dans les choses qui semblaient inutiles.

Sur le lit simple de la petite fille, posé près de l'oreiller, se trouvait une peluche en forme de chat. Avec l'aide de la Force et à la stupéfaction de tous, Angie attira la peluche à elle et la serra contre son cœur.

Les Jedi en étaient bouche bée. Cette enfant n'avait que sept ans, sans formation et elle utilisait déjà la Force avec un instinct si naturel ! Rares étaient les enfants capables de ce prodige. Souvent, les Jedi repéraient les enfants grâce aux dossiers médicaux indiquant le nombre de midichloriens. Il arrivait parfois que des enfants manifestassent en effet des dons de la Force, mais dans une moindre mesure.

Ce simple geste était un nouveau témoignage de la puissance incommensurable de la fille de Skywalker.

Anakin était, pour sa part, impressionné. D'un autre côté, les pouvoirs de sa fille était une évidence même. Dés l'instant où Padmé lui avait dit qu'elle était enceinte, il avait immédiatement su que son enfant hériterait de sa puissance. Mais le voir de ses propres yeux ne cessait de l'étonner.

Poussant soupire à fendre l'âme, la petite fille regarda vers la petite lucarne de sa chambre qui donnait sur le jardin intérieur.

« Je suis désolée… Attends-moi la prochaine fois… Je reviendrais. Promis ! »

Mais à qui parlait-elle ? Elle ne pouvait pas avoir créer un lien avec le garçon, tout de même ? Aucun être sensible à la Force n'avait pu faire ceci sans se rencontrer !

Mais Anakin était reconnaître que depuis aujourd'hui, il s'était produit plus de première fois qu'en un millénaire.

Il regarda sa petite fille grimper dans son lit. Pâlichonne, elle se glissa d'elle-même sous la couette, leur tournant le dos. Un moment s'écoula avant qu'Anakin ne s'aperçoive qu'elle regardait quelque chose sur le mur dossant son lit.

Là était un dessin. Une famille. Dans une maison au bord d'un lac. Un papa. Une maman. Et Angie.

Eux trois. Anakin, Padmé et Angie.

Angie rêvait d'eux trois réunis.

Angie partageait le rêve d'Anakin et Padmé.

Sa petite main caressa le dessin. Son seul lien avec ses parents disparus. Les cœurs de ses derniers se fendirent de désespoir. Ils étaient si proches et pourtant si loin…

N'y tenant plus, Padmé leva sa main et traça de son toucher de fantôme les cheveux de sa fille. Angie ne réagit pas, mais sa respiration s'était tranquillisée. Puis elle fredonna la berceuse de Shmi.

Et sans prévenir la vision changea. Ne flottait dans les airs que la mélodie de l'enfant. Puis progressivement, le fredonnement de petite fille passa à celui d'une jeune fille. La tessiture n'était que plus envoûtante. Puis la mélodie se transforma. Un chant d'enchanteresse qui aurait couvert de honte toutes les primadonna des Opéras.

Au plus profond de son cœur, Anakin sut que c'était la voix de sa fille.

Ils étaient tous plongés dans une semi-pénombre quand une présence intense pareille à un électron prêt à exploser surgit.

Le garçon. Le Troisième Élu !

Mais… Ils sentirent la douleur… Comment était-ce possible de sentir autant de douleur dans la beauté de ce chant sublime ?

Une silhouette se dessina. Allongé au sol, se tenant un jeune garçon. Mais pas le petit enfant des paysages volcaniques. C'était un jeune homme d'un peu plus d'une quinze d'années. Mais pas d'oreilles de chat à l'horizon.

Tous s'approchèrent, le scrutant, le détaillant dans le moindre contour.

Il était beau garçon. Le nez droit, le menton saillant et une chevelure en bataille d'une couleur d'or pareille à l'éclat du soleil. Il était plutôt grand, mais pas encore assez pour faire la taille de Skywalker ou de Kenobi. Son corps était fin, un peu trop d'ailleurs, à la limite d'une mauvaise santé, mais ses muscles étaient très défini, signe d'un entraînement quotidien.

Il avait les yeux fermés et son visage était tordu dans une grimace de souffrance.

Que lui arrivait-il ?

C'est alors que tous virent sur sa jambe une blessure. Non. Une morsure…

Padmé frissonna. Le pantalon du jeune homme avait été arraché avec sauvagerie et laissait voir la blessure saignante et infectée. Dans le rouge cramoisi, du sang se mêlait un inquiétant liquide noirâtre. Du poison…

Cordova le reconnu.

- Par la Force ! s'écria le Maître Explorateur. C'est le même poison qui a attaqué la jeune Angie !

La stupeur et l'effroi frigorifièrent le groupe de Skywalker tandis que les autres Jedi demeurèrent perplexes.

- Dans la Deuxième Vision, attaquée, la jeune Angie, nous avons vu, expliqua Yoda à ses pairs. Du Lynchrium, elle a avalé.

Les Jedi n'en revirent pas. Nul besoin d'expliquer que rien que de toucher le Lynchrium, on pouvait mourir. L'avaler revenait à être condamné. Alors la Deuxième Élue aurait survécu au poison !

Mais, qu'en était-il pour le Troisième… ?

- Attendez ! C'est du Lynchrium, vous en êtes certain ? demanda Maître Mundi.

- Absolument. Bien que je devine votre question : pourquoi est-ce une morsure alors qu'il s'agit d'un fruit ?

Tous retournèrent le concept dans leurs têtes, rien ne semblait apporter des réponses à ce mystère. Mais ils furent interrompus par les gémissements du jeune homme et des grognements rauques franchirent de ses lèvres gercées et de sa gorge déshydratée.

- Angie…

Le choc fit trembler tout l'être d'Anakin. Qu'avait-il dit ?

- Angie… My Lady…

Le Chevalier Jedi et la Sénatrice se dévisagèrent, des milliers d'interrogations défilant dans leurs yeux. Ce jeune garçon appelait leur fille ! Et il l'avait appelé… My Lady ? C'était trop intime pour qu'ils ne soient pas proches… Un coup d'œil vers leur ami et ils virent qu'il était aussi déconcerté qu'eux.

- Protège-moi, My Lady… Protège-moi de la folie…

Comme répondant à cette prière de détresse, le chant s'intensifia et la magie fit son œuvre. Tous sentirent dans leurs êtres un apaisement, comme quelqu'un qui soufflait sur vos doutes, vos craintes et vos souffrances pour tout balayer et vous envelopper d'une douce lueur et vous délivrer de vos tourments.

Est-ce réellement Angie qui chantait ?

Il ne pouvait pas dire qu'il était un expert du domaine lyrique. Le Chancelier serait plus à même d'en faire une expertise. Mais cette voix était simplement divine. Prodigieuse.

Anakin voulait même trouver quelque chose au-delà de ces termes qui lui paraissaient être en-dessous de ce qu'il entendait.

Il avait cette sensation que toutes les choses sombres de l'univers n'avaient plus de pouvoirs sur lui et que seule la paix régnait.

Il aurait pu écouter sa fille chanter à tout jamais.

Mais soudaine le chant fut brutalement interrompu par le déchirement du cri du jeune homme.

- ANGIE !

Les mots de l'enfant de Skywalker s'élevèrent, mais il était prononcé par sa voix de jeune fille. Une voix claire et belle, contenant une force inflexible dans une tessiture de tendresse.

- Attends-moi… Je reviendrais… C'est promis…

Pris d'un violent spasme, le jeune homme se redressa brutalement, ouvrant grand les yeux. La couleur de ses iris laissa le public dans une admiration inattendue : elles étaient d'un vert électrique déconcertant et hypnotisant.

Surgissant de nulle part, une main de femme se posa sur son torse large, le bloquant dans son mouvement précipité. C'était une main gantée, dont le prolongement du bras laissait entrevoir une armure bleue et blanche. Une armure… Mandalorienne !

- Ne bouge pas, ordonna la voix appartenant à la main, dont le ton ne laissait place à aucun refus.

Ce n'était clairement pas Angie. Cette voix était celle d'une femme. Une femme plus âgée. Étrangement, elle disait quelque chose à Skywalker. Mais ce fut Obi-Wan qui demeura interpellé. Il savait à qui était cette voix. Il en était sûr. C'était…

- Les Grimm t'ont attaqué. Leur poison s'est propagé dans ton organisme. Ta blessure m'a préoccupé, mais tu survivras, continua la mystérieuse femme alors qu'elle recouchait le jeune homme.

Les Grimm ? Des Grimm avaient fait ça ? Mais alors, ils existaient bien ? Et où étaient-ils ? Où se cachaient-ils ? Quand allaient-ils attaquer ? Les yeux du garçon étaient désorientés, roulant trop vite, cherchant à discerner son environnement de ses pupilles qui ne percevaient que le flou.

- Angie…, appela-t-il encore, plus faiblement.

- Tu l'appelais sans cesse dans ton sommeil.

Elle appliqua sur la plaie du blessé une plante réduite en bouillie.

- C'est de l'athelas…

Cela semblait dire quelque chose au blessé, à demi-conscient.

- La feuille des Rois…

- Elle a ralentit le poison. Tu es en vivant grâce à ton cœur qui bat quatre fois plus lentement que la normale. Quelque chose t'a apaisé.

- Angie… Elle m'a sauvé, dit le jeune homme.

Angie l'avait sauvé. Anakin sourit en pensée. Padmé sauvait Angie du Lynchrium et Angie sauvait ce garçon du même poison. Telle mère, telle fille. C'était donc bien Angie qui avait chanté. Il l'ignorait encore comment, mais elle avait avec ce garçon un lien très puissant qui lui faisait penser à un mélange des liens qu'il partageait avec Padmé et Obi-Wan, cependant ce lien dans la Force semblait plus puissant que tout ce qu'il avait vu dans sa vie. À travers ce lien, elle l'avait soigné par le pouvoir de son chant. Mais où était-elle ? Quelle était la nature du lien qui la liait à ce garçon ?

- Seuls les Élus peuvent survivre au Lynchrium. Tu as passé le test, dit la femme mandalorienne.

Ce garçon était donc bien le Troisième Élu. Plus de doutes possibles. Et il allait développer un lien avec la fille de Skywalker. Au travers des différentes réflexions des Jedi, l'esprit cartésien de Kenobi se demanda un instant si Anakin survivrait lui aussi au Lynchrium… ? Mais… Son estomac se tordit. Si ce n'était pas le cas ? Anakin… Anakin n'avait pas survécu dans cet avenir…

Alors qu'est-ce que cela signifiait pour la Prophétie ?

- J'ai été chanceux. Angie m'a sauvé… Et tu étais là pour me donner l'athelas… Je te remercie…

- Je t'ai trouvé parce que c'est que la Voie l'a voulu.

Les paroles de la femme montèrent en échos à leurs oreilles et résonnèrent dans l'esprit du jeune homme. Soudain, ce fut comme s'il comprit quelque chose. Une évidence inébranlable. L'air se chargea de colère, une colère que personne dans l'audience fantôme ne parvint à comprendre.

Le jeune homme se redressa, une aura noire l'entourant, le rendant semblable à un prédateur prêt à déchirer sa proie de ses crocs.

- Ne bouge pas, répéta de nouveau la femme.

Mais le garçon n'obéit pas. Sa vue était toujours trouble, mais sa volonté était telle que le mal lui lacérant la tête ne parvint pas à le clouer à terre. Il fixa la femme, la dévisageant à présent avec une haine brûlante.

- Avance, ordonna-t-il, impérieusement, son ton roque tel le grondement de l'orage.

Tous se dévisagèrent, ne comprenant vraiment pas le comportement inexplicable du mystérieux Élu. Pourquoi réagissait-il ainsi ?

Mais, étonnement, la femme lui obéit et son visage sortit des ténèbres de la Vision. Obi-Wan ne s'était pas trompé.

- Bo-Katan…, murmura-t-il.

La sœur de Satine. La sœur de la femme qu'il est jamais aimée.

Windu se tourna vers lui : « Vous la connaissez ? »

« C'est elle qui m'a aidé à m'échapper sur Mandalore lors du siège de Maul. », expliqua Obi-Wan.

Il ne donna pas de plus amples détails. Il savait que c'était suffisant et que le Conseil ne lui en demanderait pas davantage, puisqu'il avait déjà fait un rapport. Ils n'avaient pas besoin de savoir qu'elle était la sœur de sa défunte bien-aimée.

Anakin ne risqua pas un regard vers lui. Obi-Wan lui avait tout raconté et il savait qui était cette femme. Au lieu de ça, il se reconcentra sur la scène se déroulant face à lui.

Bo-Katan et le jeune homme se dévisagèrent, l'un d'un visage de marbre, l'autre toujours aussi haineux.

- Je veux que tu me regardes bien ! cracha le garçon.

Elle continua de le dévisager sans sourciller. Cela ne fit qu'amplifier la fureur de l'Élu.

- Dis-moi, Bo-Katan… Qu'est-ce que ça te fait de me voir ?

Le visage de marbre se fissura.

- Arrête.

- Vas-tu faire la même chose que la dernière fois que nous nous sommes vu ?

- Arrête, Adrien !

Adrien.

C'était donc le nom du jeune homme.

- NE M'APPELLE PAS PAR CE NOM ! TU N'AS AUCUN DROIT DE M'APPELER PAR CE NOM !

L'explosion était telle que tous reculèrent, Anakin tirant Padmé dans ses bras pour la protéger de tout danger. La jeune femme tenta de calmer sa respiration saccadée. Mère des Lunes… Mais que s'était-il passé pour que ce jeune garçon haïsse autant cette femme ?

Une lueur de méchanceté s'alluma dans les yeux verts de Bo-Katan, alors qu'un rictus de dégoût releva le coin de ses lèvres.

- Tu préférerais Starkiller, peut-être ?

La haine fut si puissante dans la Force qu'il devint impossible de respirer. S'il avait été en pleine santé, sûrement que le jeune Adrien serait parvenu à la briser sans même la toucher.

Cependant, la guerrière mandalorienne semblait faire retomber son ressentiment, soupirant de fatigue.

- Écoute… Je ne suis pas là pour chercher les ennuis. Je suis là pour t'aider…

- Pourquoi voudrais-tu m'aider ? J'ai toujours été une gêne pour toi !

- Tu n'es pas une gêne.

- TU M'AS TIRÉ DESSUS ! TU AS TENTÉ DE ME TUER ! MOI ! TON FILS !

L'air se glaça. Ce n'était pas vrai. Obi-Wan ne voulait pas le croire.

Ce jeune garçon. Cet Adrien. Le fils de Bo-Katan ? Le fils de la sœur de Satine ? Le neveu de Satine ? La sœur de Satine qui a tenté de tuer son fils ? Un instant, il crut que le sol allait s'ouvrir sous ses pieds. Pas étonnant que Satine n'ait jamais voulu parler de sa sœur… Et pas étonnant que le garçon éprouve autant de rancœur pour cette femme.

Les griffes de l'échec virent déchiqueter son cœur. Satine n'aurait jamais laissé cela se produire. Il ne pouvait pas laisser cela se produire.

Anakin n'arrivait tout simplement pas à croire ce qui se déroulait sous ses yeux. Lui qui avait reçu l'amour inconditionnel de sa mère, lui qui voyait sa femme parler avec tant d'amour et de tendresse à leur fille à naître, qui la voyait dans les visions de l'Holocron la protéger envers et contre tout, ne comprenait tout simplement pas comment une mère pouvait tirer sur son enfant. Comment l'idée même de nuire à son enfant avait pu seulement lui effleurer l'esprit ?

Un instant, ses instincts paternels s'éveillèrent. Il éprouva le même besoin de le protéger comme il avait besoin de protéger Angie.

Puis soudain, il sentit une autre source de haine.

À côté de lui, Padmé fusillait du regard la femme de Mandalore. Comment ? Comment avait-elle pu ? Elle voulait se jeter contre elle, la griffer à mains nues, avec la seule force de ses ongles, la mordre, la déchiqueter de ses dents. Et prendre son fils, devenir pour lui ce que sa mère avait échoué à lui donner.

Si la Force le voulait, elle deviendrait sa mère. Anakin et elle deviendraient ses parents.

Yoda et Cordova échangèrent un regard mélangeant ahurissement et tristesse tandis que plusieurs Jedi tentèrent de contenir leur terreur.

Parmi eux était Windu, Kolar et Rancisis. Par les voies de la Force ! Mais cet Élu était à la merci du Côté Obscur ! Et de plus, il semblait avoir un lien tout particulier avec la Deuxième Élue. Il y avait un fort risque qu'elle se laisse influencer par cette obscurité avec son manque de formation et qu'elle tombe dans le piège du Côté Obscur. Et si Skywalker avait péri dans cet avenir, alors plus rien ne pourrait arrêter les Sith.

Mais la vision continua.

La guerrière extrémiste baissa les yeux, les mêmes yeux de couleur verte que ne l'avait son fils.

- Oui… Je t'ai tiré dessus. J'ai voulu te tuer, reconnut-elle.

Plusieurs soupires de déconcertements se firent entendre dans l'auditoire. Anakin ne sut pas ce que cela signifiait. Si cela était une bonne chose ou non qu'elle reconnaisse son crime. Si ce n'était, au contraire, pire qu'elle le reconnaisse et ose se tenir devant lui. Parce qu'à ses yeux, rien ne pourra racheter la faute qu'elle avait commise.

Mais le visage d'Adrien laissa échapper le doute, le questionnement. Le besoin de comprendre.

- Pourquoi ? demanda-t-il, le désespoir laissant place à la haine.

L'espace d'une seconde, Bo-Katan partagea le désespoir de son fils. Le regret coulait au travers d'elle. Qu'elle bannit en un quart de tour.

- Aucune réponse ne pourra t'apporter satisfaction.

La mâchoire du jeune homme se contracta, son regard redevant dur.

- Dis-moi au moins que tu ne savais pas…

La guerrière soutint son regard, provoquant davantage le mépris du public fantôme.

- Le savais-tu ?!

- Adrien, je t'ai dit assez !

- Un enfant sur dix survit aux Bois Perdus…

Tous se regardèrent, une fois de plus « perdus », sans mauvais jeu de mots. Bois Perdus ? Mais quel était cet endroit ? Un lieu sombre, à en croire son nom… Mais pourquoi le jeune Adrien serait-il allé là-bas ? Qu'y avait-il dans ces Bois ? Et où se trouvaient-ils ?

- Ceux qui ont la chance de survivre n'en ressortent jamais et sont condamnés à errer… Sais-tu ce qu'ils deviennent ?

Bo-Katan n'avait plus le cran de regarder son fils à présent. Mais elle eut toujours le culot de dire :

- Une preuve de plus que tu es l'Élu ! Comme l'avait dit le Jedi !

Quoi ?! Alors là, c'était la stupéfaction générale ! Comment un Jedi avait pu mettre en danger un jeune garçon ? Voir plusieurs enfants ? Oui, d'accord, les Jedi sont entraînés à des épreuves rudes, mais jamais un enfant n'avait péri dans les épreuves ! Et puis quel Jedi ferait ça ? Non, il devait y avoir une erreur.

- Des monstres… Des pantins… Voilà ce qu'ils sont devenus…, termina Adrien, ses yeux plein de tristesse, hantés.

- Maintenant. Tu dois te reposer, coupa court la femme à la chevelure rousse.

Espèce de lâche…, rumina Anakin. Et à l'expression du garçon, il n'en pensait pas moins.

Il la vit recoucher Adrien au sol. Ce dernier se laissa faire, trop épuisé pour se battre. Pas une seconde, il ne la quitta des yeux.

- Et maintenant tu m'aides. Parce que la Voie l'a dit ?

- Ne pose plus de questions.

- Pourquoi ? Je t'en prie, pourquoi ?

Jusqu'au bout, il aura eut besoin de savoir. Au fond, il avait beau être un jeune homme, il y avait toujours un petit garçon orphelin de sa mère.

- Ces réponses ne feront que nous blesser tous les deux, Adrien. Maintenant, tu dois suivre ta destinée. Tu dois la retrouver. Tu dois retourner auprès de celle que tu as juré de protéger.

La retrouver ? Angie ? Deux secondes. Est-ce que sa fille était en danger ?!

La respiration du garçon devint saccadée, discontinue.

- Je ne sais pas… Je ne sais pas où elle est… Je ne parviens plus à la sentir !

Cette fois, ce n'était plus uniquement Anakin qui fut pris d'une bouffée de panique. Ne leur dites pas qu'Angie avait péri parce que là ! Franchement ! Ce ne serait juste pas possible ! Pas. Gérable. DU. TOUT !

- Elle est vivante, mon fils. Lis dans ton cœur. Tu sais que c'est vrai.

Alors que l'audience relâcha, un soupire de décompression, le soulagement emplit les veines du jeune homme à tel point que les larmes lui virent aux yeux. Ses paupières s'affaissèrent un tant soit peu. L'expression de Bo-Katan s'adoucit.

- Ne crains rien. Les gens liés par le Destin se retrouvent toujours.

Puis de façon inattendue, subtilement, dans un geste caché, elle s'accorda un moment maternel.

- Maintenant, dors. Et oublie-moi. Je n'étais qu'un rêve.

La peur s'agrippa comme une sangsue à Adrien, mais la fatigue l'entraînait déjà vers le sommeil.

- Non ! Reste !

- Retrouve-la. Maintenant, dors, Prince Adrien…

- Maman !

- Dors, Kuro Neko…

- NON !

Et avec ce dernier cri de désespoir, la vision fut de nouveau plongée dans le noir, abandonnant Adrien et Bo-Katan aux ténèbres.

Laissant Anakin, Obi-Wan, Padmé et les Jedi à leurs ruminations.

Kuro Neko ? Que voulait dire ce nom ? Était-ce un titre ?

Tant de questions. Toujours si peu de réponses.

Adrien. Le Troisième Élu. Fils de Bo-Katan Kryze. Neveu de la Duchesse Satine. Prince de Mandalore. Attaqué par les Grimm. Ayant survécu au Lynchrium. Sauvé par Angie. L'ami d'Angie.

Si ce n'est plus…

Le cœur d'Anakin se tordit à cette pensée alors que son front fut barré de rides contractées sous le déchirement. C'était trop tôt…

Timidement, Shaak Ti brisa le silence :

- Nous sauvons au moins qui est la mère du Troisième Élu, maintenant. C'est une bonne chose.

Tous accueillirent ses paroles en silence, accordant ce fait.

- Shaak Ti a raison, dit Plo Koon. Nous devons retrouver cette Bo-Katan et la convaincre de nous confier son enfant.

- Mais cela risque de ne pas être une simple affaire. Les Mandalores, quel que soit leur penchant politique, sont très méfiants des Jedi.

- Mais il semblerait qu'elle ait déjà cherché à contacter un Jedi, précisa Maître Colmen.

- Nous y penserons à la fin de cette vision, Maîtres, dit Cordova. Ce n'est pas terminé.

Mais ils étaient encore entourés par les ténèbres. Rien ne semblaient bouger.

Anakin scruta leur environnement, n'aimant pas ça du tout.

- J'ai un très mauvais pressentiment…

Et un vraiment mauvais. Comme rien de ce qu'il a pu connaître.

Toujours rien qui ne se produisait. Dans la Force, il ressentit de nouveau cet avertissement.

Saessin Tiin commença à perdre patience.

- Skywalker. Essaie de demander à l'Holocron…

Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'un vaisseau sortit de l'hyper-espace, les rasant tous de peu. Dans un supra réflexe, tous bondirent en arrière, Skywalker tenant toujours sa femme contre lui, Obi-Wan non loin d'eux.

- Sainte Force ! hurla Windu.

Ils flottaient tous dans l'espace, toujours confinés à leurs rôles de spectateurs fantômes. Le vaisseau les dépassa, se dirigeant vers une planète verte, blanche et de couleur sable. Personne n'eut aucun mal à la reconnaître.

- C'est Utapau ! s'écria Agen Kolar.

En effet, la planète d'origine du peuple des Pau, des aliens chauves à la peau grisâtre et aux dents pointues. Obi-Wan se reconcentra sur le vaisseau. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il s'aperçut que cela ne faisait même pas quarante-huit heures standards qu'il l'avait vu pour la dernière fois.

- Mais… C'est une navette de secours de la Main Invisible !

Le cœur d'Anakin rata un battement. Il savait avant même de le voir qui était à son bord.

- Grievous…

La bouche de Padmé s'arrondit en silencieux « oh ». La vision leur montrait où était ce monstre ! Mais alors, ils allaient avoir un extraordinaire coup d'avance sur leur ennemi ! Avec la capture de Grievous, les Séparatistes ne seraient plus sans aucun chef militaire et les négociations seraient obligées de reprendre. Ils étaient à deux doigts de saisir la fin de la guerre !

La vision les entraîna à une vitesse lumière vers la surface de la planète. Ils traversèrent les montagnes, les vallées, suivant le vaisseau de leur ennemi qui ne se doutait de rien.

Tournant la tête, admirant cet état de voler comme un oiseau, certains se laissèrent presque aller à cette joie de glisser dans les airs.

Tenant toujours la main de son mari, Padmé se tourna vers lui. Ce dernier sentit le regard de sa femme, il tourna la tête vers elle. C'était presque un rêve. Et juste un instant, ils s'accordèrent ce bonheur partagé. Mais toujours de courte durée.

Cordova hurla à travers le vent :

- Nous devons certainement nous trouver dans le présent ! Il faut deux jours standards pour voyager de Coruscant à Utapau !

En effet, pour confirmer ses dires, ils plongèrent vers une des crevasses des colonies qu'ils reconnurent tous comme Pau City, avant d'atterrir sur une des plateformes du sixième niveau, grouillante de droïde de combat et de droïdes assassins.

Juste après eux se posa la navette de sauvetage. La passerelle ne termina même pas de se déployer que Grievous en émergea, traçant à travers la plateforme. La vision les fit le suivre, le talonnant à ses basques de fer.

Mais il accéléra la cadence et cette fois, la vision les laissa à leurs comptes. Grievous disparut au détour de couloirs. Le groupe dut courir pour tenter de le retrouver. Padmé, à cause de sa grossesse, ne fit que les ralentir. Anakin resta près d'elle, enjoignant Obi-Wan d'aller au-devant, de ne pas quitter Grievous.

Finalement, après quelques recherches de dix minutes, les Jedi retrouvèrent le Général de métal dans les salles de réception et Anakin et Padmé étaient parvenus à les rattraper.

Tous rentrèrent dans l'ascenseur avec le droïde de classe supérieur. Quel étrange concept : tous dans le même espace restreint avec leur ennemi tant redouté et l'observer à leurs convenances.

Par moment, cet Holocron faisait vraiment peur tant ses pouvoirs étaient extraordinaires.

Tout le long de la montée, ils écoutèrent sa respiration hachée par la continuité de toux lui égorgeant la tranchée. Dans le groupe, Shaak Ti réprima un frisson, se remémorant son combat qui ne datait pas plus de trois jours, lorsque ce monstre les avait pourchassé ses compagnons et elle alors qu'ils tentaient de protéger le Chancelier, lors que l'attaque sur Coruscant.

Ils avaient péri. Et elle, elle aurait pu rester des heures à mourir à petit feu si Windu ne l'avait pas trouvé immédiatement dans la toile d'électrodes qui faisait fondre ses chaires. Elle en garderait des cicatrices à jamais. Windu avait tenté d'arrêter Grievous dans la foulée, mais n'avait réussi qu'à le blesser, d'où cette respiration saccadée et entachée de toux à répétition.

Le Maître Jedi à la lame améthyste jeta un coup d'œil vers elle, devinant ses pensées. La douce Togruta lui fit signe des yeux, lui assurant que tout allait bien.

Enfin, le sas s'ouvrit et Grievous en sortit, provoquant une nouvelle toussée qui ne voulait pas s'extirper de son gosier de métal. Tous le suivirent dans la salle sombre, restant à un bon pied derrière lui. Là, se tenait une plateforme d'holocom. Le Général entra une série de codes cryptés avant de s'incliner. La seconde suivante, un hologramme de taille fit irruption dans l'obscurité, une robe encapuchonnée enveloppant la silhouette bleutée.

Plusieurs étouffèrent un cri de surprise. Devant eux se tenait… !

- Oui, Seigneur Sidious, le salua Grievous.

Dark Sidious. Leur ennemi juré ! Celui qui était le maître marionnettiste de cette guerre sanglante ! Celui qui tirait les ficelles dans l'ombre ! Celui qu'ils devaient abattre !

- Vite ! hurla Agen Kolar. Nous devons voir son visage !

Mais ils avaient beau se tenir de n'importe quel côté de la table de l'holocom, rien ne laissait entrapercevoir un pan de son visage si ce n'est son menton et sa bouche avec un cou gonflé et ridé. Rien qui ne puisse évoquer quelque chose.

- C'est inutile, soupira Cordova. Nous ne pouvons qu'écoutez.

Et ce fut donc ce qu'ils firent. Sidious n'avait beau qu'être sous la forme d'un hologramme, sa présence oppressante et huileuse avait de quoi donner la chair de poule. Comment un homme qui paraissait si fragile pouvait être une aussi grande menace ? La vie donnait à voir tant de paradoxes…

- Général Grievous. Avez-vous envoyé le Conseil des Séparatistes à Mustafar ?

Obi-Wan leva les mains à son front, ne croyant pas à cette chance inouïe tandis qu'à côté de lui, les lèvres d'Anakin s'étirèrent en un large sourire victorieux décuplé d'arrogance qui découvrit ses dents blanches, ressemblant trop à des crocs luisants.

Dans la Force, la joie précipitée de la victoire des Jedi crépita tels des pétards et des feux d'artifices. Tous sauf Cordova, Yoda et Padmé. La jeune femme secoua la tête. C'était trop facile…

Grievous se redressa, osant regarder le Seigneur Sith.

- Oui, Mon Seigneur. Leur vaisseau est sur le point de partir.

Alors c'était là que les Séparatistes se cachaient depuis tout ce temps. Et ils étaient actuellement sur le point de se déplacer à Mustafar ! D'Utapau à Mustafar, il faudrait bien compter une demi-journée standard.

Une sombre galvanisation de plénitude déferla dans la poitrine d'Anakin. Bientôt, cette sale limace de Gunray pourrira au fond d'un trou. Il n'avait pas oublié comme cette répugnante créature avait joui de la souffrance de sa bien-aimée dans l'arène à Géonosis.

Prépare-toi, Nute Gunray. Tes jours sont comptés, susurra dans son for intérieur Skywalker.

- Très bien, Général, continua Dark Sidious. Maintenant, j'ai une mission à vous confier : préparer un piège ici, sur Utapau. Les Jedi en ont après vous. Préparez-vous à leur attaque.

- Oui, Seigneur.

- Grievous, attendez-vous à ce qu'Obi-Wan Kenobi soit envoyé pour vous capturer.

Tous regardèrent le concerné, une angoisse rampant dans les entrailles des membres du Conseil. Comment Sidious avait-il deviné que leur premier choix se porterait sur Kenobi alors qu'ils n'avaient même pas commencé à évoquer le sujet ?

- Comment ? souffla Obi-Wan.

- C'est à croire qu'il est dans nos têtes, ajouta Kit Fisto, sa joie habituelle complètement mise de côté.

Grievous serra les poings si fort que ses électrodrivers carpiens émirent un gémissement de protestation :

- Kenobi ? Et Skywalker ?

Bien sûr qu'il demandait. Leur duo était devenu célèbre dans toute la Galaxie. Là où il y avait un Kenobi, un Skywalker n'était jamais très loin. Telle était la devise que prononçaient les gens en les voyant. Pas de Skywalker sans Kenobi. Et pas de Kenobi sans Skywalker.

- Skywalker sera… pris ailleurs.

Padmé laissa échapper un petit gémissement. C'était ça ! Ce Sith avait tout planifié ! Il allait lui enlever son Anakin !

- Il va vous séparer ! s'exclama Amidala, en s'adressant à son amour et son ami de toujours. Il sait que rien ne peut vous battre ensemble, alors il va vous séparer pour vous faire tuer !

Son résonnement ne tenait que trop bien la route. Les Jedi étaient forcés de reconnaître la justesse des arguments de la Sénatrice. Skywalker avait toujours couvert les arrières de Kenobi et Kenobi avait toujours orienté Skywalker. Et Sidious, à force d'observer dans l'ombre, ne devait que trop bien le savoir.

Le jeune Chevalier Jedi allait dire des mots rassurants, mais Grievous reporta leur attention sur lui.

- Maître ? Pourquoi ne m'avez-vous pas laissé tuer le Chancelier Palpatine ? Nous n'en n'aurons peut-être plus jamais l'occasion.

Tiens ! C'était drôlement une bonne question, ça ! Anakin et Obi-Wan se l'étaient posé en chemin pour voler au secours du Chancelier, mais le temps pressant et le stress de la bataille, la frénésie de la course dans les couloirs de la Main Invisible, le duel avec Dooku, la fuite dans un ascenseur tout retourné avec un Obi-Wan qui faisait la sieste sur le dos d'Anakin, pendant que Palpatine pendouillait à sa jambe dans le vide, suivi d'un re-kidnapping sans plan B, avant de passer à un autre petit duel avec Grievous qui s'est fait la malle en voyant qu'il était clairement pas de taille pour les deux stars de l'Holonet, pour finir à faire atterrir la moitié d'un vaisseau croiseur (pas fait pour un atterrissage) en feu, pour la précision. Comment dire ? Ce n'est pas ce qu'on peut appeler une journée où on a le temps à la réflexion…

Ouais… Une autre journée de pur plaisir.

Le Seigneur Sith demeura imperturbable :

- L'heure n'avait pas encore sonné. Patience, Général. La fin de la guerre est proche, et la victoire est assurée.

Ces simples mots firent frémir d'horreur l'assistance. Non ! Hors de question qu'ils les laissent faire !

- Mais la disparition du Comte Dooku ?

- Sa mort était une nécessité. Comment lorsqu'on offre une pièce au jeu de dejarik : pour amener l'adversaire à commettre une erreur fatale.

La poitrine de Padmé se contracta d'horreur. Quoi ?

- Je n'ai jamais joué au dejarik, Maître. Je préfère de la vraie guerre.

- Et vous en aurez pour votre faim, je vous en donne ma parole.

- Quelle est cette erreur fatale ?... si je puis encore me permettre…

- Vous comprendrez très bientôt.

Tous, Grievous, les Jedi, Anakin, Obi-Wan et Padmé, entendirent le sourire de Dark Sidious dans sa voix. Et il n'y avait rien de plus terrifiant.

- Tout s'éclairera lorsque vous rencontrerez mon nouvel apprenti…

Et de nouveau, le monde devint noir. Tous se regardèrent, inertes. Autour d'eux, le Côté Obscur rodait. Tel un monstre caché dans le noir.

- Son nouvel apprenti ? chuchota Anakin.

Quelque chose arrivait. C'était sombre. Il avait peur. Comme s'il n'allait pas pouvoir se défendre, et encore moins pouvoir défendre sa famille. Et la vision ne leur laissa même pas un moment de répit.

Tout à coup, des cris de panique se firent entendre. Une sirène retentit de tous les côtés, à leur déchirer les tympans. Des câbles électriques brisés fuitaient dangereusement, créant diverses explosions et incendies, signe de combats. Un couloir se dessina et des hommes les bousculèrent, criant, halant leurs compagnons de se dépêcher. Tous portaient un casque policé de blanc qui allongeait sur leurs nuques.

Des gardes de la paix d'Aldeeran.

Mais pourquoi avaient-ils aussi peur ?

Ils repérèrent deux hommes dans le cortège, pas plus particuliers que leurs camarades, mais au milieu de tout ce vacarme, ils ne prenaient pas la fuite. Ils étaient en train de télécharger des données. Et pour passer par un terminal géolocalisateur, cela devait signifier qu'ils téléchargeaient des données extrêmement lourdes.

Dans le raffut, Anakin et ses compagnons entre-virent sur l'écran du terminal une sorte de sphère munie d'un cercle en oblique sur son pan supérieure. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ?

Pourquoi l'Holocron les faisait se pencher sur ce détail en particulier ?

- Dépêchez-vous ! hurla l'un des hommes qui ne cessait de jeter des coups d'œil terrorisé par-dessus son épaule, ne tenant clairement pas en place.

Ce qu'ils devaient télécharger devait vraiment avoir une valeur incommensurable pour les obliger à attendre que ce soit complet. Quoi que fût la menace, c'est comme s'il avait le diable aux trousses.

Enfin le dossier était complet et le deuxième garde retira du terminal une disquette d'argent imprimé d'un cercle d'or. Le précieux dossier en main, ils décolèrent littéralement du sol.

- Vite ! Vite ! On s'en va !

- Allons-nous-en ! Allons-nous-en !

- Vite !

Les Jedi n'eurent pas le temps d'échanger entre eux et se demander ce qu'il se passaient que la vision les entraîna avec les fuyards. Ils ressentirent leurs terreurs, leurs instincts de survie développés comme jamais.

Le garde aldeerien qui avait récupéré la disquette piqua le sprinte de sa vie, courant à travers les couloirs. Enfin ils arrivèrent face à une double porte avec une vitre blindée au travers de laquelle le public fantôme vit d'autres gardes courir vers une même destination, face à eux.

Un vaisseau.

Ils fuyaient vers un vaisseau.

Mais alors que le garde à la disquette allait ouvrir la porte, celle-ci s'entre-ouvrit seulement, avant de se bloquer. La panique monta d'un cran. Le garde tenta de la pousser, mais rien à faire, elle ne bougea pas d'un millimètre, les condamnant. Il cria, frappant la porte, appelant à l'aide, personne ne les entendait.

Mais il n'eut pas le temps de crier davantage qu'un bruit sourd gronda depuis le fond du couloir. Les lumières s'étaient éteintes, seule demeurait celle derrière la vitre.

Les forces d'Aldeeran se turent, désormais paralysés d'effroi.

Mais vaillamment, ils se mirent position de combat, blaster levés, prêts à tirer.

Comme les gardes, Skywalker et ses compagnons retinrent leurs souffles. Là-bas, plus noir, plus terrifiant que Dark Sidious, brûlait une flamme froide.

- Le Côté Obscur…, murmura Cordova, tétanisé.

Padmé, bien que non-sensible à la Force, tremblota comme une feuille. Elle se serra un peu plus contre la poitrine d'Anakin, qui resserra son bras autour de ses épaules, l'attirant plus près. Malgré ça, la peur de Padmé ne diminua pas. Quelque chose lui piqua la gorge. Surprise, elle porta la main à son cou. Qu'est-ce que c'était ?

La main d'Obi-Wan le démangeait d'attraper son sabre laser, alors qu'il savait que c'était inutile.

Le cœur d'Anakin s'emballa.

L'obscurité semblait se rapprocher.

Puis un bruit vint.

Hssshh… Huuuu…

Hssshh… Huuuu…

Le souffle de la Mort.

Un sabre laser, couleur de sang, déchira les ténèbres, révélant le cauchemar.

Là dans cette lueur de l'enfer… Plus grand que n'importe quel homme, une immense cape, lui couvrant les épaules larges et puissantes, rattachée par une petite chaîne, un plastron d'onyx et d'argent sur son immense poitrine et ce masque mêlant crâne d'insecte et mâchoire de saurien.

Le visage de Skywalker se paralysa d'horreur. Cet homme…

- Feu à volonté ! hurla un garde.

Autour d'eux, les gardes tirèrent tout leur saoul, déversant une avalanche blasto-lasers sur le Sith. Mais il les dévia comme si de rien n'était, pas plus embêter que si c'étaient des coléoptères de nuit. Les balles de tirs furent renvoyées et tuèrent en un rien de temps deux gardes.

Et il s'avança, massif et inarrêtable.

Dans un pur instinct de survie, Anakin entraîna Padmé avec lui, les faisant reculer.

Mais le monstre s'approchait toujours.

Les cris d'agonie, de terreurs des aldeerians retentirent dans les oreilles des Jedi, qui ne purent que contempler, impuissant à ce spectacle d'épouvante.

- À L'AIDE ! AIDEZ-NOUS !

Mais personne ne les entendait. Personne ne vint les aider.

Puis faisant appel à la Force, le sombre monstre plaqua un garde au plafond et le trancha en deux au passage. Padmé hurla. Puis il faucha un autre.

Chaque vie prise était une déchirure dans la Force, une lumière s'éteignant.

Ankylosé, Skywalker reculait toujours avec sa femme dans ses bras.

Le monstre continua son inéluctable avancée vers eux, massacrant farouchement tous ceux se trouvant sur son chemin.

Pas une seule fois, il ne fit acte de miséricorde.

Alors, par la grâce du ciel, un garde les aperçut par la vitre et comme possédé, jeta toutes ses forces sur la porte pour la faire bouger. Hélas, rien n'y fit.

Le monstre s'approchait. Quelqu'un lui tira dessus. Tendant la main, il le renvoyait en pleine poitrine de celui qui l'avait tiré. Padmé pleurait, s'agrippant comme si sa vie en dépendait à son mari. Les Jedi poussèrent des cris désabusés, horrifiés de la puissance de ce Sith.

Le monstre appela la Force, la pliant à sa volonté. Les blasters volèrent loin derrière lui. Et dans une violence charnière, tel un boucher, il trancha un à un les pauvres âmes sans défenses.

L'avant-dernier garde, il le saisit avec la Force par la gorge et le jeta sans ménagement contre le mur, ses os éclatant, se brisant instantanément, le tuant sur le coup. Le craquement les hanterait tous pour toujours.

Voyant son destin sceller, le garde de la disquette passa sa main au travers de la fente de la porte, confiant sa précieuse cargaison.

- Prenez-les ! Prenez-les ! supplia-t-il.

Et son camarade, la mort de l'âme, lui obéit.

Anakin eut la gorge serrée. Jamais, de toute sa vie, il ne s'était sentit aussi impuissant, aussi inutile… Aussi… faible. Comme s'ils étaient les dernières sources de sa force, il s'agrippa farouchement à Obi-Wan qui le soutint sur son épaule, tandis qu'il serra Padmé contre lui, maronnant des réconforts auxquels il ne croyait pas et qu'elle n'entendait pas.

Un cauchemar. C'était un cauchemar. Et il ne pouvait même pas se réveiller !

Comme les épargnant de la lame de la Faucheuse, la vision fit passer son public de l'autre côté de la porte. Cela ne les empêcha pas de voir le dernier garde se faire transpercer par la lame écarlate et mourir dans d'atroces souffrances, brûler vif de l'intérieur.

Comme s'ils étaient tous traînés, tirés par une corde, ils virent à reculons le Sith ouvrir la porte, continuer son massacre, le garde ayant récupérer la disquette trébucher avant de ramper. Mais le monstre ne les rattrapa pas et le garde pu sceller la porte avant de hurler de décrocher.

Le vaisseau quitta la passerelle et s'élança vers l'espace.

Au travers du hublot, Skywalker, Kenobi et les Jedi virent le monstre de métal noir sur la passerelle, les courants ascendants faisant flotter sa cape, alors qu'il les regardait.

Une aura sombre, digne d'un dragon, l'entourant et leur envoyant une promesse.

Il les retrouverait. Où qu'ils soient. Et il les tuerait.

Anakin s'écroula au sol, Padmé l'appelant, le secouant, avant d'être vite secondé par Obi-Wan, Cordova et quelques Jedi.

- Skywalker ? appela Yoda, inquiet.

- Je le connais.

Tous le regardèrent avec stupéfaction. Comment ? Où ? Où avait-il bien pu croiser ce monstre ?

Anakin releva la tête. Son regard était hanté. Jamais Padmé ne l'avait vu aussi terrorisé. Et elle en fut glacée d'effroi. Non… Rien ne paralysait Anakin… Comment ?

- Où ? Quand ? demanda-t-elle d'une voix étranglée, trop brutalement.

Le regard saphir de Skywalker se perdit dans le vague, ses souvenirs dansant derrière ses pupilles.

- Il y a longtemps… Sur Tatooïne… Mais… C'était un cauchemar…

Un cauchemar qu'il avait confondu avec la réalité. Il marchait, petit garçon, dans les rues désertes de Mos Espa. Le vent infernal avait soulevé les brumes de sables, infiltrant dans sa bouche et dans ses yeux. Puis alors, il avait vu. Son ombre grandissant pour s'étendre contre le mur, prenant la forme de cette silhouette casqué. Et le monstre y surgissant tendant sa main telle une griffe vers lui et l'attrapant pour l'attirer dans l'ombre.

Ce n'est qu'un rêve, Ani…, lui avait dit tendrement sa mère. Rien qu'un rêve…

Non, Maman… Ce n'était pas qu'un rêve…

Mes rêves… Mes cauchemars deviennent réels…

- Monstre ! hurla la vision.

Tous levèrent la tête vers le haut. La vision avait changé et ils étaient au pied d'une falaise rocailleuse. À son sommet, se trouvait un homme à la peau sombre, le torse entaillé de larges cicatrices.

- C'est Maître Infil'a ! déclara Plo Koon.

- Il y a peu, j'ai senti à travers la Force la mort de presque tous les Jedi. Or, tu exsudes les ténèbres de cet acte vil. Est-ce toi qui les as tous tués ?

- Oui.

Ils sursautèrent pour redécouvrir le monstre noir juste à côté d'eux, lui aussi levant la tête vers Infil'a.

- Es-tu venu pour me tuer aussi ? demanda Infil'a.

- Oui, répondit, imperturbable, le monstre.

Sa voix, un baryton de métal, un souffle d'outre-tombe qui donnait des frissons d'effroi. Elle profonde était pénétrante et les paralysaient de l'intérieur. Rien qu'à elle seule, elle laissait comprendre la puissance, l'invincibilité de cet homme, mais… en était-il seulement un ?

Cordova retint une inspiration, réalisant quelque chose.

- Maître ? demanda Obi-Wan.

- Nous l'avons entendu… Dans la dernière vision… « Tu ne connais pas le pouvoir du Côté Obscur ».

Les yeux d'Anakin, de Padmé, d'Obi-Wan et de Yoda s'écarquillèrent, réalisant ce terrifiant fait. Mais… qu'est-ce que cela voulait dire ? Est-ce que cela avait un lien avec Angie ?

Maître Infil'a sourit.

- C'est ce que j'espérais.

Alors il leva les bras appelant la Force. Ils furent immergés par des torrents d'eau. Le monstre étendit les bras et dans un splendide tourbillon, il repoussa les flots, sous le regard ahuri de tous.

- Quoi ?! gueula Agen Kolar

- Ce n'est pas vrai ! s'exclama Kit Fisto.

- C'est impossible ! Un homme seul ne peut accomplir cet exploit ! Il faut le pouvoir de vingt Jedi, au moins !

Ils se retrouvèrent sur le dôme d'un barrage. Juste en dessous se trouvait une ville, exploitant l'énergie du barrage. Infil'a et le monstre se jaugeaient.

- Toi, dit-il à l'adresse d'Infil'a. Viens.

Il brûlait. Il était un feu incandescent et tout ce qu'il l'entourait se consumait pour n'être réduit qu'en cendres.

Ils se battaient, et bien que ce dernier soit en piètre état, il était un redoutable guerrier. Le public fantôme remarqua qu'il n'avait pas son sabre rouge, mais un bâton de haute-tention. Des renforts vinrent aider le Maître Jedi. Mais d'un geste, le Sith les poussa vers le vide. Maître Infil'a les rattrapa juste à temps, avant de les déposer en sécurité sur les toits des maisons.

- Tu n'es qu'un monstre ! hurla-t-il à l'adresse du Sith.

- Oui. En effet.

Joignant le geste à la parole, il leva le bras et les écrous retenant les barrages sautèrent.

- Qu'… QUE FAIS-TU ?! s'effara le Jedi.

La peur monta dans la Force et les habitants hurlèrent voyant l'eau du barrage s'apprêtant à les ensevelir pour les noyer. Le poing du monstre se resserra.

- Non ! Tu ne peux pas faire ça ! Je t'en empêcherai !

Il plongea dans la Force, écrasa sa volonté contre celle du Sith. Mais il était vite forcé de constater qu'il était dépassé.

- C'est un combat entre les Jedi et les Sith ! Ces gens n'ont rien à voir là-dedans ! Ça ne les concerne pas ! hurla Infil'a.

- Pauvre idiot !

Subtilement, il fit glisser le sabre du Jedi jusqu'à lui et l'attrapa en plein vol. Il était là pour le sabre !

- Bien sûr que ça les concerne, termina le monstre, refermant son poing autour de la poigne du sabre.

- N-non… Je t'en prie… Tue-moi… Mais épargne-les…

Mais le monstre resta sourd à ses supplications. Il poussa le Jedi au-dessus du ravin, le maintenant dans le vide pour qu'il assiste à la destruction de la ville. Impuissant, Infil'a eut la nuque brisé, la dernière chose qu'il vit était la ville qu'il voulait protéger disparaître sous la force des flots.

Et le monstre jeta son cadavre dans les décombres de son massacre.

Anakin, Padmé et Obi-Wan et le reste du groupe n'en curent pas leurs yeux. Comment pouvait-il être aussi cruel ? Même les Séparatistes avaient une meilleure once d'humanité.

Lui, c'était… De la violence… De la pure violence gratuite…

Dans les ténèbres de l'Holocron des voix résonnèrent.

Mais qui est ce type ?

OUI ! ENCORE UNE FOIS, TOUT LE MONDE ICI VOUDRAIT SAVOIR, KRIFF DE BON SANG DE FORCE !

L'Holocron sursauta un chouillat, c'était presque si on entendait un baragouinement boudeur, mais l'artefact reprit son holofilm.

Un nouveau. Je n'avais jamais entendu parler de lui. Il a un nom étrange.

« Dark Vador »

Le nom du monstre. Vador. Celui qui a tué les Jedi.

Ils flottaient au-dessus d'un océan noir. Non. Rouge.

Un océan de sang.

Cet endroit devait certainement être l'Enfer. Au-dessus d'eux, de sombres nuages menaçants et des éclairs rouges. Puis là était le monstre, mais… C'était une chose… Les bras et les jambes blancs comme du cristal, mais le corps. De la chair en fusion… des flammes… Des stries qui se détachaient de cette chaire… et des yeux… Ceux d'un démon. Que s'il croisait notre regard il nous brûlerait.

- Quel est cet endroit ? demanda Padmé.

- C'est une Chambre d'Âme, répondit Shaak Ti, l'experte de ce domaine de la Force.

Ils étaient dans la Chambre de l'Âme de Vador.

Mais ce décor cauchemardesque, il y avait une étonnante présence : plusieurs papillons de lumière.

- Pourquoi ces papillons ? dit Obi-Wan.

Shaak Ti secoua la tête, interdite.

- C'est à n'y rien comprendre. Ces papillons symbolisent les liens d'affections avec des personnes… Mais… Les Sith… n'aiment pas…

Une strie de la chaire de Vador se détacha de son bras et s'enroula autour d'un petit papillon. Ils ne surent pas s'il voulait l'étouffer.

De nouveau, il virent Vador, masque de cauchemar, étendant son poing, étranglant de la Force un infortuné officier.

- Mais… Ne sont-ils pas censés être dans le même camp ? s'asphyxia Padmé.

- Les alliés de personnes, les Sith ne sont, répondit sombrement Yoda, avachit sur sa canne.

- Seigneur Vador, dit Sidious depuis son trône. Relâchez-le.

Ah, tout de même. L'Apprenti obéit à son Maître. L'homme tomba à terre, cracha, cherchant désespérément son souffle.

- Merci pour votre rapport, Colonnel, dit mielleusement Dark Sidious. J'espère que les résultats de votre division auront progressé dans les semaines à venir. Vous pouvez disposer.

Oui. Très digne d'un Sith, ça.

- Mon ami…, dit Dark Sidious. Il m'arrive de penser que vous pourriez tuer tous les êtres de la Galaxie.

Non, sans blagues, se dit Anakin.

- Les Jedi ayant disparu, il ne nous reste peu d'adversaires dignes de nos capacités. Je comprends que cela soit… frustrant. Nous sommes entourés d'êtres inférieurs ne méritant que notre haine et notre mépris. Je ressens aussi ces sentiments, c'est une bonne chose, car elles nous ouvrent les portes du Côté Obscur.

Une bonne chose, mon c**…

- Oh. Va-t-on avoir le droit à un cours Sith, aujourd'hui ? dit Obi-Wan pour alléger l'ambiance.

Mais en réalité, ce n'était faux du tout. C'était la première fois que les Jedi pouvait écouter les paroles directes d'un Seigneur Sith à son apprenti. C'était l'occasion idéale pour étudier leur ennemi et les comprendre, se dit Yoda.

- Se laisser submerger par cette puissance est naturel, continua Sidious. La mort, la souffrance et la rage sont les instruments des Sith. Mais écoutez cet avertissement. Si vous vous enfoncez trop, la relation change de sens. Vous devenez l'instrument et elles les maîtresses.

Ah, mais ce que c'est intéressant tout ça.

- Réfléchissez-y, mon ami. Je n'ai aucun désir de régner sur une galaxie morte, conclut Sidious.

Bah non. Il y aura plus personne pour te servir, du c**.

Puis ils furent propulsés devant le Temple Jedi, troué de tirs, de roquettes, de bombes, c'était à peine s'il parvenait à le reconnaître. Anakin et Obi-Wan sentirent leurs poitrines se glacer à la vue de cette vision irréaliste. Comment ?

Sur une navette, Vador se tenait avec un escadron de clones, Jocasta Nû prisonnière, assise, mains ligotées. Un clone remit un cristal de mémoire au Sith qui l'intégra dans lecteur attaché à sa ceinture.

- Cette liste contient des noms, des lieux et des dates de naissance très récentes, commenta Vador, se tournant vers Jocasta. Ce sont donc des enfants sensibles à la Force ? Que comptiez-vous en faire ? Les recruter ?

- Ton Maître veut créer d'autres monstres tel que toi, répondit Jocasta. Ce qui m'amène à cette question.

Elle le regarda droit dans les lentilles, le pointant du doigt.

- Que veux-tu, toi, mon garçon ?

La navette explosa, ne survit que Vador.

Les voix parlèrent de nouveau.

J'ai une mauvaise nouvelle. Notre proie a survécu.

Encore ? Mais qui est cet homme ?

C'est justement ça le problème. Nous n'en avons aucune idée.

D'après ce que nous avons constaté, Vador a été vu en compagnie de l'Empereur peu après son retour et tout semblait normal. Ou il est trop bête pour avoir découvert la piste ou ils ont trouvé un terrain d'entente.

Bah. Je comprends rien.

Quelle relation les lie ?

L'Empereur promeut ce type sorti de nulle par en ne nous disant rien sur lui, mais le laisse agir en toute impunité ? Ça ne va pas ! Qui est-il ? Un serviteur ? Un garde du corps ?

Il est plus que ça, je pense. Il doit disparaître. Tout sera plus facile à gérer après.

Mais comment ? Il semble increvable !

Il est doué ou chanceux… ou les deux, et alors ? Nous n'aurons de cesse de réessayer sans arrêt, sans lui laisser de répit. Il finira par mourir.

Tout finit par mourir.

Dans le bureau du Chancelier Palpatine, Dark Sidious avait prit place. Cette vision arracha les vers du nez de Skywalker. D'abord leur Temple et maintenant le Sénat ?! Ils payeraient, ils se jura qu'ils payeraient !

Depuis le trône, Sidious demanda :

- En êtes-vous sûr ?

- Oui tout ceci arrive car ils ne comprennent pas. Ils savent que je suis puissant mais ils ignorent quel pouvoir je détiens. Le vôtre.

- Et vous ne voyez pas d'autre solution ?

- Non, vous m'avez dit ne pas vouloir gouverner un empire constitué de morts, mais il doit y avoir des conséquences. Ou j'en élimine certains, ou je les élimine tous.

Et ils retrouvèrent dans la Salle des Armées. Depuis l'avant-scène, Dark Sidious s'adressèrent à l'élite militaire.

- Vous êtes l'élite de mon armée. Vous incarnez nos efforts pour faire de la Galaxie un endroit paisible et prospère pour tous.

Tu parles.

- Je comprends cependant que, cette vision que nous partageons étant nouvelle, la hiérarchie ne soit pas encore tout à fait claire.

Son regard brula l'assistance.

- Il est temps d'écarter toute confusion.

Il se tourna vers son apprenti, le présentant de la main :

- Voici le Seigneur Vador. Il agit en mon nom. Un ordre de sa part équivaut à l'un des miens. Assurez-vous que tous vos hommes comprennent cela.

Sidious laissa place à Vador qui s'avança.

- Ferro. Bingan. Strephi. Azoras. Barokki.

Les concernées et les non-concernés retinrent des sueurs froides.

- Avancez.

Anakin, Obi-Wan et les autres retinrent leurs souffles. Qu'allait donc encore faire ce monstre ?

- On a attenté deux fois à ma vie. Les preuves pointent vers une conspirations au sein même du corps d'officiers impériaux.

Padmé secoua la tête. Ils étaient tous issus de la République. Comment avaient-il pu tombé sous le jouc des Sith ? Ils n'avaient pas pu contrôlé tous les esprits avec leurs pouvoirs ! C'était impossible !

- Je ne connais pas encore les responsables de ces attaques…bien que j'aie déjà mes soupçons, continua Vador.

Il était impossible de voir le regard de Vador mais étonnamment, il ne fut pas difficile de le repérer tant il était perçant dernière les lentilles.

- Mais peu importe, je survivrai. Chaque tentative sera un échec. Mais cinq d'entre vous choisis au hasard…

Il serra le poing. Les cinq pauvres victimes s'agrippèrent le cou, cherchant à endiguer cette prise invisible. Mais ils ne pouvaient rien contre le pouvoir de la Force et du Côté Obscur. Et ils moururent pitoyablement sous les regards terrorisés, impuissants et froids de leur collègues.

- …eux mourront, conclut Vador.

Et il sortit, renvoyant la vision aux ténèbres.

Dans la Chambre d'Âme de Vador, les éléments se déchainaient. L'océan s'embrassait de tsumani et le ciel grondaient ses orages les plus terrifiants. Les stries de Vador se décuplèrent et telles des lames de rasoir, se dressèrent vers le ciel chassant les papillons de lumière, les déchirant dans ses claquement de fouet.

Vador tourna son regard de braise vers le public fantôme. Comme s'il les avaient sentit… Comme s'il les voyait…

Anakin, Obi-Wan et Padmé reculèrent devant ce regard. Ils avaient le sentiment irrévocable de Vador allaient les foudroyer là, ici tous les trois.

Mais Skywalker soutint son regard.

Et il se fit une promesse.

Tu ne gagneras pas.

Le monstre le scruta, ses yeux se plissèrent en fentes. Et il lui répondit.

J'ai déjà gagné, Skywalker.

N'y tenant plus, le jeune Jedi barra son esprit et l'Holocron se referma, les faisant tous quitter la Chambre d'Âme et referma la Vision.

S'il avait attendu un peu plus, peut-être aurait-il compris ?

Dans la fournaise qu'était devenu le cœur de Vador, le Seigneur Noir des Sith déchira chaque lien que le reliait à son ancienne vie. Un à un il déchira tous les papillons.

Il les déchira tous.

Il alla saisir le tout dernier.

Que veux-tu, toi, mon garçon ?

Résonnèrent les mots de Jocasta.

Ce que je veux ?

L'image d'une jeune fille se dessina dans son esprit, ses longs cheveux bruns d'une femme à la beauté d'un ange et ses yeux pareils à ceux d'un jeune homme qui était mort maintenant.

Ils étaient tous les deux morts.

Et cette jeune fille aussi.

Tout ce que j'ai toujours voulu…

Mais il n'aura plus.

Il voulut déchirer le dernier petit papillon bleue mais au final… Il ne pouvait pas…

Pas elle…

Alors le papillon s'envola au-dessus des nuages et vola loin… Très loin au travers de cette Galaxie lointaine…

Et alors il arriva au-dessus d'un océan si lisse qu'on aurait dit un lac. Il s'y reflétait des nuées d'étoiles. Ce monde était claire, bleu et apaisant.

Se tenant debout à la surface de l'eau pur, était une jeune fille d'une beauté à couper le souffle.

Ses cheveux de soie bruns et sa robe blanche virevoltaient dans la brise marine. Elle chantait une mélodie des plus apaisantes qui chassait toutes les noirceurs.

Son chant prit fin alors que le petit papillon vint à elle. Elle le repéra et d'un geste doux, elle tendit la main, l'invitant à se poser sur ses doigts fins. Ce qu'il fit. Et ce fut comme s'il lui transmit quelque chose.

Les paupières de la jeune fille s'affaissèrent doucement de tristesse.

Et une mélancolie s'éleva de ses lèvres.

Père…


A suivre...


Notes : Et VOILA, LES AMIS ! JE SUIS TROP TROP CONTENTE ! Notre nouveau OC masculin : Adrien ! Je suis tellement heureuse ! J'en pouvais plus de devoir attendre de l'introduire dans l'histoire mais enfin ! Le voila ! Vivement qu'on découvre son histoire avec Angie ! Et pas de Star Wars sans le célèbre Dark Vador ! Je savais depuis le début qu'il ferait parti de l'histoire, en fait de base, je voulais vous raconter uniquement Vador, Angie et Adrien mais je n'arrivais pas à maintenir un cap alors j'eu cette idée de vision par un Holocron. J'ai fait de longues études de théâtre et il n'y a rien de plus jouissif que la mise en abime comme dans la pièce de théâtre Hamlet de William Sheakespeare. Et Holocron est né.

Je vous remercie d'avoir lu et n'oublier pas les commentaires ! A très vite et que la Force soit avec vous !